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	<title>Transition &#8211; Action Vivre Ensemble</title>
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	<description>Soutenir les associations, sensibiliser et agir</description>
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		<title>La mobilité. L’angle mort de la précarité</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-10/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Sep 2025 11:23:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Le manque de mobilité représente un véritable obstacle à l’exercice de nos droits les plus fondamentaux, tant se déplacer est [&#8230;]]]></description>
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<p class="titre-trois">Le manque de mobilité représente un véritable obstacle à l’exercice de nos droits les plus fondamentaux, tant se déplacer est essentiel dans nos sociétés. Les plus précarisés d’entre nous subissent à la fois inégalité géographique et inégalité environnementale. Comment penser une mobilité qui soit un outil à la fois de justice sociale et de durabilité environnementale ?</p>



<p>Vélos et voitures électriques et/ou partagées, pistes et autoroutes cyclables… Les initiatives en faveur d’une mobilité moins gourmande en ressources fossiles ne manquent pas ces dernières années dans le cadre de la transition énergétique. Mais ne sont-elles pas des phénomènes principalement urbains, qui concernent surtout une classe moyenne à capital culturel élevé&nbsp;? Et, surtout, ne font-elles pas oublier les efforts nécessaires en matière de transports publics collectifs accessibles à toutes les bourses et à tous les publics&nbsp;?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mobilité et non-recours aux droits</h2>



<p>La mobilité est un élément transversal dans les questions de lutte contre la pauvreté. On la retrouve effectivement partout puisqu’elle représente un «&nbsp;<em>maillon indispensable dans l’exercice des droits fondamentaux&nbsp;</em>»<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup> tels que le droit au logement, à la santé, à l’emploi ou encore à l’éducation. Comment se rendre chez le médecin si l’on habite dans un village reculé où il y a très peu de transports en commun&nbsp;? Ou lorsqu’on a trouvé un travail mais que, faute de posséder une voiture ou de disposer de transports en commun adéquats, l’on doive y renoncer&nbsp;?</p>



<p>Christine Mahy, secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté (RWLP), lance un avertissement : <strong>la non-mobilité aggrave le non-recours aux droits</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>. L’évolution de la société fait que «&nbsp;<em>les besoins en mobilité des individus se multiplient et se complexifient. Les individus voient aujourd’hui leurs pôles d’intérêts et leurs lieux d’activités se multiplier et souvent se disséminer sur le territoire</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>. Le maillage actuel des réseaux TEC et SNCB est loin d’être optimal&nbsp;: trajets raccourcis, trains supprimés, coûts prohibitifs, etc. Ces divers obstacles ont des conséquences désastreuses pour les personnes en situation de précarité, notamment l’isolement social, comme beaucoup ne peuvent plus se déplacer. &nbsp;Ainsi, absents de l’espace public, ils sont invisibilisés et leurs besoins ne sont pas être pris en compte dans les politiques de mobilité. Pourtant, ils et elles sont bien là. <strong>Le manque d’accès à la mobilité complexifie donc grandement des situations de précarité, voire constitue même parfois l’élément déterminant qui fait basculer dans la pauvreté.</strong></p>



<p>L’obstruction à ces divers droits vient notamment des choix politiques posés dans l’aménagement du territoire. Le logement se révèle souvent moins cher en zone rurale ou périurbaine ; or, c’est généralement là qu’il y a le moins de transports en commun et de services de proximité. Combien de villages ne sont pas desservis le week-end ? Il y aurait lieu à repenser sérieusement l’aménagement du territoire, notamment en revitalisant les villages. En Wallonie, la plupart sont devenus des villages-dortoirs où la voiture règne en maître, faute d’une offre suffisante de transports en commun. Dans ces villages, les commerces de proximité ont presque tous disparu, ceux-là même qui permettaient, en plus de fournir des denrées de base, de créer et d’entretenir du lien social. &nbsp;<em>«&nbsp;En région rurale, beaucoup de personnes doivent prendre plusieurs [modes de] transports en commun différents lorsqu’ils vont travailler ou lorsqu’ils veulent visiter leurs enfants placés et cela prend un temps fou et une énergie folle. Ils n’ont souvent que leurs pieds pour se déplacer&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup></em>. Cette raréfaction des transports en commun en zone rurale participe d’un cercle vicieux <em>: «&nbsp;Le service se détériore en raison d’un manque de moyens, le nombre de clients diminue et par conséquent, les moyens sont supprimés&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup></em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mobilité et effet Matthieu</h2>



<p>L’effet Matthieu<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup> est un principe qui «&nbsp;<em>traduit le fait qu’en vertu d’une&nbsp;série de mécanismes,&nbsp;les politiques sociales profitent davantage aux riches qu’aux pauvres qui, proportionnellement, y contribuent davantage</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>. Plus concrètement, les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres. En matière de mobilité, l’effet Matthieu est particulièrement tenace sur deux des moyens de transport les plus connus&nbsp;: le vélo et la voiture.</p>



<p><strong>Le vélo</strong>. Le développement d’un réseau cyclable est largement utilisé par les personnes issues de la classe moyenne supérieure qui a fait de la pratique cycliste un véritable marqueur social. On aurait tort de sous-estimer la dimension culturelle du vélo tant il est devenu le moyen de transport plébiscité par une majorité de gens aisés et engagés. Parallèlement, la voiture reste une preuve de réussite sociale fortement ancrée dans les milieux plus populaires (mais pas seulement…). Le vélo, s’il représente une solution durable et, à première vue, bon marché, n’est pas aussi accessible qu’il y paraît.</p>



<p>Tout d’abord, en zone rurale, la pratique cycliste peut se révéler dangereuse, surtout en Wallonie où le manque de pistes ou d’aménagements cyclables est régulièrement dénoncé. Cette tendance se confirme par les chiffres puisque le vélo ne représente qu’1,6% de la part modale des déplacements en Wallonie pour 17% à Bruxelles<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup>. Ensuite, en zone urbaine, où les aménagements cyclables sont bien plus nombreux, le vélo reste inaccessible à beaucoup pour des raisons financières. Parmi eux, les familles précarisées. En effet, le développement et la prolifération des vélos cargos électriques<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup> sont trop chers pour des ménages en situation de précarité. Pour un vélo de ce type, il faut compter entre trois et cinq mille euros, sans compter l’assurance et les entretiens. Une sacrée somme… Sans commune mesure avec le coût et l’entretien d’une voiture cela dit.</p>



<p>De plus en plus de villes proposent des incitants à la pratique du vélo. Pour exemple, la Ville de Liège a mis en place le système <em>Vélocité<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup></em> qui permet la location d’un vélo (pour des périodes variant de 3 à 12 mois). Dans le cas d’un vélo musculaire, donc non électrique, l’abonnement annuel est de 80€ et comprend l’entretien et les réparations éventuelles. Lorsqu’on sait qu’un entretien coûte<em> grosso modo</em> une septantaine d’euros, l’offre est avantageuse et inclusive. Ce genre d’initiatives va dans le bon sens et est révélatrice de la volonté d’une politique cyclable inclusive.</p>



<p>Pour autant, la <strong>voiture</strong> reste le moyen privilégié pour se déplacer. Quasiment indétrônable, elle est pourtant la source de nombreuses nuisances (bruit, pollution, odeur, etc.). La piétonisation des villes, et <em>ipso facto</em> la diminution progressive de la voiture, représente donc un véritable enjeu écologique. Cependant, si elle correspond aux objectifs de développement durable, «&nbsp;<em>les mesures interdisant ou limitant un mode de transport polluant ne peuvent être prises sans renforcer dans le même temps des solutions de transport accessibles à tous</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup>. Car lorsque ce n’est pas le cas, cela a «&nbsp;<em>un impact disproportionné sur les personnes en situation de pauvreté par rapport aux autres citoyens</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup>. L’économiste Thomas Piketty le rappelle : «&nbsp;<em>Toutes les transformations importantes, qu’elles soient politiques, institutionnelles ou sociales, depuis deux siècles, se sont faites avec une réduction des inégalités et une forme de marche vers l’égalité. Le changement climatique, grand défi du siècle, n’échappera pas à cette règle pour une raison simple&nbsp;: <strong>dès que vous faites des transformations majeures, vous avez des conséquences sur la répartition des efforts. Et la seule façon de pouvoir réaliser ces transformations, c’est de le faire d’une façon juste</strong></em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup>, c’est-à-dire en ne laissant personne de côté.</p>



<p>Selon l’étude <em>Mobwal<sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup></em>, les ménages qui ne possèdent pas de voiture sont les plus vulnérables et les plus fragiles et représentent principalement des personnes isolées ou des familles monoparentales. L’achat d’une voiture est la boîte de Pandore en matière de frais&nbsp;: l’achat tout d’abord, suivi par l’assurance, le carburant, les frais de parking éventuels, les entretiens et réparations mais aussi, bien en amont, le financement d’un permis de conduire. Au 1<sup>er</sup> janvier 2025 en Wallonie, il faut compter 58€ pour passer les permis théorique et pratique. Cela n’inclut évidemment pas d’éventuelles leçons de conduite qui peuvent s’élever à plusieurs centaines d’euros. Or, les personnes vivant une situation de précarité sont souvent isolées et ne peuvent compter ni sur l’aide d’un proche ni sur une voiture pour l’apprentissage.</p>



<p><strong>Le partage de voitures</strong>, type <em>Cambio</em>, contredit le modèle largement admis de la voiture individuelle : «&nbsp;<em>Le ‘tout automobile’ consiste donc à accorder la priorité à la voiture sur tous les autres modes de déplacement en toutes circonstances. Les autres modes ont le droit d’exister et même de se développer, à condition toutefois de ne pas entraver ou très peu l’usage de l’automobile (&#8230;) ou de ne pas freiner son développement exponentiel</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup>. Le système des voitures partagées permet de diminuer efficacement le nombre de voitures, en ville du moins. Cependant, cela ne concerne à nouveau que des personnes issues de la classe moyenne. Si un abonnement<sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup> ne coûte que 8 € par mois, il faut compter des frais d’activation de 35 € ainsi qu’une participation financière, qui joue notamment un rôle de caution, de 500 €<sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup> (ces deux derniers frais ne sont payés qu’une fois). Ainsi, avant même d’avoir roulé un seul kilomètre, l’on doit déjà débourser 543 €… Somme difficile à dégager pour une personne ou un ménage en situation de précarité. De plus, les stations où retirer les voitures partagées sont situées en grande majorité en milieu urbain. Il faudrait investir les zones plus reculées, en périphérie, en banlieue et dans les quartiers populaires.</p>



<p>Dans un monde en pleine crise climatique et au sein de nos sociétés où la voiture règne en maître, le modèle des voitures partagées doit se développer, notamment via une politique engagée dans la durabilité qui encouragerait le citoyen à utiliser ce système sous la forme de prime&#8230; À l’image de ce que propose le TEC&nbsp;: en cas de radiation d’une plaque d’immatriculation, un abonnement gratuit de 3 ans vous est fourni ainsi que des prix réduits lors d’abonnement àCambio.</p>



<p>Parfaite illustration d’une transition juste, l’impression que ce genre de bonnes idées reste en marge des pratiques politiques persiste pourtant. En effet, selon l’Institut fédéral pour le Développement durable (IFDD), de plus en plus de Belges font face à des problèmes de mobilité liés à leur situation de précarité<sup class="modern-footnotes-footnote ">18</sup>. Ce constat mériterait un investissement et un développement plus conséquent de la part de nos pouvoirs publics. À titre d’exemple, la communication sur l’opportunité d’un abonnement TEC gratuit lors d’une radiation de plaque est presque inexistante…</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’exemple de Montpellier</h2>



<p>Une des solutions pour améliorer la mobilité pour toutes et tous reste la gratuité complète des transports en commun. Beaucoup d’acteurs de terrain revendiquent cette solution mais se heurtent à des cris d’orfraie : «&nbsp;<em>Impossible&nbsp;!&nbsp;</em>», «&nbsp;<em>Trop cher&nbsp;!</em>&nbsp;» &#8230; Avec le recul actuel des services publics, imaginer une gratuité complète relève en effet de l’utopie.</p>



<p>Une utopie&nbsp;qui est pourtant devenue réalité à Montpellier, en France. En effet, depuis 2023, Montpellier<sup class="modern-footnotes-footnote ">19</sup> offre la gratuité complète des transports en commun aux habitants et habitantes de la ville. Voulant démontrer qu’un autre modèle est possible et faire de la métropole un exemple de transition juste, c’est-à-dire qui ne laisse personne de côté, le maire, Michaël Delafosse, s’est décidé à adopter la gratuité complète des transports en commun. Le slogan de la mairie, «&nbsp;<em>L’égalité, la liberté, la solidarité, l’écologie, ça n’a pas de prix. Bus et tram gratuits&nbsp;</em>», est explicite sur la nouvelle philosophie adoptée.</p>



<p>«&nbsp;<em>La mise en place de la gratuité des transports en commun, c’est agir pour l’avenir de nos enfants et petits-enfants face aux défis du changement climatique, en rendant accessible à tous une mobilité qui n’émet pas de CO<sub>2</sub>. Faire ce choix de rupture qu’est la gratuité, c’est engager concrètement la transition écologique et solidaire</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">20</sup> explique Michaël Delafosse. En outre, il cite les publics les plus précarisés, bien conscient qu’il s’agit là des plus affectés par le manque de mobilité, «&nbsp;<em>Une mesure solidaire pour nos aînés qui vivent avec de petites pensions, une mesure pour être aux côtés des femmes seules avec enfants, une mesure pour les jeunes afin qu’ils vivent pleinement leur ville</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">21</sup>.</p>



<p>Mais comment Montpellier a-t-elle réussi ce que nos élus clament impossible&nbsp;? En supprimant deux tiers des distributeurs de tickets grâce au ‘<em>versement mobilité’</em>. Ce versement est un impôt payé par les entreprises<sup class="modern-footnotes-footnote ">22</sup> consacré au financement des transports en commun. Et c’est bien là que réside la différence avec la Belgique car chez nous, cet impôt n’existe pas. On évalue à 100 millions d’euros par an le coût de la gratuité du réseau TEC en Wallonie, somme faramineuse qui devrait être compensée par un impôt aux citoyen·es<sup class="modern-footnotes-footnote ">23</sup>, du moins en l’absence d’une autre solution&#8230; Deux villes belges se sont essayées à la gratuité, Hasselt et Mons ; mais l’une comme l’autre ont dû revenir à l’ancien modèle payant. Dans le cas de Mons, il s’est avéré que l’usage de la voiture n’a pas diminué et que cela coûtait, globalement, trop cher<sup class="modern-footnotes-footnote ">24</sup>. Si l’on doit prendre exemple sur nos voisins, il faut savoir que dans le cas de Montpellier, mais aussi de Dunkerque, où les transports en commun sont également gratuits, cette gratuité s’est accompagnée d’un élargissement du réseau de transports en commun… De quoi motiver et encourager un autre type de mobilité et laisser tomber pour de bon la voiture&nbsp;!</p>



<h2 class="wp-block-heading">‘To leave no one behind’</h2>



<p>Cette phrase, présente dans l’agenda 2030 des Nations unies, se traduit par&nbsp;«&nbsp;<em>ne laisser personne de côté</em>&nbsp;». Il s’agit également d’une des recommandations d’ATD Quart Monde dans le contexte d’une transition juste. Comment se préoccuper de questions environnementales lorsque chaque jour est une lutte pour vivre dignement&nbsp;?</p>



<p>Parmi les recommandations pour une transition juste du Service de lutte contre la pauvreté figure «&nbsp;<em>Garantir l’accès à la mobilité pour tous</em>&nbsp;». Au sein de cette recommandation, quatre directives nous paraissent essentielles pour atteindre nos objectifs de développement durable tout en «&nbsp;<em>ne laissant personne de côté</em>&nbsp;»&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Renforcer l’offre</strong> de transports publics.</li>



<li><strong>Prendre en compte la fracture numérique </strong>au sein des initiatives de mobilité, globalement numériques. En outre, à côté de la fracture numérique (achat des tickets via smartphone ou en ligne) qui affecte ceux qui ne sont pas outillés, il ne faut pas oublier la déshumanisation du service dans les gares ou aux arrêts avec le remplacement du personnel par des machines et billetteries automatiques.</li>



<li><strong>Développer un cadre politique favorable au partage</strong> de voitures et d’autres moyens de transports.</li>



<li><strong>Soutenir les personnes défavorisées dans l’achat et l’utilisation de vélos</strong> (notamment son apprentissage) et développer les facilités de stockage de vélos.<sup class="modern-footnotes-footnote ">25</sup></li>
</ul>



<p>La pauvreté est multidimensionnelle et, nous l’avons vu, il existe un tas de raisons pour que le vélo ou la voiture ne soient pas des options réalistes pour les personnes vivant dans la précarité.</p>



<p>«&nbsp;<em>La mobilité a toujours été un problème, mais elle l’est encore plus aujourd’hui<strong>. Des efforts considérables sont déployés pour électrifier les voitures, mais l’avenir de la mobilité ne réside pas dans de simples solutions individuelles, mais aussi dans des solutions collectives&nbsp;: des transports publics accessibles.</strong> Il y a beaucoup d’investissements dans les autoroutes cyclables et les pistes cyclables&nbsp;: c’est chouette, c’est bien, mais c’est parce que la classe moyenne le demande, pour utiliser son vélo ou son scooter électrique pour aller partout. Mais ces autoroutes cyclables ne sont pas utilisées par les personnes en situation de pauvreté</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">26</sup>, témoigne une association dans laquelle se rassemblent les personnes en situation de pauvreté.</p>



<p>Enfin<strong>, il faut tirer le signal d’alarme face au détricotage sans précédent des services publics qui n’en garderont bientôt plus que le nom</strong>&nbsp;: «&nbsp;<em>On assiste actuellement à un glissement du public vers le privé en matière de responsabilité de mobilité&nbsp;: de plus en plus, on attend de chaque individu qu’il se déplace par des moyens privés (…). Or, ce glissement de l’infrastructure publique vers les ressources privées, qui va de pair avec la digitalisation des services, augmente les inégalités</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">27</sup>.</p>



<p>Pour une transition juste en matière de mobilité qui ne laisse personne de côté, les efforts doivent être concentrés sur une meilleure accessibilité des transports en commun jusqu’au jour, rêvons un peu, de leur complète gratuité. On l’a vu, cette gratuité est possible&nbsp;: elle pourrait passer par des choix en matière de fiscalité. C’est ce que propose le PTB avec l’élaboration d’une ‘<em>cotisation transport’</em> qui serait payée par les entreprises de plus de 20 employés, correspondant à l’équivalent du ‘<em>versement mobilité’</em> français évoqué précédemment. Un autre moyen de financer la gratuité, serait via un «&nbsp;<em>transfert progressif et partiel des budgets dévolus à la carte essence et au régime des voitures salaires</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">28</sup>, proposition d’Écolo, plus partisan d’une gratuité graduelle et ciblée (partagée par le PS). Elle concernerait d’abord les moins de 25 ans, les plus de 65 ans et les bénéficiaires de l’intervention majorée (BIM)<sup class="modern-footnotes-footnote ">29</sup>.</p>



<p>Gratuité complète ou ciblée des transports en commun, développement des solutions partagées, piétonnisation des villes et élargissement des réseaux et horaires&#8230; Les solutions ne manquent pas pour améliorer la mobilité de manière juste et durable. Il faudra encore s’armer de patience, puisque le MR, siégeant au gouvernement, plaide plutôt pour une gratuité conditionnée, notamment pour les étudiants désireux de poursuivre leurs études ou pour les chercheurs d’emploi en formation<sup class="modern-footnotes-footnote ">30</sup>. Une proposition qui emprunte largement au discours méritocratique du parti et exclurait, si d’application, les plus précarisé·es d’entre nous.</p>



<p>La mobilité est un secteur où la phrase «&nbsp;ne laisser personne derrière&nbsp;» (<em>To leave no one behind</em>) prend tout son sens. Car le manque de transports publics efficaces et accessibles est un frein majeur dans la lutte contre la pauvreté.<strong> Une politique de mobilité globale et cohérente &#8211; avec les investissements que cela suppose – est indispensable pour que la mobilité ne soit pas un obstacle de plus dans la lutte contre la pauvreté. </strong><strong></strong></p>



<p></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Durabilité et pauvreté. Contribution au débat et à l’action politiques, Rapport bisannuel 2018-2019, Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale, p. 67.</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Propos recueillis lors de la table ronde de l’événement Le bus arrive&nbsp;? Ou pas. Une conférence sur la précarité en matière de mobilité organisé par le Conseil fédéral du développement durable (CFDD) à Bruxelles le 19 mai 2025.</div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Durabilité et pauvreté. Contribution au débat et à l’action politiques, Rapport bisannuel 2018-2019, Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale, p. 67.</div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Durabilité et pauvreté. Contribution au débat et à l’action politiques, Rapport bisannuel 2018-2019, Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale, p. 70.</div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ibidem.</div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L’effet Matthieu tire son nom d’une citation de l’Évangile selon Saint Matthieu&amp;nbsp;: «&amp;#8239;Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l&rsquo;abondance, mais à celui qui n&rsquo;a pas on ôtera même ce qu&rsquo;il a&amp;#8239;».</div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L’effet Matthieu ou comment le système social profite davantage aux riches qu’aux pauvres, Courrier International 2023, disponible sur https://www.courrierinternational.com/une/la-une-du-jour-l-effet-matthieu-ou-comment-le-systeme-social-profite-davantage-aux-riches-qu-aux-pauvres</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Durabilité et pauvreté. Contribution au débat et à l’action politiques, Rapport bisannuel 2018-2019, Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale, p. 71.</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;C’est-à-dire avec une large assise à l’arrière pouvant permettre d’installer jusqu’à trois enfants.</div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.liege.be/fr/vivre-a-liege/mobilite/velocite/location-de-velo</div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Op. cit., p. 69.</div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Durabilité et pauvreté. Contribution au débat et à l’action politiques, Rapport bisannuel 2018-2019, Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale, p. 69.</div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Thomas Piketty&amp;nbsp;: «&amp;#8239;Pour réussir la transition climatique, il faut répartir autrement les richesses&amp;#8239;», Le Monde, en ligne le 1er septembre 2025.</div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.iweps.be/projet/mobwal/</div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Et si le problème de la mobilité, c’était les bagnoles, partout et tout le temps, Analyse n°14, ASBL Femmes en milieu rural, 2023, p.3.</div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;De type moyen, qui permet de rouler entre 50 et 300 km par mois.</div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Cette participation financière peut être moindre (150€)&nbsp; mais elle ne concerne que l’abonnement Start dont la limitation mensuelle est de 50 km.</div><div>18&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;«&amp;#8239;Près de 20 % des Belges vivent dans une situation de pauvreté liée à la mobilité et ne peuvent donc pas participer pleinement à la vie quotidienne&amp;#8239;» d’après le rapport Just Transition Scan 2024 cofinancé par l’IFDD (voir https://developpementdurable.be/actualites/les-personnes-vulnerables-sont-les-plus-durement-touchees-par-la-pauvrete-liee-la).</div><div>19&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Montpellier n’est pas la seule ville de France à proposer la gratuité de ses transports en commun, 43 autres villes françaises le font d’après le dernier recensement (2024) de l’Observatoire des villes du transport gratuit (voir http://www.obs-transport-gratuit.fr/les-villes-du-transport-gratuit-163/gratuite-totale-184/).</div><div>20&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.montpellier.fr/action/les-grands-projets/la-gratuite-des-transports-en-commun-ecologie-decisive-et-pouvoir-dachat</div><div>21&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem.</div><div>22&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Cet impôt ne concerne que les entreprises de plus de 10 salariés.</div><div>23&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.rtbf.be/article/transports-en-commun-gratuits-pourquoi-pas-en-belgique-11435673</div><div>24&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem.</div><div>25&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Avis ‘Transition juste et pauvreté, Contribution pour la Conférence pour une transition juste en Belgique, Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale, octobre 2023, p. 34.</div><div>26&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem, p. 20.</div><div>27&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Durabilité et pauvreté. Contribution au débat et à l’action politiques, Rapport bisannuel 2018-2019, Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale, p. 72.</div><div>28&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.lecho.be/guide-elections-2024/questions/mobilite/transports-commun.html</div><div>29&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.lecho.be/guide-elections-2024/questions/mobilite/transports-commun.html</div><div>30&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir Élections 2024: les transports en commun doivent-ils être gratuits&amp;#8239;? L&rsquo;Echo</div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’alimentation locale. Entre disponibilité rurale et consommation urbaine </title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-03/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[romain stagiaire 2025]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 May 2025 13:31:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[« C’est à la campagne qu’on produit le plus d’alimentation locale ! » mais « C’est en ville qu’il y a le plus de consommateurs !».]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">« <em>C’est à la campagne qu’on produit le plus d’alimentation locale !</em> » mais « <em>C’est en ville qu’il y a le plus de consommateurs !»</em>. Ces deux réflexions mettent en lumière les questionnements sur la disparité entre zones urbaines et zones rurales en ce qui concerne l’accessibilité à l’alimentation locale et durable, ce sur quoi cette analyse va tenter de mettre un peu de lumière.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Bien manger, une route semée d’obstacles</h2>



<p>On entend souvent dire qu’il est important de se nourrir correctement non seulement pour soi, mais également pour l’environnement qui nous entoure et pour la préservation de notre planète. Consommer des produits locaux et de saison permet de réduire notre impact environnemental en évitant notamment les coûts liés au transport, mais aussi en évitant les déchets liés aux emballages, le gaspillage lié aux invendus des grandes surfaces, etc. Cela permet également d’avoir un impact économique positif car en privilégiant le local, on réduit le nombre d’intermédiaires entre le consommateur et le producteur, permettant ainsi une rémunération plus juste pour ce dernier<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>.</p>



<p>S’il s’agit là d’un engagement remarquable et souhaitable pour l’ensemble de la population, il reste néanmoins complexe et ce, pour différentes raisons. En effet, aux prémices de cette démarche de mieux consommer, il y a tout d’abord une phase de «&nbsp;conscientisation&nbsp;», c’est-à-dire avoir conscience de l’importance de se nourrir localement et de saison. Cela passe notamment par de l’éducation, par des campagnes de communication ou encore un meilleur étiquetage qu’il reste à mieux développer.</p>



<p>Ensuite, il y a la question économique, liée à la croyance que ‘<em>manger de bons produits est forcément plus cher</em>’ qui a la peau dure<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>. Si les produits bio restent souvent plus chers que leurs équivalents conventionnels, cette différence de prix diminue considérablement lorsqu’on consomme en circuit court et de saison.</p>



<p>Enfin, un autre obstacle qui entrave le chemin menant à une alimentation locale et durable est l’accessibilité, c’est-à-dire l’existence à proximité d’endroits proposant ce type d’alimentation et leur disponibilité. C’est ce dernier critère qui sera exploité dans cette analyse.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelques chiffres&nbsp;</h2>



<p>La plateforme ‘<em>Mangez local’</em> dont la mission est «&nbsp;<em>de faire connaître les producteurs artisanaux et de les mettre en lien avec les consommateurs locaux&nbsp;</em>»<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>dénombre environ 600 points de vente (boulangerie, épicerie locale, ferme, etc.) de produits locaux sur le territoire de la Province de Liège (40 dans la ville de Liège même). En mettant en parallèle ces nombres et ceux qui caractérisent la démographie liégeoise (la ville de Liège comptait au 1<sup>er</sup> janvier 2025 195.778 habitants et la Province 1.119.038 habitants)<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>, un constat saute aux yeux. Le milieu rural serait mieux desservi en initiatives d’alimentation locale que le milieu urbain&nbsp;: une initiative pour environ 2.000 habitants en zone rurale contre une initiative pour environ 4.900 habitants en ville. Comme les légumes sont cultivés dans les campagnes, il ne semble pas surprenant à première vue que ce soit les zones rurales les mieux approvisionnées. Cependant, le propos se doit tout de même d’être nuancé.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Premièrement, les proportions obtenues l’ont été en ne prenant en compte que la ville de Liège comme milieu urbain. Or Huy, Verviers, Waremme, Hannut, Visé, Malmedy et Eupen sont également des villes en plus de la périphérie de Liège (Ans, Saint-Nicolas, Grâce-Hollogne, Beyne-Heusay, Fléron, Herstal, etc.). Une fois celles-ci inclues au calcul, les proportions changent pour arriver à une initiative pour environ 1.250&nbsp; habitants en milieu rural contre 1 initiative pour environ 4.750 habitants en milieu urbain dans la Province de Liège.</p>



<p>Deuxièmement, il faut distinguer le type de projets. En effet, l’initiative ‘<em>Mangez local’</em> comprend aussi bien des distributeurs que des producteurs. Afin d’affiner notre analyse, il est intéressant de voir où sont établis les uns comme les autres. C’est là l’objet d’étude d’un mémoire d’une étudiante de l’Université de Liège<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup> qui répertorie 213 initiatives de circuit court selon différentes catégories. Afin de rendre les résultats de cette étude accessible à tous, nous réduirons les catégories aux nombre de deux&nbsp;: les lieux de production exploitations et les distributeurs. Ceci nous amène aux résultats suivants&nbsp;: les zones très denses et denses comportent 30 exploitations pour 52 distributeurs contre 63 exploitations pour 61 distributeurs en milieu peu dense. Une fois de plus, le milieu rural est devant le milieu urbain en terme de nombre de points d’accès d’alimentation locale.&nbsp;</p>



<p>Cependant, si les facteurs développés ci-dessous confirment que le plus grand nombre d’initiatives de nourriture locale se situent dans les campagnes plutôt qu’à la ville, un facteur qui a toute son importance vient à nouveau nuancer cette conclusion… Il s’agit de la superficie. En effet, les milieux urbains mentionnés dans le premier point représentent environ 540 km<sup>2</sup>, ce qui équivaut à 14% de la superficie totale de la Province <sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>. Cette information dément donc la première conclusion, car si en valeur absolue, la campagne se voit mieux desservie, c’est sur un territoire bien plus grand. En outre, les magasins et distributeurs sont bien plus éloignés les uns des autres qu’en milieu urbain, ce qui les rend donc bien moins accessibles que ceux des villes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une expérience personnelle</h2>



<p>C’est lors d’une discussion avec une collègue sur le choix du thème de mon analyse que nous avons évoqué le fait que les villageois ne sont pas toujours au courant des structures existantes au sein de leurs villages proposant des produits locaux. Pour preuve, je n’étais personnellement pas au courant de l’existence d’un GAC (Groupement d’Achat en Commun)<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>dans mon propre village natal (Momalle) et l’ai découvert durant les recherches de cette présente analyse…</p>



<p>En outre, pour illustrer la disparité géographique des épiceries durables, il est utile de mentionner l’accessibilité de ces lieux de distributions. Prenons l’exemple du magasin ‘<em>Nos Racines’</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup> (implanté à Herve), épicerie engagée et solidaire proposant des produits locaux et de saison ainsi que des produits importés tout aussi soucieux de l’environnement et de la justice sociale. Pour accéder à ce magasin, et même si l’on vient d’un village proche (Dalhem, Blegny, Housse, etc.), la voiture reste le moyen le plus pratique puisqu’il faut compter environ 2 heures pour s’y rendre en bus. En termes d’accessibilité, la tâche de se nourrir ‘correctement’ devient compliquée. Enfin, si l’on prend le village de Momalle mentionné dans l’exemple du GAC, qui se situe pourtant en Hesbaye (zone connue pour sa production agricole), il faut faire au minimum 12 kilomètres en voiture avant de trouver un magasin concentrant une diversité minimale de produits locaux. Ces exemples démontrent que la contrainte géographique est bien présente dans les milieux ruraux, ce qui peut accentuer de manière encore plus aiguë les inégalités déjà bien présentes entre les personnes/familles précarisées et le reste de la société civile.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La précarité alimentaire, affaire des villes&nbsp;?</h2>



<p>Un facteur également intéressant à prendre en compte quand on veut se saisir des disparités de consommation de produits locaux entre milieux ruraux et milieux urbains est la part du budget des différents ménages alloués à l’alimentation. Selon une enquête<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>de l’AB-REOC (Association Belge de Recherche et d’Expertise pour les Organisations de Consommateurs), la majorité des Wallons (60,8%) considère comme importante l’origine locale des produits lors de leurs achats. Autre statistique intéressante&nbsp;; seulement un Belge sur cinq se dit prêt à payer davantage pour un aliment local quand presqu’un Wallon sur deux trouve les prix de l’alimentaire très élevés. En croisant ces données à celle selon laquelle la pauvreté monétaire est plus présente dans les milieux plus densément peuplés<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>, on peut dès lors supposer que la part du budget des ménages allouée aux aliments locaux serait moindre en ville.</p>



<p>La lecture du Compte-rendu de la conférence <em>Précarité et alimentation</em> du <em>Festival Nourrir Liège</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup> nous informe que si le prix des aliments locaux et de saison peut représenter un obstacle, d’autres freins existent comme la proximité ou non des points de vente et le manque de temps (pour faire ses courses, pour cuisiner, etc.). Ces dernières informations déjà constatées en amont permettent de faire le lien avec le point sur l’accessibilité géographique, les ménages précarisés se retrouvent plus souvent en ville là où les produits locaux sont les plus disponibles… Disponibles oui, mais pour qui&nbsp;? La variable économique montre qu’ils le sont pour un public plus favorisé. En ce qui concerne la campagne, la précarité est également une réalité qui vient amplifier les obstacles précédemment cités et notamment celui de la proximité des points de ventes puisque, comme démontré dans les points précédents, ces derniers sont souvent moins accessibles qu’en milieu urbain.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une prise de conscience de l’inaccessibilité</h2>



<p>Cependant, certaines initiatives instaurées par les pouvoirs publics vont dans le sens d’une augmentation de l’accessibilité au plus grand nombre des produits locaux comme par exemple l’initiative <em>Circuit court</em> du Centre Provincial Liégeois de Promotion et de Gestion en Agriculture qui, depuis 2012, intègre des produits de producteurs liégeois dans plus de septante moyennes et grandes surfaces<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup>. Bien que privilégier les petits magasins et épiceries reste l’objectif, l’intégration de ce type de produits dans des magasins dits ‘conventionnels’ permet une accessibilité plus généralisée à ceux-ci. L’on peut également citer l’initiative ‘<em>Du local dans mon point de vente’</em> soutenue par la Région wallonne et qui permet des actions de fidélisation et d’accessibilité aux produits alimentaires durables<sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup><br>.</p>



<p>De plus, une recherche participative<sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup> sur le thème de l’alimentation lancée en février 2024 et qui sera menée jusqu’à l’été 2025 met en lumière une prise de conscience des pouvoirs publics de l’intérêt grandissant pour le circuit-court et le local. À la lecture des documents<sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup> présentant la recherche, il est intéressant de constater que les pouvoirs publics ont bien conscience du contraste des situations de famille précarisées et du reste de la population. Quand dans les premières on se demande si&nbsp;on aura assez à manger pour la semaine, dans les autres on se dit «&nbsp;<em>ça serait bien cette semaine de manger uniquement local&nbsp;»</em>. La véritable question que la société civile et les pouvoirs publics doivent se poser, c’est «&nbsp;<em>Comment permettre aux premières familles de se faire la seconde réflexion&nbsp;?</em>&nbsp;». Éléments de réponse en guise de conclusion…</p>



<h2 class="wp-block-heading">À quand une alimentation durable pour toutes et tous&nbsp;?</h2>



<p>Cette analyse avait pour objectif de montrer les disparités entre « villes »  et « campagnes » en termes d’accessibilité à la nourriture locale et durable. Si l’on  a pu remarquer au cours de cet exercice qu’il existe bien des différences entre les deux, notamment au regard de l’accessibilité géographique, il est important de constater que <strong>là où la précarité se trouve, qu’elle soit rurale ou urbaine, la consommation de produits locaux de qualité diminue</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup>. Si la question de la conscientisation sur le sujet n’était pas l’objet de cette analyse, elle peut en être la continuité, car être informé des initiatives existantes telles que celles citées ou d’autres peut être l’une des clés ouvrant la porte de l’alimentation locale et durable à un prix équitable. La Ceinture Aliment-Terre Liégeoise (CATL)<sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup>, dans son Mémorandum de 2024, insiste sur le droit universel à une alimentation durable bafoué face à une précarité grandissante de la population. Plus précisément, la CATL explore deux leviers d’actions nécessaires pour une alimentation durable pour toutes et tous. <br><br>En premier lieu, l’appui à des outils efficaces tels que la restauration collective notamment via l’accompagnement des cantines et des collectivités dans leur transition vers plus de durabilité. Ainsi, « <em>la transition vers des cuisines et des cantines durables ne peut (…) se faire sans une concertation et un accompagnement de l’ensemble des acteurs concernés (du responsable des achats au consommateur final, en passant par tous les acteurs de terrain). Cet accompagnement doit s’inscrire dans un processus long afin de permettre le changement d’habitudes et de comportements de manière pérenne» </em><sup class="modern-footnotes-footnote ">18</sup> et d’insister sur le fait que cet accompagnement ne peut en aucun cas être conditionné ou payant. Le deuxième levier d’action proposé par la CATL est le soutien à des projets innovants tels que la sécurité sociale de l’alimentation<sup class="modern-footnotes-footnote ">19</sup> qui permet « <em>la réalisation du droit à l’alimentation via l’octroi aux personnes d’une allocation permettant d’acheter des produits alimentaires conventionnés. (…) La SSA est un dispositif de démocratie alimentaire qui garantit le droit à l’alimentation et permet de lutter contre la pauvreté alimentaire tout en finançant les circuits courts vertueux, les petits producteurs.</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">20</sup> Outil génial pour lutter contre la précarité alimentaire, un projet pilote, <em>BEES coop</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">21</sup>, a été mis en place en 2023 à Schaerbeek et a permis d’octroyer 150€ par mois à 70 bénéficiaires du CPAS de Schaerbeek à dépenser au magasin d’alimentation durable BEES coop<sup class="modern-footnotes-footnote ">22</sup>. En espérant que ce genre de projet pilote puisse se répliquer dans d’autres villes et sur d’autres territoires et permettre ainsi une véritable alimentation durable pour toutes et tous.</p>



<p></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Voir fiche n°5 du bep-environnement&nbsp; <a href="https://www.bep.be/">bep.be</a> </div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Voir à ce sujet l’analyse d’Action Vivre Ensemble sur l’initiative Les Petits Producteurs (LPP) : <a href="https://archives.vivre-ensemble.be/alimentation-saine,et-locale-accessible-a-tous">archives.vivre-ensemble.be</a> </div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Voir <a href="https://www.mangez-local.be/fr ">mangez-local.be </a>&nbsp;</div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Données tirées du site WalStat,&nbsp; <a href="https://walstat.iweps.be/walstat-accueil.php">walstat.iweps.be</a> </div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;GOLINVAUX, A., État des lieux des formes émergentes de distributeurs de produits locaux en province de Liège, Mémoire en géographie humaine &amp; démographie, Liège, Université de Liège, 2022. </div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Donnée tirée du site Commune<a href="https://www.commune-gemeente.be/fr/"> commune-gemeente.be</a></div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Le GAC est un groupe de personnes qui se réunissent régulièrement pour acheter ensemble des produits de qualité directement aux producteurs et transformateurs locaux. Voir&nbsp; <a href="https://www.liege.be/fr/vivre-a-liege/commerce/alimentation-locale/acheter-local/achats-groupes/gac">liege.be</a></div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Voir <a href="https://www.nosracines.be">nosracines.be</a></div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Enquête disponible sur le site du SPF Économie, <a href="https://economie.fgov.be/fr/publications/manger-local-et-alors-durable">economie.fgov.be</a> </div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Données disponibles sur <a href="https://economie.fgov.be/fr/themes/analyses-et-etudes/tableau-de-bord-de-la/resultats-de-la-competitivite/cohesion-sociale?">economie.fgov.be</a> </div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Disponible sur&nbsp; <a href="https://www.catl.be/2021/05/27/compte-rendu-de-la-grande-conference-precarite-et-alimentation-du-festival-nourrir-liege/">catl.be</a></div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Voir l’initiative «&nbsp;Circuit court&nbsp;» sur le site de la Province de Liège, &nbsp;<a href="https://www.provincedeliege.be/fr/agrulab/particuliers/produits-locaux">provincedeliege.be</a> </div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Voir l’initiative «&nbsp;Du local dans mon point de vente&nbsp;»&nbsp;: <a href="https://www.mangerdemain.be/mecas-soutien/">mangerdemain.be</a> </div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Recherche participative menée en collaboration avec&nbsp; le Réseau wallon de la lutte contre la pauvreté (RWLP), la coopérative Paysans-Artisans et l’asbl Réalisation Téléformation et Animation (RTA). </div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Documents disponibles sur <a href="https://intermag.be/recherches">intermag.be</a> </div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Pour plus d’informations sur ce sujet, lire le mémorandum du Conseil de Politique Alimentaire de Liège Métropole : <a href="https://www.catl.be/wp-content/uploads/2024/03/Memorandum_CPA_LM_2024.pdf">catl.be</a> </div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.catl.be/">catl.be</a> </div><div>18&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.catl.be/wp-content/uploads/2024/03/Memorandum_CPA_LM_2024.pdf">catl.be</a></div><div>19&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Lire à ce sujet l’analyse d’Action Vivre Ensemble, La sécurité sociale de l’alimentation en débat. Disponible sur <a href="https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2024-13">vivre-ensemble.be</a> </div><div>20&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  <a href="https://www.catl.be/wp-content/uploads/2024/03/Memorandum_CPA_LM_2024.pdf">catl.be</a> </div><div>21&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  BEES coop pour la coopérative Bruxelloise, Ecologique, Economique et Sociale, « initiative citoyenne qui a pour but de créer une alternative à la grande distribution classique en proposant des produits de qualité, à des prix accessibles à tous, bons pour la famille et la planète. » Voir <a href="https://bees-coop.be/ ">bees-coop.be </a></div><div>22&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Rapport de l’expérience pilote Beescoop disponible sur <a href="https://www.collectif-ssa.be/evaluation-du-projet-pilote-bees-coop/">collectif-ssa.be</a></div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Quelle place pour la justice sociale dans la transition écologique ?</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/outil/transition-ecologique-et-justice-sociale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jan 2025 16:25:37 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=outil&#038;p=38825</guid>

					<description><![CDATA[De quoi s’agit-il ?  Vous menez des projets de transition écologique et vous vous demandez comment mieux inclure un public [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">De quoi s’agit-il ? </h2>



<p>Vous menez des projets de transition écologique et vous vous demandez comment mieux inclure un public précarisé dans ces projets ? Cette formation vise à donner des pistes concrètes afin de lever les freins à la participation à des projets de transition que peut rencontrer un public précarisé.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Objectifs de la formation</h2>



<p><strong><em> </em></strong>Cette formation vous apportera les clés pour :&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Faire le lien entre les mécanismes structurels générant les inégalités sociales et les mécanismes qui détruisent l’environnement ; </li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Identifier les différents freins à la participation des personnes précarisées dans les projets de transition écologique </li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Construire des pistes concrètes afin d’inclure les personnes précarisées dans les projets de transition écologique.  </li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Durée de la formation</h2>



<p>Cette formation est proposée sur une ou deux journées .&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Contenu et programme</h2>



<p>La formation se veut interactive et repose sur des cas concrets et des exercices pratiques.Les grandes thématiques suivantes sont abordées :&nbsp;&nbsp;</p>



<ol start="1" class="wp-block-list">
<li>Analyse des mécanismes structurels générant des inégalités sociales </li>
</ol>



<ol start="2" class="wp-block-list">
<li>Identification des liens à faire entre « destruction de l’environnement » et « pauvreté/inégalités sociales » </li>
</ol>



<ol start="3" class="wp-block-list">
<li>Comment inclure la justice sociale dans des projets liés à l’écologie </li>
</ol>



<h2 class="wp-block-heading">A qui est destinée la formation ?</h2>



<p>La formation s’adresse à toute personne (professionnel, bénévole, militant, etc.) qui est en charge ou participe à un projet qui s’inscrit dans la transition écologique et sociale.&nbsp;</p>



<p>Contact pour toute demande d’information :   <a href="mailto:cedou.bondonga@entraide.be">cedou.bondonga@entraide.be</a> </p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La sécurité sociale de l’alimentation en débat</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2024-13/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Nov 2024 09:35:37 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=publication&#038;p=38623</guid>

					<description><![CDATA[Un système où chacun·e cotiserait selon ses revenus pour accéder à un budget alimentaire dédié à des produits durables et choisis démocratiquement.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>La sécurité sociale de l’alimentation (SSA) propose un système où chacun·e cotiserait selon ses revenus pour accéder à un budget alimentaire dédié à des produits durables et choisis démocratiquement. Elle vise à lutter contre la précarité alimentaire, soutenir les paysan·ne·s et favoriser la transition agroécologique. Cependant, des défis émergent : risque de précarisation accrue, fracture numérique, lourdeurs administratives pour les agriculteur·rice·s. Certaines expériences pilotes montrent des résultats prometteurs mais soulignent la nécessité d’une construction progressive et locale, en impliquant citoyen·ne·s et pouvoirs publics. Retour sur une conférence-débat animée par Clémence Dumont, journaliste de la revue <em>Tchak</em>, dans le cadre de <em>La Petite Foire Paysanne 2024</em>…</p>



<p><strong>La sécurité sociale de l’alimentation&nbsp;: définition</strong></p>



<p>Et si nous achetions notre nourriture comme nous accédons aux soins de santé ? Pour combler ses besoins alimentaires, chacun·e cotiserait en fonction de ses revenus et recevrait ensuite un budget alimentaire à dépenser selon un processus organisé démocratiquement. Depuis quelques années, l’idée d’une <strong>sécurité sociale de l’alimentation</strong> (SSA) séduit des organisations qui y voient un moyen d’offrir aux plus démuni·e·s un accès à une nourriture de qualité, tout en soutenant les paysan·ne·s et en favorisant la transition agroécologique de notre système alimentaire<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>. Alors que les expériences pilotes inspirées par ce concept se multiplient, quel bilan peut-on en tirer ? La généralisation de la sécurité sociale de l’alimentation est-elle envisageable ? Quelles questions pratiques et éthiques cela soulève-t-il ?</p>



<p>Quatre intervenant·e·s ont exploré ces questions lors d’une conférence-débat animée par Clémence Dumont, journaliste de la revue <em>Tchak</em>, dans le cadre de <em>La Petite Foire Paysanne 2024</em> : <strong>Michel Berhin</strong>, administrateur de la Ceinture alimentaire namuroise et membre de CréaSSA (Collectif de réflexion et d’action sur une sécurité sociale de l’alimentation) ; <strong>Hugues De Bolster</strong>, chargé de projets à la SAW-B (Solidarité des alternatives wallonnes et bruxelloises) ; <strong>Catherine Rousseau</strong>, chargée de projets à la FSS (Fédération des Services Sociaux), paysanne et présidente de La Botte Paysanne et <strong>Antoine Gaillard</strong>, coopérateur à l’Atelier Paysan et membre du Collectif pour une Sécurité Sociale de l’Alimentation français.</p>



<p>Mais comment définir la sécurité sociale de l’alimentation&nbsp;? Michel Berhin propose une image concrète : « <em>Imaginez que vous ayez dans votre poche une carte, chargée de 150€ d’un budget alloué par l’État et exclusivement dédié à l’alimentation</em> ». Ce budget, alimenté par une <strong>cotisation</strong> proportionnelle à vos revenus, ne pourrait être utilisé que pour acheter des produits <strong>conventionnés</strong>, c’est-à-dire répondant à des critères de durabilité définis démocratiquement.</p>



<p>Ce modèle s’inspire de la sécurité sociale telle qu’on la connaît (allocations familiales, remboursements de soins, etc.) et vise à répondre au besoin fondamental de se nourrir sainement. Par extension, il contribuerait à améliorer la santé publique et à relocaliser notre système alimentaire. En effet, le budget SSA garantirait un accès exclusif à des produits répondant à des critères précis. Cela a déjà lieu, par exemple, pour les soins de santé ou les médicaments qui ne sont remboursés que lorsqu’ils sont conventionnés.</p>



<p>La SSA serait <strong>universelle</strong> (chacun·e cotiserait selon ses moyens) et basée sur le <strong>conventionnement</strong> (définition démocratique de produits durables et de qualité).</p>



<p><strong>Quels impacts sociaux ?</strong></p>



<p>Catherine Rousseau souligne que l’insécurité alimentaire progresse, en Belgique comme ailleurs, avec un coup d’accélérateur supplémentaire dû aux crises successives (pandémie, inflation, conflits). Actuellement, <strong>600 000 personnes</strong> en Belgique dépendent de l’aide alimentaire, principalement assurée par des associations et des CPAS eux-mêmes en difficulté. Cette aide repose sur des invendus de supermarchés ou des fonds européens et ne répond souvent ni aux besoins réels ni aux préférences des bénéficiaires.</p>



<p>Or, bien qu’absolument nécessaire, cette aide alimentaire reste un <strong>pansement</strong> et n’offre pas de solution structurelle à la précarité<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>. Si la SSA propose une alternative intéressante, elle comporte des <strong>risques sociaux</strong> qu’il faut anticiper :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Cotisations et précarité</strong>. Prélever une somme, même modeste (par exemple, 15€), aux ménages précaires pourrait les désavantager si le système ne leur permet pas d’utiliser ces 15€ aussi efficacement qu’ils ou elles le feraient eux·elles-mêmes.</li>



<li><strong>Utilisation effective ? </strong>Rien ne garantit que les personnes les plus aisées, qui n’ont pas besoin d’un budget complémentaire, utiliseront effectivement les sommes à consacrer à l’achat de produits conventionnés. Elles pourraient laisser « dormir » l’allocation perçue et ne participeraient donc pas au renforcement d’une alimentation locale et de qualité.</li>



<li><strong>Fracture numérique</strong>. Si la SSA repose sur une carte numérique, elle risque d’exclure toutes les personnes peu familières avec ces outils.</li>



<li><strong>Charge administrative pour les paysan·ne·s</strong>. Le conventionnement pourrait s’apparenter à une nouvelle labellisation, augmentant des contraintes administratives déjà très lourdes pour les producteur·rice·s. Le maintien des fermes n&rsquo;est d’ailleurs pas uniquement lié à la demande, il dépend de tout un système. Une réponse différente pourrait être un système de rétribution des services que les paysan.ne.s rendent à la société par la société tout entière et pas seulement par leurs client.e.s.</li>
</ul>



<p><strong>Le processus démocratique</strong></p>



<p>Antoine Gaillard relate l’expérience française où le Collectif SSA travaille avec une trentaine d’initiatives locales. Le projet repose sur les trois principes déjà évoqués plus haut : <strong>conventionnement, universalité, cotisation</strong>. Toutefois, certaines organisations proposent de commencer par des expérimentations plus limitées, par exemple une caisse et un service public non étatique, répondant à un besoin de démocratie avant tout, sans préjuger sur le moyen ou long terme.</p>



<p>De nombreux débats ont eu lieu notamment au sujet des expériences qui bénéficiaient d&rsquo;un fort financement public local pour pallier le manque de cotisation (qui reste pour l&rsquo;instant volontaire). Est-il nécessaire de mettre fin à ces expériences pour autant ? Non car ce financement répond à un besoin urgent de mobilisation rapide de fonds. De plus, les pouvoirs publics peuvent tirer des enseignements de l&rsquo;expérience en termes de démocratie.</p>



<p>Concernant le conventionnement, en France, il a été décidé de conventionner les produits selon leur comptabilité sociale et environnementale et pas uniquement économique. Ils ont été choisis en connaissance de cause par les usagers et varient donc d&rsquo;une initiative à l&rsquo;autre. Globalement, un conventionnement consensuel pourrait se baser sur la sortie des pesticides</p>



<p>La SAW-B, qui regroupe 140 associations d&rsquo;économie sociale et solidaire, insiste sur l’importance de considérer l’alimentation comme un <strong>bien commun</strong>, au même titre que la terre, la monnaie ou le travail, explique Hugues De Bolster. Toutefois, elle exprime des réserves envers une généralisation trop rapide de la SSA, en raison de l’importance du processus démocratique<strong>. Le choix de notre alimentation doit rester un acte libre.</strong> On peut établir un parallèle avec les directives agricoles : les citoyen·ne·s et agriculteur·rice·s subissent les décisions politiques, alors que l’agriculture conventionnelle est à bout de souffle. Les agriculteur·rice·s peinent à se nourrir eux·elles-mêmes et les externalités environnementales sont trop lourdes. Une politique agricole et alimentaire ambitieuse est donc indispensable. Mais de la même manière que la sécurité sociale s’est construite progressivement, grâce à des luttes et une solidarité active, <strong>la SSA doit répondre aux besoins réels tout en étant</strong> <strong>conçue par la base</strong>, avant d’être officialisée.</p>



<p><strong>Les expériences pilotes</strong></p>



<p>Deux expériences ont particulièrement retenu l’attention :</p>



<p><strong>Montpellier<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>. La plus grande expérimentation SSA rassemble 400 volontaires. Les citoyen·ne·s cotisent selon leurs revenus (environ 60 € en moyenne), un montant complété par les pouvoirs publics. Ici, les <strong>magasins</strong> et non les <strong>produits</strong> sont conventionnés, facilitant ainsi le processus. Bien que certaines zones manquent de magasins éligibles, l’expérience favorise le dialogue entre citoyen·ne·s, agriculteur·rice·s et décideur·euse·s publics.</p>



<p><strong>Bruxelles &#8211; BeesCoop</strong>. Dans cette coopérative alimentaire, les participant·e·s ont expérimenté une SSA financée par la Région wallonne. Bien que la mixité sociale n’ait pas été garantie à toutes les étapes de l’expérience, les participant·e·s, même les plus précarisés, souhaitent continuer à s’impliquer dans la coopérative après la fin du projet.</p>



<p><strong>Quelles solutions immédiates ?</strong></p>



<p>Catherine Rousseau préconise des mesures concrètes à mettre en place rapidement : offrir une alimentation gratuite et de qualité dans les crèches et cantines scolaires, accompagnée d’une éducation à l’alimentation.</p>



<p>Michel Berhin évoque d’autres pistes qui pourraient également se conjuguer à une SSA telles que des chèques alimentaires, monnaies locales, cartes de réduction. Toutefois, ces solutions nécessitent un soutien financier conséquent, à l’image des 50 000 € mobilisés pour BeesCoop lors de son projet pilote.</p>



<p>En parallèle, soutenir les producteur·rice·s locales·aux reste un enjeu clé. À Montpellier, par exemple, les retombées directes pour les paysan·ne·s sont encore limitées, notamment parce que le conventionnement concerne principalement des magasins et que peu d’utilisateur.ice.s ont utilisé le système pour acheter en direct à des paysan.ne.s. L&rsquo;argent est donc surtout passé par les magasins et il est difficile de chiffrer les retombées pour les producteur.ic.e.s locaux.ales. Chez Paysans Artisans, par exemple, l&rsquo;impact serait plus direct.</p>



<p>Mais ces nouvelles filières restent encore à construire. D’après Hugues De Bolster, l’offre alimentaire durable et de qualité demande du soutien pour pouvoir augmenter et sortir de la situation actuelle, non seulement pour la SSA mais aussi pour d&rsquo;autres actions comme les cantines durables. Cela permettrait d&rsquo;amorcer la pompe et de lancer le conventionnement des producteur·rice·s ainsi qu&rsquo;une transition vers un système alimentaire de qualité.</p>



<p>L’expérience pilote de Montpellier montre une vraie différence pour les personnes précarisées qui ne doivent plus recourir à l&rsquo;aide alimentaire. La qualité de leur alimentation augmente alors significativement, on voit par exemple les légumes revenir à leur menu. L&rsquo;implication des personnes les plus riches est à noter également.</p>



<p>Enfin, l&rsquo;argent public que certains pouvoirs publics dédient à ces expériences permet d&rsquo;impliquer ces pouvoirs dans les questions alimentaires. Ainsi, lorsque les lieux de production et/ou vente de produits locaux sont répertoriés afin que les bénéficiaires d’une expérience de SSA puissent y faire leurs achats, on découvre que certaines zones sont trop peu desservies. Antoine nomme « bourbiers alimentaires » ces zones où l’offre d’une alimentation locale de qualité est trop maigre. Les pouvoirs locaux s&#8217;emparent de ces informations pour orienter leurs choix politiques, afin de développer l’offre, par exemple.</p>



<p>En conclusion, les expériences pilotes montrent des bénéfices concrets, notamment pour les populations précarisées, dont la qualité de l’alimentation s’améliore significativement. Cependant, des défis demeurent : assurer une vraie mixité sociale, veiller au bénéfice effectif pour les personnes précarisé·e·s et garantir un processus adéquat pour les agriculteur·rice·s.</p>



<p>Une chose est claire : <strong>pour que la sécurité sociale de l’alimentation réussisse, elle doit être construite par la base, en s’appuyant sur des projets locaux et participatifs, avant de s’élargir à une échelle nationale.</strong></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir notre analyse Une sécurité sociale de l’alimentation (2021). Disponible sur <a href="https://vivre-ensemble.be/publication/une-securite-sociale-de-l-alimentation/">vivre-ensemble.be</a></div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir la recherche participative d’Action Vivre Ensemble de 2022 Changer de pansement ou penser le changement ? Disponible sur <a href="https://vivre-ensemble.be/publication/etude-pauvretes/">vivre-ensemble.be</a></div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</strong>Voir le reportage de Clémence Dumont paru dans Tchak n°17, au printemps 2024</div>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Ralliement des fourchettes</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/ralliement-des-fourchettes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Quentin Minsier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jul 2024 12:56:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Le Ralliement des Fourchettes est un réseau qui lutte contre la précarité et défend l’accès à l’alimentation de qualité pour tous comme un droit fondamental. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Le Ralliement des Fourchettes est un réseau composé de restaurants sociaux, de services sociaux, d’une fédération et d’une fondation d’utilité publique qui lutte contre la précarité et défend l’accès à l’alimentation de qualité pour tous comme un droit fondamental. </p>



<p>Il mène un combat « sans faim » pour l’inclusion de tous. Un premier projet de Foodtruck Solidaire a été mis sur pied pour sillonner la Région en proposant des repas préparés végétariens à un prix libre.</p>



<p>L’association s’adresse aux personnes précarisées en général de la Région de Bruxelles Capitale avec un focus sur les familles monoparentales et les jeunes étudiants précaires qui sont le plus durement touchés par les crises successives. En 2024, ils ‘’sortent’’ 4 fois par semaine dans 4 endroits différents avec un potentiel de 100 repas/sorties. Ils peuvent toucher jusqu’à 400 personnes/semaine – 1600 personnes/mois et 16000 personnes/par an.</p>



<p>L’association met en place une série d&rsquo;actions centrées autour de leur projet emblématique, le Foodtruck Solidaire. Ces actions visent à créer des liens interpersonnels, à favoriser l&rsquo;inclusion et à sensibiliser la communauté à l&rsquo;importance de la solidarité alimentaire et la circularité. Voici un aperçu de leurs principales initiatives&nbsp;: distribution de repas solidaires, plaidoyer pour l’accès à une alimentation de qualité et lutte contre la précarité, cuisine responsable/lutte contre le gaspillage alimentaire, renforcement des liens interculturels/développement de partenariats multisectoriels.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Frigo Récup 1170</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/frigo-recup-1170/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Quentin Minsier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jul 2024 12:46:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Frigo Récup a pour objectif de réunir des citoyens autour de la problématique du gaspillage alimentaire, de sensibiliser les habitants du quartier et de la commune de Watermael-Boitsfort, de contribuer à la cohésion sociale en participant à la lutte contre la précarité alimentaire.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Frigo Récup a pour objectif de réunir des citoyens autour de la problématique du gaspillage alimentaire, de sensibiliser les habitants du quartier et de la commune de Watermael-Boitsfort, de contribuer à la cohésion sociale en participant à la lutte contre la précarité alimentaire.</p>



<p>Tous les publics sont visés par leurs activités étant donné que le but est notamment de rassembler les habitants et de générer de la mixité socioculturelle. Leur projet rassemble une grande mixité d&rsquo;âges et de profils sociaux-culturels, avec une dominance d’habitants du quartier et des alentours. Néanmoins, il y a une majorité de personnes précarisées qui y vont.</p>



<p>L’activité principale de l’équipe consiste à récupérer bénévolement les invendus alimentaires venant de particuliers et de différents commerces (Grande distribution, marchés, boulangeries, restauration, traiteurs, particuliers, etc.) et à les redistribuer lors de permanences. Tout en luttant contre le gaspillage, nous avons également pour objectif de réunir les citoyens autour de cette problématique afin de créer du lien entre les habitants du quartier. Par nos activités, nous voulons renforcer la cohésion sociale de notre commune et participer à la lutte contre la précarité alimentaire.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>FAIR.E asbl</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/fair-e-asbl/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Quentin Minsier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jul 2024 10:39:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[L’association a pour objectif la récupération d’invendus alimentaires et la distribution de repas préparés. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p>L’association a pour objectif la récupération d’invendus alimentaires et la distribution de repas préparés. L’association a développé depuis plusieurs années un réseau de partenaires solides, producteurs et magasins bio. Chaque semaine, plusieurs centaines d’aliments invendus sont ainsi récupérés par les bénévoles. Ensuite, ils préparent différents repas lors d’ateliers de cuisine et les redistribuent via différents formats (restaurant social, maraudes, collaborations avec d’autres associations, etc.). L’asbl organise trois ateliers hebdomadaires durant lesquels les bénévoles cuisines des repas sains à partir d’aliments récupérés et de denrées alimentaires bio et locales achetées.</p>



<p>En plus de ça, l’asbl privilégie des moyens de locomotion non-polluants. La récupération des invendus se fait via le vélo-cargo de l’asbl. L’acheminement des plats en vue des distributions s’effectuent avec le chariot en bois et métal récupérés construit par les bénévoles.&nbsp;</p>



<p>Les publics cibles de l’asbl sont des personnes en situation de grande précarité financière, alimentaire et/ou sociale&nbsp;; des bénéficiaires de centres sociaux&nbsp;; des bénéficiaires de projets partenaires&nbsp;; les habitants du quartier Ixelles-Flagey.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>LA PILE</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/la-pile/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Quentin Minsier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Jul 2024 14:48:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[La Pile est un « Tiers-lieu » au Coeur de Malmedy. C’est une pépinière d’initiatives locales qui soutient l’économie circulaire, qui sensibilise à la protection de l'environnement et qui expérimente la mutualisation d’espaces, de matériel et de compétences.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Depuis 2021, La Pile est un «&nbsp;Tiers-lieu&nbsp;» au Coeur de Malmedy. Un espace à inventer, à s’approprier où se mettent en réseau les associations, l’entreprenariat, la culture et les citoyens afin de créer des synergies nouvelles.</p>



<p>C’est une pépinière d’initiatives locales qui soutient les citoyens qui mènent des projets, qui soutient les associations qui travaillent avec un public défavorisé, qui soutient l’économie circulaire, qui sensibilise à la protection de l&rsquo;environnement et qui expérimente la mutualisation d’espaces, de matériel et de compétences. Et tout ça autour de quatre valeurs : Ecologie – Economie circulaire – Mutualisation – Inclusion.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Le nouveau ‘Code du sous-sol’ wallon… Une bombe à retardement ?</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2024-05/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Mar 2024 16:16:17 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=publication&#038;p=37809</guid>

					<description><![CDATA[par Christophe Cornet, animateur régional chez Entraide et Fraternité et Claire Guffens, coordinatrice chez Miteinander Teilen]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="ligne-gauche-normal">Pour faire face aux transitions écologique et numérique et à notre consommation toujours plus insatiable, les besoins mondiaux en minerais explosent. Dans un monde instable, l’accès aux minerais stratégiques se complique… Dans ce contexte, un projet de décret a été adopté par le Gouvernement wallon fin d’année 2023 et a pour but un meilleur encadrement de la gestion de notre sous-sol. Si les intentions écologiques et environnementales qui le sous-tendent sont louables, la nécessaire mise en débat public de ce nouveau « Code du sous-sol » fait cruellement défaut.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Entrée en matière</h2>



<p>Ce texte a pour objectif<strong> </strong><em>«&nbsp;de mieux protéger l’exploitation des ressources du sous-sol en établissant des règles plus justes et plus claires, au bénéfice de l’environnement et de la transition énergétique&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>. </em>En effet, l’actuel code minier n’est plus du tout à jour et provient de divers textes dont certains datent du 19<sup>e</sup> siècle.</p>



<p>Avant ce décret, un premier avait été présenté par le Ministre Di Antonio lors de la précédente législature et n’avait pas abouti. À bien des égards, il était bien moins rassurant que le texte actuellement en débat (qui inclut par exemple la notion de préjudice écologique<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>). La ministre Céline Tellier, en charge de l’Environnement, a donc remis le couvert avec un nouveau décret instituant le «&nbsp;<em>Code de la gestion des ressources du sous-sol</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>. Un texte de 500 pages avec différents objectifs&nbsp;parmi lesquels protéger l’environnement, l’eau et mettre en place des balises pour la gestion des ressources du sous-sol. Le 20 février de cette année se réunissaient des parlementaires wallons en commission pour en débattre, après une première lecture en novembre 2023.</p>



<p>Au sein de ce vaste chantier, un Comité scientifique<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup> est prévu pour encadrer les décisions d’exploitation alors que la formation d’un Comité éthique n’est pas prévu. Il nous apparaît pourtant nécessaire de disposer d’une instance interdisciplinaire et consultative afin de réfléchir aux limites qui doivent être mises en place. La Ministre Tellier est d’avis qu’un tel comité serait redondant par rapport aux fonctions du Conseil scientifique. Ne pas multiplier les instances, d’accord, pour autant que l’on accorde assez de place à la société civile… ce qui n’est pas encore garanti.</p>



<p>Un groupe de citoyens, appelé les <em>DoMineurs<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup></em>, avec l’appui de l’ONG <em>Commission Justice et Paix,</em> avait rencontré la Ministre en mars 2023 pour faire part de leurs observations, tant au point de vue technique qu’à celui du processus démocratique mis en place pour adopter une législation si importante. Et la participation citoyenne dans tout cela&nbsp;? Un certain silence était de mise…</p>



<p>Un tel texte a tout son sens pour éviter de futures catastrophes sanitaires et permettre un meilleur respect de l’environnement… Mais ce qui pose question, c’est l’empressement lié à l’adoption de ce texte, avant les élections, tout frais sorti des cabinets, sans un large débat public, pourtant essentiel étant donné les enjeux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Séance de spéléo dans le “Code des gestions des ressources du sous-sol”</h2>



<p>Ce projet de décret explore trois dimensions de l’usage du sous-sol&nbsp;: l’extraction minière, la captation et le stockage de CO2 et la géothermie.</p>



<p><strong>L’extraction minière. </strong>Si extraction minière il y a, de nombreux points litigieux risquent d’apparaître et le texte ne prévoit pas à notre sens assez de protection pour les citoyens. Par exemple, en cas de dégâts à une habitation située à quelques dizaines ou centaines de mètres de l’exploitation minière, c’est le propriétaire qui doit faire une demande d’indemnisation… et qui doit apporter la preuve que ces dommages ont été causés par la mine. Considérant l’inégalité de moyens (temps, frais d’avocat, etc.) entre une grande entreprise et un citoyen, la mesure nous semble déséquilibrée. Un autre exemple, la durée proposée pour que la Région wallonne puisse se retourner contre une entreprise qui n’aurait pas respecté ses obligations est de trois ans. Cela semble fort court quand on sait que certaines pollutions n’apparaissent comme problématiques qu’après un grand nombre d’années. <strong>Combien de temps faudra-t-il à des polluants pour s’infiltrer dans la nappe phréatique&nbsp;? Combien d’années avant qu’un bassin de décantation ne pose problème? Combien de temps pour s’en rendre compte&nbsp;? Combien de temps pour réagir&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>Le stockage géologique du carbone. </strong>Cette matière soulève avant tout la réponse technologique face au dérèglement climatique. En effet, quand on parle de lutte contre le réchauffement climatique, à côté du petit geste éco-citoyen et du développement durable, la solution technologique apparaît très vite. Pourquoi&nbsp;? Car <strong>la technologie non seulement rassure&nbsp;et surtout, bien pratique,</strong> <strong>elle permet de ne pas remettre en question notre mode de consommation frénétique&nbsp;</strong>: ‘<em>les technologies vont nous sauver, nous n’avons donc plus ni à nous inquiéter ni à questionner notre modèle économique</em>’. Typiquement, la captation du CO2 fait partie de ces solutions dites ‘miracle’ &#8230;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>«&nbsp;La captation du C02, vous connaissez? C’est le plan B pour faire face aux changements climatiques. Plutôt que de miser sur la réduction des gaz à effet de serre, nous le capturons pour l’enfouir dans le sous-sol ou le réutiliser pour fabriquer de nouveaux matériaux ou du carburant. En Belgique, l’idée a fait son chemin et des industries grosses émettrices de CO2 sont désormais mûres pour l’utiliser…&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup></em></p>
</blockquote>



<p>Si le stockage géologique du carbone a du sens à la source de l’émission (et si c’est bien l’émetteur qui la finance)<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>, de nombreux experts rejettent l’idée qu’on puisse l’ériger en modèle étatique (c’est-à-dire financé par les citoyens) de lutte contre le réchauffement climatique. Le projet de loi devrait donc être particulièrement attentif à cette question&nbsp;: de quel stockage de carbone s’agit-il&nbsp;? Selon la Ministre, le but du décret n’est pas d’encourager le stockage géologique du carbone, une directive européenne est d’ailleurs d’application. Mais certains chercheurs ont constaté que cette «&nbsp;solution miracle&nbsp;» pourrait prolonger notre dépendance aux énergies fossiles en permettant aux industriels de continuer à émettre du CO2 tout en le stockant plutôt que d’employer des sources d’énergies plus durables…&nbsp;</p>



<p><strong>La géothermie.</strong> Elle constitue une opportunité dans le développement de sources d’énergie locales et renouvelables. En Wallonie, la profondeur de forage pour produire de l’électricité serait de plus de 5000 mètres (nettement moins pour produire de l’eau chaude uniquement). Certaines études démontrent les risques induits par les forages. Pour accepter ces risques, il faudrait néanmoins repenser nos consommations d’énergie plus largement&nbsp;: et si le plus grand gisement énergétique était celui que nous pourrions économiser&nbsp;?</p>



<p>En outre, l’absence de taxes pour la géothermie<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup> pose également question. Notre pays a récemment été secoué par les mouvements de grogne des agriculteurs, qui, eux, paient des taxes sur les terres qu’ils travaillent. Est-il logique de soutenir des projets <em>a priori</em> lucratifs alors même que les terres agricoles qui nous nourrissent n’en bénéficient pas&nbsp;? L’énergie bon marché, moteur de notre modèle économique, l’emporte ici sur un besoin primaire et sur la souveraineté alimentaire du pays.</p>



<p><strong>Même si les risques d’une telle exploitation étaient</strong> <strong>contrôlés, et même en prenant la meilleure hypothèse (aucun dégât environnemental), quel est le bien-fondé de développer des processus industriels (dits-)verts pour aller encore plus loin dans un modèle économique destructeur ?</strong> Est-ce tout simplement du <em>greenwashing</em> ? Ou la volonté de s’assurer une électricité à bon prix dans un marché fluctuant ? C’est toute la question d’un modèle de société qui se pose… Notons, en passant, que la géothermie, par les forages, peut modifier aussi les nappes phréatiques…</p>



<h2 class="wp-block-heading">Bientôt une mine à La Calamine?</h2>



<p>Un projet d’extraction minière en Région wallonne a été mis sur la table il y a quelques années. Sa réalisation illustrerait tout-à-fait les signaux d’alarme présentés dans la présente analyse, à commencer le manque de transparence. Selon le service public de Wallonie <em>Agriculture, Ressources naturelles et Environnement</em>, le projet serait au point mort<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>. Par contre, à en croire un employé d’une des communes impactées, s’il n’y a que peu d’informations officielles connues à l’heure actuelle, la Région wallonne aurait sécurisé les droits d’extraction et cette dernière serait entièrement compétente en la matière<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>.</p>



<p><em>Bürgerninitiative Habitat und Umweltschutz<sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup></em> (BIHU) est une initiative citoyenne pour la protection de l’habitat et de l’environnement. Leur site explique dans le détail l’évolution des intentions et du projet et représente actuellement, selon nous, la seule voix citoyenne qui s’élève à ce sujet, avec les <em>DoMineurs</em>. À en croire BIHU qui suit ce dossier depuis ses débuts, la <em>WalZinc SPRL</em>, créée en février 2017 à Wavre, aurait l&rsquo;intention de réaliser une étude de faisabilité et de planification de projet pour une mine de minerais souterraine dans une zone traversant plusieurs communes belges germanophones (La Calamine, Lontzen, Raeren) et francophones avoisinantes (Welkenraedt, Plombières, Henri-Chapelle). Même si le SPW susmentionné déclare n’avoir aucun dossier déposé ni «&nbsp;plus&nbsp;» aucun contact avec la société <em>WalZinc</em>, celle-ci aurait, selon BIHU, l&rsquo;intention de développer des projets non seulement pour l&rsquo;extraction de plomb et de zinc, mais aussi des minerais rares (le lithium, le thallium, l&rsquo;iridium, le cadmium et l’or selon la source BIHU).</p>



<p>La région germanophone de Belgique présente en effet la plus forte concentration de plomb et de zinc par tonne de roche de toute l&rsquo;Europe centrale. Les gisements de l&rsquo;ancienne exploitation minière Vieille Montagne à La Calamine n&rsquo;ont jadis été que partiellement exploités et pourraient dès lors présenter un attrait économique.</p>



<p>Toujours selon l’analyse de BIHU, les gisements de ces minerais ne sont pas horizontaux en profondeur, mais s&rsquo;étendent de l&rsquo;horizontale à la diagonale dans les gisements situés dans le calcaire. L&rsquo;exploitation pourrait se faire à ciel ouvert de 250 m de profondeur jusqu&rsquo;à la surface. Les minerais se situant dans des roches solides, BIHU souligne le risque que si, un jour, exploitation il y a, celle-ci ne peut se faire qu&rsquo;à l&rsquo;aide d&rsquo;importants dynamitages (sous forme de creusements à l&rsquo;explosif ou d&rsquo;explosions à ciel ouvert&nbsp;?), ce qui comporte un risque considérable de dommages, cela va sans dire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>«&nbsp;Dans la zone demandée par la société WalZinc sprl vivent environ 60.000 personnes sur le territoire belge, auxquelles s&rsquo;ajoutent, en tenant compte des États limitrophes que sont les Pays-Bas et l&rsquo;Allemagne, environ 50.000 citoyens potentiellement concernés dans la zone frontalière, dont le cadre de vie serait modifié pour des générations par l&rsquo;exploitation minière prévue, d&rsquo;une part par le traitement des minerais extraits dans la zone de la centrale prévue à la Gare du Montzen, par le trafic important de camions, par la poussière, par les vibrations, par le bruit, par la saleté et par les déblais sous forme de grands terrils, tels qu&rsquo;ils sont connus de l&rsquo;exploitation du charbon dans la région de Liège.&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup></em></p>
</blockquote>



<p>En outre, les besoins en surface pour cette exploitation minière prévue seraient considérables. Selon BIHU, il faudrait s&rsquo;attendre à un besoin en surface de plus de 100 ha. Se pose alors automatiquement la question&nbsp;: que cela signifie-t-il pour les propriétaires privés&nbsp;? Doivent-ils craindre une expropriation&nbsp;?</p>



<p>Et qu’en est-il des mines hors de notre territoire&nbsp;? Car extraire ailleurs, en Afrique ou dans un autre pays du Sud, les minerais<sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup> dont nous avons besoin en Europe, cela s’apparente à du néo-colonialisme<sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup>… À l’heure où nous importons des minerais, extraits dans des conditions sociales et environnementales désastreuses, ne serait-il pas en effet logique de les extraire dans nos propres sous-sols, ces minerais dont nous avons tant besoin&nbsp;? Peut-être… mais à deux conditions&nbsp;: que l’environnement et les riverains n’en pâtissent pas et qu’une véritable réflexion soit menée sur les limites de notre planète, et donc, remettre en question nos modes de vie et de consommation.</p>



<p>Pointons finalement un dernier signal d’alarme tout aussi dramatique, la zone d&rsquo;extraction en question touche deux sites naturels protégés par l&rsquo;Union européenne, la <em>Vallée de la Gueule </em>en amont et en aval de La Calamine, soit près de 1000 ha (site Natura 2000), sans parler des abaissements de la nappe phréatique induits par l&rsquo;extraction prévue et la pollution et l’exposition au métaux lourds des rivières et cours d’eau de la région.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La question de l’eau</h2>



<p>En effet, rouvrir des mines, c’est prendre des risques de contamination des nappes phréatiques&nbsp;: percolation d’eaux saturées en zinc et en plomb, risque de déversements accidentels ou de «&nbsp;glissement&nbsp;» des rebuts dans les rivières, …</p>



<p>La Directive-Cadre sur l’eau adoptée en 2000<sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup>&nbsp; précise que «&nbsp;<em>L&rsquo;eau n&rsquo;est pas un bien marchand comme les autres mais un patrimoine qu&rsquo;il faut protéger, défendre et traiter comme tel</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup>. L’industrie d’extraction minière et de la transformation des minerais en est une grande consommatrice. Au vu des sécheresses de plus en plus préoccupantes, il serait rassurant de garantir à jamais la primauté de l’usage de l’eau aux citoyens<sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup>, besoin de base s’il en est, plutôt qu’aux entreprises. Et pourtant,on voit poindre l’affaiblissement de ce droit par ce nouveau code minier censé offrir des garanties aux citoyens en balisant l’exploitation du sous-sol.<strong> On peut craindre que l’«&nbsp;intérêt supérieur&nbsp;» et les «&nbsp;projets stratégiques&nbsp;», non définis dans le code, n’en viennent même à amoindrir d’autres droits humains.</strong></p>



<p>Ainsi, le futur code n’institue pas la primauté de la gestion de l’eau par rapport à l’exploitation du sous-sol. La commune de La Calamine, précédemment citée, produit actuellement sa propre eau potable. Que se passerait-t-il en cas de pollution de la nappe phréatique qui alimente la commune&nbsp;? Voici une autre problématique non anticipée par le décret. De plus, l’eau issue de mines de métaux est difficilement dépolluable. Enfin, précisons qu’une mine moyenne consomme en eau autant que 80.000 ménages… <strong>Promouvoir une industrie intensément consommatrice d’un bien commun de plus en plus précieux est-il un choix judicieux&nbsp;?</strong>&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusions : fuite en avant ou remise en question?</h2>



<p>En conclusion, le texte de ce décret ne nous permet pas d’être totalement rassurés. Le cadre démocratique et la protection de l’environnement doivent être renforcés, même si, la Ministre l’assure, il n’y a pas (encore) de volonté de rouvrir les mines mais plutôt de prévoir un cadre de protection en cas d’exploitation des mines. L’enjeu serait davantage de valoriser d’autres ressources du sous-sol comme la géothermie.</p>



<p>Force est de constater que nous avons un texte peu discuté… Le sujet est pourtant complexe et aurait mérité un vrai débat démocratique&nbsp;! Malgré les préoccupations écologiques qu’il soulève, nous regrettons que le débat public n’ait pas été organisé, débat qui eut dû rassembler les politiques, les citoyens et la société civile dans son ensemble.</p>



<p class="red-message">Bien plus fondamentalement encore, <strong>ce nouveau code minier devrait être mis en place conjointement à une réduction structurelle de notre consommation en matières premières. </strong>Si un tel décret est indispensable, il doit s’accompagner d’une politique plus large de diminution de nos consommations. <strong>Augmenter nos capacités énergétiques signifiera à terme augmenter nos consommations. C’est tout simplement contraire aux </strong><strong>recommandations</strong><strong> du GIEC.</strong></p>



<p></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Communiqué de presse du Cabinet de la Ministre Céline Tellier du 20/02/2024, voir https://tellier.wallonie.be/home/presse&#8211;actualites/communiques-de-presse/presses/la-ministre-tellier-veut-mieux-proteger-les-ressources-du-sous-sol-wallon-et-ouvrir-la-voie-a-la-geothermie-profonde.html</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Avec ce code, la notion de préjudice écologique apparaitra pour la première fois dans un décret wallon et permettra d’asseoir une base légale pour cette notion (auparavant, ce préjudice était laissé à l’appréciation des tribunaux).</div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ce décret a en effet été approuvé le 13 mars 2024 au Parlement de Wallonie, voir https://www.wallonie.be/fr/actualites/adoption-du-nouveau-code-wallon-du-sous-sol</div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il intervient sur les aspects purement scientifiques d’exploration et d’exploitation des ressources du sous-sol, à côté du Conseil du sous-sol. Ce Comité scientifique serait pour autant que possible indépendant, il n’y aurait aucun représentant des exploitants.</div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les DoMineurs est un groupe militant qui s’oppose contre l’exploitation de mines ici et ailleurs. Pour plus d’informations sur les DoMineurs et leurs actions, voir leur page Facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=100085057951758</div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;https://www.rtbf.be/article/la-capture-et-le-stockage-du-co2-une-filiere-mure-en-belgique-11097731</div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;À titre d’exemple, la société Carmeuse émet 300.000 tonnes de CO2 par an. Daniel Bressler, chercheur à l’Université de Columbia, s&rsquo;est intéressé au coût humain engendré par le réchauffement. Si on considère la quantité de CO2 émise par rapport au nombre de morts dus au réchauffement climatique, ses calculs montrent que 4.434 tonnes émises correspondent à la mort d’une personne. L’activité de cette société serait donc, suivant cette logique, responsable de la mort de 67 personnes.</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Comme c’est le cas pour d’autres énergies renouvelables.</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Courriel du 13 mars 2024 du Directeur Agriculture, Ressources naturelles et environnement du SPW.</div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Entretien téléphonique du 7 mars 2024 avec un employé de la commune de La Calamine et la coordinatrice.</div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voici ce qu’on peut lire à propos de l’initiative citoyenne pour la protection de l’habitat et de l’environnement (7 mars 2024) : « Nous sommes une association sans but lucratif de droit belge composée de citoyens qui, individuellement ou collectivement, s&rsquo;intéressent et s&rsquo;engagent pour des questions environnementales dans l&rsquo;Euregio Rhin-Meuse. Les différents membres ont déjà pu réaliser avec succès plusieurs projets au cours des dernières années, ce qui a permis d&rsquo;éviter la destruction de grandes parties de notre belle nature dans l&rsquo;Euregio » (voir Projektbeschreibung &#8211; BiHU Hergenrath, Belgien)</div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;https://www.bihu.eu/projekte/laufend/minenerschlie%C3%9Fung/projektbeschreibung/</div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L’Agence Internationale de l’Energie considère une multiplication de la demande mondiale entre 2020 et 2030 : le cobalt par 4,5,le nickel par 3, le lithium par plus de 20. Voir https://www.lemonde.fr/blog/petrole/2021/10/12/metaux-critiques-charbon-gaz-petrole-nous-entrons-dans-les-recifs/</div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir à ce sujet l’étude d’Entraide &amp; Fraternité sur l’exploitation minière en Afrique, Décarboner = Recoloniser ? Minerais critiques dans le Sud global, la nouvelle ruée européenne vers l’or vert. (https://entraide.be/publication/etude2024/)</div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La Directive 2000/60/CE établissant un cadre pour une politique communautaire dans le domaine de l&rsquo;eau, a été adoptée le 23 octobre 2000 (J.O.C. E du 22 décembre 2000) et recouvre un ensemble complexe d&rsquo;objectifs, d&rsquo;instruments et d&rsquo;obligations.</div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;http://eau.wallonie.be/spip.php?article1#:~:text=La%20Directive%202000%2F60%2FCE,&rsquo;instruments%20et%20d&rsquo;obligations.</div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Lire à ce sujet notre analyse sur la précarité hydrique, Au pays de l’or bleu. L’eau serait-elle devenue un luxe inaccessible ? (https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2024-03/)</div>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Garder espoir, cultiver des germes d’espérance</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/recherche_2023/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Nov 2023 11:36:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Recherche participative 2023]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>À l’entame de ce travail de recherche, notre groupe s’est interrogé sur l’état actuel de la société. Force fut de constater que les sujets d’inquiétude ne manquent pas. Au fur et à mesure des rencontres se dessinait un tableau plutôt sombre. En avant-plan : tant d’ombres, tant de problèmes qui paraissent parfois insolubles ! « Les gens vont mal », expliquait ainsi Lucie Mahieu dans le bulletin de liaison de la Maison d’accueil Saint-Paul à Mons, résumant un constat largement partagé.</p>



<p>Nous nous sommes cependant souvenus de cette exhortation d’un ancien résistant : « Indignez-vous ! » clamait Stéphane Hessel il y a quelques années, avant de compléter : « Engagez-vous ! » Forte de cette indignation et de cette volonté d’engagement, notre équipe s’est donc échinée à chercher, à gratter, à explorer… En commençant par aller à la rencontre de témoins : que ces personnes soient dans la dèche ou actives dans des actions de solidarité, qu’elles croulent sous les tracas ou soient enfermées derrière des barreaux (parfois au sens propre), qu’elles vivent dans l’isolement ou au contraire dans un milieu social favorisé… toutes avaient des informations à partager et un avis sur la question au coeur de nos réflexions : dans ce « monde de merde », comment tenir bon ? Comment cultiver des germes d’espérance ?</p>



<p>Aucun témoin ne baignait dans l’euphorie. Nous n’y cèderons pas non plus au cours de notre travail. Pas question de relativiser les difficultés en adoptant un discours moralisateur, lénifiant ou exagérément optimiste ! Il s’agira plutôt, après avoir donné un coup de projecteur sur certaines zones d’ombre (1er chapitre de cette étude), de porter notre regard plus loin, de l’exercer à voir ce qui se trouve derrière les falaises, derrière les nuages. « Après l’obscurité, il y a toujours un matin nouveau », disait joliment une membre de l’équipe.</p>



<p>« Le peu qu’on fait est énorme ! » témoignait ainsi Lucie Mahieu, coordinatrice de la Maison d’accueil Saint-Paul à Mons, en dépit des difficultés relevées à la pelle. « Donner un lit dans un lieu sûr à celui qui sort d’un sombre squat, nourrir à la table d’une cuisine familiale celui qui mange un sandwich à la sauvette depuis des mois, rouvrir le droit à un revenu personnel pour celui qui en est privé de longue date, étaler les papiers avec lui et voir enfin la fin des dettes, autant de victoires discrètes mais vivifiantes. » Nous prendrons donc le temps de mettre en avant ces succès (2e chapitre), qu’ils soient individuels, collectifs ou institutionnalisés. Nous détaillerons ce qui nous motive, ce qui nous porte, nous-mêmes comme nos témoins, et nous essayerons de comprendre comment mobiliser ces énergies.</p>



<p>Lecteur, lectrice, nous t’invitons donc à ce parcours en deux temps. Ne te décourage pas, après avoir traversé la première partie de cette étude. Peut-être y trouveras-tu la confirmation de constats que tu portes toi aussi ? Peut-être auras-tu la confirmation que d’autres partagent les mêmes préoccupations que toi ? Poursuis ta lecture, et tu verras aussi qu’« il y a des choses qui vont », pour reprendre les mots d’un ancien animateur d’Action Vivre Ensemble. Tout ne va pas si mal.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Rédaction</h3>



<p>Jacques Delcourt, Anne-Christine Ghysens, Jean-Jacques Lebailly, Marie-Christine Lothier, Henri Roberti, Isabelle Seny, Marie-France Tierny.<br><strong>avec</strong> Catherine Daloze, Renato Pinto et Noémie Winandy.<br><strong>Relectures</strong> par Cedou Bondonga et Marie-Renée Scohier.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>HOF PETERS VOG</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/hof-peters-vog/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[louli]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Aug 2023 09:13:11 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=association&#038;p=36461</guid>

					<description><![CDATA[Entreprise sociale qui propose des projets d’emploi pour les personnes ayant un handicap social, mental, physique ou psychique. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Entreprise sociale qui propose des projets d’emploi pour les personnes ayant un handicap social, mental, physique ou psychique.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Autour du cycle</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/autour-du-cycle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[louli]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Aug 2023 13:20:18 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=association&#038;p=36392</guid>

					<description><![CDATA[L’association a pour objectif de promouvoir la pratique du vélo pour tous en milieu rural dans une optique d’échange des savoirs et de convivialité]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>L’association a pour objectif de promouvoir la pratique du vélo pour tous en milieu rural dans une optique d’échange des savoirs et de convivialité.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Grâce à l’atelier participatif j’ai pu réparer et redonner vie à un vieux vélo ayant appartenu à mon père. Je suis super content&nbsp;! Et en plus j’ai appris plein de choses sur la mécanique et la maintenance de mon vélo&nbsp;! Merci&nbsp;!</p>
</blockquote>
]]></content:encoded>
					
		
		
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	</channel>
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