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Migrants | Société

Politique migratoire : miroir d’une société inégalitaire

La politique migratoire d’un pays est un bon baromètre de sa détermination à lutter contre l’exclusion sociale et les discriminations. Car les « migrants » figurent parmi les personnes les plus vulnérables de la société. On ne parle pas ici de pauvreté matérielle, bien que le dénuement de certains soit tout à fait alarmant. Il est avant tout question de dignité humaine élémentaire, au regard des droits fondamentaux qui devraient être garantis pour chacun.e.

À l’été 2017, quelques centaines de migrants « campent » aux alentours de la gare du Nord et du parc Maximilien. Seule la générosité des citoyens leur permet de subvenir péniblement à leur besoins élémentaires. Cette situation précaire interpelle plusieurs ONG. Trois d’entre elles – le CIRÉ, Médecins du Monde et Vluchelingenwerk – plaident pour la création d’un Centre d’Accueil et d’Orientation (CAO), qui permettrait, d’une part, à l’État belge de savoir qui sont ces personnes et ce qu’elles souhaitent et, d’autre part, aux migrants de bénéficier d’un toit, de nourriture et de soins de santé, mais surtout d’informations fiables afin d’évaluer clairement leur situation. -
La volonté est aussi d’éviter un cas semblable à celui de Calais, où les personnes aspirant à se rendre au Royaume-Uni s’étaient trouvées agglutinées dans un bidonville qualifié de « jungle ».
Le cas de ces migrants est particulier, dans la mesure où ils ne souhaitent pas forcément demander l’asile en Belgique, soit parce qu’ils espèrent prolonger leur trajet jusqu’au Royaume-Uni, soit parce qu’ils redoutent d’être renvoyés vers le pays par lequel ils sont entrés dans l’Union européenne , ou carrément vers leur pays d’origine.
Sous le même prétexte d’éviter « un Calais bis à Bruxelles », des opérations de police de grande ampleur sont menées au cours du mois de septembre. À la suite de ces interventions, quelques personnes sont placées en centres fermés. D’autres sont arrêtées puis relâchées. La plupart se dispersent puis reviennent une fois le calme revenu.
Ces interventions sont saluées avec enthousiasme par le secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration, Theo Francken, auteur d’un des tweets dont il a le secret : « Ce matin 14 personnes arrêtées au parc Maximilien, 9 à la gare du Nord, 3 déclarés mineurs. Selon la police, il n’y a quasi plus personne dans le parc. #nettoyer ». Ce dernier mot-clé suscite un tollé. Nous sommes le 14 septembre.
Quelques jours plus tard, on apprend via les mêmes fanfaronnades du secrétaire d’État qu’il a invité une délégation des autorités soudanaises « pour procéder à l’identification de 100 réfugiés arrêtés dans le parc Maximilien et à la gare du Nord. »
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