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	<title>Accompagnement &#8211; Action Vivre Ensemble</title>
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	<description>Soutenir les associations, sensibiliser et agir</description>
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	<title>Accompagnement &#8211; Action Vivre Ensemble</title>
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		<title>Brise le Silence et La Maison Source, deux asbl pionnières</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/brise-le-silence-et-la-maison-source/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Mar 2026 13:12:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Brise le silence]]></category>
		<category><![CDATA[La Maison Source]]></category>
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					<description><![CDATA[Les violences faites aux femmes ne s'arrêtent pas le 8 mars. Le soutien, non plus.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p>L&rsquo;ASBL <strong>Brise le Silence</strong> a fait de la pair-aidance sa marque de fabrique : une ancienne victime de violence, formée et accompagnée, partage son vécu pour redonner espoir à celles qui traversent la même épreuve. Parce que le statut de victime n&rsquo;est pas une fatalité. Ici, des binômes travailleuse sociale et psychologue travaillent main dans la main avec une paire-aidante — et c&rsquo;est dans cet espace unique que la confiance s&rsquo;installe naturellement.</p>



<p>À la <strong>Maison Source</strong>, c&rsquo;est la parentalité positive qui est au cœur du projet : aux côtés des mamans, des papas et des enfants précarisés, une équipe engagée œuvre chaque jour pour reconstruire des liens et des repères solides.</p>



<p>Deux modèles pionniers. Une même conviction : lutter contre la féminisation de la pauvreté demande des réponses humaines, durables et ancrées dans le réel.</p>



<div class="wp-block-getwid-anchor" id="video"></div>



<p>Chez <strong>Action Vivre Ensemble</strong>, nous sommes fier·e·s de soutenir ces initiatives qui font la différence. Découvrez-les dans cette vidéo.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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<p></p>
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			<media:title type="plain">Accompagnement Archives - Action Vivre Ensemble</media:title>
			<media:description type="html"><![CDATA[Profitez des vidéos et de la musique que vous aimez, mettez en ligne des contenus originaux, et partagez-les avec vos amis, vos proches et le monde entier.]]></media:description>
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		<item>
		<title>Cinq minutes pour tomber au bas de l’échelle, des années pour remonter</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/cinq-minutes-pour-tomber-au-bas-de-lechelle-des-annees-pour-remonter/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Feb 2026 08:04:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Benoît et Michel]]></category>
		<category><![CDATA[jt227]]></category>
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					<description><![CDATA[Soutenue par une dizaine de bénévoles, l’association liégeoise Benoît et Michel s’efforce de redonner une vie digne aux personnes qui ont tout perdu.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Soutenue par une dizaine de bénévoles, l’association liégeoise Benoît et Michel s’efforce de redonner une vie digne aux personnes qui ont tout perdu. À Nicolas, 74 ans, qui vit dans les bois près de l’Hôpital de la Citadelle. À Brian, 30 ans, qui erre dans les rues et dont les pieds enflés ne tolèrent plus aucune chaussure. À Michel et Cindy, SDF depuis près d’un an avec sept enfants à charge. </p>



<p>Vendredi 9 janvier 2026. Entre neige et tempête, les températures sont glaciales. Exceptionnellement, les personnes sans abri sont autorisées à rester nuit et jour dans la gare des&nbsp;Guillemins, à Liège, alors qu’elles en sont normalement expulsées à l’aube par le service d’ordre de la SNCB. Silhouettes fantomatiques, hagardes, recroquevillées à même le sol. Benoît Lecocq, qui les côtoie depuis longtemps, voit inexorablement grandir cette armée de l’ombre. « <em>Depuis quelque&nbsp;temps, c’est la catastrophe</em> », constate-t-il. « <em>Des familles entières sont expulsées, faute de pouvoir payer leur loyer. Nous avons pu reloger une famille avec 5 enfants, mais j’en connais deux autres, avec 3 et 7 enfants, qui sont toujours à la rue à l’heure actuelle.&nbsp;</em>»&nbsp;</p>



<p>Cofondateur de l’ASBL Benoît et Michel, cet homme de 58 ans aide les&nbsp;personnes les&nbsp;plus précarisées depuis qu’il a lui-même réussi à sortir de l’enfer de la rue en 2006&nbsp;&#8211;&nbsp;tout comme son ami Michel&nbsp;Depretz, qui ne peut malheureusement plus guère l’épauler à la suite de deux AVC. Ancien exploitant d’une librairie-épicerie, puis d’un café, Benoît a basculé, comme tant d’autres, à la suite d’un enchaînement de problèmes familiaux et professionnels. « <em>Cinq minutes suffisent pour dégringoler en bas de l’échelle, et il faut ensuite des années pour remonter</em> », commente-t-il lapidairement. Depuis, il se bat avec acharnement. Contre l’indifférence des politiques. Contre la vision étriquée de certaines structures d’entraide. « <em>On ne résout pas le problème de la précarité en distribuant des tartines, même si cela est indispensable aussi, car ce n’est pas de cette manière qu’on s’attaque aux causes profondes.&nbsp;</em><strong><em>La solution, c’est un toit, une clé et un suivi régulier, voire quotidien.</em></strong><strong> </strong>»&nbsp;</p>



<p>À ses côtés, Jordan, 33 ans, opine discrètement du chef. Après six années d’errance et d’addictions, sa route a croisé celle de Benoît alors qu’il tentait d’obtenir une place dans une maison d’accueil à Grâce-Hollogne. Grâce à lui, il a suivi une cure de désintoxication, obtenu un logement social, et il s’apprête à démarrer une formation d’ouvrier de voirie. « <em>Petit à petit, je me retape</em> », dit-il, avec l’espoir puissant de renouer avec son fils, qu’il n’a pas vu grandir. « <em>La vie en rue laisse de profondes séquelles physiques et psychologiques&nbsp;</em>», complète Benoît.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Pour Jordan, abandonné à la naissance par une mère adolescente et toxicomane, comme pour une grande majorité de personnes précarisées, le destin se scelle dès l’enfance. « <em>Les foyers et les familles d’accueil, la rue à la majorité, parfois la case prison, le cercueil : c’est ce terrifiant cheminement qu’il faut briser ! »&nbsp;</em>&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une urgence vitale</h2>



<p>Financée exclusivement par des dons privés, l’ASBL Benoît et Michel fonde son action sur un principe simple :&nbsp;<strong>le logement est une condition indispensable pour retrouver dignité et stabilité.</strong>&nbsp;Malgré les sarcasmes de l’assistante sociale qui les suivait lorsqu’ils étaient sans domicile fixe (« <em>deux SDF, vous n’arriverez à rien construire ensemble…</em> »), Benoît et Michel se sont accrochés à une même bouée de sauvetage : louer à deux un petit appartement, remonter la pente en s’entraidant, puis acheter ensemble une maison à Grâce-Hollogne, devenue le siège de leur association. Via cette dernière, ils ont acquis deux autres maisons et en louent une troisième afin d’offrir des solutions d’hébergement de courte, moyenne ou longue durée à des personnes et des familles en grande précarité. Leur propre demeure&nbsp;&#8211;&nbsp;qu’ils envisagent de céder à l’ASBL après leur mort par le biais d’une fondation en devenir&nbsp;&#8211;&nbsp;leur sert également de lieu d’hébergement.&nbsp;<em>« Benoît et Michel m’ont accueilli pour une durée initiale de quinze jours et, finalement, je suis resté presque deux ans chez eux »,&nbsp;</em>glisse Jordan.&nbsp;</p>



<p>L’association&nbsp;ouvre&nbsp;une permanence sociale dans un bâtiment autrefois occupé par la congrégation des Sœurs de la Charité à Grâce-Hollogne. « <em>Une permanence d’écoute et d’aide administrative pour nos amis de la rue</em> », résume Benoît. Au fil de son accompagnement, il a vu s’éroder la solidarité entre&nbsp;ces compagnons d’infortune. « <em>L’entraide a disparu, la violence s’est installée, face à des conditions de survie de plus en plus compliquées. Chez les personnes à la rue depuis longtemps, l’espoir d’un avenir meilleur a été annihilé. Maintenant, elles sont rejointes par des familles nombreuses, des seniors, des très jeunes. Les aider est une urgence vitale, raison pour laquelle je ne renoncerai jamais !</em> »&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
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		<title>Juste Terre&#8239;! n°227</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/juste-terre-n227/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Jan 2026 15:43:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Benoît et Michel]]></category>
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					<description><![CDATA[Quand l'innovation sociale naît de l'expérience vécue]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Benoît Lecocq bouleverse nos certitudes. Ancien SDF devenu acteur du changement, il pose un diagnostic sans appel : «&nbsp;<em>On ne résout pas le problème de la précarité en distribuant des tartines. La solution, c&rsquo;est un toit, une clé et un suivi régulier, voire quotidien.</em>&nbsp;» Cette affirmation, née de cinq années d&rsquo;errance, fonde une approche radicalement différente : le logement d&rsquo;abord.&nbsp;</p>



<p>Plutôt que d&rsquo;attendre qu&rsquo;une personne soit « prête » pour accéder à un logement,&nbsp;Benoît et Michel&nbsp;inversent la logique : ils offrent d&#8217;emblée un toit, puis accompagnent jour après jour.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>L&rsquo;innovation ne s&rsquo;arrête pas là. En ouvrant leur propre maison, en partageant leur quotidien, Benoît et Michel abolissent la frontière entre aidants et aidés. Cette horizontalité, cette fraternité incarnée, redonne aux personnes exclues ce que la rue leur a volé : la dignité d&rsquo;être reconnu comme un pair, un égal.&nbsp;</p>



<p>À Waremme,&nbsp;le projet&nbsp;Tous à Table&nbsp;des&nbsp;Équipes d’Entraide&nbsp;opère&nbsp;une mutation similaire dans le champ de l&rsquo;aide alimentaire. Ici aussi, on refuse la logique du simple colis. Potagers communautaires, ateliers cuisine, circuits avec les producteurs locaux, triporteurs solidaires : chaque dispositif transforme les bénéficiaires en acteurs.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Ces deux projets partagent une philosophie commune : sortir de l&rsquo;urgence pour construire du durable, transformer l&rsquo;assistanat en accompagnement, restaurer le pouvoir d&rsquo;agir. Ils reposent aussi sur des partenariats audacieux qui décloisonnent les institutions. Benoît et Michel s&rsquo;appuient sur leurs bénévoles,&nbsp;Tous à Table fédère CPAS, associations, centre culturel et agriculteurs. Cette intelligence collective prouve que les réponses les plus efficaces émergent de la coopération.&nbsp;</p>



<p>Face aux coupes budgétaires qui ravagent le secteur associatif&nbsp;&#8211;&nbsp;suppression du Plan grand froid, diminution des subventions, baisse de la déduction fiscale&nbsp;-, ces initiatives tracent une voie d&rsquo;espérance. Elles démontrent qu&rsquo;avec créativité, engagement et une confiance radicale en la capacité des&nbsp;personnes&nbsp;appauvries à&nbsp;être actrices&nbsp;de changement, on peut bâtir une société plus juste.&nbsp;</p>


<div class="titre-remplacement contenu150">
  <div class="m-0 ">
    <h2 class=" p-0 m-0 text-center h1 pt-5 mb-2"></h2>


  </div>
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						<div class="image-productionsseize w-100 mb-3" title="À Waremme, Tous à Table… après la récolte ! " style="background-image:url('https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2026/01/Equipes-d_Entraide-Waremme.jpg')">
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						<span class="tags regions border-raduis-20 color-vert bordergreenlight pl-2 pr-2 mr-1 mb-2 d-inline-block">Province de Liège</span>
				<h2 class="entry-title h4 m-0 pb-1 color-bleuvert">À Waremme, Tous à Table… après la récolte ! </h2>
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															<div class="mt-2 text-uppercase background-vertfonce color-white datealaunehome">
									<span class="posted-on"><time class="entry-date published" datetime="06 Fév. 2026">06 Fév. 2026</time></span>								</div>

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	<div class="entry-summary pl-2 pr-2">
		Un potager communautaire, des triporteurs solidaires, des ateliers cuisine, un réseau de producteurs locaux… À Waremme, en province de Liège, le projet Tous [&hellip;]		

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	<div class="entry-summary pl-2 pr-2">
		Soutenue par une dizaine de bénévoles, l’association liégeoise Benoît et Michel s’efforce de redonner une vie digne aux personnes qui ont tout perdu.		

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		<title>Stagiaires dans les métiers du soin &#8211; De l’idéal à la désillusion&#8239;?</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-17/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Dec 2025 14:48:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Cette analyse explore les liens entre la désertion des études dans les domaines sociaux et les contextes politiques, managériaux et genrés dans lesquels se développent l'épuisement professionnel et la souffrance éthique de nombreux professionnels et stagiaires. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Cette analyse explore les liens entre la désertion des études dans les domaines sociaux (santé, sciences sociales, éducation, etc.) et les contextes politiques, managériaux et genrés dans lesquels se développent l&rsquo;épuisement professionnel et la souffrance éthique de nombreux professionnels et stagiaires. Elle explore les vécus d’étudiants infirmiers durant leurs stages et les tensions qui traversent les professions soignantes. Y sont constatées des mises en marge, des exclusions et l’invisibilisation de multiples acteurs considérés comme subalternes. À partir de l’éthique du ‘<em>prendre soin’,</em> le texte interroge les conséquences des priorités politiques visant la rentabilité et la diminution des coûts des métiers centrés sur l’humain. Il soulève des questions sociales, pédagogiques et managériales à résoudre pour améliorer l’attractivité des formations et des professions en lien avec la santé, les domaines du social et de l’éducation, piliers de nos démocraties et de justice sociale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Introduction</h2>



<p>Près de 99,8% des étudiant·es en soins infirmiers affirment avoir été victimes et/ou témoins de violence lors de leurs stages<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>. Ce chiffre est vertigineux et est un des résultats de la lecture de centaines de récits récoltés entre 2010 et 2024, dans lesquels des étudiant·es de Wallonie et de Bruxelles relatent leurs vécus en stages. Ces témoignages montrent aussi que leurs désillusions sur leur future profession arrivent rapidement. Près de la moitié rapporte avoir mal vécu la première expérience de stage. Or, cette période est conçue comme une découverte pratique du métier et est un test sur le bien-fondé de ce choix d’études.  Ces vécus font écho à ceux rapportés par de nombreux autres étudiant·es issus des domaines sociaux, éducatifs ou de santé. Cette maltraitance des jeunes qui entreprennent des études en lien avec le social s’inscrit dans un contexte global morose des secteurs concernés. La pénurie d’acteurs sociaux, d’infirmières, de médecins, d’enseignant·es ou d’éducateur·ices est devenue telle que, suite aux maladies et aux incapacités de travail, mais aussi aux démissions, à l’absence de candidat·es, certains secteurs n’arrivent plus à mener à bien leur mission. Dans de nombreux hôpitaux, des unités de soins ont dû fermer leurs portes ; dans les écoles, les élèves se retrouvent souvent avec des heures d’études à la place des cours, faute d’enseignant ; dans les CPAS, le <em>turn-over</em> des assistantes sociales est souvent tel que le suivi des dossiers est compliqué. La liste des conséquences du manque de professionnels (para)médico-socio-éducatifs est trop longue pour être évoquée ici et ce n’est pas le sujet principal de cette réflexion. Nous nous contenterons d’envisager quelques-unes des causes de ce manque de professionnels de terrain à partir des protagonistes peu visibles et pourtant particulièrement importants dans cette situation de pénurie : les étudiant·es. Nous tenterons de saisir, au-delà des faits, les messages qu’ils nous envoient, leurs attentes et leurs espoirs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le stage : apprentissage ou remplacement de personel ?</h2>



<p>Depuis les années 1990, les formations aux métiers du social, de la santé et de l’éducation sont confrontées à de nouveaux défis. La définition même des tâches quotidiennes ou des habitudes changent de manière imprévisible et trop rapidement pour se solidifier dans des routines<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>.Alors qu’ils vivent dans ce contexte changeant et incertain, les étudiant·es doivent aussi réaliser leurs stages dans une situation toujours plus aigüe de pénurie de personnel et sont confronté·es à des impératifs, des habitudes, des hiérarchies et des rigidités de pratiques qui les dépassent. Ces élèves sont trop fréquemment considéré·es comme des ‘ressources humaines’ indispensables à la réalisation, dans un temps donné, du planning des tâches des équipes professionnelles<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>. Leurprésence allège la charge de travail des professionnels et participe au fonctionnement des institutions sociales, éducatives et médicales prises dans des logiques de rentabilité et de marchandisation<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>.La place qui leur est attribuée n’est plus celled’apprenant·es surnuméraires qui doivent être accompagné·es et supervisé·es par un·e professionnel·le. Aujourd’hui, leur place est celle d’exécutant·es au service de l’équipe professionnelle sans pour autant être reconnu·es comme faisant partie de cette équipe. Ainsi, ces étudiant·es se retrouvent souvent devant le fait accompli de devoir remplacer du personnel absent, parfois en telle surcharge qu’ils sont dans l’impossibilité d’accompagner ou de soigner correctement les personnes dont ils ont la charge. De façon pragmatique, les professionnel·les les relèguent souvent dans des tâches dites ‘<em>de petites mains’</em> possibles à réaliser de manière autonome. Ce travail souvent répétitif et peu enthousiasmant est considéré par les professionnel·les comme peu intéressant<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>. La désillusion des stagiaires est grande :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em> « Ce n’est pas le métier tel que je l’imaginais, pas du tout ! Je pensais que j’allais pouvoir intégrer une équipe, accompagner des personnes malades, prendre le temps pour qu’elles puissent se sentir mieux. Mais ce qui m’est demandé c’est d’enchaîner les soins. Lors de mon premier stage, le deuxième jour, on m’a donné une liste de 10 toilettes à faire et personne ne m’a demandé si j’avais déjà fait une toilette seule, si j’avais besoin d’aide, si j’avais des questions. En milieu de matinée, quand les infirmières et les aides-soignantes prenaient leur pause, je devais rester dans le couloir pour répondre aux sonnettes » </em></p>
<cite>Marwa, étudiante en première année en soins infirmiers.</cite></blockquote>



<p>Les réflexions des étudiant·es sur leurs vécus en stage soulèvent des questions éthiques et politiques. Dans de nombreux lieux, leur façon d’envisager leur futur métier, le plus souvent ancré dans la sollicitude, le ‘<em>prendre soin</em><em>’</em>, comme priorité et sens, a peu de place. Leur éthique du respect, de la dignité et du bien-être des personnes qu’ils accompagnent s’en trouve bousculée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des professions entre rêve et réalité</h2>



<p>Ces désillusions sur le travail quotidien amènent certain·es stagiaires à arrêter leurs études. En effet, ce qu’ils expérimentent est aux antipodes de leurs attentes : faire partie d’une équipe bienveillante unie pour le bien des bénéficiaires.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« <em>Toutes mes années d&rsquo;études et périodes de stages étaient remises en question, ce métier qui m’avait tant fait rêver quand j&rsquo;étais petite était devenu pour moi un vrai calvaire »</em>  </p>
<cite>Sarah, étudiante en troisième année infirmier.</cite></blockquote>



<p>Il serait erroné de croire qu’il s’agit d’un choc dû à la naïveté de la jeunesse. Le rêve dont il s’agit est social, relationnel et éthique. Il est partagé par de nombreux diplômé·es qui se plaignent aussi de cette situation. Il s’inscrit dans la sémantique du mot ‘<em>accompagnement’</em> qui, comme l’explique l’ethnopsychiatre Jean Furtos, signifie partager « <em>une réalité substantielle qui nourrit autant celui qui donne que celui qui reçoit. C’est un partage vital</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>. Apprendre à accompagner devrait être intrinsèquement lié à une formation  bienveillante par des enseignant·es soucieux·ses de partager leurs savoirs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des stagiaires mis à l’écart</h2>



<p>Le sentiment exprimé par les stagiaires est souvent celui de se sentir extérieur à l’équipe, ignorés et seuls dans leur apprentissage, comme si la mention ‘<em>étudiant’</em> les rendait invisibles. Les stagiaires et le sens de leur stage (apprendre, réaliser des actes techniques, exercer des responsabilités) sont perçus comme un frein par le personnel hospitalier qui n’a ni le temps ni la force mentale de s’en occuper. Dans un cadre de surcharge et de fatigue chroniques, les équipes censées les accueillir se posent souvent la question de savoir comment les occuper. Car, se disent-elles, «&nbsp;<em>à quoi bon perdre du temps et de l’énergie pour les former puisqu’elles et ils vont partir et qu’in fine, nous ne profiterons pas de cet investissement ?</em>&nbsp;» Ces équipes sont déjà en difficulté face aux patients qu’ils n’arrivent pas à soigner correctement, faute de temps. La solution est alors toute trouvée&nbsp;: utiliser les étudiant·es comme main-d’œuvre à tout faire avec pour résultat délétère, une mise à distance de ces futur·es praticien·nes.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>« Il y avait beaucoup de tensions dans le service où je me trouvais, en plus du manque d’organisation. Le travail était toujours bâclé, on ne pouvait pas prendre le temps nécessaire, j’avais l’impression de maltraiter les personnes comme les professionnels me maltraitaient. J&rsquo;étais à bout, je me rendais souvent dans les toilettes, le seul endroit pour me retrouver seule et pouvoir souffler et même pleurer un bon coup parfois. Je me suis fait prendre une fois en sortant des toilettes avec les yeux rouges, je pensais peut-être recevoir un peu de soutien, mais on m’a répondu que j&rsquo;étais trop sensible et que je n&rsquo;étais pas faite pour ce métier si je n&rsquo;arrivais pas à me blinder »</em></p>
<cite>Élodie, 24 ans, étudiante en troisième année en soins infirmiers.</cite></blockquote>



<p>Les étudiants deviennent, comme ils le disent souvent, transparents. Ils rapportent entendre des propos comme « <em>moi je n’aime pas travailler avec des étudiant·es</em> » ou « <em>tu ne sais vraiment rien faire de bon</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>. En outre, l’intersectionnalité (le croisement du statut d’étudiant avec d’autres discriminations multiples, de sexe, de classe, de race, de handicap, d’orientation sexuelle, d’origine culturelle, etc.) aggrave encore cette exclusion.</p>



<p>L’étudiant·e qui se perçoit comme invisible est d’emblée en situation compliquée pour son apprentissage<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup> : comment aller vers desprofessionnel·les, leur poser des questions, demander d’être accompagné·e lorsque le climat semble hostile ? Comment prendre le risque de crisper les professionnel·les lorsque l’on sait que ce sont eux-mêmes qui détermineront de la réussite ou non du stage ? Par peur des conséquences éventuelles de leurs plaintes, nombre de stagiaires font profil bas et se limitent dans l’expression de leurs vécus. Plutôt que mettre leur priorité sur leur apprentissage, les stagiaires tentent de contenter l’équipe soignante pour gagner un peu de place et de reconnaissance, pour obtenir, <em>in fine</em>, leur diplôme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi les travailleurs de la santé, du social et de l’éducation <strong>‘<em>mangent-ils leurs petits</em></strong>’<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup><strong> ?</strong></h2>



<p>Pourquoi ce manque d’accueil qui décourage les stagiaires alors que les équipes ont un besoin urgent d’être complétées par des professionnel·les bien formé·es et motivé·es ? Le prisme du déni des services rendus par les stagiaires, quels qu’ils soient, peut nous aider à comprendre la complexité dans laquelle se développe leur exploitation. Les services rendus aux travailleurs sociaux, de la santé ou de l’éducation, lorsqu’ils dépassent le simple apprentissage, sont des cadeaux qui leur sont donnés par les stagiaires. Ces dons devraient, dans un contrat implicite, entraîner une reconnaissance de l’aide apportée, un remerciement, sous la forme de ce qui est le plus important pour les stagiaires : un accompagnement et un apprentissage. Ils attendent d’être formés à la réalisation d’actes techniques, à avoir une oreille attentive pour leurs observations et leurs ressentis, etc. Or, les stagiaires se heurtent souvent à la non-reconnaissance et se sentent en  marge des équipes professionnelles. La marge, c’est ce lieu où est toléré celui qui est malvenu, relégué, désingularisé, mis hors d’un système d’échange et de circulation du doN<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>. Être mis en marge, c’est subir une déshumanisation à une échelle individuellE<sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup>. Les mots et plus encore les attitudes non verbales marquent ce processus de marginalisation. Il se fait par la désignation des étudiant·es sous une identité unique et lisse, dépersonnalisante, insidieusement conçue comme négative, celle d’ ‘<em>étudiants encombrants’</em> radicalement ‘<em>autres’</em> que les professionnels.  Cette identité négative est lourde à porter. Par cette marginalisation, ces stagiaires deviennent redevables à l’équipe soignante qui tolère leur présence, ce qui alimente un manque de considération de leur aide, pourtant précieuse. Le déni des services rendus et leur transformation en un ‘<em>dû’</em> banalisent l’exploitation des étudiants dans des systèmes où la rentabilité ne se crée que par une accélération des rythmes de travail. Il permet la négation de leurs droits.  Pour comprendre les mécanismes qui amènent ces situations de mal-être et de frustrations des stagiaires, il est utile de se pencher sur les  vécus des étudiant·es en soins infirmiers.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mise en marge, permis d’exploiter</h2>



<p>Le travail de soins et de services rendus à l&rsquo;équipe soignante apparaît dans leurs discours comme un don souvent ignoré ou minimisé par les professionnels. L’aide apportée par les stagiaires à l’équipe professionnelle inclut la réalisation de tâches parfois ingrates. Il s’agit de la part du travail considéré comme peu qualifié et peu valorisant : nettoyer le matériel, vider les poubelles, répondre aux sonnettes et exécuter les soins d’hygiène ainsi que l’aide à l’alimentation<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup>.Ces tâches demandent de la patience et du temps et sont parfois réalisées dans des conditions psychologiquement pénibles. Elles demandent un effort physiquedans des postures parfois inconfortables, ce qui peut provoquer des douleurs, en particulier dorsales. Ce sont aussi des moments durant lesquels on peut être confronté·es aux odeurs corporelles mais aussi à la détresse des patients, qu’elle soit physique (douleurs) ou psychologique, à des demandes impossible à satisfaire ou encore à de la violence verbale ou physique. Lors de la réalisation de ces tâches, le rythme du travail ne peut être entièrement contrôlé si l’on veut prendre soin de la personne dont on s’occupe. C’est la personne soignée et son état qui le détermine, parfois bien plus lentement que les temps prévus officiellement pour ce type de tâches. Il n’est pas possible d’en accélérer la réalisation sans faire violence à la personne soignée, par exemple : la guider pour qu’elle puisse réaliser elle-même une partie de ses soins, participer à sa rééducation et son adaptation à sa situation de santé, tenir compte de la douleur, des difficultés de compréhension, d’une démence, de demandes ou d’exigences spécifiques qui participent à son bien-être, etc. Réaliser ces tâches, c’est un engagement de confiance. Les stagiaires espèrent que l’effort réalisé sera compris, accepté et qu’en retour, il leur sera donné l’occasion d’apprendre et de réaliser des tâches plus techniques.</p>



<p>Or, on le sait, les professionel·les subissent d’importantes pressions. <strong>Sous l’influence des politiques économiques et d’une idéologie néo-libérale, les systèmes de gestion des structures de soins se sont déliés des réalités de terrain pour viser plus d&rsquo;efficacité et améliorer la rentabilité financière. </strong>Les programmes de travail sont protocolisés, standardisés et informatisés. Ce qu’on appelle le <em>new-management<sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup></em> a rigidifié le travail et accéléré son rythme en se focalisant sur l’utilisation rationnelle et comptable des ressources matérielles et humaines. La question qui se pose, vu les difficultés financières récurrentes des institutions de soins est jusqu’où une telle accélération sera-t-elle possible et à quel prix, tant pour les soignés que pour les soignants ?<sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup> Les infirmiers disent être devenus des outils dépersonnalisés dont le travail ne serait valorisé que sur base de l’encodage des actes techniques, seuls actes facilement quantifiables. Comment, dans cette situation de travail à flux tendu, trouver le temps et la patience d’accompagner les stagiaires ? Leur marginalisation permet de les sortir du champ de vision et de la planification des tâches à effectuer. Au-delà des risques de découragement des étudiantes et d’arrêt de leurs études, la mise à distance, le déni des aides reçues et l&rsquo;exploitation des stagiaires mettent en danger la capacité des futurs diplômés de comprendre ce que signifie <em>‘faire équipe’</em>. La récurrence de la marginalisation au fil des stages suggère au contraire que la classification hiérarchique et méritocratique des personnes en fonction de leur statut et de leur diplôme est un fait devenu ‘<em>normal’</em>. Comment, dès lors, pourront-ils apprendre à prendre place sereinement au sein d’un groupe pluridisciplinaire et à concevoir le travail d&rsquo;équipe comme une acceptation collective d&rsquo;un espace démocratique, composée des personnes très diplômées et d’autres peu qualifiées? Comment seront-ils capables d’accueillir et donner à leur tour une place aux étudiants lorsqu’ils seront diplômés ? </p>



<h2 class="wp-block-heading">L’enjeu économique et politique du travail des stagiaires</h2>



<p>Pour rendre visible le travail des étudiant·es, nous proposons de faire un détour par l’enjeu de sa valeur, c’est-à-dire d’estimer son poids dans la production de service en mettant en lumière sa valeur économique traduite en valeur monétaire<sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup>. Précisons, il ne s’agit pas de marchandiser le travail des étudiants mais bien de <strong>questionner sa marchandisation occultée</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup>. Pour comprendre concrètement l’importance monétaire du travail des stagiaires, prenons l’exemple de ce que représente le travail d’un étudiant·e infirmier·ère. Dans ces temps de pénurie de soignants et de budgets insuffisants pour assurer le bon fonctionnement des institutions de soins, le travail gratuit des stagiaires participe, de fait, à leur équilibre budgétaire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>« Hier matin, en commençant ma journée de travail, je me suis rendue compte que j’étais seule à mon étage pour septante résidents. Les deux collègues aides-soignantes qui devaient travailler avec moi étaient absentes. Je suis allée voir la cheffe de service pour lui dire qu’il m’était impossible d’assurer tous les soins dans ces conditions. Elle m’a répondu :</em> <em>‘De quoi te plains-tu ? Une étudiante infirmière qui commence aujourd’hui travaillera avec toi’. Il s’agissait d’une étudiante de première année qui commençait son premier stage et n’avait jamais fait de pratique »</em></p>
<cite>Katia, infirmière en maison de repos.</cite></blockquote>



<p>Comme sous-entendu dans ce témoignage où une étudiante est censée effectuer le travail des aides-soignantes absentes, il est possible de saisir la valeur économique du travail des stagiaires en le comparant au travail d’une aide-soignante en début de carrière<sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup>. Une aide-soignante qui travaille à temps plein preste 233 jours de travail effectifs par an (253 jours ouvrés – 20 jours de congés payés)<sup class="modern-footnotes-footnote ">18</sup>. Le coût d’une aide-soignante en début de carrière pour un employeur  était évalué, en août 2022, à 3074,68 euros/mois, charges patronales incluses<sup class="modern-footnotes-footnote ">19</sup>. Les stagiaires en soins infirmiers sont présents en stage durant 2300 heures durant l’ensemble de leur formation, ce qui correspond à 306 jours à raison de 7,5h/jour, soit l’équivalent du travail d’une aide-soignante durant une année et quatre mois. Le non-remplacement d’une aide-soignante absente durant plusieurs mois et sa substitution<sup class="modern-footnotes-footnote ">20</sup> par des stagiaires permet des économies substantielles avoisinant les 24 500 euros/an<sup class="modern-footnotes-footnote ">21</sup>.</p>



<p>Le constat qui surgit ici peut se résumer en ces quatre points :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les stagiaires considérés comme une aide exécutent essentiellement des tâches qu’ils connaissent déjà bien.</li>



<li>Ils sont rarement en situation d’apprentissage de nouvelles techniques, de théories, etc.</li>



<li>Leur travail soulage partiellement le personnel et participe à l’invisibilisation de la problématique de surcharge de travail et de manque de personnel.</li>



<li>Un budget est épargné puisque le travail des stagiaires n’est pas rémunéré. Cette épargne permet de soulager les lieux de soins sous-financés.</li>
</ul>



<p>Dans ces temps de suppression du droit au chômage pour des dizaines de milliers de Belges et de chasse aux chômeurs déclarée par le gouvernement belge, ce travail gratuit et invisible pose question. En effet, comme le relève l’Institut de Recherches Economiques et Sociales (IRES), plus le service gratuit à la collectivité<sup class="modern-footnotes-footnote ">22</sup> comporte une contribution à la production de biens et de services, plus grand est le risque qu’il se substitue à l’emploi standard, comme nous le voyons dans le témoignage de Katia. Or, en cette époque qui croise les paramètres de manque de soignants et de manque de moyens financiers pour assurer les soins, le risque est grand de réduire les stagiaires à de la main-d’œuvre gratuite.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et pourtant…</h2>



<p>Si les actes techniques sont importants et les protocoles intéressants pour guider la réflexion, le travail qui fait sens dans le secteur du soin est aussi relationnel, éducationnel, communicationnel et de coordination. Il nécessite de la souplesse, un don de temps et d’écoute empathique, une capacité créative, pour accompagner et établir une relation de confiance. Dans la relation de soin, ce don est essentiel. Il permet l’interrelation qui est au cœur de la démarche du ‘<em>prendre soin’. </em>Mais cet investissement relationnel et le don de temps sont l’objet d’une même relégation dans nos sociétés dominées par l’imaginaire utilitariste et la valorisation de l’autonomie individuelle comme marqueurs de reconnaissance<sup class="modern-footnotes-footnote ">23</sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusions</h2>



<p>Maillons peu visibles de notre système de protection sociale, les stagiaires subissent les effets des dysfonctionnements et des sous-financements structurels des différentes branches de notre sécurité sociale et des secteurs de l’éducation.</p>



<p>La récurrence de leurs difficultés révèle des mutations sociopolitiques en cours depuis la seconde moitié du XX<sup>e</sup> siècle. En effet, l’hypertechnicité et le <em>new-management</em> se déploient sur la disparition des relations humaines ordinaires qui devraient aller de soi dans le travail social<sup class="modern-footnotes-footnote ">24</sup>. Nombre de stagiaires expriment le sentiment de ne plus avoir la capacité d’accompagner les personnes comme ils pensent devoir le faire en leur âme et conscience.  Le déni de l’importance de se soucier des « autres » est source de perte de sens tant au sein des métiers sociaux et de la santé que de l’éducation. Le vécu des étudiant·es est peut-être plus difficile encore que celui des professionnels. <strong>Leur frustration face à l’accélération des rythmes de travail et à l’impossibilité d’accompagner selon leurs codes éthiques est doublée par la non-reconnaissance des dons de services qu’ils rendent aux professionnels pour les aider. Les différentes maltraitances qu’ils subissent sont source de désillusions et ont pour résultat l’abandon de leurs études. </strong>Elles montrent des failles systémiques qui mettent en péril les fondements de notre démocratie et l’accès pour chacun à une vie digne. Les vécus peu satisfaisants des apprenants des métiers du social, de l’éducation de la santé, leurs désaccords avec certaines situations dont ils sont témoins expriment en creux des aspirations sociales, politiques et pédagogiques qui font sens pour eux. Ces désaccords nous disent leur rejet d’un cadre de travail qui trop souvent fait violence aux bénéficiaires. Leur abandon des métiers du social, de la santé et de l’éducation, en cours d’études ou peu après être diplômés, parce qu’on leur impose de les réaliser à l’encontre de leurs convictions éthiques, peut être considéré comme un refus de complicité et une interpellation aux pouvoirs publics et aux décideurs institutionnels.</p>



<p>Le ‘<em>prendre soin</em>’, l’accompagnement est un projet politique. Il pose la question de la société dans laquelle nous désirons vivre, de la reconnaissance d’une vulnérabilité partagée et d’une commune interdépendance et de la reconnaissance politique de tous ceux qui prennent soin (de la société et de toutes ses composantes, de l’environnement, etc.)<sup class="modern-footnotes-footnote ">25</sup> Il nous interroge sur les moyens que nous sommes prêts à mettre en place pour construire cette société. </p>



<p><strong>La valorisation sociale et politique du prendre soin de « l&rsquo;autre »et des « autres », comme une nécessitésociale, une valeur commune non identifiée àun genre</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">26</sup><strong>, pourrait être déjà une première piste pour désembourber le débat</strong>. Le don, l’accompagnement et le prendre soin<em>,</em> fondements de toute sociabilité humaine, sont inhérents aux professions du social, de la santé et de l’éducation. Ce sont des contributions indispensables à l’institution et à la pérennité d’un monde commun. Ceci interroge aussi l’importance donnée aux dons des ‘<em>bénéficiaires’</em> et de toutes celles et ceux qui sont victimes d’une relégation sociale et d’un déni de reconnaissance<sup class="modern-footnotes-footnote ">27</sup>, car il y a peu de choses plus humiliantes que le dédain. Par quels processus de généralisation et par quels stéréotypes enferme-t-on ceux qui ne correspondent pas aux standards d’efficacité attendus dans nos sociétés d’apparence démocratique ?<sup class="modern-footnotes-footnote ">28</sup> La désertion des professions dont la mission est l’accompagnement soulève la question du choix de société que nous souhaitons, en interrogeant les marges, les exclusions et les précarisations.</p>



<p><strong>Une deuxième piste est à chercher dans</strong><strong> la nécessaire reconnaissance de la complexité des pratiques d’accompagnement qui tendent à prévenir un effondrement du lien social.</strong> Il s’agit d’accepter que le travail empathique, considérant la personne comme digne, est un préalable indispensable pour de nombreux travailleurs sociaux. Il permet aux personnes accompagnées de surmonter les aspects humiliants de l’aide qui leur est apportée et aux accompagnants de ne considérer aucune des tâches à réaliser comme ‘<em>un boulot non intéressant</em>’ ou comme ‘<em>un sale boulot’</em>. Ce travail demande du temps, variable suivant les situations qui dépasse souvent les cadres des protocoles, mais néanmoins un temps qui doit être accordé.</p>



<p>Une troisième piste est suggérée par la désertion des professions, dont l’objectif est d’accompagner des personnes en interrogeant les marges, les exclusions et les précarisations, les invisibilités. La compréhension des difficultés d’assurer la pérennité des métiers du social, de l’éducation et de la santé impose de tenir compte des contextes et cadres sociopolitiques plus larges dans lesquels ils apparaissent. <strong>Les professions de la santé, du social et de l’éducation sont subsidiées par l’État. Leur négligence par les autorités publiques, leurs manques de moyens et leurs difficultés récurrentes questionnent nos démocraties et nos choix politiques. </strong><strong></strong></p>



<p>La Wallonie dépend des lois belges et européennes. Les difficultés et les attentes des stagiaires et des professionnels disent l’urgence de réaliser en Belgique et en Europe une analyse critique des options politiques et sociales qui guident les décisions prises aux plus hauts niveaux. Toutes et tous demandent que les décisions prises s’appuient sur la reconnaissance de l’importance fondamentale, pour le fonctionnement de nos sociétés, des activités encore souvent considérées comme insignifiantes<sup class="modern-footnotes-footnote ">29</sup>. Leurs pratiques révèlent une part importante des réalités qui coexistent à l&rsquo;ombre de la production et du marché, des rationalités politiques, techno-scientifiques ou institutionnelles, mais aussi des modèles identitaires qui se définissent par l’exclusion d’autres identités. Leurs pratiques sont les miroirs de réalités diffuses et multiformes, dont la finalité plus ou moins consciente est d&rsquo;aider à vivre, à surmonter l&rsquo;insurmontable, à dépasser les barrières apparentes de la vie, du vivant<sup class="modern-footnotes-footnote ">30</sup>.  Les professionnels et les stagiaires nous posent la question des avantages et des conséquences de nos choix sociopolitiques et économiques à moyen et long terme. Ils nous invitent à interroger les priorités que nous donnons d’une part à la rentabilité, d’autre part à l’humain et au social. Notre capacité à ‘créer du commun’ est fondamentale… Sans elle, il n’y a plus de condition humaine<sup class="modern-footnotes-footnote ">31</sup>.</p>



<p></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;DAMMAN, L., La violence verticale, dans le contexte des stages en soins infirmiers, amène-t-elle les étudiants à imaginer arrêter leurs études ? Une enquête transversale dans un devis mixte auprès d&rsquo;étudiants infirmiers francophones de 3ème année en bachelier infirmier responsable de soins généraux, Mémoire de master Université catholique de Louvain, 2018</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;BAUMAN, Z., La Vie Liquide, éd. du Rouergue, Arles, 2006.</div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le management à but productif vise l’efficacité, la rentabilité et la maximalisation des profits. Lorsque ces logiques managériales sont appliquées aux structures sociales, éducatives ou de soins, elles se traduisent par l’objectivation, la systématisation, l’évaluation et le contrôle des actions des employés en exigeant qu’ils travaillent toujours plus, plus vite et mieux dans l’ignorance que chaque prise en charge correspond à une situation et un contexte particuliers. Ces logiques managériales amènent à réduire les personnes en besoin d’accompagnement à des critères normalisés, objectivés, rationnels, encodables. Elles désubjectivent les employés devenus « outils » au sein d’une entreprise. </div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Depuis les années 1990 s’observe l’introduction, dans le secteur non marchand, de techniques propres au travail productif en vue d’augmenter les profits tout en diminuant les dépenses. Les cadences de travail s’intensifient pour augmenter la productivité. Les aspects du travail jugé non productif, ralentissant les cadences de travail, comme le temps consacré au relationnel et à former des étudiants est non considéré, ignoré, voire empêché.  Or, ce travail d’accompagnement est celui qui, pour la grande majorité des professionnels et des étudiants, donne sens à leur travail.</div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Dans nos sociétés où la valeur suprême est l’autonomie, un « bon boulot » (valorisant et visible) est celui qui est mesurable et si possible réalisable dans un temps prédéterminé, connu, planifié.</div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;FURTOS, J.,  Ambigüité de l’accompagnement, précarité de la transmission dans Rhizome, Bulletin national santé mentale et précarité, 2012. Disponible sur   https://www.academia.edu/1908081/Une_psychiatrie_de_lex_compagnement_Regard_sur_le_travail_infirmier_Revue_Rhizome_N_44_juillet_2012?email_work_card=title.</div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ces propos sont particulièrement fréquents dans les milieux hospitaliers.</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ce n’est pas une constante. Certains lieux de stages veillent à un accueil chaleureux et potentialisent ainsi les capacités des étudiant·es. Le non-accueil et la relégation des stagiaires apparaissent cependant dans les enquêtes auprès d’étudiant·es infirmier·es comme des faits répétés dans un peu plus de la moitié des terrains de stages.</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Expression issue de KATZ, Katty, Bullying in Nursing: Why Nurses &lsquo;Eat their Young&rsquo; and What to Do About It?, 2014. Disponible sur: https://www.rasmussen.edu/degrees/nursing/blog/bullying-in-nursing-nurses-eat-their-young/.  </div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;GRARD, Christine, La solidarité est-elle au fondement de l’apprentissage dans Les politiques sociales, p. 39-47, 2024.</div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;LAURENT 2008, > référence complète ?</div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les soins d’hygiène renvoient aux toilettes et aux changes (changer les protections des personnes incontinentes) tandis que l’aide à l’alimentation renvoie au fait de donner à manger à des personnes incapables de manger seules et/ou ayant un risque de faire de fausses déglutitions.</div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le new-management (ou New Public Management)  désigne un modèle de gestion qui « vise à rapprocher le fonctionnement des administrations publiques de celui des entreprises privées, en introduisant des logiques de marché, de performance et de responsabilisation individuelle » (https://www.unsa-education.com/article-/sante-mentale-au-travail-et-new-management/).</div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;VILLAIN, Florian, Ne dites plus « premiers de cordée », mais « passeurs de témoin » ! dans Revue du MAUSS, n°52, 2018/2, p. 239-250.</div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;FOUQUET, A., Comment valoriser le travail domestique ? dans Cambouis, La Revue Des Sciences Sociales Aux Mains Sales, janvier 2021.</div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ici, on fait référence à «  l’argument de la rémunération pour sortir le travail du déni, l’intégrer dans ce qui est pensé comme relevant du travail, pour subvertir un rapport social, capitaliste et patriarcal » (SIMONET, Maud, Travail gratuit : la nouvelle exploitation ? Paris, éd. Textuel, 2018.)</div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le travail réalisé par les étudiants, dès les premiers stages, est en partie le même que celui des aides-soignant·es. Au fur et à mesure de l’avancement dans les études, le travail des stagiaires recoupe partiellement le travail infirmier.</div><div>18&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir  https://emploi.belgique.be/ (sources de 2022).</div><div>19&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pour un salaire brut de 2419,68 euros et un salaire net de 1866,74 euros. Calcul sur base des chiffres de https://pro.guidesocial.be/articles/fiche-metier/article/quel-est-le-salaire-d-un-aide-soignant-en-belgique avec un ajout au salaire brut de 27,07% de charges patronales.</div><div>20&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L’IRES (Institut de recherches économiques et sociales) met en garde contre  banalisation du remplacement des travailleurs rémunérés par du travail gratuit (bénévolat, stages, etc.) « Plus le service à la collectivité comportera une contribution à la production de biens et de services, plus grand est le risque qu’il se substitue à l’emploi standard » (cité par SIMONET, Maud, Travail gratuit : la nouvelle exploitation ? Paris, éd. Textuel, 2018.)</div><div>21&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;En considérant que la présence d’étudiants infirmiers dans les terrains de stage est effective durant l’équivalent de 8 mois/an.</div><div>22&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Surtout lorsqu’il repose sur des valeurs qui touchent à ce que l’on est, à ce à quoi on croit, à ce qui nous définit et nous passionne.</div><div>23&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;CHANIAL, P., Don et care : une perspective anthropologique dans Recherche et formation, 2014. Disponible sur http://journals.openedition.org/rechercheformation/2232</div><div>24&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;FURTOS, J., Ambigüité de l’accompagnement, précarité de la transmission dans Rhizome, Bulletin national santé mentale et précarité, n° 44, juillet 2012.</div><div>25&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;TRONTO, Joan, Un monde vulnérable. Pour une politique du care, éd. La Découverte, Paris, 2009.</div><div>26&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;TRONTO, Joan, Care démocratique et démocraties du care dans MOLINIER, P. (dir), Qu’est-ce que le care ?, éd. Payot, Paris, 2021.</div><div>27&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;CHANIAL, op. cit. et TRONTO, op. cit.</div><div>28&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;LAPLANTINE, F., Penser le sensible, éd. Pocket, Paris, 2018.</div><div>29&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;TRONTO, op. cit.</div><div>30&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;SAILLANT, F., Identité, invisibilité sociale, altérité : expérience et théorie anthropologique au cœur des pratiques soignantes dans Anthropologie et Sociétés, 2000, p. 155-171. Disponible sur https://doi.org/10.7202/015641ar.</div><div>31&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;SAILLANT,F., Une critique post coloniale du savoir local de Clifford Geertz dans LAHOUARI (dir), Autour de Clifford Geertz, Interprétation et culture, Archives contemporaines, Paris, 2010, p. 55-72.</div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Pour que des vies ne partent pas en miettes</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/pour-que-des-vies-ne-partent-pas-en-miette/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Oct 2025 12:09:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La Maison du Pain]]></category>
		<category><![CDATA[jt224]]></category>
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					<description><![CDATA[À Virton, une maison d'accueil extraordinaire accompagne des femmes et leurs enfants sur le chemin de la reconstruction.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">À Virton, une maison d&rsquo;accueil extraordinaire accompagne des femmes et leurs enfants sur le chemin de la reconstruction. La Maison du Pain offre bien plus qu&rsquo;un toit : elle redonne dignité, autonomie et perspectives d&rsquo;avenir. </p>



<p>En 1989, suite au <em>Livre Blanc des Pauvretés en Province du Luxembourg</em>, un constat s&rsquo;imposait : les femmes et les enfants en difficulté avaient besoin d&rsquo;un lieu d&rsquo;accueil adapté. Sans bâtiment en vue, le projet semblait impossible. Mais les Carmélites de Virton, touchées par cette initiative, ont décidé de céder leur patrimoine à ce qui allait devenir La Maison du Pain. Le 17 septembre 1990, 24 membres fondateurs créaient l&rsquo;ASBL. Un nom symbolique qui rappelle que le pain, aliment essentiel, nourrit le corps&#8230; comme l&rsquo;accompagnement nourrit l&rsquo;âme.&nbsp;</p>



<p>Aujourd&rsquo;hui, La Maison du Pain possède un double agrément de la Région wallonne : 20 lits en Maison d&rsquo;accueil et 15 lits en Maison de vie communautaire. Elle accueille des femmes seules, des mères accompagnées de leurs enfants ainsi que des mineures enceintes, qui font face à des situations souvent dramatiques : violences conjugales, perte de logement, surendettement, difficultés administratives ou éducatives. La structure propose également un Centre parental qui accompagne les familles rencontrant des difficultés dans la prise en charge éducative de leurs enfants.&nbsp;</p>



<p>L&rsquo;équipe pluridisciplinaire travaille au quotidien pour permettre à chaque femme de poser une réflexion sur son parcours, d&rsquo;effectuer un travail de remise en cause, et surtout, de gagner en connaissance d&rsquo;elle-même et du monde qui l&rsquo;entoure. Le but ultime est d&rsquo;accompagner ces femmes vers une autonomie pratique doublée d&rsquo;une plus grande autonomie de la pensée et de l&rsquo;action. En d&rsquo;autres termes : une humanisation et une émancipation durables.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un jardin porteur d&rsquo;espoir </h2>



<p>La Maison du Pain développe un projet particulièrement enthousiasmant : l&rsquo;aménagement d&rsquo;un espace extérieur avec un potager sur bacs surélevés pour la Maison de Vie communautaire située au centre de Virton. Cet espace comprendra des tables, bancs et chaises pour créer un lieu de rencontre, un coin fleuri, un abri et un mini-potager collectif.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>« Ici, je retrouve d&rsquo;autres mamans qui ont connu comme moi des galères. Pour la première fois depuis si longtemps, j&rsquo;ose à nouveau rêver, j&rsquo;ose imaginer un avenir meilleur. Je construis mon projet, mon avenir et celui de mes enfants chéris. C&rsquo;est le début d&rsquo;une nouvelle vie, celle que nous méritons toutes. »</em></p>
<cite>Une maman hébergée à La Maison du Pain</cite></blockquote>



<p></p>



<p>Ce jardin représente bien plus qu&rsquo;un simple aménagement. C&rsquo;est un lieu de ressourcement, un espace de calme propice à la réflexion. C&rsquo;est aussi un apprentissage pratique qui initie les femmes et les enfants au plaisir de créer leur propre potager. Cultiver ensemble, partager, transmettre : voilà ce que permet ce projet citoyen et collectif. Se reconnecter au vivant, aux cycles naturels, retrouver le goût de prendre soin devient ainsi une véritable thérapie par la nature.&nbsp;</p>



<p>La Maison du Pain est reconnue spécifiquement par la Région wallonne pour trois missions essentielles : l&rsquo;accueil d&rsquo;urgence pour les violences conjugales, l&rsquo;accompagnement des enfants et des jeunes enfants, et le développement d&rsquo;un service post-hébergement. Cette triple reconnaissance témoigne de l&rsquo;excellence et de la pertinence de l&rsquo;action menée au quotidien par l&rsquo;équipe.&nbsp;</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tout un village</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/tout-un-village/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[louli]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Aug 2025 10:53:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA["Tout Un Village" accompagne les familles en difficulté dans le Brabant Wallon en (re)créant un véritable réseau d’entraide et de partage]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Depuis cinq ans, « Tout Un Village » accompagne les familles en difficulté dans le Brabant Wallon en (re)créant un véritable réseau d’entraide et de partage. L&rsquo;idée est simple : permettre aux parents de développer leurs compétences, de retrouver confiance en eux et de créer du lien avec d’autres familles et avec leur environnement.&nbsp; Des citoyens bénévoles, spécialement formés et encadrés, les soutiennent pendant une période d&rsquo;un an, les aident à surmonter leurs difficultés et les encouragent à avancer.</p>



<p>« Tout Un Village » a pour mission d&rsquo;accompagner des parents en situation de fragilité (précarité, isolement, éloignement familial, invalidité, problème de mobilité, épuisement parental&#8230;) de manière régulière et sur le long terme à raison de 3 heures par semaine pendant une durée d&rsquo;un an. Elle s&rsquo;inscrit dans une démarche de prévention et de soutien à la parentalité.</p>



<p>L&rsquo;Accompagnement Solidaire de Familles est un soutien global aux parents et à leurs enfants en prenant en compte les besoins et difficultés que chacun.e traverse au sein de la famille.</p>



<p>L&rsquo;accompagnement est assuré en duo avec un.e bénévole, appelée co-équipière qui habite la commune de résidence de la famille. Nous encadrons et formons ces bénévoles afin de leur donner tous les outils nécessaires au soutien qu&rsquo;ils.elles apportent chaque semaine à la famille. En soutien de ces duos, nous formons et accompagnons également des référent.e.s-duo qui assure un backup aux bénévoles et aux familles. Le rôle de ces bénévoles référent.e.s est d’assurer un contact et des bilans réguliers avec le duo pour s’assurer que l’accompagnement porte ses fruits et que chacun.e se sente bien.</p>



<p>L’accompagnement solidaire de familles s’articule autour de 5 axes :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>OFFRIR</li>



<li>TRANSMETTRE</li>



<li>RÉVÉLER</li>



<li>ACCOMPAGNER </li>



<li>TISSER</li>
</ul>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>AMO Jeun’est</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/amo-jeunest/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[louli]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Aug 2025 10:38:26 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=association&#038;p=39699</guid>

					<description><![CDATA[Association avec mission principale de développer des actions de prévention à destination des jeunes de 0 à 22 ans]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Ce Service d’Actions en Milieu Ouvert (AMO) a pour mission principale de développer des actions de prévention à destination des jeunes de 0 à 22 ans, sur tout sujet qui peut les concerner.</p>



<p>Pour ce faire, il propose notamment un travail d’écoute et de valorisation, une orientation vers un service approprié, un accompagnement individuel, la mise en œuvre d’outils de médiation entre le jeune, sa famille et ses familiers ainsi qu’un soutien à celle-ci dans l’exercice de ses responsabilités parentales.</p>



<p>Il développe également des actions collectives avec les jeunes en lien avec leur milieu de vie, ainsi que des actions collectives de prévention et de sensibilisation sur différentes thématiques (harcèlement scolaire, citoyenneté, consommation, orientation scolaire et/ou professionnelle, autonomie…)</p>



<p>Ils soutiennent les jeunes afin de leur permettre d’exercer leurs droits, à récolter leur parole, à interpeller les instances compétentes lorsque leurs besoins ou leurs difficultés ne sont pas pris en considération.</p>



<p>Par année, environ 325 jeunes sont touchés par de leurs accompagnements et leurs nos actions.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Atouts Jeunes AMO</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/atouts-jeunes-amo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[louli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Aug 2025 09:59:12 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=association&#038;p=39678</guid>

					<description><![CDATA[Atouts Jeunes accompagne des jeunes de 0 à 22 ans dans le cadre de la prévention, de favoriser leur autonomie et leur participation active à la vie citoyenne]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Atouts Jeunes accompagne des jeunes de 0 à 22 ans dans le cadre de la prévention, de favoriser leur autonomie, de garantir leur participation active à la vie citoyenne, et de soutenir les familles en situation de vulnérabilité. L’association s’adresse aux jeunes de 0 à 22 ans et à leurs familles, particulier ceux vivant à Molenbeek.</p>



<p>En tant que Service d’Action en Milieu Ouvert, ils organisent des permanences sociales sans rendez-vous pour accueillir les jeunes qui ont une demande individuelle. Ils mènent également des projets socio-éducatifs dont ils ont constaté, après avoir fait un diagnostic, qu’ils répondent à une demande collective dans le quartier. Ainsi, ils ont un projet de soutien à la parentalité construit autour de cours de français, un projet de soutien scolaire enfants-parents, un projet coaching scolaire pour les secondaires, des activités d’accueil durant les vacances, et le projet de café social à la Maison des Béguines.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Atmosphères AMO</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/atmospheres-amo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[louli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Aug 2025 09:47:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Atmosphères mène des actions à caractère préventif auprès des jeunes et de leur entourage, sans mandat judiciaire, afin de leur offrir un accompagnement adapté]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>L’AMO Atmosphères est un service d’Actions en Milieu Ouvert (AMO) reconnu par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Nous menons des actions à caractère préventif auprès des jeunes et de leur entourage, sans mandat judiciaire, afin de leur offrir un accompagnement adapté à leurs besoins et à leurs réalités. Leurs objectifs généraux s’articulent autour de plusieurs axes :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Prévention éducative et sociale</li>



<li>Accès à la culture et émancipation de la jeunesse</li>



<li>Aide et accompagnement des jeunes dans leur quotidien</li>



<li>Favoriser l’autonomie et la participation citoyenne</li>



<li>Travail en réseau et collaboration avec les partenaires locaux</li>
</ul>



<p>Ils s’adressent principalement aux jeunes âgés de 0 à 22 ans résidant à Schaerbeek et de façon plus élargie à la région bruxelloise, ainsi qu’à leur entourage (familles, écoles, associations partenaires, etc.). Ils interviennent auprès de ceux qui rencontrent des difficultés dans leur quotidien, qu’elles soient familiales, scolaires, sociales ou économiques. Chaque année, ils accompagnent plusieurs centaines de jeunes et de familles à travers leurs actions individuelles et collectives. Ils proposent des entretiens individualisés, des projets de groupe et des initiatives communautaires visant à renforcer l’inclusion et l’autonomie des jeunes.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Trait d’Union</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/trait-dunion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[louli]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Aug 2025 09:58:31 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=association&#038;p=39654</guid>

					<description><![CDATA[L'ASBL Trait D’union vient en aide aux personnes précaires de l’entité de Chimay, familles ou personnes isolées, sans aucune discrimination]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>L&rsquo;ASBL Trait D’union vient en aide aux personnes précaires de l’entité de Chimay, familles ou personnes isolées, sans aucune discrimination. L’aide dure le temps nécessaire à la régularisation d’une situation difficile. L’ASBL Trait d’Union ont plusieurs missions, fournir :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Une aide alimentaire sous forme de colis</li>



<li>Des bons de chauffage</li>



<li>De l’aide à l’enfance</li>



<li>De l’aide psychologique</li>



<li>Une aide morale pour une présence auprès des personnes isolées et désemparées</li>



<li>Une orientation judicieuse vers différents services publics compétents.</li>
</ul>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Resto du cœur Mouscron</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/resto-du-coeur-mouscron/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[louli]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Aug 2025 09:34:59 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=association&#038;p=39647</guid>

					<description><![CDATA[Les restos du cœur de Mouscron luttent contre la pauvreté et l’exclusion sociale en apportant une aide alimentaire et sociale aux personnes précarisées et sans-abri]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Les restos du cœur de Mouscron luttent contre la pauvreté et l’exclusion sociale en apportant une aide alimentaire et sociale aux personnes précarisées et sans-abri. Pour ce faire, les restos du coeur de Mouscron ont 4 missions principales :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Distribution de repas et colis alimentaire</li>



<li>Accueil et accompagnement social</li>



<li>Accompagnement vers le logement</li>



<li>Sensibilisation à la pauvreté et plaidoyer politique</li>
</ul>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les Hirondelles</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/les-hirondelles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[louli]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Aug 2025 09:13:07 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=association&#038;p=39641</guid>

					<description><![CDATA[Association de lutte contre l’exclusion sociale via l’art et l’interculturalité Le Centre Socio-Culturel Les Hirondelles est un espace d’interculturalité et [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Association de lutte contre l’exclusion sociale via l’art et l’interculturalité</h2>



<p>Le Centre Socio-Culturel Les Hirondelles est un espace d’interculturalité et d’expression artistique visant à l’intégration socio-culturelle et à la cohésion sociale des personnes migrantes mais également des citoyens. Le CSC Les Hirondelles travaillent sur de multiples projets artistiques dans le cadre de divers évènements : Carnaval de Charleroi, Festival des Diversités,&#8230; Les ateliers sont ouverts à tous et à toutes (enfants et adultes). Le CSC Les Hirondelles accompagne également les bénéficiaires lors des démarches socio-professionnelles et administratives.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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	</channel>
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