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Nous familles

Vivre en famille, un combat pour les plus pauvres


Même si on a un travail, on doit choisir entre payer le loyer qui mange la moitié du salaire ; les charges de l’eau, l’électricité, le chauffage, les soins médicaux ; l’école ; un minimum de loisirs… Et puis, il y a les contrôles sociaux qui guettent de tous côtés : si un enfant doit être hospitalisé, si on ne peut payer les repas ou les frais scolaires, si … expliquent des parents. Que va-t-il se passer ? On sera convoqués, interrogés, jugés, condamnés, l’enfant sera placé, la famille déchirée.

La famille, quelle qu’en soit la forme – avec les deux parents, des frères et sœurs, monoparentale, recomposée… - est un des pivots de nos vies. La déclaration universelle des droits de l’Homme l’affirme (art.16) : elle est un élément fondamental, elle doit être protégée. Or, il est des situations de pauvreté où ce droit de vivre en famille a du mal à s’exercer. Voici vingt-cinq ans, le premier rapport général sur la pauvreté (1994) mettait en exergue la corrélation entre grande pauvreté et placement des enfants. Et, aujourd’hui encore, ATD Quart monde et LST (Luttes, Solidarités, Travail), mouvements qui rassemblent les plus pauvres, interpellent : « Où est notre droit de vivre en famille quand on nous prive de nos enfants pour les placer sous prétexte qu’ils sont plus en sécurité ailleurs ? Nous ne sommes pas des parents indignes. Ce sont les conditions dans lesquelles on nous laisse vivre qui sont indignes. » Elles réclament que l’on s’attaque aux vraies causes des difficultés d’une famille – l’accès à l’emploi, à un logement décent, aux soins de santé… Elles témoignent aussi pour tenter de changer les regards, évoquer les peurs...

Méfiance, culpabilité et paradoxe

Les récits des parents attestent de la crainte, qui peut atteindre la peur-panique, d’être séparés de leurs enfants, que leurs liens soient rompus. Dans leur préoccupation d’arriver à protéger ces liens, il leur arrive de faire face à des choix cornéliens, voire de se mettre en danger. Comme en choisissant par exemple de ne laisser entrer aucun service d’aide qui pourrait constater les conditions de vie très précaires. Le paradoxe du frigo illustre cette forme d’impasse dans laquelle vivent les familles en grande précarité : « Le matin, le frigo doit être vide lorsque passe l’assistant social du CPAS, car il faut montrer qu’on a besoin de l’aide financière. L’après-midi, le frigo doit être plein pour le Service d’Aide à la Jeunesse, sinon il va penser que les enfants sont mal nourris et qu’il vaut mieux les placer. Il y a une véritable incohérence entre les interventions des différents services au niveau social. »
Les témoignages disent aussi la souffrance dans la disqualification en tant que parent, tout comme la résistance pour se sentir reconnus comme les premiers acteurs de l’éducation et de l’épanouissement de leurs enfants. La sentence de « négligence » agit violemment sur les familles qui n’ont pas les moyens. La culpabilité est souvent au rendez-vous. Sur tous les parents, pèsent de manière croissante les préoccupations quant à l’avenir des enfants. « (…) L’idée qu’il faut les préparer à un monde compétitif, leur donner un maximum de chances ». Mais « les ménages en difficultés sont bien plus stressés que les hauts revenus qui savent, eux, que leurs enfants vont ‘naturellement’ acquérir les codes culturels, le réseau social », observe l’économiste namurois Philippe Defeyt [1].


Après la visite d’une travailleuse sociale au domicile de la famille, ce papa panique. La façon dont elle a regardé le logement l’inquiète. Surtout, il imagine les conséquences. Les enfants risquent d’être placés. Dans l’angoisse et la précipitation, il donne son renon et se met en recherche d’un autre logement. Mais le déménagement ne se passe pas comme prévu. À la dernière minute, le nouveau contrat de location n’est pas signé. Le fait qu’il soit sans emploi a fait reculer le propriétaire. La famille est à la rue. Du côté de l’aide à la jeunesse, c’est l’incompréhension : pourquoi a-t-il ainsi voulu déménager ? Le papa est considéré comme irresponsable et les enfants sont placés .

Soigner les liens

Entre les familles et l’aide à la jeunesse, le dialogue est à l’œuvre depuis quelques années déjà. Au sein du groupe Agora, une relation de confiance se construit peu à peu et tente de faire contagion. Le croisement des regards entre familles et professionnels vise à se reconnaître mutuellement comme partenaires. Le groupe s’apprête à célébrer ses 20 ans, avec une publication retraçant son parcours. À lire prochainement pour continuer dans cette voie de l’attention portée aux liens parents-enfants.
Car, comme le rappelle le pédopsychiatre Jean-Yves Hayez, « le lien parental de qualité n’est pas une sorte de donnée magique, nécessaire, obligatoire automatique… Chaque parent ‘adopte’ progressivement son enfant et réciproquement ». Pour entrer dans ce lien, il faut en avoir l’occasion, veiller aux contacts et permettre l’existence d’un « nous » familial, soutenu malgré les embuches. Pour le reste, parents et enfants traceront leurs routes.


Cet autre papa dépend du CPAS. Comme bénéficiaire de l’aide sociale, il doit prouver qu’il cherche du travail ou doit s’engager à suivre une formation. Sans diplôme, il a trouvé une formation dans le nettoyage. Ses enfants sont placés dans une ville éloignée de son domicile, alors qu’il n’a pas de véhicule. Des visites encadrées sont organisées, dont on lui impose les horaires. Il doit choisir entre les visites à ses enfants et sa formation dont dépendent son revenu et l’éventuel retour à une vie de famille.

L’ensemble de ces témoignages proviennent des militants de LST et de ATD Quart Monde. Vivre Ensemble soutient ces deux organisations et notamment, un projet de publication par ATD Verviers sur le droit de vivre en famille. A paraître prochainement.



[1Voir Alter échos n°470, janvier 2019, p. 29.



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