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3e dimanche de l’Avent

11 décembre 2016

Dire… dire que, même si le pire est probable, nous ne sommes pas à l’abri du meilleur. Dire notre foi en l’être humain, en sa capacité de tendre la main plutôt que le poing, de relever son frère plutôt que de lui faire un croche-pied, de partager plutôt que de thésauriser. Dire qu’en mille lieux, près de chez nous, les prisonniers de la pauvreté, de l’exclusion, de l’injustice, de la honte, de l’invisibilité, de la solitude, sont libérés par la force de la solidarité, de la bienveillance, de la confiance. Dire que là, le Dieu-Amour agit par les mains d’hommes et de femmes de bonne volonté. Là, le monde nouveau est en marche. Y joindrons-nous nos pas ?

C’est « dans sa prison » que Jean Baptiste reçoit le « bon » de la bonne nouvelle ! Voilà qui ne manque pas d’intérêt. Car, peut-être qu’après tout, on est tous un peu en prison… Là où l’on est privé de liberté, de responsabilité, infantilisé, en quelque sorte, on est en prison ; là où l’on est fragilisé, humilié, victime d’abus de pouvoir et de rapports de forces, on est en prison ; là où l’on dépend pour tout, où l’on n’est plus vraiment identifiable à force d’être uniformisé, l’on est en prison. Là où la maladie, la vieillesse, nous séparent de tout et de tous, nous isolent et nous noient dans le silence, là où l’on pleure de rage, là où l’on se décourage parce qu’on ne nous écoute pas, qu’on ne nous comprend pas, qu’on ne nous voit même plus, on est en prison.
Jean Baptiste doute. Ainsi donc même lui, dont Jésus affirme pourtant qu’il est incontestablement le plus grand des hommes, éprouve des soupçons à propos de Jésus, de la mission qu’il est censé mener à bien. La réponse de Jésus à l’interpellation inquiète de son cousin est un modèle du genre : il ne se justifie pas, il cite. Et les paroles qu’il cite ne peuvent guère que sonner comme un signal imparable puisqu’elles sont tirées d’un contexte où il est essentiellement question de se réjouir, de renaître, de recommencer, d’exulter – et de surtout conforter son courage et balayer la peur de sa maison. Le ciel tombe sur la terre, et la terre se hisse jusqu’au ciel. Et ce qui paraît plus formidable encore dans cette histoire, c’est que, selon toute apparence, la mission du Messie ne consiste pas à faire table rase de tout ce qui existe, à la manière des tyrans qui ont toujours à cœur de laisser croire qu’il n’y avait rien de bon avant eux, mais de partir de ce qui existe et de tout faire pour que ça soit joyeux, en bonne santé, libre, plein de souffle, confiant… Preuve s’il en fallait que Jésus ne se comporte jamais (et nous invite à ne jamais nous comporter) comme de vulgaires prédateurs utilitaristes qui prennent et qui jettent – des vies humaines aussi, comme si ça ne valait pas davantage qu’un déchet. Rien de tel en christianisme où l’on se passionne plutôt pour toute tâche qui consiste à soigner, guérir, réparer, relever, rendre espoir, ranimer, etc.





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