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Jeunes et précarité : Pistes d’actions politiques

Extrait du dossier "Un jeune sur cinq ! Génération pauvreté ?"

Propositions tirées du dossier « Un jeune sur cinq ! Génération
pauvreté ? » publié par Vivre Ensemble en 2012.

Agir contre la précarité et l’exclusion sociale des jeunes requiert des mesures globales et d’autres, plus ciblées. Pour ce qui est des mesures globales, pointons les conditions de vie des familles (et en particulier des familles monoparentales) : il est nécessaire d’augmenter les revenus de remplacement (allocation de chômage, d’invalidité, RIS).

Une action au niveau du logement s’impose aussi, avec une offre plus étendue de
logements pour familles (nombreuses) à des prix accessibles aux revenus les plus bas (logements sociaux, agences immobilières sociales).

Autre terrain d’action : l’emploi. La précarisation des contrats (à durée déterminée, intérim à répétition, « faux indépendant »), voire l’absence de salaire (stages non rémunérés), touche durement les jeunes qui mettent de plus en plus de temps à trouver un emploi stable et la sécurité d’existence qui devrait l’accompagner. Par le passé, les jeunes diplômés mettaient environ 2 ans pour décrocher un emploi stable, alors qu’aujourd’hui, en Europe, il faut compter cinq à dix ans.

Parmi les mesures plus spécifiques aux jeunes, notons :

Une école qui donne vraiment sa chance à chacun(e)

Un enseignement
- Qui prolonge le « tronc commun » (officiellement jusqu’à 14 ans aujourd’hui) jusqu’à 16 ans, avec une formation plus diversifiée : arts, technologies, vie en société… Dans les nombreux pays où cela se pratique, les inégalités sont en baisse. Ce serait une façon de cesser de hiérarchiser les types d’intelligences et de savoirs. Cela éviterait également des orientations trop précoces et non choisies vers les filières techniques et professionnelles ;
- qui favorise la participation active des élèves à leurs apprentissages, mais aussi à l’organisation et à la gestion de leur école.
- qui, par l’ouverture à la société – aller à la rencontre d’autres milieux sociaux, d’autres générations, d’autres cultures – et l’utilisation de leurs compétences dans des projets utiles, montre aux jeunes qu’ils ont quelque chose à apporter, qu’ils ont leur place dans la société.

La suppression du statut « cohabitant » pour faciliter l’accès au logement

On l’a dit, le coût du logement est un frein important à l’autonomie des jeunes. Quand deux ou plusieurs jeunes qui travaillent souhaitent co-louer un appartement ou une maison pour faire des économies, ils sont gagnants. Par contre, si deux ou plusieurs jeunes sans-emploi veulent faire de même, ils sont pénalisés puisque leurs allocations seront réduites, en vertu du « statut cohabitant ». Vivre ensemble s’associe au Réseau wallon de lutte contre la pauvreté pour demander la suppression, dans un premier temps pour les moins de 25 ans, de ce statut injuste.

Jeunes sortant d’institutions : un meilleur accompagnement

Les jeunes qui atteignent la majorité légale et vivent en institution sont particulièrement fragiles : sans réseau familial, avec de très faibles revenus, difficile d’assumer, à 18 ans toutes les responsabilités d’un adulte. Vivre Ensemble s’associe au Réseau wallon de lutte contre la pauvreté pour demander une attention particulière pour ces jeunes qui portent déjà beaucoup de cailloux dans leur sac à dos.

Structures d’aide et d’accompagnement : pas de cassure à la majorité légale

A ses 18 ans, un jeune en difficultés sort des « attributions » des associations qui accompagnent les jeunes : celles-ci n’ont pas de subsides pour continuer à les soutenir. Or, certaines jeunes ont un parcours si difficile qu’ils sont désocialisés, voire souffrent de troubles psychologiques. Ils ne parviennent pas à intégrer les dispositifs consacrés aux adultes, comme les OISP (Organismes d’insertion socioprofessionnelle), par exemple. Il leur faut d’abord apprendre à gérer leur quotidien, à vivre en société, élaborer un projet. Soutenir les initiatives pilotes comme « Starting Block » (La particule, Huy) et assouplir le passage des structures d’aide pour les jeunes à celles pour les adultes : une nécessité !





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