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Nous nomades

Expatrié ou immigré, selon le pays où on est né


« On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille
On choisit pas non plus les trottoirs de Manille
De Paris ou d’Alger pour apprendre à marcher
Être né quelque part
Être né quelque part, pour celui qui est né
C’est toujours un hasard »

Paroles de Maxime Le Forestier – 1988

Quelques chiffres des mouvements de population en Belgique pour commencer. Selon les dernières données, celles de 2017, la Belgique a enregistré 139 815 immigrations et 81 825 émigrations de personnes qui ne sont pas belges. Soit un « solde migratoire », pour l’année, de 57 900 personnes, explique Myria (Centre fédéral Migration) [1]. La Roumanie, la France et les Pays-Bas constituent les principaux pays d’origine des immigrants. Suivent la Syrie et l’Italie. De Syrie et de Palestine viennent un tiers des demandes d’asile (au nombre de 19 038, en 2018). La moitié des décisions seulement seront positives. En 2017 toujours, 37 557 Belges sont partis s’installer officiellement à l’étranger, et 24 100 sont (re)venus vivre en Belgique. « Contrairement aux personnes de nationalité étrangère, plus de Belges quittent le territoire qu’il n’en rentre », constate Myria. Notons également qu’à l’échelle internationale, la majorité des migrations s’effectue du Sud au Sud. En Afrique de l’Ouest par exemple, les migrations internes dépassent les 85%.
Le sol sur lequel on naît est à l’origine d’une des plus grandes inégalités de notre monde contemporain. En fonction de cet endroit de naissance et de nos moyens financiers, nous pourrons voyager, nous déplacer, envisager de vivre ailleurs… ou pas. L’un pourra effectuer un tour du monde pour découvrir d’autres cultures, se rendre dans des lieux inconnus, voire s’installer sous d’autres latitudes. L’autre ne pourra pas quitter son pays : malgré les menaces, les dangers qu’il encourt, il ne pourra voyager à sa guise. À l’heure de la mondialisation, tous ne peuvent être globetrotteurs. Colle à la peau de certains ce que l’on appelle « le risque migratoire ». Deux tiers de la population mondiale ne peuvent circuler librement à cause de l’obligation de visas, estime la française Catherine Withol de Wenden, auteure de l’Atlas des migrations [2]. Sans visa, ils seront poussés sur les chemins de l’illégalité, avec le recours aux passeurs ou à d’autres stratégies dangereuses.

Une mobilité à sens unique

Le droit à la mobilité est donc loin d’être partagé par tous. Plus précisément, le droit d’immigrer. En effet, le droit d’émigrer – entendez de sortir de son pays d’origine – ne subit plus vraiment d’entraves dans l’ensemble des pays du globe. On parle ici d’entraves administratives, car exercer ce droit de sortie réclame aussi de l’argent. La chute du rideau de fer, l’ouverture de la Chine, le système de passeport qui se généralise sur le continent africain… font que, depuis les années 90, le « droit de sortie » est largement accordé. Par contre, pour le « droit d’entrée », c’est tout le contraire. Le droit d’immigrer se restreint. Le temps d’un voyage, déjà. Alors, que dire de la perspective de s’installer à l’étranger…

Notre histoire

L’injustice est d’autant plus flagrante qu’un coup d’œil sur l’histoire de l’humanité rappelle le trajet parcouru par ceux qui nous ont précédés. Tous issus d’un berceau africain. « De tous temps, des êtres humains ont migré, pour assurer leur survie ou dans l’espoir d’un avenir meilleur », observe le CIRÉ (Coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers). L’association reprend les termes de François Crépeau, ancien rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits des migrants (2011-2017) : « La migration fait partie de l’ADN de l’humanité. »

Les frontières comme remparts

L’idée du village global qui existait jusque dans les années 90 n’a plus cours aujourd’hui dans le débat politique, remarque le politologue belge François Gemenne. L’essayiste distingue plusieurs manières de considérer les frontières. Nombre de politiques les perçoivent comme un instrument de régulation des migrations. Une part de la population engagée dans des carrières professionnelles internationales les regardent comme une « sorte de scorie, un monde passé ». Tandis que d’autres, « laissés-pour-compte de la mondialisation », les voient comme des remparts face à ce qu’ils identifient comme une menace extérieure. Quant à des chercheurs comme lui, ils observent que les frontières « ne jouent qu’un rôle marginal dans la décision de migrer ou de rester. (…) par contre, elles transforment les conditions de la migration et la rendent plus coûteuse et (…) meurtrière ». Aux yeux de Catherine Withol de Wenden : « La leçon est claire : plus les frontières sont ouvertes, plus les migrants font des allers-retours et s’installent dans la mobilité comme mode de vie ; plus elles sont fermées, plus on assiste à la sédentarisation aléatoire de ceux qui attendent un titre de séjour. »

De la justice

Les politiques actuelles semblent mener à l’impasse. Il s’agirait de les repenser fondamentalement. Dans cette perspective, le CNCD (Centre national de coopération au développement) met en avant la nécessité d’une « justice migratoire » [3]. Elle passe par des politiques de solidarité internationale pour que tout être humain puisse vivre dignement là où il est né ; par l’ouverture de voies de migration sûres et légales ; par des politiques d’intégration sociale et de lutte contre les discriminations dans les pays d’accueil… Ce n’est pas la tendance. En matière de migration, l’hostilité semble s’être emparée de nombre de nos gouvernants. Heureusement, une multitude d’initiatives citoyennes donnent une autre couleur au débat. Elles laissent entrevoir des traductions concrètes d’un « nous » frères humains.


« Je me souviendrai toujours de cette intervention extraordinaire du généticien français Albert Jacquard : lors d’une manifestation, il criait ‘des papiers pour tout le monde’, puis il s’est dit qu’en fait, il faudrait plutôt réclamer ‘des papiers pour personne’. Il me semble que la réflexion de cet homme d’une grande sagesse résume tout l’enjeu face auquel nous nous trouvons. »

Témoignage d’un travailleur d’Action Vivre Ensemble.



[1La migration en chiffres et en droit. 2019, publiée par Myria, le 9 juillet 2019. Voir myria.be

[2Altas des migrations. Un équilibre mondial à inventer, éd. Autrement, 2018.

[3voir cncd.be



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