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	<title>Santé &#8211; Action Vivre Ensemble</title>
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		<title>Stagiaires dans les métiers du soin &#8211; De l’idéal à la désillusion&#8239;?</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-17/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Dec 2025 14:48:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Cette analyse explore les liens entre la désertion des études dans les domaines sociaux et les contextes politiques, managériaux et genrés dans lesquels se développent l'épuisement professionnel et la souffrance éthique de nombreux professionnels et stagiaires. ]]></description>
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<p class="titre-trois">Cette analyse explore les liens entre la désertion des études dans les domaines sociaux (santé, sciences sociales, éducation, etc.) et les contextes politiques, managériaux et genrés dans lesquels se développent l&rsquo;épuisement professionnel et la souffrance éthique de nombreux professionnels et stagiaires. Elle explore les vécus d’étudiants infirmiers durant leurs stages et les tensions qui traversent les professions soignantes. Y sont constatées des mises en marge, des exclusions et l’invisibilisation de multiples acteurs considérés comme subalternes. À partir de l’éthique du ‘<em>prendre soin’,</em> le texte interroge les conséquences des priorités politiques visant la rentabilité et la diminution des coûts des métiers centrés sur l’humain. Il soulève des questions sociales, pédagogiques et managériales à résoudre pour améliorer l’attractivité des formations et des professions en lien avec la santé, les domaines du social et de l’éducation, piliers de nos démocraties et de justice sociale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Introduction</h2>



<p>Près de 99,8% des étudiant·es en soins infirmiers affirment avoir été victimes et/ou témoins de violence lors de leurs stages<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>. Ce chiffre est vertigineux et est un des résultats de la lecture de centaines de récits récoltés entre 2010 et 2024, dans lesquels des étudiant·es de Wallonie et de Bruxelles relatent leurs vécus en stages. Ces témoignages montrent aussi que leurs désillusions sur leur future profession arrivent rapidement. Près de la moitié rapporte avoir mal vécu la première expérience de stage. Or, cette période est conçue comme une découverte pratique du métier et est un test sur le bien-fondé de ce choix d’études.  Ces vécus font écho à ceux rapportés par de nombreux autres étudiant·es issus des domaines sociaux, éducatifs ou de santé. Cette maltraitance des jeunes qui entreprennent des études en lien avec le social s’inscrit dans un contexte global morose des secteurs concernés. La pénurie d’acteurs sociaux, d’infirmières, de médecins, d’enseignant·es ou d’éducateur·ices est devenue telle que, suite aux maladies et aux incapacités de travail, mais aussi aux démissions, à l’absence de candidat·es, certains secteurs n’arrivent plus à mener à bien leur mission. Dans de nombreux hôpitaux, des unités de soins ont dû fermer leurs portes ; dans les écoles, les élèves se retrouvent souvent avec des heures d’études à la place des cours, faute d’enseignant ; dans les CPAS, le <em>turn-over</em> des assistantes sociales est souvent tel que le suivi des dossiers est compliqué. La liste des conséquences du manque de professionnels (para)médico-socio-éducatifs est trop longue pour être évoquée ici et ce n’est pas le sujet principal de cette réflexion. Nous nous contenterons d’envisager quelques-unes des causes de ce manque de professionnels de terrain à partir des protagonistes peu visibles et pourtant particulièrement importants dans cette situation de pénurie : les étudiant·es. Nous tenterons de saisir, au-delà des faits, les messages qu’ils nous envoient, leurs attentes et leurs espoirs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le stage : apprentissage ou remplacement de personel ?</h2>



<p>Depuis les années 1990, les formations aux métiers du social, de la santé et de l’éducation sont confrontées à de nouveaux défis. La définition même des tâches quotidiennes ou des habitudes changent de manière imprévisible et trop rapidement pour se solidifier dans des routines<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>.Alors qu’ils vivent dans ce contexte changeant et incertain, les étudiant·es doivent aussi réaliser leurs stages dans une situation toujours plus aigüe de pénurie de personnel et sont confronté·es à des impératifs, des habitudes, des hiérarchies et des rigidités de pratiques qui les dépassent. Ces élèves sont trop fréquemment considéré·es comme des ‘ressources humaines’ indispensables à la réalisation, dans un temps donné, du planning des tâches des équipes professionnelles<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>. Leurprésence allège la charge de travail des professionnels et participe au fonctionnement des institutions sociales, éducatives et médicales prises dans des logiques de rentabilité et de marchandisation<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>.La place qui leur est attribuée n’est plus celled’apprenant·es surnuméraires qui doivent être accompagné·es et supervisé·es par un·e professionnel·le. Aujourd’hui, leur place est celle d’exécutant·es au service de l’équipe professionnelle sans pour autant être reconnu·es comme faisant partie de cette équipe. Ainsi, ces étudiant·es se retrouvent souvent devant le fait accompli de devoir remplacer du personnel absent, parfois en telle surcharge qu’ils sont dans l’impossibilité d’accompagner ou de soigner correctement les personnes dont ils ont la charge. De façon pragmatique, les professionnel·les les relèguent souvent dans des tâches dites ‘<em>de petites mains’</em> possibles à réaliser de manière autonome. Ce travail souvent répétitif et peu enthousiasmant est considéré par les professionnel·les comme peu intéressant<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>. La désillusion des stagiaires est grande :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em> « Ce n’est pas le métier tel que je l’imaginais, pas du tout ! Je pensais que j’allais pouvoir intégrer une équipe, accompagner des personnes malades, prendre le temps pour qu’elles puissent se sentir mieux. Mais ce qui m’est demandé c’est d’enchaîner les soins. Lors de mon premier stage, le deuxième jour, on m’a donné une liste de 10 toilettes à faire et personne ne m’a demandé si j’avais déjà fait une toilette seule, si j’avais besoin d’aide, si j’avais des questions. En milieu de matinée, quand les infirmières et les aides-soignantes prenaient leur pause, je devais rester dans le couloir pour répondre aux sonnettes » </em></p>
<cite>Marwa, étudiante en première année en soins infirmiers.</cite></blockquote>



<p>Les réflexions des étudiant·es sur leurs vécus en stage soulèvent des questions éthiques et politiques. Dans de nombreux lieux, leur façon d’envisager leur futur métier, le plus souvent ancré dans la sollicitude, le ‘<em>prendre soin</em><em>’</em>, comme priorité et sens, a peu de place. Leur éthique du respect, de la dignité et du bien-être des personnes qu’ils accompagnent s’en trouve bousculée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des professions entre rêve et réalité</h2>



<p>Ces désillusions sur le travail quotidien amènent certain·es stagiaires à arrêter leurs études. En effet, ce qu’ils expérimentent est aux antipodes de leurs attentes : faire partie d’une équipe bienveillante unie pour le bien des bénéficiaires.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« <em>Toutes mes années d&rsquo;études et périodes de stages étaient remises en question, ce métier qui m’avait tant fait rêver quand j&rsquo;étais petite était devenu pour moi un vrai calvaire »</em>  </p>
<cite>Sarah, étudiante en troisième année infirmier.</cite></blockquote>



<p>Il serait erroné de croire qu’il s’agit d’un choc dû à la naïveté de la jeunesse. Le rêve dont il s’agit est social, relationnel et éthique. Il est partagé par de nombreux diplômé·es qui se plaignent aussi de cette situation. Il s’inscrit dans la sémantique du mot ‘<em>accompagnement’</em> qui, comme l’explique l’ethnopsychiatre Jean Furtos, signifie partager « <em>une réalité substantielle qui nourrit autant celui qui donne que celui qui reçoit. C’est un partage vital</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>. Apprendre à accompagner devrait être intrinsèquement lié à une formation  bienveillante par des enseignant·es soucieux·ses de partager leurs savoirs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des stagiaires mis à l’écart</h2>



<p>Le sentiment exprimé par les stagiaires est souvent celui de se sentir extérieur à l’équipe, ignorés et seuls dans leur apprentissage, comme si la mention ‘<em>étudiant’</em> les rendait invisibles. Les stagiaires et le sens de leur stage (apprendre, réaliser des actes techniques, exercer des responsabilités) sont perçus comme un frein par le personnel hospitalier qui n’a ni le temps ni la force mentale de s’en occuper. Dans un cadre de surcharge et de fatigue chroniques, les équipes censées les accueillir se posent souvent la question de savoir comment les occuper. Car, se disent-elles, «&nbsp;<em>à quoi bon perdre du temps et de l’énergie pour les former puisqu’elles et ils vont partir et qu’in fine, nous ne profiterons pas de cet investissement ?</em>&nbsp;» Ces équipes sont déjà en difficulté face aux patients qu’ils n’arrivent pas à soigner correctement, faute de temps. La solution est alors toute trouvée&nbsp;: utiliser les étudiant·es comme main-d’œuvre à tout faire avec pour résultat délétère, une mise à distance de ces futur·es praticien·nes.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>« Il y avait beaucoup de tensions dans le service où je me trouvais, en plus du manque d’organisation. Le travail était toujours bâclé, on ne pouvait pas prendre le temps nécessaire, j’avais l’impression de maltraiter les personnes comme les professionnels me maltraitaient. J&rsquo;étais à bout, je me rendais souvent dans les toilettes, le seul endroit pour me retrouver seule et pouvoir souffler et même pleurer un bon coup parfois. Je me suis fait prendre une fois en sortant des toilettes avec les yeux rouges, je pensais peut-être recevoir un peu de soutien, mais on m’a répondu que j&rsquo;étais trop sensible et que je n&rsquo;étais pas faite pour ce métier si je n&rsquo;arrivais pas à me blinder »</em></p>
<cite>Élodie, 24 ans, étudiante en troisième année en soins infirmiers.</cite></blockquote>



<p>Les étudiants deviennent, comme ils le disent souvent, transparents. Ils rapportent entendre des propos comme « <em>moi je n’aime pas travailler avec des étudiant·es</em> » ou « <em>tu ne sais vraiment rien faire de bon</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>. En outre, l’intersectionnalité (le croisement du statut d’étudiant avec d’autres discriminations multiples, de sexe, de classe, de race, de handicap, d’orientation sexuelle, d’origine culturelle, etc.) aggrave encore cette exclusion.</p>



<p>L’étudiant·e qui se perçoit comme invisible est d’emblée en situation compliquée pour son apprentissage<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup> : comment aller vers desprofessionnel·les, leur poser des questions, demander d’être accompagné·e lorsque le climat semble hostile ? Comment prendre le risque de crisper les professionnel·les lorsque l’on sait que ce sont eux-mêmes qui détermineront de la réussite ou non du stage ? Par peur des conséquences éventuelles de leurs plaintes, nombre de stagiaires font profil bas et se limitent dans l’expression de leurs vécus. Plutôt que mettre leur priorité sur leur apprentissage, les stagiaires tentent de contenter l’équipe soignante pour gagner un peu de place et de reconnaissance, pour obtenir, <em>in fine</em>, leur diplôme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi les travailleurs de la santé, du social et de l’éducation <strong>‘<em>mangent-ils leurs petits</em></strong>’<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup><strong> ?</strong></h2>



<p>Pourquoi ce manque d’accueil qui décourage les stagiaires alors que les équipes ont un besoin urgent d’être complétées par des professionnel·les bien formé·es et motivé·es ? Le prisme du déni des services rendus par les stagiaires, quels qu’ils soient, peut nous aider à comprendre la complexité dans laquelle se développe leur exploitation. Les services rendus aux travailleurs sociaux, de la santé ou de l’éducation, lorsqu’ils dépassent le simple apprentissage, sont des cadeaux qui leur sont donnés par les stagiaires. Ces dons devraient, dans un contrat implicite, entraîner une reconnaissance de l’aide apportée, un remerciement, sous la forme de ce qui est le plus important pour les stagiaires : un accompagnement et un apprentissage. Ils attendent d’être formés à la réalisation d’actes techniques, à avoir une oreille attentive pour leurs observations et leurs ressentis, etc. Or, les stagiaires se heurtent souvent à la non-reconnaissance et se sentent en  marge des équipes professionnelles. La marge, c’est ce lieu où est toléré celui qui est malvenu, relégué, désingularisé, mis hors d’un système d’échange et de circulation du doN<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>. Être mis en marge, c’est subir une déshumanisation à une échelle individuellE<sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup>. Les mots et plus encore les attitudes non verbales marquent ce processus de marginalisation. Il se fait par la désignation des étudiant·es sous une identité unique et lisse, dépersonnalisante, insidieusement conçue comme négative, celle d’ ‘<em>étudiants encombrants’</em> radicalement ‘<em>autres’</em> que les professionnels.  Cette identité négative est lourde à porter. Par cette marginalisation, ces stagiaires deviennent redevables à l’équipe soignante qui tolère leur présence, ce qui alimente un manque de considération de leur aide, pourtant précieuse. Le déni des services rendus et leur transformation en un ‘<em>dû’</em> banalisent l’exploitation des étudiants dans des systèmes où la rentabilité ne se crée que par une accélération des rythmes de travail. Il permet la négation de leurs droits.  Pour comprendre les mécanismes qui amènent ces situations de mal-être et de frustrations des stagiaires, il est utile de se pencher sur les  vécus des étudiant·es en soins infirmiers.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mise en marge, permis d’exploiter</h2>



<p>Le travail de soins et de services rendus à l&rsquo;équipe soignante apparaît dans leurs discours comme un don souvent ignoré ou minimisé par les professionnels. L’aide apportée par les stagiaires à l’équipe professionnelle inclut la réalisation de tâches parfois ingrates. Il s’agit de la part du travail considéré comme peu qualifié et peu valorisant : nettoyer le matériel, vider les poubelles, répondre aux sonnettes et exécuter les soins d’hygiène ainsi que l’aide à l’alimentation<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup>.Ces tâches demandent de la patience et du temps et sont parfois réalisées dans des conditions psychologiquement pénibles. Elles demandent un effort physiquedans des postures parfois inconfortables, ce qui peut provoquer des douleurs, en particulier dorsales. Ce sont aussi des moments durant lesquels on peut être confronté·es aux odeurs corporelles mais aussi à la détresse des patients, qu’elle soit physique (douleurs) ou psychologique, à des demandes impossible à satisfaire ou encore à de la violence verbale ou physique. Lors de la réalisation de ces tâches, le rythme du travail ne peut être entièrement contrôlé si l’on veut prendre soin de la personne dont on s’occupe. C’est la personne soignée et son état qui le détermine, parfois bien plus lentement que les temps prévus officiellement pour ce type de tâches. Il n’est pas possible d’en accélérer la réalisation sans faire violence à la personne soignée, par exemple : la guider pour qu’elle puisse réaliser elle-même une partie de ses soins, participer à sa rééducation et son adaptation à sa situation de santé, tenir compte de la douleur, des difficultés de compréhension, d’une démence, de demandes ou d’exigences spécifiques qui participent à son bien-être, etc. Réaliser ces tâches, c’est un engagement de confiance. Les stagiaires espèrent que l’effort réalisé sera compris, accepté et qu’en retour, il leur sera donné l’occasion d’apprendre et de réaliser des tâches plus techniques.</p>



<p>Or, on le sait, les professionel·les subissent d’importantes pressions. <strong>Sous l’influence des politiques économiques et d’une idéologie néo-libérale, les systèmes de gestion des structures de soins se sont déliés des réalités de terrain pour viser plus d&rsquo;efficacité et améliorer la rentabilité financière. </strong>Les programmes de travail sont protocolisés, standardisés et informatisés. Ce qu’on appelle le <em>new-management<sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup></em> a rigidifié le travail et accéléré son rythme en se focalisant sur l’utilisation rationnelle et comptable des ressources matérielles et humaines. La question qui se pose, vu les difficultés financières récurrentes des institutions de soins est jusqu’où une telle accélération sera-t-elle possible et à quel prix, tant pour les soignés que pour les soignants ?<sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup> Les infirmiers disent être devenus des outils dépersonnalisés dont le travail ne serait valorisé que sur base de l’encodage des actes techniques, seuls actes facilement quantifiables. Comment, dans cette situation de travail à flux tendu, trouver le temps et la patience d’accompagner les stagiaires ? Leur marginalisation permet de les sortir du champ de vision et de la planification des tâches à effectuer. Au-delà des risques de découragement des étudiantes et d’arrêt de leurs études, la mise à distance, le déni des aides reçues et l&rsquo;exploitation des stagiaires mettent en danger la capacité des futurs diplômés de comprendre ce que signifie <em>‘faire équipe’</em>. La récurrence de la marginalisation au fil des stages suggère au contraire que la classification hiérarchique et méritocratique des personnes en fonction de leur statut et de leur diplôme est un fait devenu ‘<em>normal’</em>. Comment, dès lors, pourront-ils apprendre à prendre place sereinement au sein d’un groupe pluridisciplinaire et à concevoir le travail d&rsquo;équipe comme une acceptation collective d&rsquo;un espace démocratique, composée des personnes très diplômées et d’autres peu qualifiées? Comment seront-ils capables d’accueillir et donner à leur tour une place aux étudiants lorsqu’ils seront diplômés ? </p>



<h2 class="wp-block-heading">L’enjeu économique et politique du travail des stagiaires</h2>



<p>Pour rendre visible le travail des étudiant·es, nous proposons de faire un détour par l’enjeu de sa valeur, c’est-à-dire d’estimer son poids dans la production de service en mettant en lumière sa valeur économique traduite en valeur monétaire<sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup>. Précisons, il ne s’agit pas de marchandiser le travail des étudiants mais bien de <strong>questionner sa marchandisation occultée</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup>. Pour comprendre concrètement l’importance monétaire du travail des stagiaires, prenons l’exemple de ce que représente le travail d’un étudiant·e infirmier·ère. Dans ces temps de pénurie de soignants et de budgets insuffisants pour assurer le bon fonctionnement des institutions de soins, le travail gratuit des stagiaires participe, de fait, à leur équilibre budgétaire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>« Hier matin, en commençant ma journée de travail, je me suis rendue compte que j’étais seule à mon étage pour septante résidents. Les deux collègues aides-soignantes qui devaient travailler avec moi étaient absentes. Je suis allée voir la cheffe de service pour lui dire qu’il m’était impossible d’assurer tous les soins dans ces conditions. Elle m’a répondu :</em> <em>‘De quoi te plains-tu ? Une étudiante infirmière qui commence aujourd’hui travaillera avec toi’. Il s’agissait d’une étudiante de première année qui commençait son premier stage et n’avait jamais fait de pratique »</em></p>
<cite>Katia, infirmière en maison de repos.</cite></blockquote>



<p>Comme sous-entendu dans ce témoignage où une étudiante est censée effectuer le travail des aides-soignantes absentes, il est possible de saisir la valeur économique du travail des stagiaires en le comparant au travail d’une aide-soignante en début de carrière<sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup>. Une aide-soignante qui travaille à temps plein preste 233 jours de travail effectifs par an (253 jours ouvrés – 20 jours de congés payés)<sup class="modern-footnotes-footnote ">18</sup>. Le coût d’une aide-soignante en début de carrière pour un employeur  était évalué, en août 2022, à 3074,68 euros/mois, charges patronales incluses<sup class="modern-footnotes-footnote ">19</sup>. Les stagiaires en soins infirmiers sont présents en stage durant 2300 heures durant l’ensemble de leur formation, ce qui correspond à 306 jours à raison de 7,5h/jour, soit l’équivalent du travail d’une aide-soignante durant une année et quatre mois. Le non-remplacement d’une aide-soignante absente durant plusieurs mois et sa substitution<sup class="modern-footnotes-footnote ">20</sup> par des stagiaires permet des économies substantielles avoisinant les 24 500 euros/an<sup class="modern-footnotes-footnote ">21</sup>.</p>



<p>Le constat qui surgit ici peut se résumer en ces quatre points :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les stagiaires considérés comme une aide exécutent essentiellement des tâches qu’ils connaissent déjà bien.</li>



<li>Ils sont rarement en situation d’apprentissage de nouvelles techniques, de théories, etc.</li>



<li>Leur travail soulage partiellement le personnel et participe à l’invisibilisation de la problématique de surcharge de travail et de manque de personnel.</li>



<li>Un budget est épargné puisque le travail des stagiaires n’est pas rémunéré. Cette épargne permet de soulager les lieux de soins sous-financés.</li>
</ul>



<p>Dans ces temps de suppression du droit au chômage pour des dizaines de milliers de Belges et de chasse aux chômeurs déclarée par le gouvernement belge, ce travail gratuit et invisible pose question. En effet, comme le relève l’Institut de Recherches Economiques et Sociales (IRES), plus le service gratuit à la collectivité<sup class="modern-footnotes-footnote ">22</sup> comporte une contribution à la production de biens et de services, plus grand est le risque qu’il se substitue à l’emploi standard, comme nous le voyons dans le témoignage de Katia. Or, en cette époque qui croise les paramètres de manque de soignants et de manque de moyens financiers pour assurer les soins, le risque est grand de réduire les stagiaires à de la main-d’œuvre gratuite.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et pourtant…</h2>



<p>Si les actes techniques sont importants et les protocoles intéressants pour guider la réflexion, le travail qui fait sens dans le secteur du soin est aussi relationnel, éducationnel, communicationnel et de coordination. Il nécessite de la souplesse, un don de temps et d’écoute empathique, une capacité créative, pour accompagner et établir une relation de confiance. Dans la relation de soin, ce don est essentiel. Il permet l’interrelation qui est au cœur de la démarche du ‘<em>prendre soin’. </em>Mais cet investissement relationnel et le don de temps sont l’objet d’une même relégation dans nos sociétés dominées par l’imaginaire utilitariste et la valorisation de l’autonomie individuelle comme marqueurs de reconnaissance<sup class="modern-footnotes-footnote ">23</sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusions</h2>



<p>Maillons peu visibles de notre système de protection sociale, les stagiaires subissent les effets des dysfonctionnements et des sous-financements structurels des différentes branches de notre sécurité sociale et des secteurs de l’éducation.</p>



<p>La récurrence de leurs difficultés révèle des mutations sociopolitiques en cours depuis la seconde moitié du XX<sup>e</sup> siècle. En effet, l’hypertechnicité et le <em>new-management</em> se déploient sur la disparition des relations humaines ordinaires qui devraient aller de soi dans le travail social<sup class="modern-footnotes-footnote ">24</sup>. Nombre de stagiaires expriment le sentiment de ne plus avoir la capacité d’accompagner les personnes comme ils pensent devoir le faire en leur âme et conscience.  Le déni de l’importance de se soucier des « autres » est source de perte de sens tant au sein des métiers sociaux et de la santé que de l’éducation. Le vécu des étudiant·es est peut-être plus difficile encore que celui des professionnels. <strong>Leur frustration face à l’accélération des rythmes de travail et à l’impossibilité d’accompagner selon leurs codes éthiques est doublée par la non-reconnaissance des dons de services qu’ils rendent aux professionnels pour les aider. Les différentes maltraitances qu’ils subissent sont source de désillusions et ont pour résultat l’abandon de leurs études. </strong>Elles montrent des failles systémiques qui mettent en péril les fondements de notre démocratie et l’accès pour chacun à une vie digne. Les vécus peu satisfaisants des apprenants des métiers du social, de l’éducation de la santé, leurs désaccords avec certaines situations dont ils sont témoins expriment en creux des aspirations sociales, politiques et pédagogiques qui font sens pour eux. Ces désaccords nous disent leur rejet d’un cadre de travail qui trop souvent fait violence aux bénéficiaires. Leur abandon des métiers du social, de la santé et de l’éducation, en cours d’études ou peu après être diplômés, parce qu’on leur impose de les réaliser à l’encontre de leurs convictions éthiques, peut être considéré comme un refus de complicité et une interpellation aux pouvoirs publics et aux décideurs institutionnels.</p>



<p>Le ‘<em>prendre soin</em>’, l’accompagnement est un projet politique. Il pose la question de la société dans laquelle nous désirons vivre, de la reconnaissance d’une vulnérabilité partagée et d’une commune interdépendance et de la reconnaissance politique de tous ceux qui prennent soin (de la société et de toutes ses composantes, de l’environnement, etc.)<sup class="modern-footnotes-footnote ">25</sup> Il nous interroge sur les moyens que nous sommes prêts à mettre en place pour construire cette société. </p>



<p><strong>La valorisation sociale et politique du prendre soin de « l&rsquo;autre »et des « autres », comme une nécessitésociale, une valeur commune non identifiée àun genre</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">26</sup><strong>, pourrait être déjà une première piste pour désembourber le débat</strong>. Le don, l’accompagnement et le prendre soin<em>,</em> fondements de toute sociabilité humaine, sont inhérents aux professions du social, de la santé et de l’éducation. Ce sont des contributions indispensables à l’institution et à la pérennité d’un monde commun. Ceci interroge aussi l’importance donnée aux dons des ‘<em>bénéficiaires’</em> et de toutes celles et ceux qui sont victimes d’une relégation sociale et d’un déni de reconnaissance<sup class="modern-footnotes-footnote ">27</sup>, car il y a peu de choses plus humiliantes que le dédain. Par quels processus de généralisation et par quels stéréotypes enferme-t-on ceux qui ne correspondent pas aux standards d’efficacité attendus dans nos sociétés d’apparence démocratique ?<sup class="modern-footnotes-footnote ">28</sup> La désertion des professions dont la mission est l’accompagnement soulève la question du choix de société que nous souhaitons, en interrogeant les marges, les exclusions et les précarisations.</p>



<p><strong>Une deuxième piste est à chercher dans</strong><strong> la nécessaire reconnaissance de la complexité des pratiques d’accompagnement qui tendent à prévenir un effondrement du lien social.</strong> Il s’agit d’accepter que le travail empathique, considérant la personne comme digne, est un préalable indispensable pour de nombreux travailleurs sociaux. Il permet aux personnes accompagnées de surmonter les aspects humiliants de l’aide qui leur est apportée et aux accompagnants de ne considérer aucune des tâches à réaliser comme ‘<em>un boulot non intéressant</em>’ ou comme ‘<em>un sale boulot’</em>. Ce travail demande du temps, variable suivant les situations qui dépasse souvent les cadres des protocoles, mais néanmoins un temps qui doit être accordé.</p>



<p>Une troisième piste est suggérée par la désertion des professions, dont l’objectif est d’accompagner des personnes en interrogeant les marges, les exclusions et les précarisations, les invisibilités. La compréhension des difficultés d’assurer la pérennité des métiers du social, de l’éducation et de la santé impose de tenir compte des contextes et cadres sociopolitiques plus larges dans lesquels ils apparaissent. <strong>Les professions de la santé, du social et de l’éducation sont subsidiées par l’État. Leur négligence par les autorités publiques, leurs manques de moyens et leurs difficultés récurrentes questionnent nos démocraties et nos choix politiques. </strong><strong></strong></p>



<p>La Wallonie dépend des lois belges et européennes. Les difficultés et les attentes des stagiaires et des professionnels disent l’urgence de réaliser en Belgique et en Europe une analyse critique des options politiques et sociales qui guident les décisions prises aux plus hauts niveaux. Toutes et tous demandent que les décisions prises s’appuient sur la reconnaissance de l’importance fondamentale, pour le fonctionnement de nos sociétés, des activités encore souvent considérées comme insignifiantes<sup class="modern-footnotes-footnote ">29</sup>. Leurs pratiques révèlent une part importante des réalités qui coexistent à l&rsquo;ombre de la production et du marché, des rationalités politiques, techno-scientifiques ou institutionnelles, mais aussi des modèles identitaires qui se définissent par l’exclusion d’autres identités. Leurs pratiques sont les miroirs de réalités diffuses et multiformes, dont la finalité plus ou moins consciente est d&rsquo;aider à vivre, à surmonter l&rsquo;insurmontable, à dépasser les barrières apparentes de la vie, du vivant<sup class="modern-footnotes-footnote ">30</sup>.  Les professionnels et les stagiaires nous posent la question des avantages et des conséquences de nos choix sociopolitiques et économiques à moyen et long terme. Ils nous invitent à interroger les priorités que nous donnons d’une part à la rentabilité, d’autre part à l’humain et au social. Notre capacité à ‘créer du commun’ est fondamentale… Sans elle, il n’y a plus de condition humaine<sup class="modern-footnotes-footnote ">31</sup>.</p>



<p></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;DAMMAN, L., La violence verticale, dans le contexte des stages en soins infirmiers, amène-t-elle les étudiants à imaginer arrêter leurs études ? Une enquête transversale dans un devis mixte auprès d&rsquo;étudiants infirmiers francophones de 3ème année en bachelier infirmier responsable de soins généraux, Mémoire de master Université catholique de Louvain, 2018</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;BAUMAN, Z., La Vie Liquide, éd. du Rouergue, Arles, 2006.</div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le management à but productif vise l’efficacité, la rentabilité et la maximalisation des profits. Lorsque ces logiques managériales sont appliquées aux structures sociales, éducatives ou de soins, elles se traduisent par l’objectivation, la systématisation, l’évaluation et le contrôle des actions des employés en exigeant qu’ils travaillent toujours plus, plus vite et mieux dans l’ignorance que chaque prise en charge correspond à une situation et un contexte particuliers. Ces logiques managériales amènent à réduire les personnes en besoin d’accompagnement à des critères normalisés, objectivés, rationnels, encodables. Elles désubjectivent les employés devenus « outils » au sein d’une entreprise. </div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Depuis les années 1990 s’observe l’introduction, dans le secteur non marchand, de techniques propres au travail productif en vue d’augmenter les profits tout en diminuant les dépenses. Les cadences de travail s’intensifient pour augmenter la productivité. Les aspects du travail jugé non productif, ralentissant les cadences de travail, comme le temps consacré au relationnel et à former des étudiants est non considéré, ignoré, voire empêché.  Or, ce travail d’accompagnement est celui qui, pour la grande majorité des professionnels et des étudiants, donne sens à leur travail.</div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Dans nos sociétés où la valeur suprême est l’autonomie, un « bon boulot » (valorisant et visible) est celui qui est mesurable et si possible réalisable dans un temps prédéterminé, connu, planifié.</div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;FURTOS, J.,  Ambigüité de l’accompagnement, précarité de la transmission dans Rhizome, Bulletin national santé mentale et précarité, 2012. Disponible sur   https://www.academia.edu/1908081/Une_psychiatrie_de_lex_compagnement_Regard_sur_le_travail_infirmier_Revue_Rhizome_N_44_juillet_2012?email_work_card=title.</div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ces propos sont particulièrement fréquents dans les milieux hospitaliers.</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ce n’est pas une constante. Certains lieux de stages veillent à un accueil chaleureux et potentialisent ainsi les capacités des étudiant·es. Le non-accueil et la relégation des stagiaires apparaissent cependant dans les enquêtes auprès d’étudiant·es infirmier·es comme des faits répétés dans un peu plus de la moitié des terrains de stages.</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Expression issue de KATZ, Katty, Bullying in Nursing: Why Nurses &lsquo;Eat their Young&rsquo; and What to Do About It?, 2014. Disponible sur: https://www.rasmussen.edu/degrees/nursing/blog/bullying-in-nursing-nurses-eat-their-young/.  </div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;GRARD, Christine, La solidarité est-elle au fondement de l’apprentissage dans Les politiques sociales, p. 39-47, 2024.</div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;LAURENT 2008, > référence complète ?</div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les soins d’hygiène renvoient aux toilettes et aux changes (changer les protections des personnes incontinentes) tandis que l’aide à l’alimentation renvoie au fait de donner à manger à des personnes incapables de manger seules et/ou ayant un risque de faire de fausses déglutitions.</div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le new-management (ou New Public Management)  désigne un modèle de gestion qui « vise à rapprocher le fonctionnement des administrations publiques de celui des entreprises privées, en introduisant des logiques de marché, de performance et de responsabilisation individuelle » (https://www.unsa-education.com/article-/sante-mentale-au-travail-et-new-management/).</div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;VILLAIN, Florian, Ne dites plus « premiers de cordée », mais « passeurs de témoin » ! dans Revue du MAUSS, n°52, 2018/2, p. 239-250.</div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;FOUQUET, A., Comment valoriser le travail domestique ? dans Cambouis, La Revue Des Sciences Sociales Aux Mains Sales, janvier 2021.</div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ici, on fait référence à «  l’argument de la rémunération pour sortir le travail du déni, l’intégrer dans ce qui est pensé comme relevant du travail, pour subvertir un rapport social, capitaliste et patriarcal » (SIMONET, Maud, Travail gratuit : la nouvelle exploitation ? Paris, éd. Textuel, 2018.)</div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le travail réalisé par les étudiants, dès les premiers stages, est en partie le même que celui des aides-soignant·es. Au fur et à mesure de l’avancement dans les études, le travail des stagiaires recoupe partiellement le travail infirmier.</div><div>18&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir  https://emploi.belgique.be/ (sources de 2022).</div><div>19&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pour un salaire brut de 2419,68 euros et un salaire net de 1866,74 euros. Calcul sur base des chiffres de https://pro.guidesocial.be/articles/fiche-metier/article/quel-est-le-salaire-d-un-aide-soignant-en-belgique avec un ajout au salaire brut de 27,07% de charges patronales.</div><div>20&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L’IRES (Institut de recherches économiques et sociales) met en garde contre  banalisation du remplacement des travailleurs rémunérés par du travail gratuit (bénévolat, stages, etc.) « Plus le service à la collectivité comportera une contribution à la production de biens et de services, plus grand est le risque qu’il se substitue à l’emploi standard » (cité par SIMONET, Maud, Travail gratuit : la nouvelle exploitation ? Paris, éd. Textuel, 2018.)</div><div>21&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;En considérant que la présence d’étudiants infirmiers dans les terrains de stage est effective durant l’équivalent de 8 mois/an.</div><div>22&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Surtout lorsqu’il repose sur des valeurs qui touchent à ce que l’on est, à ce à quoi on croit, à ce qui nous définit et nous passionne.</div><div>23&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;CHANIAL, P., Don et care : une perspective anthropologique dans Recherche et formation, 2014. Disponible sur http://journals.openedition.org/rechercheformation/2232</div><div>24&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;FURTOS, J., Ambigüité de l’accompagnement, précarité de la transmission dans Rhizome, Bulletin national santé mentale et précarité, n° 44, juillet 2012.</div><div>25&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;TRONTO, Joan, Un monde vulnérable. Pour une politique du care, éd. La Découverte, Paris, 2009.</div><div>26&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;TRONTO, Joan, Care démocratique et démocraties du care dans MOLINIER, P. (dir), Qu’est-ce que le care ?, éd. Payot, Paris, 2021.</div><div>27&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;CHANIAL, op. cit. et TRONTO, op. cit.</div><div>28&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;LAPLANTINE, F., Penser le sensible, éd. Pocket, Paris, 2018.</div><div>29&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;TRONTO, op. cit.</div><div>30&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;SAILLANT, F., Identité, invisibilité sociale, altérité : expérience et théorie anthropologique au cœur des pratiques soignantes dans Anthropologie et Sociétés, 2000, p. 155-171. Disponible sur https://doi.org/10.7202/015641ar.</div><div>31&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;SAILLANT,F., Une critique post coloniale du savoir local de Clifford Geertz dans LAHOUARI (dir), Autour de Clifford Geertz, Interprétation et culture, Archives contemporaines, Paris, 2010, p. 55-72.</div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Des cantines durables : un repas qui n’a pas de prix</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-15/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Nov 2025 11:48:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Campagne d’Avent]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans le cadre de notre campagne de l’Avent “L’école, fabrique d’inégalités”, cette analyse fait le focus sur les repas de [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Dans le cadre de notre campagne de l’Avent “<em>L’école, fabrique d’inégalités</em>”, cette analyse fait le focus sur les repas de midi pris à l’école. En effet, parmi les inégalités qui traversent le système scolaire, l’importance de l’accès à une alimentation saine et équilibrée semble largement sous-estimée. Pourtant, cela représente un élément clé de la santé et de la réussite des élèves.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Bien manger à l’école, un puissant levier de changement</strong></h2>



<p>En Belgique, et contrairement à nos voisins français chez qui la cantine fait souvent partie intégrante du système scolaire, le modèle de la boîte à tartine est bien ancré. Les enfants apportent généralement leur repas de midi de la maison et toutes les écoles ne proposent pas une offre alimentaire sur place. &nbsp;Si notre modèle a l’avantage de simplifier la logistique des repas pour les écoles, il passe à côté de nombreuses opportunités :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Proposer un repas complet à tous les élèves</strong>. La cantine, si elle est gratuite, permet de toucher toutes les classes sociales, sans distinction. En Région de Bruxelles-Capitale, un adolescent sur cinq est considéré en situation « d’insécurité alimentaire », c’est-à-dire qu’il ou elle n’a pas un accès régulier et suffisant à des aliments nutritifs pour son développement<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>. Autre chiffre interpellant : en Belgique, un enfant sur <a>dix saute</a> au moins un repas par jour, en raison de la pauvreté de ses parents<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>. Ce manque de nourriture durant l’enfance peut entraîner des conséquences importantes et durables sur le développement de l’enfant.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Augmenter les chances de réussite scolaire en permettant une meilleure concentration.</strong> Une alimentation adéquate en termes de vitamines et nutriments permet aux élèves d’être mieux concentrés durant l’après-midi et favorise le développement mental. De plus, des études ont montré que proposer un repas à l’école réduisait l’absentéisme<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Améliorer la santé des élèves.</strong> Les menus dans les cantines sont établis par des diététicien·nes et respectent un certain nombre de critères. Ils proposent une alimentation variée et équilibrée, qui permet de répondre aux besoins de croissance des élèves. D’après des chiffres de 2018, près de 20% des jeunes entre 2 et 17 ans sont en surpoids<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>, et parmi eux, 6% souffrent d’obésité<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>. Proposer un repas à la cantine permet de modifier les habitudes alimentaires des jeunes de manière durable, chez eux également.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Accélérer la transition des systèmes alimentaires.</strong> En Wallonie, ce sont aujourd’hui plus de 200 000 repas qui sont servis chaque jour dans des cantines<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>. Y favoriser les produits bio et locaux permettrait d’offrir des débouchés significatifs aux producteurs et productrices de la région.</li>
</ul>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="840" height="560" src="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/cdc-4Bb2nSYuxx0-unsplash.jpg" alt="Des enfants avec leur boites à tartines autour d'une table de cantine en train de manger" class="wp-image-40454" srcset="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/cdc-4Bb2nSYuxx0-unsplash.jpg 840w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/cdc-4Bb2nSYuxx0-unsplash-300x200.jpg 300w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/cdc-4Bb2nSYuxx0-unsplash-768x512.jpg 768w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/cdc-4Bb2nSYuxx0-unsplash-600x400.jpg 600w" sizes="(max-width: 840px) 100vw, 840px" /><div class="image-licence" style="text-align: right; margin-top: 5px; font-size: 0.8em; color: #666; font-style: italic;">Licence : photo : CDC (unsplash)</div></figure>
</div>


<div style="height:20px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div class="wp-block-columns red-message is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h2 class="wp-block-heading">Des «&nbsp;cantines durables&nbsp;»&nbsp;?</h2>



<p>Qu’entend-t-on par « alimentation durable » ? Une alimentation durable, c’est une alimentation qui est responsable sur le plan social, environnemental et économique. Concrètement, c’est donc une alimentation financièrement accessible tout en étant rémunératrice pour celles et ceux qui la produisent&nbsp;; une alimentation respectueuse de l’environnement et de la biodiversité, qui favorise les aliments locaux et de saison&nbsp;; une alimentation bonne pour la santé et qui limite le gaspillage alimentaire&#8230;</p>



<p>Le terme « cantine » désigne lui les lieux de restauration qui proposent quotidiennement des repas à des collectivités (écoles, crèches, maisons de repos et de soins, bureaux…)</p>
</div>
</div>



<h2 class="wp-block-heading">À Bruxelles et en Wallonie, des organismes pour accompagner la transition</h2>



<p>Proposer des repas de midi à l’école est donc bénéfique, autant sur le plan individuel pour les élèves que pour la société plus largement. Deux organismes – «&nbsp;Goodfood&nbsp;» à Bruxelles et «&nbsp;Manger Demain&nbsp;» en Wallonie &#8211; sont chargés d’accompagner les lieux de restauration collective qui voudraient faire le pas vers une alimentation plus durable. Ils ont développé des labels évolutifs, allant d’une à trois fourchettes à Bruxelles, et d’un à trois radis en Wallonie. &nbsp;&nbsp;</p>



<p>Pour obtenir la «&nbsp;première fourchette&nbsp;» à Bruxelles et, de manière plus ou moins similaire, «&nbsp;un radis&nbsp;» en Wallonie, une cantine doit&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Proposer des produits biologiques et de saison</li>



<li>Proposer des offres végétariennes et des repas sains</li>



<li>Informer les consommateurs et consommatrices sur les produits qui leur sont proposés</li>



<li>Prendre des mesures contre le gaspillage alimentaire</li>
</ul>



<p>De nombreux établissements ont déjà entrepris la démarche. C’est le cas notamment des écoles communales de la ville de Liège, de Namur et d’Ottignies-Louvain-la-Neuve, qui sont labelisées.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Deux cas d’école</h2>



<h3 class="wp-block-heading">La Ville d’Ottignies-Louvain-la-Neuve</h3>



<p>La Ville d’Ottignies-Louvain-la-Neuve fait figure de modèle en la matière. Labellisée « trois radis » par Manger Demain, elle s’est engagée depuis plus de vingt ans dans une démarche d’amélioration de la qualité et de la durabilité des repas scolaires. <em>« Au départ, nos trois principaux objectifs étaient de garantir la sécurité alimentaire, des menus équilibrés (et avec cela, la diminution des protéines animales au bénéfice des légumes et féculents) et des aliments frais, de qualité »</em>, explique Céline Vander Sande, la responsable du Service Enseignement pour la Ville d’Ottignies-Louvain-la-Neuve<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>. «<em> Ensuite, les motivations et objectifs ont évolué au fil des réussites et surtout, des progrès de l’agriculture biologique, de la relocalisation de certaines productions et de l’évolution sociétale autour de la vision des protéines : les alternatives végétariennes sont plus nombreuses, les bénéfices sont mieux connus du grand public, et leur acceptation sociale est meilleure. </em>»</p>



<p>La démarche et ses bénéfices s’articulent autour de trois grands points.</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>D’une part, les cantines de la commune s’inscrivent dans une démarche écologique et qualitative. Elles prônent une alimentation durable, qu’elles concrétisent par l’utilisation de produits biologiques, frais et de saison. La part de ces produits augmente progressivement chaque année. Elles favorisent les circuits courts pour réduire les distances et donc les émissions de CO<sub>2</sub> et favoriser la production locale. Les déchets font également l’objet d’une attention particulière : « <em>Une pesée journalière permet de suivre le gaspillage alimentaire et d’adapter les recettes. Les déchets sont ensuite recyclés dans une usine de biométhanisation<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup> », </em>développe Céline Vander Sande.</li>



<li>D’autre part, la démarche soutient l’économie locale et l’optimisation des ressources. <em>«&nbsp;En favorisant l’approvisionnement local, nous réduisons la dépendance aux grandes chaînes d’approvisionnement et créons une résilience économique régionale. […] Nous encourageons une utilisation efficace de l’eau et de l’énergie, avec un suivi environnemental des processus&nbsp;».</em></li>



<li>Enfin, la démarche a également une importante dimension sociale. Les cantines durables permettent de faciliter l’insertion socio-professionnelle&nbsp;:&nbsp;<em>«&nbsp;La clause sociale impose au fournisseur d&rsquo;offrir 500 heures de formation par an à des publics en difficulté&nbsp;: jeunes, chômeurs, personnes en réinsertion&#8230; Cela favorise l’inclusion et l’employabilité dans la restauration collective.&nbsp;»</em>. Les repas s’accompagnent également d’une éducation au goût, c’est-à-dire, «&nbsp;<em>un programme éducatif, avec des animations pédagogiques et des visites chez les producteurs locaux, qui sensibilise les enfants à l&rsquo;importance de ce qu&rsquo;ils consomment et aux bienfaits d’une alimentation durable.&nbsp;».</em></li>
</ol>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«&nbsp;Nous avons dépassé le scepticisme de beaucoup de parents en servant des repas locaux, bio et en partie végétariens à leurs enfants qui en redemandent. Le plus étonnant, c’est de constater que certains plats végétariens figurent dans le top 5 des plats préférés des élèves.&nbsp;» </p>
</blockquote>



<p>Certains parents continuent d’émettre des doutes ou des remarques face à une alimentation davantage végétarienne, mais selon Céline Vander Sande,<em> <strong>«&nbsp;cela témoigne surtout d’une désinformation et de comportements peu éclairés en matière d’alimentation saine et durable. Face à cela, nous devons poursuivre un véritable travail pédagogique&nbsp;»</strong>.</em></p>



<p>Les retombées de la politique ne se limitent pas aux élèves. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>«&nbsp;Au niveau du personnel, je pense que la démarche a au moins eu pour effet de le sensibiliser à la question de la durabilité. Notre fournisseur de repas a, via le cahier des charges, la mission de proposer des formations au personnel en charge des repas. Nous avons ainsi déjà pu sensibiliser celui-ci aux alternatives à la protéine animale (pourquoi diminuer la viande, comment valoriser ces repas auprès des enfants…) et plus largement, à l’éducation au goût à travers la diversité des aliments proposés.</em></p>



<p><em>Au niveau des producteurs, il est clair qu’un gros consommateur comme la Ville d’Ottignies-Louvain-la-Neuve est un argument de poids dans le chef de notre fournisseur pour convaincre des producteurs de s’engager dans des démarches de productions plus locales et plus respectueuses de l’environnement.&nbsp;»</em></p>
</blockquote>



<p></p>



<p>Quand on aborde la question des obstacles, Céline Vander Sande déconstruit quelques idées reçues&nbsp;: logistiquement, au niveau des écoles, proposer des repas sains n’est pas plus compliqué. Les repas arrivent prêts, dans des bains-marie en inox, à réchauffer. C’est au niveau des services de cuisines en amont que la logistique peut être différente. De même, repas sains ne riment pas forcément avec des prix plus élevés&nbsp;: réduire les distances de trajets des aliments, le gaspillage alimentaire et les protéines animales permet de proposer des repas durables sans en augmenter sensiblement les prix.</p>



<p>La transition vers des cantines durables s’est faite petit à petit, en augmentant chaque année la part d’aliments biologiques et issus de circuits courts, «<em>&nbsp;à un rythme respectueux de notre personnel, mais aussi de notre fournisseur et des producteurs qui doivent pouvoir s’ajuster peu à peu à nos exigences.&nbsp;»</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">La Turbean à l’ULB</h3>



<p>Un autre exemple en matière de cantines durables est la Turbean, à l’Université Libre de Bruxelles. La cantine est née en 2019 de l’idée de quelques étudiant·es bioingénieurs, conscient·es de l’écart entre ce qu’ils et elles apprenaient en cours sur les systèmes alimentaires et leurs impacts environnementaux et ce qui leur était proposé comme restauration sur les cantines du campus. Implantée sur le site de l’Université, la Turbean accueille chaque jour les étudiant·es et sert environ 250 repas par jour. À la carte, un plat chaud différent chaque jour, une soupe ou un sandwich, toujours composé d’aliments biologiques, locaux et de saison.</p>



<p>Ici aussi, on affirme que la logistique d’une cantine durable n’est pas plus compliquée qu’une autre : « <em>On se fournit directement auprès de grossistes qui s’approvisionnent eux auprès de producteurs et productrices belges et biologiques. Et on trouve facilement ce dont on a besoin : les productions bio, c’est devenu assez facile à trouver »</em>, explique Chloé Bensoussan, gestionnaire de la Turbean<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>. «<em> De temps en temps, on va se diriger vers des produits qui ne sont pas belges mais qui viennent de pays voisins, si on a besoin d’agrumes par exemple, mais ils seront en revanche toujours bio ».</em></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«<em>&nbsp;<strong>On entend souvent dire que cuisiner avec un modèle industriel serait moins cher et plus facile, mais il faut déconstruire cette idée</strong>. Nous on fait tout avec des produits bruts. On achète des légumineuses, des céréales, des légumes, et puis tout est cuisiné ici directement. Tout est maison, tout est frais. On ne propose pas de viande et que très peu de produits laitiers. Or ce sont souvent ces produits qui sont un peu plus coûteux. Ce sont aussi ces produits qui sont les plus contraignants au niveau des règles sanitaires. En ne les cuisinant pas on se facilite la vie. On n’a pas de gaspillage alimentaire non plus&nbsp;: soit on vend tout, soit on réutilise ce qu’il reste dans les plats du lendemain, en le transformant en soupe par exemple.</em></p>



<p><em>On a beau avoir de la concurrence sur le campus, avec Sodexo juste au-dessus de nous dans le bâtiment, on n’a aucun mal à écouler tous nos repas. On vend tout tous les jours, et on ne saurait de toute façon pas produire plus, vu le modèle qu’on a choisi, la taille de la cuisine, etc. Il y a deux personnes à temps plein pour la préparation des repas. C’est aussi ça <strong>la spécificité de notre modèle, c’est que nos cuisiniers et cuisinières gèrent les repas de A à Z</strong>. Dans d’autres cuisines collectives il y a une personne qui s’occupe uniquement d’éplucher, une de ranger des caisses, d’ouvrir des emballages. Ici, de l’idée du plat à sa confection, nos cuisiniers et cuisinières s’occupent de tout et ils et elles sont passionné·es par cela.</em>&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p></p>



<p>Tout comme à Ottignies, la mission de la cantine ne se limite pas à nourrir les étudiant·es&nbsp;: </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«<em>&nbsp;On travaille aussi à éduquer à l’alimentation. D’une part, on se rend bien compte que ce que l’on propose comme plat peut être perçu comme de la bonne nourriture de bobo&nbsp;: ‘boulgour-panais’, ‘chou basilic cardamome’… ça ne parle pas à tout le monde et ça peut ne pas donner envie car on ne connaît pas. De temps en temps, on fait en sorte de proposer des classiques&nbsp;: des pâtes à la bolognaise, des burgers végés et patates au four, etc. Ça fait venir d’autres publics, qui apprennent à connaître la Turbean. D’autres part, on essaye de sensibiliser aux enjeux de l’alimentation. On propose des diffusions de films sur des thématiques liées à l’alimentation, on met à disposition de la documentation consultable sur place, on organise des animations… <strong>Et on essaye de toujours politiser nos ateliers&nbsp;: l’alimentation est éminemment politique</strong>.&nbsp;»</em></p>
</blockquote>



<h2 class="wp-block-heading">Bien manger. Qui paie l’addition&nbsp;?</h2>



<p>Les bénéfices des cantines scolaires durables sont évidents. La question qui reste en suspens est celle de leur financement. Car durables ou non, le prix des repas scolaires reste pour certains parents un obstacle de taille. Notre étude sur le poids de la précarité sur le droit à l’éducation<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup> met en avant l’importance de proposer des repas gratuits dans les écoles. C’est une recommandation formulée par de nombreuses associations de terrain, ainsi que par le Délégué général aux droits de l’enfant dans son dernier rapport<sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup>. De plus, l’étude rappelle que la Belgique est un des seuls pays à ne pas avoir de politique pour des repas scolaires gratuits.</p>



<p><strong>Des cantines scolaires durables et accessibles à tous et toutes représentent bien plus qu’un service de restauration. Elles sont un levier de justice sociale, de santé publique et de transition écologique, qui bénéficie aux enfants, mais aussi à tous les acteurs et actrices de la chaîne de restauration collective.</strong></p>



<p>Les exemples d’Ottignies-Louvain-la-Neuve et de la Turbean montrent que cette transition est faisable et souhaitable. Les initiatives locales, aussi inspirantes soient-elles, ne suffiront pourtant pas à transformer le système alimentaire dans son ensemble. <strong>Il est temps de passer à l’échelle supérieure et que le politique s’empare de la question : généraliser les cantines durables, les rendre gratuites pour toutes et tous, et en faire un pilier de l’éducation et de la transition écologique.</strong></p>



<p>Le prix des cantines n’est pas une charge mais bien un investissement dans la santé, dans l’éducation des enfants et dans une agriculture locale et durable. De même, <strong>un repas sain et équilibré à l’école ne doit pas être considéré comme un privilège mais bien comme un droit fondamental pour chaque enfant</strong>.</p>



<div class="wp-block-columns fond-bleu is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p>Pour aller plus loin sur l’importance de la gratuité des repas scolaires voir l’analyse <em><a href="https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-14/">La gratuité scolaire, nouvelle victime des mesures contre les plus vulnérables</a></em></p>



<p>Et pour en apprendre davantage sur les conséquences de la précarité sur le droit à l’éducation, voir l’étude <em><a href="https://vivre-ensemble.be/publication/etude-2025/">Le poids du cartable. Quand la précarité pèse sur le droit à l’éducation</a></em></p>
</div>
</div>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Collectif, Alimentation, activité physique, sédentarité et sommeil des adolescents scolarisés en région de Bruxelles-Capitale, Enquête HBSC 2022, SIPES, p. 28. Disponible sur <a href="https://www.ulb.be/medias/fichier/20240313-brochure-rbc-finale-2-_1714401180013-pdf">ulb.be (PDF)</a></div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.rtbf.be/article/pauvrete-infantile-plus-de-40-000-enfants-sautent-au-moins-un-repas-par-jour-en-belgique-11087118">rtbf.be</a></div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://tchak.be/index.php/2024/06/04/rendre-les-cantines-scolaires-gratuites-et-de-qualite/">tchak.be</a></div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.sciensano.be/fr/sujets-sante/obesite/chiffres">sciensano.be</a></div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.inami.fgov.be/fr/themes/soins-de-sante-cout-et-remboursement/maladies/obesite-et-surpoids-des-enfants-et-adolescents">inami.fgov.be</a></div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.mangerdemain.be/2021/09/10/etat-des-lieux-restauration-hors-domicile/">mangerdemain.be</a></div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Entretien par écrit (octobre 2025).</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La biométhanisation est un processus biologique naturel de décomposition des déchets, souvent valorisés en production d’énergie.</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Entretien réalisé à Bruxelles (octobre 2025).</div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://vivre-ensemble.be/publication/etude-2025/">vivre-ensemble.be</a></div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Délégué général aux droits de l’enfant, Droits de l’enfant. Tous incasables ?, Rapport annuel 2023-2024, Bruxelles, 2024, p. 77.</div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Bien vieillir. Le privilège d’une minorité ?</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-02/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[romain stagiaire 2025]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 May 2025 15:38:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Nous vieillissons, c’est un fait universel. Plus précisément, nous vivons de plus en plus vieux (avec un différentiel de 4 ans à l’avantage des femmes)]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p class="titre-trois">Nous vieillissons, c’est un fait universel. Plus précisément, nous vivons de plus en plus vieux (avec un différentiel de 4 ans à l’avantage des femmes)et nous sommes plus longtemps en bonne santé qu’auparavant.&nbsp; Pourtant, si la vieillesse est un état ou un stade que nous serons une grande majorité à connaitre, la société n’est ni adaptée, ni toujours tendre avec ses ainé·es, particulièrement avec les plus précarisé·es d’entre nous. Le vieillissement de la population représente un réel défi actuel et nécessite la mise en place de nouvelles politiques.&nbsp;</p>



<p>En Europe, les personnes de plus de 65 ans représentent plus de 20% de la population, et ce taux continue d’augmenter <sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup><sup>.</sup> En Belgique en 2023, l’espérance de vie moyenne était de 82 ans, soit 13 ans de plus qu’en 1960. <sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup> Cette étape de vie, souvent surnommée de manière assez réductrice de  ‘troisième âge’ n’en constitue pas moins une force vive de notre société puisqu’en Belgique, un volontaire sur trois est âgé de plus de 60 ans…  <sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">Des discriminations liées à l’âge, mais pas uniquement</h2>



<p>Le terme d’âgisme désigne les discriminations basées sur l’âge, aussi bien en raison d’un âge jugé trop jeune, que trop vieux <sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>. L’âgisme peut prendre différentes formes telles que l’infantilisation, des préjugés, l’exclusion, etc. D’autres facteurs, comme être une femme ou une personne racisée par exemple, peuvent renforcer ces préjugés liés à l’âge. Les personnes qui cumulent plusieurs discriminations connaissent ainsi des difficultés supplémentaires. C’est le concept <strong>d’intersectionnalité</strong> : « <em>les différentes formes de discrimination ne sont pas des phénomènes isolés, mais se combinent et se renforcent lorsqu’elles concernent une même personne</em> <sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup> ».</p>



<p>Parmi les facteurs qui renforcent les discriminations liées à l’âge se <strong>trouve le statut socio-économique</strong>  <sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>. C’est à ce facteur qu’a décidé de s’intéresser une équipe de chercheurs et chercheuses de l’Université Catholique de Louvain (Saint-Louis Bruxelles), de l’Université de Liège et de l’Université de Strasbourg.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« <em>Nous étudions les liens entre la richesse et la dépendance durant le vieillissement</em> », explique Laure Heymans <sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>, doctorante sur le projet. « <em>Il existe de nombreuses études sur les liens entre la richesse et la mortalité, mais peu qui étudient le lien entre la situation de dépendance due à la vieillesse et la richesse</em> ». L’hypothèse est de dire que <strong>lorsqu’une personne vieillit, elle a davantage besoin d’aide dans son quotidien si elle est pauvre que si elle est riche</strong>. « <em>Ce qu’on essaye de faire ici c’est de montrer que ces deux facteurs ne sont pas juste corrélés, c’est-à-dire qu’ils sont liés, </em><strong><em>mais surtout qu’il y a un lien de causalité entre les deux, c’est-à-dire que l’un</em> </strong><em>(le statut socio-économique) peut causer l’autre (la dépendance)</em> ».</p>



<p>Autrement dit, que le fait d’être pauvre entraine une plus grande perte d’autonomie en vieillissant.</p>



<p></p>
</blockquote>



<p>Les chercheurs·euses ont utilisé plusieurs importantes bases de données reprenant des informations sur les populations européennes et nord-américaines de 50 ans et plus. Ces bases de données reprennent des informations liées notamment aux caractéristiques socio-économiques et à la santé des individus, ainsi que d’autres informations comme les aides informelles reçues, les attentes des répondants, les transferts financiers,&#8230; C’est ce qui leur a permis d’établir le lien de causalité entre les deux facteurs.</p>



<p>«&nbsp;<em>Dans notre étude, nous avons défini la </em><strong><em>dépendance</em></strong><em> sur base de </em><strong><em>l’aptitude à réaliser six activités différentes</em></strong><em>&nbsp;: est-ce qu’une personne sait s’habiller seule, traverser une pièce, aller à la toilette, se laver, manger et sortir du lit. Si la personne a besoin d’aide pour minimum deux des six activités, on la considère dans notre étude comme ‘dépendante’. En mettant en relation ces données de dépendance et celles sur le statut socio-économique tout en contrôlant pour toute une série de facteurs (la présence d’enfants, le fait d’être en couple, d’avoir des maladies chroniques, etc.), on a pu constater que </em><strong><em>plus on est pauvre, plus le nombre d’activités qu’on ne sait pas réaliser seul en vieillissant est grand</em></strong>.&nbsp;»</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>«&nbsp;Au-delà du constat moral de dire qu’il faut aider les gens qui sont dépendants et leur offrir des services accessibles, il y a aussi un constat économique&nbsp;: la population est en train de vieillir et la société doit s’y préparer&nbsp;».&nbsp;&nbsp;</p>
</blockquote>



<p></p>



<p></p>



<h2 class="wp-block-heading">La nécessité d’adapter la société</h2>



<p>La population vieillit et le marché du travail change. D’une part, nous <strong>sommes plus nombreux·ses à être actifs·ves sur le marché du travail</strong>. Alors qu’au milieu des années 90, en Belgique, seules 50% des femmes travaillaient <strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup></strong>, ce chiffre est passé à 68% en 2021 (contre 75% pour les hommes  <sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>). Les femmes continuent de représenter une part importante de l’aide informelle apportée aux personnes âgées dépendantes. Le fait qu’elles soient plus nombreuses à avoir un travail rémunéré leur laisse <em>de facto</em> moins de temps pour s’occuper de leurs proches. D’autre part, <strong>l’âge de la retraite continue de reculer</strong>, faisant travailler de plus en plus tard celles et ceux qui pourraient avoir besoin d’aider leurs parents plus régulièrement <sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup> . Enfin, la <strong>baisse de la natalité</strong> signifie qu’il y aura de moins en moins d’enfants pour jouer le rôle d’aidant informel.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«&nbsp;Ces changements dans le marché du travail, le fait que les femmes y soient davantage présentes, ça a un impact sur l’offre d’aide informelle. <strong>L’Etat va devoir s’adapter </strong>car il va falloir <strong>proposer une aide à ces personnes vieillissantes</strong>. Ca va sans doute peser sur la sécurité sociale mais aussi sur l’organisation de la société de manière plus globale. Il faut que l’Etat anticipe et <strong>mette en place des services efficaces</strong>, pour éviter que dans quelques années on se retrouve avec des maisons de repos saturées.&nbsp;Cela doit aussi passer par une revalorisation des métiers du soin ».&nbsp;</p>
</blockquote>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column fond-bleu is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:100%">
<h3 class="wp-block-heading">On parle d’<em>aide informelle</em> pour qualifier l’aide qui :</h3>



<ul class="wp-block-list">
<li>est apportée par un·e proche </li>



<li>est le plus souvent gratuite </li>



<li>et sans que la personne aidante n’ait de qualification pour </li>
</ul>



<p><br>Plus de 12% des Belges de plus de 15 ans apporte une aide régulière à un·e proche et ce chiffre sera probablement amené à augmenter dans les années à venir.Depuis 2014, la Belgique s’est dotée d’un statut officiel reconnaissant les aidants proches et leur donnant droit, sous certaines conditions, à certains congés, aides financières ou aides administratives.<sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup></p>
</div>
</div>



<h2 class="wp-block-heading">L’Arizona tente de s’adapter mais risque de creuser les inégalités</h2>



<p>Différentes mesures politiques sont donc à prendre pour assurer à chacun et chacune une vieillesse aussi paisible et plaisante que possible. Pourtant, les mesures annoncées et/ou prises par le gouvernement Arizona ne semblent pas aller dans ce sens-là, ou du moins, pas pour tout le monde. Avec le nouveau régime de pensions, les personnes ayant travaillé à temps partiel sont pénalisées. Or, en 2023, <strong>plus de 40% des femmes salariées travaillent à temps partiel</strong>. Ce n’est pourtant pas souvent un choix mais plutôt un besoin, pour <strong>remédier au manque de services publics proposés par l’Etat.</strong> En effet, la Ligue des Familles estime par exemple que les places disponibles en crèche ne couvrent que 37% des besoins en places. Dès lors, les femmes « <em>qui comblent les trous laissés (ou créés) dans les services fournis par l’État, ne peuvent, en conséquence, atteindre ce qu’exige l’accord sur les pensions  <sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup> </em>». Actuellement, les femmes touchent en moyenne <strong>une pension 26% plus petite que celle des hommes</strong>, et cela risque donc de se renforcer. Et avec cette pauvreté vient donc une plus grande dépendance aux soins. </p>



<p>De plus, <strong>la fin de l’allocation de survie</strong>, qui apportait un soutien financier aux veufs et veuves, risque de plonger de nombreuses personnes dans la pauvreté. Cette mesure impactera principalement les femmes, puisqu’aujourd’hui<strong>, elles représentent 91% des bénéficiaires de cette allocation</strong> <sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup> .</p>



<h2 class="wp-block-heading">D’autres solutions à envisager</h2>



<p>Adapter la société à son vieillissement passe par l’adoption d’une série de mesures. Celles-ci doivent porter une attention particulière à ne pas renforcer la dépendance des personnes plus pauvres et à ne pas creuser les inégalités de genre.&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Améliorer l’accès aux soins et renforcer la sécurité sociale</strong> <sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup>. On ne devrait pas, quel que soit l’âge, avoir à se poser la question de l’argent lorsqu’il s’agit de notre santé.</li>



<li><strong>Soutenir les aidant·es informel·les</strong>, par des politiques qui leur sont favorables et qui leur permettent d’apporter le soutien nécessaire à leurs proches.</li>



<li><strong>Revaloriser les métiers du soin</strong>. Si durant la période du Covid, il semblait y avoir une prise de conscience collective de l’importance des métiers du soin, irremplaçables et nécessaires, le temps où l’on applaudissait les soignant·es depuis nos balcons est déjà bien révolu.&nbsp;</li>



<li>Une idée complémentaire serait <strong>d’aménager les fins de carrières pour les métiers pénibles</strong>. En effet, ces métiers sont plus à même de générer des problèmes de dépendance durant le vieillissement. Reconnaitre la pénibilité du travail et permettre une fin de carrière aménagée pourrait ainsi permettre de réduire partiellement certaines inégalités liées à la vieillesse.&nbsp;</li>



<li>Enfin, des structures proposent d’autres solutions pour tenter de répondre aux à certains défis liés à la vieillesse. C’est le cas notamment des <strong>colocations intergénérationnelles, </strong>comme l’association <em>1 Toit 2 Âges</em> <sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup> , qui propose à des seniors d’accueillir chez eux un·e jeune en échange d’un loyer abordable et de quelques services à rendre. </li>
</ul>



<p></p>



<p></p>



<p></p>



<p></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Statistic Explained: structure et vieillissement de la population, Eurostat, février 2025. Disponible sur <a href="https://ec.europa.eu/eurostat/">ec.europa.eu/eurostat</a>  </div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Tables de mortalité et espérance de vie, Statbel, juillet 2024. Disponible sur <a href="https://statbel.fgov.be/fr/">statbel.fgov.be</a> </div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le volontariat des seniors : le secret d’une vie plus longue, RTBF, juillet 2024. Disponible sur <a href="https://www.rtbf.be/article">rtbf.be/article</a> </div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Discrimination fondée sur l’âge, UNIA. Disponible sur <a href="https://www.unia.be/fr/discrimination-%C3%A2ge">unia.be/fr/discrimination-%C3%A2ge</a> </div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L’intersectionnalité, c’est quoi ?, Amnesty International, Disponible sur <a href="https://www.amnesty.fr">amnesty.fr</a> </div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le statut socio-économique est un indicateur de la position d’une personne dans la société, lié à son niveau d’éducation, ses revenus, etc. </div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Rencontre à l’Université Catholique de Louvain, Saint-Louis Bruxelles, le 17 avril 2025.</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </strong>Entendons par là qu’elles sont pourvues d’un emploi rémunéré et que leur travail est économiquement valorisé. Les 50 autre pourcent étaient plus que probablement chargée d’un travail domestique, invisibilisé et non-rémunéré<strong>. </div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Evolution des femmes sur le marché du travail, Statbel, avril 2024, <a href="https://statbel.fgov.be/fr/">statbel.fgov.be</a> Précisons que ces chiffres prennent en compte le travail à temps partiel et les temps plein sans distinction.  </div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; FLAWINNE, X. et PERELMAN, S., L’aide informelle : quelles conséquences pour l’emploi de l’aidant ?  dans La vie après 50 ans, 2021. Disponible sur <a href="https://e-publish.uliege.be">e-publish.uliege.be</a> </div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; BRAEKMAN, E., CHARAFEDDINE, R. et DRIESKENS, S., Aide informelle. Enquête de santé 2018, 2019. Disponible sur <a href="https://www.sciensano.be/">sciensano.be</a> et&nbsp;Aidants-proches : mieux les connaître pour mieux les soutenir, ULB, février 2025. Disponible sur <a href="https://actus.ulb.be/fr/actus/recherche">actus.ulb.be/fr/actus/recherche</a> </div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;   Carta Academica – Gouvernement Arizona : anti-social et anti-femmes ?, mars 2025. Disponible sur <a href="https://www.lesoir.be/661814/article/2025-03-15/carta-academica-gouvernement-arizona-anti-social-et-anti-femmes">lesoir.be/661814/article/2025-03-15/carta-academica-gouvernement-arizona-anti-social-et-anti-femmes</a>  </div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp; Pension de survie en 2026 : un accès restreint, quel impact pour les veuves/veufs ?, La Ligue des Familles, avril 2025. Disponible sur <a href="https://liguedesfamilles.be/article/pension-de-survie-en-2026">liguedesfamilles.be/article/pension-de-survie-en-2026</a> &nbsp;</div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; SCHOENMAECKERS, J., Vivre plus longtemps mais moins bien ? Les inégalités qui pèsent sur le grand âge, The Conversation, avril 2025. Disponible sur <a href="https://theconversation.com/">theconversation.com</a> </div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;   Voir <a href="https://www.1toit2ages.be/">1toit2ages.be</a></div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Mauvaise santé et logement &#8211; un cercle vicieux</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/mauvaise-sante-et-logement-un-cercle-vicieux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Nov 2024 11:48:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Nous abordons le thème du logement en mettant en lumière ses impacts multiples sur la santé, bien souvent mise à l’épreuve par des obstacles et des vulnérabilités qui traversent nos sociétés]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p class="titre-trois">Le logement est un thème souvent abordé par Action Vivre Ensemble. Il nous semble important de l’aborder ici en mettant en lumière ses impacts multiples sur la santé, bien souvent mise à l’épreuve par des obstacles et des vulnérabilités qui traversent nos sociétés<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>.</p>



<p>Parler de la santé en lien avec le logement nous amène d’emblée à penser à ceux qui dorment en rue, qui n’ont pas de toit pour s’abriter. De plus en plus nombreux et nombreuses dans nos villes, leur situation interpelle nos capacités individuelles et collectives à accueillir et à veiller à ce que chacun·e dispose d’un toit digne où s’abriter, un chezsoi où vivre dans de bonnes conditions. Ce sujet a été développé dans l’étude qui a servi de support à la campagne d’Avent 2023<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>. Il mérite à lui seul que nous lui consacrions sans relâche des écrits, des interpellations et des actions.</p>



<p>Cette étude se propose de parler d’autres publics, entre autres des <strong>familles</strong>, peut-être moins visibles encore. Ce sont celles et ceux <strong>qui vivent dans des logements qui affectent leur santé physique, psychique ou sociale</strong>. Leur situation est souvent ignorée, car moins perceptible par le grand public, mais aussi leurs voisins, des personnes qu’elles fréquentent. Ce sont de plus en plus souvent des mamans seules, des personnes âgées, des travailleurs ou travailleuses aux bas salaires, des personnes rencontrant la suspicion ou le racisme en raison de leur apparence.</p>



<p>Ce sont aussi celles et ceux qu’on appelle parfois <strong>les «nouveaux visages de la précarité»</strong>, des personnes jeunes qui ont peu de revenus, qui travaillent à temps partiel ou qui ont des contrats temporaires de courte durée qui n’ouvrent pas de droit au chômage, des étudiant·es, des personnes qui ont été licenciées et qui n’arrivent plus à payer les factures ou à rembourser leurs emprunts, etc. Ils et elles appartiennent à un groupe qui était jusqu’à récemment relativement épargné par la grande pauvreté économique et étaient parfois déjà, sans en prendre réellement conscience, dans une situation de précarité, c’est-à-dire, exposés au risque de perdre ce qui permettait de vivre sereinement.</p>



<p>Un incident, quel qu’il soit, les a fait basculer dans une situation de manque chronique de moyens économiques pour faire face aux besoins récurrents du quotidien : une augmentation des frais (les charges locatives, un minerval, des factures à payer, des déplacements, etc.), une diminution de rentrées financières (perte totale ou partielle d’un travail ou d’une bourse d’études, diminution ou refus d’allocations sociales, diminution de l’aide parentale, séparation, etc.). Si l’on regarde plus attentivement leurs histoires de vie, le constat est clair : <strong>bien au-delà « d’accidents de la vie », le problème est fondamentalement systémique</strong>. Il est la résultante de changements structurels, de logiques et de choix quant aux priorités politiques, économiques et sociales face à un ensemble imbriqué de difficultés comme l’inflation du prix des logements et de l’énergie, le manque de logements sociaux, les inondations, la crise sanitaire, l’augmentation du coût de la vie, ainsi que les logiques qu’imposent les nouveaux standards sociaux (téléphone, ordinateurs, systèmes bancaires, etc.) et la culture actuelle de surconsommation.</p>



<p>Ces dernières années, la précarisation croissante de nouveaux pans de la population est à mettre en lien avec l’effritement des structures sociales : fin du plein-emploi, déstructuration et précarisation du marché du travail, délitement des liens sociaux et familiaux, etc. La santé, dont il sera question dans cette étude, est « un révélateur particulièrement sensible de l’ordre social et politique, tant par la manière dont les rapports sociaux se marquent dans les corps – produisant des inégalités sociales de santé – que par la façon dont les institutions politiques organisent la protection, la prévention et les soins – autrement dit ce qui relève des politiques de santé publique<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup> ».</p>



<p>Avant de développer plus spécifiquement la relation entre la santé et le logement, nous proposons de nous pencher sur les définitions de la santé, les facteurs qui l’influencent et les cadres juridiques qui en parlent en Belgique. Nous verrons ensuite, à partir du focus du logement, que le droit à la santé est loin d’être toujours respecté. L’imbroglio des problèmes quotidiens est trop peu considéré comme un tout. Les problèmes sont souvent abordés un par un dans l’espoir d’inverser la spirale négative. Cette étude propose de tirer quelques fils de cet imbroglio de difficultés pour saisir les conséquences de la pauvreté matérielle à partir de l’impact du logement sur la santé, entendue comme un bien-être physique, psychique et social<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>.</p>



<p>Notre exploration des liens entre la santé globale et le logement se fera en mettant en lumière des histoires vécues – ainsi que ce qu’elles suggèrent explicitement &#8211; et à travers différentes formes de révoltes (colère, agressivité, refus de collaborer, auto-exclusion, etc.). Nous irons aussi à la rencontre d’initiatives communautaires, du travail de bénévoles et de professionnels qui démontrent que la solidarité dessine des pistes de solutions et améliore le cours de destinées. La réalisation de ces propositions d’améliorations suggérées par des organisations citoyennes dépend de la volonté politique de l’État, des régions et des communes. Elle est aussi notre responsabilité individuelle et collective.</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-16018d1d wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link has-bleu-vert-background-color has-background wp-element-button" href="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/11/Etude_SanteLogement_AVE2024.pdf">Texte intégral  en PDF</a></div>
</div>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;RONDIA, Karin, Le Chaînon, n°65, décembre 2023.</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir à ce sujet l’étude de campagne, <a href="https://vivre-ensemble.be/publication/  etude-2023-2/">À bout de souffle. Parcours d’obstacles pour un droit au logement</a>.</div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;FASSIN, D., La santé en souffrance dans Les Lois de l’inhospitalité: Les politiques de l’immigration à l’épreuve des sans-papiers, éd. La Découverte, Paris,<br /><br />



1997, p. 107. Disponible sur <a href="https://shs.cairn.info/les-lois-de-l-inhospitalite--9782707127433-page-107?site_lang=fr">shs.cairn.info</a></div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Selon la définition de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. »</div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Précarité menstruelle : Bousculons les règles !</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2024-11/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Nov 2024 10:24:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=publication&#038;p=38560</guid>

					<description><![CDATA[Le sujet des règles est encore tabou aujourd’hui. Si en parler ouvertement n’est pas encore à l’ordre du jour, cela l’est encore moins pour des milliers de belges qui sont touchés par ce que l’on appelle la ‘précarité menstruelle’]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Les règles… un sujet encore tabou aujourd’hui pour lequel les synonymes ne manquent pas ! Si en parler ouvertement n’est pas encore à l’ordre du jour, cela l’est encore moins pour des milliers de belges touchés par ce que l’on appelle la ‘précarité menstruelle’. Dans cette analyse, nous en aborderons les conséquences et nous nous pencherons sur les revendications des acteur·trices qui luttent au quotidien pour une meilleure santé menstruelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une nouvelle forme de précarité</h2>



<p>Si les règles concernent directement la moitié de la population mondiale, elles sont encore trop souvent associées à quelque chose de sale et/ou à cacher.</p>



<p>En Belgique, la population menstruée représente 23,5% de la population totale, soit près de 3 millions de personnes. Le début des règles ayant lieu vers l’âge de 12-13 ans et la ménopause (c’est-à-dire la fin des règles) aux alentours de 50 ans, on estime qu’une vie menstruelle dure plus ou moins 38 ans et que cela représente environ plus de 500 cycles menstruels<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>. Sans surprise, ces menstruations ont un coût non négligeable (achats de protections et de médicaments, visites chez le gynécologue, etc.). Pour les personnes en situation de précarité, elles représentent donc une charge financière et mentale supplémentaire. En effet, de nombreuses personnes en situation de pauvreté sont confrontées à ce qu’on appelle la précarité menstruelle qui les empêche d’accueillir chaque mois leurs règles de façon digne et confortable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une précarité financière, mais pas que</h2>



<p>Il semble évident que la cause principale de la précarité menstruelle soit l’aspect financier&nbsp;: on estime qu’une personne menstruée dépense une dizaine d’euros par mois représentant un montant d’environ 5300€ au cours de la vie menstruelle<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>. Pourtant, la précarité menstruelle n’est pas seulement une précarité financière. En effet, comme toute autre forme de précarité, elle est due à de multiples facteurs et déterminants sociaux qui ont trait à l’éducation, l’accès à des infrastructures, de droits, d’égalité de genres et de santé publique. Dès lors, nous suivrons la définition proposée par Synergie Wallonie pour l’égalité entre les femmes et les hommes ASBL<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup> :</p>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column ligne-gauche-normal is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p><em>La précarité menstruelle, c’est : </em></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>La difficulté, voire l’impossibilité rencontrée par les filles et femmes d’accéder, principalement pour des raisons financières, à des protections périodiques adaptées, de leur choix, et en suffisance.</em></li>



<li><em>Le manque d’accès à : </em>
<ul class="wp-block-list">
<li><em><strong><em>Des sanitaires</em></strong> permettant l’utilisation sécurisée et hygiénique des produits périodiques&nbsp;;</em></li>



<li><em><strong><em>Des soins et diagnostics adaptés</em></strong> aux douleurs et aux maladies liées au cycle menstruel&nbsp;;</em></li>



<li><em><strong><em>De l’information précise et accessible</em></strong> sur le cycle menstruel et les menstruations permettant à toutes de vivre leurs menstruations en toute sécurité et dignité.</em></li>
</ul>
</li>
</ul>
</div>
</div>



<p></p>



<p>Si l’aspect économique de la précarité menstruelle est évident, il est bien de se rappeler que la santé menstruelle est également une question de santé publique qui mérite d’être traitée à l’échelle nationale. En effet, il est important de rappeler que la précarité touche plus particulièrement les femmes victimes de double, triple voire quadruple peines en fonction de &nbsp;leur origine sociale, ethnique ou encore de leur situation économique. La précarité menstruelle constitue donc un problème supplémentaire pour les personnes menstruées déjà fragilisées par le système<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>. Parmi les personnes menstruées en situation de précarité, les personnes sans-abris, sans papiers, migrant.es ou incarcérées auront d’autant plus de mal à avoir accès aux protections, à l’information (barrière de la langue, peu d’accès à l’éducation,…) et à des infrastructures propres et sécurisées pour se changer de façon digne. Dès lors, être en situation de précarité menstruelle ne permet pas d’avoir une bonne santé menstruelle<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup> ce qui peut dans certains cas avoir de graves conséquences sur la santé mentale et physique des personnes menstruées.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conséquences de la précarité menstruelle</h2>



<p>Pour pallier la difficulté de se procurer des protections hygiéniques, les personnes en situation de précarité ont recours à diverses stratégies pour limiter les dépenses&nbsp;: demander de l’argent ou des protections à d’autres personnes ou dans la rue, le vol, l’utilisation de papier toilette ou de mouchoirs, l’achat de produits de mauvaise qualité, la réutilisation des protections hygiéniques, une faible fréquence de change, l’utilisation de couches pour enfants ou devoir porter des vêtements tachés…<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>. Certaines de ces pratiques sont évidemment dangereuses car elles augmentent le risque de maladies et d’infections tel que le choc toxique, infection potentiellement mortelle causée par une bactérie qui peut survenir lorsqu’une personne ne change pas de protections toutes les 4h à 6h<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>.</p>



<p>Ces problèmes de santé sont principalement liés au manque d’accès aux soins, aux conseils et à l’information et au fait qu’il y a encore trop peu d’éducation à ce sujet dans les établissements scolaires et autres lieux publics. Heureusement, des progrès ont été réalisés dans le domaine de l’éducation mais cela reste insuffisant pour lutter contre la précarité menstruelle. En effet, selon l’étude menée par Synergie Wallonie, seulement 40% ont reçu de l’éducation formelle<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup> aux menstruations<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>.</p>



<p>Outre les problèmes de santé, la précarité menstruelle est responsable également de décrochage scolaire et d’exclusion sociale&nbsp;: lorsqu’une personne en situation de précarité menstruelle ne peut pas se procurer des protections adaptées et en suffisance, elle est parfois contrainte de rester chez elle et donc, de manquer l’école, le travail et autres activités. À cela s’ajoute parfois un sentiment de honte dû à la stigmatisation des règles et de la précarité. La précarité menstruelle engendre donc des conséquences aussi bien sur la santé physique que sur la santé mentale (stress, anxiété) lorsqu’il faut par exemple faire le choix entre se nourrir ou acheter des protections<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des associations qui changent les règles</h2>



<p>Il existe des associations actives dans la lutte contre la précarité menstruelle. Malheureusement, ces acteurs de terrain restent encore trop peu connus et souffrent d’un manque de visibilité. Selon Synergie Wallonie, seulement 5% des personnes en situation de précarité menstruelle font appel aux associations de terrain<sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup>. Parmi ces initiatives, il y a :</p>



<p><em>BruZelle </em>est une association de lutte contre la précarité menstruelle et contre le tabou des règles depuis 2016. L’association a&nbsp; trois missions principales : la collecte et la distribution de protections hygiéniques, la sensibilisation et l’éducation ainsi que le conseil et l’expertise<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup>. BruZelle offre différentes façons de s’investir dans la lutte contre la précarité menstruelle notamment en devenant point de collecte<sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup>. Toute personne ou association (CPAS, club de sport, etc.) qui le souhaite peut demander à être un point de collecte et ainsi récolter des protections hygiéniques et du tissu. BruZelle organise également des ateliers de confection de trousses en tissu d’une part et de remplissage de trousse avec des protections d’autre part. Les relais locaux (associations, ONG) peuvent se porter volontaires pour distribuer les trousses remplies aux personnes en situation de précarité menstruelle.</p>



<p>Dans le même ordre d’idée, <em>Soralia</em> en collaboration avec les <em>Centres de Planning Familiaux</em> ont lancé le projet <em>Sang Souci</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup> dont la principale mission est la récolte et la distribution de protections hygiéniques aux personnes précarisées. De ce projet découlent trois objectifs: l’apport d’une aide concrète sur le terrain via la distribution des protections, le renforcement des liens et la solidarité entre les différents acteurs de terrain mais également la sensibilisation du grand public sur les risques liés à la précarité menstruelle. Le projet Sang Souci insiste sur le fait que toutes les femmes et personnes menstruées doivent avoir accès aux soins de manière égale et qu’il est impératif de lutter contre la responsabilisation excessive des personnes menstruées<sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup>.</p>



<p>Le collectif <em>Belges et Culottées</em> lutte quant à lui contre la taxation des protections hygiéniques et leurs prix encore trop élevés. La principale action de Belges et Culottées est de mener un plaidoyer politique au niveau fédéral via une pétition largement diffusée au sein de notre pays<sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup>.</p>



<p>Le relais politique de ces associations et organismes de terrain est crucial afin de rendre compte de la précarité menstruelle à la fois au niveau politique via des interpellations mais également au niveau de la société civile via l’éducation dès le plus jeune âge<sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup>. C’est notamment grâce à la pression du secteur associatif qu’en 2017, la “taxe tampon” (la TVA sur les tampons) est passée de 21% à 6% en Belgique<sup class="modern-footnotes-footnote ">18</sup>. Bien que cela reste insuffisant pour éradiquer la précarité menstruelle, il est important de souligner cette avancée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelles pistes pour l’avenir ?</h2>



<p>Les revendications du secteur associatif et des organismes luttant pour la santé menstruelle sont claires<sup class="modern-footnotes-footnote ">19</sup>. Tout d’abord, il est nécessaire d’aborder la question de la précarité menstruelle dans sa globalité. Il est important de rappeler que la précarité menstruelle est un enjeu de santé publique qui nous concerne toutes et tous et pas un sujet de niche. Dès lors, le secteur associatif a proposé des actions concrètes à entreprendre telles que&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Renforcer l’accès à des protections hygiéniques en diminuant leur coût d’une part et d’autre part, en favorisant la distribution de protections dans les espaces publics puisque l’aspect économique est le principal frein à une bonne santé menstruelle.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Renforcer l’accès à l’information et à l’éducation sur la santé menstruelle mais également sur tous les aspects du cycle menstruel. Cela passe par le fait d’augmenter et d’améliorer le contenu, la sensibilisation et l’éducation aux menstruations dans les établissements scolaires et ailleurs, par une meilleure formation des professionnels de la santé et des acteur.trices de première ligne ou encore par la création d’espaces de discussion.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Renforcer l’accès à des sanitaires adaptés, c’est-à-dire propres, intimes et sécurisés (portes, poubelles, évier,…) dans les écoles, la rue et autres espaces publics. Il faut également rénover les infrastructures et informer sur les sanitaires publics tout en assurant leur gratuité.&nbsp;</li>
</ul>



<p>Ensuite, il est important de visibiliser et de soutenir les associations et organismes luttant contre la précarité menstruelle. D’une part, en valorisant les actions menées et les services proposés par ces associations et d’autre part, en les aidant à couvrir leurs besoins en palliant le manque de financement et de main d’œuvre<sup class="modern-footnotes-footnote ">20</sup>.</p>



<p>Finalement, il est impératif de prendre des mesures aux niveaux fédéral et régional de sorte que le sujet de la santé menstruelle soit abordé de façon structurelle notamment via la gratuité des protections hygiéniques (voir encart).</p>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column red-message is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h3 class="wp-block-heading">Gratuité des protections hygiéniques : testé et approuvé</h3>



<p>L’accès aux protections hygiéniques doit être considéré comme un droit fondamental<sup> </sup>et est l’un des principaux leviers pour lutter contre la précarité menstruelle. Certains pays ont déjà pris des mesures parfois inédites et sans précédent. C’est le cas du Parlement autonome d’Ecosse qui, en février 2020, a voté pour l’élaboration d’un projet de loi visant la gratuité des protections hygiénique. Cette loi inédite est finalement entrée en vigueur le 15 août 2022. Depuis cette date, il est possible de se procurer des protections gratuitement dans toutes les institutions éducatives et au sein des collectivités locales (pharmacies, mairies, bibliothèques, piscines,…). Monica Lennon, qui a rédigé la loi, a rapidement souligné les <strong>effets positifs</strong> sur la population écossaise et au sein d’autres nations. En effet, selon l’autrice, cette loi a permis un <strong>changement culturel massif</strong> ainsi qu’une <strong>déstigmatisation autour des règles</strong>. En outre, suite à cette loi, des pays tels que la Nouvelle-Zélande et la Corée du Sud ont instauré la gratuité des protections dans les établissements scolaires tandis que d’autres pays envisagent de voter des lois similaires. En Angleterre et en Australie, toutes les toilettes des écoles sont munies de distributeurs de protections hygiéniques. Il est important de mentionner que le public estudiantin est fortement touché par la précarité menstruelle. Cela démontre également que la mise en place de ce type de mesure est fondamental pour <strong>lutter contre la double peine subie par les personnes menstruées : les inégalités de genres et l’aspect financier liés aux menstruations.</strong> D’autres initiatives ont également pris place par exemple en Irlande où la chaîne de magasins LIDL offre 1 boite de protections par mois aux personnes précarisées.<sup class="modern-footnotes-footnote ">21</sup></p>
</div>
</div>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;LEJEUNE, R., Précarité menstruelle: où en est la Belgique ? dans Famille, Culture et Education, analyse 427, 2021. Disponible sur <a href="https://www.cpcp.be/wp-content/uploads/2021/04/precarite-menstruelle.pdf">https://www.cpcp.be/wp-content/uploads/2021/04/precarite-menstruelle.pdf</a></div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;TOUKABRI, M., Précarité menstruelle : Ça coûte combien les règles dans la vie d’une femme ? dans Calepin, 2019. Disponible sur &nbsp;<a href="https://calepin.be/precarite-menstruelle-ca-coute-combien-les-regles-dans-la-vie-dune-femme/">https://calepin.be/precarite-menstruelle-ca-coute-combien-les-regles-dans-la-vie-dune-femme/</a></div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;MULLENS, L., La précarité menstruelle en Fédération Wallonie-Bruxelles. Rapport d’enquête, Synergie Wallonie pour l’égalité entre les femmes et les hommes asbl, 2022. Disponible sur <a href="https://synergie-wallonie.org/wp-content/uploads/2022/07/Rapport-Precarite-Menstruelle-Synergie-Wallonie.pdf">https://synergie-wallonie.org/wp-content/uploads/2022/07/Rapport-Precarite-Menstruelle-Synergie-Wallonie.pdf</a></div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Égalité entre les femmes et les hommes en Wallonie &#8211; Revenus, pauvreté et dépendance financière des Wallonnes et des Wallons, Cahier 4, IWEPS, 2019. Disponible sur <a href="https://www.iweps.be/wp-content/uploads/2019/10/HF-Cahier4.pdf">https://www.iweps.be/wp-content/uploads/2019/10/HF-Cahier4.pdf</a></div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La santé menstruelle se définit comme «&nbsp;un état de bien- être physique, mental et social en relation avec le cycle menstruel et comprend l’accès à l’information, l’accès aux produits menstruels, l’accès aux soins et traitements pour les troubles et maladies liées au cycle menstruel, l’accès à un environnement positif et dépourvu de tabous et enfin, le libre choix de participer à toutes les sphères de la vie pendant toutes les phases du cycle menstruel&nbsp;». (MULLENS, L., op.cit., p. 23).</div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem.</div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Faudrait pas s’en tamponner : C’est quoi le choc toxique&nbsp;?, Inserm, 2020. Disponible sur <a href="https://www.inserm.fr/c-est-quoi/faudrait-pas-en-tamponner-c-est-quoi-choc-toxique/">https://www.inserm.fr/c-est-quoi/faudrait-pas-en-tamponner-c-est-quoi-choc-toxique/</a></div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L’éducation formelle se définit comme «&nbsp;l’enseignement organisé et dispensé à l&rsquo;école et qui est explicitement désigné comme apprentissage (en termes d&rsquo;objectifs, de temps ou de ressources). L&rsquo;apprentissage formel est intentionnel de la part de l&rsquo;apprenant; il débouche généralement sur la validation et la certification». Voir <a href="https://www.grainesdepaix.org/fr/ressources/dictionnaire/education-formelle-non-formelle-informelle">https://www.grainesdepaix.org/fr/ressources/dictionnaire/education-formelle-non-formelle-informelle</a>.</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;MULLENS, L., op.cit.</div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;MARTINEZ, V., ‘Je mange ou je saigne&nbsp;?’ Le tabou de la précarité menstruelle dans Politique, n° 124, 2024. Disponible sur https://www.revuepolitique.be/je-mange-ou-je-saigne/</div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;MULLENS, L., op.cit.</div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.bruzelle.be/fr/">https://www.bruzelle.be/fr/</a></div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L’ensemble des points de collecte est disponible ici : <a href="https://www.bruzelle.be/fr/points-de-collecte/">https://www.bruzelle.be/fr/points-de-collecte/</a></div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://lesassociationssolidaris.be/portfolio-items/sang-souci/">https://lesassociationssolidaris.be/portfolio-items/sang-souci/</a></div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://lesassociationssolidaris.be/portfolio-items/sang-souci/">https://lesassociationssolidaris.be/portfolio-items/sang-souci/</a></div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://belgesetculottees.jimdofree.com/">https://belgesetculottees.jimdofree.com/</a></div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;LEJEUNE, R., Précarité menstruelle: où en est la Belgique ? dans Famille, Culture et Education, analyse 427, 2021. Disponible sur <a href="https://www.cpcp.be/wp-content/uploads/2021/04/precarite-menstruelle.pdf">https://www.cpcp.be/wp-content/uploads/2021/04/precarite-menstruelle.pdf</a></div><div>18&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Fin de la taxe tampon: le taux de TVA des produits d’hygiène féminine passe à 6%, RTBF, 6 octobre 2017. Disponible sur <a href="https://www.rtbf.be/article/fin-de-la-taxe-tampon-le-taux-de-tva-des-produits-d-hygiene-feminine-passe-a-6-9728820">https://www.rtbf.be/article/fin-de-la-taxe-tampon-le-taux-de-tva-des-produits-d-hygiene-feminine-passe-a-6-9728820</a></div><div>19&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;MULLENS, L., op.cit.</div><div>20&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;MULLENS, L., op.cit.</div><div>21&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sources : LEJEUNE, R., op. cit.,<br /><br />



RAVIT, M., La précarité menstruelle en Afrique subsaharienne: une question taboue, 2021.<br /><br />



L’Écosse ouvre la voie à la gratuité des protections périodiques pour toutes les femmes, RTBF, 26 février 2020. Disponible sur <a href="https://www.rtbf.be/article/l-ecosse-ouvre-la-voie-a-la-gratuite-des-protections-periodiques-pour-toutes-les-femmes-10441721">rtbf.be/article/l-ecosse-ouvre-la-voie-a-la-gratuite-des-protections-periodiques-pour-toutes-les-femmes-10441721</a><br /><br />



L’Écosse montre la voie en offrant un accès gratuit aux protections périodiques dans Courrier international, 2022. Disponible sur <a href="https://www.courrierinternational.com/article/sante-publique-l-ecosse-montre-la-voie-en-offrant-un-acces-gratuit-aux-protections-periodiques">courrierinternational.com/article/sante-publique-l-ecosse-montre-la-voie-en-offrant-un-acces-gratuit-aux-protections-periodiques</a><br /><br />



Ecosse &#8211; Les produits menstruels seront disponibles gratuitement dès lundi, La Presse, 13 août 2022. Disponible sur <a href="https://www.lapresse.ca/international/europe/2022-08-13/ecosse/les-produits-menstruels-seront-disponibles-gratuitement-des-lundi.php">lapresse.ca/international/europe/2022-08-13/ecosse/les-produits-menstruels-seront-disponibles-gratuitement-des-lundi.php</a><br /><br />



De la précarité à la santé menstruelle, Conseil Wallon de l’Egalité entre Hommes et Femme, avis n°84, 2021. Disponible sur <a href="https://www.cesewallonie.be/sites/default/files/uploads/avis/CWEHF_84_1.pdf">cesewallonie.be/sites/default/files/uploads/avis/CWEHF_84_1.pdf</a> </div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Au bonheur des dames d’Echoline</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/au-bonheur-des-dames-decholine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Oct 2024 12:16:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Echoline]]></category>
		<category><![CDATA[jt214]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans le nom « Echoline », il y a comme une résonnance à l’arrondi du ventre de la femme enceinte, aux « collines » du Pays de Charleroi. Action Vivre Ensemble soutient la création d’un espace communautaire à destination des familles.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Dans le nom « Echoline », il y a comme une résonnance à l’arrondi du ventre de la femme enceinte, aux « collines » du Pays de Charleroi. Action Vivre Ensemble soutient la création d’un espace communautaire à destination des familles.</p>



<p>La vie de Louise<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup> est celle d’une longue descente aux enfers. Des abus subis pendant l’enfance à l’envie d’en finir par tous les moyens avec une existence désespérante, elle n’a longtemps puisé un peu de réconfort que dans l’alcool. Jusqu’à ce jour de février 2022 où, hospitalisée en urgence pour une pancréatite aiguë, le médecin lui annonce une nouvelle stupéfiante : elle est enceinte !</p>



<p>« Malgré les risques liés à ma dépendance à l’alcool, je n’ai pas pu renoncer à garder mon enfant. Il n’avait pas survécu dans mon ventre pour rien. J’ai cru en lui, en moi, en notre destin », raconte Louise. « Tout ce qui me paraissait jusqu’alors insurmontable est devenu accessible et réalisable. J’ai arrêté de boire, j’ai stoppé les traitements psychiatriques et je me suis fait la promesse de reprendre ma vie en mains. »</p>



<p>Dès cet instant, Louise est accompagnée par celles qu’elle appelle avec affection « les dames d’Echoline ». Outre une présence bénéfique tout au long de sa grossesse, elle a pu profiter des activités mises en place par l’association dans le but, notamment, de diminuer l’isolement des (futurs) parents et de leur permettre d’échanger entre eux. « Lorsqu’on traverse une longue période difficile, on a vite le sentiment de ne plus être digne d’être aimée et respectée. Chez Echoline, je me suis sentie à chaque instant une personne importante, qui méritait qu’on prenne soin d’elle. Et cela fait beaucoup de bien sur le plan moral et pour l’estime de soi ! »</p>



<p>Aujourd’hui, Louise vit dans son propre logement et comme le petit Maxime<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup> a une place en crèche certains jours de la semaine, elle envisage de commencer une formation. Elle continue à être suivie sur le plan psychologique car elle estime en avoir toujours besoin.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Seulement 8 SAP en Wallonie</h2>



<p>Louise fait partie des 105 personnes/familles en situation de grande précarité accompagnées par Echoline en 2023. Cette association est l’unique Service d’Accompagnement Périnatal (SAP) de la région de Charleroi – il y en a 8 seulement sur l’ensemble de la Wallonie, partiellement subventionnés par l’ONE. Les SAP ont pour mission d’aider les femmes enceintes connaissant des difficultés sociales, médicales et/ou psychologiques, ainsi que leur famille. Ils assurent un suivi pluridisciplinaire jusqu’aux trois ans de l’enfant.</p>



<p>« Cette approche transversale est indispensable car le phénomène de précarité s’est progressivement complexifié, avec des problématiques annexes de santé mentale, d’accès au logement, d’isolement social et familial », commente Emilie Querton, coordinatrice d’Echoline, dont l’équipe pluridisciplinaire comprend notamment quatre sages-femmes et quatre psychologues.</p>



<p>En plus de vingt-cinq ans d’activité, Echoline a accompagné plus de 2 000 familles particulièrement vulnérables. Environ un tiers des mamans suivies avait moins de 25 ans et ne percevait aucun revenu. « Nous adaptons l’accompagnement aux besoins de chaque famille, que ce soit au niveau de la fréquence des rencontres, des activités proposées, etc. », précise Emilie Querton. Si l’enjeu premier est de veiller au bon déroulement de la grossesse et de l’accouchement, les objectifs à plus long terme incluent le soutien des compétences parentales, le développement harmonieux de l’enfant et la prévention de la négligence et de la maltraitance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La naissance de la « Maison Mieux Naître »</h2>



<p>Parce que le « vivre avec » est une dimension importante du projet d’Echoline, elle a sollicité le soutien financier d’Action Vivre Ensemble pour la création d’un espace communautaire à destination des familles dans le bâtiment qu’elle a acquis et occupera à partir de la mi-2025, à Montignies-sur-Sambre.</p>



<p>« Notre objectif est de mettre en place des ateliers communautaires proposant des activités créatives et manuelles qui appuient la parentalité et favorisent les échanges et le partage autour du bien-être de bébé », explique la coordinatrice d’Echoline. La future « Maison Mieux Naître » deviendra ainsi un vrai lieu de vie « où les familles pourront revenir à tout moment si elles rencontrent la moindre difficulté par rapport à leur enfant ».</p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Prénom d’emprunt</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Prénom d’emprunt</div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Notre alimentation mérite une politique à part entière</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/notre-alimentation-merite-une-politique-a-part-entiere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Sep 2024 15:26:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/publication/notre-alimentation-merite-une-politique-a-part-entiere/</guid>

					<description><![CDATA[La Déclaration de politique régionale du nouveau Gouvernement wallon relaie l’alimentation au second plan]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">La Déclaration de politique régionale du nouveau Gouvernement wallon relaie l’alimentation au second plan<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup></h2>



<p class="chapo">Le Gouvernement wallon relègue l’alimentation au second plan. Or, les systèmes alimentaires doivent évoluer pour répondre aux enjeux économiques, humains et sociaux des Wallon·e·s. Par cette lettre ouverte, 99 cosignataires demandent une véritable politique intégrée de l’alimentation en collaboration avec tous les acteur·ice·s, avec des ambitions et moyens à hauteur des enjeux.</p>



<p>Les enjeux de notre alimentation sont primordiaux et interconnectés. Ils nécessitent une politique qui intègre et coordonne tous les secteurs – santé, emploi, formation, agriculture, économie, social, environnement – et la mise en application des principes de sécurité et souveraineté alimentaires.</p>



<p></p>



<p>L’état alarmant de notre santé le justifie. En Belgique, <a href="https://www.belgiqueenbonnesante.be/fr/etat-de-sante/determinants-de-sante/statut-ponderal" target="_blank" rel="noreferrer noopener">près de 50&nbsp;% de la population est en surpoids</a> et nous sommes le 4<sup>e</sup> pays européen où le cancer frappe le plus<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>. L’alimentation est un facteur déterminant de la santé. Or elle est une variable d’ajustement dans le budget de plus en plus de ménages. Il est symptomatique que depuis 4 ans<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>, les quantités d’aliments bio achetés en Wallonie soient en recul. Pensant faire une économie sur la nourriture, nous la payons pourtant deux fois. Des études<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup> démontrent les coûts cachés de notre alimentation. Pour un euro dépensé dans l’alimentation, la collectivité en paie autant en soins de santé (0,5€), en dégâts sur l’environnement (0,3€) et en perte d’emplois (0,2€).</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’indispensable soutien aux agriculteurs et aux actions pour l’environnement</h2>



<p>Notre sécurité alimentaire est menacée par la disparition de la profession agricole et par la faible part de nos surfaces agricoles vouée à l’alimentation des Wallon.nes. Sur les 30 dernières années, la Wallonie a perdu 57&nbsp;% de ses exploitations<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup> et risque d’en <a href="https://terre-en-vue.be/IMG/pdf/20230724_memorandumpolitique2024_v10_finale_longue_.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">perdre encore 56&nbsp;% dans les 10 prochaines années</a>. Par ailleurs, seuls 16&nbsp;% de la production agroalimentaire wallonne nourrissent nos citoyens<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>. Il est donc vital de soutenir nos agriculteur·ice·s et leur fonction nourricière.</p>



<p>L’objectif, c’est l’accès à une nourriture de qualité pour tou·te·s les Wallon·ne·s, en priorité à base de produits locaux et qui permet aux agriculteur·ice·s et acteur·ice·s des filières de vivre dignement. La mondialisation du marché des matières premières agricoles est gangrenée par la spéculation et le nivellement par le bas des prix et de la qualité. Elle a atteint ses limites. Le blocage de l’échangeur de Daussoulx par les tracteurs en témoigne. Et dans le même temps, on vient de dépasser le nombre de 600.000 personnes recourant à l’aide alimentaire en Belgique<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>.</p>



<p>La dégradation environnementale s’accélère de manière exponentielle. Le nombre d’oiseaux, d’insectes et de vers de terre <a href="https://www.naturalsciences.be/fr/decouvrir-participer/decouvrir/la-perte-de-biodiversite-est-une-realite-quine-peut-plus-etre-niee" target="_blank" rel="noreferrer noopener">a diminué de plus de 80&nbsp;% ces cinquante dernières années</a>. Or sans les insectes pour polliniser les cultures et fertiliser les sols, nous allons dans le mur. Nos sols wallons accusent déjà un manque de matière organique dans 90&nbsp;% des surfaces sous culture<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Impliquer toutes les parties prenantes</h2>



<p>Pour maîtriser ces enjeux majeurs, il faut impliquer l’ensemble des parties prenantes. En 2019, au terme des assises de l’alimentation durable, le Parlement wallon a voté la stratégie Manger Demain, portée par un Gouvernement MR-CdH et votée à l’unanimité. Elle fut ensuite mise en œuvre par le Gouvernement PS-MR-ECOLO, avec notamment la création du Collège wallon de l’Alimentation Durable, le plan d’action Food-Wallonia d’après Covid, le Green Deal cantines durables ou encore des soutiens à la relocalisation de l’alimentation. Les citoyen·ne·s montrent leur engagement en s’impliquant au sein des Conseils de Politique Alimentaire, des festivals «&nbsp;Nourrir&nbsp;» ou encore des coopératives en circuit court. Toutes ces initiatives – et bien d’autres – sont déjà actrices d’une évolution nécessaire, concrète et transformatrice de nos systèmes alimentaires.</p>



<p>Par cette lettre, nous demandons au Gouvernement wallon de poursuivre le travail important entamé depuis 2018 et d’établir une véritable politique intégrée de l’alimentation en collaboration avec tou·te·s les acteur·ice·s, avec des ambitions et des moyens à la hauteur des enjeux.</p>



<p></p>



<h3 class="wp-block-heading">Signataires</h3>



<p>CCRéAlim, Ceinture Alimentaire Charleroi Métropole (CATM), Ceinture Aliment-Terre Liégeoise (CATL), Réseau Aliment-Terre de l’arrondissement de Verviers (RATaV), Collectif 5C, FUGEA, UNAB, Biowallonie, NATAGORA, Coalition Santé, Cellule Environnement de la Société Scientifique de Médecine Générale, UPDLF – Les diététicien.ne.s, Eneo Verviers, CONCERT ES, FGTB wallonne, CAL Liège, ConsomAction, Histoire d’un grain, CIEP de Verviers, Fédération MOC de Verviers, Les coopératives membres du Collectif 5C&nbsp;: Agricovert, Bab’l Market, BEES coop, Bettie, Bloum, CABAS, CAROLOSTORE, Circuits Paysans, Cocoricoop, Comptoir Paysan, Coopéco, CoopESEM, Coquelicoop, EpiCoeur, Fermes en vie, Halle de Han, La Botte Paysanne, La COOF, La Coop Alimentaire, La débrouillardise villageoise &amp; Epicentre, La Ferme Larock, La Mauvaise Herbe, La Walhinette, Li Terroir, Macavrac, Mangez Fermier, Nos Racines, Oufticoop, P’tite Ruche, Paysans-Artisans, R.E.L.A.I.S, Réseau Paysan, Réseau RADIS, Terre d’Herbage, Unis Verts Paysans, Vervîcoop, Vivre à Ligny, wAnderCoop, WooCoop, SAW-B, Solidairement asbl, GAL Pays des 4 Bras, Empreinte BW (CREDAL ASBL), Ceinture alimentaire de Namur, Ceinture alimentaire du Tournaisis, CNCD-11.11.11, OXFAM Magasins du Monde, HUMUNDI, Entraide et Fraternité, FIAN Belgium, Rencontre des Continents, CANOPEA, Terre en vue, Action Vivre Ensemble, Arsenic2, Compagnie Adoc, Brigades d’Actions Paysannes, MAP, Réseau des GASAP, Crabe asbl, Moulin-ecole mobile citoyen, Olivier De Schutter (Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits humains et l’extrême pauvreté), Pierre Ozer (Professeur à l’ULiège), Kevin Maréchal (Professeur en économie écologique à Gembloux Agro-Bio Tech/ULiège), Gaëtan Vanloqueren (Chercheur HEC/ULiège, Professeur invité à l’UCLouvain et ICHEC-Brussels Management School), Jean Luc Hornick (Professeur à l’ULiège), Nicolas Antoine-Moussiaux (Professeur à l’ULiège), Sybille Mertens (Professeure ordinaire à l’Université de Liège), Pierre Stassart (Professeur en Sociologie de l’Environnement à l’ULiège), Guénaël Devillet (Professeur à l’ULiège), Nicolas Dendoncker (Professeur à l’Université de Namur), Bernard Tychon (Professeur à l’ULiège), Jérôme Bindelle (Professeur à Gembloux Agro-Bio Tech de l’ULiège), Axelle Hogge (Professeure à l’ULiège), Virginie Xhauflaire (Professeure à l’ULiège), Lanzi Florence (Docteure en économie &amp; gestion, Chercheuse à HEC/ULiège), Davide Arcadipane (Chargé de mission en alimentation durable chez ISoSL), Céline Martin (Cultures en Transition), Fabienne Nyssen (Coordinatrice du CPA de l’Arrondissement de Huy-Waremme).</p>



<p>Carte Blanche parue dans <a href="https://www.lesoir.be/624635/article/2024-09-23/notre-alimentation-merite-une-politique-part-entiere" target="_blank" rel="noopener">Le Soir le 23 septembre 2024</a></p>



<p></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;A propos de la <a href="https://www.wallonie.be/sites/default/files/2024-07/DPR2024-2029.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">DPR</a>, voir <a href="https://www.fian.be/Alimentation-une-maigre-ration-au-menu-du-nouveau-Gouvernement-wallon" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’analyse réalisée par FIAN</a>.</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir à ce propos l’article consacré à cette maladie sur le site de la Société scientifique de médecine générale.</div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Chiffres Du Bio sur biowallonie.com, voir page 30.</div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;«&nbsp;Coûts cachés et juste prix de notre alimentation&nbsp;» sur academie-agriculture.fr</div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir le site de Terre en Vue.</div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir le Cahier de la prospective de l’IWEPS n°8, «&nbsp;La sécurité et la souveraineté alimentaire de la Wallonie&nbsp;: un questionnement prospectif&nbsp;».</div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;#Investigation&nbsp;: «&nbsp;L’aide alimentaire soutient 600.000 personnes en Belgique&nbsp;», «&nbsp;sans nous, certains ne mangeraient pas&nbsp;» – RTBF Actus et L’aide alimentaire en Belgique | FDSS.</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir notamment le Diagnostic environnemental de la Wallonie 2024, p.51.</div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>ECHOLINE</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/echoline/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Quentin Minsier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jul 2024 09:50:04 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=association&#038;p=38127</guid>

					<description><![CDATA[Echoline soutien les parents à travers le renforcement du lien parent(s)-enfant(s) pour les familles en situation de précarités.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Echoline soutien les parents à travers le renforcement du lien parent(s)-enfant(s) et l’accompagnement de la parentalité, pendant la période périnatale, pour les familles en situation de précarités qui éprouvent une difficulté autour de l’établissement des premiers liens parent(s)-enfant(s).</p>



<p>Favoriser le suivi médical, accompagner les parents, offrir des moments de bien-être parent(s)-enfant(s), soutenir les compétences parentales, travailler avec les services de première ligne, offrir des activités pour aider les parents à répondre aux besoins des enfants, diminue l’isolement, favoriser le mieux-être de l’enfant et prévenir la maltraitance&nbsp;; ce sont autant de missions et d’objectifs qu’Echoline travaille au quotidien.</p>



<p>105 familles sont accompagnées, en situation de grande précarité.</p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>DE MAUX À MOTS</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/de-maux-a-mots/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Quentin Minsier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jul 2024 09:41:57 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=association&#038;p=38124</guid>

					<description><![CDATA[L'association De maux à mots vise à fournir un soutien complet et personnalisé aux victimes de violences, en mettant l'accent sur la reconstruction, la guérison et l'autonomie, tout en contribuant à la sensibilisation et à la prévention de ces situations. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>L&rsquo;association De maux à mots vise à fournir un soutien complet et personnalisé aux victimes de violences, en mettant l&rsquo;accent sur la reconstruction, la guérison et l&rsquo;autonomie, tout en contribuant à la sensibilisation et à la prévention de ces situations. L’association propose dans ce but différentes activités :</p>



<ol class="wp-block-list" start="1">
<li>Accompagnement des victimes : L&rsquo;association offre un soutien individuel, collectif et communautaire aux victimes de violences physiques, sexuelles, psychologiques et/ou économiques. Cela se fait au travers d’entretiens personnalisés et de la mise en place de projets multidisciplinaires adaptés à chaque cas.</li>



<li>Orientation vers les services appropriés : Ils dirigent les victimes vers les services médicaux, juridiques, judiciaires et sociaux appropriés pour répondre à leurs besoins spécifiques.</li>



<li>Activités de soutien et de thérapie : « De Maux à Mots » organise différentes activités au sein de leur centre, telles que des groupes de parole, des séances de sophrologie et de réflexologie, des ateliers thérapeutiques, des soins holistiques, pour accompagner les bénéficiaires dans leur parcours de guérison.</li>



<li>Sensibilisation : L&rsquo;association mène également des campagnes de sensibilisation pour informer le public sur les violences et leurs conséquences, ainsi que pour promouvoir la prévention.</li>



<li>Collaboration interdisciplinaire :  travailler en étroite collaboration avec un large réseau de professionnels formés en matière de lutte contre les violences, des acteurs de la justice, du droit, des thérapeutes, des animateurs, des artistes et des sportifs pour offrir une approche multidisciplinaire et holistique.</li>



<li>Lien avec les services existants : « De Maux à Mots » assure un lien avec les différents services pour compléter et prolonger la prise en charge lorsque les services de première ligne sont épuisés.</li>
</ol>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Santé et précarité : une spirale infernale</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2023-05/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Nov 2023 10:23:21 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=publication&#038;p=37096</guid>

					<description><![CDATA[Analyse partie 1 -  Lorsque l’alimentation de qualité et en suffisance reste un défi.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Partie 1 &#8211;&nbsp; Lorsque l’alimentation de qualité et en suffisance reste un défi.</p>



<p class="ligne-gauche-normal">Lever le voile sur les réalités de la pauvreté nous amène à saisir l’impact sur la santé de la précarité, de l’insécurité alimentaire et des déprivations qui tissent le quotidien de nombreuses personnes en Wallonie. Dans un contexte de crises multiples, la précarité économique et sociale augmente et avec elle le sentiment angoissant que tout peut basculer, s’effondrer, à tout moment. L’augmentation des difficultés d’un cinquième des Wallons à s’alimenter et à se soigner montre les failles d’un système qui n’arrive pas à établir une solidarité sociale réellement redistributive. Comme en appellent, par leurs actions, de nombreuses associations, les réponses doivent être politiques et solidaires, car la responsabilité est avant tout collective.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Marie, Alex et Yvonne, lorsqu’un pain fait la différence</h2>



<p><em>Il est 18H30, la boulangerie du village va bientôt fermer ses portes. Demain c’est le jour de fermeture hebdomadaire. Sur une table près de la porte, sont rangés les invendus&nbsp;: pains, tartes et quelques petits gâteaux. Monsieur Jean, un bénévole d’une association locale, arrive «&nbsp;ah&nbsp;! la récolte est bonne aujourd’hui, cela fera des contents&nbsp;!&nbsp;» Il range délicatement les marchandises dans son coffre, remercie la vendeuse et commence sa tournée.</em></p>



<p><em>Première porte, une famille avec quatre enfants. La maman, Marie, est au chômage, le papa, Alex, se déplace en fauteuil roulant et ne peut plus travailler. Nouer les deux bouts et terminer le mois si possible sans dettes ou sans avoir aggravé ses dettes est,&nbsp; pour Marie et Alex, un stress de tous les jours. Les médicaments et les soins d’Alex coûtent cher et tous ne sont pas remboursés. Ils sont pourtant indispensables pour éviter ou retarder l’aggravation de sa maladie. Le chauffage n’est allumé que lorsqu’il fait très froid et que la maison est humide. Monsieur Jean sonne, échange quelques mots, demande des nouvelles des enfants, leur donne deux pains et une tarte aux fruits.</em></p>



<p><em>Un peu plus loin, Yvonne, une dame très âgée qui vit seule, le reçoit avec un sourire. «&nbsp;Vous rentrerez bien quelques minutes&nbsp;?&nbsp;» Monsieur Jean décline l’invitation, sa tournée est encore longue et il fait déjà nuit noire. Il sort de son coffre un petit pain blanc, celui qu’Yvonne aime faire griller et manger le matin avec de la confiture de groseilles. Il ajoute un petit gâteau «&nbsp;crème café&nbsp;» et promet de revenir un autre jour, en dehors de sa tournée.</em></p>



<p><em>Une fois par semaine, il distribue ainsi les invendus à des personnes pour qui recevoir un pain fait un peu la différence… Recevoir une tarte de temps en temps est un luxe qui réjouit.</em></p>



<p><em>Sa tournée discrète dure presque deux heures. Pourtant, dans le village, presque personne ne sait qu’elle existe… Personne ne se doute que, derrière certaines portes, manger à sa faim peut être un défi lorsque la fin du mois approche, que les factures du loyer, du gaz, de l’électricité doivent être payées, qu’il faut remplir la cuve à mazout, etc.&nbsp; Peu sont ceux qui savent que pour certains de leurs voisins, économiser les 3,5 euros que coûte un pain a son importance. Le passage de monsieur Jean est attendu. C’est aussi un clin d’œil&nbsp;de présence et de lien bien au-delà d’un pain.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Pauvreté et précarité</h2>



<p>Soulever le voile qui cache les vécus de la famille de Marie et d’Alex, d’Yvonne et de tant d’autres nous laisse entrevoir l’imbroglio des difficultés qui tissent leur quotidien. La maladie, la vieillesse et leur pauvreté économique, entre autres, semblent évidentes. Les envisager ainsi présente cependant un double risque&nbsp;: celui de les considérer de façon paternaliste comme des personnes «&nbsp;en manque&nbsp;», «&nbsp;en besoin d’aide&nbsp;», et celui d&rsquo;occulter les fonctionnements sociopolitiques à l’origine de leurs situations et de leur relégation dans les marges sociales. Ces deux histoires laissent entrevoir de nombreux débats possibles. Les manques et les privations engendrent des inégalités sur la santé physique, mais aussi psychique, sociale et culturelle. Dans ce texte, nous nous limiterons uniquement à envisager les inégalités dans le domaine de la santé, et ce, par le biais plus particulier de l’alimentation<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>.</p>



<p>Nous les considèrerons aussi sous l’angle de la précarité plutôt que de la pauvreté. La pauvreté détermine des manques, qu’ils soient financiers, sociaux ou culturels. La précarité quant à elle relève d’une forme d’insécurité, de stress constant. C’est le sentiment que l’on peut, à tout instant, perdre ce que l’on a, que l’on ait beaucoup ou que l’on ait peu&nbsp;: devoir déménager, perdre son logement ou se retrouver à la rue et se voir privé brutalement de son réseau social. Plus encore, ne pas arriver à se nourrir ou à se chauffer, être exposé au risque d’un placement des enfants lorsqu’on n’est plus en mesure d’assurer leurs besoins, être expulsé parce que l’on n’a pas de papiers, perdre la santé et ne pas avoir les moyens de se soigner, etc.<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup> Cette précarité, qui n’exclut pas les manques, nous semble plus représentative des vécus au jour le jour au cœur de nombreux foyers.</p>



<p>Environ 20% de la population belge est en situation de précarité et en risque d’exclusion sociale. Ces femmes, ces hommes, ces familles sont dans des situations stressantes causées par des cumuls de difficultés qui durent, parfois toute une vie et qui parfois aussi se transmettent de génération en génération: chômage, enchaînement de petits boulots, absence d’épargne, problèmes de logement, échecs et décrochages scolaires, dépression, rapports de domination, poids des regards, façon de se situer socialement, problèmes de santé mentale, difficultés d’expression orale ou écrite, etc. Les politiques de lutte contre la pauvreté permettent de « limiter la casse », mais ne permettent souvent pas de sortir du cercle vicieux dans lequel les problèmes s’enchaînent.</p>



<p>Les conditions de vie de Marie, d’Alex, de leurs enfants, d’Yvonne et de quelques autres qui émailleront ce texte, nous amèneront à faire le constat de l’influence sur la santé de <a>l’insécurité alimentaire, du manque de ressources sociales et réciproquement.</a> Nous tirerons aussi les fils de quelques pistes de réflexion et d’analyse, sans prétendre faire le tour de la question.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Insécurité alimentaire</h2>



<p>Dans son rapport de recherche en 2022, sur les conditions de vie et les inégalités sociales en Wallonie, l’IWEPS affirme que l’accès à la nourriture saine, équilibrée et en suffisance est un déterminant important des conditions de santé. Or, les prix des matières premières indispensables à l’alimentation de base ont beaucoup augmenté depuis début 2022, souvent bien plus que l’inflation globale et l’augmentation des salaires et des aides sociales liés à l’index.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’impact des crises</h3>



<p>Les différentes crises que nous traversons ces dernières années, qu’elles soient sanitaires (pandémie), climatiques (inondations), financières (inflation), énergétiques (augmentation des charges), politiques (conflit armé tel que la guerre en Ukraine) ont eu et continuent d’avoir comme conséquence une diminution des denrées disponibles et une augmentation du prix de l’alimentation. La spéculation sur certaines denrées participe aussi de l’augmentation de leur prix. L’institut des statistiques belge (Statbel) signale que l’augmentation moyenne du prix des denrées alimentaires a atteint 16,12% en février 2023. Mais cette moyenne cache de grandes disparités et une augmentation très importante de certaines denrées de base de l’alimentation&nbsp;: les céréales (+37%), le pain (+24%), les huiles végétales (+58%), la viande (+14,8%) et les produits laitiers (+23%). Les légumes coûtent en moyenne 24% de plus aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;il y a un an. Une famille de deux personnes dépense désormais en moyenne 512€ par mois en produits alimentaires, soit 85€ de plus qu&rsquo;en février 2022<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="526" height="336" src="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2023/11/image.png" alt="" class="wp-image-37113" srcset="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2023/11/image.png 526w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2023/11/image-300x192.png 300w" sizes="(max-width: 526px) 100vw, 526px" /></figure>
</div>


<p class="has-text-align-center">Graphique issu de l’article «&nbsp;<em>L’alimentation pèse plus lourd</em>&nbsp;» de Nathalie Cobbaut<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup> (juin 2022)</p>



<h3 class="wp-block-heading">Accéder à une alimentation en quantité suffisante avant même de l’envisager comme saine et équilibrée</h3>



<p>Le Rapport «&nbsp;Pauvreté&nbsp;» d’Itinera constate qu’en Belgique le taux de déprivation matérielle grave est plus fréquent que dans d’autres pays de la zone européenne.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="545" height="367" src="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2023/11/image-1.png" alt="" class="wp-image-37117" srcset="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2023/11/image-1.png 545w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2023/11/image-1-300x202.png 300w" sizes="(max-width: 545px) 100vw, 545px" /></figure>
</div>


<p class="has-text-align-center">Tableau issu de l’étude de <a>Joël Van Cauter et Jean Hindriks,</a> «&nbsp;<em>Agir durablement contre la pauvreté. Première partie : un bilan décevant</em>&nbsp;» (avril 2022)<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup></p>



<p>Un ménage ou un isolé sont considérés en situation de déprivation matérielle grave lorsqu’au moins quatre des éléments de la liste suivante ne lui sont pas accessibles (il ne s’agit donc pas d’un choix volontaire, mais d’une impossibilité&nbsp;matérielle d’accès)&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Payer les factures à temps (loyer, eau, électricité, etc.),</li>



<li>Pouvoir chauffer suffisamment la maison,</li>



<li>Manger de la viande, du poulet, du poisson ou une alternative végétarienne au moins tous les deux jours,</li>



<li>Faire face à une dépense inattendue,</li>



<li>Posséder un téléphone,</li>



<li>Posséder une télévision couleur,</li>



<li>Posséder une machine à laver,</li>



<li>Posséder une voiture personnelle,</li>



<li>Prendre une semaine de vacances par an à l’extérieur.&nbsp;</li>
</ul>



<p>En Belgique cette déprivation matérielle a changé de visage en quelques années. Alors qu’elle touchait surtout les personnes âgées, aujourd’hui, ce sont surtout les jeunes, les familles monoparentales et les personnes les moins formées qui sont les plus vulnérables, entre autres face aux accidents de la vie&nbsp;: un problème de santé, une séparation, un problème professionnel, une dégradation de leur environnement suite aux intempéries (inondations) ou suite à des nouvelles constructions d’infrastructures, etc. Entre 2007 et 2018, la précarité persistante pour les personnes en âge de travailler est passée de 5,6 à 9,4 %. La faible intensité de travail et le coût du logement sont de facteurs à risque important de cette déprivation matérielle grave<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>.</p>



<p>L’aide alimentaire est de plus en plus sollicitée, pour faire face à une urgence qui devient, pour de nombreux foyers, un problème récurrent et chronique. Le nombre de demandes ne cesse de croître, amplifiant une tendance qui avait déjà été très marquée pendant la crise du Covid-19. La Fédération belge des banques alimentaires rapporte une hausse de 18,2% des bénéficiaires en 2022 par rapport à l’année 2021 soit quelques 193.344 bénéficiaires par mois. Si l’on y ajoute les personnes aidées via des colis alimentaires, des épiceries et restaurants sociaux, le nombre de personnes qui ont recours à une aide pour se nourrir atteint environ 600.000 personnes<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>. Ces chiffres montrent que la question n’est pas seulement la qualité de l’alimentation, si souvent discutée dans les médias et les écoles, mais, pour de nombreuses personnes, celle plus fondamentale, de pouvoir manger à sa faim.</p>



<p><strong>«&nbsp;Manger des fruits et des légumes&#8230; Pas tout le monde!&nbsp;»,</strong> titrait Michel Gassée dans son article sur le site de la RTBF du 18 octobre 2023. Il y reprend l’exemple de Anne-Catherine Guio, chercheuse au LISER, relatif à l’impact de la pauvreté économique sur l’alimentation des enfants et donc sur leur santé&nbsp;: «&nbsp;<em>La nourriture. C’est un besoin de base et on considère que les enfants devraient pouvoir manger des protéines tous les jours, idem pour les fruits et légumes. S’ils le souhaitent évidemment, on ne mesure pas les préférences des gens dans cette étude&nbsp;! Si les gens préfèrent ne pas donner de viande à leurs enfants, ils ne sont pas capturés par l’indicateur, mais s’ils le souhaitent sans en être capables, alors, oui, on est bien dans un cadre de privation matérielle&nbsp;»</em>. Elle ajoute encore,&nbsp;<em>«&nbsp;pour la première fois (…) on a des informations sur la santé des enfants et en même temps sur la déprivation. Et que voit-on&nbsp;? Qu’il y a une corrélation claire&nbsp;: les enfants qui sont déprivés ont aussi plus de problèmes de santé chroniques ou se déclarent plus souvent en mauvaise santé. C’est très inquiétant pour leur avenir&nbsp;»</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Distribuer des aliments&nbsp;? Une aide précieuse, mais…</h2>



<p>Les initiatives de distribution d’aliments participent à la survie, au prix, souvent, d’un sentiment d’humiliation des personnes aidées qui se disent réduites à être des mendiants. Elles expriment un sentiment de perte de dignité.</p>



<p><em>À Bomel, un quartier de Namur, des personnes font la file sur le trottoir pour avoir un colis. Ce sont des gens du quartier. Pourtant l’ambiance est lourde, certains baissent la tête, personne ne parle. Recevoir n’est pas facile surtout s’il l’on ne peut pas rendre. Le don à sens unique est écrasant<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>.</em></p>



<p>La maison de quartier La Rochelle à Roux, en province du Hainaut, l’a bien compris.Claudio Marini qui en assure la coordination nous dit&nbsp;:</p>



<p><em>«&nbsp;Les blessures les plus profondes causées par la pauvreté sont à mes yeux : la perte totale du respect de soi, le sentiment de dignité qui cède la place au sentiment d’inutilité. (…) Le respect de soi et le sentiment de dignité ne peuvent exister qu’à partir du moment où l’être humain reçoit respect et dignité de la part des autres<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>&nbsp;»</em>.</p>



<p>Dans cette maison de quartier<sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup>, les personnes précarisées peuvent être actrices des projets. Elles peuvent organiser elles-mêmes les services qui leur permettent de répondre à leurs besoins élémentaires (alimentation, vêtements, meubles), d’affronter leurs conditions de vie difficiles et de défendre leurs droits. Ce pouvoir de dire et d’agir donne sens à leur présence au-delà d’une aide reçue. Il réinstaure la dignité de chacun, le tire de la marge et l’introduit au sein d’un collectif où sa place est reconnue. Au-delà de la restauration du sentiment de dignité, cette maison de quartier pose la question du droit.</p>



<p><strong>L’augmentation des personnes souffrant de la faim ou exposées au risque d’avoir faim en Wallonie montre les failles d’un système et d’une société qui se dit démocratique, mais qui n’arrive pas à établir une solidarité sociale réellement redistributive. Elle pose la question de la préoccupation les uns pour les autres dans un pays au PIB élevé et où la sécurité sociale est considérée comme l’une des meilleures au monde.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion</h2>



<p>Les inégalités de santé sont importantes en Belgique et elles se traduisent entre autres par une différence d’espérance de vie de plus de 10 ans pour les hommes et de près de huit ans pour les femmes entre les deux pôles des milieux sociaux<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup>.</p>



<p>Comme le montrent les chiffres cités, et plus encore les témoignages des acteurs de terrains rencontrés par Action Vivre Ensemble <sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup>, les inégalités en ce qui concerne les droits fondamentaux sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus grandes.</p>



<p>Questionner les inégalités de santé, c’est se poser la question de l’accès aux droits fondamentaux constitutifs du bien-être&nbsp;: droit à une alimentation de qualité et en quantité suffisante, droit au logement et à un environnement sain, accès réel des soins médicaux de qualité, etc. La lutte contre les inégalités en santé va bien au-delà d’une interpellation des professionnels de la santé et du social. Pour diminuer ces inégalités et tendre vers plus de justice en santé et sociale, les projets qui s’élaborent en réseau et incorporent la participation des personnes pour améliorer leur bien-être global ont un rôle essentiel à jouer. Mais attention, il faut aussi se méfier du double piège que pourrait être d’une part de considérer les personnes comme «&nbsp;en manque de savoirs sur leur situation et comment l’améliorer&nbsp;» et d’autre part, en leur rendant le pouvoir d’agir sur leur situation, le risque de provoquer un glissement vers une responsabilisation individuelle accrue et une culpabilisation de tous ceux qui dérogent à une série de comportements normés. <strong>Les causes de la précarité en santé liées aux situations de déprivation sont avant tout systémiques. Les réponses doivent être politiques et solidaires, car la responsabilité est avant tout collective</strong>.<sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Un deuxième axe envisagé dans cette réflexion est celui du droit au logement. Il fera l’objet d’une analyse ultérieure et constituera la deuxième partie de « Santé déficiente et précarité : une spirale infernale ».</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;FURTOS, Jean, Les effets cliniques de la souffrance psychique d’origine sociale, Mental’idées, n°11, septembre, 2007.</div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Données de Test achat (avril 2023) et Rapport de recherche de l’IWEPS n°50, Indice de situation sociale de la Wallonie (ISS-9e exercice) &#8211; 29 Analyses et perspectives sur les conditions de vie et les inégalités sociales en Wallonie, 2022.</div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;https://www.echosducredit.be/lalimentation-pese-plus-lourd/</div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;https://www.itinera.team/sites/default/files/content-documents/Rapport%20Pauvret%C3%A9.pdf</div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;VAN CAUTER, Joël et HINDRIKS, Jean, Agir durablement contre la pauvreté. Première partie : un bilan décevant, avril 2022. Voir https://www.itinera.team/sites/default/files/content-documents/Rapport%20Pauvret%C3%A9.pdf</div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Fondation Roi Baudouin, Communiqué de presse, Quand seule la solidarité permet encore de manger, Justice sociale et pauvreté, mars 2023. Voir https://kbs-frb.be/fr/quand-seule-la-solidarite-permet-encore-de-manger</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;https://www.rtbf.be/article/les-privations-de-tous-ordres-affectent-pratiquement-13-des-enfants-en-belgique-11273404</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Observation en rue, Christine Grard (2022).</div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;https://vivre-ensemble.be/association/la-rochelle-1692/</div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pour une analyse complète sur la maison de quartier La Rochelle et son jardin communautaire, voir LOTHIER, Marie-Christine, De la lasagne industrielle à la soupe du jardin, novembre 2023 (https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2023-04/) </div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;GIRÈS, Joël et MARISSAL, Pierre, Inégaux face à la mort, 2023. Mis en ligne sur le site de l’Observatoire Belge des Inégalités voir https://inegalites.be/Inegaux-face-a-la-mort.</div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir les projets soutenus lors des campagnes de Action Vivre Ensemble telles que l’ASBL AVE du quartier Saint Léonard à Liège, le « Bazar festival » à Bruxelles, les épiceries sociales, l’ASBL Horizons nouveaux à Liège, l’ASBL La voix des compagnons à Vierves-sur-Viroin, l’ASBL Le miroir vagabond à Bourdon en province de Luxembourg, l’ASBL Pourquoi pas toi à Mons, l’ASBL Perspectiv’ et son bar à soupe dans le Hainaut ou encore l’ASBL Vie Féminine, active dans plusieurs régions.</div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;LECLERCQ, Colette, Santé &amp; précarité dans Revue l’Observatoire, n° 65, 2010. Voir https://revueobservatoire.be/Sante-precarite.</div>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>PETITGRAND</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/petitgrand/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Aug 2022 10:54:58 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/petitgrand/</guid>

					<description><![CDATA[L’ASBL Petit Grand se consacre au soutien de la petite enfance et de la parentalité, particulièrement auprès des familles vulnérables et précarisées.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>L’ASBL Petit Grand est une association implantée à Liège qui se consacre au <strong>soutien de la petite enfance et de la parentalité</strong>, particulièrement auprès des <strong>familles vulnérables et précarisées</strong>. Nous accompagnons les parents confrontés à des <strong>difficultés éducatives, relationnelles ou psychosociales</strong>&nbsp;: inquiétudes sur le développement, la sociabilisation ou le comportement de l’enfant, fragilités personnelles impactant la relation parent-enfant, démarches d’amélioration de la situation familiale.</p>



<p>Notre objectif principal est d’<strong>agir précocement dans la vie de l’enfant pour renforcer ses chances d’épanouissement et prévenir la reproduction des inégalités</strong>. Nos actions poursuivent quatre grandes finalités&nbsp;: lutter contre l’isolement social des parents et des enfants, soutenir les parents dans leur rôle éducatif, favoriser le développement global de l’enfant (émotionnel, psychique, relationnel) et renforcer le lien parent-enfant.</p>



<p>Petit Grand déploie ses activités au sein des quartiers populaires de Liège&nbsp;: Sainte-Marguerite, Burenville, Outremeuse et bientôt Droixhe. Ces zones, marquées par une forte densité de population, la précarité économique et une grande diversité culturelle, concentrent de nombreuses familles fragilisées. Chaque année, nous touchons plus de <strong>150 familles grâce aux activités collectives</strong> et <strong>accompagnons individuellement environ 60 familles</strong>.</p>



<p>Nos actions se déclinent en <strong>deux axes</strong>&nbsp;: la <strong>prévention </strong>et l’<strong>aide</strong>. La prévention comprend des accueils collectifs et individuels gratuits et ouverts à tous, sans objectif thérapeutique, afin de créer du lien et de la confiance. L’aide est proposée via des séances de psychomotricité relationnelle, organisées en individuel ou en petits groupes, avec un soutien financier du CPAS, du SAJ, du SPJ ou d’autres services lorsque nécessaire.</p>



<p>Nous intervenons principalement dans les quartiers où nous sommes implantés et leurs alentours (Saint-Laurent, Laveu, centre-ville), avec l’ambition d’étendre progressivement notre rayonnement autour de nos espaces collectifs. Notre association ne compte pas de bénévoles actifs&nbsp;; toutes nos actions sont portées par une équipe professionnelle engagée, qui veille à s’adapter aux réalités mouvantes des familles accompagnées et à favoriser leur autonomie.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
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		<title>PLOUF WASCAFE-WASSERETTE</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/plouf-wascafe-wasserette/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Aug 2022 13:41:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[L'espace du social washing]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;espace du social washing</h2>



<p>L’association veut faciliter l’accès à l’hygiène des personnes précarisées et rendre aux laveries sociales leur rôle de créatrices de liens.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>Moi je suis une grande babeltrut. Alors je viens faire ma lessive, même si mes vêtements ne sont pas vraiment sales. Y a du soleil, donc cela méritait bien un petit nettoyage de printemps.</p>
<cite>Anne-Marie</cite></blockquote>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><br>Je préfère passer plutôt que de rentrer directement et d’allumer la télé. C’est très convivial ici et très bien organisé.</p>
<cite>Corinne</cite></blockquote>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
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