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Volontariat : utile et bienfaisant

Si le volontariat et les volontaires ne sont pas assez reconnus, le monde politique serait bien inspiré de s’y intéresser de plus près. Car le volontariat joue plusieurs rôles dans la société et il est source de nombreux bienfaits.

Les rôles, tout d’abord. On en repère au moins quatre [1] :

  • L’identification de besoins non satisfaits dans la société et la tentative d’y répondre. Voici quelques associations qui remplissent particulièrement bien cette fonction :

Kotonome [2] , à Bruxelles : des travailleurs et travailleuses du secteur de l’aide à la jeunesse constatent que les jeunes qui sortent d’institution à 18 ans sont souvent désemparés face aux responsabilités qu’ils doivent assumer sans y être bien préparés. Kotonome tente de répondre à ce besoin en recherchant des « familles d’appui » qui puissent accueillir un de ces jeunes et l’accompagner vers l’autonomie.

L’amicale d’Entraide Bénévole à Ellezelles [3] : c’est Pierre, un travailleur du CPAS, aujourd’hui à la retraite, qui a fondé cette association il y a vingt ans pour répondre à l’isolement social et à la précarité grandissants qu’il constatait dans le cadre de son travail.

Camp-Puces social de la HEH [4] : des enseignants et des étudiants de la Haute École en Hainaut créent une halte-garderie pour répondre à un besoin criant constaté sur les lieux de stage : les personnes en réinsertion socioprofessionnelle, au chômage, les étudiants en promotion sociale ont toutes les peines du monde à faire garder leurs jeunes enfants pour mener à bien leur démarche de formation ou de recherche d’emploi.

  • Le rôle additionnel du bénévolat par rapport au travail rémunéré : il sera largement évoqué dans les pages qui suivent. Citons-en plus une association qui illustre ce rôle à merveille :
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Un salarié n’a pas le temps d’accompagner une personne au CPAS. Un volontaire, oui.
© Photo : Frédéric Pauwels

Les amis d’Accompagner [5]. Des volontaires accompagnent les personnes qui en ont besoin dans leurs démarches administratives ou médicales, ou encore auprès de l’école de leurs enfants, etc. Ce sont les services sociaux (CPAS) ou d’autres associations qui font appel à cette association pour accompagner les personnes dans leur parcours vers le plein accès aux droits humains : aller au CPAS, à la mutuelle, à un rendez-vous médical, à l’administration communale… Un travail pour lequel il serait impossible de rémunérer des salariés et sans lequel les personnes accompagnées n’accéderaient probablement pas à leurs droits en matière de revenus, de logement, de santé, d’asile, etc.

  • Le développement personnel. C’est bien connu (et désormais scientifiquement prouvé) : l’altruisme fait du bien à la santé mentale autant que physique. Il donne du sens à la vie. Que l’on ait un emploi insatisfaisant ou pas d’emploi du tout, devenir volontaire permet de combler ce vide de sens, de s’insérer dans un tissu social fondé sur des valeurs positives. Pour les personnes en situation de « décrochage » ou de « désaffiliation sociale », le travail volontaire permet d’acquérir ou de retrouver des compétences, des savoir-faire, des attitudes sociales. Mais attention à l’instrumentalisation d’un acte par essence libre et gratuit – nous y reviendrons.
  • Le rôle démocratique. Par le volontariat, toute personne peut en principe prendre part à la vie sociale en se joignant à une initiative existante ou en créant un nouveau projet. Ceci est à nuancer en ce qui concerne les demandeurs d’emploi et les prépensionnés : ils doivent informer l’ONEM de leur intention de prester une activité volontaire et l’autorisation peut leur être refusée s’il est jugé que la recherche d’emploi est entravée. C’est un cheval de bataille de la Plateforme francophone du volontariat ; nous y reviendrons également dans ces pages.

D’autre part, en attirant l’attention sur des besoins non satisfaits, sur des catégories de la population particulièrement vulnérables, le volontariat dans le secteur social joue un rôle non négligeable d’interpellation politique. Un exemple frappant : la mobilisation citoyenne qui s’est déployée dans le Parc Maximilien à Bruxelles lors de l’arrivée de nombreux demandeurs d’asile en 2015.

- Quant aux bienfaits, ils sont tels que le nombre de bénévoles est considéré comme un indice de la bonne santé d’une société [6]. Car en quoi consiste donc la santé d’une société sinon en son degré de cohésion sociale (liens et coopération entre les personnes, sentiment d’interdépendance) et dans le bien-être de ses membres (développement des ressources personnelles mises au service de la collectivité, relations harmonieuses avec les autres et avec la nature, estime de soi, sentiment d’appartenance…) ?

On aurait tendance à l’oublier à cause de l’absence de salaire, mais le volontariat représente un poids économique non négligeable ! C’est une « force de travail » considérable qui rend de nombreux services à la société dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’aide sociale, de la culture, du sport… Les volontaires prestent en moyenne 4 heures par semaine et on évalue le temps « donné » à près de 130 000 emplois à temps plein ! Mais attention : n’en déduisons pas trop vite que ce sont 130 000 emplois « volés » aux salariés. Nous en reparlerons plus loin.



[1D’après « Le volontariat en Belgique, chiffres clés », Fondation Roi Baudouin, 2015, p.13.

[2Kotonome

[6D’après « Le volontariat en Belgique, chiffres clés », Fondation Roi Baudouin, 2015, p.13.



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