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	<title>Société/économie &#8211; Action Vivre Ensemble</title>
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	<title>Société/économie &#8211; Action Vivre Ensemble</title>
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		<title>Sécurité en Europe &#8211; Kit de ‘survie’ ou &#8230; de ‘solidarité’ ?</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/https-vivre-ensemble-be-publication-analyse2025-12/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Oct 2025 09:02:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[En Europe comme dans d’autres parties du monde, l’actualité est effrayante. La guerre qui s’enlise en Ukraine, le génocide en cours à Gaza, le populisme de Trump outre-Atlantique, la montée de l’extrême-droite un peu partout... ]]></description>
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<p class="titre-trois">En Europe comme dans d’autres parties du monde, l’actualité est effrayante. La guerre qui s’enlise en Ukraine, le génocide en cours à Gaza, le populisme de Trump outre-Atlantique, la montée de l’extrême-droite un peu partout&#8230; Où que porte notre regard, l’ombre inquiétante de la guerre plane. Nos démocraties sont clairement en danger et nous faisons face à une situation que notre pays n’avait pas connue depuis la Seconde Guerre mondiale. Dans ce contexte anxiogène, le réarmement de la Belgique (re)devient une priorité gouvernementale, au détriment d’autres secteurs pourtant exsangues et en besoin manifeste de financement.</p>



<p>Le 10 mars 2025, le journal <em>Le Soir</em> publiait l’information suivante : <em>«&nbsp;Le Centre de crise national (NCCN) va lancer une campagne visant à rendre la population belge plus ‘résiliente’ face aux crises, dans un contexte international tendu. </em><em>L’objectif est de clarifier comment se mettre à l’abri, évacuer et élaborer son propre plan d’urgence.&nbsp;‘Il n’y a aucune raison de paniquer, mais nous devons jeter les bases d’une “culture du risque” dans notre pays’, estime le Centre de crise. Le NCCN propose ainsi&nbsp;une série de&nbsp;</em><a href="https://centredecrise.be/fr/que-pouvez-vous-faire/preparez-vous" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>recommandations</em></a><em>, notamment celle de se munir des kits d’urgence à la maison en cas de fuite de gaz, d’inondation, de conflit armé, etc. (&#8230;) ‘Il faut que&nbsp;la&nbsp;population puisse être autonome et résiliente&nbsp;en&nbsp;cas&nbsp;d’urgence’ justifie le porte-parole du NCCN. L’objectif est que tout le monde connaisse l’utilité du numéro d’urgence 112 et les différents risques auxquels nous allons être confrontés dans les années à venir (&#8230;). »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le réarmement de l’Europe : mise en contexte</h2>



<p>Le gouvernement l’affirme&nbsp;: «&nbsp;<em>Il faut d’urgence réinvestir dans la défense, dans l’armement, acheter des avions de combats, des chars d’assaut, des véhicules, des munitions, des drones, rétablir le service militaire. Des déploiements internationaux accrus sont également prévus, notamment en Roumanie, au Kosovo et pour la formation de pilotes ukrainiens de F16. Il faut aussi consacrer un important pourcentage de notre PIB à financer nos engagements vis-à-vis de l’OTAN</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup> . Le défilé militaire de ce 21 juillet dernier illustre bien ces choix politiques : <em>« Comme chaque année, la place des Palais s’est transformée en scène d’apparat, rythmée par le pas cadencé des militaires, le vrombissement des avions et les applaudissements du public…&nbsp;La Défense belge, forte d’environ 26 000 membres, vise à atteindre 34 500 militaires d’ici 2035&#8230;&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>.</em></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-medium"><a href="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/10/Photo-manif-climat.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="225" height="300" src="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/10/Photo-manif-climat-225x300.jpg" alt="Une manifestante avec une pancarte avec le texte &quot;Augmentons le budget défense de notre planète&quot; et l'image d'un avion qui parsème des fleurs" class="wp-image-40148" srcset="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/10/Photo-manif-climat-225x300.jpg 225w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/10/Photo-manif-climat.jpg 560w" sizes="(max-width: 225px) 100vw, 225px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Jeune militante lors de la Marche pour le Climat à Bruxelles (5/10/2025)</figcaption></figure>
</div>


<p>À contre-courant de ce discours, Samuel Legros, chargé de plaidoyer politique à la CNAPD (Coordination nationale d’action pour la paix et la démocratie), plaide tout l’inverse : réduire au plus bas les dépenses militaires nationales. Il remet en question l’efficacité de l’appareil militaire argumentant que «&nbsp;<em>dans la grande majorité des cas, le prétendu remède a aggravé les maux (songeons, par exemple, à l’Irak ou à la Libye), quand il n’a pas, purement et simplement, fait figure de parenthèse morbide</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>. Disant cela, il souligne notamment les conséquences catastrophiques des interventions militaires au sens large ainsi que du manque d’évaluation de l’outil militaire. En effet, un regard dans le rétroviseur nous permet d’avancer que non, il n’apporte pas forcément de «&nbsp;<em>pacification</em>&nbsp;» ou de «&nbsp;<em>stabilisation</em>&nbsp;».</p>



<p>Le co-président du parti Ecolo, Samuel Cogolati dénonce quant à lui une ventilation des dépenses militaires «&nbsp;<em>complètement anarchique&nbsp;»</em>&#8230; «&nbsp;<em>La vraie question en matière de défense, et que personne n’ose affronter dans la classe politique, c’est que nous dépensons horriblement mal</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup> . En effet, le co-président d’Ecolo, s’il n’est pas contre un réarmement de l’Europe, plaide pour une stratégie commune des efforts de guerre entre les différents pays européens et rappelle l’urgence climatique qui nous concerne toutes et tous : «&nbsp;<em>Moi, je plaide pour les Etats-Unis d’Europe autonome sur le plan militaire mais aussi sur le plan énergétique. Et ça, c’est le grand oublié. La guerre climatique aujourd’hui est complètement oubliée et pourtant c’est un ennemi avec lequel vous ne pourrez pas négocier</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>.</p>



<p>La norme imposée par l’OTAN est d’octroyer 2% du PIB des pays membres aux dépenses militaires. Cette norme avait été validée sous le gouvernement Di Rupo (2011-2014). La guerre en Ukraine a accéléré cet objectif des 2% : en 2022, seuls 7 pays de l’OTAN avaient atteint les 2%. En 2024, 23 pays avaient atteint ce quota. Forte de cet engouement, l’OTAN passerait à la vitesse supérieure avec l’instauration d’une nouvelle norme, c’est-à-dire 3,6%&#8230; Ce qui s’apparente à une surenchère est confirmé par le budget belge des dépenses militaires, en constante évolution depuis 2017. Tendance qui se confirme avec le gouvernement Arizona qui s’est donné pour objectif d’atteindre les fameux 2% d’ici à la fin de la législature, ce qui équivaut à une augmentation de 5,5 milliards d’euros (pour un grand total de 13,6 milliards d’euros)<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La guerre en Ukraine, un facteur déclencheur</h2>



<p>L’offensive russe lancée en Ukraine a clairement été un facteur déclencheur dans le réarmement de l’Europe. L’ombre menaçante d’une hypothétique guerre en Europe a l’air de justifier à elle seule le budget pharaonique du secteur de la défense qui se fait, rappelons-le, au détriment d’autres domaines absolument essentiels, tels que la santé, l’éducation ou encore l’environnement.</p>



<p>L’Ukraine est proche de nous, géographiquement et culturellement. L’idée ici n’est pas de lancer un débat sur la honteuse hiérarchisation occidentale des souffrances du monde – car nous n’accueillons pas de la même manière les Érythréen·nes ou les Ukrainien·nes par exemple &#8211;&nbsp;, or, les Belges ont vu affluer, du jour au lendemain, des milliers de réfugiés ukrainiens&#8230; &nbsp;</p>



<p>Dans une telle actualité, comment ne pas se projeter dans un pays en guerre ? Comment ne pas se dire que <em>“nous sommes les prochains ?”</em> Comment ne pas regarder, médusés, la vidéo “<em>What’s in my bag?</em>” où on voit la Commissaire européenne Hadja Lahbib, hilare, déballer hors de son sac à main le contenu d’un kit de survie<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup> afin d’enjoindre aux Européens de se préparer au pire ? &nbsp;Le ton joyeux de la vidéo contraste singulièrement avec le sérieux du sujet&#8230; Il n’y a en effet rien de drôle à se préparer à affronter une guerre, surtout dans un pays qui n’en a pas connu depuis presque 80 ans. Si l’on peut juger la vidéo maladroite, elle est révélatrice de la volonté de prouver que le pays, et plus largement l’Europe, est face à un conflit imminent. Dans un tel contexte, la hausse du budget militaire peut difficilement être remise en question.</p>



<p>Entre juin et août 2023, le journaliste indépendant Serge Hastom a arpenté la Russie de long en large pour tenter de comprendre le conflit. Allant jusqu’aux confins de cet immense territoire, de Sébastopol à Vladivostok, il a recueilli des dizaines de témoignages qui montrent un autre visage de cette guerre, comme celui d’Elena qui, du fin fond de la Sibérie, donne à réfléchir sur la réelle éventualité d’un conflit généralisé en Europe (voire à la relativiser): “<em>Bien sûr qu’il y a de la propagande chez nous, tout le monde le sait, depuis toujours.</em> <em>En France aussi il y en a, seulement vous ne la voyez pas. À la télé, on vous dit que la Russie pourrait envahir l’Europe, hein? On vous dit que Poutine se prend pour un tsar, qu’il va envoyer la bombe atomique, qu’il faut défendre l’Ukraine parce que sinon, après, ça sera au tour de la Pologne, de l’Allemagne, de la France&nbsp;! On est le plus vaste pays du monde, le plus riche, peut-être le plus sauvage, le plus beau, on n’a même pas assez d’habitants pour peupler notre territoire et vous croyez vraiment qu’on veut conquérir d’autres pays ? C’est un conflit régional, l’Ukraine, et vos politiciens parlent de menace planétaire. Tout ça, c’est pour vous faire accepter de dépenser des milliards et des milliards en bombes, en chars, en avions qui remplissent les poches des industriels et permettent à vos politiques de mener une guerre économique par procuration !</em>”<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup></p>



<p>Pourtant, peu de gens savent que l’Europe est déjà surarmée, rappelle Samuel Legros&#8230; En effet, les dépenses des pays européens membres de l’OTAN s’élevaient à 389 milliards d’euros en 2024. De son côté, Samuel Cogolati a fait le calcul : en additionnant les dépenses militaires de chaque pays européen, il explique qu’en réalité l’Europe dépense trois fois plus que la Russie en matière de défense, à savoir respectivement 326 milliards d’euros contre 130 milliards d’euros.<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">Sécurité nationale et sécurité sociale</h2>



<p>Au même moment et dans un contexte d’austérité croissante, notre gouvernement limite les allocations de chômage dans le temps, réforme les pensions, veut remettre les malades de longue durée au travail, sabre dans les revenus des cohabitants&#8230; Ces décisions marquent un tournant stratégique, motivé par la double nécessité de redresser des finances publiques sous pression et de renforcer la sécurité nationale dans un environnement géopolitique instable. Ces mesures présentent des défis socio-économiques considérables. Elles affectent le pouvoir d&rsquo;achat et vont augmenter potentiellement le risque de pauvreté&nbsp;; elles vont transférer des charges financières vers les services sociaux locaux et les CPAS, déjà structurellement débordés.</p>



<p>«&nbsp;<em>La hausse des dépenses militaires, intrinsèquement insécurisante, se fera nécessairement au détriment de celles qui assurent réellement la sécurité des individus et de la planète : soins de santé, éducation, développement, lutte contre le dérèglement climatique… Ces augmentations successives du budget en armement continueront aussi à éloigner les différents États que les crises multiples que nous vivons ces dernières années commandent pourtant de rapprocher&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup> </em>souligne Samuel Legros.</p>



<p>De plus, le mécanisme de financement de la défense, qui repose sur des coupes sociales et la vente d&rsquo;actifs publics, est très controversé et pourrait creuser les divisions sociétales existantes et le mécontentement public. Gérer efficacement ces décisions qui affectent les générations futures reste un défi complexe à relever. &nbsp;</p>



<p>Sans minimiser le besoin pour un pays de renforcer sa sécurité, n’oublions pas que vivre dans la pauvreté comporte aussi son lot d’insécurité. Ainsi, <strong>il ne faut pas opposer sécurité nationale et sécurité sociale</strong> mais essayer de les combiner, car l’une ne va pas sans l’autre.</p>



<p>L’épreuve du confinement lié à la crise sanitaire du Covid nous a bien révélé l’importance de la solidarité. En effet, revenons en mars 2020… Souvenons-nous : c’est le début de la crise sanitaire, au moment du confinement. Les longues journées sont rythmées par les infos du soir concernant l’évolution de la pandémie et des mesures à prendre ainsi que les applaudissements crépusculaires pour le personnel soignant.</p>



<p>Après un temps de sidération et le plaisir de retrouver une liberté volée par des obligations sociales et professionnelles, le confinement devient assez rapidement de plus en plus pénible. &nbsp;Face à cette situation inédite, certains essaient de réinventer une autre manière de vivre, de communiquer, de créer. Pour d’autres, notamment les plus précarisés, le quotidien s’avère de plus en plus compliqué : isolement, perte de repères et de sens, violence intra-familiale, dépression…</p>



<p>Avec le recul, nous constatons que cette période a mis en évidence l’importance vitale des liens sociaux qui nous unissent les uns aux autres. Sans eux, la vie peut être difficile à supporter. Alors, si l’ombre de la guerre nous inquiète et que la seule réponse apportée par nos gouvernements est le réarmement et la confection d’un kit d’urgence, cela ne suffira malheureusement pas. <strong>Car ce dont nous avons besoin, et de manière urgente, en plus d’un kit de survie, c’est d’un «&nbsp;kit de solidarité&nbsp;».</strong></p>



<p>En effet, dans un contexte difficile, la solidarité est plus que jamais essentielle. Elle constitue le fondement de nos relations humaines et de notre capacité à surmonter les défis ensemble. Le kit de la solidarité serait ainsi un ensemble d’outils et de valeurs qui nous permettraient de cultiver l’entraide et le soutien mutuel. Souvent sous-estimées, ce sont au contraire des ressources inépuisables et très puissantes à long terme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Plaidoyer pour un kit alternatif</h2>



<p>Si un tel kit solidaire existait, que contiendrait-il ?</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>En tout premier lieu, la sécurité sociale. Plus qu’un élément indispensable à la sécurité, elle en constitue le socle.</li>



<li>Une mise en commun des compétences de chacun et de chacune permettrait la création d’un réseau de partage de savoir et/ou de ressources matérielles. Forts de ce réseau solidaire, la mise en place d’une plateforme de trocs et d’échanges de denrées, d’outils et de compétences permettrait d’améliorer le quotidien.</li>



<li>Créons des ‘<em>carnets de survie émotionnelle’</em> et notons-y des poèmes, des textes ou des photos qui nous inspirent.</li>



<li>Établissons une liste de contacts urgents&nbsp;: des numéros de téléphone, ceux des voisins et de leurs proches, des personnes âgées seules dans notre quartier, des membres de nos familles élargies.</li>



<li>Si le kit de survie est basé sur des ressources matérielles (nourriture, vêtements, etc.), le <strong>kit de solidarité</strong>, lui,<strong> met l’accent sur les relations humaines, la sécurité sociale et le soutien communautaire.</strong></li>
</ul>



<p>L’idée fondamentale de ce kit alternatif solidaire est que, dans les moments de crise, <strong>la force d’une communauté unie est aussi vitale que les ressources matérielles</strong>. C’est une invitation à se connecter avec notre entourage, à rester attentif à tout.es, à défendre les droits de chacun.e car la force d’une communauté ne se mesure pas uniquement dans ses ressources matérielles mais aussi dans sa capacité à rester unie et solidaire&#8230;</p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Édition du journal Le Soir, 22 juillet 2025</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem</div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;LEGROS, Samuel, En débat. Si l’on veut la paix, il faut arrêter de préparer la guerre dans Politique, n° 129, mars 2025</div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.rtbf.be/article/rearmement-de-l-europe-nous-depensons-horriblement-mal-selon-le-co-president-d-ecolo-11516918</div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.rtbf.be/article/rearmement-de-l-europe-nous-depensons-horriblement-mal-selon-le-co-president-d-ecolo-11516918</div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;LEGROS, Samuel, En débat. Si l’on veut la paix, il faut arrêter de préparer la guerre dans Politique, n° 129, mars 2025</div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Cette vidéo a été motivée par une idée de l’Union européenne d’enjoindre chaque citoyen de l’Europe à avoir avec eux des kits de survie pour 72h. Voir https://www.rtl.be/actu/belgique/societe/dans-une-video-humoristique-hadja-lahbib-presente-le-kit-de-survie-europeen/2025-03-26/article/744004 et https://www.rtl.be/actu/monde/europe/des-kits-de-survie-pour-72-heures-en-cas-de-crise-voici-lidee-proposee-par/2025-03-25/article/743885</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;HASTOM, Serge, Autostop Poutine. Au bout de la Russie en guerre dans Pisser dans les cours d’eau. Carnets de reportage très indépendants, éd. du Faubourg,&nbsp; 2025, p. 77-78</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.rtbf.be/article/rearmement-de-l-europe-nous-depensons-horriblement-mal-selon-le-co-president-d-ecolo-11516918</div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;LEGROS, Samuel, En débat. Si l’on veut la paix, il faut arrêter de préparer la guerre dans Politique, n° 129, mars 2025.</div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La mobilité. L’angle mort de la précarité</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-10/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Sep 2025 11:23:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Le manque de mobilité représente un véritable obstacle à l’exercice de nos droits les plus fondamentaux, tant se déplacer est [&#8230;]]]></description>
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<p class="titre-trois">Le manque de mobilité représente un véritable obstacle à l’exercice de nos droits les plus fondamentaux, tant se déplacer est essentiel dans nos sociétés. Les plus précarisés d’entre nous subissent à la fois inégalité géographique et inégalité environnementale. Comment penser une mobilité qui soit un outil à la fois de justice sociale et de durabilité environnementale ?</p>



<p>Vélos et voitures électriques et/ou partagées, pistes et autoroutes cyclables… Les initiatives en faveur d’une mobilité moins gourmande en ressources fossiles ne manquent pas ces dernières années dans le cadre de la transition énergétique. Mais ne sont-elles pas des phénomènes principalement urbains, qui concernent surtout une classe moyenne à capital culturel élevé&nbsp;? Et, surtout, ne font-elles pas oublier les efforts nécessaires en matière de transports publics collectifs accessibles à toutes les bourses et à tous les publics&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mobilité et non-recours aux droits</h2>



<p>La mobilité est un élément transversal dans les questions de lutte contre la pauvreté. On la retrouve effectivement partout puisqu’elle représente un «&nbsp;<em>maillon indispensable dans l’exercice des droits fondamentaux&nbsp;</em>»<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup> tels que le droit au logement, à la santé, à l’emploi ou encore à l’éducation. Comment se rendre chez le médecin si l’on habite dans un village reculé où il y a très peu de transports en commun&nbsp;? Ou lorsqu’on a trouvé un travail mais que, faute de posséder une voiture ou de disposer de transports en commun adéquats, l’on doive y renoncer&nbsp;?</p>



<p>Christine Mahy, secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté (RWLP), lance un avertissement : <strong>la non-mobilité aggrave le non-recours aux droits</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>. L’évolution de la société fait que «&nbsp;<em>les besoins en mobilité des individus se multiplient et se complexifient. Les individus voient aujourd’hui leurs pôles d’intérêts et leurs lieux d’activités se multiplier et souvent se disséminer sur le territoire</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>. Le maillage actuel des réseaux TEC et SNCB est loin d’être optimal&nbsp;: trajets raccourcis, trains supprimés, coûts prohibitifs, etc. Ces divers obstacles ont des conséquences désastreuses pour les personnes en situation de précarité, notamment l’isolement social, comme beaucoup ne peuvent plus se déplacer. &nbsp;Ainsi, absents de l’espace public, ils sont invisibilisés et leurs besoins ne sont pas être pris en compte dans les politiques de mobilité. Pourtant, ils et elles sont bien là. <strong>Le manque d’accès à la mobilité complexifie donc grandement des situations de précarité, voire constitue même parfois l’élément déterminant qui fait basculer dans la pauvreté.</strong></p>



<p>L’obstruction à ces divers droits vient notamment des choix politiques posés dans l’aménagement du territoire. Le logement se révèle souvent moins cher en zone rurale ou périurbaine ; or, c’est généralement là qu’il y a le moins de transports en commun et de services de proximité. Combien de villages ne sont pas desservis le week-end ? Il y aurait lieu à repenser sérieusement l’aménagement du territoire, notamment en revitalisant les villages. En Wallonie, la plupart sont devenus des villages-dortoirs où la voiture règne en maître, faute d’une offre suffisante de transports en commun. Dans ces villages, les commerces de proximité ont presque tous disparu, ceux-là même qui permettaient, en plus de fournir des denrées de base, de créer et d’entretenir du lien social. &nbsp;<em>«&nbsp;En région rurale, beaucoup de personnes doivent prendre plusieurs [modes de] transports en commun différents lorsqu’ils vont travailler ou lorsqu’ils veulent visiter leurs enfants placés et cela prend un temps fou et une énergie folle. Ils n’ont souvent que leurs pieds pour se déplacer&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup></em>. Cette raréfaction des transports en commun en zone rurale participe d’un cercle vicieux <em>: «&nbsp;Le service se détériore en raison d’un manque de moyens, le nombre de clients diminue et par conséquent, les moyens sont supprimés&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup></em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mobilité et effet Matthieu</h2>



<p>L’effet Matthieu<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup> est un principe qui «&nbsp;<em>traduit le fait qu’en vertu d’une&nbsp;série de mécanismes,&nbsp;les politiques sociales profitent davantage aux riches qu’aux pauvres qui, proportionnellement, y contribuent davantage</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>. Plus concrètement, les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres. En matière de mobilité, l’effet Matthieu est particulièrement tenace sur deux des moyens de transport les plus connus&nbsp;: le vélo et la voiture.</p>



<p><strong>Le vélo</strong>. Le développement d’un réseau cyclable est largement utilisé par les personnes issues de la classe moyenne supérieure qui a fait de la pratique cycliste un véritable marqueur social. On aurait tort de sous-estimer la dimension culturelle du vélo tant il est devenu le moyen de transport plébiscité par une majorité de gens aisés et engagés. Parallèlement, la voiture reste une preuve de réussite sociale fortement ancrée dans les milieux plus populaires (mais pas seulement…). Le vélo, s’il représente une solution durable et, à première vue, bon marché, n’est pas aussi accessible qu’il y paraît.</p>



<p>Tout d’abord, en zone rurale, la pratique cycliste peut se révéler dangereuse, surtout en Wallonie où le manque de pistes ou d’aménagements cyclables est régulièrement dénoncé. Cette tendance se confirme par les chiffres puisque le vélo ne représente qu’1,6% de la part modale des déplacements en Wallonie pour 17% à Bruxelles<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup>. Ensuite, en zone urbaine, où les aménagements cyclables sont bien plus nombreux, le vélo reste inaccessible à beaucoup pour des raisons financières. Parmi eux, les familles précarisées. En effet, le développement et la prolifération des vélos cargos électriques<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup> sont trop chers pour des ménages en situation de précarité. Pour un vélo de ce type, il faut compter entre trois et cinq mille euros, sans compter l’assurance et les entretiens. Une sacrée somme… Sans commune mesure avec le coût et l’entretien d’une voiture cela dit.</p>



<p>De plus en plus de villes proposent des incitants à la pratique du vélo. Pour exemple, la Ville de Liège a mis en place le système <em>Vélocité<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup></em> qui permet la location d’un vélo (pour des périodes variant de 3 à 12 mois). Dans le cas d’un vélo musculaire, donc non électrique, l’abonnement annuel est de 80€ et comprend l’entretien et les réparations éventuelles. Lorsqu’on sait qu’un entretien coûte<em> grosso modo</em> une septantaine d’euros, l’offre est avantageuse et inclusive. Ce genre d’initiatives va dans le bon sens et est révélatrice de la volonté d’une politique cyclable inclusive.</p>



<p>Pour autant, la <strong>voiture</strong> reste le moyen privilégié pour se déplacer. Quasiment indétrônable, elle est pourtant la source de nombreuses nuisances (bruit, pollution, odeur, etc.). La piétonisation des villes, et <em>ipso facto</em> la diminution progressive de la voiture, représente donc un véritable enjeu écologique. Cependant, si elle correspond aux objectifs de développement durable, «&nbsp;<em>les mesures interdisant ou limitant un mode de transport polluant ne peuvent être prises sans renforcer dans le même temps des solutions de transport accessibles à tous</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup>. Car lorsque ce n’est pas le cas, cela a «&nbsp;<em>un impact disproportionné sur les personnes en situation de pauvreté par rapport aux autres citoyens</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup>. L’économiste Thomas Piketty le rappelle : «&nbsp;<em>Toutes les transformations importantes, qu’elles soient politiques, institutionnelles ou sociales, depuis deux siècles, se sont faites avec une réduction des inégalités et une forme de marche vers l’égalité. Le changement climatique, grand défi du siècle, n’échappera pas à cette règle pour une raison simple&nbsp;: <strong>dès que vous faites des transformations majeures, vous avez des conséquences sur la répartition des efforts. Et la seule façon de pouvoir réaliser ces transformations, c’est de le faire d’une façon juste</strong></em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup>, c’est-à-dire en ne laissant personne de côté.</p>



<p>Selon l’étude <em>Mobwal<sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup></em>, les ménages qui ne possèdent pas de voiture sont les plus vulnérables et les plus fragiles et représentent principalement des personnes isolées ou des familles monoparentales. L’achat d’une voiture est la boîte de Pandore en matière de frais&nbsp;: l’achat tout d’abord, suivi par l’assurance, le carburant, les frais de parking éventuels, les entretiens et réparations mais aussi, bien en amont, le financement d’un permis de conduire. Au 1<sup>er</sup> janvier 2025 en Wallonie, il faut compter 58€ pour passer les permis théorique et pratique. Cela n’inclut évidemment pas d’éventuelles leçons de conduite qui peuvent s’élever à plusieurs centaines d’euros. Or, les personnes vivant une situation de précarité sont souvent isolées et ne peuvent compter ni sur l’aide d’un proche ni sur une voiture pour l’apprentissage.</p>



<p><strong>Le partage de voitures</strong>, type <em>Cambio</em>, contredit le modèle largement admis de la voiture individuelle : «&nbsp;<em>Le ‘tout automobile’ consiste donc à accorder la priorité à la voiture sur tous les autres modes de déplacement en toutes circonstances. Les autres modes ont le droit d’exister et même de se développer, à condition toutefois de ne pas entraver ou très peu l’usage de l’automobile (&#8230;) ou de ne pas freiner son développement exponentiel</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup>. Le système des voitures partagées permet de diminuer efficacement le nombre de voitures, en ville du moins. Cependant, cela ne concerne à nouveau que des personnes issues de la classe moyenne. Si un abonnement<sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup> ne coûte que 8 € par mois, il faut compter des frais d’activation de 35 € ainsi qu’une participation financière, qui joue notamment un rôle de caution, de 500 €<sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup> (ces deux derniers frais ne sont payés qu’une fois). Ainsi, avant même d’avoir roulé un seul kilomètre, l’on doit déjà débourser 543 €… Somme difficile à dégager pour une personne ou un ménage en situation de précarité. De plus, les stations où retirer les voitures partagées sont situées en grande majorité en milieu urbain. Il faudrait investir les zones plus reculées, en périphérie, en banlieue et dans les quartiers populaires.</p>



<p>Dans un monde en pleine crise climatique et au sein de nos sociétés où la voiture règne en maître, le modèle des voitures partagées doit se développer, notamment via une politique engagée dans la durabilité qui encouragerait le citoyen à utiliser ce système sous la forme de prime&#8230; À l’image de ce que propose le TEC&nbsp;: en cas de radiation d’une plaque d’immatriculation, un abonnement gratuit de 3 ans vous est fourni ainsi que des prix réduits lors d’abonnement àCambio.</p>



<p>Parfaite illustration d’une transition juste, l’impression que ce genre de bonnes idées reste en marge des pratiques politiques persiste pourtant. En effet, selon l’Institut fédéral pour le Développement durable (IFDD), de plus en plus de Belges font face à des problèmes de mobilité liés à leur situation de précarité<sup class="modern-footnotes-footnote ">18</sup>. Ce constat mériterait un investissement et un développement plus conséquent de la part de nos pouvoirs publics. À titre d’exemple, la communication sur l’opportunité d’un abonnement TEC gratuit lors d’une radiation de plaque est presque inexistante…</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’exemple de Montpellier</h2>



<p>Une des solutions pour améliorer la mobilité pour toutes et tous reste la gratuité complète des transports en commun. Beaucoup d’acteurs de terrain revendiquent cette solution mais se heurtent à des cris d’orfraie : «&nbsp;<em>Impossible&nbsp;!&nbsp;</em>», «&nbsp;<em>Trop cher&nbsp;!</em>&nbsp;» &#8230; Avec le recul actuel des services publics, imaginer une gratuité complète relève en effet de l’utopie.</p>



<p>Une utopie&nbsp;qui est pourtant devenue réalité à Montpellier, en France. En effet, depuis 2023, Montpellier<sup class="modern-footnotes-footnote ">19</sup> offre la gratuité complète des transports en commun aux habitants et habitantes de la ville. Voulant démontrer qu’un autre modèle est possible et faire de la métropole un exemple de transition juste, c’est-à-dire qui ne laisse personne de côté, le maire, Michaël Delafosse, s’est décidé à adopter la gratuité complète des transports en commun. Le slogan de la mairie, «&nbsp;<em>L’égalité, la liberté, la solidarité, l’écologie, ça n’a pas de prix. Bus et tram gratuits&nbsp;</em>», est explicite sur la nouvelle philosophie adoptée.</p>



<p>«&nbsp;<em>La mise en place de la gratuité des transports en commun, c’est agir pour l’avenir de nos enfants et petits-enfants face aux défis du changement climatique, en rendant accessible à tous une mobilité qui n’émet pas de CO<sub>2</sub>. Faire ce choix de rupture qu’est la gratuité, c’est engager concrètement la transition écologique et solidaire</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">20</sup> explique Michaël Delafosse. En outre, il cite les publics les plus précarisés, bien conscient qu’il s’agit là des plus affectés par le manque de mobilité, «&nbsp;<em>Une mesure solidaire pour nos aînés qui vivent avec de petites pensions, une mesure pour être aux côtés des femmes seules avec enfants, une mesure pour les jeunes afin qu’ils vivent pleinement leur ville</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">21</sup>.</p>



<p>Mais comment Montpellier a-t-elle réussi ce que nos élus clament impossible&nbsp;? En supprimant deux tiers des distributeurs de tickets grâce au ‘<em>versement mobilité’</em>. Ce versement est un impôt payé par les entreprises<sup class="modern-footnotes-footnote ">22</sup> consacré au financement des transports en commun. Et c’est bien là que réside la différence avec la Belgique car chez nous, cet impôt n’existe pas. On évalue à 100 millions d’euros par an le coût de la gratuité du réseau TEC en Wallonie, somme faramineuse qui devrait être compensée par un impôt aux citoyen·es<sup class="modern-footnotes-footnote ">23</sup>, du moins en l’absence d’une autre solution&#8230; Deux villes belges se sont essayées à la gratuité, Hasselt et Mons ; mais l’une comme l’autre ont dû revenir à l’ancien modèle payant. Dans le cas de Mons, il s’est avéré que l’usage de la voiture n’a pas diminué et que cela coûtait, globalement, trop cher<sup class="modern-footnotes-footnote ">24</sup>. Si l’on doit prendre exemple sur nos voisins, il faut savoir que dans le cas de Montpellier, mais aussi de Dunkerque, où les transports en commun sont également gratuits, cette gratuité s’est accompagnée d’un élargissement du réseau de transports en commun… De quoi motiver et encourager un autre type de mobilité et laisser tomber pour de bon la voiture&nbsp;!</p>



<h2 class="wp-block-heading">‘To leave no one behind’</h2>



<p>Cette phrase, présente dans l’agenda 2030 des Nations unies, se traduit par&nbsp;«&nbsp;<em>ne laisser personne de côté</em>&nbsp;». Il s’agit également d’une des recommandations d’ATD Quart Monde dans le contexte d’une transition juste. Comment se préoccuper de questions environnementales lorsque chaque jour est une lutte pour vivre dignement&nbsp;?</p>



<p>Parmi les recommandations pour une transition juste du Service de lutte contre la pauvreté figure «&nbsp;<em>Garantir l’accès à la mobilité pour tous</em>&nbsp;». Au sein de cette recommandation, quatre directives nous paraissent essentielles pour atteindre nos objectifs de développement durable tout en «&nbsp;<em>ne laissant personne de côté</em>&nbsp;»&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Renforcer l’offre</strong> de transports publics.</li>



<li><strong>Prendre en compte la fracture numérique </strong>au sein des initiatives de mobilité, globalement numériques. En outre, à côté de la fracture numérique (achat des tickets via smartphone ou en ligne) qui affecte ceux qui ne sont pas outillés, il ne faut pas oublier la déshumanisation du service dans les gares ou aux arrêts avec le remplacement du personnel par des machines et billetteries automatiques.</li>



<li><strong>Développer un cadre politique favorable au partage</strong> de voitures et d’autres moyens de transports.</li>



<li><strong>Soutenir les personnes défavorisées dans l’achat et l’utilisation de vélos</strong> (notamment son apprentissage) et développer les facilités de stockage de vélos.<sup class="modern-footnotes-footnote ">25</sup></li>
</ul>



<p>La pauvreté est multidimensionnelle et, nous l’avons vu, il existe un tas de raisons pour que le vélo ou la voiture ne soient pas des options réalistes pour les personnes vivant dans la précarité.</p>



<p>«&nbsp;<em>La mobilité a toujours été un problème, mais elle l’est encore plus aujourd’hui<strong>. Des efforts considérables sont déployés pour électrifier les voitures, mais l’avenir de la mobilité ne réside pas dans de simples solutions individuelles, mais aussi dans des solutions collectives&nbsp;: des transports publics accessibles.</strong> Il y a beaucoup d’investissements dans les autoroutes cyclables et les pistes cyclables&nbsp;: c’est chouette, c’est bien, mais c’est parce que la classe moyenne le demande, pour utiliser son vélo ou son scooter électrique pour aller partout. Mais ces autoroutes cyclables ne sont pas utilisées par les personnes en situation de pauvreté</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">26</sup>, témoigne une association dans laquelle se rassemblent les personnes en situation de pauvreté.</p>



<p>Enfin<strong>, il faut tirer le signal d’alarme face au détricotage sans précédent des services publics qui n’en garderont bientôt plus que le nom</strong>&nbsp;: «&nbsp;<em>On assiste actuellement à un glissement du public vers le privé en matière de responsabilité de mobilité&nbsp;: de plus en plus, on attend de chaque individu qu’il se déplace par des moyens privés (…). Or, ce glissement de l’infrastructure publique vers les ressources privées, qui va de pair avec la digitalisation des services, augmente les inégalités</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">27</sup>.</p>



<p>Pour une transition juste en matière de mobilité qui ne laisse personne de côté, les efforts doivent être concentrés sur une meilleure accessibilité des transports en commun jusqu’au jour, rêvons un peu, de leur complète gratuité. On l’a vu, cette gratuité est possible&nbsp;: elle pourrait passer par des choix en matière de fiscalité. C’est ce que propose le PTB avec l’élaboration d’une ‘<em>cotisation transport’</em> qui serait payée par les entreprises de plus de 20 employés, correspondant à l’équivalent du ‘<em>versement mobilité’</em> français évoqué précédemment. Un autre moyen de financer la gratuité, serait via un «&nbsp;<em>transfert progressif et partiel des budgets dévolus à la carte essence et au régime des voitures salaires</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">28</sup>, proposition d’Écolo, plus partisan d’une gratuité graduelle et ciblée (partagée par le PS). Elle concernerait d’abord les moins de 25 ans, les plus de 65 ans et les bénéficiaires de l’intervention majorée (BIM)<sup class="modern-footnotes-footnote ">29</sup>.</p>



<p>Gratuité complète ou ciblée des transports en commun, développement des solutions partagées, piétonnisation des villes et élargissement des réseaux et horaires&#8230; Les solutions ne manquent pas pour améliorer la mobilité de manière juste et durable. Il faudra encore s’armer de patience, puisque le MR, siégeant au gouvernement, plaide plutôt pour une gratuité conditionnée, notamment pour les étudiants désireux de poursuivre leurs études ou pour les chercheurs d’emploi en formation<sup class="modern-footnotes-footnote ">30</sup>. Une proposition qui emprunte largement au discours méritocratique du parti et exclurait, si d’application, les plus précarisé·es d’entre nous.</p>



<p>La mobilité est un secteur où la phrase «&nbsp;ne laisser personne derrière&nbsp;» (<em>To leave no one behind</em>) prend tout son sens. Car le manque de transports publics efficaces et accessibles est un frein majeur dans la lutte contre la pauvreté.<strong> Une politique de mobilité globale et cohérente &#8211; avec les investissements que cela suppose – est indispensable pour que la mobilité ne soit pas un obstacle de plus dans la lutte contre la pauvreté. </strong><strong></strong></p>



<p></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Durabilité et pauvreté. Contribution au débat et à l’action politiques, Rapport bisannuel 2018-2019, Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale, p. 67.</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Propos recueillis lors de la table ronde de l’événement Le bus arrive&nbsp;? Ou pas. Une conférence sur la précarité en matière de mobilité organisé par le Conseil fédéral du développement durable (CFDD) à Bruxelles le 19 mai 2025.</div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Durabilité et pauvreté. Contribution au débat et à l’action politiques, Rapport bisannuel 2018-2019, Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale, p. 67.</div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Durabilité et pauvreté. Contribution au débat et à l’action politiques, Rapport bisannuel 2018-2019, Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale, p. 70.</div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ibidem.</div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L’effet Matthieu tire son nom d’une citation de l’Évangile selon Saint Matthieu&amp;nbsp;: «&amp;#8239;Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l&rsquo;abondance, mais à celui qui n&rsquo;a pas on ôtera même ce qu&rsquo;il a&amp;#8239;».</div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L’effet Matthieu ou comment le système social profite davantage aux riches qu’aux pauvres, Courrier International 2023, disponible sur https://www.courrierinternational.com/une/la-une-du-jour-l-effet-matthieu-ou-comment-le-systeme-social-profite-davantage-aux-riches-qu-aux-pauvres</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Durabilité et pauvreté. Contribution au débat et à l’action politiques, Rapport bisannuel 2018-2019, Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale, p. 71.</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;C’est-à-dire avec une large assise à l’arrière pouvant permettre d’installer jusqu’à trois enfants.</div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.liege.be/fr/vivre-a-liege/mobilite/velocite/location-de-velo</div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Op. cit., p. 69.</div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Durabilité et pauvreté. Contribution au débat et à l’action politiques, Rapport bisannuel 2018-2019, Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale, p. 69.</div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Thomas Piketty&amp;nbsp;: «&amp;#8239;Pour réussir la transition climatique, il faut répartir autrement les richesses&amp;#8239;», Le Monde, en ligne le 1er septembre 2025.</div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.iweps.be/projet/mobwal/</div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Et si le problème de la mobilité, c’était les bagnoles, partout et tout le temps, Analyse n°14, ASBL Femmes en milieu rural, 2023, p.3.</div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;De type moyen, qui permet de rouler entre 50 et 300 km par mois.</div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Cette participation financière peut être moindre (150€)&nbsp; mais elle ne concerne que l’abonnement Start dont la limitation mensuelle est de 50 km.</div><div>18&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;«&amp;#8239;Près de 20 % des Belges vivent dans une situation de pauvreté liée à la mobilité et ne peuvent donc pas participer pleinement à la vie quotidienne&amp;#8239;» d’après le rapport Just Transition Scan 2024 cofinancé par l’IFDD (voir https://developpementdurable.be/actualites/les-personnes-vulnerables-sont-les-plus-durement-touchees-par-la-pauvrete-liee-la).</div><div>19&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Montpellier n’est pas la seule ville de France à proposer la gratuité de ses transports en commun, 43 autres villes françaises le font d’après le dernier recensement (2024) de l’Observatoire des villes du transport gratuit (voir http://www.obs-transport-gratuit.fr/les-villes-du-transport-gratuit-163/gratuite-totale-184/).</div><div>20&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.montpellier.fr/action/les-grands-projets/la-gratuite-des-transports-en-commun-ecologie-decisive-et-pouvoir-dachat</div><div>21&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem.</div><div>22&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Cet impôt ne concerne que les entreprises de plus de 10 salariés.</div><div>23&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.rtbf.be/article/transports-en-commun-gratuits-pourquoi-pas-en-belgique-11435673</div><div>24&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem.</div><div>25&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Avis ‘Transition juste et pauvreté, Contribution pour la Conférence pour une transition juste en Belgique, Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale, octobre 2023, p. 34.</div><div>26&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem, p. 20.</div><div>27&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Durabilité et pauvreté. Contribution au débat et à l’action politiques, Rapport bisannuel 2018-2019, Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale, p. 72.</div><div>28&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.lecho.be/guide-elections-2024/questions/mobilite/transports-commun.html</div><div>29&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.lecho.be/guide-elections-2024/questions/mobilite/transports-commun.html</div><div>30&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir Élections 2024: les transports en commun doivent-ils être gratuits&amp;#8239;? L&rsquo;Echo</div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Spectacle d’impro&#160;: « Fragment de vie »</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/events/event/spectacle-dimpro-fragment-de-vie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Sep 2025 13:08:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Débat]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>
		<category><![CDATA[spectacle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=event&#038;p=40032</guid>

					<description><![CDATA[Inspirés de récits réels liés au mal-logement, les comédiens mettent en scène les moments de bascules dans la vie, ceux qui font tomber de « l’autre côté de la barrière ».]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>À l’occasion de deux dates symboliques : le 10 octobre – Journée internationale du sans-abrisme et le 17 octobre – Journée mondiale de lutte contre la pauvreté et la précarité : une semaine pour penser, débattre, sensibiliser et agir face aux réalités du mal-logement, du sans-abrisme et des injustices sociales liées à l’habitat.</p>
<p>Grâce à l’art de l’impro, venez questionner les mécanismes qui créent et entretiennent les situations de mal logement.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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<p><!-- .entry-content --></p>
</div>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le sans-abrisme à Bruxelles. La faute à personne, la faute à tout le monde ?</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-08/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Aug 2025 08:11:08 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=publication&#038;p=39764</guid>

					<description><![CDATA[Chaque année, Bruss’help, la plateforme bruxelloise qui coordonne les dispositifs d’aides aux personnes sans-abri, réalise un recensement des personnes mal-logées [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois"><strong>Chaque année, Bruss’help, la plateforme bruxelloise qui coordonne les dispositifs d’aides aux personnes sans-abri, réalise un recensement des personnes mal-logées ou sans-abri à Bruxelles. En 2025, elle a dénombré plus de 9777 personnes sans-abri ou mal logées. Des chiffres qui font froid dans le dos et qui représentent une augmentation de 25 % en seulement deux ans.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Un problème politique aux conséquences dramatiques</h2>



<p>Le nombre de personnes sans-abri ne cesse donc d’augmenter<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>. Pourtant, en signant la Déclaration de Lisbonne en 2021, la Belgique s’est engagée à éradiquer le sans-abrisme d’ici 2030 (voir encadré).</p>



<div class="wp-block-columns fond-bleu is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p><strong>La Déclaration de Lisbonne reprend cinq lignes politiques&nbsp;:</strong> <strong>&nbsp;</strong> </p>



<ol class="wp-block-list">
<li><em>Personne ne dort dans la rue en l&rsquo;absence d&rsquo;un logement d&rsquo;urgence accessible, sûr et adéquat ;</em> </li>



<li><em>Personne ne vit dans des abris d&rsquo;urgence ou temporaires plus longtemps que nécessaire pour une transition réussie vers une solution de logement permanente ;</em> </li>



<li><em>Personne ne sort d&rsquo;une institution (prison, hôpital, établissement de soins) sans qu&rsquo;un logement convenable ne lui ait été proposé ;</em> </li>



<li><em>Les expulsions doivent être évitées dans la mesure du possible et personne n&rsquo;est expulsé sans bénéficier d&rsquo;une aide pour trouver une solution de logement convenable, si nécessaire ;</em> </li>



<li><em>Personne n&rsquo;est discriminé en raison de son statut de sans-abri.</em> </li>
</ol>



<p>Source&nbsp;: <a href="https://www.mi-is.be/fr/themes/presidence-belge-du-conseil-de-l-ue/fin-du-sans-abrisme-plus-que-6-ans-pour-y-parvenir" target="_blank" rel="noopener">Fin du sans-abrisme : plus que 6 ans pour y parvenir.</a> &nbsp;</p>
</div>
</div>



<p>La Belgique a donc encore une longue route à parcourir pour parvenir à ses engagements. Mais s’attaquer au problème du sans-abrisme nécessite une coordination qui n’est jamais chose aisée entre nos différents niveaux de pouvoir.</p>



<p>En effet, le sans-abrisme fait partie de ces matières qui touchent à de nombreux enjeux&nbsp;: le logement, évidemment, mais aussi la santé, l’emploi, la migration… Tant de compétences qui appartiennent à des niveaux de pouvoirs différents et donc, à différentes institutions. « <em>S’attaquer au sans-chez-soirisme nécessite de travailler sur trois leviers</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup> explique Sacha Hancart, avocat et assistant chargé de recherche à l’UCL Saint-Louis Bruxelles dont le domaine d’expertise est le sans-abrisme. « <em>Premièrement, il y a la prévention, c’est-à-dire éviter que les gens arrivent en rue. Deuxièmement, il y a l’accueil d’urgence, quand les personnes sont dans la rue. Et enfin, troisièmement, il y a la réinsertion&nbsp;: comment récupérer un logement, des droits sociaux. Or, à Bruxelles, ces trois axes sont éclatés entre plein d’entités. L’axe 1 par exemple, la prévention, ce sont tous les services d’aides aux personnes, les services de prévention,&nbsp;d’aide aux assuétudes, aux addictions aux drogues, mais aussi les services de médiations de dettes, les CPAS<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>, qui sont concernés.</em> »</p>



<p><em>« Les gens tombent à la rue notamment parce qu’ils n’ont plus d’adresse, plus de domicile, donc plus d’accès à leurs droits sociaux. Il existe bien des systèmes pour obtenir une adresse fictive au CPAS, mais c’est compliqué à mettre en œuvre, les démarches peuvent être longues. <strong>Entre les dettes, les soucis de santé mentale, les assuétudes, etc. il y a plusieurs degrés de difficultés qui vont éloigner petit à petit les gens des structures d’aides et les faire tomber à la rue.</strong> Ces services de prévention sont liés à la personne et donc gérés par la COCOF et la Communauté flamande. »</em></p>



<div class="wp-block-columns red-message is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h3 class="wp-block-heading">Sans-abrisme ou sans-chez-soirisme ?</h3>



<p>De nombreuses associations favorisent l’usage du terme ‘<em>sans-chez-soirisme’</em> à celui de <em>‘sans-abrisme’</em>. Le terme ‘<em>sans-chez-soirisme</em>’ est plus complet puisqu’il renvoie aux personnes sans-abri &#8211; qui dorment dans l’espace public &#8211; mais également celles et ceux qui n’ont pas de chez-soi, c’est-à-dire qui dorment dans des squats, dans des hébergements d’urgence, qui sont temporairement logé·es par des proches, etc. &nbsp;</p>
</div>
</div>



<p><em>« Pour ce qui concerne la compétence du logement, c’est la Région de Bruxelles-Capitale qui a la main et donc également sur tout ce qui concerne l’expulsion d’un logement. La Région a par exemple mis en place depuis 2023 un ‘moratoire hivernal’, qui signifie donc que les propriétaires ne peuvent plus expulser leurs locataires durant l’hiver. La Région pourrait décider d’en faire quelque chose d’encore plus strict, comme l’interdiction d’expulser un locataire s’il n’y a pas de solution de logement derrière</em>. »</p>



<div class="wp-block-columns red-message is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h3 class="wp-block-heading">COCOM, COCOF, Communauté flamande… Comment comprendre la lasagne institutionnelle&nbsp;à Bruxelles ?</h3>



<p>En Belgique, il y a trois communautés&nbsp;: la Communauté française, la Communauté flamande et la Communauté&nbsp; germanophone. Contrairement aux Régions (Région flamande, Région wallonne, et Région de Bruxelles-Capitale), les Communautés ne sont pas basées sur un territoire, mais sur la langue parlée. Bruxelles étant un territoire bilingue, la Communauté française (appelée Fédération Wallonie-Bruxelles depuis 2011) et la Communauté flamande doivent toutes les deux y exercer leurs compétences. Elles le font via des ‘<em>Commissions communautaires’</em>&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>La <strong>Commission communautaire flamande </strong>(<em>Vlaamse Gemeenschapcommissie</em>). Elle joue un rôle vis-à-vis des institutions unilingues néerlandophones.</li>



<li>La <strong>COCOF. </strong>La Commission communautaire commune française s’occupe notamment de certaines institutions unilingues francophones, comme des établissements scolaires ou des lieux culturels. En plus, la COCOF dispose d’un parlement et d’un gouvernement&nbsp;: des politiques peuvent être menées par la COCOF dans certaines matières, comme l’aide sociale ou l’intégration des personnes immigrées.</li>



<li>La <strong>COCOM. </strong>La Commission communautaire commune gère les institutions qui ne peuvent pas être considérées comme relevant seulement d’une des deux langues comme des institutions liées à la santé (hôpitaux) ou à l’aide aux personnes.</li>
</ul>
</div>
</div>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« <em>Concernant l’axe 2, l’accueil d’urgence, c’est la COCOM qui est compétente. L’association publique, Bruss’help, créée par la COCOM, a un rôle de coordination des différents acteurs associatifs. La COCOM s’occupe principalement en la matière d’attribuer des subsides à des organisations de terrain. Elle reconnaît par là qu’elle ne gère pas directement ces compétences et délègue en quelque sorte le travail à des associations de terrain comme la Croix-Rouge, l’Îlot et beaucoup d’autres… La COCOM n’est pas la seule compétente concernant ce second axe. En effet, on estime que 30 à 40% des personnes en rue sont des personnes sans titre de séjour régulier. Dans ce cas, cela relève alors des compétences du fédéral, qui a pour devoir de loger ces personnes et qui pourtant ne le fait pas. L’État belge a déjà été condamné par les tribunaux belges et par la Cour des Droits de l’Homme, sans que rien ne change. Ce devoir retombe alors sur les autorités bruxelloises qui subsidient par exemple la Plateforme citoyenne d’accueil aux réfugiés ou sur certaines communes qui peuvent mettre en place des hébergements d’urgence. Pour ce qui est de la réinsertion, le troisième axe, on peut également considérer que c’est la COCOM qui est compétente, notamment avec l’aide aux personnes. »</em></p>
</blockquote>



<h2 class="wp-block-heading">Sortir du labyrinthe institutionnel pour sortir de la rue ?</h2>



<p>Si l’éclatement des compétences entre les différentes entités constitue donc visiblement un problème, est-ce que faire du sans-abrisme une compétence à part entière pourrait alors constituer une solution ?</p>



<p>« <em><strong>Créer une compétence du sans-abrisme reviendrait à placer une rustine sur un système qui ne fonctionne pas</strong> » </em>répond clairement Sacha Hancart<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup><em>. « Il n’y a pas que le sans-abrisme qui souffre de cet éclatement de compétences en Région bruxelloise. <strong>Ce que de nombreux juristes recommandent, c’est de simplifier les institutions pour permettre à Bruxelles d’être moins divisée</strong>, de simplifier les obstacles liés à la langue&#8230; Ça simplifierait aussi le travail des associations de terrain qui auraient moins d’interlocuteurs différents.</em></p>



<p><em>J’ai étudié la question d’un point de vue du droit constitutionnel, en travaillant sur la base de rapports d’associations, d’articles sociologiques, des plateformes de concertation, en confrontant tout cela au droit public et à notre modèle fédéral, mais les associations de terrain sont évidemment les mieux placées pour parler des solutions. Un travail important a été réalisé à ce sujet, coordonné par Bruss’help&nbsp;: un</em> <em>document collaboratif intitulé &nbsp;‘Masterplan’ qui étudie la question en profondeur et liste une série de recommandations.<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup></em> »</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« <em>En attendant, je pense qu’il est important d’en parler, de démonter les clichés du sans-abrisme qui sont encore très nombreux, et de rappeler que <strong>c’est avant tout un problème de société, que c’est un choix de société de laisser dormir les gens dehors</strong></em>. »</p>
</blockquote>



<p><strong>Reste à savoir si notre société aura le courage politique de dépasser ses cloisons institutionnelles et de prendre les mesures nécessaires pour garantir un toit à chacun et chacune.</strong></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://ilot.be/denombrement-2024-brusshelp/">Dénombrement des personnes sans abri : résultats alarmants</a></div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Toutes les citations de Sacha Hancart proviennent d’un entretien réalisé le 07 juillet 2025 à Bruxelles.</div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les CPAS, Centres Publics d’Action Sociale, relèvent des communes et ont pour mission de garantir des conditions de vie décentes par l’intermédiaire d’aides sociales et financières.</div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pour aller plus loin, voir l’article rédigé par Sacha Hancart, La répartition des compétences et le fédéralisme coopératif en matière de sans-abrisme à Bruxelles : des cache-misères ?, disponible sur 045-076-La-repartition-des-competences-et-le-federalisme-cooperatif-en-matiere-de-sans-abrisme-a-Bxl_S.-Hancart.pdf</div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://brusshelp.org/images/Rapport_MP_2024-FR.pdf">Masterplan de fin du sans-chez-soirisme &#8211; PDF</a></div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>IAM</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/iam/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[louli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Aug 2025 10:35:39 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=association&#038;p=39620</guid>

					<description><![CDATA[IAM soutient des projets avec l’assistance humanitaire, l’éducation et la formation, la justice sociale, le développement durable ainsi que la santé et le bien-être.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Constituée en mai 2024, notre association œuvre pour <strong>soutenir, promouvoir et mettre en œuvre des projets locaux et internationaux dans des domaines essentiels et interconnectés</strong> : l’assistance humanitaire, l’éducation et la formation, la justice sociale, le développement durable ainsi que la santé et le bien-être.</p>



<p>Notre mission est d’apporter une réponse concrète aux besoins des populations vulnérables, de favoriser l’autonomie et l’émancipation par <strong>l’éducation</strong>, de promouvoir une société plus équitable et inclusive, tout en intégrant des pratiques respectueuses de l’environnement.</p>



<p>Nous agissons en partenariat avec divers acteurs associatifs, publics, privés et citoyens pour renforcer l’impact de nos actions sur le terrain. Par ailleurs, nous jouons un <strong>rôle d’interlocuteur auprès des institutions</strong> afin d’améliorer le cadre de vie et l’environnement des citoyens. Pour faire connaître nos engagements, nous organisons régulièrement des événements culturels et solidaires.</p>



<p>Nos actions s’adressent à un <strong>large public</strong>, notamment aux personnes vulnérables, en particulier dans la région de Verviers. Parmi nos réalisations, nous avons mené des campagnes de collecte de dons (financiers, matériel, produits alimentaires et d’hygiène) en soutien à l’aide humanitaire en Palestine, en collaboration avec Human Smile. Nous avons également distribué 200 repas aux personnes en situation de précarité à Verviers, en partenariat avec l’association Essalem.</p>



<p>Côté <strong>culturel</strong>, nous sensibilisons aux réalités des populations touchées par la guerre, grâce à plusieurs éditions mettant en lumière des populations confrontées aux conflits, notamment au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie.</p>



<p>Nos actions solidaires incluent l’organisation d’une Crêpes Party <strong>en soutien aux jeunes MENA de Verviers</strong>, accompagnée d’un court-métrage valorisant leurs parcours, projet soumis à un concours et exposé lors d’événements locaux.</p>



<p>Nous participons également à des <strong>manifestations citoyennes</strong> et <strong>campagnes d’interpellation politique</strong> sur des causes telles que le cessez-le-feu en Palestine, la lutte contre le racisme et les droits des femmes.</p>



<p>Enfin, nous sommes présents lors des fêtes de quartier pour collecter des fonds et sensibiliser le public à nos initiatives. <strong>Notre association s’engage ainsi à créer des ponts entre solidarité locale et engagement global pour une société plus juste et humaine.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Étudiant·e et précaire. La galère n’attend pas le nombre des années</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-06/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Jun 2025 11:25:23 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=publication&#038;p=39466</guid>

					<description><![CDATA[L’éducation (au sens large) fait l’unanimité en tant qu’outil d’émancipation sociale et rempart contre la reproduction générationnelle de la pauvreté. [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">L’éducation (au sens large) fait l’unanimité en tant qu’outil d’émancipation sociale et rempart contre la reproduction générationnelle de la pauvreté. Elle est aussi pointée comme un enjeu démocratique essentiel face au populisme simplificateur et aux manipulations de l’opinion, surtout à l’heure des réseaux sociaux virtuels. La démocratisation sociale et économique de l’accès aux études supérieures est l’un des facteurs qui favorisent cette émancipation sociale et l’émergence d’une génération apte à affronter les multiples défis de ce siècle. Pourtant, l’inégalité des étudiant·es face à leur parcours académique est bien réelle et a été rendue visible au moment de la pandémie de Covid-19. La précarité étudiante est un symptôme de plus (à l’instar de la pauvreté des enfants) des profondes inégalités sociales qui caractérisent notre pays.</p>



<p>S’il y a des étudiant pauvres, c’est qu’il y a des familles pauvres ou « à la limite », qui ne peuvent pas assumer le coût des études de leur(s) enfant(s) et ce, malgré les aides sociales qui existent, tant du côté des CPAS que des services sociaux des campus. Limiter le non-recours aux aides par manque d’information, en simplifier l’accès, réguler le marché locatif des logements étudiants sont quelques-unes des pistes à creuser pour que tous les étudiants puissent aller au bout de leur parcours académique dans les meilleures conditions possibles. Pour éviter, également, que le coût des études plonge des familles dans la pauvreté<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>.</p>



<p>Les confinements ont mis en lumière le fait que des dizaines de milliers d’étudiant·es ne peuvent pas compter exclusivement sur leur famille pour assumer les frais de leurs études. Recours massifs au CPAS, organisation d’aide alimentaire sur les campus… la précarité étudiante a tout à coup été mise en lumière et elle s’est aggravée au fil des mois de confinement. En 2021, une étude de l’Université de Liège montrait que 10% des étudiants n’arrivaient pas à subvenir à leurs besoins essentiels<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>. La même année, 90 000 étudiants avaient perdu leur job en raison du confinement<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>. Durant la première année de la pandémie, les services sociaux des universités ont vu exploser le nombre de leurs bénéficiaires, comme à l’ULiège où les demandes d’aides ont grimpé de 50%, passant de 600 à 900<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>.</p>



<div class="wp-block-columns fond-bleu is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h2 class="wp-block-heading">Précarité étudiante ?</h2>



<p>Selon&nbsp;Inforjeunes, <em>«&nbsp;la précarité estudiantine désigne une situation dans laquelle un jeune, en insécurité financière à cause des coûts liés directement ou indirectement à ses études, n’a plus les moyens de jouir pleinement de ses droits fondamentaux (droit à l’alimentation, droit à la santé, droit à une vie sociale et culturelle, droit à l’accès numérique…).&nbsp;»</em></p>



<p>L’organisme caractérise cette situation comme<em> « provisoire et pouvant mener à une amélioration des conditions de vie de l’étudiant ou à l’aggravation de la situation. Malgré l’intervention d’aide sociale, certains étudiants peuvent être obligés de faire l’impasse sur un ou plusieurs éléments constitutifs de la vie d’étudiant : un repas, un soin de santé, une activité… Travailler dans de telles conditions peut être difficile pour ces étudiants et réduit leurs chances de réussite par rapport aux étudiants qui n’y sont pas soumis. »<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup></em></p>
</div>
</div>



<div class="wp-block-columns are-vertically-aligned-center is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-vertically-aligned-center is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow"><div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="599" height="337" src="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/06/proportion_jeunes_PIISE.jpg" alt="" class="wp-image-39469" srcset="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/06/proportion_jeunes_PIISE.jpg 599w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/06/proportion_jeunes_PIISE-300x169.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 599px) 100vw, 599px" /></figure>
</div></div>



<div class="wp-block-column is-vertically-aligned-center is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p>Au-delà et en amont des conséquences du Covid-19, certains chiffres donnent une idée de l’évolution de la précarité étudiante : entre 2010-2011 et 2021-2022, la proportion de jeunes de 18-24 ans aux études bénéficiant d&rsquo;un PIISE (Projet individualisé d&rsquo;intégration sociale étudiant) est passée de 4,5% à 9%, soit un doublement en dix ans. Et la proportion de jeunes bénéficiant d’un PIISE est presque deux fois plus importante à Bruxelles qu’en Wallonie, peut-être en raison du nombre de sites universitaires et d’écoles supérieures dans la capitale ?<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>.</p>
</div>
</div>



<p></p>



<p>Plusieurs raisons peuvent expliquer ce phénomène&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le nombre de jeunes de 18-24 ans qui sont aux études a augmenté au total d&rsquo;environ 15% entre 2010-2011 et 2024-5<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>. Cela s’explique notamment par la démocratisation de l’accès aux études supérieures : de plus en plus de jeunes issus de milieux socialement défavorisés y accèdent, notamment grâce au PIISE mis en place par les CPAS.<br><br></li>



<li>Depuis le décret « Paysage », fondé sur le principe de « crédits » reportables d’année en année, la durée moyenne des études augmente, ce qui est difficile à assumer financièrement pour un certain nombre de familles.<br><br></li>



<li>Depuis 2016, les revenus pris en compte pour l’accès à une bourse d’études comprennent tous les revenus du ménage, y compris ceux des personnes qui n’ont pas la charge du jeune (un grand-parent, un frère ou une sœur par exemple). C’est non seulement inique, mais aussi en contradiction avec le Code civil qui stipule que ce sont les parents qui sont censés pourvoir à l’éducation de leurs enfants (art. 203)<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup><br><br></li>



<li>Le nombre de familles monoparentales est en augmentation continue – avec une large majorité de femmes à leur tête. Et quatre parents sur dix qui se trouvent dans cette situation assument seuls la responsabilité de leurs enfants.<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup> Autant dire que, pour un parent solo, même de la classe moyenne, assumer les frais détaillés ci-dessous pour un, voire deux ou trois enfants avec un seul salaire n’est pas possible. Au service social de l’UCLouvain, 50% des demandes concernent des familles monoparentales<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>On constate également que les étudiant·es sont de plus en plus âgé·es : dans ce monde en bouleversement, trouver sa voie – une voie porteuse de sens – n’est pas aussi facile qu’il y a 20 ou 30 ans. Les parcours atypiques se multiplient, impliquant une entrée (ou un retour ou encore une réorientation) tardive dans les études. Or, à partir de 25 ans, on ne bénéficie plus d’avantages comme des tarifs réduits dans les transports et l’on est obligé de souscrire à sa propre mutuelle. Tout cela engendre des frais supplémentaires qui gonflent le coût global d’une année d’études.<br><br></li>
</ul>



<p>Beaucoup de familles se trouvent ainsi dans une fourchette de revenus qui ne leur donne pas droit à une bourse mais ne leur permet pas d’assumer financièrement les études de leur(s) enfant(s). D’où la nécessité, pour de nombreux et nombreuses étudiant·es, de compléter l’apport du ou des parents par un job étudiant, sous peine soit de renoncer à leurs études, soit de plonger la famille dans la précarité, voire l’endettement. Le travail étudiant, lorsqu’il est indispensable à la survie, constitue un obstacle de plus à la réussite et accentue donc les inégalités sociales de départ.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Combien coûte une année d’études<sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup> ?</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li>À l’université, <strong>les frais d’inscription</strong> s’élèvent à 835€ pour les étudiant·es belges ou issus de l’UE. Ils sont réduits lorsque les revenus de l’étudiant·e ne dépassent pas un certain seuil. Pour les étudiant·es hors-UE, cette somme s’élève à 2505€. L’inscription est cependant gratuite pour les boursiers.</li>



<li>Dans les hautes écoles, ces frais s’élèvent à 175€ pour le bachelier (et 227€ pour l’année diplômante) et à entre 239€ et 343€ pour les masters.</li>



<li><strong>Des frais supplémentaires</strong> liés aux études peuvent être demandés<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup>. Ces frais dépendent des études choisies et peuvent aller de quelques centaines d’euros (achat d’un ordinateur, de livres, de matériel de laboratoire, impression de syllabus) à plusieurs milliers (équipement spécifique aux études, voyage, programme Erasmus, stage…).</li>



<li><strong>Pour le logement</strong>, le coût varie selon qu’il s’agit d’un kot de l’université, à prix contrôlé, ou d’un kot privé pour lequel les prix sont en constante augmentation, <em>a fortiori</em> quand l’offre est insuffisante au regard de la demande. Il faut compter entre 3000 et 6000 euros par an.</li>



<li><strong>Le coût du transport</strong> est très variable également : entre un abonnement TEC ou STIB à 12€ par an et un autre, à la SNCB, à plus de 1000 euros pour les plus de 25 ans qui n’ont plus droit à des tarifs réduits, on voit que ce poste de frais est source d’inégalités et de précarité pour les étudiants plus âgés.</li>



<li><strong>La nourriture : </strong>entre manger en famille à la maison et manger dans son kot ou sur le campus, la différence est nette.Les services sociaux des universités évaluent à entre 400 et 500€ de frais de nourriture supplémentaires annuels lorsque l’étudiant·e est en kot par rapport à celui ou celle qui prend ses repas en famille.</li>



<li><strong>La vie étudiante :</strong> un resto, une pause en terrasse ou quelques verres en soirée, un cinéma… à moins de vivre une vie quasi monacale, s’intégrer parmi ses congénères implique des frais supplémentaires. De quelques dizaines à plus de 100 euros par mois, chacun·e fait selon ses moyens. Mais un budget serré rime inévitablement avec une forme d’auto-exclusion de la vie étudiante, d’autant plus si une grande partie du temps libre doit être consacrée à travailler pour financer les études.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Être un·e étudiant·e en situation de précarité, c’est…</h2>



<p><strong>Peiner à trouver un kot</strong> compatible avec son budget, voire y renoncer et effectuer les trajets domicile-campus – parfois longs &#8211; en transports en commun, ce qui augmente la fatigue et réduit le temps disponible pour l’étude et les possibilités de s’intégrer dans la communauté étudiante.</p>



<p>À Namur, par exemple, les kots son trop peu nombreux, souvent chers et parfois de mauvaise qualité. Si l’on ajoute à cela le manque d’appui familial pour certain·es étudiant·es et le non-recours à des aides par manque d’information, se loger pour étudier dans de bonnes conditions devient un vrai casse-tête.</p>



<p>Le nombre d’étudiant·es augmente chaque année (+2% en 2023) et le nombre de logements étudiants disponibles ne suit pas cette évolution d’assez près. Cela provoque une augmentation des loyers : avec les charges, ceux-ci atteignent en moyenne 565 euros<sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup>. La course aux kots commence de plus en plus tôt et les moins chanceux ou les moins fortunés doivent se contenter de logement de piètre qualité (au niveau de l’isolation sonore et thermique, la salubrité, la situation géographique, la proximité des transports en commun). Ou renoncer à « kotter » et <em>faire la navette</em>.</p>



<p><strong>Être obligé·e d’exercer un job étudiant<sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup></strong> pour subvenir à ses besoins de base (loyer, nourriture, transports) plutôt que pour s’offrir des sorties ou des vacances. La charge mentale combinée des études et du travail est lourde à porter pour les jeunes qui doivent subvenir entièrement à leurs besoins. Sans compter que certaines filières rendent le travail étudiant très compliqué, notamment en raison des stages, pour les futures aides-soignantes par exemple. On constate qu’à partir d’un tiers-temps, le travail étudiant met en péril la réussite du cursus.</p>



<p><em>« Je ne trouve pas ça normal de devoir faire un job étudiant : si tu me compares avec quelqu’un qui a les mêmes capacités que moi mais qui vit chez ses parents et qui n’a pas besoin de faire un job étudiant, il y en a un des deux qui a beaucoup plus de temps que l’autre pour étudier, pour se reposer… en fait, c’est beaucoup de temps perdu, d’énergie perdue à juste survivre » </em>(Odile)<sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup></p>



<p>Les étudiant·es issu·es de familles aisées bénéficient souvent de leur réseau social et de celui de leurs parents pour accéder à un travail étudiant valorisable pour l’avenir, au contraire des étudiant·es issues de familles moins favorisées.</p>



<p><strong>Ne pas pouvoir participer à la vie étudiante comme les autres</strong>&nbsp;: manger ensemble à midi, sortir le soir pour boire un verre ou aller au cinéma, participer éventuellement à un voyage entre étudiants sont des façons de s’intégrer, de se créer un réseau amical, de rencontrer des jeunes de tous horizons. Pour ceux et celles qui n’ont pas les moyens de s’offrir ces activités, l’isolement guette et le sentiment d’exclusion affecte la santé mentale et la confiance en soi.</p>



<p><strong>Devoir effectuer des démarches administratives parfois complexes</strong> pour accéder aux aides prévues pour les étudiant·es en précarité, les ressentir peut-être comme humiliantes, voire y renoncer par dépit ou par manque d’information. Ces démarches constituent également une charge mentale importante et sont source de stress supplémentaire en début d’année académique, particulièrement en première année, moment où l’étudiant·e doit s’adapter à l’entrée dans les études supérieures&nbsp;: un nouveau monde, de nouveaux horaires, de nouvelles responsabilités…</p>



<p><strong>Services sociaux&nbsp;: aux côtés des étudiant·es</strong></p>



<p>Sur les sites des hautes écoles et des universités, les services sociaux accompagnent notamment les étudiant·es qui peinent à joindre les deux bouts au cours de leurs études ou qui ne s’en sortent pas dans les démarches administratives. Leur mission concerne également l’inclusion et mobilise aussi des intervenants en psychologie.</p>



<p>À l’ULB, comme dans les autres établissements d’enseignement supérieur, le service social intervient soit lorsque d’autres dispositifs ne sont pas accessibles (quand les revenus des parents se situent juste au-dessus du maximum qui donne droit à une bourse, par exemple) ou en complément de ceux-ci.</p>



<p>L’étudiant·e rencontre un·e intervenant·e social·e pour évaluer sa situation. Selon les cas, l’aide peut concerner le minerval, l’achat de matériel (comme un ordinateur portable, devenu aujourd’hui indispensable), la mobilité quotidienne et celle liée aux études (Erasmus, stages), la précarité menstruelle, les difficultés liées à la suspension d’un job étudiant pendant le blocus et les examens, le bien-être physique et psychologique (accès à des activités sportives et culturelles). À l’ULB, le logement est une priorité sociale et 1000 chambres sont à disposition des étudiant·es, dont une partie du loyer est prise en charge par l’université. Une crèche est également prévue pour les étudiants parents, ainsi que des aides spécifiques pour les étudiantes enceintes, les jeunes parents et les aidant·es proches.</p>



<p>En ce qui concerne la nourriture, l’ULB propose, dans ses restaurants universitaires, des plats à 2€. Les étudiant·es bénéficiaires d’une réduction de minerval y ont accès automatiquement. Tou·tes les autres étudiant·es qui en ont besoin peuvent activer ce droit de leur propre initiative, par un simple clic sur leur compte en ligne « MonULB »<sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup>.</p>



<p><strong>Échos et défis du ‘terrain’</strong></p>



<p>L’expérience du personnel des services sociaux aide à mieux comprendre la précarité étudiante<sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup>. Selon Aurélie Durvaux, du service social d’Henallux<sup class="modern-footnotes-footnote ">18</sup>, les étudiant·es qui s’adressent à la permanence proviennent de divers milieux, autant ruraux qu’urbains et les filles sont majoritaires. Le pourcentage d’étudiant·es qui dépendent d’aides financières directes s’élève à 9,6% et est en augmentation. Parmi eux, 60% sont navetteurs, ce qui implique une fatigue et des frais supplémentaires, même si les abonnements de trains pour étudiants sont particulièrement bon marché. Florence Vanderstichele, du service social de l’UCLouvain, relève quant à elle que la contribution financière des familles est en baisse, singulièrement dans le cas des famille monoparentales.</p>



<p>Elle souligne la question du non-recours aux droits, conséquence de la complexité administrative. Avant de s’engager dans le dédale administratif qui mène – peut-être, s’il s’avère qu’on est dans les conditions &#8211; à une aide, les étudiant·es et leur famille tentent de s’en sortir par elles-mêmes, en renonçant s’il le faut à des soins de santé ou une nourriture suffisante.</p>



<p>Une autre difficulté réside dans la gestion du budget&nbsp;: gérer pour la première fois seul·e ses deniers «&nbsp;en personne responsable&nbsp;» &#8211; surtout s’ils sont rares &#8211; n’est pas inné et peut demander un accompagnement spécifique. Certain·es étudiant·es envoient par ailleurs de l’argent à leur famille, qu’elle soit dans leur pays d’origine pour les étrangers ou en Belgique, lorsqu’elle dépend du CPAS.</p>



<p><strong>Étudiants étrangers&nbsp;: «&nbsp;sur fonds propres&nbsp;»</strong></p>



<p>Les étudiant·es venus des pays extérieurs à l’Union européenne connaissent des difficultés spécifiques&nbsp;: si le permis de séjour tarde à leur être octroyé, ils ne peuvent tout simplement pas travailler et doivent vivre sur fonds propres. Par ailleurs, entamer des études sur un autre continent demande une adaptation culturelle énorme, tant aux études elles-mêmes qu’à la culture locale, en particulier pour les étudiant·es venu·es d’Afrique sub-saharienne. Les services sociaux se trouvent ainsi face à des étudiant·es qui décompensent, en grande difficulté psychologique. De plus, s’ils/elles n’ont pas (encore) accès à la mutuelle, ils/elles doivent reporter leurs soins de santé, ce qui a bien entendu un impact sur leur capacité à suivre les cours et à étudier dans de bonnes conditions.</p>



<p>Le service social de l’Henallux relève aussi des écueils au niveau de la réalité familiale&nbsp;: demander l’aide du CPAS, sachant que celui-ci va mener une enquête auprès de la famille pour vérifier sa solvabilité, ce n’est pas facile. Certains jeunes vivent dans leur famille des conflits qui ont des conséquences néfastes sur leur santé mentale et leur assiduité aux cours. Certain·es vont jusqu’à abandonner leurs études pour trouver un emploi qui leur permettra d’être plus vite autonomes et de quitter leur famille.</p>



<p>Être un·e étudiant·e en situation de précarité, c’est aussi être amené·e à choisir des études que l’on est sûr·e de réussir plutôt que celles qui nous attirent parce qu’on ne peut pas se permettre de rater une année&nbsp;; à choisir des études plus courtes, un bachelier en haute école plutôt qu’un master par exemple, parce que le minerval est moins cher et qu’il faut pouvoir gagner sa vie au plus tôt.</p>



<p><strong>Vers des études accessibles à tous et toutes&nbsp;?</strong></p>



<p>Claire Sourdin, du service social de l’ULB, pointe quelques défis à relever et obstacles à surmonter&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mieux aider les étudiants provenant de pays extérieurs à l’Union européenne. Outre les services sociaux, notons qu’il existe des associations, comme le Placet à Louvain-la-Neuve, ou encore, également sur le site néolouvaniste, la Coordination générale des étudiants internationaux (CGEI) qui œuvrent à faciliter l’intégration des étudiants et à les accompagner dans leurs démarches administratives, entre autres.</li>



<li>Diminuer le taux de non-recours aux droits, qui atteint 50%, par une meilleure communication et par l’automatisation ou l’autodétermination de certaines aides (comme les repas à 2€ à l’ULB).</li>



<li>Comment être (plus) justes, (plus) simples et (plus) accessibles ?</li>



<li>Comment trouver l’équilibre entre l’octroi d’aides matérielles et l’accompagnement vers l’autonomie ? Par exemple, vaut-il mieux organiser une épicerie sociale ou des colis alimentaires ou accorder un budget ‘alimentation’ que l’étudiant·e gérera lui/elle-même ? Peut-être que cela demande une plus grande individualisation de l’accompagnement et des aides proposées.</li>
</ul>



<p>Relever ces défis nécessite évidemment les moyens humains et financiers adéquats. De ce côté, l’heure n’est pas à l’optimisme, vu le défi budgétaire et les orientations des partis au pouvoir actuellement.</p>



<p>Car pour contrer la précarité étudiante, il ne suffit pas, comme l’a décidé notre gouvernement, d’augmenter le nombre d’heures de travail autorisées pour les jobistes. On l’a vu, si le travail étudiant a des avantages, il n’est pas la panacée et peut même mettre en péril la réussite des études.</p>



<p>La précarité d’un nombre croissant de jeunes aux études supérieures n’est pas seulement due à un accès élargi aux études&nbsp;; elle est aussi le symptôme de l’appauvrissement d’une partie de la classe moyenne. Action Vivre Ensemble, avec le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté, n’a de cesse de le rappeler&nbsp;: s’il y a des enfants et des étudiant·es pauvres, c’est parce qu’il y a des parents qui n’ont pas les revenus suffisants pour faire vivre dignement leur famille et permettre à leurs enfants de se construire un avenir meilleur. À ce titre, la décision de la coalition Arizona de limiter à deux ans les allocations de chômage ne va rien arranger.</p>



<p>On l’a vu&nbsp;: les CPAS jouent un rôle important pour financer les études des jeunes issus de familles précarisées, mais aussi en rupture familiale ou sortant d’institutions d’aide à la jeunesse. Au-delà des finances, l’accompagnement social qu’ils assurent n’est pas à négliger. On peut se demander si l’afflux de personnes exclues du chômage suite à la décision gouvernementale permettra de pérenniser et d’augmenter la capacité des CPAS à accompagner les jeunes dans leur parcours de formation et dans leur émancipation sociale.</p>



<p>De plus, les critères d’accès au chômage et à l’aide sociale du CPAS ne sont pas identiques&nbsp;: une partie des personnes qui perdront leur allocation de chômage n’auront pas droit à l’aide du CPAS. Si ces personnes ont des enfants aux études supérieures, cela va encore accroître la précarité des étudiant·es.</p>



<p>La possibilité pour chaque jeune de mener à bien, s’il/elle le souhaite, des études supérieures est une condition à l’émancipation sociale et à l’accès à un emploi choisi et de qualité. En plus des efforts personnels fournis par les étudiant·es et leur famille, notre société à le devoir de mettre en place les conditions de la réussite du parcours académique&nbsp;: les bourses d’études et l’accompagnement des CPAS et services sociaux dûment financés, bien sûr, mais aussi des revenus suffisants pour toutes les familles et des services publics efficaces et financièrement accessibles à tous et toutes. Il faut bien constater que ce n’est pas l’orientation actuelle choisie par nos élu·es.</p>



<p></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Cette analyse se concentre sur l’enseignement supérieur. La précarité existe bien entendu également dans d’autres filières, comme la formation en alternance. Là aussi, les frais peuvent être élevés, en fonction de la filière choisie : équipements de sécurité, matériel de laboratoire, etc.</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;https://www.uliege.be/cms/c_13575927/fr/l-impact-de-la-crise-sur-les-etudiant-es-des-donnees-pour-avancer lien raccourci : https://miniurl.be/r-67cq</div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;https://www.rtbf.be/article/coronavirus-en-belgique-le-coronavirus-a-detruit-lejob-de-90-000-etudiants-10651388 lien raccourci : https://miniurl.be/r-67cx</div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;https://www.rtbf.be/article/uliege-a-cause-de-la-pandemie-50-d-etudiants-en-plus-font-appel-a-l-aide-sociale-10701268 lien raccourci : https://miniurl.be/r-67cz</div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://inforjeunes.be/precarite-etudiante-en-belgique/</div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://inesthinktank.be/deux-indicateurs-associes-a-la-precarite-des-jeunes-aux-etudes/</div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem.</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://liguedesfamilles.be/article/allocations-detudes-mieux-prendre-en-compte-toutes-les-situations-familiales)</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;ERNENS, Catherine, Explosion des familles monoparentales : vers une nouvelle norme familiale sur www.moustique.be, le 21 mai 2024. Lien raccourci : https://miniurl.be/r-66o7</div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Florence Vanderstichele, lors du colloque Les précarités étudiantes : enjeux, défis et perspectives organisé par INES (Inclusion, Égalité, Solidarité) à Bruxelles le 24 novembre 2024.</div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Source de ces données : Combien coûte une année dans l’enseignement supérieur ? Charlotte Hutin, Le Soir, 11/09/2023. Lien raccourci : https://miniurl.be/r-66nq</div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir http://www.enseignement.be/index.php?page=4302#belge</div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;De plus en plus d’étudiants et une offre de logements qui évolue trop lentement : les loyers des kots sont en augmentation , RTBF (5 mai 2024). Lien raccourci : https://miniurl.be/r-66cn </div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir à ce sujet l’analyse d’Action Vivre Ensemble, Jobs étudiants : qui gagne, qui perd ? disponible sur https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-1/</div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;https://lpost.be/2022/04/07/une-journee-dans-la-vie-dodile-etudiante-en-situation-de-precarite/</div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir http://ulb.be/fr/aides-financieres-et-sociales/plats-a-2-euros</div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les informations de cette section proviennent des interventions des personnes citées lors du colloque  Les précarités étudiantes : enjeux, défis et perspectives organisé par INES (Inclusion, Égalité, Solidarité) à Bruxelles le 24 novembre 2024.</div><div>18&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Haute-École de Namur, Liège et Luxembourg.</div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’Arizona à l’assaut de la social-démocratie. Une offensive antidémocratique</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-05/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[romain stagiaire 2025]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Jun 2025 11:00:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Depuis février dernier, le gouvernement Arizona, très ancré à droite, a d’emblée annoncé des mesures qui rompent avec la tradition démocratique belge
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<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p>Depuis février dernier, le gouvernement Arizona, très ancré à droite, a d’emblée annoncé des mesures qui rompent avec la tradition démocratique belge. Comme nombre d’acteurs, le Mouvement ouvrier chrétien (MOC) craint une dérive vers l’illibéralisme sous la forme d’atteinte aux contre-pouvoirs, notamment ceux de la société civile.</p>
</div>
</div>



<p>Les mesures annoncées par le gouvernement Arizona concrétisent une nouvelle approche réactionnaire par rapport à l’État de droit et la démocratie. Elles mettent aussi en évidence le recul des narratifs de gauche alors qu’une partie de la population se dit favorable à un certain autoritarisme. <sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup> Dans son dernier livre<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>, Giuliano Da Empoli rappelle à plusieurs reprises la fameuse formule de Joseph de Maistre. En 1794, bien qu’acquis dans un premier temps aux idées de la Révolution française, le philosophe et magistrat de Savoie (Royaume de Sardaigne) est devenu contre-révolutionnaire et monarchiste en raison des excès de la Terreur. Dans une correspondance avec la marquise de Costa, il écrit&nbsp;<em>: «&nbsp;Il faut avoir le courage de l’avouer, madame, longtemps nous n’avons point compris la révolution dont nous sommes les témoins, longtemps nous l’avons prise pour un événement. Nous étions dans l’erreur&nbsp;: c’est une époque&nbsp;; et malheur aux générations qui assistent aux époques du monde&nbsp;!&nbsp;»</em></p>



<p>Profondément réactionnaire, cette pensée n’en démontre pas moins que l’Histoire est faite de subites accélérations &#8211; et ce dans les deux sens. On a tendance à penser que le monde avance à rythme lent mais de manière irréversible vers le progrès (au sens moral et non technique, et <em>a fortiori</em> en Belgique, pays pionnier dans nombre d’avancées sociétales). Au contraire, <strong>certains moments de l’Histoire s’assimilent à un coup de frein furieux suivi d’un véritable retour en arrière.</strong> Force est de le constater&nbsp;: en vivant dans nos pays l’après-Seconde Guerre mondiale, nous n’avons pas été habitués à voir que ce type de revirement était encore possible. Raison sans doute pour laquelle, pour paraphraser de Maistre, nous avons vu les succès électoraux successifs des Trump, Le Pen, Haider, Orban, Berlusconi, Meloni, Johnson, Bolsonaro, Duterte, Milei, Bukele, Wilders, Netanhyahu, Weidel ou Van Grieken comme des ‘événements’ et non comme une ‘époque’. Si la première présidence Trump (2017-2021), amateure dans sa préparation, n’avait semblé qu’une parenthèse, chacun a compris que la deuxième (2025-2029) inscrivait l’Occident tout entier (et sans doute pas que lui) dans une ère nouvelle, «&nbsp;conceptualisée » par une multitude de théoriciens réactionnaires s’appuyant sur une montagne d’analyses défiant les lois de la vérité et de la science. Une «&nbsp;révolution réactionnaire&nbsp;» somme toute.</p>



<p>Le propos, ici, n’est pas de qualifier cette nouvelle ère globale. Mais de voir comment elle a infusé très récemment chez nous (dans les résultats des élections de 2024, l’accord du gouvernement Arizona <sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup> et les premiers arbitrages budgétaires du gouvernement De Wever en 2025), tant de manière concrète que sur le plan intellectuel.</p>



<p>Le cap politique pour les cinq prochaines années, celui défini par le gouvernement N-VA/MR/CD&amp;V/Les Engagés/Vooruit, est désormais connu. Comment le qualifier&nbsp;? <em>«&nbsp;Nous sommes clairement dans un changement de régime. Il n’y a pas seulement une politique marquée plus à droite, il y a un changement de nature du système politique vers un système néolibéral, réactionnaire et conservateur </em><sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup><em>, comme dans la plupart des pays européens et au-delà&nbsp;»</em>, répond Ariane Estenne<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>, présidente du MOC<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup> depuis 2019 mais aussi présidente du Conseil supérieur de l’éducation permanente (CSEP).</p>



<p>L’offensive ‘<em>antisociale’</em> telle que formulée par le MOC a fait l’objet d’une première analyse de notre part<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>. Comme les atteintes quotidiennes aux institutions démocratiques dans le cadre de ce que l’on peut qualifier de dérive illibérale, les attaques contre les plus vulnérables, validées ou en tout cas rendues acceptables par le discours dominant actuellement à l’œuvre dans le monde occidental, reflètent la<em>&nbsp;‘guerre culturelle’</em> dans laquelle se sont embarqués, y compris en Belgique, les leaders populistes.</p>



<p>Le concept gramscien<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup>et donc marxiste de <em>«&nbsp;l’hégémonie culturelle&nbsp;»</em> a bel et bien été ingéré et assimilé, à l’autre bout de l’échiquier politique, par les populistes réactionnaires et conservateurs <sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>. En résumé, la pensée principale d’Antonio Gramsci, ressassée par les politistes et les journalistes, postule qu’<em>«&nbsp;il faut, peu à peu, subvertir les esprits, installer les valeurs que l’on défend dans le domaine public afin de s’assurer d’une hégémonie culturelle avant et dans le but de prendre le pouvoir</em>&nbsp;» <sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup> . <em>« Qui veut gagner une élection doit avoir déjà remporté la bataille de l’opinion »</em> résume assez clairement Salomé Saqué<sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">L’offensive antidémocratique&nbsp;: le rétrécissement de l’espace civique&nbsp;?</h2>



<p>Quoi qu’il en soit, l’attaque contre les acquis sociaux s’accompagne donc, dans le chef de certain.es politiques, d’un narratif qui inscrit des mesures prises au nom de l’équilibre budgétaire dans un climat de remise en cause de la légitimité des corps intermédiaires.</p>



<p>Désormais, les deux principaux partis de la majorité, N-VA et MR, voient venue l’heure de s’attaquer à ces institutions. <em>«&nbsp;On peut parler d’une offensive antidémocratique quand elle vise l’affaiblissement de tout le secteur associatif&nbsp;»</em>, estime Ariane Estenne. <em>«&nbsp;On revient avec la loi anticasseurs et la limitation de la liberté de manifester, on affaiblit les financements structurels des syndicats et des mutuelles avec les effets indirects des mesures antisociales ou fiscales</em>.<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup></p>



<p><em>. La vision se résume à cette petite musique, qui se limitait au départ à la N-VA mais est devenue consensuelle&nbsp;: <strong>la seule légitimité démocratique est celle des urnes et il ne doit plus rien exister entre les citoyens et les politiques</strong></em><strong>. Tout ce qui est citoyenneté organisée entre les urnes et le politique serait antidémocratique. C’est une vision super libérale mais qui devient illibérale</strong> <sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup><em>. Les contre-pouvoirs, qu’il s’agisse de la justice et du droit, des syndicats, des mutuelles, des médias, des associations, des ONG, en un mot de la société civile, n’ont pas de légitimité car la seule légitimité vient des urnes qui donnent carte blanche aux élu.es. Il faut se donner une lecture ambitieuse et maximaliste de ce qu’est la démocratie. La démocratie, ce n’est pas que le résultat des élections même s’il est sacré. Au contraire de ceux qui veulent supprimer tout ce qui fait ‘barrage’ entre le citoyen et le politique, au MOC nous pensons que la démocratie, c’est aussi la démocratie sociale, culturelle </em><sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup><em>, en entreprise. La démocratie vit aussi à côté des élections. Il ne suffit pas de dire que les Belges ont voté de telle manière pour dire que le projet de société qui est proposé est celui que nous voulons. Beaucoup de choses que nous voyons n’ont pas été annoncées dans les programmes politiques. Il y a un décalage entre ce qui est inscrit par les partis et ce qui est compris par l’électorat.&nbsp;»</em></p>



<p>Plutôt moins vite et moins violemment que nombre d’autres pays, la Belgique s’est donc engagée sur la pente illibérale. Le Pen s’en prend aux juges qui ont appliqué la loi, Trump les ignore à l’heure d’appliquer des mesures illégales, il ‘punit’ financièrement les universités, musées ou entreprises qui prônent la diversité et les institutions scientifiques qui tiennent un discours contraire aux délires complotistes ou ultrareligieux sur le climat ou le genre. Nous n’en sommes pas là mais, par exemple, les attaques répétées du MR et de sa ministre des Médias, Jacqueline Galant, contre la RTBF <sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup>, dont elle a la tutelle, sont un signe aussi inquiétant que la vision de son président selon laquelle un ministre de la Culture serait inutile<a id="_ftnref17" href="#_ftn17"> </a><sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup>.</p>



<p>Autre exemple&nbsp;: les centaines de décisions de justice condamnant la Belgique pour son traitement des migrant.es et des détenu.es qui restent non-exécutées sont autant d’atteintes directes à l’État de droit <sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup> Dans l’accord de l’Arizona, la Justice est présentée comme un <em>«&nbsp;prestataire de services efficace, performant, accessible et orientée justiciable.&nbsp;» </em>Pas comme le troisième pouvoir, indépendant par essence.</p>



<p>En mettant bout à bout ces points que certains considéreraient comme des détails, on est en droit de parler, comme on le fait quand on parle de nombre de pays du Sud, de <strong>rétrécissement de l’espace civique</strong>, pour ne pas parler de <strong>fascisation </strong>de notre monde dans un contexte de post-vérité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Soif d’autoritarisme&nbsp;?</h2>



<p>Le plus inquiétant, toutefois, réside dans le fait que, au moins indirectement et pas uniquement par des élections, une partie de la population semble ‘aspirer’ à une gestion illibérale des affaires. Dans son sondage annuel (2024) «&nbsp;Noir, jaune, blues&nbsp;», qui doit être pris avec toutes les réserves d’usage, la Fondation ‘Ceci n’est pas une crise’ arrive à la conclusion que 69,2% des Belges «&nbsp;<em>aspirent à&nbsp;une gouvernance autoritaire&nbsp;»</em>, chiffre en hausse pour la cinquième année d’affilée<sup class="modern-footnotes-footnote ">18</sup>. Dans la suite logique de ce qui est décrit là, cette <em>«&nbsp;aspiration à la retribalisation&nbsp;»</em> (par opposition à une ‘société ouverte’) s’accompagne d’items comme le besoin de boucs-émissaires, la nostalgie d’un passé mythifié, l’homogénéité nationale, la valorisation d’une rhétorique brutale… Encore une fois, difficile de ne pas y reconnaître notre époque.</p>



<h2 class="wp-block-heading">À qui parle la gauche&nbsp;?</h2>



<p>Reste que cette étude pointe aussi le <em>«&nbsp;déficit d’une vision progressiste mobilisatrice</em>&nbsp;» et que si le narratif de la droite conservatrice s’est imposé actuellement, c’est aussi parce que le narratif de la gauche progressiste ne parvient plus à mobiliser alors que cette mobilisation est justement ce qui a fait sa force durant plus d’un siècle. <em>«&nbsp;Nous devons faire notre autocritique&nbsp;: <strong>la gauche en général, politique ou associative, est trop faible et perd du terrain dans la bataille culturelle.</strong> Cette critique est absolument nécessaire&nbsp;: beaucoup d’études montrent que, singulièrement en Belgique francophone, la société civile et son maillage riche et dense ont empêché l’extrême droite d’être plus forte. Mais on voit aussi que cela se fragilise et que si beaucoup de gens n’ont plus confiance dans les institutions, cela vaut aussi pour les organisations sociales, les syndicats, etc. On perd du lien, on perd des gens&nbsp;: c’est dans les lieux collectifs, comme le travail, que l’on peut se donner une compréhension collective des enjeux et une capacité de réaction aux événements</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">19</sup><em>. L’action collective est donc un levier. Il y a un déficit de récit actualisé de la gauche, sur l’évolution des valeurs. Pour moi, les gens ne se mobilisent plus parce que le narratif de gauche ne leur parle plus. Si on parvient à remobiliser avec des conquêtes, les gens reviendront »,</em> admet la présidente du MOC.</p>



<p>Jusqu’à récemment, la gauche wallonne et bruxelloise semblait «&nbsp;résister&nbsp;» plutôt mieux que nombre d’autres à cette image de parti d’<em>«une élite politique et culturelle progressiste globalement déconnectée des classes populaires&nbsp;»</em> dont souffrent les partis socialistes flamand ou français. <em>«&nbsp;Parler de précarité sans jamais l’avoir vécue ni côtoyée nous force à adopter une posture distante. Et cette distance, même avec des efforts de vulgarisation, empêche toute forme d’identification&nbsp;»</em>, explique ainsi Brieuc Wathelet, animateur chez Solidaris<sup class="modern-footnotes-footnote ">20</sup>.</p>



<p>Il n’est pas contestable que ce sentiment d’abandon a fait qu’une partie des classes populaires a pu finir par considérer que l’extrême droite comprenait mieux ses préoccupations que la gauche de gouvernement. Da Empoli<sup class="modern-footnotes-footnote ">21</sup> a calculé qu’à une seule exception près, parmi les candidat.es démocrates à la présidence et à la vice-présidence des USA depuis 45 ans, un seul n’était pas un avocat alors que, dans la même période, aucun président républicain élu n’était juriste. Cela participe de cette impression que la gauche parle désormais de grands principes théoriques tels que l’État de droit, le droit international ou les droits humains quand la droite parlerait au «&nbsp;cœur&nbsp;» des gens et de leurs «&nbsp;vrais problèmes&nbsp;».</p>



<p>Nous pourrions probablement faire en grande partie nôtre la conclusion de Jérôme Van Ruychevelt&nbsp;: &nbsp;<em>«&nbsp;Les récits progressistes doivent cesser de se focaliser uniquement sur la défense des acquis et la dénonciation des inégalités. Nous devons reconstruire un imaginaire de conquête. Il y a une opportunité aujourd’hui de sortir des murs de la social-démocratie pour proposer un projet radical et des mesures subversives, concrètes, applicables, sur lesquelles on force le débat public. Il faut s’interdire la récupération de mesures de droite pour espérer récupérer des publics. Il faut rester cohérent moralement sur ses bases et attirer les gens vers nous. Aujourd’hui, face aux offensives réactionnaires, nous avons une opportunité historique de reconstruire un récit politique progressiste cohérent, qui ne se contente pas d’atténuer les inégalités, mais propose une société où elles peuvent disparaître.&nbsp;»</em> Un récit qui devra remettre en valeur le sens du collectif. <em>«&nbsp;Alors, qu’est-ce qu’on fait ? On s’organise. On n’a jamais rien trouvé de mieux. S’organiser, c’est réapprendre à lutter, pour pouvoir imaginer un avenir commun.</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">22</sup>» Ainsi Ariane Estenne concluait-elle récemment les travaux de la Semaine sociale 2025 du MOC. Le défi est immense en cette période de tribalisation&nbsp;de la société<sup class="modern-footnotes-footnote ">23</sup>.</p>



<p></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Une première analyse a été consacrée aux attaques contre les acquis sociaux et les populations les plus vulnérables, voir <a href="https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-04">analyse2025-04</a>/ </div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;DA EMPOLI, Giuliano, L’heure des prédateurs, Gallimard, 2025. </div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.belgium.be/sites/default/files/resources/publication/files/Accord_gouvernemental-Bart_De_Wever_fr.pdf">belgium.be</a> </div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sur la nuance entre ‘réactionnaire’ et ‘conservateur’, voir <a href="https://www.lefigaro.fr/langue-francaise/expressions-francaises/etes-vous-reactionnaire-ou-conservateur-20230728">lefigaro.fr</a> </div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Entretien avec l’auteur, 3 avril 2025. </div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Créé en 1945, le MOC est la ‘coupole’ belge francophone des organisations à visée sociale du pilier chrétien&nbsp;: la CSC, la Mutualité chrétienne, Vie féminine, Les Équipes populaires, JOC (Jeunes organisés et combatifs, ex-Jeunesse ouvrière chrétienne). </div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pour l’analyse complète de l’accord fédéral rédigée par le MOC, voir &nbsp;<a href="https://www.moc.be/index.php/89-actualites/747-accord-gouvernemental-federal-position-du-moc-une-offensive-anti-democratique-anti-sociale-antimigrations-antiecologique-et-anti-federale">moc.be</a> </div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le détournement du concept gramscien a pour corollaire un autre concept venu lui directement de la droite conservatrice, la fenêtre d’Overton, et qui met en pratique cette «&nbsp;guerre culturelle&nbsp;» en théorisant comment, en introduisant des idées inacceptables dans le domaine public, on finit, alors qu’elles étaient impensables et radicales, par les rendre successivement acceptables, raisonnables et populaires pour, à terme, parvenir à en faire les axes d’une politique publique. En France comme en Belgique, l’évolution du discours sur l’immigration en 30 ans montre assez bien le caractère redoutable de cette approche.&nbsp;</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/10/30/la-grande-bataille-pour-l-hegemonie-culturelle_6017397_3232.html">lemonde.fr</a> </div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.agirparlaculture.be/lhegemonie-culturelle-selon-gramsci/#:~:text=Il%20faut%2C%20peu%20%C3%A0%20peu,but%20de%20prendre%20le%20pouvoir">agirparlaculture.be</a> et <a href="https://www.philomag.com/articles/quest-ce-que-lhegemonie-culturelle">philomag.com</a> . Lisez la trajectoire de Trump – ou de Bouchez &#8211; à cette aune et tout est dit. Le président du MR a d’ailleurs annoncé investir dans le centre d’études du parti à cette fin <sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>Voir <a href="https://www.lalibre.be/belgique/politique-belge/2024/12/24/georges-louis-bouchez-mise-sur-le-centre-jean-gol-pour-amplifier-sa-guerre-ideologique-contre-la-gauche-BUJYKN5N6VFG3DTVHXS3UXJBBE">lalibre.be</a>/ </div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;SAQUÉ, Salomé, Résister, Payot, 2024. </div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; ‘Néolibéral’ ou ‘ultralibéral’ et ‘illibéral’ ne sont, malgré les apparences, pas contradictoires&nbsp;: l’ultralibéralisme fait référence au libéralisme économique (et au capitalisme délivré des entraves) tandis que l’illibéralisme se rapporte aux fondements des démocraties libérales et est donc une notion politique. </div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.cefoc.be/IMG/pdf/accord_gouvernement_arizona_mise_en_page_.pdf">cefoc.be</a></div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.lalibre.be/economie/entreprises-startup/2025/03/16/plan-deconomies-et-pressions-politiques-entre-la-rtbf-et-le-tandem-bouchez-galant-ca-secoue-QUYRW4CVNZC5NCRACAGTUZS2ZM">lalibre.be</a> </div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.rtbf.be/article/les-declarations-de-georges-louis-bouchez-sur-l-utilite-d-un-ministre-de-la-culture-agitent-le-parlement-de-la-federation-wallonie-bruxelles-11486613">rtbf.be</a> </div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://federaalinstituutmensenrechten.be/fr/etat-de-droit-le-double-standard-de-la-belgique">federaalinstituutmensenrechten.be</a> </div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;SCHEUR, B. (dir.), L’irrésistible attention de l’aspiration à une gouvernance autoritaire, Fondation Ceci n’est pas une crise / Survey &amp; Action, novembre 2024. </div><div>18&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Disponible sur <a href="https://cecinestpasunecrise.org/etudes/lirresistible-ascension-de-laspiration-a-une-gouvernance-autoritaire/ ">cecinestpasunecrise.org </a></div><div>19&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Lire au sujet du télétravail l’analyse de la sociologue Danièle Linhart qui démontre comment le télétravail, auquel le patronat était opposé, a fini par servir le néolibéralisme en éparpillant les gens et en éclatant le travail alors que c’est sur le lieu de travail que se forgent les actions collectives, &nbsp;<a href="https://courriercadres.com/le-teletravail-ne-permettra-pas-aux-salaries-de-peser-sur-la-definition-de-leur-travail-daniele-linhart">courriercadres.com</a> </div><div>20&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;VAN RUYCHVELT EBSTEIN, Jérôme, Pourquoi les narratifs de gauche ne touchent plus les classes populaires&nbsp;? Le cas de la Belgique francophone, Fondation Ceci n’est pas une crise, 2025. Disponible sur<a href="https://cecinestpasunecrise.org/etudes/pourquoi-les-narratifs-de-gauche-ne-touchent-plus-les-classes-populaires/"> cecinestpasunecrise.org</a></div><div>21&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;DA EMPOLI, op. cit. </div><div>22&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.moc.be/index.php/89-actualites/746-semaine-sociale-discours-de-cloture-d-ariane-estenne ">moc.be </a></div><div>23&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://www.centreavec.be/publication/sur-les-causes-profondes-de-la-tribalisation-de-la-societe-belge/ ">centreavec.be</a></div>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>L&#8217;Arizona à l&#8217;assaut de la social-démocratie. Une offensive antisociale</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-04/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[romain stagiaire 2025]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 May 2025 14:58:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Après 9 mois de gestation, le gouvernement Arizona s’est installé en février dernier sous la houlette du premier ministre nationaliste ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Après 9 mois de gestation, le gouvernement Arizona s’est installé en février dernier sous la houlette du premier ministre nationaliste flamand Bart De Wever. Fortement ancré à droite, parfois même avec une vision d’extrême droite quand on évoque la question migratoire, le nouveau gouvernement a d’emblée annoncé des mesures qui rompent avec la tradition sociale belge. Comme nombre d’acteurs, le Mouvement ouvrier chrétien (MOC) parle d’<em>« offensive antisociale »</em> dirigée contre les populations les plus vulnérables alors que les plus riches sont plutôt épargné.es. Les mesures de ce nouveau gouvernement concrétisent une inversion qui prévalait jusqu’ici et qui voulait que les plus faibles soient <em>a priori</em> protégé.es plutôt que suspecté.es. Une approche qui marque une victoire des narratifs imposés par la droite conservatrice.</p>



<p>Des grèves générales à répétition, des mouvements sectoriels en pagaille… Le moins que l’on puisse écrire, c’est que, depuis son avènement (le 3 février 2025), le nouveau gouvernement Arizona (dit de centre droit puisque composé, à droite de la N-VA et du MR, à gauche de Vooruit, et au centre du CD&amp;V et des Engagés) n’a pas pris beaucoup de gants pour faire passer ses mesures d’austérité. Pas plus d’ailleurs que les deux partis francophones n’en avaient pris lors de la composition des majorités francophones. On peut gloser sur la nécessité de maintenir des régimes de départ à la pension très favorables pour les militaires ou les agent.es de la SNCB, le constat est plus frappant si l’on adopte une vision plus générale.</p>



<p><em>«&nbsp;Si l’on regarde dans le détail l’ensemble de l’accord fédéral</em> <sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup><em>, on voit qu’il contient cinq offensives&nbsp;: des offensives antidémocratique, antisociale, anti-migratoire, anti-climatique et anti-fédérale </em><sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup><em>. Les mesures au niveau de la Région wallonne ou de la Fédération Wallonie-Bruxelles s’inscrivent totalement dans un seul et même projet.&nbsp; Cinq offensives cohérentes contre, globalement, la social-démocratie que nous défendons. Le projet d’égalité, de justice, d’émancipation, de solidarité est absent de ces accords à différents niveaux. Traditionnellement, il y a toujours, même dans des projets très à droite, l’un ou l’autre point qui n’est pas trop négatif&nbsp;; là, vraiment, il n’y a rien à sauver.&nbsp;Structurellement, pour nous, il y a trois marqueurs des politiques de l’égalité&nbsp;: les services publics, le droit des travailleurs et la sécurité sociale. Et ces trois piliers sont attaqués&nbsp;</em>», résume Ariane Estenne, présidente du MOC (Mouvement ouvrier chrétien<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>) depuis 2019<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>.</p>



<p>Sans être dirigée par l’extrême droite ni basculer dans le trumpisme, à part dans les propos et attitudes de quelques personnalités au populisme exacerbé comme Georges-Louis Bouchez, la Belgique a pourtant bel et bien entamé à son tour un virage, tournant le dos à ce qui ressemblait à un ADN, celui, globalement, de la social-démocratie et de la démocratie chrétienne qui ont été aux affaires presque sans discontinuer depuis 1945 : une culture de l’État-providence et de la Sécurité sociale, une sensibilité forte aux acquis sociaux et au droit du travail, un service public fort, un sens du compromis et une approche apaisée et ouverte des évolutions sociétales <sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup> (interruption volontaire de grossesse, euthanasie, mariage homosexuel…).</p>



<h3 class="wp-block-heading">Genèse d’un virage</h3>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:100%"><div class="gb-container gb-container-d9417d90">

<p>Depuis de longues années, la droite avait désigné son totem&nbsp;: mettre fin au particularisme belge, à savoir cette antienne répétée à l’envi selon laquelle notre pays est le seul État de l’Union européenne où les allocations de chômage ne sont pas limitées dans le temps<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>. À peine au travail, le gouvernement De Wever en a fait une priorité lors de son premier exercice budgétaire.</p>

</div></div>
</div>



<p>Et c’est ainsi que le ministre de l’Économie et de l’Emploi, David Clarinval (MR), semblait triomphal à l’heure d’annoncer&nbsp;: <em>«&nbsp;Au 1<sup>er</sup> janvier prochain, il y aura 100 000 chômeurs exclus</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup><em>. » </em>Le résultat &nbsp;de la décision de limitation dans le temps de ces allocations de chômage. D’ici à 2028, <em>«&nbsp;tous les 320&nbsp;000&nbsp;demandeurs d’emploi qui n’ont pas retrouvé du travail auront été exclus, à l’exception des nouveaux entrants et de ceux qui étaient exemptés de cette limitation, comme les plus de 55&nbsp;ans et les artistes.</em> <em>Nous estimons qu’un tiers des exclus ne trouvera pas de travail et s’adressera au CPAS. C’est pourquoi, dès 2026, plusieurs centaines de millions seront alloués aux CPAS pour les aider à faire face à cet afflux de personnes.&nbsp;»</em>&nbsp;</p>



<p>On peut s’interroger sur l’intérêt de reporter le poids de la charge de l’Onem vers les CPAS, eux-mêmes écrasés financièrement, comme réponse simpliste au chômage. On est aussi interloqué par le caractère victorieux qu’a pris cette annonce mais, du point de vue de l’analyse, il y a clairement une vision idéologique des choses<em>. «&nbsp;</em><em>On observe&nbsp;»,</em> poursuit Ariane Estenne,&nbsp;<em>«&nbsp;une vision de la société où il y aurait, d’une part, des individus en pleine capacité, des hommes blancs, au travail et en bonne santé, et d’autre part, tous ceux et celles qui ne rentrent pas dans cette vision sont attaqué.es&nbsp;: les femmes, les chômeur.ses, les personnes migrantes, les malades de longue durée. Dès qu’on n’est plus cet individu entrepreneur de lui-même qui met tout en place pour être le plus efficace possible, on est stigmatisé&nbsp;! Ce qui est annoncé, c’est une énorme augmentation de la précarité, avec le renvoi de dizaines de milliers de personnes vers les CPAS et de gens qui seront carrément privés de revenus. Cela concerne majoritairement des femmes, cela crée de nouvelles dépendances et de nouvelles violences, évidemment pour les femmes en premier lieu. Plus aucun de filet de sécurité pour autant de gens, cela n’est plus arrivé depuis la Deuxième Guerre mondiale. Ensuite, il y a les malades de longue durée. Selon un raisonnement pervers, on confond personnes malades et personnes qui ne veulent pas travailler et on pense qu’en mettant en place des logiques de responsabilisation, les gens vont se remettre au travail. On remet la responsabilité sur les acteurs de première ligne qui seraient sanctionnés s’ils ne font pas&nbsp;leur travail de remise à l’emploi. Toute la sécurité sociale est affaiblie avec la réforme des pensions et la fragilisation des organismes de concertation sociale. Enfin, sur le plan du droit du travail, on fait des pas importants vers la flexibilisation du travail, le travail de nuit et du dimanche&nbsp;: tout ce qui permet de concilier vie privée et professionnelle est attaqué avec probablement à la clé une hausse des maladies&nbsp;!&nbsp;»</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Changement de paradigme</h3>



<p>Au-delà des mesures sociales à proprement parler, on peut clairement parler de changement de paradigme et d’inversion de la logique et du discours&nbsp;: au nom du sauvetage de l’État-providence<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup>, présenté comme un des enjeux de la cure d’austérité dans un contexte d’augmentation des dépenses militaires, ce sont les plus vulnérables (et non les fameuses <em>«&nbsp;épaules les plus larges&nbsp;»</em>) qui sont impacté.es prioritairement. Dans l’«&nbsp;accord de Pâques&nbsp;», qui annonce l’exclusion de 100 000 personnes de leur droit au chômage, est également annoncée une DLU (déclaration libératoire unique, à savoir une régularisation pour les «&nbsp;fraudeurs fiscaux&nbsp;»)<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>. Car si le fortuné «&nbsp;fraudeur&nbsp;» fiscal est invité à régulariser sa situation sans trop de dégâts, le ton est totalement différent quand il s’agit des malades et des médecins qui <em>«&nbsp;abusent&nbsp;»</em> des certificats médicaux et des <em>«&nbsp;chômeurs qui n’ont jamais travaillé de toute leur vie&nbsp;»</em> (phrase martelée par la plupart des responsables de la majorité).</p>



<p>Les personnes qui n’ont pas d’emploi, dont la santé ne leur permet pas de travailler, qui arrivent en Belgique sans rien pour fuir des situations de guerre dramatiques ne sont plus perçues comme des personnes en vulnérabilité que l’État-providence doit aider mais vues <em>a priori</em> comme des fraudeur.ses, des tricheur.ses ou des profiteur.ses en puissance<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>.&nbsp; <em>«&nbsp;C’est la victoire de la stigmatisation de la vulnérabilité, un discours qui a percolé de manière décomplexée et qui morcèle toute la société&nbsp;»</em>, estime Ariane Estenne.</p>



<p>Une victoire (temporaire, espérons-le) dans ce que l’on appelle désormais la «&nbsp;guerre culturelle&nbsp;». Comme l’écrit le conseiller en communication Jérôme Van Ruychevelt Ebstein<sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup>en analyse des résultats des élections de 2024, la droite francophone, surtout Bouchez, a pu imposer <em>«&nbsp;un basculement des cadres moraux dans l’opinion publique&nbsp;»</em>. Les valeurs qui se sont imposées grâce au narratif conservateur sont&nbsp;: la responsabilité individuelle, le mérite, la sécurité, l’efficacité et la fierté culturelle. À l’inverse, les <em>«&nbsp;cadres moraux&nbsp;» </em>de la gauche et de la société civile ont perdu&nbsp;: la démocratie, la solidarité et la justice sociale, la redistribution des richesses, le soin à l’environnement et la dignité humaine.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une offensive contre la démocratie sociale</h3>



<p>En Belgique, la «&nbsp;pilarisation&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup> de la vie politique a donné un rôle historique considérable aux syndicats et aux mutualités<sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup>. Est-ce que parce que la N-VA est un parti jeune ne disposant pas de ces piliers et que, côté MR, les syndicat et mutuelle libéraux sont beaucoup moins puissants que ceux des piliers socialiste et catholique&nbsp;? Toujours est-il que ces deux partis, désormais au pouvoir, sont les pourfendeurs de ces structures. Bart De Wever a toujours dénoncé le rôle des syndicats dans le paiement des allocations de chômage, par exemple, tandis que Georges-Louis Bouchez <em>«&nbsp;déplore la paralysie de la Wallonie et de Bruxelles, en raison du conservatisme des syndicats et des mutuelles. Il dénonce l’absence de légitimité démocratique des personnes qui incarnent ces institutions, alors qu’elles gèrent des budgets qui leur sont confiés par l’État</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup>. »</p>



<p>Il est probable que, pour s’imposer, une telle vision a dû infuser au-delà des sympathisant.es naturel.les de ces partis et s’appuyer sur le vote de personnes qui «&nbsp;votent contre leur propre intérêt&nbsp;», à commencer par ces personnes qui, elles-mêmes, sont en difficulté et voient dans l’autre un.e «&nbsp;profiteur.se&nbsp;».<em> «&nbsp;Il y a un effet d’hégémonie culturelle&nbsp;: même les gens les moins aisés rêvent d’avoir la vie des milliardaires. Nombre d’animateurs dans les quartiers les plus défavorisés nous le disent&nbsp;: des gens qui n’ont pas de voiture sont contre les mesures touchant la voiture parce que leur rêve est d’avoir un jour une voiture. Le rêve de réussite a dépassé la conscience de classe. Avant, on savait pour qui voter pour son propre intérêt. Désormais, le rêve de consommation a dépassé tout ça.&nbsp; Le discours selon lequel tout le monde peut y arriver l’emporte sur une lecture de classe.&nbsp;» </em>(Ariane Estenne)</p>



<p>Ou pour le dire autrement&nbsp;: <em>«&nbsp;La pensée individualiste est devenue la pensée intuitive&nbsp;»</em> et <em>«&nbsp;les valeurs individualistes structurent le sens commun de la majorité des gens, quelle que soit la classe sociale&nbsp;» </em>(Jérôme Van Ruychevelt). Bref, la pensée de la droite a fini par rejaillir sur les politiques et l’électorat de gauche.</p>



<p>La question est de savoir si, en Belgique francophone, peu habituée au vote majoritaire à droite, contrairement à la Flandre, ceux et celles qui ont voté pour ce type de discours l’ont fait en connaissance de cause et si ces résultats sont appelés à se répéter dans la durée ou si les importantes manifestations contre les mesures de l’Arizona constituent déjà une remise en cause de ces choix.</p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pour l’analyse complète de l’accord fédéral rédigée par le MOC, voir &nbsp;<a href="https://www.moc.be/index.php/89-actualites/747-accord-gouvernemental-federal-position-du-moc-une-offensive-anti-democratique-anti-sociale-antimigrations-antiecologique-et-anti-federale">moc.be</a><em> </em></div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Dans cette analyse, nous nous concentrerons uniquement sur les aspects sociaux. Une deuxième analyse sera consacrée aux attaques contre la société civile comme contre-pouvoir et comme actrice de la démocratie sociale. </div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Créé en 1945, le MOC est la ‘coupole’ belge francophone des organisations à visée sociale du pilier chrétien&nbsp;: la CSC, la Mutualité chrétienne, Vie féminine, Les Équipes populaires, JOC (Jeunes organisés et combatifs, ex-Jeunesse ouvrière chrétienne). </div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Entretien avec l’auteur, 3 avril 2025. </div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Même sur ce dernier point, sur lequel les jeunes «&nbsp;devraient&nbsp;» être plus ouverts que leurs aînés, c’est le contraire qui est visible actuellement y compris chez nous, par exemple vis-à-vis des minorités sexuelles, présentées comme des «&nbsp;ennemis&nbsp;» dans certains pays (Hongrie, États-Unis…). Voir <a href="https://www.rtbf.be/article/les-jeunes-sont-moins-tolerants-qu-avant-envers-les-personnes-lgbtqia-selon-une-etude-flamande-11533227">rtbf.be</a> </div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.rtbf.be/article/oui-la-belgique-est-bien-le-seul-pays-d-europe-ou-les-allocations-de-chomage-sont-illimitees-dans-le-temps-11382199">rtbf.be</a></div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.lesoir.be/668793/article/2025-04-13/david-clarinval-mr-au-1er-janvier-prochain-il-y-aura-100000-chomeurs-exclus">lesoir.be</a> . Il est à noter que la FGTB a annoncé soutenir ses affilié.es qui se pourvoiraient en justice contre cette mesure&nbsp;: <a href="https://www.rtbf.be/article/la-fgtb-va-attaquer-en-justice-la-limitation-des-allocations-de-chomage-11534565">rtbf.be</a> </div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.lesoir.be/671705/article/2025-04-27/vincent-van-peteghem-notre-est-de-sauver-letat-providence-pour-nos-enfants-et">lesoir.be</a></div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.lalibre.be/economie/mes-finances/2025/04/10/regularisation-fiscale-un-tarif-progressif-pour-les-repentis-de-bonne-foi-O6PFBHQETZFIZAPFU5YDYOJJHI">lalibre.be</a> </div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le mot «&nbsp;profiteurs&nbsp;» est d’ailleurs une constante obsessionnelle tant dans le discours d’un Bouchez que d’un Trump. Sauf que, par un singulier retournement des choses, les profiteurs pour Trump, ce sont les Européens et que c’est même sur le dos des Américains que nous avons pu construire notre Sécurité sociale et pas eux&nbsp;! </div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;VAN RUYCHEVELT EBSTEIN, Jérôme, Pourquoi les narratifs de gauche ne touchent plus les classes populaires&nbsp;? Le cas de la Belgique francophone, Fondation Ceci n’est pas une crise, 2025. Voir <a href="https://cecinestpasunecrise.org/etudes/pourquoi-les-narratifs-de-gauche-ne-touchent-plus-les-classes-populaires/">cecinestpasunecrise.org</a> </div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La pilarisation renvoie à un système de gouvernance «&nbsp;basé sur la structuration d’un ensemble d’organisations (partis, mutualités, écoles, associations d’éducation permanente, etc.) en fonction de tendances idéologiques concomitantes&nbsp;» (<a href="https://www.laicite.be/magazine-article/pilarisation-contexte-de-secularisation/">laicite.be</a>). </div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le taux de syndicalisation en Belgique&nbsp;a beau être en baisse constante, il est un des plus élevés au monde (seuls, au sein de l’OCDE, les pays scandinaves font mieux) et concerne un Belge sur deux : <a href="https://www.crisp.be/crisp/wp content/uploads/analyses/2023-08-24_ACL-Blaise_P-Faniel_J-2023-Institut_Montaigne-Les_syndicats_en_Belgique-illusion_de_la_puissance.pdf ">crisp.be</a></div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.mr.be/georges-louis-bouchez-veut-reduire-le-pouvoir-des-syndicats-et-des-mutuelles/">mr.be</a> </div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Jobs étudiants. Qui gagne, qui perd ?</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-01/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Apr 2025 16:09:28 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=publication&#038;p=39009</guid>

					<description><![CDATA[Le gouvernement « Arizona » a récemment confirmé l’augmentation du nombre d’heures de travail étudiant autorisées à 650h/an et abaissé l’âge minimum [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Le gouvernement « Arizona » a récemment confirmé l’augmentation du nombre d’heures de travail étudiant autorisées à 650h/an et abaissé l’âge minimum à 15 ans. 40% des étudiant·es travaillent durant l’année académique &#8211; 25% de plus qu’il y a dix ans. Si certain·es travaillent pour leurs sorties, leurs loisirs et leurs vacances, d’autres travaillent pour payer tout ou partie de leur loyer, pour se nourrir, se vêtir, se chauffer… et payer les frais liés à leurs études. Il est devenu normal de travailler tout en étudiant. Mais quelles sont les conséquences sur le parcours académique des jobistes et en quoi ce phénomène joue-t-il un rôle dans la précarisation du monde du travail en général ?</p>



<p>En moyenne, la proportion d’étudiants de 18-24 ans travaillant pendant l&rsquo;année scolaire est passée de 21,7% à 41,6% entre 2012-2013 et 2021-2022, soit presque un doublement<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>. Cela s’explique en partie par la démocratisation des études supérieures qui fait que plus d’étudiants issus de milieux socio-économiques moins favorisés y ont accès : le nombre de jeunes de 18-24 ans aux études a augmenté au total d&rsquo;environ 15% entre 2010-2011 et 2024-2025<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>.</p>



<p>Le job étudiant durant l’année scolaire est-il un atout ou un obstacle à la réussite et à la carrière future&nbsp;? Comme l’on peut s’y attendre, la réponse est «&nbsp;ça dépend&nbsp;». Ça dépend de la nature du job, du nombre d’heures prestées, des conditions de travail, de la situation socio-économique de l’étudiant·e, etc.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Atout ou caillou : une question de dosage</h2>



<p>Dans l’absolu, travailler pendant ses études est un atout&nbsp;: acquisition d’une attitude au travail (ponctualité, présentation, capacité d’adaptation, de travailler en équipe), autonomie financière, gestion d’un budget, expérience professionnelle à faire valoir sur le CV… Trouver un premier emploi est de plus en plus compliqué et avoir déjà travaillé est un atout qui influence positivement un employeur potentiel.</p>



<p>Encore faut-il avoir la santé et une fameuse dose d’énergie et de volonté pour combiner des journées de cours ou des périodes d’étude avec du travail, souvent en soirée. Surtout quand ne pas travailler n’est pas une option. Il arrive que des étudiants travaillent non seulement pour payer leurs études, mais aussi pour contribuer au budget familial, quand le ou les parents sont au chômage ou émargent au CPAS.</p>



<p>Dans le travail étudiant, le dosage est important pour maintenir l’équilibre travail/études : <strong>au-delà de 15 heures par semaine, le job étudiant a un effet négatif sur la réussite du cursus.</strong> Ils et elles sont plus d’un quart à estimer que leur job étudiant affecte négativement leurs études et plus de la moitié si l’on ne prend en compte que ceux et celles qui déclarent que ce revenu leur est indispensable<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>. Là où un·e étudiant·e issu d’une famille qui le ou la soutient financièrement peut décider de réduire son temps de travail pour se consacrer plus à ses études, un·e étudiant·e qui travaille pour subvenir à ses besoins de base n’a pas le choix et risque donc plus d’échouer. Et un échec aura plus de conséquences pour un étudiant issu de milieu précaire que pour un étudiant plus favorisé : ce dernier peut plus aisément se permettre une année d’études supplémentaire. Double peine donc pour l’étudiant en situation de précarité.</p>



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<h3 class="wp-block-heading">Inégalités de genre</h3>



<p>Les inégalités de genre dans le monde du travail se répercutent sur l’emploi étudiant. Les filles occupent en général des emplois peu valorisables pour leur avenir, au contraire des garçons dont les emplois étudiants sont plus en lien avec leur carrière future. Ce constat présage d’une perpétuation des inégalités dans le monde du travail, qu’il faut contrer par de la sensibilisation, voire du mentorat.</p>
</div>
</div>



<p>Dans la majorité des cas (une exception étant la reprise d’études), il s’agit d’emplois non qualifiés, exercés principalement dans le commerce et dans le secteur HORECA<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>. Tenir la caisse, réapprovisionner les rayons, servir les clients dans un snack, un fast-food, un bar ou un restaurant…</p>



<p>Un contrat de travail étudiant est toujours à durée déterminée et l’employeur peut y mettre fin quand il le souhaite, moyennant 3 jours (moins d’un mois après l’engagement) ou 7 jours (après ce délai) de préavis. Il s’agit donc d’un travail précaire et l’étudiant·e qui a besoin de cet argent pour vivre peut se retrouver soudain sans revenus si son employeur, pour une raison ou pour une autre, décide de mettre fin au contrat. En cas d’absence de plus de 7 jours pour maladie ou accident, l’employeur peut également mettre fin au contrat en payant une petite indemnité.</p>



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<div class="wp-block-column red-message is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h3 class="wp-block-heading">Quelques chiffres <sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup></h3>



<ul class="wp-block-list">
<li>75% des étudiant·es jobistes travaillent toute l’année.</li>



<li>La moitié le font pour financer des besoins de base (nourriture, logement, frais d’études, etc.).</li>



<li>Un tiers travaillent aussi pendant le blocus</li>



<li>La moitié disent que l’employeur les pousse à travailler pendant les heures de cours.</li>



<li>Au-delà de 650 heures par an, le jobiste devient un ‘étudiant travailleur’, soumis aux mêmes conditions que les autres travailleurs (contrat, cotisations sociales, mutuelle, pension, etc.)</li>
</ul>



<p></p>
</div>
</div>



<p><br>Un·e étudiant·e jobiste peut travailler jusqu’à 650 heures par an, ce qui représente environ un tiers-temps. Sur ses revenus, il paie une cotisation sociale de seulement 2,71%, contre 13,07% pour un travailleur non étudiant. C’est pour cela que les étudiant·es sont considéré·es comme bien payé·es. Le revers de la médaille, c’est que leur contrat ne leur donne pas accès à la mutuelle et n’est pas valorisable pour leur pension ni pour leur carrière future (ancienneté).</p>



<p>Pour l’étudiant·e, un job devrait idéalement être optionnel, donc ne pas être indispensable à l’accomplissement des études. Il ne devrait pas être l’activité principale, au risque de nuire à la réussite des études, voire d’amener à leur abandon, en particulier pour les étudiant·es qui ne peuvent pas bénéficier du soutien financier de leur famille.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conséquences sur le marché et le droit du travail ?</h2>



<p>Jusqu’à la fin 2022, un·e étudiant·e jobiste pouvait prester 475 heures chaque année. Cette limite a été poussée à 600 heures pour 2023 et 2024 et à 650 heures par le nouveau gouvernement. Le job étudiant occupe ainsi une place croissante sur le marché de l’emploi. Pour l’employeur, c’est une main-d’œuvre flexible et bon marché, puisqu’il ne paie que 5,42% de cotisation sociale, au lieu de 25 à 32% pour un travailleur ou une travailleuse ordinaire. De plus, les jeunes qui entrent dans le monde du travail par la porte du job étudiant ne sont pas nécessairement au courant de leurs droits, ils sont contents d’avoir trouvé un job et acceptent plus facilement que le personnel ordinaire des conditions de travail difficiles, voire illégales&nbsp;: ils savent leur contrat précaire et ne veulent pas prendre le risque de se faire remercier.</p>



<p>Le travail étudiant représente plus de 2% de l’ensemble des heures du travail salarié. Il fait désormais partie du modèle d’affaire de beaucoup de commerces et d’établissements du secteur HORECA. Peu à peu, la fonction du job étudiant évolue : de coup de pouce saisonnier, il en vient à remplacer les emplois classiques. Selon Benjamin Moest, de la CSC – Secteur Horeca, on va vers le modèle américain : beaucoup de jeunes, des retraités qui complètent leurs revenus via un flexi-job<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup> et quelques travailleurs sous contrat classique. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Affaiblissement des syndicats</h2>



<p>L’augmentation des contrats précaires est particulièrement marquée dans les commerces franchisés, comme l’ont été récemment tous les supermarchés Delhaize. Avec pour conséquence une pression accrue sur les droits des travailleurs&nbsp;: quand il y a peu de travailleurs et travailleuses fixes et beaucoup d’étudiant·es, estime Myriam Delmée de la FGTB (secteur commerce), on observe un affaiblissement des syndicats, puisque les étudiant·es, sous contrat d’un an au maximum, ne se syndiquent pas. <strong>De plus, les étudiant·es peuvent être utilisé·es pour casser un mouvement de grève&nbsp;:</strong> <strong><em>«&nbsp;vous ne travaillez pas&nbsp;? Peu importe, des étudiant·es vous remplacent et la grève ne m’affecte pas&nbsp;».</em></strong> Selon la syndicaliste, il y avait chez Delhaize, avant la mise sous franchise, 12,5% de précarité autorisée, c’est-à-dire de contrats étudiants, intérimaires, stages et contrats à durée déterminée. Le syndicat revendique le maintien de ce pourcentage, alors que les gérants de franchises ont beaucoup plus de liberté dans le choix du statut de leur personnel.</p>



<p>Du côté du secteur Horeca, Benjamin Moest constate qu’il n’y pas de remplacement du travail fixe par des jobs étudiants&nbsp;: durant le confinement, une partie des travailleurs et travailleuses ont profité des mois de chômage pour raison exceptionnelle pour chercher et trouver un autre emploi. <em>«&nbsp;Sans les étudiants, les travailleurs fixes ne s’en sortiraient plus&nbsp;»</em>, constate Benjamin Moest. «&nbsp;<em>Ils sont donc bien vus par les travailleurs&nbsp;», </em>car le secteur est en pénurie à cause des conditions de travail, de l’atteinte à la qualité de vie (travail en soirée et le week-end), conditions sur lesquelles les employeurs ne sont pas prêts à céder, estime le syndicaliste. Les travailleurs peuvent négocier les conditions de travail vu la pénurie.</p>



<p>Pour les travailleurs et travailleuses fixes, la normalisation du travail étudiant a des conséquences&nbsp;: outre l’affaiblissement des syndicats évoqué plus haut, certain·es constatent que les étudiant·es ont des salaires plus élevés que les leurs, vu les cotisations sociales très réduites dont bénéficient les jobs étudiants. En outre, cette normalisation des&nbsp;travailleurs et travailleuses «de passage&nbsp;» provoque une déprofessionnalisation du secteur concerné&nbsp;: engager des personnes peu qualifiées pour qu’elles évoluent au fil des ans vers des postes à responsabilités devient plus rare qu’auparavant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion</h2>



<p>Il semble bien fini le temps où la majorité des étudiant·es se consacraient uniquement à leurs études et à leurs loisirs, avec éventuellement un job durant l’été.</p>



<p>La promotion et la facilitation du travail étudiant par les gouvernements successifs, et singulièrement par «&nbsp;l’Arizona&nbsp;», semble au premier abord une opération «&nbsp;gagnant-gagnant&nbsp;»&nbsp;: les étudiant·es y acquièrent, outre un revenu, des compétences et des expériences qui leur faciliteront l’accès à l’emploi. Les employeurs y trouvent des emplois bon marché et flexibles, avec des cotisations sociales très basses, et des travailleurs et travailleuses dans les secteurs en pénurie comme l’Horeca.</p>



<p><strong>On peut cependant se demander s’il ne s’agit pas, dans le chef de nos responsables politiques, d’une manière « douce » de flexibiliser davantage le monde du travail et d’ainsi faciliter l’effritement des droits sociaux et la capacité de résistance des syndicats. Une hypothèse qui ne semble pas irréaliste au vu de la « droitisation » généralisée de nos démocraties, notamment illustrée chez nous par les propos dénigrants et récurrents, ces derniers mois, du président du Mouvement réformateur à l’égard des contre-pouvoirs et en particulier des syndicats</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup><strong>.</strong></p>



<p><em>Cette analyse a été rédigée sur base sur les deux journées thématiques organisées par INES, Les précarités étudiantes, colloque organisé par le thinktank INES (Inclusion, égalité, solidarité), à Bruxelles les 28 et 29 novembre 2024.</em></p>



<p></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://inesthinktank.be/deux-indicateurs-associes-a-la-precarite-des-jeunes-aux-etudes/">inesthinktank.be/deux-indicateurs-associes-a-la-precarite-des-jeunes-aux-etudes</a></div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ibidem.</div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Source :<a href="https://rodriguedemeuse.be/wp-content/uploads/2021/01/Conditions-de-vie-%C3%A9tudiante-%C3%A9tude-Marcourt-20190418.pdf"> Etude sur les conditions de vie des étudiants de l’enseignement supérieur de la Fédération Wallonie-Bruxelles</a>, BDO, Sonecom, FWB, 2019. </div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Hôtels, restaurants, cafés.</div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://inesthinktank.be/deux-indicateurs-associes-a-la-precarite-des-jeunes-aux-etudes/">Deux indicateurs associés à la précarité des jeunes aux études : le nombre de bénéficiaires d’un PIISE et le nombre de jobistes</a>, Policy Brief, Philippe Defeyt, INES (Inclusion, égalité, solidarité), août 2024.</div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Un contrat flexi-job est « un contrat par lequel un travailleur s&rsquo;engage à effectuer un emploi complémentaire pour un employeur à condition que ce travailleur soit déjà occupé chez un ou plusieurs autres employeurs à raison de 4/5ème d&rsquo;un temps plein ». Voir site du SPF Emploi, Travail et Concertation sociale : <a href="https://emploi.belgique.be/fr">emploi.belgique.be</a>)</div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.7sur7.be/belgique/la-fgtb-et-la-csc-refusent-de-debattre-avec-bouchez-la-reponse-cinglante-du-president-du-mr~a1191621/">La FGTB et la CSC refusent de débattre avec Bouchez : la réponse cinglante du président du MR, 7sur7.be,13 février 2025</a>. Au sujet de la volonté d’affaiblissement des syndicats, lire aussi notre analyse <a href="https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2024-07/">Syndicats &#8211; La personnalité juridique, une atteinte au droit de grève ?</a> </div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Charleroi d’hier, d’aujourd’hui et de demain</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/events/event/charleroi-dhier-daujourdhui-et-de-demain/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Dec 2024 12:21:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Débat]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=event&#038;p=38808</guid>

					<description><![CDATA[L’économie sociale : une alternative au capitalisme ? Matinée d’échanges et de découvertes]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’équipe organisatrice du Carolo Bus Tour a souhaité donner suites à <a href="https://vivre-ensemble.be/events/event/carolo-bus-tour/">la journée du 15 septembre</a> afin de continuer à échanger sur le Charleroi d’hier, d’aujourd’hui et de demain. C’est pourquoi nous vous invitons à <strong>venir découvrir plus en profondeur le site de Monceau-Fontaine </strong>et son exemple de reconversion en<strong> site associatif</strong> dédié à l&rsquo;économie sociale. Ensuite, nous organiserons <strong>une rencontre/échange avec le SAW-B</strong> (Solidarité des alternatives d’économie sociale wallonnes et bruxelloises) lors de laquelle nous nous demanderons si l’économie sociale peut être une alternative au capitalisme.</p>
<p><strong>PAF :</strong> 6 € pour le repas (sandwich) &#8211; <strong>Apporter le compte juste sur place</strong></p>
<p><strong>Inscription obligatoire</strong> pour le <strong>14.01.2025 :</strong> <u><a href="mailto:renato.pinto@cefoc.be">renato.pinto@cefoc.be</a></u> ou 0488 44 63 78 (places limitées à 30pers)</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Solidarités Virton</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/solidarites-virton/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Quentin Minsier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jul 2024 12:24:46 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=association&#038;p=38071</guid>

					<description><![CDATA[Solidarités-Virton a pour objectif principal de venir en aide au public précarisé de la région de Virton tant au point psychologique que matériel.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Solidarités-Virton a pour objectif principal de venir en aide au public précarisé de la région de Virton tant au point psychologique que matériel. Pour ce faire, l’Asbl déploie différents volets d’action.</p>



<p>Elle récupère meubles, appareils électro-ménagers, vaisselle, bibelots, décorations, livres, DVD et CD, matériel de puériculture, linge de maison, … pour les remettre en vente après entretien éventuel et à tout petit prix, dans 5 grandes salles réparties sur plusieurs étages.</p>



<p>Elle distribue aussi, une fois par semaine, des colis de nourriture à une vingtaine de familles, en collaboration avec certains commerces (dons complétés par des achats).</p>



<p>Une fois par mois, elle organise également un Repair-café.</p>



<p>Solidarités Virton prévoit, enfin, la remise en état d’une salle polyvalente pour y organiser de l’accueil, des rencontres, des animations et des formations en lien avec les associations de la région.</p>



<p>L’association s’adresse un public très large qui comprend les donateurs/ices, les acheteurs/euses, les bénéficiaires des colis de nourriture, le public dans la très grande précarité qu’elle aide au niveau équipement mais aussi tous les volontaires qui œuvrent chaque jour à la réussite du projet, dont une grande partie en sont aussi les bénéficiaires. Ces derniers/ères peuvent, grâce à leur participation à l’action de l’association, retrouver du sens, recréer un réseau social et, pour certain.e.s, envisager une ré-insertion professionnelle dans la société.</p>



<p>Solidarités-Virton compte près de 40 bénévoles et est en contact régulier avec 100 à 150 personnes chaque semaine.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Syndicats &#8211; La personnalité juridique, une atteinte au droit de grève ?</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2024-07/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 May 2024 13:28:10 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=publication&#038;p=37994</guid>

					<description><![CDATA[En vue des élections de juin 2024, Action Vivre Ensemble a examiné les programmes des principaux partis politiques à propos de plusieurs thématiques.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="ligne-gauche-normal">En vue des élections régionales et fédérales de juin 2024, Action Vivre Ensemble a examiné les programmes des principaux partis politiques à propos de plusieurs thématiques. Parmi elles, la criminalisation des mouvements sociaux en général et, chez nous, la tendance à limiter le droit de grève. La volonté de certains partis d’attribuer aux syndicats la personnalité juridique relève de cette tendance. Or, le droit de grève et, plus globalement, la vitalité des mouvements sociaux sont essentiels dans une société qui se veut démocratique et dans la lutte contre les inégalités sociales.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La personnalité juridique sous la loupe</h2>



<p>L’une des mesures promues par le MR et les Engagé·es pour un futur gouvernement serait d’attribuer la personnalité juridique aux syndicats :</p>



<p>Pour <strong>Les Engagé·es</strong>, “<em>Les corps intermédiaires — syndicats, associations, mutuelles… — se doivent de rapprocher politiques et citoyens. Ils connaissent le vécu de ceux qu’ils côtoient individuellement tout en étant porteurs d’intérêts collectifs. Nous pensons qu’ils sont des relais légitimes de la population et des interlocuteurs privilégiés des autorités publiques et à ce double titre, nous les défendons. Pour qu’ils puissent jouer efficacement leur rôle, il est essentiel qu’ils dépassent leurs enjeux corporatistes et le rapport de force. Il est également essentiel que leur fonctionnement soit aussi transparent que possible et que chacun assume ses actes. Nous voulons donner une personnalité juridique aux corps intermédiaires lorsque ce n’est pas encore le cas</em>”<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>Qu’entend-on par “<strong>personnalité juridique</strong>” ? Une personne physique ou, dans le cas des syndicats, une personne morale est dotée de la personnalité si elle peut être tenue responsables de ses actes devant la Justice.</em></p>
</blockquote>



<p>Quant au <strong>MR</strong>, il “<em>estime qu’il est grand temps que les organisations syndicales soient tenues d’adopter la personnalité juridique, afin qu’elles puissent comme tout autre sujet de droit être tenues responsables de leurs actions. Rien ne justifie que cet acteur majeur de la concertation sociale dans notre pays, qui bénéficie par ailleurs de privilèges et pouvoirs fort importants, puisse encore continuer à se soustraire à une réalité qui s’impose à l’ensemble des autres acteurs de la société. En conséquence de l’adoption de cette personnalité juridique, les syndicats devraient également être tenus, comme tous les autres acteurs de la société civile, allant de la plus petite asbl à la plus grande multinationale ou n’importe quel parti politique recevant des financements publics depuis la loi de 1989, à établir et publier des comptes complets reprenant l’ensemble de leurs actifs et passifs, de même que de l’ensemble de leurs revenus et charges, en Belgique et à l’étranger</em>”[2]Page 69 du programme du MR disponible ici : https://www.mr.be/programme2024/[/note].</p>



<p>Avant d’en venir à la question de la responsabilité juridique, soulignons l’ironie apparente de la demande des Engagé·es aux syndicats de “dépasser le rapport de forces”. N’est-ce pas justement leur rôle, d’établir un rapport de forces pour faire valoir les droits des travailleurs et travailleuses&nbsp;? Nous savons que les intérêts qui dominent l’économie sont ceux des détenteurs des moyens de production que sont les capitaux technique et financier. Sans rapport de forces et sans droit de grève, les intérêts des travailleurs et travailleuses ont peu de chances d’être pris en compte quand ils sont mis en balance avec l’accroissement des bénéfices et les revenus des actionnaires. Sans compter le “syndicat des riches” que sont les lobbies qui pullulent autour des décideurs politiques.</p>



<p>Le MR et Les Engagé·es se font ainsi le relais d’une demande de la Fédération des Entreprises de Belgique, la FEB. Cette demande a notamment été réaffirmée en mai 2022, lors de la présentation du plan “Horizon 2030” de la FEB. Cette même demande est formulée, côté néerlandophone, par la NVA.</p>



<p>En Belgique, ni les syndicats, ni les partis politiques ne sont dotés de la responsabilité juridique. Ce sont des associations de fait. Le MR a donc tort d’affirmer que seuls les syndicats échappent à cette responsabilisation. Ce sont les asbl liées à ces institutions qui assument une responsabilité juridique.</p>



<p>L’explication de ces deux exceptions se trouve dans l’histoire de leur création.</p>



<p>« <em>Quand les syndicats et les partis sont nés, ils se vivaient comme en dehors des institutions de l’État. C’étaient des organisations qui visaient à combattre le pouvoir, à l’influencer, voire à le prendre, mais il était hors de question de laisser l’État pouvoir avoir un contrôle dessus, il y avait une grande méfiance vis-à-vis du pouvoir institutionnel</em>« , explique Jean-Benoît Pilet, professeur à l’ULB, sur le site de la RTBF<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un affaiblissement de l’action syndicale</h2>



<p>La personnalité juridique implique que l’entité doit rendre publiques sa comptabilité, ses réserves financières, etc. Ces réserves financières, précisément, servent à soutenir les grévistes en compensant leur perte de salaire. C&rsquo;est donc leur capacité à tenir une grève sur une plus ou moins longue durée qui serait révélée s’ils devaient en rendre compte aux autorités, ce qui les déforcerait dans le bras de fer que constitue une grève.</p>



<p><strong>Leur attribuer une personnalité juridique reviendrait donc à affaiblir l’action syndicale. C’est évidemment l’intention de la FEB et des partis du centre-droit et de droite.</strong></p>



<p>Cette demande constitue un signal de plus dans un contexte général, dans le monde comme en Europe, où la contestation sociale est de moins en moins tolérée et de plus en plus réprimée. Le projet de loi “Van Quickenborne” ou “anti-casseurs” allait dans le même sens d’un affaiblissement et d’une culpabilisation de la société civile et des militants : associer, dans les esprits et dans les textes, syndicats/manifestants et casseurs<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>. Alors que la législation actuelle fournissait déjà tous les outils nécessaires pour sanctionner les délits évoqués. Preuve en est : Thierry Bodson, président de la FGTB, a été traduit en justice à la suite du blocage du pont de Cheratte, le 14 octobre 2015, au cours d’une grève. On lui reprochait “l’entrave méchante à la circulation”. Il a été condamné en première instance et le jugement a été confirmé en appel, puis en cassation en avril 2022. L’affaire est à présent entre les mains des juges de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH).</p>



<p>La demande, venue de la droite de l’échiquier politique, est donc moins innocente qu’il y paraît.  <strong>Elle vise à déforcer la contestation syndicale</strong>, accusée d’entraver la compétitivité des entreprises et le dynamisme économique du pays. Or, des syndicats forts sont un bon rempart contre l’aggravation des inégalités sociales.  Car, comme le dit Christian Valenduc<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>, “<em>les études ont montré que la baisse du taux de syndicalisation était un des facteurs explicatifs de la hausse des inégalités. Si la théorie du ruissellement n’a pas fonctionné, c’est donc parce qu’en aval, il n’y avait pas d’institutions pour organiser le partage de la valeur dans un sens qui profite à toutes les classes sociales. Ou bien parce que ces institutions, si elles existaient, ont été démantelées par décision politique au motif que cela freinait le dynamisme économique et qu’il fallait, comme disaient le président américain Ronald Reagan et la Première ministre britannique Margaret Thatcher, supprimer le salaire minimum, briser les syndicats, limiter strictement les allocations de chômage… Mais quand on met en œuvre ces politiques, on voit exploser le nombre de travailleurs pauvres</em>”<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>.</p>



<p>Si la Belgique a relativement bien résisté aux deux récentes crises (Covid et guerre en Ukraine), elle le doit à des dispositifs comme l’indexation automatique des salaires ou la concertation sociale, fruits de la place importante occupée dans notre pays par les corps intermédiaires, dont les syndicats.</p>



<p>Dans le cas de la Loi Van Quickenborne comme dans celui de la demande d’attribuer la personnalité juridique aux syndicats, on voit que, dans la situation actuelle, les auteurs de délits peuvent être traduits en justice. Comment ne pas <a>voir</a>, alors, dans ce projet de loi et dans la demande émanant notamment du MR, une volonté d’affaiblir la contestation sociale ? Une contestation qui s’intensifie ces dernières années, face au creusement des inégalités entre une minorité de plus en plus riche et une majorité qui se précarise et ne se sent pas suffisamment prise en compte par ses représentant·es élu·es ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">En guise de conclusion</h2>



<p>Les investisseurs ont besoin d’une stabilité politique, économique et sociale pour mener à bien leurs affaires. De trop fortes inégalités et l’agitation sociale qu’elles engendrent ne leur sont donc pas favorables. Dans la course folle à la compétitivité et à la croissance économique, faute de s’attaquer aux inégalités, les gouvernants tentent de contenir la contestation, de la réprimer par la Loi, quand ce n’est pas par la matraque. Une stratégie, on l’a vu ci-dessus, contreproductive, puisque des corps intérmédiaires forts limitent les inégalités sources d’agitation sociale.</p>



<p><strong>Plus que jamais, la liberté de s’exprimer et de manifester doit donc être préservée, et désamorcées les tentatives de l’entraver. Il en va non seulement de la liberté, mais aussi de la réduction des inégalités et même de la stabilité de notre économie et de notre démocratie.</strong> Car, sous une pression trop forte, le couvercle de la marmite sociale finit toujours pas exploser. &nbsp;</p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;https://www.lesengages.be/wp-content/uploads/2024/02/lesengages_programme2024_complet_2_v2.pdf p.286</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;https://www.rtbf.be/article/pourquoi-les-syndicats-et-les-partis-n-ont-pas-de-personnalite-juridique-9123037</div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir les deux analyses d’EF à ce sujet, Au Brésil et en Europe, les mouvements sociaux face aux violences (https://entraide.be/publication/analyse2023-09/) et Criminalisation des mouvements sociaux : suite et (pas) fin ? (https://entraide.be/publication/analyse2024-02/)</div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Économiste, notamment ancien Secrétaire du Conseil supérieur des Finances.</div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Christian Valenduc, Lesoir.be, 19/1/2024. https://www.lesoir.be/562601/article/2024-01-19/christian-valenduc-un-appel-motive-par-la-peur-de-la-revolution</div>]]></content:encoded>
					
		
		
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