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Nous habitants de la Terre

Prendre soin de notre « maison commune »


Franchement, en Belgique on est toujours sous la pluie mais l’eau ça coûte excessivement cher pour une seule personne, témoigne Rolando. Ça fait deux mois et demi que je suis comme ça, sans eau. Mais l’eau c’est la source de la vie. Si on ne boit pas pendant 4 jours... Une plante, on ne l’arrose pas, elle meurt.

« Nous sommes enchevêtrés avec la nature ». Ce rappel vient d’une bousculante et très contemporaine encyclique du pape François. Laudato Si’ ! [1] qui interpelle l’humanité dans son ensemble. Elle en appelle à "la conscience d’une origine commune, d’une appartenance mutuelle, d’un avenir partagé" par tous les êtres qui peuplent l’univers. Elle dénonce notre économie centrée sur la culture du résultat et dans laquelle " il n’y a pas de place pour penser au rythme de la nature, à ses périodes de dégradation et de régénération, à la complexité des écosystèmes". Plus encore, elle alerte - comme un nombre croissant de voix, le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques, dit GIEC de la biodiversité) … - sur la spirale de l’autodestruction dans laquelle nous nous sommes engagés. Notre système épuise les ressources, réduit la diversité dans la nature, dans les cultures… accumule les déchets, détruit la terre, creuse les inégalités… Il y a urgence à « sauvegarder notre maison commune », comme la nomme le Pape, et à prendre soin de nos biens communs.

L’eau, un exemple de nos inconsciences

Au cœur de nos maisons, il est un bien commun qui s’écoule discrètement. Le robinet ouvert déverse l’or bleu. L’eau coule, traverse, nettoie nos peaux, nos plats, nos loques, sans même que l’on salue sa présence. C’est devenu naturel ! Pourtant, nombreux parmi nous saisissent avec gravité l’importance de cette ressource. Ce sont ces familles en difficultés face aux factures d’eau - un ménage sur cinq en Wallonie et à Bruxelles [2]. Ce sont ces habitants de la rue ou de logements sous-équipés qui cherchent les points d’eau publics. Ce sont ces millions de personnes à Cape Town (Afrique du Sud) sous le coup d’un décompte les rapprochant du "jour zéro", où la totalité de la mégalopole sera privée d’eau [3]. C’est ce pionnier du droit d’accès à l’eau, le politologue-économiste Riccardo Petrella, qui voit dans la question de l’eau LA question sociale du XXIe siècle [4]. Ce sont ces géographes, Fréderic Lasserre et Alexandre Brun, qui invitent à se mouiller urgemment, en repensant le "partage de l’eau" [5].


Chez Igor, l’arrivée d’eau dans la salle de bain a été coupée, pour cause de défaut aux installations. La situation s’enlise avec le propriétaire, le met en difficultés, lui et sa famille. Retrouver un logement n’est pas aisé pour cet homme au chômage. « Beaucoup de personnes prennent leur douche en laissant couler l’eau longtemps même quand ils mettent du savon, relève-t-il. (…) On a besoin d’économiser. Quand on en a vraiment besoin, on utilise l’eau. Quand on n’en a pas besoin, on ne l’utilise pas. Il faut économiser pour la prochaine génération. Nous devons laisser A good world !

Partage de l’eau

Ces deux derniers le signalent : la quantité d’eau disponible est constante depuis le temps des dinosaures ! Un des problèmes majeurs provient par contre de son inégale répartition et de sa pollution. Pas le choix, pour ces experts : il faut partager et favoriser la solidarité entre les territoires, entre les usages aussi. Parmi les principaux "buveurs" d’or bleu, on compte les ménages, l’industrie (y compris l’hydroélectricité) et surtout l’agriculture (93% de la consommation mondiale d’eau douce). La démographie croissante, les systèmes d’exploitation agricoles intensifs ou encore les changements climatiques ne vont pas améliorer la situation pour ce bien commun. « Dans nos pays, où les densités humaines sont relativement importantes, il est difficile aujourd’hui de freiner l’urbanisation du territoire ou plus largement son artificialisation, observe le montpelliérain Alexandre Brun. Mais c’est un enjeu crucial. Les zones humides ne sont pas très sexy. Ce sont des petits étangs, des mares, parfois anodines, mais qui permettent de tamponner en cas d’inondations, de filtrer l’eau comme des stations d’épuration naturelles, de constituer des réservoirs de biodiversité incroyable. »

Il nous faut donc agir sur notre environnement, agir socialement aussi, au vu de la précarité hydrique d’un nombre croissant de personnes. Dans un pays prospère comme la Belgique, cette précarité hydrique résulte principalement d’un revenu trop faible, d’une facture d’eau trop élevée et d’un logement de mauvaise qualité. La gratuité pour les premiers litres puis un prix qui augmente proportionnellement à la quantité utilisée est une piste à explorer. Tout comme la facturation différenciée selon l’usage : entre l’eau pour boire, se laver et l’eau pour remplir une piscine, une différence de coût pourrait être introduite.
« La Terre est un héritage commun dont les fruits doivent bénéficier à tous », lit-on dans Laudato Si’. Un « nous » soucieux du bien commun dans une approche écologique ne peut s’envisager sans s’inscrire dans une perspective de justice sociale.

Témoignages recueillis par la Fédération des services sociaux : Accès à l’eau, un droit pour tous ? Paroles de naufragés. Lire sur socialenergie.be



[1En référence à un cantique de Saint François d’Assise, connu pour sa proximité avec la nature et les plus pauvres. Laudato Si’. Lettre encyclique du Saint-Père François, 2015, éd. Fidélité, 206 p.

[2Fondation Roi Baudouin, Zoom. Précarité hydrique en Belgique 2019, mars 2019. Plus d’infos sur kbs-frb.be

[3Lire Le Cap bientôt sans eau, dans Imagine Demain le monde, mai-juin 2018.

[4R. Petrella, Le Manifeste de l’eau pour le XXIème siècle. Pour un pacte social de l’eau, éd. Fides, coll. Les grandes conférences, 2009.

[5F. Lasserre et A. Brun, Le partage de l’eau. Une réflexion géopolitique, Éd. Odile Jacob, avril 2018.



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