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6 décembre 2018  Actualités

À Arlon, un Tremplin pour mieux rebondir

À cause des salaires grand-ducaux, le Sud-Luxembourg manque cruellement de loyers accessibles. À Arlon, l’asbl Le Tremplin récupère des hommes parfois très jeunes perdus dans la rue pour leur donner un nouveau départ dans la vie.

Si, en contrebas de la Knippchen (la colline sur laquelle est construite la vieille ville), l’on avait suivi Kevin et Jonathan (prénoms d’emprunt) dans les rues d’Arlon, on n’aurait pas imaginé les voir entrer dans cet ancien garage Renault du quartier des thermes romains. « Déjà, si tu donnes ton adresse à une flle en disant que tu habites une maison d’accueil, c’est mort », sourit l’un d’eux. Dans l’ancien showroom, on prend ses repas ; dans l’atelier, on passe son temps de loisirs. Aux étages, deux salons, 15 lits, une nouvelle cuisine et (seulement) deux douches. C’est ici, dans ce bâtiment devenu la propriété de la ville, que s’est installé Le Tremplin il y a 35 ans déjà. Cette maison d’accueil y réserve une chambre en permanence disponible pour les détenus en congé pénitentiaire de la prison voisine. « Au début, on avait un peu peur de leur présence parce qu’ils venaient de prison, disent nos deux jeunes interlocuteurs, mais on se rend vite compte qu’ils sont comme nous et ne cherchent pas les ennuis. » Elle dispose aussi de deux appartements post-hébergement pout huit personnes où l’accueil n’est plus limité dans le temps. En 2017, 15 personnes ont retrouvé un emploi, un logement et une stabilité.

Au départ également active dans le domaine de la formation (elle a scindé ce volet désormais confé à une autre asbl), l’association Le Tremplin s’est recentrée sur la problématique de l’accueil et l’accompagnement des hommes parfois très jeunes, de plus en plus jeunes même, qui trouvent ici un gîte, une écoute et un soutien. Kevin, 18 ans, et Jonathan, 27 ans, font partie de ces garçons très jeunes dont rien ne laissait présager la subite descente aux enfers. Comme très souvent, c’est moins une rupture affective qu’un problème d’emploi ou d’argent qui les a poussés à la rue.

Une mobilité très diffcile

Le premier ne veut plus entendre parler de sa famille, il a quitté son village pour Bastogne, « pour ne pas croiser des gens que je connaissais », a dormi dans les bois durant deux semaines avant d’arriver ici. Le deuxième a été mis à la porte par son père parce qu’il ne s’entendait pas avec la nouvelle compagne de celui-ci. Son père l’a accusé d’avoir volé ses armes à feu alors que la police les a toutes retrouvées dans son garage.

« La situation particulière de la région, cité-dortoir du Luxembourg, fait qu’on ne peut plus rien louer en-dessous de 500 euros sans charges. Il y a peu d’emplois et si l’on n’a pas les moyens d’avoir une voiture, c’est tout simplement impossible, il faut deux heures pour faire 15 km en bus !
Ils arrivent de plus en plus jeunes, aujourd’hui, ils sont issus de la classe moyenne, n’ont rien fait à l’école, vont de formation en formation sans que cela n’aboutisse à rien ensuite », résument Marc Holtz, directeur du Tremplin, et Sébastien Esser, éducateur. Jonathan, par exemple, a dû quitter son boulot au Luxembourg car il ne pouvait plus s’y rendre, ne disposant plus de voiture. Un autre pensionnaire prend son vélo chaque matin à 2h pour aller travailler dans une boucherie à 10 km.


« Ici, j’ai trouvé en quelques jours la sécurité, le logement, à manger, la convivialité, le soutien. »
Kevin, 18 ans

Si Kevin et Jonathan font partie des quelque 75 hommes, jeunes ou moins jeunes, soutenus chaque année par l’association arlonaise, ce n’est jamais un chèque en blanc qui est signé aux pensionnaires. « On peut les refuser, cela arrive : si, par exemple, on a déjà de gros problèmes de consommation d’alcool ou de drogue et que le candidat émarge à cette catégorie, nous devrons lui dire qu’on ne peut pas briser la dynamique du groupe pour lui. On insiste beaucoup ici sur la dimension collective, dans le partage des tâches, de la cuisine. Mais, ensuite, chaque personne est vraiment unique. On part de la question posée à chacun : ‘Qu’est-ce que l’hébergement peut t’apporter ?’ Par exemple, nous avons un gars qui souffre d’hépatite, on lui donne le temps de se poser, de se soigner ; pour d’autres, ce sera de régler un problème de surendettement. Notre vision de l’accueil, c’est d’abord de retrouver la forme physique et psychologique. Mais on autonomise et on responsabilise les gars : si tu as l’énergie de te défoncer, tu dois en avoir pour autre chose aussi et il y a d’ailleurs obligation d’assister à deux activités par semaine. Se reloger peut prendre deux ans, peut impliquer un accompagnement à gérer son budget, à nettoyer un appartement, à trouver un emploi, c’est pourquoi ce post-hébergement nous permet d’accompagner plus longtemps nos hébergés. »

« Ils ont toujours un bon conseil à donner »

Ce qui est sûr, c’est que les pensionnaires du Tremplin ne tarissent pas d’éloges sur le traitement qui leur est réservé ici et, surtout, sur la famille qu’ils ont retrouvée en poussant la porte de l’ancien garage. « Le plus dur quand on est à la rue, dit Kevin, plus dur encore que la faim ou la soif, c’est d’être seul. Depuis deux semaines que j’ai quitté la maison, tout est nouveau pour moi. Pourtant, c’est une deuxième famille que j’ai trouvée, une première même ! Ici, j’ai trouvé en quelques jours la sécurité, le logement, à manger, la convivialité, le soutien. Moi, mon objectif prioritaire, c’est de passer mon permis. Je n’ai que 18 ans mais je crois que c’est indispensable pour pouvoir travailler. On ne peut pas raisonnablement être heureux d’être ici mais, par rapport à la rupture que j’ai vécue avec mes parents, c’est la meilleure chose qui pouvait m’arriver. »


« Le plus dur quand on est à la rue, plus dur encore que la faim ou la soif, c’est d’être seul. »

Cet appui psychologique, c’est aussi ce sur quoi Jonathan insiste : « J’ai toujours été quelqu’un d’angoissé mais, là, je stresse beaucoup plus vite qu’avant encore. Ici, je progresse. Je sais que toute l’équipe est là. Quelle que soit mon angoisse, ils ont toujours un conseil à me donner. Ils ne me jugent jamais et sont toujours de bon conseil, ils m’apaisent. »

Du théâtre à la cuisine

Il y a 3 ans, l’aide de Vivre Ensemble a permis au Tremplin d’organiser, avec le théâtre Alvéole, un atelier théâtre avec une représentation à la clé. « Cela peut avoir l’air dérisoire mais les résultats sont étonnants : c’est très valorisant pour des gens qui n’ont jamais appris à être valorisés ; savoir parler en public sans regarder ses chaussures, c’est quelque chose de très important quand on se présente pour un emploi. »

Cette fois, c’est un atelier cuisine qui sera financé. Avec, à la clé, la construction d’une cuisine de grande taille, la cuisine actuelle, trop petite, ne répondant plus aux besoins. Or, l’objectif est justement que de nombreux pensionnaires puissent s’installer autour du plan de travail pour la confection conviviale des plats dans le cadre de cet atelier. « Apprendre à bien s’alimenter, c’est prendre soin de soi et développer des compétences : établir un budget, choisir son menu, être critique vis-à-vis de ses achats… Une bonne alimentation est un aspect essentiel d’un cheminement vers plus de respect de soi, vers l’ouverture aux autres et vers un emploi. »





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