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Communiqués de presse   4 juillet 2013

Carte blanche

Circulaire sur les sans-papiers : l’associatif verviétois s’indigne

VERVIERS, 27 juin 2013 - Suite aux articles parus dans la presse (édition du 22 juin) concernant l’application à la lettre de la Directive Sefor par le collège communal verviétois, un réseau d’associations, dont Vivre Ensemble, publie cette carte blanche.

C’est avec indignation que nous avons pris connaissance, ce samedi 22 juin, de la décision du Collège échevinal d’appliquer à la lettre la circulaire SEFOR. C’est sans aucun doute un geste fort que désire prendre la majorité afin de rassurer une partie des citoyens. Mais avec quelles conséquences ?

Dégager des moyens pour lutter contre l’illégalité et le faire à coup de communiqués de presse, c’est renforcer encore la stigmatisation récurrente des demandeurs d’asile, réfugiés et migrants en général. Cela nous semble être un nouvel effet d’annonce divisant encore plus la population verviétoise contrairement à l’affirmation de volonté de cohésion sociale de la déclaration de politique générale de la majorité.

Il suffit de jeter un coup d’œil sur les forums en lien avec les articles de journaux pour voir avec quel appétit, certains déversent leurs propos racistes et injurieux.
Mieux informer la personne ayant reçu un OQT (ordre de quitter le territoire) ? Le service des étrangers et des associations spécialisées le font quotidiennement. L’une d’entre elles (Espace 28) a d’ailleurs une convention avec l’OIM (organisation internationale pour les migrations) pour accompagner la personne qui désire un retour volontaire. Chaque demandeur d’asile reçoit une information complète et jamais l’illégalité n’est encouragée. Mais cette décision appartient à la personne et nous la respectons.

Personne ne choisit l’illégalité avec légèreté et sans prise de conscience de ce que cela signifie. Si certains arrivent à faire le deuil du projet d’exil à la réception de l’OQT et à trouver les ressources pour s’investir dans un projet de retour, pour d’autres cette démarche s’avère impossible à l’instant. Ils feront peut-être ce deuil après plusieurs mois passés dans l’illégalité et en ayant épuisé tous les recours possibles, tous les moyens possibles qui, comme vous le savez, ne sont pas tous suspensifs.

Pour d’autres, le retour restera de l’ordre de l’inacceptable car l’illégalité vaut parfois mieux que le retour au pays. En effet, n’oublions pas qu’il incombe au Demandeur d’asile de prouver les événements qui l’ont amené à fuir, ce qui n’est pas toujours possible. Ces personnes reçoivent donc un OQT mais demeurent dans l’impossibilité de rentrer sans se mettre en danger.

En appliquant à la lettre cette circulaire, vous ne règlerez rien : certains partiront mais reviendront car ils n’auront pas été au bout de leur projet d’exil. D’autres vont être contraints à vivre cette clandestinité de manière encore plus sordide, en se cachant et en vivant constamment dans la peur d’être arrêtés. C’est un retour en arrière de 10 ans que vous proposez. L’UDEP et le mouvement des sans papiers avaient permis à ceux-ci de « sortir du bois ». Vous les y renvoyez. Si la politique d’asile est une compétence fédérale, les pouvoirs communaux gardent leur degré d’appréciation dans l’application de la circulaire SEFOR.

De plus, soyons sérieux, un retour sous contraite n’est jamais un retour volontaire.
Cette décision n’est ni humaniste, ni raisonnable, ni porteuse d’effets positifs. Nous, travailleurs associatifs et de terrain, ne pouvons être d’accord avec la politique mise en place par la majorité sur cette question. Elle est pour nous, populiste et porteuse d’effets néfastes qui ne tarderont pas à se manifester à moyen terme.

Développer des moyens pour traquer une population marginale et déjà dans une situation de stress intense pour apporter des réponses au sentiment d’insécurité exprimé par une partie de la population verviétoise est simpliste. Si moyens il y a, ne devraient-ils pas être investis dans des actions plus constructives et plus porteuses de sens. Les associations signataires réitèrent à nouveau leur proposition d’entamer une réflexion plus globale et de fond sur ces questions afin de trouver des solutions constructives pour tous.

Nous ne pouvons que réitérer notre inquiétude, notre déception, notre désarroi, notre indignation envers les politiques menées actuellement au niveau verviétois en ce qui concerne les matières liées à l’asile et l’intégration des personnes étrangères.

Les signataires :
Virginie Fyon, Belle diversité
Jeanine Gerlache, Centre Hommes-Femmes
Françoise Defraiture, Croc’Espace
Daniel Martin, CRVI
Francisco Alvarez, Equipes populaires
Micheline Paquay, Espace 28
Jacques Destordeur, Lire et Ecrire
Julien Galland, Revert
Paul Blanjean, Solidarité Mondiale,
Anne Vandeberg, Vie Féminine
Daniel Richard, FGTB Verviers & Communauté germanophone - CEPAG Verviétois,
Leila Chaudry, Service Nouvelles Migration et Diversité de la CSC
Hubert Gerkens, Carpe
Jean-René Thonard, Action Vivre Ensemble
Dominique Dauby. Femmes prévoyantes socialistes de Verviers– Réseau Solidaris
Comité de Gestion de la Maison médicale Mosaïque
Denis Gobert, CSC Verviers et Communauté germanophone
Philippe Taquet, Mouvement ouvrier chrétien
Yves Reuchamps, Centre de jeunes Les Récollets
Vincent Damas, Maison de Jeunes de Hodimont
Jeanine Chaineux, Ligue des Droits de l’Homme, section de Verviers
Kamber Unutmaz, Association APKA (association pour les peuples du Kurdistan et d’ailleurs)
Jean-Louis Bertholomé, Grappa





Tags : Sans papiers

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