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	<title>Santé mentale &#8211; Action Vivre Ensemble</title>
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		<title>Stagiaires dans les métiers du soin &#8211; De l’idéal à la désillusion&#8239;?</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-17/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Dec 2025 14:48:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Cette analyse explore les liens entre la désertion des études dans les domaines sociaux et les contextes politiques, managériaux et genrés dans lesquels se développent l'épuisement professionnel et la souffrance éthique de nombreux professionnels et stagiaires. ]]></description>
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<p class="titre-trois">Cette analyse explore les liens entre la désertion des études dans les domaines sociaux (santé, sciences sociales, éducation, etc.) et les contextes politiques, managériaux et genrés dans lesquels se développent l&rsquo;épuisement professionnel et la souffrance éthique de nombreux professionnels et stagiaires. Elle explore les vécus d’étudiants infirmiers durant leurs stages et les tensions qui traversent les professions soignantes. Y sont constatées des mises en marge, des exclusions et l’invisibilisation de multiples acteurs considérés comme subalternes. À partir de l’éthique du ‘<em>prendre soin’,</em> le texte interroge les conséquences des priorités politiques visant la rentabilité et la diminution des coûts des métiers centrés sur l’humain. Il soulève des questions sociales, pédagogiques et managériales à résoudre pour améliorer l’attractivité des formations et des professions en lien avec la santé, les domaines du social et de l’éducation, piliers de nos démocraties et de justice sociale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Introduction</h2>



<p>Près de 99,8% des étudiant·es en soins infirmiers affirment avoir été victimes et/ou témoins de violence lors de leurs stages<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>. Ce chiffre est vertigineux et est un des résultats de la lecture de centaines de récits récoltés entre 2010 et 2024, dans lesquels des étudiant·es de Wallonie et de Bruxelles relatent leurs vécus en stages. Ces témoignages montrent aussi que leurs désillusions sur leur future profession arrivent rapidement. Près de la moitié rapporte avoir mal vécu la première expérience de stage. Or, cette période est conçue comme une découverte pratique du métier et est un test sur le bien-fondé de ce choix d’études.  Ces vécus font écho à ceux rapportés par de nombreux autres étudiant·es issus des domaines sociaux, éducatifs ou de santé. Cette maltraitance des jeunes qui entreprennent des études en lien avec le social s’inscrit dans un contexte global morose des secteurs concernés. La pénurie d’acteurs sociaux, d’infirmières, de médecins, d’enseignant·es ou d’éducateur·ices est devenue telle que, suite aux maladies et aux incapacités de travail, mais aussi aux démissions, à l’absence de candidat·es, certains secteurs n’arrivent plus à mener à bien leur mission. Dans de nombreux hôpitaux, des unités de soins ont dû fermer leurs portes ; dans les écoles, les élèves se retrouvent souvent avec des heures d’études à la place des cours, faute d’enseignant ; dans les CPAS, le <em>turn-over</em> des assistantes sociales est souvent tel que le suivi des dossiers est compliqué. La liste des conséquences du manque de professionnels (para)médico-socio-éducatifs est trop longue pour être évoquée ici et ce n’est pas le sujet principal de cette réflexion. Nous nous contenterons d’envisager quelques-unes des causes de ce manque de professionnels de terrain à partir des protagonistes peu visibles et pourtant particulièrement importants dans cette situation de pénurie : les étudiant·es. Nous tenterons de saisir, au-delà des faits, les messages qu’ils nous envoient, leurs attentes et leurs espoirs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le stage : apprentissage ou remplacement de personel ?</h2>



<p>Depuis les années 1990, les formations aux métiers du social, de la santé et de l’éducation sont confrontées à de nouveaux défis. La définition même des tâches quotidiennes ou des habitudes changent de manière imprévisible et trop rapidement pour se solidifier dans des routines<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>.Alors qu’ils vivent dans ce contexte changeant et incertain, les étudiant·es doivent aussi réaliser leurs stages dans une situation toujours plus aigüe de pénurie de personnel et sont confronté·es à des impératifs, des habitudes, des hiérarchies et des rigidités de pratiques qui les dépassent. Ces élèves sont trop fréquemment considéré·es comme des ‘ressources humaines’ indispensables à la réalisation, dans un temps donné, du planning des tâches des équipes professionnelles<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>. Leurprésence allège la charge de travail des professionnels et participe au fonctionnement des institutions sociales, éducatives et médicales prises dans des logiques de rentabilité et de marchandisation<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>.La place qui leur est attribuée n’est plus celled’apprenant·es surnuméraires qui doivent être accompagné·es et supervisé·es par un·e professionnel·le. Aujourd’hui, leur place est celle d’exécutant·es au service de l’équipe professionnelle sans pour autant être reconnu·es comme faisant partie de cette équipe. Ainsi, ces étudiant·es se retrouvent souvent devant le fait accompli de devoir remplacer du personnel absent, parfois en telle surcharge qu’ils sont dans l’impossibilité d’accompagner ou de soigner correctement les personnes dont ils ont la charge. De façon pragmatique, les professionnel·les les relèguent souvent dans des tâches dites ‘<em>de petites mains’</em> possibles à réaliser de manière autonome. Ce travail souvent répétitif et peu enthousiasmant est considéré par les professionnel·les comme peu intéressant<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>. La désillusion des stagiaires est grande :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em> « Ce n’est pas le métier tel que je l’imaginais, pas du tout ! Je pensais que j’allais pouvoir intégrer une équipe, accompagner des personnes malades, prendre le temps pour qu’elles puissent se sentir mieux. Mais ce qui m’est demandé c’est d’enchaîner les soins. Lors de mon premier stage, le deuxième jour, on m’a donné une liste de 10 toilettes à faire et personne ne m’a demandé si j’avais déjà fait une toilette seule, si j’avais besoin d’aide, si j’avais des questions. En milieu de matinée, quand les infirmières et les aides-soignantes prenaient leur pause, je devais rester dans le couloir pour répondre aux sonnettes » </em></p>
<cite>Marwa, étudiante en première année en soins infirmiers.</cite></blockquote>



<p>Les réflexions des étudiant·es sur leurs vécus en stage soulèvent des questions éthiques et politiques. Dans de nombreux lieux, leur façon d’envisager leur futur métier, le plus souvent ancré dans la sollicitude, le ‘<em>prendre soin</em><em>’</em>, comme priorité et sens, a peu de place. Leur éthique du respect, de la dignité et du bien-être des personnes qu’ils accompagnent s’en trouve bousculée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des professions entre rêve et réalité</h2>



<p>Ces désillusions sur le travail quotidien amènent certain·es stagiaires à arrêter leurs études. En effet, ce qu’ils expérimentent est aux antipodes de leurs attentes : faire partie d’une équipe bienveillante unie pour le bien des bénéficiaires.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« <em>Toutes mes années d&rsquo;études et périodes de stages étaient remises en question, ce métier qui m’avait tant fait rêver quand j&rsquo;étais petite était devenu pour moi un vrai calvaire »</em>  </p>
<cite>Sarah, étudiante en troisième année infirmier.</cite></blockquote>



<p>Il serait erroné de croire qu’il s’agit d’un choc dû à la naïveté de la jeunesse. Le rêve dont il s’agit est social, relationnel et éthique. Il est partagé par de nombreux diplômé·es qui se plaignent aussi de cette situation. Il s’inscrit dans la sémantique du mot ‘<em>accompagnement’</em> qui, comme l’explique l’ethnopsychiatre Jean Furtos, signifie partager « <em>une réalité substantielle qui nourrit autant celui qui donne que celui qui reçoit. C’est un partage vital</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>. Apprendre à accompagner devrait être intrinsèquement lié à une formation  bienveillante par des enseignant·es soucieux·ses de partager leurs savoirs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des stagiaires mis à l’écart</h2>



<p>Le sentiment exprimé par les stagiaires est souvent celui de se sentir extérieur à l’équipe, ignorés et seuls dans leur apprentissage, comme si la mention ‘<em>étudiant’</em> les rendait invisibles. Les stagiaires et le sens de leur stage (apprendre, réaliser des actes techniques, exercer des responsabilités) sont perçus comme un frein par le personnel hospitalier qui n’a ni le temps ni la force mentale de s’en occuper. Dans un cadre de surcharge et de fatigue chroniques, les équipes censées les accueillir se posent souvent la question de savoir comment les occuper. Car, se disent-elles, «&nbsp;<em>à quoi bon perdre du temps et de l’énergie pour les former puisqu’elles et ils vont partir et qu’in fine, nous ne profiterons pas de cet investissement ?</em>&nbsp;» Ces équipes sont déjà en difficulté face aux patients qu’ils n’arrivent pas à soigner correctement, faute de temps. La solution est alors toute trouvée&nbsp;: utiliser les étudiant·es comme main-d’œuvre à tout faire avec pour résultat délétère, une mise à distance de ces futur·es praticien·nes.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>« Il y avait beaucoup de tensions dans le service où je me trouvais, en plus du manque d’organisation. Le travail était toujours bâclé, on ne pouvait pas prendre le temps nécessaire, j’avais l’impression de maltraiter les personnes comme les professionnels me maltraitaient. J&rsquo;étais à bout, je me rendais souvent dans les toilettes, le seul endroit pour me retrouver seule et pouvoir souffler et même pleurer un bon coup parfois. Je me suis fait prendre une fois en sortant des toilettes avec les yeux rouges, je pensais peut-être recevoir un peu de soutien, mais on m’a répondu que j&rsquo;étais trop sensible et que je n&rsquo;étais pas faite pour ce métier si je n&rsquo;arrivais pas à me blinder »</em></p>
<cite>Élodie, 24 ans, étudiante en troisième année en soins infirmiers.</cite></blockquote>



<p>Les étudiants deviennent, comme ils le disent souvent, transparents. Ils rapportent entendre des propos comme « <em>moi je n’aime pas travailler avec des étudiant·es</em> » ou « <em>tu ne sais vraiment rien faire de bon</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>. En outre, l’intersectionnalité (le croisement du statut d’étudiant avec d’autres discriminations multiples, de sexe, de classe, de race, de handicap, d’orientation sexuelle, d’origine culturelle, etc.) aggrave encore cette exclusion.</p>



<p>L’étudiant·e qui se perçoit comme invisible est d’emblée en situation compliquée pour son apprentissage<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup> : comment aller vers desprofessionnel·les, leur poser des questions, demander d’être accompagné·e lorsque le climat semble hostile ? Comment prendre le risque de crisper les professionnel·les lorsque l’on sait que ce sont eux-mêmes qui détermineront de la réussite ou non du stage ? Par peur des conséquences éventuelles de leurs plaintes, nombre de stagiaires font profil bas et se limitent dans l’expression de leurs vécus. Plutôt que mettre leur priorité sur leur apprentissage, les stagiaires tentent de contenter l’équipe soignante pour gagner un peu de place et de reconnaissance, pour obtenir, <em>in fine</em>, leur diplôme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi les travailleurs de la santé, du social et de l’éducation <strong>‘<em>mangent-ils leurs petits</em></strong>’<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup><strong> ?</strong></h2>



<p>Pourquoi ce manque d’accueil qui décourage les stagiaires alors que les équipes ont un besoin urgent d’être complétées par des professionnel·les bien formé·es et motivé·es ? Le prisme du déni des services rendus par les stagiaires, quels qu’ils soient, peut nous aider à comprendre la complexité dans laquelle se développe leur exploitation. Les services rendus aux travailleurs sociaux, de la santé ou de l’éducation, lorsqu’ils dépassent le simple apprentissage, sont des cadeaux qui leur sont donnés par les stagiaires. Ces dons devraient, dans un contrat implicite, entraîner une reconnaissance de l’aide apportée, un remerciement, sous la forme de ce qui est le plus important pour les stagiaires : un accompagnement et un apprentissage. Ils attendent d’être formés à la réalisation d’actes techniques, à avoir une oreille attentive pour leurs observations et leurs ressentis, etc. Or, les stagiaires se heurtent souvent à la non-reconnaissance et se sentent en  marge des équipes professionnelles. La marge, c’est ce lieu où est toléré celui qui est malvenu, relégué, désingularisé, mis hors d’un système d’échange et de circulation du doN<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>. Être mis en marge, c’est subir une déshumanisation à une échelle individuellE<sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup>. Les mots et plus encore les attitudes non verbales marquent ce processus de marginalisation. Il se fait par la désignation des étudiant·es sous une identité unique et lisse, dépersonnalisante, insidieusement conçue comme négative, celle d’ ‘<em>étudiants encombrants’</em> radicalement ‘<em>autres’</em> que les professionnels.  Cette identité négative est lourde à porter. Par cette marginalisation, ces stagiaires deviennent redevables à l’équipe soignante qui tolère leur présence, ce qui alimente un manque de considération de leur aide, pourtant précieuse. Le déni des services rendus et leur transformation en un ‘<em>dû’</em> banalisent l’exploitation des étudiants dans des systèmes où la rentabilité ne se crée que par une accélération des rythmes de travail. Il permet la négation de leurs droits.  Pour comprendre les mécanismes qui amènent ces situations de mal-être et de frustrations des stagiaires, il est utile de se pencher sur les  vécus des étudiant·es en soins infirmiers.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mise en marge, permis d’exploiter</h2>



<p>Le travail de soins et de services rendus à l&rsquo;équipe soignante apparaît dans leurs discours comme un don souvent ignoré ou minimisé par les professionnels. L’aide apportée par les stagiaires à l’équipe professionnelle inclut la réalisation de tâches parfois ingrates. Il s’agit de la part du travail considéré comme peu qualifié et peu valorisant : nettoyer le matériel, vider les poubelles, répondre aux sonnettes et exécuter les soins d’hygiène ainsi que l’aide à l’alimentation<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup>.Ces tâches demandent de la patience et du temps et sont parfois réalisées dans des conditions psychologiquement pénibles. Elles demandent un effort physiquedans des postures parfois inconfortables, ce qui peut provoquer des douleurs, en particulier dorsales. Ce sont aussi des moments durant lesquels on peut être confronté·es aux odeurs corporelles mais aussi à la détresse des patients, qu’elle soit physique (douleurs) ou psychologique, à des demandes impossible à satisfaire ou encore à de la violence verbale ou physique. Lors de la réalisation de ces tâches, le rythme du travail ne peut être entièrement contrôlé si l’on veut prendre soin de la personne dont on s’occupe. C’est la personne soignée et son état qui le détermine, parfois bien plus lentement que les temps prévus officiellement pour ce type de tâches. Il n’est pas possible d’en accélérer la réalisation sans faire violence à la personne soignée, par exemple : la guider pour qu’elle puisse réaliser elle-même une partie de ses soins, participer à sa rééducation et son adaptation à sa situation de santé, tenir compte de la douleur, des difficultés de compréhension, d’une démence, de demandes ou d’exigences spécifiques qui participent à son bien-être, etc. Réaliser ces tâches, c’est un engagement de confiance. Les stagiaires espèrent que l’effort réalisé sera compris, accepté et qu’en retour, il leur sera donné l’occasion d’apprendre et de réaliser des tâches plus techniques.</p>



<p>Or, on le sait, les professionel·les subissent d’importantes pressions. <strong>Sous l’influence des politiques économiques et d’une idéologie néo-libérale, les systèmes de gestion des structures de soins se sont déliés des réalités de terrain pour viser plus d&rsquo;efficacité et améliorer la rentabilité financière. </strong>Les programmes de travail sont protocolisés, standardisés et informatisés. Ce qu’on appelle le <em>new-management<sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup></em> a rigidifié le travail et accéléré son rythme en se focalisant sur l’utilisation rationnelle et comptable des ressources matérielles et humaines. La question qui se pose, vu les difficultés financières récurrentes des institutions de soins est jusqu’où une telle accélération sera-t-elle possible et à quel prix, tant pour les soignés que pour les soignants ?<sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup> Les infirmiers disent être devenus des outils dépersonnalisés dont le travail ne serait valorisé que sur base de l’encodage des actes techniques, seuls actes facilement quantifiables. Comment, dans cette situation de travail à flux tendu, trouver le temps et la patience d’accompagner les stagiaires ? Leur marginalisation permet de les sortir du champ de vision et de la planification des tâches à effectuer. Au-delà des risques de découragement des étudiantes et d’arrêt de leurs études, la mise à distance, le déni des aides reçues et l&rsquo;exploitation des stagiaires mettent en danger la capacité des futurs diplômés de comprendre ce que signifie <em>‘faire équipe’</em>. La récurrence de la marginalisation au fil des stages suggère au contraire que la classification hiérarchique et méritocratique des personnes en fonction de leur statut et de leur diplôme est un fait devenu ‘<em>normal’</em>. Comment, dès lors, pourront-ils apprendre à prendre place sereinement au sein d’un groupe pluridisciplinaire et à concevoir le travail d&rsquo;équipe comme une acceptation collective d&rsquo;un espace démocratique, composée des personnes très diplômées et d’autres peu qualifiées? Comment seront-ils capables d’accueillir et donner à leur tour une place aux étudiants lorsqu’ils seront diplômés ? </p>



<h2 class="wp-block-heading">L’enjeu économique et politique du travail des stagiaires</h2>



<p>Pour rendre visible le travail des étudiant·es, nous proposons de faire un détour par l’enjeu de sa valeur, c’est-à-dire d’estimer son poids dans la production de service en mettant en lumière sa valeur économique traduite en valeur monétaire<sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup>. Précisons, il ne s’agit pas de marchandiser le travail des étudiants mais bien de <strong>questionner sa marchandisation occultée</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup>. Pour comprendre concrètement l’importance monétaire du travail des stagiaires, prenons l’exemple de ce que représente le travail d’un étudiant·e infirmier·ère. Dans ces temps de pénurie de soignants et de budgets insuffisants pour assurer le bon fonctionnement des institutions de soins, le travail gratuit des stagiaires participe, de fait, à leur équilibre budgétaire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>« Hier matin, en commençant ma journée de travail, je me suis rendue compte que j’étais seule à mon étage pour septante résidents. Les deux collègues aides-soignantes qui devaient travailler avec moi étaient absentes. Je suis allée voir la cheffe de service pour lui dire qu’il m’était impossible d’assurer tous les soins dans ces conditions. Elle m’a répondu :</em> <em>‘De quoi te plains-tu ? Une étudiante infirmière qui commence aujourd’hui travaillera avec toi’. Il s’agissait d’une étudiante de première année qui commençait son premier stage et n’avait jamais fait de pratique »</em></p>
<cite>Katia, infirmière en maison de repos.</cite></blockquote>



<p>Comme sous-entendu dans ce témoignage où une étudiante est censée effectuer le travail des aides-soignantes absentes, il est possible de saisir la valeur économique du travail des stagiaires en le comparant au travail d’une aide-soignante en début de carrière<sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup>. Une aide-soignante qui travaille à temps plein preste 233 jours de travail effectifs par an (253 jours ouvrés – 20 jours de congés payés)<sup class="modern-footnotes-footnote ">18</sup>. Le coût d’une aide-soignante en début de carrière pour un employeur  était évalué, en août 2022, à 3074,68 euros/mois, charges patronales incluses<sup class="modern-footnotes-footnote ">19</sup>. Les stagiaires en soins infirmiers sont présents en stage durant 2300 heures durant l’ensemble de leur formation, ce qui correspond à 306 jours à raison de 7,5h/jour, soit l’équivalent du travail d’une aide-soignante durant une année et quatre mois. Le non-remplacement d’une aide-soignante absente durant plusieurs mois et sa substitution<sup class="modern-footnotes-footnote ">20</sup> par des stagiaires permet des économies substantielles avoisinant les 24 500 euros/an<sup class="modern-footnotes-footnote ">21</sup>.</p>



<p>Le constat qui surgit ici peut se résumer en ces quatre points :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les stagiaires considérés comme une aide exécutent essentiellement des tâches qu’ils connaissent déjà bien.</li>



<li>Ils sont rarement en situation d’apprentissage de nouvelles techniques, de théories, etc.</li>



<li>Leur travail soulage partiellement le personnel et participe à l’invisibilisation de la problématique de surcharge de travail et de manque de personnel.</li>



<li>Un budget est épargné puisque le travail des stagiaires n’est pas rémunéré. Cette épargne permet de soulager les lieux de soins sous-financés.</li>
</ul>



<p>Dans ces temps de suppression du droit au chômage pour des dizaines de milliers de Belges et de chasse aux chômeurs déclarée par le gouvernement belge, ce travail gratuit et invisible pose question. En effet, comme le relève l’Institut de Recherches Economiques et Sociales (IRES), plus le service gratuit à la collectivité<sup class="modern-footnotes-footnote ">22</sup> comporte une contribution à la production de biens et de services, plus grand est le risque qu’il se substitue à l’emploi standard, comme nous le voyons dans le témoignage de Katia. Or, en cette époque qui croise les paramètres de manque de soignants et de manque de moyens financiers pour assurer les soins, le risque est grand de réduire les stagiaires à de la main-d’œuvre gratuite.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et pourtant…</h2>



<p>Si les actes techniques sont importants et les protocoles intéressants pour guider la réflexion, le travail qui fait sens dans le secteur du soin est aussi relationnel, éducationnel, communicationnel et de coordination. Il nécessite de la souplesse, un don de temps et d’écoute empathique, une capacité créative, pour accompagner et établir une relation de confiance. Dans la relation de soin, ce don est essentiel. Il permet l’interrelation qui est au cœur de la démarche du ‘<em>prendre soin’. </em>Mais cet investissement relationnel et le don de temps sont l’objet d’une même relégation dans nos sociétés dominées par l’imaginaire utilitariste et la valorisation de l’autonomie individuelle comme marqueurs de reconnaissance<sup class="modern-footnotes-footnote ">23</sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusions</h2>



<p>Maillons peu visibles de notre système de protection sociale, les stagiaires subissent les effets des dysfonctionnements et des sous-financements structurels des différentes branches de notre sécurité sociale et des secteurs de l’éducation.</p>



<p>La récurrence de leurs difficultés révèle des mutations sociopolitiques en cours depuis la seconde moitié du XX<sup>e</sup> siècle. En effet, l’hypertechnicité et le <em>new-management</em> se déploient sur la disparition des relations humaines ordinaires qui devraient aller de soi dans le travail social<sup class="modern-footnotes-footnote ">24</sup>. Nombre de stagiaires expriment le sentiment de ne plus avoir la capacité d’accompagner les personnes comme ils pensent devoir le faire en leur âme et conscience.  Le déni de l’importance de se soucier des « autres » est source de perte de sens tant au sein des métiers sociaux et de la santé que de l’éducation. Le vécu des étudiant·es est peut-être plus difficile encore que celui des professionnels. <strong>Leur frustration face à l’accélération des rythmes de travail et à l’impossibilité d’accompagner selon leurs codes éthiques est doublée par la non-reconnaissance des dons de services qu’ils rendent aux professionnels pour les aider. Les différentes maltraitances qu’ils subissent sont source de désillusions et ont pour résultat l’abandon de leurs études. </strong>Elles montrent des failles systémiques qui mettent en péril les fondements de notre démocratie et l’accès pour chacun à une vie digne. Les vécus peu satisfaisants des apprenants des métiers du social, de l’éducation de la santé, leurs désaccords avec certaines situations dont ils sont témoins expriment en creux des aspirations sociales, politiques et pédagogiques qui font sens pour eux. Ces désaccords nous disent leur rejet d’un cadre de travail qui trop souvent fait violence aux bénéficiaires. Leur abandon des métiers du social, de la santé et de l’éducation, en cours d’études ou peu après être diplômés, parce qu’on leur impose de les réaliser à l’encontre de leurs convictions éthiques, peut être considéré comme un refus de complicité et une interpellation aux pouvoirs publics et aux décideurs institutionnels.</p>



<p>Le ‘<em>prendre soin</em>’, l’accompagnement est un projet politique. Il pose la question de la société dans laquelle nous désirons vivre, de la reconnaissance d’une vulnérabilité partagée et d’une commune interdépendance et de la reconnaissance politique de tous ceux qui prennent soin (de la société et de toutes ses composantes, de l’environnement, etc.)<sup class="modern-footnotes-footnote ">25</sup> Il nous interroge sur les moyens que nous sommes prêts à mettre en place pour construire cette société. </p>



<p><strong>La valorisation sociale et politique du prendre soin de « l&rsquo;autre »et des « autres », comme une nécessitésociale, une valeur commune non identifiée àun genre</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">26</sup><strong>, pourrait être déjà une première piste pour désembourber le débat</strong>. Le don, l’accompagnement et le prendre soin<em>,</em> fondements de toute sociabilité humaine, sont inhérents aux professions du social, de la santé et de l’éducation. Ce sont des contributions indispensables à l’institution et à la pérennité d’un monde commun. Ceci interroge aussi l’importance donnée aux dons des ‘<em>bénéficiaires’</em> et de toutes celles et ceux qui sont victimes d’une relégation sociale et d’un déni de reconnaissance<sup class="modern-footnotes-footnote ">27</sup>, car il y a peu de choses plus humiliantes que le dédain. Par quels processus de généralisation et par quels stéréotypes enferme-t-on ceux qui ne correspondent pas aux standards d’efficacité attendus dans nos sociétés d’apparence démocratique ?<sup class="modern-footnotes-footnote ">28</sup> La désertion des professions dont la mission est l’accompagnement soulève la question du choix de société que nous souhaitons, en interrogeant les marges, les exclusions et les précarisations.</p>



<p><strong>Une deuxième piste est à chercher dans</strong><strong> la nécessaire reconnaissance de la complexité des pratiques d’accompagnement qui tendent à prévenir un effondrement du lien social.</strong> Il s’agit d’accepter que le travail empathique, considérant la personne comme digne, est un préalable indispensable pour de nombreux travailleurs sociaux. Il permet aux personnes accompagnées de surmonter les aspects humiliants de l’aide qui leur est apportée et aux accompagnants de ne considérer aucune des tâches à réaliser comme ‘<em>un boulot non intéressant</em>’ ou comme ‘<em>un sale boulot’</em>. Ce travail demande du temps, variable suivant les situations qui dépasse souvent les cadres des protocoles, mais néanmoins un temps qui doit être accordé.</p>



<p>Une troisième piste est suggérée par la désertion des professions, dont l’objectif est d’accompagner des personnes en interrogeant les marges, les exclusions et les précarisations, les invisibilités. La compréhension des difficultés d’assurer la pérennité des métiers du social, de l’éducation et de la santé impose de tenir compte des contextes et cadres sociopolitiques plus larges dans lesquels ils apparaissent. <strong>Les professions de la santé, du social et de l’éducation sont subsidiées par l’État. Leur négligence par les autorités publiques, leurs manques de moyens et leurs difficultés récurrentes questionnent nos démocraties et nos choix politiques. </strong><strong></strong></p>



<p>La Wallonie dépend des lois belges et européennes. Les difficultés et les attentes des stagiaires et des professionnels disent l’urgence de réaliser en Belgique et en Europe une analyse critique des options politiques et sociales qui guident les décisions prises aux plus hauts niveaux. Toutes et tous demandent que les décisions prises s’appuient sur la reconnaissance de l’importance fondamentale, pour le fonctionnement de nos sociétés, des activités encore souvent considérées comme insignifiantes<sup class="modern-footnotes-footnote ">29</sup>. Leurs pratiques révèlent une part importante des réalités qui coexistent à l&rsquo;ombre de la production et du marché, des rationalités politiques, techno-scientifiques ou institutionnelles, mais aussi des modèles identitaires qui se définissent par l’exclusion d’autres identités. Leurs pratiques sont les miroirs de réalités diffuses et multiformes, dont la finalité plus ou moins consciente est d&rsquo;aider à vivre, à surmonter l&rsquo;insurmontable, à dépasser les barrières apparentes de la vie, du vivant<sup class="modern-footnotes-footnote ">30</sup>.  Les professionnels et les stagiaires nous posent la question des avantages et des conséquences de nos choix sociopolitiques et économiques à moyen et long terme. Ils nous invitent à interroger les priorités que nous donnons d’une part à la rentabilité, d’autre part à l’humain et au social. Notre capacité à ‘créer du commun’ est fondamentale… Sans elle, il n’y a plus de condition humaine<sup class="modern-footnotes-footnote ">31</sup>.</p>



<p></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;DAMMAN, L., La violence verticale, dans le contexte des stages en soins infirmiers, amène-t-elle les étudiants à imaginer arrêter leurs études ? Une enquête transversale dans un devis mixte auprès d&rsquo;étudiants infirmiers francophones de 3ème année en bachelier infirmier responsable de soins généraux, Mémoire de master Université catholique de Louvain, 2018</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;BAUMAN, Z., La Vie Liquide, éd. du Rouergue, Arles, 2006.</div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le management à but productif vise l’efficacité, la rentabilité et la maximalisation des profits. Lorsque ces logiques managériales sont appliquées aux structures sociales, éducatives ou de soins, elles se traduisent par l’objectivation, la systématisation, l’évaluation et le contrôle des actions des employés en exigeant qu’ils travaillent toujours plus, plus vite et mieux dans l’ignorance que chaque prise en charge correspond à une situation et un contexte particuliers. Ces logiques managériales amènent à réduire les personnes en besoin d’accompagnement à des critères normalisés, objectivés, rationnels, encodables. Elles désubjectivent les employés devenus « outils » au sein d’une entreprise. </div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Depuis les années 1990 s’observe l’introduction, dans le secteur non marchand, de techniques propres au travail productif en vue d’augmenter les profits tout en diminuant les dépenses. Les cadences de travail s’intensifient pour augmenter la productivité. Les aspects du travail jugé non productif, ralentissant les cadences de travail, comme le temps consacré au relationnel et à former des étudiants est non considéré, ignoré, voire empêché.  Or, ce travail d’accompagnement est celui qui, pour la grande majorité des professionnels et des étudiants, donne sens à leur travail.</div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Dans nos sociétés où la valeur suprême est l’autonomie, un « bon boulot » (valorisant et visible) est celui qui est mesurable et si possible réalisable dans un temps prédéterminé, connu, planifié.</div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;FURTOS, J.,  Ambigüité de l’accompagnement, précarité de la transmission dans Rhizome, Bulletin national santé mentale et précarité, 2012. Disponible sur   https://www.academia.edu/1908081/Une_psychiatrie_de_lex_compagnement_Regard_sur_le_travail_infirmier_Revue_Rhizome_N_44_juillet_2012?email_work_card=title.</div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ces propos sont particulièrement fréquents dans les milieux hospitaliers.</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ce n’est pas une constante. Certains lieux de stages veillent à un accueil chaleureux et potentialisent ainsi les capacités des étudiant·es. Le non-accueil et la relégation des stagiaires apparaissent cependant dans les enquêtes auprès d’étudiant·es infirmier·es comme des faits répétés dans un peu plus de la moitié des terrains de stages.</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Expression issue de KATZ, Katty, Bullying in Nursing: Why Nurses &lsquo;Eat their Young&rsquo; and What to Do About It?, 2014. Disponible sur: https://www.rasmussen.edu/degrees/nursing/blog/bullying-in-nursing-nurses-eat-their-young/.  </div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;GRARD, Christine, La solidarité est-elle au fondement de l’apprentissage dans Les politiques sociales, p. 39-47, 2024.</div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;LAURENT 2008, > référence complète ?</div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les soins d’hygiène renvoient aux toilettes et aux changes (changer les protections des personnes incontinentes) tandis que l’aide à l’alimentation renvoie au fait de donner à manger à des personnes incapables de manger seules et/ou ayant un risque de faire de fausses déglutitions.</div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le new-management (ou New Public Management)  désigne un modèle de gestion qui « vise à rapprocher le fonctionnement des administrations publiques de celui des entreprises privées, en introduisant des logiques de marché, de performance et de responsabilisation individuelle » (https://www.unsa-education.com/article-/sante-mentale-au-travail-et-new-management/).</div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;VILLAIN, Florian, Ne dites plus « premiers de cordée », mais « passeurs de témoin » ! dans Revue du MAUSS, n°52, 2018/2, p. 239-250.</div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;FOUQUET, A., Comment valoriser le travail domestique ? dans Cambouis, La Revue Des Sciences Sociales Aux Mains Sales, janvier 2021.</div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ici, on fait référence à «  l’argument de la rémunération pour sortir le travail du déni, l’intégrer dans ce qui est pensé comme relevant du travail, pour subvertir un rapport social, capitaliste et patriarcal » (SIMONET, Maud, Travail gratuit : la nouvelle exploitation ? Paris, éd. Textuel, 2018.)</div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le travail réalisé par les étudiants, dès les premiers stages, est en partie le même que celui des aides-soignant·es. Au fur et à mesure de l’avancement dans les études, le travail des stagiaires recoupe partiellement le travail infirmier.</div><div>18&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir  https://emploi.belgique.be/ (sources de 2022).</div><div>19&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pour un salaire brut de 2419,68 euros et un salaire net de 1866,74 euros. Calcul sur base des chiffres de https://pro.guidesocial.be/articles/fiche-metier/article/quel-est-le-salaire-d-un-aide-soignant-en-belgique avec un ajout au salaire brut de 27,07% de charges patronales.</div><div>20&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L’IRES (Institut de recherches économiques et sociales) met en garde contre  banalisation du remplacement des travailleurs rémunérés par du travail gratuit (bénévolat, stages, etc.) « Plus le service à la collectivité comportera une contribution à la production de biens et de services, plus grand est le risque qu’il se substitue à l’emploi standard » (cité par SIMONET, Maud, Travail gratuit : la nouvelle exploitation ? Paris, éd. Textuel, 2018.)</div><div>21&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;En considérant que la présence d’étudiants infirmiers dans les terrains de stage est effective durant l’équivalent de 8 mois/an.</div><div>22&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Surtout lorsqu’il repose sur des valeurs qui touchent à ce que l’on est, à ce à quoi on croit, à ce qui nous définit et nous passionne.</div><div>23&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;CHANIAL, P., Don et care : une perspective anthropologique dans Recherche et formation, 2014. Disponible sur http://journals.openedition.org/rechercheformation/2232</div><div>24&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;FURTOS, J., Ambigüité de l’accompagnement, précarité de la transmission dans Rhizome, Bulletin national santé mentale et précarité, n° 44, juillet 2012.</div><div>25&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;TRONTO, Joan, Un monde vulnérable. Pour une politique du care, éd. La Découverte, Paris, 2009.</div><div>26&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;TRONTO, Joan, Care démocratique et démocraties du care dans MOLINIER, P. (dir), Qu’est-ce que le care ?, éd. Payot, Paris, 2021.</div><div>27&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;CHANIAL, op. cit. et TRONTO, op. cit.</div><div>28&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;LAPLANTINE, F., Penser le sensible, éd. Pocket, Paris, 2018.</div><div>29&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;TRONTO, op. cit.</div><div>30&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;SAILLANT, F., Identité, invisibilité sociale, altérité : expérience et théorie anthropologique au cœur des pratiques soignantes dans Anthropologie et Sociétés, 2000, p. 155-171. Disponible sur https://doi.org/10.7202/015641ar.</div><div>31&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;SAILLANT,F., Une critique post coloniale du savoir local de Clifford Geertz dans LAHOUARI (dir), Autour de Clifford Geertz, Interprétation et culture, Archives contemporaines, Paris, 2010, p. 55-72.</div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les violences dites éducatives ordinaires. Entre conscientisation et inaction</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-16/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Dec 2025 11:31:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Bien au-delà de ce qu’on pourrait penser, les violences dites éducatives ordinaires ne s’arrêtent pas à la fessée ou à toute autre punition corporelle.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="chapo">Bien au-delà de ce qu’on pourrait penser, les violences dites éducatives ordinaires ne s’arrêtent pas à la fessée ou à toute autre punition corporelle. Ce qu’elles englobent est bien plus large et passent souvent sous le radar. Pouvant être présentes dans un contexte familial, ces violences peuvent aussi l’être dans tout espace éducatif, qu’il s’agisse de foyers, d’écoles ou encore de lieux extra-scolaires… Et elles sont d’autant plus intenses pour les enfants qui vivent une situation de précarité. Pour comprendre leurs conséquences et se sensibiliser à la question, nous avons rencontré Nadia Echadi, fondatrice de l’ASBL Maxi-Liens qui œuvre pour le respect du droit à l’éducation pour chaque enfant dans un cadre bienveillant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De quoi parle-t-on ?</h2>



<p>La violence dite éducative ordinaire (VEO) est « <em>toute forme de violence (physique, psychologique ou verbale) utilisée envers les enfants dans une intention éducative (pour leur ‘bien’, pour qu’ils aient un ‘bon comportement’) »</em>. Et puisque cette violence est « <em>culturellement admise et tolérée, elle en devient alors ‘ordinaire’</em> ». Parmi ces violences, on recense les violences physiques (fessée, gifle, privation de nourriture,&#8230;), les violences psychologiques (punition, chantage, menace, culpabilisation,&#8230;) et les violences verbales (crier, insulter, humilier, &#8230;)<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>.</p>



<p>Souvent sous-estimées par la majorité de la population, ces gestes ou paroles qui nous échappent ont pourtant des effets néfastes à très long terme sur l’enfant. S’il est avéré scientifiquement que câliner régulièrement un enfant a une influence positive sur son développement cérébral, l’inverse est aussi vrai. De constantes violences sur un enfant, qu’elles soient physiques ou verbales, peuvent aboutir à un mauvais développement du cerveau et impacter lourdement son futur (assuétudes, dépressions).</p>



<p>À cause d’un manque d’informations et de sensibilisation, ces violences sont culturellement admises dans notre société alors qu’ « <strong><em>aucune étude scientifique n’a pu démontrer un effet positif des punitions corporelles sur le comportement de l’enfant</em></strong><em>, bien au contraire elles sont corrélées fortement à une augmentation de l’agressivité et des comportements antisociaux</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>. À l’inverse, une « <em>relation [adulte-enfant] basée sur l’empathie, le soutien, l’encouragement et l’amour favorise le bon développement du cerveau chez l’enfant et l’adolescent</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>.</p>



<p>Au-delà de ces considérations physiologiques, éduquer un enfant par la violence revient à sous-estimer un effet plus insidieux encore. En effet, utiliser la violence physique, le chantage ou encore la punition sur un enfant à des fins éducatives, revient à légitimer à ses yeux une méthode qu’il pourrait reproduire plus tard sur ses propres enfants. C’est ce qu’a nommé la psychanalyste Alice Miller<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup> la ‘<em>pédagogie noire’</em>, c’est-à-dire le « <em>mécanisme de reproduction des violences éducatives de génération en génération</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>. Selon elle, « <em>la pratique des punitions corporelles serait le facteur explicatif majeur de la violence des adultes et des adolescents</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>. La journaliste Mona Chollet s’est penchée sur la question des violences éducatives dans son dernier essai<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>. « <em>Non seulement les enfants supportent les maltraitances, mais elles et ils les nient, ou les justifient, tant la mise accusation des parents est un tabou puissant. Dès lors, le seul exutoire – inconscient – aux souffrances subies, c’est de les infliger à ses propres enfants</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup> analyse-t-elle à propos de l’effet pervers de la ‘pédagogie noire’. Le témoignage suivant d’un parent l’illustre bien ; « <em>J’ai adopté la phrase de ma mère ; ‘Sauve-toi vite parce que ma main va voler’ </em>»<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>.</p>



<p>Ces violences influencent directement un parcours de vie puisqu’« <em>elles déterminent souvent notre personnalité future et nos relations avec les autres</em> » relève Mona Chollet. Plus grave encore, ces violences sont subies à une phase du développement de l’enfant « <em>où on ne [lui] accorde aucun crédit</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quand les violences passent les portes de l’école</h2>



<p>Nadia Echadi, de l’ASBL Maxi-liens, s’est penchée sur la question de ces violences, particulièrement au sein du milieu scolaire. Elle estime que la question des violences éducatives est mal posée car elle a tendance à se concentrer uniquement sur la violence physique ;  « <em>Les médias se sont mal emparé du sujet en titrant les articles sur l’interdiction de la fessée. Cette réduction a créé une grande confusion parce que beaucoup de gens ont réagi en disant que la fessée ‘n&rsquo;a jamais tué personne’. Mais la mort ne peut pas constituer la limite de ce qu’il est acceptable de faire à un enfant !  Cela revient à dire ‘tant que ça ne tue pas, on peut y aller’. Avec un tel cadrage, toutes les autres formes de gestes violents passent sous les radars. Or, c’est précisément là que réside l’enjeu : la violence s’exprime de manière beaucoup plus subtile qu’on ne le pense. Elle se glisse dans des attitudes, des mots, des pratiques quotidiennes. Elle est aussi là où on ne l&rsquo;attend pas. Comme à l’école par exemple. Aujourd’hui, parce qu&rsquo;on n&rsquo;utilise plus le bâton et le bonnet d&rsquo;âne, les enseignants pensent qu&rsquo;il n&rsquo;y a plus de violence scolaire. Pourtant, elle existe encore. Elle prend juste d’autres formes. Elle s&rsquo;exerce notamment sur la question de la compétence de l&rsquo;enfant. Par exemple, <strong>le fait de prédéterminer la capacité d&rsquo;un enfant à réaliser telle ou telle tâche, est déjà une violence en soi</strong>. On a tendance à oublier que l&rsquo;enfant est là pour apprendre et que c’est précisément la mission de l’institution : le faire apprendre. Et pourtant, les actes d’humiliation sont fréquemment liés à ses difficultés ou ses résultats. Il est temps de mener une véritable sensibilisation qui permettra de mieux aiguiser le regard et de reconnaître tous les endroits où des actes de violence sont posés, particulièrement en contexte scolaire. Les rapports d’autorité et de pouvoir, les cris, les punitions humiliantes, l’usage systématique des points ou des sanctions sont autant de gestes présentés comme éducatifs, mais qui révèlent en réalité une forme de maltraitance ordinaire. Et je pense qu’il est vraiment urgent de mettre la lumière sur ces pratiques en menant, par exemple, des campagnes de sensibilisation comparables à celles développées ces dernières années autour des VEO en contexte familial »</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup>.</p>



<p>Dans un contexte scolaire, les violences éducatives sont d’autant plus dommageables pour les enfants vivant des situations compliquées comme la migration car ils cumulent déjà plusieurs vulnérabilités. Ils vivent des situations de transit très inconfortables, éprouvent cruellement le manque d’argent et prennent de plein fouet un choc culturel avec la perte de repères que cela implique. Dans ce quotidien instable où chaque jour apporte son lot d’incertitudes, l’impact des violences éducatives n’en est que plus accru. En outre, comme ils ne maîtrisent pas encore ni la langue, ni la culture, ces violences peuvent être interprétées comme la norme d’un pays qu’ils apprennent à connaître et par ce fait, sont d’autant moins remises en question et sont passées sous silence. Nadia Echadi, dans son travail avec l’ASBL Maxi-Liens<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup> se concentre sur ce type d’enfants ; « <em>Lorsque j’ai fondé Maxi-Liens, j’ai axé mon travail que la question de l’accueil, de l’accompagnement et du bien-être des enfants en situation de migration et d’exil parce que leur vulnérabilité était une évidence. Les VEO scolaires qui s’exerçaient sur eux étaient beaucoup plus visibles et cela m’a permis de constater qu’elles touchaient en réalité tous les autres enfants, mais souvent de manière plus silencieuse et plus banalisée. La défense des droits de l’enfant est pour moi une mission globale même si pour le moment, mon action se concentre sur les parcours migratoires. Le fait de travailler à la compréhension des violences subies durant l’’exil me permet de mieux saisir la brutalité de certaines pratiques scolaires. Ce que j&rsquo;ai observé, c&rsquo;est que quand ils arrivent en Belgique et qu’ils sont inscrits dans nos écoles, beaucoup d’entre eux se retrouvent confrontés à une nouvelle série de violences qui viennent se juxtaposer à celles déjà traversées. La méconnaissance de l’autre, le manque de dialogue interculturel, le manque de préparation des professionnels dans l’accueil de la diversité, les carences de notre système éducatif, son caractère autocentré et monolingue engendrent des violences symboliques en cascade. <strong>Parfois, ces enfants sont perçus comme une menace envers une identité nationale fantasmée, comme s’il pouvait en exister une.</strong> On instaure des règles, parfois encore plus strictes pour eux, afin de s’assurer que ces enfants ont bien compris comment ça se passe ici. De manière implicite ou parfois très explicite et injonctive, on leur dit ‘tu es en Belgique maintenant, tu dois faire comme nous’. Il y a aussi une posture très sudaliste<sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup> qui consiste à leur faire sentir qu’ils doivent témoigner de la reconnaissance d’avoir été accueillis ‘chez nous&rsquo;</em>».</p>



<p>Nadia Echadi souligne également le manqued’organes de contrôle et de structures au sein des écoles où les violences pourraient être dénoncées, mais également le manque de soutien auquel font face les enseignants.</p>



<p>&nbsp;<em>«&nbsp;</em><em>Pour comprendre le contexte des violences éducatives ordinaires en milieu scolaire, il me semble essentiel de rappeler que le métier d’enseignant est un métier assez isolé. Chacun est seul dans sa classe, seul face à sa pratique, face à son public. On reconnaît — et à juste titre — la difficulté, parfois même la pénibilité de la profession ; et parce que cette reconnaissance est nécessaire, on n’ose presque jamais questionner ou analyser de manière critique certaines actions qui ne sont pas très pédagogiques. Les enfants, évidemment, n’ont pas les mots ni la légitimité pour dénoncer ce qu’ils vivent. Cet isolement crée un espace où l’enseignant peut développer malgré lui une certaine toute-puissance.&nbsp;Pourtant, dans la grande majorité des cas, ces violences ne sont pas intentionnelles. Elles sont le symptôme d’un manque de formation, d’une culture de la domination, d’un manque de conscience fine des VEO et surtout d’un surmenage massif du corps enseignant. C’est pour cette raison qu’il faudrait créer, au sein des écoles, un véritable organe de régulation. <strong>Un enseignant qui crie chaque jour, qui exclut régulièrement des élèves de sa classe, qui multiplie les punitions ou qui n’a plus l’énergie de se mettre à l’écoute de ses élèves est un enseignant qui a besoin de soutien.</strong> L’objectif n’est pas de dire que les enseignants sont violents et qu’il faut envoyer l’inspection pour sanctionner. L’enjeu est de mettre en place des espaces d’accompagnement, de supervision, de sensibilisation et de protection mutuelle, afin que les enseignants puissent exercer leur métier dans la sérénité.&nbsp; L’école est un métier profondément humain. Les adultes sont censés assurer la&nbsp; protection des enfants, leur sécurité et leur bien-être. <strong>Nous évoluons dans un modèle scolaire et sociétal où les violences éducatives sont encore culturellement et structurellement ancrées, et largement acceptées. Lorsque l’on ajoute à cela la fatigue extrême du corps enseignant, on augmente mécaniquement la fréquence et l’intensité des violences, lesquelles finissent par être justifiées au nom du stress, du manque de moyens ou de l’absence de soutien. C’est ainsi que les violences s’installent et s’auto-alimentent. Elles ruissellent. Elles partent du sommet — les politiques, les injonctions, les coupes budgétaires, les classes surchargées, la disparition progressive des postes-relais — et elles retombent sur ceux qui n’ont aucun moyen de s’en défendre : les enfants</strong></em><strong>».&nbsp;</strong><strong><em></em></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Législation des violences éducatives : où en est-on ?</h2>



<p>Si la maltraitance, lorsqu’elle est avérée, est déjà punissable par la loi, il s’avère que &nbsp;«&nbsp;<em>de nombreux cas de violence ne sont pas couverts par la législation actuelle</em>&nbsp;». L’interdiction de la ‘fessée’ ne suffit pas. S’arrêter à cet interdit légitimise d’autres formes de violence, tout aussi dommageables.</p>



<p>La Belgique reste tristement un des derniers pays européens à ne pas avoir adopté jusqu’à présent «&nbsp;<em>une loi interdisant les punitions corporelles et autres formes de traitements dégradants dans le cadre de l’éducation</em>&nbsp;». Pourtant, la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), ratifiée par la Belgique, est assez explicite.</p>



<p><em>« Les Etats parties prennent toutes les mesures législatives, administratives, sociales et éducatives appropriées pour protéger l&rsquo;enfant contre toute forme de violence, d&rsquo;atteinte ou de brutalités physiques ou mentales, d&rsquo;abandon ou de négligence, de mauvais traitements ou d&rsquo;exploitation, y compris la violence sexuelle, pendant qu&rsquo;il est sous la garde de ses parents ou de l&rsquo;un d&rsquo;eux, de son ou ses représentants légaux ou de toute autre personne à qui il est confié » (art 19.1).</em></p>



<p>Les conclusions d’un sondage réalisé en 2020<sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup> révèlent que la punition reste une habitude éducative, une personne sur cinq estime que « <em>les punitions physiques sont bénéfiques</em> » tandis qu’une personne sur dix juge que « <em>tirer les cheveux, pincer, priver de repas, enfermer dans la cave et utiliser régulièrement un surnom insultant sont des sanctions appropriées</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup>. De plus, il y a une réelle méconnaissance du cadre législatif car 7 personnes sur 10 ne savent pas ce qui est autorisé comme sanction.</p>



<p>Actuellement, le flou juridique qui entoure la question des violences éducatives légitimise implicitement leur exécution. L’ONG DEI Belgique (Défense des Enfants International) a mis en demeure à l’Etat belge d’adopter une législation en la matière. Le délai pour s’y conformer était le 20 novembre 2023, date hautement symbolique puisque c’est la journée mondiale des droits de l’enfant. Le délai a expiré et la question a donc été renvoyée au tribunal de première instance… Comment peut-on expliquer une telle inertie de la part de nos pouvoirs décideurs ? Dans le chef des ministres et des parlementaires réside la peur de « <em>pénaliser la ‘baffe éducative’</em> » qui pourrait conduire des parents en prison. Or, DEI Belgique recommande de modifier le code civil et non pénal<sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup>.</p>



<p>Au niveau de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ce n’est que tout récemment, en octobre 2023, que l’administration a formellement interdit toute violence physique, psychique et verbale au sein de toutes ses structures (crèches, écoles, institutions, mouvements de jeunesses, club sportifs). Malheureusement, force est de constater que cela ne suffit pas à enrayer une dynamique punitive culturellement ancrée. La question de savoir si cette directive a été accompagnée d’une campagne de sensibilisation et d’information auprès des structures éducatives mérite d’être posée. Nadia Echadi, elle-même enseignante, s’étonne que les droits des enfants ne fassent pas partie du programme de cours pour les futurs enseignants&nbsp;;&nbsp; «&nbsp;<em>Lorsqu’on devient enseignant, on entre dans l’institution scolaire : on prête serment, on représente l’État, on incarne une mission publique. Alors comment se fait-il qu’aucun module obligatoire ne soit consacré aux droits de l’enfant ? <strong>Comment se fait-il que la majorité des enseignants ne connaissent pas la Convention internationale relative aux droits de l’enfant ? C’est une lacune immense. C’est un peu comme si un médecin prêtait serment sans connaître le serment d’Hippocrate.</strong> À partir du moment où l’on travaille auprès d’enfants, on devrait savoir précisément quels sont leurs droits, ce que la Belgique a ratifié, les engagements internationaux qu’elle a pris pour garantir leur protection, leur dignité, leur épanouissement et leur bien-être. Comment accompagner des élèves si l’on ignore les principes juridiques, éthiques et pédagogiques qui encadrent ce droit fondamental ? Si les enseignant·es étaient véritablement formé·es à ces textes fondateurs, ils et elles disposeraient de balises solides. Cette connaissance ne résoudrait pas tout, mais elle permettrait déjà de prévenir une grande partie des violences éducatives scolaires</em><em>&nbsp;»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’exemple de la Suède</h2>



<p>La Suède est souvent stigmatisée pour être une fabrique d’“enfants-rois”, c’est-à-dire un pays où on laisse tout faire aux enfants, où le cadre éducatif est inexistant voire où les parents sont tyrannisés par leur progéniture. Or, dans les faits, le projet éducatif de la Suède va bien au-delà d’un rapport dominant-dominé à l’avantage des enfants, comme Nadia Echadi l’explique «&nbsp;<em>L’éducation positive est souvent décriée parce que, selon ses détracteurs, elle ne permet pas de poser des limites et fabrique des enfants-rois. Il y a clairement une confusion entre la bienveillance et l’absence de cadre. L’exemple de la Suède est éclairant : ce n’est pas parce que les adultes n’ont pas recours à la brutalité, les cris ou les humiliations et les coups qu’ils ne savent pas éduquer. Poser un cadre clair et sécurisant est simplement un fondement de l’éducation non violente</em><em>».&nbsp;</em></p>



<p>En plus de légiférer[17]  Le Parlement suédois a adopté en 1979 une loi interdisant toute forme de violence à l’égard des enfants.[/note] sur les violences éducatives sous toutes ses formes en les interdisant tout simplement, la Suède a accompagné le changement avec une campagne de sensibilisation et d’information sans précédent. Quelle famille n’achète pas de lait ? Un nombre infime, certainement. C’est sur base de ce constat que le support de la campagne de sensibilisation a été décidé : les cartons de briques de lait. Cette campagne, impliquant plusieurs professionnels de l’enfance (pédiatres, cliniques, écoles, etc.), enseignait des méthodes d’éducation non violente. Résultat ? « <em>En l’espace de deux ans, plus de 80% du public connaissait la nouvelle loi et les enquêtes publiques ont montré combien les attitudes et les actions ont évolué au fil du temps. Alors qu’en 1979, environ 80% du public était en faveur des châtiments corporels, on est passé à 20% après 11 ans d’application de la loi et, dans la dernière enquête, à 2% (2018)</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup> explique Elisabeth Dahlin, Ombudsman suédoise aux droits de l’enfant. Mieux encore, souligne-t-elle, « <strong><em>les enfants eux-mêmes savent désormais que la violence ne fait pas partie de l’éducation d’un enfant, que subir des châtiments corporels n’est pas normal pour les enfants</em> </strong>»<sup class="modern-footnotes-footnote ">18</sup>.</p>



<p>Interrogée sur&nbsp; la situation en Belgique, Nadia Echadi explique qu’il faut passer par un changement de mentalité et de culture et que ce changement doit impérativement être accompagné&nbsp;; <em>«&nbsp;</em><em>Il s’agit réellement d’une question de culture. Ici, la population n&rsquo;est pas suffisamment sensibilisée et cela mérite un véritable accompagnement. Je pense que les gens sont prêts à changer si on leur donne les outils pour comprendre. Cela nécessite un traitement médiatique mieux ciblé. Jusqu’à présent, on a surtout vu des campagnes avec des images d’enfants meurtris, ce qui peut entretenir l’idée que la violence éducative se limite aux coups et de nouveau, les autres formes de violence passent sous les radars. <strong>Tant que l’imaginaire collectif restera fixé sur les violences qui laissent des traces sur la peau, on continuera d’ignorer toutes celles qui blessent les enfants intérieurement et qui les marquent durablement</strong> &nbsp;</em><em>»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusions</h2>



<p>Face aux violences dites éducatives ordinaires, DEI Belgique, soutenue par d’autres acteurs du secteur tel que le Délégué général aux droits de l’enfant, porte les recommandations suivantes&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Voter une loi qui interdit la violence éducative</strong> via l’insertion d’un article dans le code civil et ainsi enfin obtenir un cadre légal strict et explicite et qui ne laisse aucune place à l’interprétation.</li>



<li><strong>Mener des campagnes d’information et de sensibilisation</strong> auprès de la population pour accompagner le changement et éviter la stigmatisation. Si l’on veut un véritable basculement, édicter des lois n’est pas suffisant. L’exemple de la Suède est probant à ce niveau-là.</li>



<li><strong>Former les professionnels</strong> de l’éducation et renforcer ainsi la prévention pour que les violences éducatives ne passent plus les portes des écoles.</li>
</ul>



<p><em>« On n&rsquo;a encore jamais expérimenté une situation, à l’échelle d’une société, où une génération d’enfants seraient éduqués sans violence. Quel type d’adultes deviendraient-ils&nbsp;? Il faudrait un recul de 20-30 ans pour pouvoir l&rsquo;observer. <strong>Selon moi, puisque les violences continuent de s&rsquo;exercer sur les enfants, on reproduit et on reste dans un modèle normé. Crier, insulter, bousculer, brutaliser, humilier, dénigrer, exclure, négliger: toutes ces attitudes font partie du paysage éducatif au point d’être perçues comme normales, voire nécessaires.&nbsp; Elles sont socialement acceptées, parfois même valorisées. Il est donc urgent de transformer ces représentations et de changer les mentalités</strong>&nbsp;».</em>&nbsp;</p>



<p>Le changement serait en chacun de nous, le sondage mentionné précédemment donne une lueur d’espoir puisque 85% des personnes sondées sont «&nbsp;<em>favorables à l’adoption d’une loi éducative plutôt que punitive</em>&nbsp;». N’oublions pas toutefois que c’est avant tout notre gouvernement qui doit montrer la voie et avoir le courage politique de légiférer et d’accompagner correctement sur une question aussi cruciale que la protection de nos enfants.</p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;ROISIN, Christine, De l’urgente nécessité de légiférer les violences dites éducatives ordinaires dans Prends-en d’la graine, Délégué général aux droits de l’enfant, juin 2022, vol. 5, p. 4.</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem, p. 6.</div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem, p. 5.</div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Alice Miller (1923-2010) est une psychanalyste et Docteur en philosophie suisse spécialisée dans la période de l’enfance. Elle fut une des premières à théoriser des conséquences néfastes de la maltraitance infantile.</div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;ROISIN, Christine, De l’urgente nécessité de légiférer les violences dites éducatives ordinaires dans Prends-en d’la graine, Délégué général aux droits de l’enfant, juin 2022, vol. 5, p. 7.</div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem, p. 3.</div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;CHOLLET, Mona, Résister à la culpabilisation. Sur quelques empêchements d’exister, éd. La Découverte, 2024.</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem, p. 87.</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Être parent, c’est… ?, Yapaka, Fédération Wallonie-Bruxelles, 2014, p. 40.</div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;CHOLLET, Mona, Bétharram ou la « pédagogie noire » dans La Déferlante, n° 18, mai 2025.</div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Entretien du 25 novembre 2025. Toutes les citations présentes dans cette analyse proviennent du même entretien.</div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.bornin.brussels/associations/maxi-liens-reseau-etre-bon-pour-les-enfants/</div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le sudalisme peut se définir comme « une forme de discrimination ayant pour objet la culture d’abord – et non le corps – des personnes ciblées », voir PIOLAT, Jérémie, Sudalisme, l’imaginaire qui nourrit le racisme, éd. Libre, 2023.</div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sondage commandité par DEI-Belgique concernant la totalité du territoire belge opéré entre le 10 mars et le 18 mars 2020 mené sur un échantillon représentatif de 2013 Belges âges de 18 à 75 ans. Pour l’intégralité des résultats du sondage, voir https://dei-belgique.be/index.php/modes-d-action/plaidoyer-et-lobbying/une-education-non-violente-pour-chaque-enfant.html</div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://dei-belgique.be/index.php/modes-d-action/plaidoyer-et-lobbying/une-education-non-violente-pour-chaque-enfant.html</div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://dei-belgique.be/index.php/modes-d-action/plaidoyer-et-lobbying/une-education-non-violente-pour-chaque-enfant.html</div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;ROISIN, Christine, De l’urgente nécessité de légiférer les violences dites éducatives ordinaires dans Prends-en d’la graine, Délégué général aux droits de l’enfant, juin 2022, vol. 5, p. 9.</div><div>18&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ibidem.</div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Espace Racines Carrées</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/espace-racines-carrees/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[louli]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Aug 2025 09:04:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[L'ASBL souhaite ouvrir un espace d’accueil bas seuil visant la lutte contre la précarité au pluriel]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Espace Racines Carrées est un collectif composé de citoyens et quelques professionnels du secteur social et culturel qui ont souhaité réfléchir au développement d’un projet en lien avec la problématique de la précarité au pluriel.</p>



<p>L’objectif principal de cette ASBL en création est de prévenir le cumul de formes de précarité pour éviter de tomber dans la grande pauvreté.&nbsp;</p>



<p>L&rsquo;ASBL souhaite ouvrir un espace d’accueil bas seuil visant la lutte contre la précarité au pluriel en apportant une écoute, un soutien, une orientation, un accompagnement généraliste, social et psycho médico-social, administratif en développant le bien-être et de la solidarité citoyenne par le biais d&rsquo;actions tant individuelles que collectives et/ou communautaires.</p>



<p>Pour se faire, l&rsquo;association aura une approche globale, transversale, holistique et intersectorielle des problématiques.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Soirée Santé mentale à Porcheresse</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/soiree-sante-mentale-a-porcheresse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jan 2025 15:53:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Compagnie buissonnière]]></category>
		<category><![CDATA[La Fourmilière]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?p=38873</guid>

					<description><![CDATA[Ce vendredi 17 janvier était organisée une soirée « post-campagne » sur la santé mentale. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Ce vendredi 17 janvier était organisée une soirée « post-campagne » sur la santé mentale. </p>



<p>Préparée en collaboration avec une équipe locale dynamique (secteur pastoral de Bièvre), nous avons pris un vrai bonheur à assister au spectacle de théâtre-action « ça me chiffonne ». Une représentation construite par <a href="https://vivre-ensemble.be/association/compagnie-buissonniere/">La Compagnie buissonnière</a>, en partenariat avec les asbl « Itineris » et « Altéo », avec huit personnes en situation de précarité. Avec simplicité et humanité, accompagnée par la force tranquille et la conviction de Sophie Davin – assistante sociale –, nourrie aussi du vécu des acteurs et actrices, la pièce dénonce le parcours d’obstacles que nombre de personnes traversent pour accéder au logement, à la santé et à leurs droits en général. </p>



<p>Un cri de « ras-le-bol » au nom de «&nbsp;nous ne sommes pas des dossiers&nbsp;» face aux jugements, à la solitude, aux vexations de toutes sortes. La cinquantaine de personnes présente a aussi pu entendre les témoignages de l’asbl <a href="https://vivre-ensemble.be/association/la-fourmiliere-1742/">La Fourmilière</a>, bien connue et régulièrement soutenue par Action Vivre Ensemble, tout comme la Compagnie. Sa coordinatrice, Véronique Maldague, résume le sens de sa mission&nbsp;: </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« <em>Le travail en économie sociale, c’est avant tout cheminer ensemble vers un même but : être au service de la collectivité. C’est l’humain avant le profit, écouter, prendre en compte les besoins, donner des temps de respiration </em>». </p>



<p></p>
</blockquote>



<p>Des moments organisés, entre autres, à travers des ateliers d’expression auxquels Françoise participe et qui renforcent l’estime de soi et le lien social : Je suis un roseau, pas bien épais. J&rsquo;ai dû m&rsquo;accrocher pour pousser le long de la berge de ce ruisseau, mais ça en valait la peine.</p>



<figure class="wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="840" height="560" data-id="38881" src="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/01/20250117_Soiree-Sante-mentale-a-Porcheresse_1.jpg" alt="" class="wp-image-38881" srcset="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/01/20250117_Soiree-Sante-mentale-a-Porcheresse_1.jpg 840w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/01/20250117_Soiree-Sante-mentale-a-Porcheresse_1-300x200.jpg 300w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/01/20250117_Soiree-Sante-mentale-a-Porcheresse_1-768x512.jpg 768w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/01/20250117_Soiree-Sante-mentale-a-Porcheresse_1-600x400.jpg 600w" sizes="(max-width: 840px) 100vw, 840px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="840" height="560" data-id="38880" src="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/01/20250117_Soiree-Sante-mentale-a-Porcheresse_-4.jpg" alt="" class="wp-image-38880" srcset="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/01/20250117_Soiree-Sante-mentale-a-Porcheresse_-4.jpg 840w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/01/20250117_Soiree-Sante-mentale-a-Porcheresse_-4-300x200.jpg 300w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/01/20250117_Soiree-Sante-mentale-a-Porcheresse_-4-768x512.jpg 768w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/01/20250117_Soiree-Sante-mentale-a-Porcheresse_-4-600x400.jpg 600w" sizes="(max-width: 840px) 100vw, 840px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="840" height="560" data-id="38879" src="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/01/20250117_Soiree-Sante-mentale-a-Porcheresse_-3.jpg" alt="" class="wp-image-38879" srcset="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/01/20250117_Soiree-Sante-mentale-a-Porcheresse_-3.jpg 840w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/01/20250117_Soiree-Sante-mentale-a-Porcheresse_-3-300x200.jpg 300w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/01/20250117_Soiree-Sante-mentale-a-Porcheresse_-3-768x512.jpg 768w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/01/20250117_Soiree-Sante-mentale-a-Porcheresse_-3-600x400.jpg 600w" sizes="(max-width: 840px) 100vw, 840px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="840" height="560" data-id="38878" src="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/01/20250117_Soiree-Sante-mentale-a-Porcheresse_-2.jpg" alt="" class="wp-image-38878" srcset="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/01/20250117_Soiree-Sante-mentale-a-Porcheresse_-2.jpg 840w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/01/20250117_Soiree-Sante-mentale-a-Porcheresse_-2-300x200.jpg 300w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/01/20250117_Soiree-Sante-mentale-a-Porcheresse_-2-768x512.jpg 768w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/01/20250117_Soiree-Sante-mentale-a-Porcheresse_-2-600x400.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 840px) 100vw, 840px" /></figure>
</figure>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Regards sur les liens entre précarité et santé mentale</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/events/event/regard-sur-les-liens-entre-precarite-et-sante-mentale-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jan 2025 14:07:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Campagne d’Avent]]></category>
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					<description><![CDATA[Soirée d'échange - présentation d’initiatives concrètes]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="x_MsoNormal"><em><span data-olk-copy-source="MessageBody">Présentation d’initiatives concrètes et échanges sur une thématique qui ne concerne pas seulement la précarité financière mais aussi le sentiment d’isolement et surtout la nécessité de vivre dans une société solidaire, à l&rsquo;écoute et respectueuse.</span></em></p>
<p>Table ronde avec : Action Vivre Ensemble, l’Unité Pastorale Entre Vire et Ton, Solidarité Virton, Soleil du Cœur, Le CPAS de Virton, L&rsquo;ALE de Virton, Le Groupe Alzheimer et Soins palliatifs, La Saint-Vincent de Paul de Virton, et d’autres&#8230;</p>
<p>Suivie d’un verre de l’amitié.</p>
<p>Entrée libre</p>
<h2>Infos</h2>
<p><a href="mailto:giov.presciutti@hotmail.com">giov.presciutti@hotmail.com</a> &#8211; <a href="phone:+32499140438">0499/140 438</a></p>
<p><a href="mailto:celine.laffineur@vivre-ensemble.be">celine.laffineur@vivre-ensemble.be</a> &#8211; <a href="phone:+32499906499">0499/906 499</a></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Projection  « Les hommes seuls »</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/events/event/projection-les-hommes-seuls/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Dec 2024 09:02:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Campagne d’Avent]]></category>
		<category><![CDATA[Débat]]></category>
		<category><![CDATA[Projection film]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=event&#038;p=38680</guid>

					<description><![CDATA[Ciné débat et rencontre avec le réalisateur]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h2>Une crise de l’accueil sans fin</h2>
<p>En 2023, ce sont trois mille demandeurs d’asile qui errent d’un squat à un autre, d’un trottoir à un autre, dans l’attente désespérée d’être pris en charge dans un centre d’accueil.</p>
<p>De son côté, l’État belge s’astreint de ses obligations en matière de politique sociale et migratoire, les yeux mi-clos face à une crise de l’accueil qui ne fait que s’accentuer.</p>
<p>Yves Dorme dresse un état des lieux glaçant de la situation actuelle, se mêlant à la foule des demandeurs d’asile, interrogeant les avocats qui traitent leurs dossiers,</p>
<p>les autorités publiques, ainsi que les bénévoles et membres d’associations qui luttent pour le droit à la dignité humaine.</p>
<p><strong>Projection en présence du réalisateur !</strong></p>
<p>Nous aborderons, entre autres, les questions de santé mentale et les nombreuses difficultés, en lien avec la migration et les personnes en transit.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h2>Infos pratiques</h2>
<p>7 euros/place</p>
<p>Tickets : <a href="https://plaza-mons.be/" target="_blank" rel="noopener">plaza-mons.be</a> ou sur place, le jour-même.</p>
<p>Une co-organisation des Equipes Populaires Hainaut Centre et Action Vivre Ensembl.</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Mauvaise santé et logement &#8211; un cercle vicieux</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/mauvaise-sante-et-logement-un-cercle-vicieux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Nov 2024 11:48:57 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=publication&#038;p=38666</guid>

					<description><![CDATA[Nous abordons le thème du logement en mettant en lumière ses impacts multiples sur la santé, bien souvent mise à l’épreuve par des obstacles et des vulnérabilités qui traversent nos sociétés]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p class="titre-trois">Le logement est un thème souvent abordé par Action Vivre Ensemble. Il nous semble important de l’aborder ici en mettant en lumière ses impacts multiples sur la santé, bien souvent mise à l’épreuve par des obstacles et des vulnérabilités qui traversent nos sociétés<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>.</p>



<p>Parler de la santé en lien avec le logement nous amène d’emblée à penser à ceux qui dorment en rue, qui n’ont pas de toit pour s’abriter. De plus en plus nombreux et nombreuses dans nos villes, leur situation interpelle nos capacités individuelles et collectives à accueillir et à veiller à ce que chacun·e dispose d’un toit digne où s’abriter, un chezsoi où vivre dans de bonnes conditions. Ce sujet a été développé dans l’étude qui a servi de support à la campagne d’Avent 2023<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>. Il mérite à lui seul que nous lui consacrions sans relâche des écrits, des interpellations et des actions.</p>



<p>Cette étude se propose de parler d’autres publics, entre autres des <strong>familles</strong>, peut-être moins visibles encore. Ce sont celles et ceux <strong>qui vivent dans des logements qui affectent leur santé physique, psychique ou sociale</strong>. Leur situation est souvent ignorée, car moins perceptible par le grand public, mais aussi leurs voisins, des personnes qu’elles fréquentent. Ce sont de plus en plus souvent des mamans seules, des personnes âgées, des travailleurs ou travailleuses aux bas salaires, des personnes rencontrant la suspicion ou le racisme en raison de leur apparence.</p>



<p>Ce sont aussi celles et ceux qu’on appelle parfois <strong>les «nouveaux visages de la précarité»</strong>, des personnes jeunes qui ont peu de revenus, qui travaillent à temps partiel ou qui ont des contrats temporaires de courte durée qui n’ouvrent pas de droit au chômage, des étudiant·es, des personnes qui ont été licenciées et qui n’arrivent plus à payer les factures ou à rembourser leurs emprunts, etc. Ils et elles appartiennent à un groupe qui était jusqu’à récemment relativement épargné par la grande pauvreté économique et étaient parfois déjà, sans en prendre réellement conscience, dans une situation de précarité, c’est-à-dire, exposés au risque de perdre ce qui permettait de vivre sereinement.</p>



<p>Un incident, quel qu’il soit, les a fait basculer dans une situation de manque chronique de moyens économiques pour faire face aux besoins récurrents du quotidien : une augmentation des frais (les charges locatives, un minerval, des factures à payer, des déplacements, etc.), une diminution de rentrées financières (perte totale ou partielle d’un travail ou d’une bourse d’études, diminution ou refus d’allocations sociales, diminution de l’aide parentale, séparation, etc.). Si l’on regarde plus attentivement leurs histoires de vie, le constat est clair : <strong>bien au-delà « d’accidents de la vie », le problème est fondamentalement systémique</strong>. Il est la résultante de changements structurels, de logiques et de choix quant aux priorités politiques, économiques et sociales face à un ensemble imbriqué de difficultés comme l’inflation du prix des logements et de l’énergie, le manque de logements sociaux, les inondations, la crise sanitaire, l’augmentation du coût de la vie, ainsi que les logiques qu’imposent les nouveaux standards sociaux (téléphone, ordinateurs, systèmes bancaires, etc.) et la culture actuelle de surconsommation.</p>



<p>Ces dernières années, la précarisation croissante de nouveaux pans de la population est à mettre en lien avec l’effritement des structures sociales : fin du plein-emploi, déstructuration et précarisation du marché du travail, délitement des liens sociaux et familiaux, etc. La santé, dont il sera question dans cette étude, est « un révélateur particulièrement sensible de l’ordre social et politique, tant par la manière dont les rapports sociaux se marquent dans les corps – produisant des inégalités sociales de santé – que par la façon dont les institutions politiques organisent la protection, la prévention et les soins – autrement dit ce qui relève des politiques de santé publique<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup> ».</p>



<p>Avant de développer plus spécifiquement la relation entre la santé et le logement, nous proposons de nous pencher sur les définitions de la santé, les facteurs qui l’influencent et les cadres juridiques qui en parlent en Belgique. Nous verrons ensuite, à partir du focus du logement, que le droit à la santé est loin d’être toujours respecté. L’imbroglio des problèmes quotidiens est trop peu considéré comme un tout. Les problèmes sont souvent abordés un par un dans l’espoir d’inverser la spirale négative. Cette étude propose de tirer quelques fils de cet imbroglio de difficultés pour saisir les conséquences de la pauvreté matérielle à partir de l’impact du logement sur la santé, entendue comme un bien-être physique, psychique et social<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>.</p>



<p>Notre exploration des liens entre la santé globale et le logement se fera en mettant en lumière des histoires vécues – ainsi que ce qu’elles suggèrent explicitement &#8211; et à travers différentes formes de révoltes (colère, agressivité, refus de collaborer, auto-exclusion, etc.). Nous irons aussi à la rencontre d’initiatives communautaires, du travail de bénévoles et de professionnels qui démontrent que la solidarité dessine des pistes de solutions et améliore le cours de destinées. La réalisation de ces propositions d’améliorations suggérées par des organisations citoyennes dépend de la volonté politique de l’État, des régions et des communes. Elle est aussi notre responsabilité individuelle et collective.</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-16018d1d wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link has-bleu-vert-background-color has-background wp-element-button" href="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/11/Etude_SanteLogement_AVE2024.pdf">Texte intégral  en PDF</a></div>
</div>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;RONDIA, Karin, Le Chaînon, n°65, décembre 2023.</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir à ce sujet l’étude de campagne, <a href="https://vivre-ensemble.be/publication/  etude-2023-2/">À bout de souffle. Parcours d’obstacles pour un droit au logement</a>.</div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;FASSIN, D., La santé en souffrance dans Les Lois de l’inhospitalité: Les politiques de l’immigration à l’épreuve des sans-papiers, éd. La Découverte, Paris,<br /><br />



1997, p. 107. Disponible sur <a href="https://shs.cairn.info/les-lois-de-l-inhospitalite--9782707127433-page-107?site_lang=fr">shs.cairn.info</a></div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Selon la définition de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. »</div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Santé communautaire &#8211; Quand la solidarité soigne</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2024-10/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Oct 2024 15:01:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=publication&#038;p=38491</guid>

					<description><![CDATA[En Belgique, notre système de soins en santé mentale offre des espaces tels que les hôpitaux psychiatriques, les centres de jours ou encore les équipes mobiles. Mais si cela n’était pas suffisant ?]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="ligne-gauche-normal">La vie n’est pas un long fleuve tranquille… Que faire lorsqu’on perd pied ? En Belgique, notre système de soins en santé mentale offre des espaces tels que les hôpitaux psychiatriques, les centres de jours ou encore les équipes mobiles. Mais si cela n’était pas suffisant ? S’il fallait plus de structures extra hospitalières ? Des lieux où créer du lien social, véritable antidote contre la souffrance mentale ? C’est ce qui a motivé la création de la Clinique du lien qui se targue, justement, de ne pas être une ‘clinique’ au sens propre du terme. Cette analyse raconte l’histoire de ce projet ambitieux, un projet sensé, un projet de liens. C’est aussi l’histoire d’un combat mais aussi d’entraide et de solidarité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Genèse du projet</h2>



<p>Généralement, à travers le parcours de soin en santé mentale, le passage par un hôpital de jour est la suite logique à une hospitalisation. Cette structure porte bien son nom puisque les patients sont encadrés durant la journée et rentrent chez eux quand vient le soir. L’encadrement de l’hôpital de jour peut paraître contraignant, avec des horaires précis et une obligation de présence par exemple. Petit à petit, le temps passé en hôpital de jour diminue jusqu’à son arrêt complet. Les personnes se retrouvent de nouveau à plein temps chez elles. C’est là que, au sein de leur foyer, l’équilibre délicat mis en place peut à nouveau basculer&nbsp;: être confronté à des difficultés, la solitude, le manque de lien, les angoisses, etc. sont des raisons suffisantes qui peuvent mener à une nouvelle hospitalisation. Et ce parcours se transforme en boucle infernale et interminable.</p>



<p>Fortes de ce constat, deux professionnelles de la Clinique de la Forêt de Soignes ont pensé à la création d’un lieu de transition hors structure hospitalière, faisant office de passage entre l’hôpital et la société, entre la solitude et la société. La constitution d’un espace rassemblant des personnes souffrant de vulnérabilité psychique permet de les stabiliser, de mobiliser leurs resssources, de (re)découvrir leurs compétences et de (re)trouver confiance en leurs potientialités à travers un panel activités proposées. En créant un espace de partage, ce lieu de liens offre une occasion de sortir de l’isolement social. Les personnes ne sont plus des <em>patientes</em> mais des <em>participantes</em> aux divers ateliers. Elles oeuvrent à leur rétablissement et leur permet de s’intégrer dans le tissu social.</p>



<p>Pensé aussi bien pour les patients que par les patients, ce projet est le fruit d’un croisement de savoirs entre les professionnels de terrain mais aussi avec la complicité de certains patients ou anciens patients, aidants-proches, etc. Cette collaboration multiple a permis la création d’un espace porteur de sens pour les personnes ayant des vulnérabilités psychiques. Après des mois de discussions et de travail, l’<em>Espace</em> <em>du lien</em>a ouvert à Genval en 2016.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un projet qui ne rentre dans aucune case</h2>



<p>Sans surprise, une grande difficulté de ce projet a été le financement. L’idée est alors venue de proposer un centre de permanence avec des consultations à l’étage et un espace de création et d’ateliers au rez-de-chaussée d’un même bâtiment. Malgré la structure légère de l’association (un loyer, un travailleur à temps partiel et du matériel), la recherche de subside reste fondamentale pour la pérennisation du projet. Alors que les souffrances psychiques sont en augmentation, que la pandémie COVID-19 a accentué certains déséquilibres et a permis de se rendre compte de l’importante du lien social, les budgets alloués à la santé mentale – en tout cas pas pour un projet tel que celui-là &#8211; restent trop faibles. À Bruxelles, la Commission Communautaire française (Cocof) subsidie les «&nbsp;Lieux de liens&nbsp;». Seulement, en Wallonie, il n’existe pas d’appellation similaire. Seule l’AVIQ offre un subside annuel mais qui n’est pas suffisant pour tout couvrir. Aujourd’hui, et afin de pérenniser ses activités, l’Espace du lien a créé le «&nbsp;Fonds des Amis de l’Espace du lien&nbsp;», géré par la Fondation Roi Baudoin.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La santé communautaire, késaco&nbsp;?</h2>



<p>« <em>L’approche en santé communautaire se définit comme un processus ayant une vision plurifactorielle de la santé, qui entreprend le développement d’actions de prévention et de promotion de la santé à travers la participation de groupes de personnes affiliées sur un territoire, dans une perspective de justice sociale, par la réalisation de changements structurels (environnementaux et comportementaux), en vue d’améliorer la santé de la communauté et de ses membres</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>. Autrement dit, la participation des membres à l’ensemble du processus est fondamentale dans la pratique de la santé communautaire<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>.</p>



<p>Dans cette même démarche, <em>l’Espace du lien</em> se veut un lieu vivant, convivial, bienveillant et acceuillant. Un lieu de soutien, un microcosme dans lequel il est possible de (re)trouver des personnes qui sont elles aussi passées par des moments difficiles, des phases de vulnérabilité. Dans cet endroit, il est possible de faire des ateliers en groupe, de se créer une appartenance au sein d’une communauté. Les volontaires et les participants sont libres de proposer des ateliers. Lorsque la personne passe de ‘participante’ à ‘animatrice’, cela signifie qu’elle se sent suffisamment rétablie pour porter la responsabilité d’aider à son tour ses pairs, en s’appuyant sur son expérience selon le principe de la pair-aidance<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>.</p>



<p><em>«&nbsp;Étant dans l’ébauche d’une ‘re-naissance’, les ateliers (…) m’ont permis de renouer avec la vie, avec les animateurs, avec les présents, tous dans une quête de sérénité à retrouver des relations, à recréer, à ‘créer tout court’. Le temps a passé, la Vie a repris le dessus, activités, job, vie sociale (…). </em><strong>Après avoir tellement reçu, j’ai souhaité rentrer dans la dynamique de cette ‘boule de laine’ de liens qui se tricotent… ‘Donner ce qui m’a nourrie’</strong>&nbsp;»&nbsp;explique une participante qui a intégré l’équipe des volontaires.</p>



<p>La venue de chacun est sur une base volontaire, l’important est que chacun puisse être libre d’être qui il est, avec ses difficultés et son bagage. L’accès aux activités est conditionné par une entrevue avec un psychiatre et un psychologue qui évaluent si le projet peut correspondre à la personne. Au terme de cet entretien, la personne est libre d’y prendre part ou non, de la même manière que chaque membre est libre de rester discret sur son trajet de vie.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>&nbsp;«&nbsp;Suite à un accident dans ma jeunesse, laissée sans soins psychologiques, je me retrouve encore de temps en temps et depuis des années avec du ‘stress post-traumatique’ qui engendre des moments d’angoisse. (…) Ces ateliers sont devenus incontournables pour moi, c’est un but dans ma vie. J’ai le sentiment d’appartenir à une famille ayant un projet collectif. Je prends plaisir et je suis fière de pouvoir parfois aider quand une personne a plus de difficultés. (…) Quand je suis à l’Espace du Lien, je ne pense plus à rien mais à ce que je fais et je me sens intégrée dans un groupe au lieu de me refermer sur moi. Je me suis fait des amis, alors que seule c’est compliqué. (…) Franchement je ne sais pas ce que je deviendrais si ce lieu n’existait plus&nbsp;».</em></p>
<cite>V., une participante</cite></blockquote>



<p><em>L’Espace du lien</em> a permis de mettre en exergue que le groupe et la communauté sont fondamentaux dans la démarche de soin. Cette année, <em>l’Espace du lien</em> propose 12 activités différentes : recherches artistiques, groupe de parole, cuisine, couture, tricot, mosaïque, sorties culturelles, etc. Les activités varient en fonction des compétences de chaque animateur, « <em>le fait que les gens qui animent ont vécu la même expérience offre aux patients un possible, leur montre qu&rsquo;on peut se remettre de la difficulté qu&rsquo;ils vivent, qu&rsquo;on peut retrouver la confiance et devenir éventuellement soi-même un pair-aidant. Cela met les gens dans une logique de progression, de rémission, et démystifie les difficultés de santé mentale</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>.</p>



<p><strong>Au-delà des activités, c’est surtout pour le lien social que certaines personnes s’y inscrivent. La santé mentale n’est pas un problème individuel mais bien une préoccupation globale. Et avoir un groupe d’appartenance fait déjà office de prévention de soin en santé mentale.</strong></p>



<p>Les problèmes de santé mentale isolent et sont souvent couplés à la précarité<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>. Un cercle vicieux dans lequel il est facile de tomber. Les personnes à petits revenus ou dépendant de la mutuelle ont moins d’opportunité de pouvoir participer à des activités extérieures ou culturelles et faire partie d’un groupe. De plus, les souffrances psychiques font partis des non-dits de la société. Le sujet n’est plus tabou mais il est toujours difficile d’assumer des problèmes de santé mentale au sein de notre société. D’autant plus que la santé mentale est parfois encore synonyme de folie. L’isolement n’en est que plus grand et un espace de rencontre bienveillant est d’autant plus indispensable pour retrouver ses repères.</p>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column red-message is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p>Ceci n’est que le début d’une histoire pleine de douceur, de bienveillance et de solidarité. Ceci n’est que le début d’un combat pour le soin pour chaque personne, dans un esprit communautaire où le vivre ensemble est préventif et curatif. Un exemple pour le monde de demain et pour notre santé mentale à toutes et tous.</p>
</div>
</div>



<p></p>



<p><em>Cette analyse a été réalisée sur base d’un entretien avec Françoise Racquez, coordinatrice de l’Espace du lien, en date du 11 juin 2024. Nous la remercions pour sa disponibilité et sa confiance.</em></p>



<p></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://educationsante.be/sante-communautaire-lheure-est-a-lechange-de-pratiques/</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir http://www.mmanderlecht.be/mma/index.php/les-activites/108-les-projets-en-sante-communautaire</div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;« Le pair-aidant est une personne qui elle-même a vécu une période de souffrance psychique qu&rsquo;elle a pu dépasser, pour laquelle elle est stabilisée depuis au moins 2 ans. Elle vient partager son expérience pour accompagner des personnes fragilisées dans cette transition vers une rémission et vers un retour vers une qualité de vie meilleure » (https://www.rtbf.be/article/a-la-clinique-du-lien-le-role-essentiel-du-pair-aidant-10136660)</div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;https://www.rtbf.be/article/a-la-clinique-du-lien-le-role-essentiel-du-pair-aidant-10136660</div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;À ce sujet, voir l’étude d’Avent 2024 sur la santé mentale, Quand la détresse est partout. Regards sur les liens entre précarité et santé mentale, disponible sur https://vivre-ensemble.be/publication/etude-2024/</div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Projection  «&#8239;Les hommes seuls&#8239;»</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/events/event/projection-les-hommes-seuls-nivelles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Oct 2024 09:45:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Campagne d’Avent]]></category>
		<category><![CDATA[Débat]]></category>
		<category><![CDATA[Projection film]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=event&#038;p=38513</guid>

					<description><![CDATA[Ciné débat et rencontre avec le réalisateur]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Projection suivie d’une rencontre et discussion avec le réalisateur, Yves Dorme et Marie Faes (psychologue et psychothérapeute), Coordinatrice responsable de l’équipe mobile psychiatrique adultes – réseau 107 du Brabant wallon. Ce sera l’occasion de discuter de la crise de l’accueil des demandeurs d’asile en Belgique.</p>
<h2>Synopsis</h2>
<p>Ils demandent l’asile et la protection. Des centres sont prévus pour les héberger le temps de traiter leur dossier, mais la Belgique est en crise. Crise de l’accueil. On abandonne les hommes seuls dans les rues de Bruxelles en attendant que des places se libèrent. Raziq, un jeune afghan, se retrouve dans un squat…</p>
<p>En 2023, ce sont trois mille demandeurs d’asile qui errent d’un squat à un autre, d’un trottoir à un autre, dans l’attente désespérée d’être pris en charge dans un centre d’accueil. De son côté, l’État belge s’astreint de ses obligations en matière de politique sociale et migratoire, les yeux mi-clos face à une crise de l’accueil qui ne fait que s’accentuer. Yves Dorme dresse un état des lieux glaçant de la situation actuelle, se mêlant à la foule des demandeurs d’asile, interrogeant les avocats qui traitent leurs dossiers, les autorités publiques, ainsi que les bénévoles et membres d’associations qui luttent pour le droit à la dignité humaine. Au moyen d’une sobriété stylistique et d’une grande habileté narrative, le réalisateur propose un documentaire saisissant, entièrement dévoué à son propos. Par une approche journalistique, il capture les événements en direct et parvient à mettre en évidence les enjeux géopolitiques contenus dans cette crise de l’accueil, tout en défendant la dignité humaine avec une grande pudeur. (Cinergie)</p>
<h2>Infos pratiques</h2>
<p>5 euros/place</p>
<p>Réservations sur <a href="https://www.cine4.be/films/les-hommes-seuls-realisateur" target="_blank" rel="noopener">cine4.be</a></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Quand la détresse est partout</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/etude-2024/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Sep 2024 09:10:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[jt219]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=publication&#038;p=38253</guid>

					<description><![CDATA[Regards sur les liens entre précarité et santé mentale]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Rédaction Noémie Winandy</p>



<p>En situation de précarité, lorsque chaque jour est une lutte pour vivre dignement, souffrir de troubles mentaux représente une double peine. Comment se soigner quand le simple fait de se loger ou de se nourrir est problématique ? Si la précarité peut engendrer des troubles mentaux, l’inverse l’est également. Ce lien terrifiant entre santé mentale et précarité est bidirectionnel et aggrave des situations de vie déjà très compliquées. La tendance de notre société à faire de la santé mentale une affaire individuelle responsabilise à outrance un public fragilisé et encourage son exclusion sociale. Pourtant, les troubles mentaux sont le signe d’une société qui va mal et doivent, en cela, faire l’objet d’un enjeu collectif porté par toutes et tous. Parce que notre psychisme est influencé par les inégalités et les conditions de vie, faisons du bien-être mental une priorité et ce, au bénéfice de toute la société.</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-16018d1d wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link has-vert-petrole-background-color has-background wp-element-button" href="https://cloud.entraide.be/s/XJAoLscM9TH8Qjx" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Téléchargez l&rsquo;étude &#8211; PDF (6 Mb)</a></div>
</div>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>BX-Jeunes</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/bx-jeunes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Quentin Minsier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jul 2024 10:31:13 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=association&#038;p=38145</guid>

					<description><![CDATA[Bx-Jeunes a pour objectif d’aider à l’émancipation des jeunes en situation précaire vivant dans le croissant pauvre de Bruxelles.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Bx-Jeunes a pour objectif d’aider à l’émancipation des jeunes en situation précaire. </p>



<p>Ils travaillent avec des enfants et des jeunes entre 6 et 25 ans dans la Régions bruxelloise, plus spécifiquement au croissant pauvre de Bruxelles, dans la Zone Canal. L’association s’oriente vers des jeunes qui ont du mal à rentrer en contact avec les organisations, ils les atteignent par l’outreach. La plupart des jeunes, filles et garçons, vivent dans une situation très précaire. Ils sont touchés par une inégalité des chances. Ils vivent parfois dans un grand isolement social. Ils indiquent que très peu de personnes s’intéressent à eux. Ils optent donc pour un travail de proximité. Leurs besoins et leurs demandes sont leur fil rouge. C’est un projet par des jeunes pour des jeunes.</p>



<p>L’association a plusieurs actions : l’accueil dans leurs locaux, travail de sensibilisation sur des sujets qui les touchent (drogue, argent facile, violences, etc.), activités bien-être hors de leurs quartiers (week-ends entre jeunes par exemple), échanges avec une association flamande, service psychologues première ligne en collaboration avec Brustar, voyages en montagne, actions caritatives avec les jeunes, divers autres ateliers venant des jeunes eux-mêmes, etc.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Un toit un cœur, seul refuge pour les personnes sans abri dans le désert brabançon</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/un-toit-un-coeur-seul-refuge-pour-les-personnes-sans-abri-dans-le-desert-brabancon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[jflauwens]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jan 2024 10:43:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Action Vivre Ensemble]]></category>
		<category><![CDATA[UTUC]]></category>
		<category><![CDATA[jt207]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?p=37448</guid>

					<description><![CDATA[Cet hiver, une nouvelle fois, le constat est terrifiant : alors que 22% de sa population est menacée de précarité, le Brabant wallon ne dispose pas d’un seul abri de nuit.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Cet hiver, une nouvelle fois, le constat est terrifiant&nbsp;: alors que 22% de sa population est menacée de précarité, le Brabant wallon ne dispose pas d’un seul abri de nuit. Et ne compte que deux abris de jour dont <a href="https://vivre-ensemble.be/association/un-toit-un-coeur/">Un toit un cœur (UTUC), à Louvain-la-Neuve</a>.</strong></p>



<p>C&rsquo;est une incongruité, une situation unique en Wallonie voire en Belgique, une indécence même&nbsp;: <a href="https://media.kbs-frb.be/fr/media/10497/2023_Dakenthuisloosheid_BrabantWallon_FR" target="_blank" rel="noopener">alors que l’on a recensé 900 personnes sans-abri, dont 270 enfants, en 2023 dans le Brabant wallon</a> (et encore sur 9 de ses 27 communes), la province est la seule à ne pas offrir une seule place en abri de nuit&nbsp;! Les premiers jours de l&rsquo;année, il y avait -7° à Louvain-la-Neuve. &nbsp;Stéphanie Seutin, la coordinatrice sociale d’<a href="https://www.utuc.be/" target="_blank" rel="noopener">Un toit un cœur (UTUC)</a>, un abri de jour né en 2007 à l’initiative de trois kots à projets, cherche désespérément à comprendre pourquoi les choses sont aussi dramatiques dans cette province qui a l&rsquo;image du coin le plus riche de Wallonie.</p>



<p>Comment l’expliquer ? <em>«&nbsp;Sincèrement, je ne me l’explique pas&nbsp;»</em>, se désespère Stéphanie Seutin. <em>«&nbsp;Régulièrement, nous allons voir les autorités, la province, les communes et il ne passe … rien&nbsp;! Il y a une absence totale de volonté politique d’agir sur une province très étendue, de Tubize à Jodoigne. Il faudrait au moins un abri de nuit à l’ouest, un au centre et un à l’est. Tout au plus, quelques communes ont lancé le DHU (dispositif d’hébergement d’urgence) mais il s’agit d’une quinzaine de places payantes (16 €), sur dossier, avec signature d’une convention&nbsp;! Chaque année, nous demandons à la commune d’Ottignies-Louvain-la-Neuve un cadastre des bâtiments vides et l’activation d’un plan grand froid sans jamais obtenir de réponse.&nbsp;Il faut un abri de nuit mais nous ne pouvons porter cela avec nos deux ETP et nos bénévoles qui, pour partie, sont des étudiants de kots à projets.&nbsp;»</em></p>



<p>Selon Un toit un cœur, une quinzaine de personnes dorment dans la rue dans cette commune, notamment dans les parkings de LLN. L’asbl enregistre 3500 passages annuels en ses murs, soit une vingtaine de personnes par jour&nbsp;: un repas à 2€, une douche ou une lessive à 1€, des croquettes pour les chiens, des consultations et dépistages médicaux, des sensibilisations aux addictions sont proposés.</p>



<p>UTUC a développé récemment le travail de mise au logement avec un bilan exceptionnel de 34 entrées en logement (public essentiellement) en un an. <em>«&nbsp;Nous ne pouvons plus imaginer d’ouvrir la porte uniquement pour faire des jeux de société avec nos usagers&nbsp;! Nous voyons des situations dramatiques. Je pense à cet homme sans abri soigné pour une pneumonie et que la clinique d’Ottignies a fait sortir en pleine nuit. Il a dormi sans couverture sur le quai de la gare et est arrivé bleu chez nous le matin. Les autorités attendent-elles de nouveaux drames&nbsp;? »</em></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
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