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4 février 2019  Actualités

Chez Amon Nos Hôtes, aider les autres pour s’aider soi-même

A Liège, Amon Nos Hôtes accueille chaque soir une cinquantaine de personnes pour un rendez-vous convivial avant l’ouverture des abris de nuit. Particularité : les sandwiches sont ici préparés par des bénévoles qui sont aussi les bénéficiaires de l’association.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Amon Nos Hôtes (« chez nous » en wallon) était un journal clandestin liégeois « paraissant suivant les possibilités et les nécessités du moment. » Septante ans plus tard, toujours selon les possibilités et les nécessités du moment, on pourrait dire que les membres de l’équipe d’A mon nos hôtes sont eux aussi des résistants d’un autre genre. « Il faut être clair, résume Samuel Beckers, directeur d’A mon nos hôtes, créé en 2002, nous travaillons avec un public de très bas seuil, c’est-à-dire essentiellement des gens de la rue, des sans abri et des gens très isolés. »

Un soir comme les autres

Il est 16h30, la nuit, le froid et une pluie incessante rendent à Liège son cachet simenonien. C’est l’heure de l’ouverture des portes de la cafétéria sociale. Un soir normal sur les hauteurs de la Cité ardente. « En fait, dit Samuel Beckers, nous ouvrons le soir parce que nous nous envisageons un tampon entre la fermeture des abris de jour et l’ouverture des abris de nuit. » Dès l’ouverture des portes, ils sont déjà une bonne vingtaine à arriver pour se mettre au chaud même si le règlement est clair : on ne sert à manger qu’entre 17h30 et 19h, le bar restant ouvert jusque 22h. L’ambiance est bon enfant : on se fait la bise, on se serre la main, on retrouve sa place habituelle, comme dans une famille ou au café, mais ici pas d’alcool. L’accueil est inconditionnel, pas de contrôle d’identité. Au décompte de 18h, il y a ce soir 42 hommes, 8 femmes et 2 enfants, une répartition assez représentative de la réalité quotidienne.

Chaque soir de la semaine, on peut, pour un prix modique (1,50 euro), venir ici manger une soupe et un sandwich préparés maison. Hors de ces heures, il y a des activités
(nature, sport, théâtre, expos…) et les services d’intégration sociale. Mais l’originalité d’A mon nos hôtes, c’est l’implication des bénéficiaires dans le fonctionnement de l’association. Que ce soit pour le nettoyage de la cafétéria (y compris les toilettes) et la préparation des aliments le matin ou pour la tenue du snack et la préparation des sandwiches le soir, ce sont des bénévoles qui sont aux manettes. Pas, comme dans beaucoup d’associations, des bénévoles qui viennent donner un coup de main à des gens plus précarisés qu’eux. « Partout ailleurs, on a du mal à trouver des bénévoles ; chez nous, ils se pressent au portillon et on ne peut donner de l’ouvrage à chacun ! »
C’est qu’ici, les bénévoles (80 par an) sont ceux qui, au départ, ont poussé les portes de l’association parce qu’ils avaient faim ou froid. Et qui, de fil en aiguille, ont trouvé ici une famille et ce qu’ils finissent par considérer comme leur boulot et un sas idéal pour se remettre en selle avant de reprendre pied dans le monde du travail. « Pour nous, remplir ces missions de bénévoles, c’est de l’insertion pure, remarquent les membres de l’équipe d’A mon nos hôtes.
On ne voit plus les gens comme des cas problématiques mais comme des travailleurs qu’on accompagne. »

« Ici, c’est mon vrai boulot »


Kamel {JPEG} Kamel  : « J’ai 52 ans, je suis tunisien. J’ai travaillé dans de grands hôtels à Djerba puis j’ai vécu 20 ans à Aix-laChapelle où je travaillais dans un restaurant italien et j’étais marié. Quand j’ai divorcé, je suis venu à Liège et chez A mon nos hôtes. J’ai trouvé l’endroit sympa et j’ai voulu rester ici. Pour le moment, je suis sans-abri, je dors dans les différents abris de nuit de la ville. Je vais suivre une formation pour aller travailler sur le site de TNT à Bierset. Je ne veux pas retourner en Tunisie, je n’ai plus rien à faire là-bas, mon pays c’est ici et, chez Amon nos hôtes, je me suis trouvé une famille, je connais tout le monde. Comme je me sens bien ici, c’était tout naturel de servir comme bénévole.
Même si je ne suis pas payé, je considère ceci comme mon travail et je suis bien ici. »


Eric {JPEG} Eric  : « Je suis bénévole depuis qu’en 2009, j’ai séjourné à la maison d’accueil Les sans-logis, de l’autre côté du bâtiment. J’étais tombé à la rue une première fois et j’ignorais que la cafétéria sociale existait juste à côté.
Ensuite, je ne suis plus venu travailler que par intermittence durant quelques années parce que je me suis marié, j’ai eu un enfant, un boulot et un appartement. Quand je me suis séparé, je me suis de nouveau retrouvé à la rue et j’ai perdu mon boulot. Je ne fréquente pas les abris de nuit, j’ai compris que ce n’est pas pour moi, ce n’est pas ma place. Je prends mon mal en patience, j’ai un sac de couchage militaire assez chaud, j’ai trouvé un petit endroit protégé de la pluie et du vent que je suis seul à connaître : c’est mon petit havre de paix pour le moment. Pourquoi je suis bénévole ? Je vous répondrais que c’est pour aider les autres mais qu’en même temps c’est paradoxalement une démarche assez égoïste : c’est une façon de rester actif et surtout c’est donnant-donnant, j’aide les autres mais cela me fait du bien à moi. Moi, je considère qu’ici, c’est un boulot à plein temps. Pour le moment, c’est l’endroit idéal : je me reconstruis, je suis dans quelque chose qui ressemble au monde du travail, je mange au resto du cœur et le soir ici ; la rue c’est dur, plus dur et violent que je ne pensais, on subit des vols, des agressions, on brûle vos affaires, je ne suis pas assez fort pour subir ça, mais je sais que cela ne durera pas.
La roue tourne et je suis persuadé que ma situation n’est que temporaire. »


Jérôme {JPEG} Jérôme  : « Je suis coordinateur technique, mon rôle est de gérer les bénévoles, les stocks, durant le service. On peut l’être moyennant une formation après 6 mois de bénévolat.
Il y a deux ans, j’ai perdu mon logement et j’ai été hébergé par l’ASBL Sans-logis à côté. Grâce à cette expérience et à mon boulot de bénévole ici, j’ai compris quelque chose d’important : je veux me réorienter dans le social, ça me plaît, j’aime ça, je vais suivre une formation pour être éducateur.
Quand je sors d’ici, j’ai le sentiment du travail accompli. C’est comme si j’avais été au charbon et que j’avais reçu ma paie. Sauf que me paie, c’est le sourire et le merci des gens ! »





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