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Nous accueillants

Héberger une personne en « situation irrégulière »


J’héberge parce que le gouvernement utilise des chiens pour chasser des gens sur les parkings. J’héberge parce que le centre fermé de Steenokkerzeel s’est maintenant doté d’une grande aile familiale pour enfermer les enfants. J’héberge parce que le jeune garçon qui joue et se marre avec mon fils a le corps couvert de cicatrices (…). J’héberge, car je crois que chaque être humain a droit à de la dignité basique.

Depuis septembre 2017, plus de 8000 familles ont logé un « invité » au moins une fois, via la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés. Un invité venu du Soudan, d’Érythrée, d’Ethiopie, de Syrie, du Yemen… en quête de paix, de liberté, souvent en route vers l’Angleterre et coincé dans un pays où il est apparemment « indésirable » aux yeux des autorités. La mobilisation citoyenne est impressionnante par son ampleur, par la solidarité qu’elle révèle, par son organisation logistique aussi entre chauffeurs, hébergeurs, donateurs de vêtements, de nourriture, sympathisants… Elle s’appuie sur un réseau où la fraternité se dit en « vnous » : terminologie originale qui dit l’inclusion, les vécus commun et la mobilisation partagée. Chaque jour se réalise un tour de force : permettre à chacun de ces migrants isolés dans leur exil de s’abriter, d’être accueilli pour la nuit, faute d’une prise en charge par les pouvoirs publics. Aujourd’hui encore, après deux ans, la Plateforme estime qu’en plus du centre d’accueil « La Porte d’Ulysse » (300 places), elle parvient à placer 250 personnes dans les familles. Reste que tous les besoins ne sont pas toujours tous couverts. Plusieurs dizaines de jeunes gens passent la nuit dehors. L’espoir que les pouvoirs publics prendront enfin le relais se maintient, tout comme le vœu que les politiques d’asile changeront de cap, en s’éloignant de la répression et de la violence qui les caractérisent aujourd’hui.

Le concept de visites domiciliaires

Mais les hostilités face à l’étranger ont la vie dure. D’autant plus quand le climat ambiant fait la part belle au nationalisme et au racisme. Au niveau fédéral, plutôt qu’à des avancées vers une politique protectrice pour les exilés, on assiste à une résistance pied à pied à leur présence, à des attitudes de menace et d’opposition. Le projet de loi relatif aux visites domiciliaires en est un exemple. Il vise à permettre aux services de police de mener des visites domiciliaires chez des particuliers afin d’y interpeller des étrangers en séjour irrégulier. Déposé fin 2017, il avait été abandonné sous la législature précédente, non sans avoir créé beaucoup d’émoi. Il avait été vivement critiqué par un certain nombre d’associations et de citoyens, par des juges d’instruction... La nouvelle législature en vue, la N-VA revient sans tarder avec ce projet. À peine la prestation de serment exécutée à la Chambre des représentants pour les nouveaux élus de mai 2019, l’ancien Secrétaire d’État à l’Asile et la Migration, Théo Francken, redépose une proposition de loi similaire.


Un premier accueil, c’est d’abord réaliser que la chaîne de solidarité qu’on suit de loin sans s’impliquer est bien réelle. Une fois qu’on décide de se lancer, de devenir un relais, les contacts s’enchaînent (…). Une vraie solidarité, une émotion dévorante, une envie d’aider, une chaîne de bonté. Oui, ça existe. Ce n’est pas un beau concept sorti d’un livre de religion, c’est une chaîne humaine qui se crée pour aider d’autres humains. (…) On ne peut plus vivre comme avant quand on a mis un visage sur des faits (…). Oui, l’hébergement laisse des traces.

La solidarité criminalisée

En janvier 2018, le CIRÉ (Coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers) le condamnait clairement : « Non seulement ce projet criminalise toujours plus les personnes sans papiers, mais il criminalise aussi la solidarité des citoyens qui les hébergent et porte atteinte aux principes fondamentaux de l’inviolabilité du domicile et du droit au respect de la vie privée. » Ces dispositions bafouent des droits élémentaires comme celui de l’inviolabilité du domicile consacré par l’article 15 de notre Constitution et le droit au respect de la vie privée, consacré par l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’Homme, rappelle le CIRÉ.
De son côté, la Ligue des droits humains confirme et refuse « l’amalgame qui est fait entre étranger et criminel ». Pour elle, il faut absolument protester contre cette assimilation entre « sans-papiers » et brigands, afin de protéger notre société et son vivre-ensemble. « La personne ‘sans papiers’ se trouve traitée comme un criminel alors qu’elle n’a simplement pas les bons papiers. On ne peut pas lutter contre le crime (vol, crime organisée, meurtre, viol…) et l’immigration dite illégale de la même manière », estime la Ligue. Et d’ajouter qu’il est aussi inacceptable qu’une loi vienne mettre à mal le droit d’exercer sa solidarité. Ce droit est inscrit dans la loi de 1980 : « en Belgique, le délit de solidarité n’existe pas, on peut venir en aide à la personne ‘sans papiers’ tant qu’on le fait pour des raisons principalement humanitaires. »
Une série de signaux d’alarme s’allume autour des actions de solidarité envers les migrants. Le projet de loi relatif aux visites domiciliaires en est un. Au printemps 2019, le procès dit de la solidarité – qui a vu des hébergeuses suspectées de trafic d’êtres humains - en est un autre. La solidarité, au contraire d’un délit, ne serait-elle pas un devoir ?


Un réfugié n’est pas dangereux, il est en danger. Il l’était avant son voyage, l’a été pendant son voyage et l’est encore maintenant, alors qu’on cherche à l’expulser. (…) Un réfugié est un être humain. Quand tu l’emmènes à des kilomètres de la capitale, au beau milieu de la nuit, et qu’il atterrit dans ton bled, il n’en mène pas large. Mais comme toi, il a choisi de faire confiance.

Citations extraits de Perles d’accueil. Quand la solidarité s’organise, éd. Mardaga, 2019.





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