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Maison’Elle : faire de l’aide d’urgence un épisode de vie singulier

La Maison’elle est une maison d’accueil pour femmes en difficultés à Rixensart. Elle héberge jusqu’à 20 femmes, parfois avec enfants pour une durée de maximum 18 mois.

Il y a une multitude de raisons pour lesquelles une femme peut être amenée à frapper à la porte de la Maison’elle, centre d’accueil et d’hébergement temporaire à Rixensart. C’est parfois pour échapper à une vie familiale conflictuelle, à une violence physique et/ou verbale ou encore pour fuir un mariage forcé. On y trouve aussi des femmes en situation de pauvreté, dont beaucoup sont travailleuses et détentrices de contrats précaires (titres-services ou emplois « uberisés »). On y croise des parcours de vie difficiles avec des problèmes de santé mentale, drogues, alcool, etc. Ces catégories sont souvent liées : certaines femmes sont dépendantes financièrement de leur mari, d’autres restent auprès de leur compagnon pour des obligations liées au titre de séjour.

À l’arrivée d’une nouvelle usagère, un classement de ses urgences est effectué. Ses besoins sont identifiés et priorisés : démarches administratives, garde des enfants, recherche d’emploi, etc. Si besoin, une guidance budgétaire est établie. Cet accompagnement consiste à faire le point sur les dettes éventuelles et régulariser la situation de la personne auprès du CPAS. Le temps des démarches, l’asbl peut prêter de l’argent qui sera remboursé plus tard. L’objectif final est de rendre les femmes autonomes et de leur permettre d’accéder à un logement au bout de la période d’accueil. Cette guidance peut aussi aider à faire des économies pour concrétiser des projets tels que des voyages ou faire des cadeaux aux enfants.

Ensuite, une des trois éducatrices référentes lui est désignée. Celle-ci discerne son parcours et distingue qui, dans son entourage, lui est toxique ou au contraire aidant·e. Cette éducatrice adopte une posture d’écoute et devient une personne de confiance, disponible 24h/24. L’équipe de la Maison’elle compte également des éducatrices de terrain qui entretiennent la maison avec les hébergées. Leur présence dans les tâches quotidiennes créent une forte proximité avec les femmes accueillies. Chaque femme cuisine pour elle et ses enfants, mais des groupes se forment pour cuisiner ensemble. Et parfois, de manière informelle, l’une d’elle fait bouillir une grande casserole pour toute la maison avec les invendus du supermarché. Et parce que le mot « maison » est à prendre au premier sens du terme, il faut imaginer une dizaine d’enfants jouant ensemble dans les espaces communs et une poignée de bénévoles – d’anciennes hébergées pour la plupart – aidant à la maintenance des lieux ou à l’animation d’ateliers.

Car ce qui distingue la Maison’elle des autres centres d’accueil, c’est surtout un large panel d’activités culturelles et créatives : atelier bois, thé philosophique, « art thérapie », maquillage, donneries, théâtre, ciné-forum, etc. Ces activités contribuent à la reprise d’une confiance en soi souvent oubliée. Les femmes manifestent des talents aussi manuels qu’intellectuels et se découvrent des qualités insoupçonnées. Elles se confient, se déculpabilisent et créent des liens d’amitiés solides.

Et puis, le petit plus de la maison, c’est d’offrir à chaque personne quelque chose de particulier au cours de son séjour. Bien souvent, les mères demandent à partir quelques temps avec leurs enfants, de sortir un peu du quotidien et de recréer du lien familial. Certains enfants vivent mal ces déménagements fréquents et l’image qu’un centre d’hébergement peut donner auprès de leurs copain·ine·s de classe et de tels évènements aident à reconstruire une complicité avec leurs mamans. Pour chaque voyage ou excursion, la Maison’elle recherche un financement spécifique (dons, fondations, repas de soutien, etc.).

Pousser la porte d’une maison d’accueil est rarement facile. Le geste est apparenté à un échec et peut paraître humiliant. Mais à la fin des 9 mois réglementaires – renouvelables jusqu’à 3 x 3 mois si le parcours de vie l’impose – la plupart gardent de bons souvenirs de leur séjour. Certaines continuent de fréquenter ponctuellement les lieux, autant pour les ateliers et la récolte d’invendus que pour revoir les amies. L’association n’a malheureusement pas de subside pour suivre les femmes après leur séjour. Ce type de subvention existe mais, en plus d’être insuffisant, n’est attribué qu’à une maison d’accueil par semaine. Or, cette logique pragmatique ne tient pas compte de la relation de confiance créée entre la personne accueillie et ses accueillantes.

« On arrive en pleurant, on repart en pleurant. » - une femme hébergée.

Mais le principal problème que connaît le secteur aujourd’hui est lié à la fragilité économique des allocataires sociaux. Le statut de cohabitant·e·s attribue en effet un revenu généralement insuffisant pour subvenir aux besoins d’une famille. Pour un·e bénéficiaire d’allocation, le statut d’isolé·e·s représente un sésame, si ce n’est une nécessité. Or, l’ONEM accorde ce fameux statut aux usager·e·s de maisons d’accueil. Avec le coût de la vie qui augmente, les maisons d’accueil sont donc de plus en plus confrontées à de fausses demandes. Les éducatrices repèrent assez vite les fausses séparations et mettent dès lors fin au séjour de la personne. La situation peut paraître injuste, mais ce l’est plus encore que d’occuper la place d’une personne dans une situation plus inconfortable. On peut imaginer que pour en arriver à cette situation, les faussaires soient dans une véritable situation de détresse. En fait, cette différentiation par statuts ne fonctionne pas, est injuste, et fait perdre du temps et de l’argent à des organisations comme la Maison’elle. Ce système doit changer !

Prochainement, la Maison’elle sera en travaux. Il est question de construire une extension au bâtiment pour accueillir un nouvel appartement – et ainsi augmenter la capacité d’accueil de l’asbl – et de nouveaux espaces créatifs. La campagne d’Action Vivre Ensemble permettra l’aménagement intérieur du nouvel atelier et d’une salle de jeux pour enfants.

En savoir plus :
http://lamaisonelle.be
https://vivre-ensemble.be/1989

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Province : Hainaut
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