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	<title>Justice sociale &#8211; Action Vivre Ensemble</title>
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	<description>Soutenir les associations, sensibiliser et agir</description>
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	<title>Justice sociale &#8211; Action Vivre Ensemble</title>
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		<title>Les institutions. Pavées de bonnes intentions ?</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-18/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Dec 2025 15:03:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[jt227]]></category>
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					<description><![CDATA[ONEM, Forem, CPAS, CAPAC, SPF pensions, institutions d’aide à la jeunesse, associations, mais aussi fondations, coopératives, Églises, etc. ont toutes pour objectif de répondre à une demande, un besoin, une aspiration, voire un idéal. Or, dans bien des cas ça coince.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">ONEM, Forem, CPAS, CAPAC, SPF pensions, institutions d’aide à la jeunesse, associations, mais aussi fondations, coopératives, Églises, etc. sont des institutions mises en place par des autorités publiques ou par des citoyen·nes. Elles ont toutes pour objectif de répondre à une demande, un besoin, une aspiration, voire un idéal. Or, dans bien des cas (pour ne pas dire systématiquement), dans le concret de la réponse apportée par les institutions, ça coince.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«&nbsp;<em>Les institutions existent pour rendre possible une vie bonne dans une société juste</em>&nbsp;»</p>
<cite>Paul Ricoeur</cite></blockquote>



<p>Règles figées, humiliations, exclusions, bureaucratie, abus de pouvoir, opacité, voire corruption… : « <em>elles produisent des effets opposés, parfois jusqu’à se retourner contre ceux et celles qui agissent ou qui bénéficient de l’action menée dans une institution</em> », précise Bernard Van Meenen dans l’introduction de la journée qui a inspiré cette analyse, intitulée “L’ambivalence des institutions”.<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup></p>



<p>Voyons quelques exemples concrets&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Le CPAS</strong>, « dernier filet » censé assurer des conditions de vie digne aux personnes qui n’ont pas accès à d’autres assurances sociales (chômage, invalidité…), porte atteinte à cette dignité en obligeant les bénéficiaires à sans cesse « se déshabiller », dévoiler leur vie privée (avec qui ils vivent, ce qu’ils dépensent, quelle est la situation financière de leurs proches) pour prouver qu’ils sont assez pauvres pour recevoir de l’aide. Bien sûr, il faut s’assurer que les fonds publics sont attribués à bon escient, <strong>mais cette vérification est source d’humiliation</strong>, qui s’ajoute à celle d’être pauvre et de devoir appeler à l’aide<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>.</li>



<li><strong>Telle épicerie sociale</strong> a ses propres critères pour admettre les bénéficiaires, critères qui sont différents de ceux du CPAS. <strong>Deux enquêtes sociales au lieu d’une</strong>, une source de gêne supplémentaire pour les personnes qui s’adressent à cette association.</li>



<li>Parfois, les institutions et leurs règles respectives provoquent des rivalités entre les personnes exclues : c’était le cas à La Rochelle, association active à Roux, dans la banlieue de Charleroi. Parmi d’autres activités, l’association recevait et distribuait de l’aide alimentaire financée par l’Union européenne. Dans la même file, il y avait donc des personnes, toutes pauvres, dont certaines avaient droit à tel colis parce que bénéficiaires du Revenu d’intégration sociale, par exemple, et d’autres non, alors qu’elles étaient sans emploi, surendettées et tout autant dans le besoin. En effet, les critères d’accès aux banques alimentaires ne sont pas les mêmes que ceux de l’aide de l’UE. L’association a choisi de résoudre le problème en renonçant à l’aide européenne (souvent constituée de plats préparés de faible qualité nutritionnelle) et de renforcer l’apport de son jardin partagé dans l’aide proposée aux membres.<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">L’institution&nbsp;: une intention et une réponse concrète</h2>



<p>Pour expliquer ce paradoxe, Jean-Michel Longneaux, philosophe et enseignant à l’UNamur, parle de <strong>«&nbsp;l’ambivalence des institutions&nbsp;»</strong>. <strong>Une institution</strong>, explique-t-il, <strong>est toujours composée d’un <em>instituant</em> et d’un <em>institué</em>.</strong></p>



<p><strong>L’instituant,</strong> c’est l’intention, le désir, le besoin, l’aspiration, le projet, le constat d’un problème ou d’un manque et la volonté de le résoudre ou d’y remédier. Par exemple&nbsp;: lutter contre la pauvreté, organiser des circuits courts alimentaires, créer du lien social dans un village ou une commune, répondre à une aspiration spirituelle… <strong>L’instituant est subjectif</strong>, il vient du ou des sujets qui l’expriment.</p>



<p><strong>L’institué</strong>, <strong>c’est la réponse concrète</strong>, une façon de faire, qui s’inscrit dans la réalité&nbsp;: comment fait-on, quelles structures et quelles procédures met-on en place, quelles règles fixe-t-on, quelle gouvernance, quels rôles&nbsp;? <strong>L’institué est figé</strong>, c’est une réponse que l’on choisit parmi d’autres. En d’autres termes – ceux de Jean-Michel Longneaux &#8211;&nbsp;: «&nbsp;<em>La question est ouverte, mais la réponse est une manière singulière de le faire</em>.&nbsp;» Ainsi, on va fonder une asbl, une coopérative, une Église, créer un service public, etc.</p>



<p><strong>L’instituant et l’institué sont donc les deux faces d’une même pièce&nbsp;: l’institution.</strong> Pour que l’institution soit durable et qu’elle continue à répondre à la question, au problème, au besoin qui l’a suscitée, instituant et institué doivent rester perméables, l’institué doit être adaptable et non figé. <strong>Le projet et sa concrétisation doivent rester constamment en tension et cela peut être inconfortable</strong>&nbsp;de régulièrement questionner nos structures et les adapter&nbsp;; d’où le risque de céder à l’un ou l’autre travers.</p>



<p><strong>Le premier travers</strong> serait de <strong>refuser toute forme d’institution</strong> (organisation, groupe, règles, rites)&nbsp;: la personne s’isole et son projet, son désir risque bien de ne jamais se réaliser.</p>



<p>Inversement, <strong>le second travers</strong> serait qu’une institution se fige sur elle-même, déclare <strong>que la solution</strong> qu’elle incarne est la seule possible, existe pour elle-même et <strong>se coupe de l’instituant</strong>, du souffle, de l’intention qui l’a suscitée. On tombe alors dans le dogmatisme, dans une pensée morte qui exclut toute façon de penser ou de faire différente.</p>



<p>Un exemple parmi d’autres dans l’histoire&nbsp;: la Réforme de Jean Calvin, au XVI<sup>e </sup>s., qui voulait répondre aux dérives de la papauté et du catholicisme, élitistes et fastueux, pour y opposer la sobriété et la liberté individuelle avec le droit, par exemple, d’accéder aux textes sacrés en langue vernaculaire et non en latin. À force de se croire seul détenteur de la vraie religion, le calvinisme est devenu un véritable système totalitaire qui n’hésitait pas à exécuter les «&nbsp;hérétiques&nbsp;» et même les esprits critiques en son sein même<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>.</p>



<p>Plus près de nous, les tabous de l’Église catholique, comme le célibat des prêtres ou la place secondaire des femmes dans l’Église sont des «&nbsp;institués&nbsp;» figés, comme fossilisés, établis à un moment de l’Histoire, qui finissent par se couper de l’&nbsp;«&nbsp;instituant&nbsp;», le souffle, l’inspiration première, au risque de mettre en danger l’institution (pénurie de prêtres, désaffection des fidèles face à une Église qui leur semble sclérosée).<br></p>



<h2 class="wp-block-heading">L’exemple du statut cohabitant</h2>



<div class="wp-block-columns red-message is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h2 class="wp-block-heading">Le statut cohabitant</h2>



<p>D’abord appliqué pour les bénéficiaires de l’aide sociale via les CPAS (1974), le statut de cohabitant est introduit ensuite dans le calcul des indemnités de chômage (1980) et des indemnités de maladie-invalidité (1991). Le principe est le suivant : attribuer des allocations de sécurité sociale différentes selon que l’allocataire soit chef de ménage, isolé ou cohabitant4 ; le cohabitant ou la cohabitante sans charge de famille percevant une allocation moindre que la personne isolée. Au fondement de cette réglementation, on trouve la volonté de réduire les dépenses de sécurité sociale. Il est alors considéré que deux adultes qui vivent sous le même toit ont moins de frais que deux personnes qui vivent seules. »</p>



<p>Source<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup></p>
</div>
</div>



<p>Et dans le domaine social&nbsp;? Prenons le cas du statut cohabitant, mis en place dans les années 70 et 80, dans un contexte d’austérité budgétaire. L’instituant était donc, dans le chef du gouvernement, la nécessité de diminuer les dépenses sociales. Le postulat était que deux personnes qui vivent ensemble ont moins de frais que deux personnes qui vivent isolément&nbsp;: loyer, chauffage, électricité, etc. Il s’agissait principalement, à l’époque, de femmes dont le mari soit travaillait, soit bénéficiait d’une allocation.. Même s’il était injuste, cet «&nbsp;institué&nbsp;» correspondait à l’intention et à la réalité sociologique de l’époque.</p>



<p>Or, depuis lors, les modes d’habitat ont évolué, souvent par nécessité, parfois par choix. Une personne bénéficiant d’allocations de chômage peut décider d’héberger un ami émargeant au CPAS&nbsp;; un·e jeune vivant de l’allocation d’insertion n’a d’autre choix que de rejoindre une colocation&nbsp;; des parents peuvent accueillir chez eux leur enfant qui bénéficie du RIS ou leur(s) parent(s) âgé(s) bénéficiant de la GRAPA<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>… Toutes ces personnes sont sanctionnées par ce statut cohabitant et voient leurs revenus fortement rabotés, ce qui compromet leurs chances d’insertion et d’émancipation. Une autre conséquence délétère de ce statut cohabitant est de pénaliser la solidarité, pourtant essentielle dans le contexte de délitement des acquis sociaux que nous traversons.</p>



<p>Prenons le cas du jeune adulte qui vit chez ses parents et perçoit le RIS ou l’allocation d’insertion au taux cohabitant (soit 634,14€ bruts/mois s’il a plus de 18 ans). Comment, avec cette somme, peut-il envisager d’être autonome, de trouver un logement et de passer son permis de conduire, si ses parents n’ont pas les moyens suffisants pour l’aider financièrement&nbsp;? Ou d’un autre qui vit en colocation et voit tout-à-coup son allocation plus que divisée par deux parce qu’un autre colocataire vient de s’installer et de se domicilier à la même adresse&nbsp;?</p>



<p>Dans cet exemple, l’institué n’est plus pertinent car le contexte et les pratiques ont changé. Pourtant, le statut cohabitant existe toujours et la norme en est toujours le modèle conjugal. Pour preuve : le terme utilisé par l’ONEM dans le cas des « cohabitants privilégiés » qui ont droit à une allocation de cohabitant un peu plus élevée : ce taux est appliqué quand « <em>le chômeur et le conjoint bénéficient uniquement de revenus de remplacement</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>.</p>



<p>Ces dernières années, «&nbsp;l’institué&nbsp;» a quand même évolué quelque peu et des exceptions sont admises. Elles ne sont cependant pas toujours automatiques et créent de mauvaises surprises&nbsp;: allocation non payée et rectification par la suite, à la demande de l’allocataire. Mais comment faire alors pour payer son loyer dans les temps ?<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup></p>



<p>Les associations sont, elles aussi, tenues de s’adapter pour assurer leur pérennité et rester fidèles à leurs missions, à leur&nbsp;«&nbsp;instituant&nbsp;». Action Vivre Ensemble, par exemple, est née en 1971 et fonctionnait sur le mode autogestionnaire&nbsp;: une petite équipe où l’on parlait de «&nbsp;coordination&nbsp;» plutôt que de «&nbsp;direction&nbsp;», où l’on changeait facilement de fonction, etc. Dans les années 90, quand l’association a commencé à bénéficier de financements publics, l’autogestion s’est avérée inadaptée aux contraintes des bailleurs et l’organisation est passée en mode «&nbsp;cogestion&nbsp;».&nbsp; Dans les années 2000, le contexte de la récolte de fonds privés et les exigences croissantes des bailleurs publics ont amené l’association à adopter une structure hiérarchique quoique toujours participative, en définissant mieux les responsabilités et les modes de décision.</p>



<p>Bien sûr, cela ne s’est pas fait sans peine, et plusieurs personnes ont quitté l’organisation, ne se sentant plus en accord avec ce nouveau fonctionnement&nbsp;; des tensions ont agité l’équipe. Au bout du compte, même transformée, et <em>parce que</em> transformée, Entraide et Fraternité a pu assurer sa pérennité et préserver son «&nbsp;instituant&nbsp;», à savoir la vision et l’inspiration qui ont présidé à sa création.</p>



<p>Nous pouvons ici évoquer le biologiste Oliver Hamant et son ouvrage «&nbsp;La troisième voie du vivant&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>.&nbsp; Selon lui, l’un des caractères de la résilience est l’adaptabilité (avec la robustesse et la capacité de se transformer)&nbsp;: «&nbsp;<em>Un système est adaptable quand il est capable d’ajuster ses réponses tout en maintenant ses principales fonctions</em>&nbsp;». <strong>En d’autres termes, on pourrait dire que la pertinence d’une institution (et sa pérennité) tient à sa capacité à adapter son institué tout en restant fidèle à son instituant.</strong></p>



<div class="wp-block-columns red-message is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p class="titre-trois"><a>On l’a dit&nbsp;: <strong>les institutions sont des réponses à des questions, des besoins, des manques, des aspirations</strong>. Au niveau d’une société, <strong>elles sont donc indispensables dans la mesure où elles organisent, réglementent, garantissent la réponse aux besoins des citoyen·nes</strong>. Ce n’est pas pour rien que certaines d’entre elles sont <strong>«&nbsp;sacralisées&nbsp;»</strong>&nbsp;: en cas de conflit armé, <strong>on ne s’attaque pas à une école, à un hôpital, à un bâtiment religieux</strong>. <strong>Enfreindre cet interdit</strong>, comme c’est le cas dans les territoires occupés en Palestine, c’est s’attaquer à <strong>l’Humanité même, à ce qui rend une société humaine</strong>&nbsp;: l’innocence de l’enfance et l’être humain en devenir, l’humain blessé, vulnérable et le soin qui lui est dû et, enfin, l’aspiration de l’humain à une relation de transcendance.</a></p>
</div>
</div>



<p>Selon Jean-Michel Longneaux, «&nbsp;<em>la mission d’une institution [est donc] d’offrir un lieu où l’on peut échapper à la violence du monde et, par la relation, se reconstruire comme sujet</em>&nbsp;»&nbsp;.</p>



<p>Dans cette perspective, <strong>les institutions que sont les associations de lutte contre la pauvreté sont également des lieux où les personnes isolées par la pauvreté, sans chez-soi, sans liens affectifs ou sociaux peuvent à nouveau exister aux yeux des autres, se sentir en sécurité et se reconstruire en tant que sujets par la relation avec les autres bénéficiaires et le personnel d’encadrement. </strong>Elles représentent le dernier lieu de sauvegarde de l’humanité, quand les institutions publiques y ont échoué en raison d’un «&nbsp;institué&nbsp;» trop rigide, trop complexe ou insuffisamment financé.</p>



<p><strong>C’est pour cette raison que les coupes opérées actuellement dans le secteur social et associatif – baisse de la déduction fiscale pour les dons, diminution des subventions, suppression du budget fédéral pour le «&nbsp;Plan grand froid&nbsp;» et de la subvention aux CPAS pour la Participation et l’Activation Sociale (Fonds PAS), etc. – sont gravissimes&nbsp;: elles portent atteinte à la possibilité, pour des milliers de personnes, de se sentir exister, de compter parmi les humains, tout simplement.</strong></p>



<p>Et, au regard de la citation d’ouverture («&nbsp;Les institutions existent pour rendre possible une vie bonne dans une société juste&nbsp;»), que dire d’un État qui s’attaque frontalement à ses propres institutions&nbsp;: assurance chômage, CPAS, culture, enseignement, Sénat… et aux associations qui tentent d’en combler les manquements&nbsp;?&nbsp;</p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L’ambivalence des institutions. Marcher sur des chemins non-tracés, 22 novembre 2025, Erpent. Journée annuelle de “La théologie par les pieds”, coorganisée par Action Vivre Ensemble, le CEFOC et le journal “L’Appel” notamment. Voir <a href="https://latheologieparlespieds.be/">latheologieparlespieds.be</a></div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir l’analyse d’Action Vivre Ensemble, Pauvreté et humiliation : vers une société de la reconnaissance ?, 2024. Disponible sur <a href="https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2024-16/">vivre-ensemble.be</a></div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir l’analyse d’Action Vivre Ensemble, De la lasagne industrielle à la soupe du jardin, 2023. Disponible sur <a href="https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2023-04/">vivre-ensemble.be</a></div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Lire&nbsp;Conscience contre violence de Stefan Zweig (1936), disponible en Livre de Poche.</div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Analyse Statut cohabitant : à quand la fin ?, Action Vivre Ensemble, 2022. Disponible sur <a href="https://vivre-ensemble.be/publication/analyse-2022-01/">vivre-ensemble.be</a></div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Garantie de revenus aux personnes âgées</div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.onem.be/documentation/montants/allocation-d-insertion">onem.be</a></div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Dans ce cas vécu, l’ONEM pouvant verser l’allocation dans les 10 premiers jours du mois, une réclamation ne peut être introduite avant. Le temps que la situation se régularise, cela fait presque 2 semaines sans aucun revenu.</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;HAMANT, Olivier, La troisième voie du vivant, éd. Odile Jacob, Paris, 2022.</div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Un pas en avant</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/outil/un-pas-en-avant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Oct 2025 11:18:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[inégalités]]></category>
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					<description><![CDATA[Démontrer visuellement les inégalités opérantes au sein de notre société]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<h2 class="wp-block-heading">Déroulement de l’animation</h2>



<p>L’animateur·ice choisit les témoignages en prenant soin de diversifier les types de situations (privilèges, précarité, classe moyenne) en fonction du nombre de participants et en distribue un par personne. Sur chaque carte, les bandelettes de couleurs représentent les situations des enfants/jeunes (cf. Contenu). Les participant·es lisent leur témoignage sans le montrer aux autres et se glissent dans la peau de leurs personnages. L’animateur·rice peut poser les questions ci-dessous pour les y aider (les participant·es y réfléchissent en silence) :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Quels métiers exercent tes parents ou tes tuteurs ?</li>



<li>Comment est ta maison ?</li>



<li>Dans quelle classe es-tu ?</li>



<li>Combien d’ami·es as-tu?</li>



<li>Dans quelle orientation es-tu ?</li>



<li>Quel métier aimerais-tu exercer plus tard ?</li>



<li>Quels sont tes loisirs ?</li>



<li>As-tu des frères et soeurs ?</li>



<li>Comment est l’ambiance à la maison ?</li>



<li>Quelle relation as-tu avec tes parents ou tes tuteurs ?</li>



<li>Comment imagines-tu ta vie dans 3 ou 5 ans ?</li>
</ul>



<p>&nbsp;Les participant·es se tiennent en ligne à l’extrémité de l’espace de jeu délimité au préalable (contre un mur ou sur une ligne imaginaire). <strong>L’objectif est de montrer que tout le monde démarre du même point dans la vie, mais que des éléments extérieurs indépendants de notre volonté nous font avancer moins vite.</strong></p>



<p>L’animateur·ice explique les règles au groupe. À chaque affirmation, les participant·es doivent décider s’ils avancent d’un pas ou restent sur place. Cette décision se fait en fonction du personnage qu’ils incarnent : si le participant estime que son personnage répondrait “OUI” à l’affirmation, il avance s’il pense que son personnage répondrait “NON”, il reste sur place. Le jeu laisse une grande place à l’interprétation personnelle. Il est donc normal de ne pas toujours savoir clairement s’il faut avancer ou pas. Cette hésitation fait partie intégrante du jeu et sera utile lors du débriefing.</p>



<p>L’animateur·ice lit les affirmations en marquant une pause entre chaque pour permettre aux participant·es d’avancer s’ils le veulent. Il ou elle peut ponctuer le jeu en interrogeant les participant·es lorsque l’un·e ou l’autre hésite à avancer. Après une dizaine d’affirmations, l’animateur·rice demande aux participant·es d’observer l’espace de jeu, leur position et celles des autres et demande à ceux ou celles qui sont fort en retrait ou au contraire, très en avant, comment ils ou elles se sentent à ce stade du jeu. À la fin de l’animation, tout le monde retourne s’assoir et le débriefing du jeu peut commencer (cf. fiche Débriefing). On fait un tour de table où chacun·e lit la carte de son personnage.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Variante de l’animation</h3>



<p>Les participant·es se tiennent la main sur la ligne de départ. Ainsi, au fur et à mesure de l’avancée du jeu, leurs mains se détacheront petit à petit. L’objectif est de montrer que la solidarité se disloque et ne résiste pas aux inégalités.</p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>KEVIN &#8211; Parlons des inégalités scolaires autrement</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/events/event/kevin-parlons-des-inegalites-scolaires-autrement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Oct 2025 09:40:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Campagne d’Avent]]></category>
		<category><![CDATA[Conférence]]></category>
		<category><![CDATA[Débat]]></category>
		<category><![CDATA[spectacle]]></category>
		<category><![CDATA[inégalités]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=event&#038;p=40255</guid>

					<description><![CDATA[À l’école, tous les enfants n’ont pas les mêmes chances — mais tous ont les mêmes rêves.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’école, fabrique d’inégalités ? Et si on parlait enfin du filet plutôt que du poisson qui s&rsquo;est échappé ?</p>
<p>Dans le cadre de sa <strong>campagne d&rsquo;Avent 2025</strong> consacrée à l&rsquo;accès à l&rsquo;éducation des jeunes en situation de précarité, Action Vivre Ensemble vous invite à une soirée unique au Théâtre Novum, en partenariat avec l&rsquo;UFAPEC et le Forum Saint-Michel.</p>
<p><strong>Tarifs :</strong> <strong>14 €</strong> (tarif plein),<strong>10 €</strong> (tarif étudiant)</p>
<p>Réservation obligatoire</p>
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<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link has-vert-petrole-background-color has-background wp-element-button" href="https://www.billetweb.fr/kevin1" target="_blank" rel="noopener"><strong>Réservez votre place</strong></a></div>
</div>
<p>&nbsp;</p>
<div class="wp-block-group red-message" style="margin-left: 0px;">
<div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<h2 class="wp-block-heading">Au programme</h2>
<h3 class="wp-block-heading">Pièce de théâtre KEVIN – version conférence</h3>
<p>Par la Compagnie Chantal et Bernadette</p>
<h3 class="wp-block-heading">Table ronde avec des professionnels du secteur</h3>
<p>À l’issue de la conférence, échangez avec les auteurs de la pièce et d’autres acteurs engagés dans le secteur de la jeunesse et de l’éducation.</p>
<p>Un moment privilégié pour approfondir la réflexion et partager vos questions.</p>
</div>
</div>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<div class="wp-block-columns fond-bleu is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex" style="margin-left: 0px;">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h3 class="wp-block-heading">La pièce de théâtre</h3>
<p>Il y a les profs qui aiment leurs élèves, les pédagogues compétents et dont la personnalité est une leçon à elle seule, les directions d’école engagées, qui luttent chaque jour jusqu’à l’épuisement, les parents impliqués, les élèves inspirants. On ne parlera pas d’eux.</p>
<p>On parlera de Kévin.</p>
<p>Parce que l’école, pour Kévin, ça n’a pas du tout marché.</p>
<p>Après avoir décomposé, analysé et désacralisé l’orthographe, Arnaud et Jérôme s’attaquent à l’école. Ils jettent un regard naïf mais documenté sur ses fondements, ses valeurs et ses enjeux.</p>
<p>Quand on parle d’école, on parle toujours du poisson qui s’est échappé… mais jamais du filet.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/gw7t401lXKM?si=emmVWkN-Nhh7Hf3R" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><em>Dans ses créations, la compagnie Chantal et Bernadette aime transformer la démarche scientifique en geste artistique en créant son propre langage théâtral. À travers ses collaborations étroites avec des chercheurs et des chercheuses, elle tente de stimuler l’esprit critique du public en soumettant ses opinions à l’épreuve des faits.</em></p>
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<p><img decoding="async" class="size-medium wp-image-40252 aligncenter" src="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/10/logos_soiree_kevin-300x94.jpg" alt="3 logos : Action Vivre Ensemble, UFAPEC, FSM" width="300" height="94" srcset="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/10/logos_soiree_kevin-300x94.jpg 300w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/10/logos_soiree_kevin.jpg 477w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
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			<media:title type="plain">Justice sociale Archives - Action Vivre Ensemble</media:title>
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		<title>Rencontres au RWLP – l’éducation permanente en action</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-09/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Sep 2025 16:23:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Lors de sa formation en juillet 2024, le gouvernement wallon a voulu prouver sa préoccupation envers les personnes précarisées, « la [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Lors de sa formation en juillet 2024, le gouvernement wallon a voulu prouver sa préoccupation envers les personnes précarisées, « la lutte contre la pauvreté » ayant été explicitement ajoutée aux compétences du ministre Yves Coppieters (Les Engagés). Qui dit changement de gouvernement, dit changement de stratégie…  En effet, pour affirmer une rupture avec le passé, le ministre et son gouvernement décident de parler de « stratégie » et non plus de « plan » de lutte contre la pauvreté. La volonté de marquer la différence est claire. Et la rencontre qui a eu lieu en ce début d’année entre les membres des gouvernements wallon et de la FW-B et des témoins du vécu en est la preuve.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une stratégie de lutte</h2>



<p>Dès le 17 octobre 2024, Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, le gouvernement et son ministre ont annoncé dans un communiqué de presse<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup> les quatre axes prioritaires sur lesquels ils comptaient travailler, la méthode pour y parvenir et le calendrier. Les thématiques choisies&nbsp;(le logement, l’emploi et la formation, la santé &#8211; dont la santé mentale -, les liens sociaux et le renforcement du recours aux droits sociaux) sont transversales et constituent des priorités partagées par de nombreux acteurs. Elles ont d’ailleurs été l’objet de campagne de plusieurs associations de lutte contre la pauvreté ces dernières années, dont Action Vivre Ensemble (le droit au logement en 2023 et la santé mentale en 2024<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>). L’ensemble du gouvernement wallon serait impliqué ainsi que le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles &#8211; le ministre Coppieters y étant également ministre de la Santé, de l’Égalité des chances et du Droit des femmes.</p>



<p>Concrètement, le ministre a créé un comité de pilotage composé de représentants du monde académique, des administrations, des cabinets, de l’Union wallonne des entreprises (UWE), de l’AKT (organisation des entrepreneurs privés) et du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté (RWLP). Le cabinet prévoit également la création de quatre groupes de travail, un par thématique, dont les résultats permettront l’élaboration d’une stratégie. La participation de témoins du vécu est également prévue.</p>



<p>L’objectif de ces groupes est de proposer des mesures concrètes, à fort impact, au comité de pilotage qui les évaluera et veillera à leur cohérence. La stratégie retenue devra ensuite être avalisée par le gouvernement et le Parlement afin de la présenter le 17 octobre 2025 et elle s’appliquerait à partir de 2026. Cependant, les actions de cette stratégie devront être mises en place <em>«&nbsp;dans les limites budgétaires actuelles&nbsp;»</em>. Cela sous-entend qu’il n’y aura pas de financement supplémentaire. Pour le cabinet, les résultats mitigés du gouvernement précédent sont liés à un manque d’efficience de la politique mise en place. Faire mieux avec les mêmes ressources&nbsp;: un défi de taille pour les acteurs participant au processus.</p>



<p>Enfin, ce processus implique un rythme de travail intensif et très exigeant, notamment pour le RWLP qui est impliqué dans les différents groupes de travail ainsi qu’au comité de pilotage. Celui-ci a choisi de s’associer aux travaux afin de défendre au mieux les personnes qui vivent «&nbsp;le trop peu de tout&nbsp;». Parmi les enjeux importants dans l’élaboration de cette stratégie, <strong>il s’agit notamment, pour le RWLP, que tou·tes les ministres des gouvernements wallon et francophone soient impliqué·es,&nbsp;la pauvreté étant l’affaire de toutes et tous.</strong></p>



<p>Lors d’une réunion de la Plateforme belge de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>, deux représentantes du cabinet Coppieters sont venues présenter le processus participatif de l’élaboration de la future stratégie. Ce fut l’occasion d’apprendre que le cabinet prévoyait la création d’un cinquième groupe de travail intitulé ‘autonomie encadrée’ dont l’objectif est de cartographier les opérateurs de terrain luttant contre la pauvreté et d’en évaluer les impacts dans une perspective de pérennisation des financements. Enfin, l’appel à candidatures pour participer aux groupes de travail a remporté un franc succès. Le cabinet en a reçu plus de deux cents. Celui-ci a pu en retenir environ une centaine pour composer l’ensemble des groupes. Afin d’éviter autant que possible les frustrations, il a décidé d’organiser un débat public en juin au Parlement wallon. Une rencontre pour présenter les premiers résultats aux témoins du vécu militants<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup> (TVM) est également à l’agenda. Un dispositif complet qui se veut à la hauteur des ambitions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une rencontre historique au RWLP<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup></h2>



<p>Afin de combattre efficacement la pauvreté, la précarité et toute forme d’exclusion sociale, le passé nous a déjà prouvé qu’il est essentiel de partager nos vécus. S’asseoir et écouter. Écouter mais croiser les narratifs également, faire preuve d’humilité, se rencontrer et avancer ensemble. C’est tout ce spectre d’attitudes qu’a permis le type de rencontre qui a eu lieu de manière assez exceptionnelle ce 20 février dernier, rue Marie-Henriette à Namur, au siège du RWLP. Une salle, des hommes et des femmes aux passés et présents différents, des témoignages et, en bout de course, une mission commune de compréhension mutuelle.</p>



<p>Ce jour-là, dans une des salles du Réseau, étaient réunis des membres des gouvernements wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, 10 ministres au total (dont un représenté), pour un échange avec les témoins du vécu militants (ci-après TVM). Un véritable tour de force dont peu d’associations ou d’organisations au sens large peuvent se vanter. Il s’agit là en effet d’une véritable reconnaissance du RWLP comme acteur de référence en matière de lutte contre la pauvreté. Cet événement prenait place à la suite de la promesse pré-électorales des partis de venir rencontrer les témoins du vécu militants à leur demande. Promesse tenue donc, un peu moins d’un an après les élections.</p>



<p>Cette rencontre était l’occasion de démontrer, au travers des témoignages, la transversalité de la pauvreté dans notre société et dès lors dans les compétences des différent·es ministres. Outre les témoins du vécu militants et les politiques, le RWLP avait aussi invité ses facilitateurs et facilitatrices en prévention des inégalités<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>, des travailleurs et travailleuses de 1<sup>e</sup> ligne des administrations wallonnes et de la Fédération Wallonie-Bruxelles<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup> et des membres d’associations partenaires, dont Action Vivre Ensemble.</p>



<p>Après une introduction par Christine Mahy, la secrétaire générale du RWLP, qui rappelait qu’échapper à la pauvreté, c’est bénéficier d’une série de richesses dépassant largement la seule notion financière<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup>, plusieurs personnes se sont succédé pour témoigner du phénomène de pauvreté. Ce sont d’abord les travailleurs et travailleuses du 1718, service téléphonique d’urgences sociales, qui ont présenté plusieurs situations de personnes prises dans l’engrenage de la pauvreté. Ces témoignages démontraient l’effet ‘boule de neige’. Un premier accident de parcours (une maladie, un divorce, une perte d’emploi) dont on devrait pouvoir se relever mais qui en entraîne d’autres. Très vite, les problèmes s’accumulent au point qu’il semble impossible de trouver des solutions. C’est l’histoire du serpent qui se mord la queue.</p>



<p>Ont ensuite pris la parole des TVM et des facilitateurs et facilitatrices. Par leur témoignage, ils et elles ont pu rendre compte de</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>leurs <strong>problèmes de logement</strong>, comme Pacou&nbsp;: il vit dans sa maison sans aucune isolation et ses maigres revenus ne lui permettent pas de payer les travaux, même avec les primes&nbsp;;</li>



<li>leur envie <strong>d’accéder à une alimentation de qualité</strong>, comme Alain qui s’est nourri de &nbsp;pâtes au thon un jour sur deux pendant des mois&nbsp;;</li>



<li>des <strong>frais liés à l’emploi</strong>, comme Humeyra, maman solo d’une petite fille de 6 ans qui doit payer les stages, la garderie et gérer de gros horaires au quotidien pour prendre le train et réduire les coûts de transport.</li>
</ul>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Le logement aujourd’hui, c’est la loi du plus fort, la loi du marché. Quand vous n’avez pas de sous, vous devez prendre les restes. Et moi, c’est ce qui m’est arrivé. Je travaillais, je gagnais bien ma vie, je n’avais pas de soucis, puis je suis tombé gravement malade. Du jour au lendemain, je suis devenu un allocataire social. Quand mes enfants sont partis de la maison, j’ai perdu mon logement social. Je n’ai pas eu le choix. J’ai dû emménager dans une maison loin de tout et impossible à chauffer. Vivre dans ces conditions, ça te fout en l’air. Physiquement d’abord : le froid, l’humidité, ça provoque des problèmes respiratoires, de l’asthme, des allergies. En tension permanente, mes muscles sont atrophiés. Je suis atteint de rhumatismes et de neuropathies qui ne guériront jamais. Mais c’est mon mental qui a le plus subi. Je n’arrive plus à me projeter. Le logement impacte ta santé mentale : insécurité, dépression, anxiété, pensées suicidaires et c’est sans compter ceux qui sont passés à l’acte, et resteront muets à jamais »</p>
<cite>Extrait d’un témoignage issu de la rencontre du 20 février 2025.<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup></cite></blockquote>



<p>Au travers de ces prises de paroles, Christine Mahy a mis en évidence <strong>l’aspect multifactoriel de la pauvreté, l’importance de la prévention ou encore le cercle vicieux de l’endettement</strong> qui maintient la tête sous l’eau. Elle a rappelé que <strong>la pauvreté est [ou doit être&nbsp;?] une compétence transversale qui concerne tou·tes les ministres</strong>. Lutter contre la pauvreté n’est pas de la responsabilité d’un seul ministre.</p>



<p>En fin de rencontre, les ministres-présidents, les ministres Coppieters et Desquesnes ont pris la parole pour réaffirmer leur désir de travailler avec le RWLP et les TVM dans la définition de leur politique. Il est clair que le ministre Coppieters et le gouvernement tentent une approche différente de leurs prédécesseurs, tant au niveau des thématiques que de la méthode. Le calendrier est serré et l’objectif de diminuer la pauvreté à budget inchangé est ambitieux. Le ministre a déployé des moyens importants pour aboutir à une stratégie qui se veut concertée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Démocratie et éducation permanente</h2>



<p><strong><em>«&nbsp;Ensemble</em></strong><em>, les associations partenaires du RWLP portent la conviction qu’à plusieurs, on est plus fort dans l’interpellation et que c’est à travers la&nbsp;<strong>participation des personnes</strong>&nbsp;appauvries, précarisées ou vivant la pauvreté «&nbsp;durable&nbsp;», à partir de leurs réalités de vie et avec elles que la&nbsp;<strong>justice sociale</strong>&nbsp;se construit&nbsp;»</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup><em>.</em></p>



<p>S’il est vrai que la démocratie ne devrait pas s’arrêter à la sortie des urnes, les occasions sont rares de l’exercer «&nbsp;pour de vrai&nbsp;», notamment en (re-)connectant les responsables politiques à la réalité quotidienne des citoyen·nes. <strong>Les rencontres entre politiques et militants organisées par le Réseau wallon sont un bel exercice de démocratie à travers la dynamique de l’éducation permanente</strong>. Et les groupes de travail mis en place dans le cadre de la stratégie de lutte contre la pauvreté évoqués au début de cette analyse, pour peu que la parole des personnes directement concernées y soit réellement écoutée et prise en compte, participent également de cet exercice continu de la démocratie.</p>



<p>«&nbsp;<em>Je suis témoin du vécu militant au Réseau, je participe à plusieurs travaux de recherche en éducation permanente <strong>(…). Être un collectif, réfléchir à plusieurs et mener des débats permet d’être entendu. Seul, personne ne t’écoute. Merci de nous écouter aujourd’hui et de nous entendre.&nbsp;Participer, c’est se rendre compte qu’on n’est pas seul sur terre, que d’autres vivent ce que je vis. On peut, pas à pas, faire changer la société</strong></em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup></p>



<p>Bien qu’elle doive composer avec un budget inchangé, il est permis d’espérer que cette nouvelle stratégie et sa méthodologie – qui comporte notamment un suivi régulier des résultats – soit elle aussi un exemple de ce que devrait être une véritable démocratie, en particulier dans la lutte contre la pauvreté : une façon d’organiser la « chose publique » fondée sur <strong>l’écoute des premiers et premières concerné·es, la consultation, la concertation, une vision à long terme qui prend en compte l’ensemble des déterminants de la pauvreté, la transversalité des politiques mises en place…</strong> tout un programme. Rendez-vous dans quelques années pour juger sur pièce.</p>



<p></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://coppieters.wallonie.be/home/communiques-de-presse/presses/reduire-la-pauvrete-en-wallonie-un-nouvelle-strategie-ciblee-coconstruite-avec-les-acteurs-de-terrain.html">Réduire la pauvreté en Wallonie : un nouvelle stratégie ciblée coconstruite avec les acteurs de terrain</a></div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Étude de campagne 2023&amp;#8239;: <a href="https://vivre-ensemble.be/publication/etude-2023-2/">À bout de souffle. Parcours d’obstacles pour le droit au logement.</a>, Étude de campagne 2024&amp;#8239;: <a href="https://vivre-ensemble.be/publication/etude-2024/">Quand la détresse est partout. Regards sur les liens entre précarité et santé mentale.</a></div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Structure fédérale, la Plateforme belge contre la pauvreté et l’exclusion sociale «&nbsp;représente l’organe de concertation central pour la préparation et le suivi de la politique belge et européenne dans le domaine de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. La Plateforme belge se réunit au moins quatre fois par an. Tous les deux ans, la Plateforme belge organise en outre une réunion ouverte afin que toutes les parties prenantes aient l’occasion de participer au maximum aux processus politiques.&nbsp;» <a href="https://www.mi-is.be/fr/plateforme-belge-contre-la-pauvrete-et-lexclusion-sociale-eu2020">Voir</a></div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;«&nbsp;Les témoins du vécu militants&nbsp;au RWLP constituent un groupe ouvert, le plus ouvert possible aux personnes qui, fortes de leurs vécus, s’inscrivent dans une démarche participative collective. Ils nourrissent les réflexions, ils constituent la base d’un propos collégialement élaboré. Quels que soient leurs bagages, leurs modes de vie, leurs facilités ou leurs difficultés à s’exprimer, à fréquenter un lieu inconnu, à prendre part à un collectif…, ils sont le cœur de la dynamique de lutte contre la pauvreté menée par le Réseau&nbsp;» (<a href="https://rwlp.be/qui-sommes-nous/">https://rwlp.be/qui-sommes-nous/</a>). Les témoins du vécu militant sont « des personnes qui vivent plus ou moins fortement&nbsp;la pauvreté ou l’appauvrissement,&nbsp;l’exclusion et la confrontation aux institutions. Ces situations d’injustice les conduisent à désirer s’investir volontairement au sein du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté pour chercher à construire des réponses au bénéfice du collectif. Ces personnes, pour lesquelles les formes participatives sont diverses afin de n’en exclure aucune, constituent le cœur du RWLP, des processus de travail et de luttes collectives. Elles participent à la démarche de compréhension des causes de la pauvreté et à la construction de propositions de solutions » (Lutte contre la pauvreté et participation. Retour d&rsquo;expérience dans L&rsquo;Observatoire, Faire place à l&rsquo;usager, n° 120, 2024).</div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pour une description en détails de la rencontre : <a href="https://rwlp.be/3d-flip-book/rencontre-avec-les-gouvernements/">Une rencontre avec les gouvernements de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, 20 février 2025</a></div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;« De par leurs expériences, actuelles ou passées, de par leurs parcours de vie&nbsp;‘dans le trop peu de droits et de ressources’, les facilitatrices et facilitateurs en prévention des inégalités employés au sein de l’équipe du RWLP permettent de toujours envisager les actions sous le prisme des premier·ières concerné·es par la pauvreté et les inégalités sociales. Ils apportent leurs connaissances, ils relient aux personnes qui vivent la pauvreté et sont un aiguillon permanent au sein de l’équipe. Ils s’investissent dans des projets de réduction du non-recours aux droits au sein des services publics (Région wallonne, Fédération Wallonie-Bruxelles, pouvoirs locaux). » (Lutte contre la pauvreté et participation. Retour d&rsquo;expérience dans L&rsquo;Observatoire, Faire place à l&rsquo;usager, n° 120, 2024).</div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Plusieurs services étaient concernés&nbsp;: le 1718, service téléphonique d’urgence sociale, les plans de lutte contre la pauvreté et des chargés en prévention de l’aide à la jeunesse.</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;C’est-à-dire les richesses matérielles, naturelles, relationnelles, collectives et solidaires, affectives et psychologiques et culturelles.</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://rwlp.be/3d-flip-book/rencontreavec-les-gouvernements/">RWLP, Une rencontre avec les gouvernements de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, 20 février 2025</a></div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://rwlp.be/qui-sommes-nous/">rwlp.be</a></div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://rwlp.be/3d-flip-book/rencontre-avec-les-gouvernements/">RWLP, Une rencontre avec les gouvernements de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, 20 février 2025</a></div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’Arizona à l’assaut de la social-démocratie. Une offensive antidémocratique</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-05/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[romain stagiaire 2025]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Jun 2025 11:00:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Depuis février dernier, le gouvernement Arizona, très ancré à droite, a d’emblée annoncé des mesures qui rompent avec la tradition démocratique belge
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p>Depuis février dernier, le gouvernement Arizona, très ancré à droite, a d’emblée annoncé des mesures qui rompent avec la tradition démocratique belge. Comme nombre d’acteurs, le Mouvement ouvrier chrétien (MOC) craint une dérive vers l’illibéralisme sous la forme d’atteinte aux contre-pouvoirs, notamment ceux de la société civile.</p>
</div>
</div>



<p>Les mesures annoncées par le gouvernement Arizona concrétisent une nouvelle approche réactionnaire par rapport à l’État de droit et la démocratie. Elles mettent aussi en évidence le recul des narratifs de gauche alors qu’une partie de la population se dit favorable à un certain autoritarisme. <sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup> Dans son dernier livre<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>, Giuliano Da Empoli rappelle à plusieurs reprises la fameuse formule de Joseph de Maistre. En 1794, bien qu’acquis dans un premier temps aux idées de la Révolution française, le philosophe et magistrat de Savoie (Royaume de Sardaigne) est devenu contre-révolutionnaire et monarchiste en raison des excès de la Terreur. Dans une correspondance avec la marquise de Costa, il écrit&nbsp;<em>: «&nbsp;Il faut avoir le courage de l’avouer, madame, longtemps nous n’avons point compris la révolution dont nous sommes les témoins, longtemps nous l’avons prise pour un événement. Nous étions dans l’erreur&nbsp;: c’est une époque&nbsp;; et malheur aux générations qui assistent aux époques du monde&nbsp;!&nbsp;»</em></p>



<p>Profondément réactionnaire, cette pensée n’en démontre pas moins que l’Histoire est faite de subites accélérations &#8211; et ce dans les deux sens. On a tendance à penser que le monde avance à rythme lent mais de manière irréversible vers le progrès (au sens moral et non technique, et <em>a fortiori</em> en Belgique, pays pionnier dans nombre d’avancées sociétales). Au contraire, <strong>certains moments de l’Histoire s’assimilent à un coup de frein furieux suivi d’un véritable retour en arrière.</strong> Force est de le constater&nbsp;: en vivant dans nos pays l’après-Seconde Guerre mondiale, nous n’avons pas été habitués à voir que ce type de revirement était encore possible. Raison sans doute pour laquelle, pour paraphraser de Maistre, nous avons vu les succès électoraux successifs des Trump, Le Pen, Haider, Orban, Berlusconi, Meloni, Johnson, Bolsonaro, Duterte, Milei, Bukele, Wilders, Netanhyahu, Weidel ou Van Grieken comme des ‘événements’ et non comme une ‘époque’. Si la première présidence Trump (2017-2021), amateure dans sa préparation, n’avait semblé qu’une parenthèse, chacun a compris que la deuxième (2025-2029) inscrivait l’Occident tout entier (et sans doute pas que lui) dans une ère nouvelle, «&nbsp;conceptualisée » par une multitude de théoriciens réactionnaires s’appuyant sur une montagne d’analyses défiant les lois de la vérité et de la science. Une «&nbsp;révolution réactionnaire&nbsp;» somme toute.</p>



<p>Le propos, ici, n’est pas de qualifier cette nouvelle ère globale. Mais de voir comment elle a infusé très récemment chez nous (dans les résultats des élections de 2024, l’accord du gouvernement Arizona <sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup> et les premiers arbitrages budgétaires du gouvernement De Wever en 2025), tant de manière concrète que sur le plan intellectuel.</p>



<p>Le cap politique pour les cinq prochaines années, celui défini par le gouvernement N-VA/MR/CD&amp;V/Les Engagés/Vooruit, est désormais connu. Comment le qualifier&nbsp;? <em>«&nbsp;Nous sommes clairement dans un changement de régime. Il n’y a pas seulement une politique marquée plus à droite, il y a un changement de nature du système politique vers un système néolibéral, réactionnaire et conservateur </em><sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup><em>, comme dans la plupart des pays européens et au-delà&nbsp;»</em>, répond Ariane Estenne<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>, présidente du MOC<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup> depuis 2019 mais aussi présidente du Conseil supérieur de l’éducation permanente (CSEP).</p>



<p>L’offensive ‘<em>antisociale’</em> telle que formulée par le MOC a fait l’objet d’une première analyse de notre part<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>. Comme les atteintes quotidiennes aux institutions démocratiques dans le cadre de ce que l’on peut qualifier de dérive illibérale, les attaques contre les plus vulnérables, validées ou en tout cas rendues acceptables par le discours dominant actuellement à l’œuvre dans le monde occidental, reflètent la<em>&nbsp;‘guerre culturelle’</em> dans laquelle se sont embarqués, y compris en Belgique, les leaders populistes.</p>



<p>Le concept gramscien<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup>et donc marxiste de <em>«&nbsp;l’hégémonie culturelle&nbsp;»</em> a bel et bien été ingéré et assimilé, à l’autre bout de l’échiquier politique, par les populistes réactionnaires et conservateurs <sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>. En résumé, la pensée principale d’Antonio Gramsci, ressassée par les politistes et les journalistes, postule qu’<em>«&nbsp;il faut, peu à peu, subvertir les esprits, installer les valeurs que l’on défend dans le domaine public afin de s’assurer d’une hégémonie culturelle avant et dans le but de prendre le pouvoir</em>&nbsp;» <sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup> . <em>« Qui veut gagner une élection doit avoir déjà remporté la bataille de l’opinion »</em> résume assez clairement Salomé Saqué<sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">L’offensive antidémocratique&nbsp;: le rétrécissement de l’espace civique&nbsp;?</h2>



<p>Quoi qu’il en soit, l’attaque contre les acquis sociaux s’accompagne donc, dans le chef de certain.es politiques, d’un narratif qui inscrit des mesures prises au nom de l’équilibre budgétaire dans un climat de remise en cause de la légitimité des corps intermédiaires.</p>



<p>Désormais, les deux principaux partis de la majorité, N-VA et MR, voient venue l’heure de s’attaquer à ces institutions. <em>«&nbsp;On peut parler d’une offensive antidémocratique quand elle vise l’affaiblissement de tout le secteur associatif&nbsp;»</em>, estime Ariane Estenne. <em>«&nbsp;On revient avec la loi anticasseurs et la limitation de la liberté de manifester, on affaiblit les financements structurels des syndicats et des mutuelles avec les effets indirects des mesures antisociales ou fiscales</em>.<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup></p>



<p><em>. La vision se résume à cette petite musique, qui se limitait au départ à la N-VA mais est devenue consensuelle&nbsp;: <strong>la seule légitimité démocratique est celle des urnes et il ne doit plus rien exister entre les citoyens et les politiques</strong></em><strong>. Tout ce qui est citoyenneté organisée entre les urnes et le politique serait antidémocratique. C’est une vision super libérale mais qui devient illibérale</strong> <sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup><em>. Les contre-pouvoirs, qu’il s’agisse de la justice et du droit, des syndicats, des mutuelles, des médias, des associations, des ONG, en un mot de la société civile, n’ont pas de légitimité car la seule légitimité vient des urnes qui donnent carte blanche aux élu.es. Il faut se donner une lecture ambitieuse et maximaliste de ce qu’est la démocratie. La démocratie, ce n’est pas que le résultat des élections même s’il est sacré. Au contraire de ceux qui veulent supprimer tout ce qui fait ‘barrage’ entre le citoyen et le politique, au MOC nous pensons que la démocratie, c’est aussi la démocratie sociale, culturelle </em><sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup><em>, en entreprise. La démocratie vit aussi à côté des élections. Il ne suffit pas de dire que les Belges ont voté de telle manière pour dire que le projet de société qui est proposé est celui que nous voulons. Beaucoup de choses que nous voyons n’ont pas été annoncées dans les programmes politiques. Il y a un décalage entre ce qui est inscrit par les partis et ce qui est compris par l’électorat.&nbsp;»</em></p>



<p>Plutôt moins vite et moins violemment que nombre d’autres pays, la Belgique s’est donc engagée sur la pente illibérale. Le Pen s’en prend aux juges qui ont appliqué la loi, Trump les ignore à l’heure d’appliquer des mesures illégales, il ‘punit’ financièrement les universités, musées ou entreprises qui prônent la diversité et les institutions scientifiques qui tiennent un discours contraire aux délires complotistes ou ultrareligieux sur le climat ou le genre. Nous n’en sommes pas là mais, par exemple, les attaques répétées du MR et de sa ministre des Médias, Jacqueline Galant, contre la RTBF <sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup>, dont elle a la tutelle, sont un signe aussi inquiétant que la vision de son président selon laquelle un ministre de la Culture serait inutile<a id="_ftnref17" href="#_ftn17"> </a><sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup>.</p>



<p>Autre exemple&nbsp;: les centaines de décisions de justice condamnant la Belgique pour son traitement des migrant.es et des détenu.es qui restent non-exécutées sont autant d’atteintes directes à l’État de droit <sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup> Dans l’accord de l’Arizona, la Justice est présentée comme un <em>«&nbsp;prestataire de services efficace, performant, accessible et orientée justiciable.&nbsp;» </em>Pas comme le troisième pouvoir, indépendant par essence.</p>



<p>En mettant bout à bout ces points que certains considéreraient comme des détails, on est en droit de parler, comme on le fait quand on parle de nombre de pays du Sud, de <strong>rétrécissement de l’espace civique</strong>, pour ne pas parler de <strong>fascisation </strong>de notre monde dans un contexte de post-vérité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Soif d’autoritarisme&nbsp;?</h2>



<p>Le plus inquiétant, toutefois, réside dans le fait que, au moins indirectement et pas uniquement par des élections, une partie de la population semble ‘aspirer’ à une gestion illibérale des affaires. Dans son sondage annuel (2024) «&nbsp;Noir, jaune, blues&nbsp;», qui doit être pris avec toutes les réserves d’usage, la Fondation ‘Ceci n’est pas une crise’ arrive à la conclusion que 69,2% des Belges «&nbsp;<em>aspirent à&nbsp;une gouvernance autoritaire&nbsp;»</em>, chiffre en hausse pour la cinquième année d’affilée<sup class="modern-footnotes-footnote ">18</sup>. Dans la suite logique de ce qui est décrit là, cette <em>«&nbsp;aspiration à la retribalisation&nbsp;»</em> (par opposition à une ‘société ouverte’) s’accompagne d’items comme le besoin de boucs-émissaires, la nostalgie d’un passé mythifié, l’homogénéité nationale, la valorisation d’une rhétorique brutale… Encore une fois, difficile de ne pas y reconnaître notre époque.</p>



<h2 class="wp-block-heading">À qui parle la gauche&nbsp;?</h2>



<p>Reste que cette étude pointe aussi le <em>«&nbsp;déficit d’une vision progressiste mobilisatrice</em>&nbsp;» et que si le narratif de la droite conservatrice s’est imposé actuellement, c’est aussi parce que le narratif de la gauche progressiste ne parvient plus à mobiliser alors que cette mobilisation est justement ce qui a fait sa force durant plus d’un siècle. <em>«&nbsp;Nous devons faire notre autocritique&nbsp;: <strong>la gauche en général, politique ou associative, est trop faible et perd du terrain dans la bataille culturelle.</strong> Cette critique est absolument nécessaire&nbsp;: beaucoup d’études montrent que, singulièrement en Belgique francophone, la société civile et son maillage riche et dense ont empêché l’extrême droite d’être plus forte. Mais on voit aussi que cela se fragilise et que si beaucoup de gens n’ont plus confiance dans les institutions, cela vaut aussi pour les organisations sociales, les syndicats, etc. On perd du lien, on perd des gens&nbsp;: c’est dans les lieux collectifs, comme le travail, que l’on peut se donner une compréhension collective des enjeux et une capacité de réaction aux événements</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">19</sup><em>. L’action collective est donc un levier. Il y a un déficit de récit actualisé de la gauche, sur l’évolution des valeurs. Pour moi, les gens ne se mobilisent plus parce que le narratif de gauche ne leur parle plus. Si on parvient à remobiliser avec des conquêtes, les gens reviendront »,</em> admet la présidente du MOC.</p>



<p>Jusqu’à récemment, la gauche wallonne et bruxelloise semblait «&nbsp;résister&nbsp;» plutôt mieux que nombre d’autres à cette image de parti d’<em>«une élite politique et culturelle progressiste globalement déconnectée des classes populaires&nbsp;»</em> dont souffrent les partis socialistes flamand ou français. <em>«&nbsp;Parler de précarité sans jamais l’avoir vécue ni côtoyée nous force à adopter une posture distante. Et cette distance, même avec des efforts de vulgarisation, empêche toute forme d’identification&nbsp;»</em>, explique ainsi Brieuc Wathelet, animateur chez Solidaris<sup class="modern-footnotes-footnote ">20</sup>.</p>



<p>Il n’est pas contestable que ce sentiment d’abandon a fait qu’une partie des classes populaires a pu finir par considérer que l’extrême droite comprenait mieux ses préoccupations que la gauche de gouvernement. Da Empoli<sup class="modern-footnotes-footnote ">21</sup> a calculé qu’à une seule exception près, parmi les candidat.es démocrates à la présidence et à la vice-présidence des USA depuis 45 ans, un seul n’était pas un avocat alors que, dans la même période, aucun président républicain élu n’était juriste. Cela participe de cette impression que la gauche parle désormais de grands principes théoriques tels que l’État de droit, le droit international ou les droits humains quand la droite parlerait au «&nbsp;cœur&nbsp;» des gens et de leurs «&nbsp;vrais problèmes&nbsp;».</p>



<p>Nous pourrions probablement faire en grande partie nôtre la conclusion de Jérôme Van Ruychevelt&nbsp;: &nbsp;<em>«&nbsp;Les récits progressistes doivent cesser de se focaliser uniquement sur la défense des acquis et la dénonciation des inégalités. Nous devons reconstruire un imaginaire de conquête. Il y a une opportunité aujourd’hui de sortir des murs de la social-démocratie pour proposer un projet radical et des mesures subversives, concrètes, applicables, sur lesquelles on force le débat public. Il faut s’interdire la récupération de mesures de droite pour espérer récupérer des publics. Il faut rester cohérent moralement sur ses bases et attirer les gens vers nous. Aujourd’hui, face aux offensives réactionnaires, nous avons une opportunité historique de reconstruire un récit politique progressiste cohérent, qui ne se contente pas d’atténuer les inégalités, mais propose une société où elles peuvent disparaître.&nbsp;»</em> Un récit qui devra remettre en valeur le sens du collectif. <em>«&nbsp;Alors, qu’est-ce qu’on fait ? On s’organise. On n’a jamais rien trouvé de mieux. S’organiser, c’est réapprendre à lutter, pour pouvoir imaginer un avenir commun.</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">22</sup>» Ainsi Ariane Estenne concluait-elle récemment les travaux de la Semaine sociale 2025 du MOC. Le défi est immense en cette période de tribalisation&nbsp;de la société<sup class="modern-footnotes-footnote ">23</sup>.</p>



<p></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Une première analyse a été consacrée aux attaques contre les acquis sociaux et les populations les plus vulnérables, voir <a href="https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-04">analyse2025-04</a>/ </div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;DA EMPOLI, Giuliano, L’heure des prédateurs, Gallimard, 2025. </div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.belgium.be/sites/default/files/resources/publication/files/Accord_gouvernemental-Bart_De_Wever_fr.pdf">belgium.be</a> </div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sur la nuance entre ‘réactionnaire’ et ‘conservateur’, voir <a href="https://www.lefigaro.fr/langue-francaise/expressions-francaises/etes-vous-reactionnaire-ou-conservateur-20230728">lefigaro.fr</a> </div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Entretien avec l’auteur, 3 avril 2025. </div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Créé en 1945, le MOC est la ‘coupole’ belge francophone des organisations à visée sociale du pilier chrétien&nbsp;: la CSC, la Mutualité chrétienne, Vie féminine, Les Équipes populaires, JOC (Jeunes organisés et combatifs, ex-Jeunesse ouvrière chrétienne). </div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pour l’analyse complète de l’accord fédéral rédigée par le MOC, voir &nbsp;<a href="https://www.moc.be/index.php/89-actualites/747-accord-gouvernemental-federal-position-du-moc-une-offensive-anti-democratique-anti-sociale-antimigrations-antiecologique-et-anti-federale">moc.be</a> </div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le détournement du concept gramscien a pour corollaire un autre concept venu lui directement de la droite conservatrice, la fenêtre d’Overton, et qui met en pratique cette «&nbsp;guerre culturelle&nbsp;» en théorisant comment, en introduisant des idées inacceptables dans le domaine public, on finit, alors qu’elles étaient impensables et radicales, par les rendre successivement acceptables, raisonnables et populaires pour, à terme, parvenir à en faire les axes d’une politique publique. En France comme en Belgique, l’évolution du discours sur l’immigration en 30 ans montre assez bien le caractère redoutable de cette approche.&nbsp;</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/10/30/la-grande-bataille-pour-l-hegemonie-culturelle_6017397_3232.html">lemonde.fr</a> </div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.agirparlaculture.be/lhegemonie-culturelle-selon-gramsci/#:~:text=Il%20faut%2C%20peu%20%C3%A0%20peu,but%20de%20prendre%20le%20pouvoir">agirparlaculture.be</a> et <a href="https://www.philomag.com/articles/quest-ce-que-lhegemonie-culturelle">philomag.com</a> . Lisez la trajectoire de Trump – ou de Bouchez &#8211; à cette aune et tout est dit. Le président du MR a d’ailleurs annoncé investir dans le centre d’études du parti à cette fin <sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>Voir <a href="https://www.lalibre.be/belgique/politique-belge/2024/12/24/georges-louis-bouchez-mise-sur-le-centre-jean-gol-pour-amplifier-sa-guerre-ideologique-contre-la-gauche-BUJYKN5N6VFG3DTVHXS3UXJBBE">lalibre.be</a>/ </div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;SAQUÉ, Salomé, Résister, Payot, 2024. </div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; ‘Néolibéral’ ou ‘ultralibéral’ et ‘illibéral’ ne sont, malgré les apparences, pas contradictoires&nbsp;: l’ultralibéralisme fait référence au libéralisme économique (et au capitalisme délivré des entraves) tandis que l’illibéralisme se rapporte aux fondements des démocraties libérales et est donc une notion politique. </div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.cefoc.be/IMG/pdf/accord_gouvernement_arizona_mise_en_page_.pdf">cefoc.be</a></div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.lalibre.be/economie/entreprises-startup/2025/03/16/plan-deconomies-et-pressions-politiques-entre-la-rtbf-et-le-tandem-bouchez-galant-ca-secoue-QUYRW4CVNZC5NCRACAGTUZS2ZM">lalibre.be</a> </div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.rtbf.be/article/les-declarations-de-georges-louis-bouchez-sur-l-utilite-d-un-ministre-de-la-culture-agitent-le-parlement-de-la-federation-wallonie-bruxelles-11486613">rtbf.be</a> </div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://federaalinstituutmensenrechten.be/fr/etat-de-droit-le-double-standard-de-la-belgique">federaalinstituutmensenrechten.be</a> </div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;SCHEUR, B. (dir.), L’irrésistible attention de l’aspiration à une gouvernance autoritaire, Fondation Ceci n’est pas une crise / Survey &amp; Action, novembre 2024. </div><div>18&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Disponible sur <a href="https://cecinestpasunecrise.org/etudes/lirresistible-ascension-de-laspiration-a-une-gouvernance-autoritaire/ ">cecinestpasunecrise.org </a></div><div>19&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Lire au sujet du télétravail l’analyse de la sociologue Danièle Linhart qui démontre comment le télétravail, auquel le patronat était opposé, a fini par servir le néolibéralisme en éparpillant les gens et en éclatant le travail alors que c’est sur le lieu de travail que se forgent les actions collectives, &nbsp;<a href="https://courriercadres.com/le-teletravail-ne-permettra-pas-aux-salaries-de-peser-sur-la-definition-de-leur-travail-daniele-linhart">courriercadres.com</a> </div><div>20&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;VAN RUYCHVELT EBSTEIN, Jérôme, Pourquoi les narratifs de gauche ne touchent plus les classes populaires&nbsp;? Le cas de la Belgique francophone, Fondation Ceci n’est pas une crise, 2025. Disponible sur<a href="https://cecinestpasunecrise.org/etudes/pourquoi-les-narratifs-de-gauche-ne-touchent-plus-les-classes-populaires/"> cecinestpasunecrise.org</a></div><div>21&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;DA EMPOLI, op. cit. </div><div>22&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.moc.be/index.php/89-actualites/746-semaine-sociale-discours-de-cloture-d-ariane-estenne ">moc.be </a></div><div>23&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://www.centreavec.be/publication/sur-les-causes-profondes-de-la-tribalisation-de-la-societe-belge/ ">centreavec.be</a></div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L&#8217;Arizona à l&#8217;assaut de la social-démocratie. Une offensive antisociale</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-04/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[romain stagiaire 2025]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 May 2025 14:58:46 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=publication&#038;p=39361</guid>

					<description><![CDATA[Après 9 mois de gestation, le gouvernement Arizona s’est installé en février dernier sous la houlette du premier ministre nationaliste ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Après 9 mois de gestation, le gouvernement Arizona s’est installé en février dernier sous la houlette du premier ministre nationaliste flamand Bart De Wever. Fortement ancré à droite, parfois même avec une vision d’extrême droite quand on évoque la question migratoire, le nouveau gouvernement a d’emblée annoncé des mesures qui rompent avec la tradition sociale belge. Comme nombre d’acteurs, le Mouvement ouvrier chrétien (MOC) parle d’<em>« offensive antisociale »</em> dirigée contre les populations les plus vulnérables alors que les plus riches sont plutôt épargné.es. Les mesures de ce nouveau gouvernement concrétisent une inversion qui prévalait jusqu’ici et qui voulait que les plus faibles soient <em>a priori</em> protégé.es plutôt que suspecté.es. Une approche qui marque une victoire des narratifs imposés par la droite conservatrice.</p>



<p>Des grèves générales à répétition, des mouvements sectoriels en pagaille… Le moins que l’on puisse écrire, c’est que, depuis son avènement (le 3 février 2025), le nouveau gouvernement Arizona (dit de centre droit puisque composé, à droite de la N-VA et du MR, à gauche de Vooruit, et au centre du CD&amp;V et des Engagés) n’a pas pris beaucoup de gants pour faire passer ses mesures d’austérité. Pas plus d’ailleurs que les deux partis francophones n’en avaient pris lors de la composition des majorités francophones. On peut gloser sur la nécessité de maintenir des régimes de départ à la pension très favorables pour les militaires ou les agent.es de la SNCB, le constat est plus frappant si l’on adopte une vision plus générale.</p>



<p><em>«&nbsp;Si l’on regarde dans le détail l’ensemble de l’accord fédéral</em> <sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup><em>, on voit qu’il contient cinq offensives&nbsp;: des offensives antidémocratique, antisociale, anti-migratoire, anti-climatique et anti-fédérale </em><sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup><em>. Les mesures au niveau de la Région wallonne ou de la Fédération Wallonie-Bruxelles s’inscrivent totalement dans un seul et même projet.&nbsp; Cinq offensives cohérentes contre, globalement, la social-démocratie que nous défendons. Le projet d’égalité, de justice, d’émancipation, de solidarité est absent de ces accords à différents niveaux. Traditionnellement, il y a toujours, même dans des projets très à droite, l’un ou l’autre point qui n’est pas trop négatif&nbsp;; là, vraiment, il n’y a rien à sauver.&nbsp;Structurellement, pour nous, il y a trois marqueurs des politiques de l’égalité&nbsp;: les services publics, le droit des travailleurs et la sécurité sociale. Et ces trois piliers sont attaqués&nbsp;</em>», résume Ariane Estenne, présidente du MOC (Mouvement ouvrier chrétien<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>) depuis 2019<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>.</p>



<p>Sans être dirigée par l’extrême droite ni basculer dans le trumpisme, à part dans les propos et attitudes de quelques personnalités au populisme exacerbé comme Georges-Louis Bouchez, la Belgique a pourtant bel et bien entamé à son tour un virage, tournant le dos à ce qui ressemblait à un ADN, celui, globalement, de la social-démocratie et de la démocratie chrétienne qui ont été aux affaires presque sans discontinuer depuis 1945 : une culture de l’État-providence et de la Sécurité sociale, une sensibilité forte aux acquis sociaux et au droit du travail, un service public fort, un sens du compromis et une approche apaisée et ouverte des évolutions sociétales <sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup> (interruption volontaire de grossesse, euthanasie, mariage homosexuel…).</p>



<h3 class="wp-block-heading">Genèse d’un virage</h3>



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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:100%"><div class="gb-container gb-container-d9417d90">

<p>Depuis de longues années, la droite avait désigné son totem&nbsp;: mettre fin au particularisme belge, à savoir cette antienne répétée à l’envi selon laquelle notre pays est le seul État de l’Union européenne où les allocations de chômage ne sont pas limitées dans le temps<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>. À peine au travail, le gouvernement De Wever en a fait une priorité lors de son premier exercice budgétaire.</p>

</div></div>
</div>



<p>Et c’est ainsi que le ministre de l’Économie et de l’Emploi, David Clarinval (MR), semblait triomphal à l’heure d’annoncer&nbsp;: <em>«&nbsp;Au 1<sup>er</sup> janvier prochain, il y aura 100 000 chômeurs exclus</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup><em>. » </em>Le résultat &nbsp;de la décision de limitation dans le temps de ces allocations de chômage. D’ici à 2028, <em>«&nbsp;tous les 320&nbsp;000&nbsp;demandeurs d’emploi qui n’ont pas retrouvé du travail auront été exclus, à l’exception des nouveaux entrants et de ceux qui étaient exemptés de cette limitation, comme les plus de 55&nbsp;ans et les artistes.</em> <em>Nous estimons qu’un tiers des exclus ne trouvera pas de travail et s’adressera au CPAS. C’est pourquoi, dès 2026, plusieurs centaines de millions seront alloués aux CPAS pour les aider à faire face à cet afflux de personnes.&nbsp;»</em>&nbsp;</p>



<p>On peut s’interroger sur l’intérêt de reporter le poids de la charge de l’Onem vers les CPAS, eux-mêmes écrasés financièrement, comme réponse simpliste au chômage. On est aussi interloqué par le caractère victorieux qu’a pris cette annonce mais, du point de vue de l’analyse, il y a clairement une vision idéologique des choses<em>. «&nbsp;</em><em>On observe&nbsp;»,</em> poursuit Ariane Estenne,&nbsp;<em>«&nbsp;une vision de la société où il y aurait, d’une part, des individus en pleine capacité, des hommes blancs, au travail et en bonne santé, et d’autre part, tous ceux et celles qui ne rentrent pas dans cette vision sont attaqué.es&nbsp;: les femmes, les chômeur.ses, les personnes migrantes, les malades de longue durée. Dès qu’on n’est plus cet individu entrepreneur de lui-même qui met tout en place pour être le plus efficace possible, on est stigmatisé&nbsp;! Ce qui est annoncé, c’est une énorme augmentation de la précarité, avec le renvoi de dizaines de milliers de personnes vers les CPAS et de gens qui seront carrément privés de revenus. Cela concerne majoritairement des femmes, cela crée de nouvelles dépendances et de nouvelles violences, évidemment pour les femmes en premier lieu. Plus aucun de filet de sécurité pour autant de gens, cela n’est plus arrivé depuis la Deuxième Guerre mondiale. Ensuite, il y a les malades de longue durée. Selon un raisonnement pervers, on confond personnes malades et personnes qui ne veulent pas travailler et on pense qu’en mettant en place des logiques de responsabilisation, les gens vont se remettre au travail. On remet la responsabilité sur les acteurs de première ligne qui seraient sanctionnés s’ils ne font pas&nbsp;leur travail de remise à l’emploi. Toute la sécurité sociale est affaiblie avec la réforme des pensions et la fragilisation des organismes de concertation sociale. Enfin, sur le plan du droit du travail, on fait des pas importants vers la flexibilisation du travail, le travail de nuit et du dimanche&nbsp;: tout ce qui permet de concilier vie privée et professionnelle est attaqué avec probablement à la clé une hausse des maladies&nbsp;!&nbsp;»</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Changement de paradigme</h3>



<p>Au-delà des mesures sociales à proprement parler, on peut clairement parler de changement de paradigme et d’inversion de la logique et du discours&nbsp;: au nom du sauvetage de l’État-providence<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup>, présenté comme un des enjeux de la cure d’austérité dans un contexte d’augmentation des dépenses militaires, ce sont les plus vulnérables (et non les fameuses <em>«&nbsp;épaules les plus larges&nbsp;»</em>) qui sont impacté.es prioritairement. Dans l’«&nbsp;accord de Pâques&nbsp;», qui annonce l’exclusion de 100 000 personnes de leur droit au chômage, est également annoncée une DLU (déclaration libératoire unique, à savoir une régularisation pour les «&nbsp;fraudeurs fiscaux&nbsp;»)<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>. Car si le fortuné «&nbsp;fraudeur&nbsp;» fiscal est invité à régulariser sa situation sans trop de dégâts, le ton est totalement différent quand il s’agit des malades et des médecins qui <em>«&nbsp;abusent&nbsp;»</em> des certificats médicaux et des <em>«&nbsp;chômeurs qui n’ont jamais travaillé de toute leur vie&nbsp;»</em> (phrase martelée par la plupart des responsables de la majorité).</p>



<p>Les personnes qui n’ont pas d’emploi, dont la santé ne leur permet pas de travailler, qui arrivent en Belgique sans rien pour fuir des situations de guerre dramatiques ne sont plus perçues comme des personnes en vulnérabilité que l’État-providence doit aider mais vues <em>a priori</em> comme des fraudeur.ses, des tricheur.ses ou des profiteur.ses en puissance<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>.&nbsp; <em>«&nbsp;C’est la victoire de la stigmatisation de la vulnérabilité, un discours qui a percolé de manière décomplexée et qui morcèle toute la société&nbsp;»</em>, estime Ariane Estenne.</p>



<p>Une victoire (temporaire, espérons-le) dans ce que l’on appelle désormais la «&nbsp;guerre culturelle&nbsp;». Comme l’écrit le conseiller en communication Jérôme Van Ruychevelt Ebstein<sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup>en analyse des résultats des élections de 2024, la droite francophone, surtout Bouchez, a pu imposer <em>«&nbsp;un basculement des cadres moraux dans l’opinion publique&nbsp;»</em>. Les valeurs qui se sont imposées grâce au narratif conservateur sont&nbsp;: la responsabilité individuelle, le mérite, la sécurité, l’efficacité et la fierté culturelle. À l’inverse, les <em>«&nbsp;cadres moraux&nbsp;» </em>de la gauche et de la société civile ont perdu&nbsp;: la démocratie, la solidarité et la justice sociale, la redistribution des richesses, le soin à l’environnement et la dignité humaine.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une offensive contre la démocratie sociale</h3>



<p>En Belgique, la «&nbsp;pilarisation&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup> de la vie politique a donné un rôle historique considérable aux syndicats et aux mutualités<sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup>. Est-ce que parce que la N-VA est un parti jeune ne disposant pas de ces piliers et que, côté MR, les syndicat et mutuelle libéraux sont beaucoup moins puissants que ceux des piliers socialiste et catholique&nbsp;? Toujours est-il que ces deux partis, désormais au pouvoir, sont les pourfendeurs de ces structures. Bart De Wever a toujours dénoncé le rôle des syndicats dans le paiement des allocations de chômage, par exemple, tandis que Georges-Louis Bouchez <em>«&nbsp;déplore la paralysie de la Wallonie et de Bruxelles, en raison du conservatisme des syndicats et des mutuelles. Il dénonce l’absence de légitimité démocratique des personnes qui incarnent ces institutions, alors qu’elles gèrent des budgets qui leur sont confiés par l’État</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup>. »</p>



<p>Il est probable que, pour s’imposer, une telle vision a dû infuser au-delà des sympathisant.es naturel.les de ces partis et s’appuyer sur le vote de personnes qui «&nbsp;votent contre leur propre intérêt&nbsp;», à commencer par ces personnes qui, elles-mêmes, sont en difficulté et voient dans l’autre un.e «&nbsp;profiteur.se&nbsp;».<em> «&nbsp;Il y a un effet d’hégémonie culturelle&nbsp;: même les gens les moins aisés rêvent d’avoir la vie des milliardaires. Nombre d’animateurs dans les quartiers les plus défavorisés nous le disent&nbsp;: des gens qui n’ont pas de voiture sont contre les mesures touchant la voiture parce que leur rêve est d’avoir un jour une voiture. Le rêve de réussite a dépassé la conscience de classe. Avant, on savait pour qui voter pour son propre intérêt. Désormais, le rêve de consommation a dépassé tout ça.&nbsp; Le discours selon lequel tout le monde peut y arriver l’emporte sur une lecture de classe.&nbsp;» </em>(Ariane Estenne)</p>



<p>Ou pour le dire autrement&nbsp;: <em>«&nbsp;La pensée individualiste est devenue la pensée intuitive&nbsp;»</em> et <em>«&nbsp;les valeurs individualistes structurent le sens commun de la majorité des gens, quelle que soit la classe sociale&nbsp;» </em>(Jérôme Van Ruychevelt). Bref, la pensée de la droite a fini par rejaillir sur les politiques et l’électorat de gauche.</p>



<p>La question est de savoir si, en Belgique francophone, peu habituée au vote majoritaire à droite, contrairement à la Flandre, ceux et celles qui ont voté pour ce type de discours l’ont fait en connaissance de cause et si ces résultats sont appelés à se répéter dans la durée ou si les importantes manifestations contre les mesures de l’Arizona constituent déjà une remise en cause de ces choix.</p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pour l’analyse complète de l’accord fédéral rédigée par le MOC, voir &nbsp;<a href="https://www.moc.be/index.php/89-actualites/747-accord-gouvernemental-federal-position-du-moc-une-offensive-anti-democratique-anti-sociale-antimigrations-antiecologique-et-anti-federale">moc.be</a><em> </em></div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Dans cette analyse, nous nous concentrerons uniquement sur les aspects sociaux. Une deuxième analyse sera consacrée aux attaques contre la société civile comme contre-pouvoir et comme actrice de la démocratie sociale. </div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Créé en 1945, le MOC est la ‘coupole’ belge francophone des organisations à visée sociale du pilier chrétien&nbsp;: la CSC, la Mutualité chrétienne, Vie féminine, Les Équipes populaires, JOC (Jeunes organisés et combatifs, ex-Jeunesse ouvrière chrétienne). </div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Entretien avec l’auteur, 3 avril 2025. </div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Même sur ce dernier point, sur lequel les jeunes «&nbsp;devraient&nbsp;» être plus ouverts que leurs aînés, c’est le contraire qui est visible actuellement y compris chez nous, par exemple vis-à-vis des minorités sexuelles, présentées comme des «&nbsp;ennemis&nbsp;» dans certains pays (Hongrie, États-Unis…). Voir <a href="https://www.rtbf.be/article/les-jeunes-sont-moins-tolerants-qu-avant-envers-les-personnes-lgbtqia-selon-une-etude-flamande-11533227">rtbf.be</a> </div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.rtbf.be/article/oui-la-belgique-est-bien-le-seul-pays-d-europe-ou-les-allocations-de-chomage-sont-illimitees-dans-le-temps-11382199">rtbf.be</a></div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.lesoir.be/668793/article/2025-04-13/david-clarinval-mr-au-1er-janvier-prochain-il-y-aura-100000-chomeurs-exclus">lesoir.be</a> . Il est à noter que la FGTB a annoncé soutenir ses affilié.es qui se pourvoiraient en justice contre cette mesure&nbsp;: <a href="https://www.rtbf.be/article/la-fgtb-va-attaquer-en-justice-la-limitation-des-allocations-de-chomage-11534565">rtbf.be</a> </div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.lesoir.be/671705/article/2025-04-27/vincent-van-peteghem-notre-est-de-sauver-letat-providence-pour-nos-enfants-et">lesoir.be</a></div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.lalibre.be/economie/mes-finances/2025/04/10/regularisation-fiscale-un-tarif-progressif-pour-les-repentis-de-bonne-foi-O6PFBHQETZFIZAPFU5YDYOJJHI">lalibre.be</a> </div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le mot «&nbsp;profiteurs&nbsp;» est d’ailleurs une constante obsessionnelle tant dans le discours d’un Bouchez que d’un Trump. Sauf que, par un singulier retournement des choses, les profiteurs pour Trump, ce sont les Européens et que c’est même sur le dos des Américains que nous avons pu construire notre Sécurité sociale et pas eux&nbsp;! </div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;VAN RUYCHEVELT EBSTEIN, Jérôme, Pourquoi les narratifs de gauche ne touchent plus les classes populaires&nbsp;? Le cas de la Belgique francophone, Fondation Ceci n’est pas une crise, 2025. Voir <a href="https://cecinestpasunecrise.org/etudes/pourquoi-les-narratifs-de-gauche-ne-touchent-plus-les-classes-populaires/">cecinestpasunecrise.org</a> </div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La pilarisation renvoie à un système de gouvernance «&nbsp;basé sur la structuration d’un ensemble d’organisations (partis, mutualités, écoles, associations d’éducation permanente, etc.) en fonction de tendances idéologiques concomitantes&nbsp;» (<a href="https://www.laicite.be/magazine-article/pilarisation-contexte-de-secularisation/">laicite.be</a>). </div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le taux de syndicalisation en Belgique&nbsp;a beau être en baisse constante, il est un des plus élevés au monde (seuls, au sein de l’OCDE, les pays scandinaves font mieux) et concerne un Belge sur deux : <a href="https://www.crisp.be/crisp/wp content/uploads/analyses/2023-08-24_ACL-Blaise_P-Faniel_J-2023-Institut_Montaigne-Les_syndicats_en_Belgique-illusion_de_la_puissance.pdf ">crisp.be</a></div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.mr.be/georges-louis-bouchez-veut-reduire-le-pouvoir-des-syndicats-et-des-mutuelles/">mr.be</a> </div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Quelle place pour la justice sociale dans la transition écologique ?</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/outil/transition-ecologique-et-justice-sociale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jan 2025 16:25:37 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=outil&#038;p=38825</guid>

					<description><![CDATA[De quoi s’agit-il ?  Vous menez des projets de transition écologique et vous vous demandez comment mieux inclure un public [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">De quoi s’agit-il ? </h2>



<p>Vous menez des projets de transition écologique et vous vous demandez comment mieux inclure un public précarisé dans ces projets ? Cette formation vise à donner des pistes concrètes afin de lever les freins à la participation à des projets de transition que peut rencontrer un public précarisé.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Objectifs de la formation</h2>



<p><strong><em> </em></strong>Cette formation vous apportera les clés pour :&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Faire le lien entre les mécanismes structurels générant les inégalités sociales et les mécanismes qui détruisent l’environnement ; </li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Identifier les différents freins à la participation des personnes précarisées dans les projets de transition écologique </li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Construire des pistes concrètes afin d’inclure les personnes précarisées dans les projets de transition écologique.  </li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Durée de la formation</h2>



<p>Cette formation est proposée sur une ou deux journées .&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Contenu et programme</h2>



<p>La formation se veut interactive et repose sur des cas concrets et des exercices pratiques.Les grandes thématiques suivantes sont abordées :&nbsp;&nbsp;</p>



<ol start="1" class="wp-block-list">
<li>Analyse des mécanismes structurels générant des inégalités sociales </li>
</ol>



<ol start="2" class="wp-block-list">
<li>Identification des liens à faire entre « destruction de l’environnement » et « pauvreté/inégalités sociales » </li>
</ol>



<ol start="3" class="wp-block-list">
<li>Comment inclure la justice sociale dans des projets liés à l’écologie </li>
</ol>



<h2 class="wp-block-heading">A qui est destinée la formation ?</h2>



<p>La formation s’adresse à toute personne (professionnel, bénévole, militant, etc.) qui est en charge ou participe à un projet qui s’inscrit dans la transition écologique et sociale.&nbsp;</p>



<p>Contact pour toute demande d’information :   <a href="mailto:cedou.bondonga@entraide.be">cedou.bondonga@entraide.be</a> </p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Un toit un cœur, seul refuge pour les personnes sans abri dans le désert brabançon</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/un-toit-un-coeur-seul-refuge-pour-les-personnes-sans-abri-dans-le-desert-brabancon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[jflauwens]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jan 2024 10:43:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Action Vivre Ensemble]]></category>
		<category><![CDATA[UTUC]]></category>
		<category><![CDATA[jt207]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?p=37448</guid>

					<description><![CDATA[Cet hiver, une nouvelle fois, le constat est terrifiant : alors que 22% de sa population est menacée de précarité, le Brabant wallon ne dispose pas d’un seul abri de nuit.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Cet hiver, une nouvelle fois, le constat est terrifiant&nbsp;: alors que 22% de sa population est menacée de précarité, le Brabant wallon ne dispose pas d’un seul abri de nuit. Et ne compte que deux abris de jour dont <a href="https://vivre-ensemble.be/association/un-toit-un-coeur/">Un toit un cœur (UTUC), à Louvain-la-Neuve</a>.</strong></p>



<p>C&rsquo;est une incongruité, une situation unique en Wallonie voire en Belgique, une indécence même&nbsp;: <a href="https://media.kbs-frb.be/fr/media/10497/2023_Dakenthuisloosheid_BrabantWallon_FR" target="_blank" rel="noopener">alors que l’on a recensé 900 personnes sans-abri, dont 270 enfants, en 2023 dans le Brabant wallon</a> (et encore sur 9 de ses 27 communes), la province est la seule à ne pas offrir une seule place en abri de nuit&nbsp;! Les premiers jours de l&rsquo;année, il y avait -7° à Louvain-la-Neuve. &nbsp;Stéphanie Seutin, la coordinatrice sociale d’<a href="https://www.utuc.be/" target="_blank" rel="noopener">Un toit un cœur (UTUC)</a>, un abri de jour né en 2007 à l’initiative de trois kots à projets, cherche désespérément à comprendre pourquoi les choses sont aussi dramatiques dans cette province qui a l&rsquo;image du coin le plus riche de Wallonie.</p>



<p>Comment l’expliquer ? <em>«&nbsp;Sincèrement, je ne me l’explique pas&nbsp;»</em>, se désespère Stéphanie Seutin. <em>«&nbsp;Régulièrement, nous allons voir les autorités, la province, les communes et il ne passe … rien&nbsp;! Il y a une absence totale de volonté politique d’agir sur une province très étendue, de Tubize à Jodoigne. Il faudrait au moins un abri de nuit à l’ouest, un au centre et un à l’est. Tout au plus, quelques communes ont lancé le DHU (dispositif d’hébergement d’urgence) mais il s’agit d’une quinzaine de places payantes (16 €), sur dossier, avec signature d’une convention&nbsp;! Chaque année, nous demandons à la commune d’Ottignies-Louvain-la-Neuve un cadastre des bâtiments vides et l’activation d’un plan grand froid sans jamais obtenir de réponse.&nbsp;Il faut un abri de nuit mais nous ne pouvons porter cela avec nos deux ETP et nos bénévoles qui, pour partie, sont des étudiants de kots à projets.&nbsp;»</em></p>



<p>Selon Un toit un cœur, une quinzaine de personnes dorment dans la rue dans cette commune, notamment dans les parkings de LLN. L’asbl enregistre 3500 passages annuels en ses murs, soit une vingtaine de personnes par jour&nbsp;: un repas à 2€, une douche ou une lessive à 1€, des croquettes pour les chiens, des consultations et dépistages médicaux, des sensibilisations aux addictions sont proposés.</p>



<p>UTUC a développé récemment le travail de mise au logement avec un bilan exceptionnel de 34 entrées en logement (public essentiellement) en un an. <em>«&nbsp;Nous ne pouvons plus imaginer d’ouvrir la porte uniquement pour faire des jeux de société avec nos usagers&nbsp;! Nous voyons des situations dramatiques. Je pense à cet homme sans abri soigné pour une pneumonie et que la clinique d’Ottignies a fait sortir en pleine nuit. Il a dormi sans couverture sur le quai de la gare et est arrivé bleu chez nous le matin. Les autorités attendent-elles de nouveaux drames&nbsp;? »</em></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Une crise de l’accueil ? Un déni de l’accueil !</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/une-crise-de-laccueil-un-deni-de-laccueil/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Apr 2023 10:03:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[jt199]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?p=35716</guid>

					<description><![CDATA[Début mars, le gouvernement belge annonçait un « grand » accord migratoire… d’une portée limitée. Tels des saxifrages1 , des citoyens, des citoyennes et des associations continuent de s’accrocher à l’idée que la justice sociale commence par l’accueil de l’autre. Une étude d’Action Vivre Ensemble leur rend hommage.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Début mars, le gouvernement belge annonçait un « grand » accord migratoire… d’une portée limitée. Tels des saxifrages1 , des citoyens, des citoyennes et des associations continuent de s’accrocher à l’idée que la justice sociale commence par l’accueil de l’autre. Une étude d’Action Vivre Ensemble leur rend hommage.</strong></p>



<p>De la même façon que les autorités continuent à traiter la pauvreté chez nous par des mesures ponctuelles plutôt que par une vision structurelle, les « crises de l’accueil » se succèdent depuis 2015 sans qu’en fait, elles… ne s’achèvent jamais. Pas plus dans un cas que dans l’autre, le monde politique ne semble désireux de s’attaquer aux causes de ces flux migratoires. « Strictement rien ne change. En 2015, rien n’était prévu pour l’accueil ; en 2023, non plus. Il n’y a aucune volonté politique, pas de vision et beaucoup de mépris. Pourquoi ne pas agir en amont, en soutenant des projets dans les pays de départ ? Chaque fois que le nombre de personnes demandeuses baisse quelque peu, on ferme des places. Quand la crise ukrainienne démarre, on trouve des places : il y a donc des moyens mais on ne les utilise pas », déplore Martinien Yapobi, fondateur de TEP (Tout est possible), à Marcinelle.</p>



<p>La Plateforme citoyenne BelRefugees ne veut d’ailleurs plus parler de « crise de l’accueil » mais de « déni de l’accueil » : « Cette crise humanitaire est indigne d’un pays comme la Belgique. La situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui n’est pas due à un nombre trop élevé de demandeurs et demandeuses d’asile, mais à un manque de volonté politique de trouver des solutions. Ou à la volonté politique de ne pas en trouver. »</p>



<p>Depuis 2017, cette plateforme a permis à des milliers de citoyens et de citoyennes de venir en aide à des milliers de personnes en situation de migration. De quoi faire tomber quelques préjugés et vivre de fabuleuses histoires humaines. Étienne Mayence, prêtre à Jemappes, a accueilli quatre Érythréens depuis cinq ans dans sa cure vide : « À la limite, vu mes horaires, ils sont plus ici chez eux que moi ! Et grâce à eux, tout est absolument impeccable ! Franchement, je ne comprends pas que d’autres dans la même situation que moi ne fassent pas la même chose. Je n’ai jamais eu l’impression de réaliser quelque chose d’exceptionnel. »</p>



<p>Comme lui, Martinien Yapobi a agi… en citoyen. Dès 2009, il a fondé TEP en s’appuyant sur sa propre expérience. « Venu de Côte d’Ivoire, j’ai vécu six ans dans cette situation de semi-clandestinité que connaissent les gens que nous accompagnons.</p>



<p>Quand on n’a pas été soi-même sans papiers, on ne peut pas comprendre. Je ne peux être indifférent. J’ai créé cette association avec mon frère et mon épouse pour proposer l’aide que j’aurais voulu recevoir en arrivant ici : un accueil adapté, des informations qui concernent ma situation et pas qui essaient de me faire rentrer dans des cases. Chez nous, ces gens sont vus et considérés comme des êtres humains, simplement. » Comme quoi… tout est possible.</p>



<div style="aspect-ratio:unset;" class="wp-block-cover alignfull is-light"><span aria-hidden="true" class="wp-block-cover__background has-background-dim-100 has-background-dim" style="background-color:#ffffff"></span><div class="wp-block-cover__inner-container is-layout-flow wp-block-cover-is-layout-flow">
<div class="wp-block-media-text alignwide is-stacked-on-mobile is-vertically-aligned-center is-image-fill" style="grid-template-columns:56% auto"><figure class="wp-block-media-text__media" style="background-image:url(https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2023/03/Screenshot-2023-03-06-at-13-35-23-etude2023_migration.pdf.png);background-position:50% 50%"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="869" height="793" src="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2023/03/Screenshot-2023-03-06-at-13-35-23-etude2023_migration.pdf.png" alt="couverture de l'étude 2023" class="wp-image-35407 size-full" srcset="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2023/03/Screenshot-2023-03-06-at-13-35-23-etude2023_migration.pdf.png 869w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2023/03/Screenshot-2023-03-06-at-13-35-23-etude2023_migration.pdf-300x274.png 300w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2023/03/Screenshot-2023-03-06-at-13-35-23-etude2023_migration.pdf-768x701.png 768w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2023/03/Screenshot-2023-03-06-at-13-35-23-etude2023_migration.pdf-600x548.png 600w" sizes="(max-width: 869px) 100vw, 869px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p class="wp-block-heading has-text-color has-medium-font-size" style="color:#000000">Lisez aussi notre étude</p>



<h1 class="wp-block-heading">Là où poussent les saxifrages</h1>



<h4 class="wp-block-heading">Migration et accueil : enjeux de justice sociale</h4>



<div class="wp-block-buttons is-layout-flex wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-fill"><a class="wp-block-button__link has-vert-petrole-background-color has-background wp-element-button" href="https://vivre-ensemble.be/publication/etude-2023/">Découvrir</a></div>
</div>
</div></div>
</div></div>
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		<title>Là où poussent les saxifrages</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/etude-2023/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Mar 2023 12:30:26 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=publication&#038;p=35402</guid>

					<description><![CDATA[Migration et accueil : enjeux de justice sociale]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Connaissez-vous la saxifrage&nbsp;? Cette plante herbacée pousse dans les fissures des murs et des rochers. Son nom scientifique&nbsp;: saxifraga, c’est-à-dire «&nbsp;casse-pierre&nbsp;».</p>



<p>Or, des parois, des murs, il y en a beaucoup, en Europe et dans le monde. De monuments à visiter, à observer, il ne sera pas question ici, mais bien de murs de séparation, faits de pierres, de barbelés, d’idéologies aussi, d’intolérance. Nous les évoquerons en première partie de cette étude.</p>



<p>Quand on y est confronté, on s’interroge&nbsp;: puis-je les franchir, dois-je les contourner, m’en détourner&nbsp;? À quoi servent-ils&nbsp;? À délimiter, à enfermer, à séparer, à exclure. Ils sont la matérialisation par excellence du «&nbsp;tri sélectif&nbsp;» qui s’opère aux frontières, vis-à-vis des migrants et migrantes. Ces murs tracent les contours de logiques d’enfermement et d’exclusion dans des structures publiques, dans des cadres de pensées, dans les discours… vis-à-vis d’hommes et de femmes qui sont nés ailleurs.</p>



<p>À l’ombre de ces dispositifs défensifs, l’on distingue cependant de petites fleurs, des saxifrages&nbsp;: en réalité, des femmes et des hommes qui préfèrent la main tendue au poing fermé. Ce sera le deuxième volet de cette étude. Dans ces pages, nous avons en effet décidé d’en rendre visibles quelques-unes, pour montrer qu’elles existent et comprendre ce qui les anime à partir de trois verbes&nbsp;: accueillir, écouter, militer</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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	</channel>
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