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Les présentations

Partons donc, si vous le voulez bien, à la découverte de ce monde méconnu, à travers sept associations que nous avons rencontrées pour élaborer cette étude.

Commençons à Namur, derrière la gare, dans le quartier d’habitations sociales dénommé « Germinal  ». Quelques immeubles, un espace vert au centre où se blottit une improbable chapelle classée au milieu d’une pelouse. Le passant ne remarque rien de spécial, si ce n’est ce local de plain-pied, sur la gauche. À l’intérieur, deux grandes tables, un coin cuisine, des photos au mur. Françoise, José et David, des adolescents, Ginette (dite Gigi), avec deux animatrices du CPCP [1] et Zakariya et Saudaly, les animateurs du Comité d’habitants, sont réunis autour de la table. Ils s’apprêtent à nous expliquer comment leur Comité d’habitants parvient à créer du lien et du bien-être dans le quartier.

Rendons-nous ensuite à Liège, à deux pas de la gare de Jonfosse. À l’arrière d’un bâtiment qui héberge des personnes et des familles sans logement, le local d’Amon Nos Hôtes est clair et accueillant. Ici, ce soir, des hommes et des femmes qui n’ont pas de logement ou simplement qui souffrent de la solitude viendront manger un sandwich, boire un café. En ce début d’après-midi, la salle est calme, une dizaine de volontaires, dont plusieurs connaissent ou ont connu la vie en rue, ont accepté de parler de leur engagement au sein de l’association.

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Le centre du quartier Germinal à Namur

Direction Ellezelles, ensuite, petite commune proche de Lessines. Le long de la route, une façade blanche indique en couleurs que nous sommes arrivés à « L’amicale d’entraide d’Ellezelles ». Depuis plus de 20 ans, des habitants viennent y chercher et y proposer de l’aide, un accueil, des cours d’alphabétisation ou de suivi scolaire, prendre un repas, participer à un atelier cuisine ou s’occuper du potager collectif. Plus loin, un peu en-dehors du village, un hangar sert de ressourcerie (vêtements, meubles, vaisselle…) et de lieu de distribution pour les colis alimentaires. Joël, Christel et Brigitte, ainsi que Jules, sont présents chaque semaine pour ranger, trier les vivres reçus et préparer les colis. Ils accueilleront ensuite les bénéficiaires pour la distribution. L’association et ses multiples activités fonctionnent presque uniquement grâce aux bénévoles, qui savent d’expérience ce que précarité veut dire.

Sans quitter la région, nous nous retrouvons à Lessines même. Dans une impasse près de l’église, bienvenue à la Conférence Saint-Vincent-de-Paul. C’est le jour du nettoyage dans la salle du rez-de-chaussée où on distribue les colis le vendredi après-midi. Au sous-sol, une salle pour l’accueil (café et tarte) qui précède la distribution. À l’étage, une grande salle où se déroulent les inscriptions. 525 personnes bénéficient de ces colis. Ici, pas de salariés, mais une cinquantaine de volontaires, dont une trentaine qui sont en même temps bénéficiaires.

Cap sur La Rochelle. Pas la ville portuaire de Charente-Maritime, mais la maison communautaire sise à Roux, proche de Charleroi. Autour de la table, on se serre un peu tant il y a du monde. Et il en faut, pour faire tourner une « entreprise » comme La Rochelle : colis alimentaires, coopérative d’achats, aide et insertion sociales, jardin potager, activités pour enfants, atelier cuisine, participation à des réseaux d’associations… tout cela avec un mi-temps salarié. Tout le reste fonctionne grâce aux volontaires qui, pour la plupart, ont un jour frappé à la porte pour demander un colis de nourriture ou sortir de l’impasse dans laquelle leur vie s’était embourbée.

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Des défis sportifs et humains relevés ensemble, des aventures dont l’amitié et la confiance sont les maîtres-mots.

Pour rencontrer l’association suivante, il nous faudra sortir des sentiers battus, au propre comme au figuré, et prendre Les Chemins de Traverse. En Belgique, dans les Vosges, dans les Alpes, en Vendée ou aux 20 km de Bruxelles… sur ces chemins, on rencontrera peut-être une bande de copains composée notamment de personnes à mobilité réduite et d’autres, libérées après un séjour en prison. Ici, tout le monde est volontaire et bénéficiaire à la fois. Chacun a ses forces et ses faiblesses, pas toujours visibles au premier coup d’œil. Des défis sportifs et humains relevés ensemble, des aventures dont l’amitié et la confiance sont les maîtres-mots. Une association qui chamboule nos représentations sur la relation aidant-aidé, sur la pauvreté et la richesse, sur la liberté et l’emprisonnement.

Arrêtons-nous enfin au pied d’un arbre, dans une ruelle de Schaerbeek, à deux pas de la Gare du Nord. C’est Biloba qui nous accueille, du nom d’un arbre (le Ginkgo Biloba, pour être complet) qui appartient à la plus ancienne espèce d’arbres connue : elle poussait déjà au temps des dinosaures. Mais nous sommes bien au XXIe siècle, au milieu de ce quartier où cohabitent plus de 100 nationalités. Autour de la table, des résidents du lieu, puisque les bâtiments comprennent des logements pour des personnes de plus de 60 ans, et des habitants du quartier qui viennent au centre de jour et participent à une palette d’activités qui leur sont proposées où qu’ils suggèrent eux-mêmes. Ici, il y a des volontaires qui ont signé une convention comme il se doit, et puis il y a tous ceux et celles qui donnent un coup de main de façon informelle, à l’intérieur de la maison ou dans le quartier.



[1Centre permanent pour la citoyenneté et la participation. www.cpcp.be



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