Inscription à l'infolettre

  • Vivre Ensemble utilisera les informations fournies sur ce formulaire pour vous envoyer par e-mail des actualités et informations de notre association.
    Nous n’utilisons pas de service externe pour l’envoi de notre infolettre, vos données ne seront pas transmises à des tiers.

    Vous pouvez résilier votre inscription à tout moment en cliquant sur le lien de désinscription présent dans toutes nos infolettres ou en nous contactant à newsletter chez vivre-ensemble.be. Nous traiterons vos informations avec respect.
    Pour plus d’informations sur nos pratiques de confidentialité, veuillez lire nos conditions d’utilisation du site Internet.

    En cliquant ci-dessous, vous acceptez que nous puissions traiter vos informations conformément à ces termes.

logo Entraide et Fraternité

Nous politiques

Une participation à inventer


On sent que la crise qu’on traverse n’est pas belgo-belge ou momentanée. Les institutions sont à bout de souffle et les citoyens ont besoin de retrouver confiance, et une nouvelle place. (…) Il faut qu’on tourne la page d’un système qui attise les clivages. On a besoin d’intelligence collective. On a besoin de concertation. On a besoin de dialogue. On a besoin de co-construction. Pour ou contre, c’est fini. Il faut regarder vers où on veut aller ensemble. Et cela, ça n’épouse pas la géographie des partis. [1]

En Belgique, plusieurs semaines après les élections de mai 2019, il reste une certaine forme d’effroi face à la montée de l’extrême droite ; il reste aussi des inquiétudes sur la gouvernabilité de notre pays et l’impression que d’élections en élections, la constitution des gouvernements se complexifie. Les préoccupations sont vives.

« Fatigue démocratique » ?

Elles viennent s’inscrire dans un contexte marqué aussi par une certaine « fatigue démocratique » comme la nomme l’historien David Van Reybrouck [2]. Pour y répondre, çà et là, des idées fourmillent pour vivifier voire réinventer la participation démocratique. Les politiciens eux-mêmes sont en recherche. Consulter la population en dehors des élections semble même être devenu un gage de modernité pour les gouvernants. Récemment, des acteurs de la société civile belge avançaient l’idée de « créer, en lien avec le Sénat, une assemblée citoyenne interfédérale participative et délibérative » [3]. Quoi qu’il en soit, entre les expériences de parlements citoyens et de démocratie délibérative, le référendum d’initiative citoyenne et les grands débats, les expérimentations se multiplient et enrichissent la réflexion sur le renouvellement des institutions politiques.

Expérimentation du côté d’Eupen

Attardons-nous sur l’expérience que s’apprête à vivre la Communauté germanophone de Belgique. Chaque année, à partir de septembre, seront organisées entre une et trois assemblées citoyennes. Des petits « G1000 » [4] réunissant entre 25 et 50 personnes tirées en sort, appelées à travailler en lien étroit avec le Parlement germanophone. Une assemblée citoyenne permanente - elle aussi issue d’un tirage au sort - décidera des thèmes de discussion. Ce dispositif est le premier du genre, intégré totalement dans les instances délibératives de l’entité fédérée. Il entend réunir des citoyens « ordinaires » et s’appuyer sur l’intelligence collective [5] pour orienter les politiques publiques.
L’idée sous-jacente est de renforcer le fonctionnement démocratique, d’augmenter aussi la légitimité des décisions. « Les sondages témoignent d’une confiance très basse dans les hommes et les femmes politiques, explique Yves Dejaeghere de la Fondation pour les générations futures, sollicitée pour élaborer le processus. Cela ‘infecte’ peu à peu l’idée même de démocratie. Et les politiciens coincés dans les échéances électorales n’osent pas mener des politiques de changement. Or, les jeunes, notamment ceux qui sont mobilisés pour le climat, sont déçus du politique qui tergiverse ». D’après lui, « un regain de confiance est possible si on trouve d’autres moyens de construire les politiques. L’assemblée citoyenne est une manière. »

Refléter la diversité, par le tirage au sort

Pour constituer les assemblées de citoyens, ceux-ci seront tirés au sort. En Communauté germanophone, cela se fera en deux phases. La première avec l’envoi d’une invitation à participer à 1000 personnes tirées au sort. La seconde avec un deuxième tirage au sort parmi les réponses reçues, en mettant en avant tout de même des critères tels que l’âge, le genre, le niveau d’éducation et la localité. Si l’objectif est alors de s’approcher au plus près de la composition de la population, on peut craindre l’absence de réponses de certains citoyens, les plus précaires notamment. « Le tirage au sort ne sera jamais parfait, précise Yves Dejaeghere. Il y aura toujours une tranche de la population difficile à joindre ». Néanmoins, associer tous les profils de citoyens reste une visée. Le coordinateur évoque des dispositifs déjà mis en œuvre sous d’autres latitudes pour tendre vers cette participation : il cite les « buddies », forme de parrainage. Ceux-ci permettraient de lever quelques inquiétudes, au travers, par exemple, d’une rencontre préalable avec un « buddy », afin de répondre aux craintes comme celle de ne pas « être comme il faut » pour participer. « Je n’ai pas de costume », « parler en public, c’est pas mon truc », « la politique, je n’y connais rien » … sont en effet autant de barrières à la participation à une telle démarche.

Une démocratie-construction

Chez nos voisins français, le maire de Kingersheim, à proximité de Mulhouse (France), Jo Spiegel, fait figure de pionnier en matière de démocratie participative : il réfléchit depuis des années à la meilleure façon d’associer ses administrés aux décisions et aux projets communs. Aujourd’hui, il préfère parler de "démocratie-construction". Il le constate : la démocratie-construction est d’abord portée par les gens qui se sentent à l’aise. Ceux qui se déplacent sont les inclus. Mais, à ses yeux, « chaque personne a un potentiel citoyen ». Ce qu’il faut empoigner, c’est « comment parler simple, sans tomber dans le simplisme et comment associer dans des séquences fructueuses les gens les plus nombreux possibles ».

La réussite d’un tel processus ne doit-elle pas aussi plus profondément s’ancrer dans un changement de culture politique ? Elle doit, en tout cas, s’enraciner dans la conviction que chacun a les capacités d’œuvrer pour le bien commun, s’il dispose des conditions favorables pour ce faire. Celles-ci vont du renforcement positif donné au citoyen dès l’école, aux règles d’usage pour des interactions fructueuses, en passant par l’écoute et l’ouverture des élus. Alors se multiplieront les expressions de « nous » engagés pour le bien commun.



[1Interview de Jean-Yves Buron, permanent pour Vivre Ensemble, le 28 juin 2019, sur la Rtbf.

[2Contre les élections, éd. Actes Sud, 2014.

[3Extrait d’une « déclaration non gouvernementale » adressée aux futurs exécutifs après le 26 mai 2019. Voir lacoordination.org

[4Sommet citoyen organisé à Bruxelles, en novembre 2011, auquel ont participé 704 citoyens tirés au sort. Voir : g1000.org

[5Capacité d’un groupe à faire converger intelligence et connaissances pour avancer vers un but commun. Elle résulte de la qualité des interactions entre ses membres.



Articles en rapport

22 novembre 2019 • 09h00 –16h00 Agenda

Journée « Assemblée des associations »

Invitation aux associations de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale en province de Liège
19 novembre 2019 • 20h00 Agenda

Justice sociale et environnementale : quelles solidarités ?

Conférence de campagne 2019 (accueil à partir de 19h15)
7 novembre 2019 • 20h00 Agenda

Du moi-je au nous tous

Le doyenné de Hesbaye et Action Vivre Ensemble vous invitent à une soirée rencontre.

Retrouvez-nous sur : facebook twitter youtube flickr