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Efficaces, les volontaires ?

Vu de l’extérieur, on pourrait se demander si des personnes volontaires, dont certaines sont sans qualification, sont à même de faire fonctionner une association, d’y assumer des responsabilités.

D’une part, la précarité n’est pas l’apanage des personnes sans qualification professionnelle. Lors de nos rencontres, peu de gens ont raconté leur parcours en détails, mais l’un.e ou l’autre ont dit être infirmière ou ancien pompier… D’autre part, ce n’est pas parce qu’on n’a pas de diplôme qu’on n’a jamais travaillé, ni géré une famille, ni fait preuve de qualités d’organisation, de débrouille et de talent dans les relations humaines… Les épreuves traversées ont parfois mis ces qualités en veilleuse ; la confiance et la bienveillance sont capables de les re-susciter. « On veut casser l’image négative des bénéficiaires. Les engager comme volontaires leur permet de s’en sortir moralement. Ça nous fait oublier nos problèmes, on se sent moins seul, on s’entraide. Les personnes qui ne le font pas doivent s’autoriser à essayer », estime Nathalie, de Saint-Vincent-de-Paul à Lessines.

Concrètement, voici ce que nous avons découvert dans le quotidien des associations que nous avons visitées.

À Amon Nos Hôtes, 40 volontaires se partagent chaque jour 11 postes de travail à la cafétéria. Ils préparent les sandwiches, en assurent la vente, servent les boissons, entretiennent les locaux, discutent avec les clients. Chacun à son tour assure la fonction de coordinateur technique qui consiste à coordonner le travail des volontaires.

À La Rochelle, ce sont les volontaires qui distribuent les colis alimentaires, gèrent la coopérative d’achats alimentaires, font de l’insertion sociale [1], du développement communautaire, cultivent le potager, organisent des sorties culturelles et sportives, des activités pour les enfants, de l’aide à la recherche de logement ou d’emploi, de la récupération et réparation de meubles… Il y a un seul emploi salarié, celui de l’assistante sociale, qui travaille à mi-temps. Claudio, le fondateur (bénévole) de l’association, est présent une demi-journée par semaine. Et « tout roule », comme on dit.

À l’Amicale d’entraide bénévole d’Ellezelles, la gestion de la ressourcerie (transport des meubles, réparation, tri, vente) et des colis alimentaires (réception et rangement des vivres, confection des colis, distribution) n’existe que grâce aux volontaires.

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Christel, l’une des bénévoles qui assure la distribution des colis alimentaires à Ellezelles.
© Photo : Vivre Ensemble

Au Comité d’Habitants de la cité Germinal, à Namur, le groupe a réalisé un sondage sur les attentes des habitants, organisé une « journée de la propreté », obtenu auprès des autorités communales que la chapelle classée qui trône au milieu des immeubles soit nettoyée (elle était devenue un dépotoir) et remise en état. Sans oublier les initiatives de David et José, deux ados membres du « G8 » (le groupe des jeunes qu’ils ont créé dans le quartier) : avec ce groupe multiculturel, ils ont contribué à la journée de la propreté (José s’est formé au tri des déchets et a partagé son savoir). Mais ce n’est pas tout : ils ont organisé un voyage culturel à Malaga sur le thème des rencontres interreligieuses, ainsi qu’un voyage au Maroc, où le groupe a animé des enfants et procédé avec eux au nettoyage d’une plage ! Ils ont financé leur voyage en organisant des soupers et en participant aux fêtes du quartier. Quel chemin parcouru pour David qui avait au départ rejoint le Comité « pour connaître des gens et ne pas rester sans rien faire » ! David aime aussi s’occuper des enfants après la séance d’aide aux devoirs.

À Lessines, les volontaires de Saint-Vincent-de-Paul préparent et distribuent les colis, vont chercher les invendus dans les supermarchés des environs, travaillent à l’épicerie sociale et au vestiaire, accueillent les nouveaux venus. Sur cinquante volontaires, une trentaine sont en même temps bénéficiaires.
Sans les volontaires, qui sont parfois aussi (anciens) bénéficiaires, ces associations n’existeraient tout simplement pas. « Si on n’était pas là pour distribuer les colis et gérer la coopérative, comment les gens mangeraient ? Ils crèveraient de faim », affirme Jean-Pierre, de La Rochelle.



[1SIS – Service d’insertion sociale reconnu par la Région wallonne.



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