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Contre la pauvreté, je choisis la solidarité !

Lettre de Monseigneur De Kesel

Journées nationales de la prison

Nous reproduisons ici une lettre de Monseigneur De Kesel, Archevèque de Malines-Bruxelles, écrite à l’occasion des journées nationales de la prison.

Chers frères et sœurs dans le Christ,
Le climat d’insécurité dû aux tragiques événements de l’actualité récente, l’écart grandissant entre les nantis et les démunis, les sanglantes convulsions géopolitiques entraînant d’incontrôlables mouvements de populations risquent de conduire à un repli sur soi identitaire dont les conséquences s’attaquent déjà aux fondations de notre communauté : la solidarité et la justice tant sociale qu’économique. Autrement dit, nous risquons de devoir survivre, individuellement ou par fratries culturelles, dans un climat de déshumanisation. Les hôpitaux, les camps de réfugiés et les prisons, deviendront des zones de non-droits, exsangues de moyens humains et économiques.
Ne devons-nous pas appréhender ce « repli sur soi » comme une forme de nouvelle mise à mort du Christ ?
Notre but n’est pas de chercher des coupables. Notre propos est de poser la question cruciale de la présence de Dieu dans « tout ça », voire « malgré tout ça ». Pour Lui, sans préjuger de sa pensée, il nous apparaît nettement que l’exclu, en l’occurrence le prisonnier, le fautif, le coupable, mérite, comme tout un chacun, « miséricorde ». Non seulement « notre » miséricorde fragmentaire et hésitante, mais « Sa » miséricorde infinie. Invoquer Celle-ci, n’est-ce pas recevoir un pouvoir capable de nous désincarcérer de nos peurs ? « Désincarcérer » ? Oui, il s’agit de cela. La peur - surtout celle de « l’autre » - nous enferme souvent à perpétuité…
Visiter le prisonnier en prison, comme Saint-Mathieu nous y invite (Mt 25), va de pair avec la certitude qu’il vaut mieux, bien mieux, que l’acte qu’il a commis. Le prisonnier, ayant purgé sa peine, sortira un jour de sa cellule. Aura-t-il droit, délibérément, à une deuxième chance ? Le regard - notre regard - sur lui, rendu à la liberté, est capital. Que ce regard ne l’incarcère pas à nouveau, ni derrière des grilles et des murailles, ni dans une prison, en soupçon, en méfiance, en rejet…
Si nous le rejugeons en fonction de nos peurs ou de notre sentiment d’être « bien meilleur que lui », où se situe encore notre propre ajustement à Dieu et à l’Évangile ? Prions pour les victimes qui bien souvent portent en silence tout au long de leur vie les conséquences du mal qui leur a été fait ; Prions aussi pour les coupables pour qu’ils reçoivent la miséricorde divine.

Mgr De Kesel
Archevêque de Malines-Bruxelles




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