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5 mars 2021  Actualités

Interview

Le travail d’Action Vivre Ensemble en temps de Covid

Le 31 décembre dernier, nous étions nombreux à nous réjouir de la fin de cette année 2020, une année éprouvante à tous les niveaux.

Malheureusement, force est de constater que, si nous avons bel et bien laissé 2020 derrière nous, le coronavirus est toujours bien présent. En 2021, la pauvreté et les inégalités sociales dans notre société vont encore s’accroître et les défis qui attendent le secteur associatif sont énormes. Comment soutenir au mieux ces associations de lutte contre la pauvreté et l’exclusion ? Quels vont être les défis à relever par Action Vivre Ensemble en 2021 ? Entretien avec Catherine Daloze, chargée d’études et de projets pour Action Vivre Ensemble.

Comment Action Vivre Ensemble a-t-elle adapté son travail à la crise actuelle ?

Catherine Daloze : Comme vous le savez, une partie de notre action est le soutien aux associations de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. L’appel à projets 2020 était à peine lancé quand le coronavirus a fait son entrée en Belgique. Nous avons décidé de le maintenir. Nous avons veillé à adapter le dispositif pour être au plus proche des réalités vécues par les associations et, par ricochet, par les personnes en situation de pauvreté. Par la suite et face à la gravité de la situation, nous avons mis en place un soutien « spécial Covid », si je peux m’exprimer ainsi. Action Vivre Ensemble a décidé d’octroyer un soutien supplémentaire aux associations, compte tenu de la situation sanitaire et des nouvelles difficultés qu’elles rencontrent. Grâce à la générosité de nos donateurs, nous avons pu débloquer une enveloppe additionnelle afin de répondre aux besoins grandissants des associations soutenues dans le cadre de l’appel à projets 2020. Nous avons fait le tour de toutes ces associations afin de mesurer leurs nouveaux besoins. Cela nous a également permis de maintenir le lien de proximité et de solidarité entre Action Vivre Ensemble et les associations.

Action Vivre Ensemble, ce sont aussi de nombreux groupes mobilisés en Wallonie et à Bruxelles, des rencontres, des échanges... Comme pour tout le monde, le « distanciel » est de mise. On le regrette et on attend avec impatience de pouvoir se retrouver de visu. Malheureusement, le contexte est encore incer- tain. Les raisons d’être d’Action Vivre Ensemble, elles, sont plus que d’actualité. Il est essentiel de continuer notre mission.

Quels sont les défis à relever cette nouvelle année par Action Vivre Ensemble ?

C. D. : Un des principaux défis à relever est de maintenir notre soutien aux associations de proximité qui font face à cette crise sociale sans perdre de vue cette nécessité de changer les choses de manière plus structurelle. Nous voulons, avec les associations que nous soutenons, réussir à combattre les inégalités à la base. Christine Mahy, secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté (RWLP), le dit très bien : la crise Covid a eu un véritable effet loupe sur des problèmes qui lui étaient préexistants. Si le coronavirus a, en effet, fait tomber des personnes dans la précarité, nombreux sont ceux qui étaient déjà dans une situation précaire ou de grande fragilité, non pas à cause du virus mais de l’organisation politique de notre société. Qui dit nouvelle année dit nouvel appel à projets.

Comment allez-vous procéder en 2021 ?

C. D. : L’appel à projets est en cours et sera dans la prolongation de ce qui a été fait en 2020. Comme chaque année, il visera des projets qui favorisent la participation et renforcent la capacité d’action des per- sonnes, la mobilisation collective. Cette année, les volontaires des commissions d’Action Vivre Ensemble seront également soucieux de répondre aux besoins en lien avec la crise sanitaire que nous traversons. Ces derniers mois, les associations ont dû s’adapter aux mesures sanitaires et ces adaptations ont un coût. Un coût purement logistique avec l’achat de matériel, l’adaptation des espaces de rencontre... Un coût du fait de l’annulation d’une série d’activités qui soutenaient financièrement leurs actions. Un souper, une brocante... Mais aussi bien au-delà. L’adaptation aux mesures sanitaires, c’est aussi le numérique et c’est un vrai souci. Le tout n’est pas de transporter le lien entre les personnes par le web. Le problème est - pour partie - dans l’outillage des personnes. Aussi dans la manière dont elles peuvent utiliser ces outils, et les maîtriser. Enfin, la numérisation standardise le rapport qu’on peut avoir avec un travailleur social, un service public ou autre. Cela pose une vraie question d’accès de chacun à ses droits et cela crée un isolement terrible. Les associations en témoignent tant et plus. Le lien social est mis à rude épreuve. De nombreuses associations ont dû complétement se réinventer. Pas dans leur essence. Mais dans la façon d’y donner corps. Il faut les soutenir dans cette inventivité, cette créativité qu’elles déploient dans ce contexte très difficile.





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