Inscription à la newsletter

logo Entraide et Fraternité

Une richesse inestimable

Les profils des volontaires rencontrés dans ces associations sont pour le moins variés. Ce ne sont pas « des volontaires », un groupe indistinct, mais des humains avec chacun leur histoire, leurs joies et leurs peines, leurs difficultés et leurs forces.

Engagés dans des associations non moins diverses.
Au sortir d’une conversation avec eux, on se dit que savoir s’ils sont « pauvres » ou « pas pauvres » a finalement peu d’intérêt. D’une part parce qu’il serait bien ardu de tracer une ligne de démarcation entre les deux situations. On sait que le seuil de pauvreté des statistiques ne correspond que de loin aux situations vécues « dans la vraie vie » et qu’il ne faut pas grand-chose pour passer d’un côté à l’autre de la barrière.
D’autre part parce que, nous l’avons dit, la question n’est pas de savoir qui aide qui, qui est en situation de donner et qui en situation de recevoir. Nous avons découvert des hommes et des femmes, des jeunes et des vieux, qui, quelle que soit leur situation, pensent que donner (du temps, du talent et du cœur) donne du sens à la vie, affirment qu’ils reçoivent autant qu’ils donnent, aspirent à un monde plus juste. Leur temps, pour eux, pour elles, ce n’est pas de l’argent, c’est du lien, c’est de l’amitié, c’est de la vie. Et ils en donnent, souvent sans compter.

Pourtant, nous avons voulu, dans cette étude, mettre particulièrement en lumière ces personnes qui, par leur engagement, brouillent la frontière entre volontaire et bénéficiaire. De leur propre initiative ou à l’invitation de quelqu’un d’autre et malgré une situation personnelle parfois très difficile, elles sont devenues volontaires et sont ainsi entrées dans une dynamique de relations, d’amitié, d’échange, de responsabilité, d’aide mutuelle, de joie partagée. Ceci alors que leur quotidien était jusqu’alors plutôt fait d’isolement, de découragement, voire de désespoir.
Tout cela nous inspire quelques réflexions pour terminer (provisoirement) ce « voyage en terre inconnue » :
- Chaque être humain, quelle que soit son histoire, quelle que soit sa situation actuelle, est capable de de donner et d’aider. Reconnaître cela nous semble fondamental dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. Car si la pauvreté est une violation des droits humains, les rencontres relatées dans ces pages nous confirment de façon lumineuse que la dignité, c’est autant l’accès à des droits que la possibilité d’être utile à autrui.
- Les volontaires, riches ou non, ne sont pas des saints, au sens où ils se sacrifieraient pour les autres, au mépris de leur propre bien-être. Tous disent recevoir autant, sinon plus que ce qu’ils donnent, et c’est très bien ainsi. Ce n’est d’ailleurs pas nouveau : saint Paul, dans les Actes des apôtres, disait déjà aux anciens de l’Église d’Éphèse qu’ « il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » . Les bénéfices touchent à l’estime de soi, aux compétences, à la santé, au lien social, au sens de l’existence, à la joie de vivre. Ce n’est pas rien. De là découlent deux idées supplémentaires :
- Il est positif qu’une loi encadre le volontariat pour qu’il se déroule dans de bonnes conditions et dans le respect des droits de chacun. Pour le reste, la société - et le monde politique en particulier- a tout intérêt à ne poser aucune entrave à l’engagement volontaire des citoyens – de tous les citoyens, fussent-ils chômeurs. Ni à l’instrumentaliser de quelque manière que ce soit, au risque de le dénaturer et de le rendre suspect aux yeux des volontaires potentiels. Le volontariat est une vraie richesse pour la société, il convient de la préserver.
- Les associations que nous avons rencontrées ont été choisies pour leur option d’ouvrir la barrière qui sépare bénéficiaires et volontaires. Ce n’est pas le cas de toutes. Peut-être l’expérience des associations qui ont participé à cette étude donnera-t-elle l’envie d’essayer à celles qui n’ont pas encore franchi le pas ?
- Enfin, le volontariat apparaît comme un puissant antidote à la marchandisation galopante de notre société et de nos vies. Quand on y donne une place à chacun, il est un lieu de gratuité et de solidarité, où les différences de revenus et de statut social deviennent une richesse commune plutôt qu’un facteur de division. N’idéalisons pas (nous ne sommes pas dans « Martine fait du volontariat ») : aucun groupe humain n’est exempt de tensions ni de dissonances ; mais ce « vivre – tous - ensemble » est en tout cas à la fois l’objectif et l’ADN des associations de lutte contre la pauvreté et de leurs volontaires.
Par leur engagement, les volontaires que l’on place habituellement dans la case « bénéficiaires » invitent leurs contemporains à changer leur regard, en particulier sur ces « pauvres » qui vivent « au crochet de la société ». On les a vus ici comme des acteurs – de leur vie, de leur association et du vivre-ensemble. Des citoyens qui, comme chacun.e d’entre nous, ont du temps (un peu plus ou un peu moins), du talent (chacun le(s) sien(s)) et du cœur (certainement) à offrir parce qu’ils sont convaincus que si tout le monde ne peut pas tout faire, chacun.e peut faire quelque chose…





Articles en rapport

24 décembre 2017    Au fil de l’Avent    Quatrième dimanche de l’Avent

Le révélateur

24 décembre 2017
Nous ne sommes plus au temps de la photo argentique, mais ceux qui l’ont connue se souviennent peut-être de la magie de ce bain dans lequel on plonge le (...)
20 décembre 2017    Echos des activités

Je n’ai plus de lits disponibles !

Écho de la province du Luxembourg
20 décembre 2017    Echos des activités

La Fabrique d’Hiver

Environ 90 personnes ont assisté à la projection du Film Volontaire ! à Huy ce jeudi 14 décembre.

Retrouvez-nous sur : facebook twitter youtube flickr