Quand l’État supprime le repas et non la faim
En Wallonie, une mère sur sept se prive parfois de manger pour nourrir son enfant. C’est dans ce contexte que la Fédération Wallonie-Bruxelles a décidé de supprimer le décret sur les repas scolaires gratuits, retirant 21 millions d’euros à 429 écoles à encadrement différencié.
Concrètement, les familles devront désormais débourser jusqu’à 52 euros par mois et par enfant pour un repas chaud. Pour des ménages qui comptent chaque centime, la conséquence est prévisible : une chute des inscriptions à la cantine estimée entre 40 et 70 %. Des enfants iront en classe le ventre vide. Certains ne viendront plus du tout – la cantine gratuite était parfois la seule raison pour laquelle leurs parents les y envoyaient. Ce sont aussi les directeurs et directrices d’école contraints de choisir entre matériel pédagogique et alimentation, et les agriculteurs et agricultrices bio wallons qui perdent leurs débouchés.
Pendant ce temps, la Finlande, la Suède et l’Estonie nourrissent gratuitement tous leurs élèves depuis des décennies. Le gouvernement flamand vient d’investir 70 millions d’euros dans l’alimentation saine à l’école. La Belgique francophone, elle, régresse.
Les défenseurs de l’austérité affirment que les moyens manquent. Pourtant, chaque euro investi dans un repas scolaire en évite deux en coûts cachés : santé publique dégradée, échec scolaire, précarité perpétuée. C’est un investissement, pas une dépense.
Une carte blanche co-signée par Action Vivre Ensemble et 47 autres associations et le Délégué aux droits des enfants exige le rétablissement immédiat des 21 millions, et la garantie d’un repas gratuit pour les élèves les plus précaires. Nous n’acceptons pas que la régression soit une fatalité.


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