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Charleroi (Roux)

La Rochelle

Un jardin extra-ordinaire

Le jardin coopératif et communautaire de la maison de quartier La Rochelle aide des personnes en difficulté sociale.

Le jardin coopératif et communautaire de la maison de quartier La Rochelle, à Roux (un des grands quartiers de Charleroi), existe depuis six ans. Il est situé sur un ancien terrain de football que la paroisse a mis à disposition de l’asbl. Dès sa création, ce jardin était destiné à des personnes en difficulté sociale qui fréquentent la maison de quartier. La dynamique du jardin repose sur l’échange de savoirs  : apprendre ensemble à jardiner, tout en construisant


un projet commun.

Pour certains coopérateurs-jardiniers, recevoir les légumes du jardin en échange du temps passé à les cultiver, en lieu et place du colis reçu à la banque alimentaire, leur redonne une dignité si souvent mise à mal. Hamid, ccoopérateur-jardinier depuis près d’un an : « Quand je peux donner des légumes que j’ai cultivés à mes amis ou à la coopérative de la maison de quartier, je suis fier de moi, je suis tout content, j’ai l’impression de rendre un peu l’aide que j’ai reçue à mon tour ». L’aspect coopératif du jardin, les efforts et moyens mis en commun (outils, semences, compost...), le partage d’expérience et la convivialité entre jardiniers sont recherchés. Le jardinage crée de multiples occasions de solidarité. Jean-Pierre, coopérateur-jardinier depuis le début du projet : « On n’a jamais fini d’apprendre, j’ai appris plein de noms de légumes, j’ai découvert qu’il y avait une interaction entre les plantes et les insectes. On s’échange des bons conseils, on fait des expériences et on en parle entre nous. Parfois on n’est pas d’accord sur ce que d’autres font, alors on en parle à la réunion et cela s’arrange…  ».

Changer ses habitudes de vie

Cultiver le jardin, c’est en même temps cultiver sa personne. On augmente son tissu relationnel, on renforce la confiance en soi, on se donne une discipline de vie, on s’ouvre à la nouveauté, on change ses habitudes de vie... Cédric, coopérateur-jardinier occasionnel :
« Quand je travaille au jardin, je me sens mieux dans ma peau, je parle à des gens à qui je n’aurais pas parlé avant, je mange des légumes que je détestais quand j’étais enfant, je m’ouvre à des nouvelles choses…  ». C’est aussi apprendre à respecter des contraintes, celles du temps qu’il fait, des saisons, de l’arrosage, de la cueillette, de la conservation. Franco, éducateur de la maison de quartier : « Quelques années de fonctionnement nous ont permis de mieux comprendre les lieux, les sols, les personnes, les règles, les envies, les besoins. Nous avons décidé de donner une nouvelle direction au projet en partant des besoins, des ressources, des limites du jardin et des participants.  » Les parcelles sont aujourd’hui cultivées selon les principes de la permaculture en tenant compte des envies de chacun des coopérateurs-jardiniers, pour mieux correspondre à leurs besoins. Claudio, coordinateur du projet :
« La philosophie de la permaculture consiste à travailler avec la nature et non pas contre elle. Elle suit une éthique de base et donne des principes qui permettent une intégration harmonieuse des activités humaines au sein des écosystèmes. Les plantes et les personnes ont en commun le cours de l’existence. Ainsi, s’occuper du jardin coopératif et communautaire, c’est s’occuper du rapport à son environnement,
du rapport à soi et du rapport aux autres
 ».

Une participation sur mesure, avec des degrés d’implication différents
Chacun peut participer à la vie du jardin, au rythme de son choix : occasionnellement ou plus régulièrement. Trois types de coopérateur-jardinier peuvent s’impliquer de manière différente sur le terrain et à des degrés divers :
• celles et ceux qui, en plus d’avoir choisi de travailler
leur parcelle individuelle, travaillent les
parcelles de « production » et entretiennent tout
l’espace ;
• celles et ceux qui ont choisi de travailler l’une ou
l’autre parcelle individuelle uniquement ;
• celles et ceux qui n’ont pas choisi de cultiver une parcelle
mais qui donnent un coup de mains aux autres.

Hassan, coopérateur-jardinier depuis trois ans : « Lorsque j’ai commencé le jardin, j’étais sans boulot, au chômage. Le jardin me permettait d’avoir une occupation où je me sentais utile en faisant quelque chose de bien. Aujourd’hui, je travaille dur mais dès que l’occasion se présente, je retourne au jardin passer une heure ou deux, découvrir ce que les autres ont fait, ce qui a poussé, fleuri, j’arrache les herbes, j’arrose… Cela me fait oublier mes préoccupations et toute la tension accumulée au travail  ».

Un espace commun où l’on apprend (ré-apprend) à vivre ensemble

L’ouverture du jardin à d’autres publics que celui qui fréquente la maison de quartier demeure une difficulté importante du projet. Pour des personnes en fragilité d’existence, il est moins risquer de cultiver l’entre-soi que de s’ouvrir au monde. Actuellement, le jardin est utilisé par les jeunes du Patro pour leurs activités qui ne sont pas forcément liées au jardinage. Des habitants du quartier y viennent aussi pour rencontrer les jardiniers-coopérateurs ou simplement pour se promener. Laziz, coopérateur-jardinier : « Je sais que le jardin doit être ouvert à tout le monde mais lorsque les jeunes du Patro arrivent sur le terrain, j’ai toujours peur qu’ils ne saccagent nos plantations, qu’ils n’abîment le jardin. Ils jouent au ballon, courent partout  ». Mais le respect de ces jeunes pour ce lieu atteste de la valeur qu’ils accordent au jardin, au travail et aux efforts visibles de personnes qu’ils connaissent. Le groupe des enfants de la maison de quartier La Caverne de Polo, le Lapin a également sa place dans le jardin pour y découvrir comment on jardine, goûter aux produits. Même des carrés de terre leur sont dédiés. Stéphanie, animatrice bénévole : « Quand on va au jardin, c’est souvent pour se défouler : jouer, courir, faire du sport. Mais c’est aussi pour découvrir la nature, l’observer pour y déceler les miracles de la vie, apprendre à la respecter. Permettre aux enfants de devenir des petits jardiniers en herbe : semer, planter, cultiver, arroser, prendre soin, récolter, déguster… C’est aussi leur faire comprendre que ce que la plante a extrait de la terre pour se former enrichira la terre en s’y décomposant ».

Pour les responsables du projet, plus encore que la maison de quartier, le jardin est un moyen privilégié de reconstituer du lien social et de permettre une réelle insertion des personnes dans la communauté locale. Il est donc essentiel de chercher à y développer la mixité sociale. La priorité a été mise sur l’aspect communautaire du jardin, en profitant du fait que les anciens bâtiments scolaires jouxtant le jardin accueilleront prochainement les activités de la maison de quartier. Des travaux d’entretien et d’aménagement sont prévus pour cet hiver.



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