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Introduction

Tout travail mérite salaire, dit l’adage. Ce ne sont pas les volontaires/bénévoles qui vous diront le contraire.

Mais leur salaire ne sonne ni ne trébuche comme la monnaie. On ne le comptabilise pas dans le produit intérieur brut, il n’est pas imposé par le Ministère des Finances… De ce fait, il est peu visible, a fortiori quand il s’exerce dans les associations de lutte contre la pauvreté, dont l’action est elle-même ignorée par une grande partie de la population. Bien sûr, on connaît les grosses organisations comme les Restos du cœur ou Médecins du Monde. Mais les centaines d’associations, moyennes et petites, qui émaillent notre territoire passent souvent inaperçues.


En France, certaines associations quantifient le travail effectué par les bénévoles et l’introduisent dans leur comptabilité. Une façon de rendre visible le rayonnement de ces associations, souvent important et sans commune mesure avec les chiffres qui apparaissent dans une comptabilité classique. Il s’agit en fait d’une demande des Nations Unies datant de 2003 , pour rendre visible l’importance du travail bénévole dans la société. Une bonne idée à appliquer en Belgique ?

Le volontariat est souvent peu reconnu, dans une société où l’on confond volontiers la valeur et le prix ; où la profession (salariée) exercée est le seul sésame pour la reconnaissance sociale. Le volontariat peut être considéré comme une activité occasionnelle, un passe-temps ou un simple « coup de pouce ».
Ce « coup de pouce » est bien plus que cela : il bénéficie à presque tous les secteurs de la vie sociale et économique. Les volontaires sont 1,8 million à le donner. Dans le secteur social, ils font vivre des centaines d’associations, petites et grandes, qui tissent et réparent sans relâche « le tissu déchiré du monde » .
L’existence même du volontariat est un signe fort dans notre société : le temps n’est pas toujours de l’argent, l’égoïsme n’est pas roi, ce n’est pas partout l’appât du gain qui meut le monde.
Mettre en lumière cette réalité est la première ambition de cette étude.
La deuxième sera de nous inviter à revisiter quelques clichés.

On voit souvent le volontariat comme une aide de quelqu’un qui a à quelqu’un qui n’a pas, de quelqu’un qui va bien à quelqu’un qui ne va pas bien, de quelqu’un qui a de la chance a quelqu’un qui n’en a pas (« la main qui donne est toujours au-dessus de la main qui reçoit »). C’est en partie le cas, mais c’est réducteur, nous le verrons au fil de ce document. Dans les associations, on rencontre des personnes qui, pour certaines, ont peu, ou parfois plus rien du tout, qui n’apparaissent officiellement que dans les statistiques de l’ONEM ou du CPAS. Ou des abris de nuit. Par contre, elles ont du temps, l’envie d’aider, de créer des liens, d’humaniser un peu cette société souvent si froide. Générosité, empathie, simplicité, modestie, enthousiasme sont les mots qui viennent l’esprit au sortir d’un échange avec elles. C’est certainement le cas de beaucoup de volontaires issus de milieux plus favorisés. Mais on se dit que ces personnes malmenées par la vie et surtout par les injustices de notre société auraient bien des raisons d’être plutôt dans l’aigreur et la rancœur.
Pour ces volontaires, le fait de vivre eux-mêmes des situations de pauvreté, d’isolement, de maladie ne les empêche pas, bien au contraire, de venir en aide à leur prochain et de donner de leur temps pour faire fonctionner l’association qui, dans un premier temps (ou encore maintenant) les a accueillis et soutenus. Car les situations difficiles auxquelles ils s’efforcent de remédier, l’isolement qu’ils brisent, beaucoup en ont fait ou en font encore l’expérience.

Cela nous amène à revoir deux clichés assez courants :
1. Le volontaire « dame patronnesse », aisé.e et retraité.e.
2. Le pauvre qui attend passivement devant sa télé à écran plat le versement de son allocation.
Nous sommes allés à la rencontre de volontaires actifs dans des associations en Wallonie et à Bruxelles. Des associations qui, au cœur d’un quartier, d’un village, d’une ville, retissent des liens, des solidarités, répondent aux besoins de base qu’une population appauvrie ne parvient plus à couvrir… Ils nous ont accordé une ou deux heures pour partager le pourquoi et le comment de leur engagement, ce qu’ils donnent, ce qu’ils reçoivent, ce qui est gratifiant et au contraire ce qui est difficile, en quoi leur statut de volontaire est important par rapport au personnel salarié…
On l’a dit : pour qui n’est pas (professionnellement ou bénévolement) en contact avec le monde associatif social, l’existence même et le travail de ces associations sont largement méconnus. Plus méconnu encore est l’engagement, parmi les volontaires, de nombreuses personnes elles-mêmes touchées par la précarité ou la pauvreté. Une invitation à la découverte, donc, et à revisiter des clichés sur le volontariat, sur le don, sur les personnes en situation de pauvreté.





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