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	<title>Femmes &#8211; Action Vivre Ensemble</title>
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	<description>Soutenir les associations, sensibiliser et agir</description>
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	<title>Femmes &#8211; Action Vivre Ensemble</title>
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		<title>Brise le Silence et La Maison Source, deux asbl pionnières</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/brise-le-silence-et-la-maison-source/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Mar 2026 13:12:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Brise le silence]]></category>
		<category><![CDATA[La Maison Source]]></category>
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					<description><![CDATA[Les violences faites aux femmes ne s'arrêtent pas le 8 mars. Le soutien, non plus.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p>L&rsquo;ASBL <strong>Brise le Silence</strong> a fait de la pair-aidance sa marque de fabrique : une ancienne victime de violence, formée et accompagnée, partage son vécu pour redonner espoir à celles qui traversent la même épreuve. Parce que le statut de victime n&rsquo;est pas une fatalité. Ici, des binômes travailleuse sociale et psychologue travaillent main dans la main avec une paire-aidante — et c&rsquo;est dans cet espace unique que la confiance s&rsquo;installe naturellement.</p>



<p>À la <strong>Maison Source</strong>, c&rsquo;est la parentalité positive qui est au cœur du projet : aux côtés des mamans, des papas et des enfants précarisés, une équipe engagée œuvre chaque jour pour reconstruire des liens et des repères solides.</p>



<p>Deux modèles pionniers. Une même conviction : lutter contre la féminisation de la pauvreté demande des réponses humaines, durables et ancrées dans le réel.</p>



<div class="wp-block-getwid-anchor" id="video"></div>



<p>Chez <strong>Action Vivre Ensemble</strong>, nous sommes fier·e·s de soutenir ces initiatives qui font la différence. Découvrez-les dans cette vidéo.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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<p></p>
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			<media:title type="plain">Femmes Archives - Action Vivre Ensemble</media:title>
			<media:description type="html"><![CDATA[Profitez des vidéos et de la musique que vous aimez, mettez en ligne des contenus originaux, et partagez-les avec vos amis, vos proches et le monde entier.]]></media:description>
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		<title>Habitats partagés au féminin &#8211; Exemples bruxellois</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2026-1/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Mar 2026 11:59:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Quand le simple fait de se loger et d’avoir un toit au-dessus de la tête pour soi et les siens est une difficulté quotidienne, il faut ruser et s’adapter à une réalité toujours plus dure.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p class="titre-trois">Prix de l’immobilier en hausse, logements sociaux saturés, parc locatif privé inaccessible&#8230; Quand le simple fait de se loger et d’avoir un toit au-dessus de la tête pour soi et les siens est une difficulté quotidienne, il faut ruser et s’adapter à une réalité toujours plus dure. Les femmes, à la croisée de nombreuses discriminations, paient le prix plein de l’inflation immobilière. Dans ce contexte, elles expérimentent diverses formes d’habitat collectif, financièrement plus accessibles et qui agissent comme un rempart contre l’isolement social.</p>



<p>On le sait : en matière de logement, le marché locatif privé n’est pas le seul à être saturé… Le temps d’attente pour un logement social est tellement long (jusqu’à 22 ans à Bruxelles)<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup> que beaucoup n&rsquo;essaient même plus. À tel point que des acteurs et actrices de terrain ont développé des accompagnements pour aider les publics les plus précarisés à rechercher un logement, notamment les familles monoparentales. Beaucoup peuvent visiter jusqu’à 30 ou 40 logements avant de pouvoir enfin s’installer. L’asbl <em>La Maison des parents solos </em>accompagne ces familles dans leur recherche de logement (rappel des droits des locataires, coaching, etc.).  « <em>Le contexte immobilier est catastrophique pour ce type de familles, les prix ne cessent de grimper: le marché locatif devient hors de portée tandis que les appartements sociaux sont saturés. Elles sont <strong>souvent contraintes de se rabattre sur des logements trop petits, de mauvaise qualité, voire insalubres</strong>, et/ou dans des quartiers éloignés de leurs réseaux sociaux</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>. À Bruxelles, 28% des familles monoparentales consacrent plus de la moitié de leurs revenus au logement<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>.</p>



<p>Face à ce contexte toujours plus rude, les citoyen·nes, les acteurs associatifs et même des entrepreneurs privés pensent et réfléchissent à d’autres manières d’habiter. Les colocations et habitats partagés en font partie. Ingénieux, ils permettent un soutien logistique et social ainsi que le partage de frais et constituent en outre un précieux rempart contre l’isolement social.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mère seule cherche logement</h2>



<p>Les familles monoparentales figurent parmi les publics les plus vulnérables face à la recherche d’un logement. Le propos ici se limitera à celles gérées par des femmes pour une simple raison statistique&nbsp;; 86% de ces familles ont à leur tête une maman solo. Ce type de ménages est au croisement de multiples précarités qui agissent comme autant d’obstacles dans un contexte immobilier hors de contrôle. L’intersectionnalité a ceci de vicieux : <strong>les précarités ne s’additionnent pas mais s’imbriquent l’une dans l’autre</strong>. Il en résulte un effet multiplicateur &#8211; puisque ces précarités se renforcent &#8211; que femmes seules à charge de famille subissent de plein fouet.</p>



<p>Tout d’abord, il est avéré qu’une femme fera face à des demandes plus complexes de la part des propriétaires. Plus qu’un homme, elle devra montrer <em>‘patte blanche’ </em>et se justifier de ses revenus. Et pour cause, l’inégalité salariale en Belgique est toujours bien ancrée et c’est un fait avéré que les femmes sont plus représentées dans les temps partiels (en partie pour s’occuper des enfants). En cas de séparation, les difficultés financières peuvent s’aggraver lorsque l’ex-partenaire ne contribue pas assez financièrement (voire pas du tout) aux frais liés aux enfants. En plus de ces discriminations financières, elles doivent souvent contrer certains <em>a</em> <em>priori</em> liés à leur situation. Elles seront en effet souvent jugées comme incapables d’entretenir un bien (bricolage, entretien, etc.), quand ce ne sont pas les enfants qui seront suspectés d’être bruyants. Elles ont également une charge mentale décuplée puisqu’elles doivent gérer seules le foyer, c’est-à-dire les charges financières et éducatives, généralement réparties entre deux parents supposés percevoir deux revenus. « <em>La précarité financière et la charge éducative complète des enfants a des impacts négatifs concrets à la fois sur le bien-être des mères et de leurs enfants</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>. Cette fragilité économique se répercute directement sur les enfants et aggrave les risques de précarité infantile<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>. En outre, les mamans solos souffrent d’isolement social (manque de temps, de moyens, d’estime de soi notamment à la suite d’une séparation, etc.) À l’égard de leurs enfants, elles peuvent nourrir un sentiment de culpabilité (famille nucléaire brisée, baisse du niveau de vie), sans parler des violences intrafamiliales qui les impactent durablement<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>.</p>



<p>Face à toutes ces difficultés cumulées, <strong>l’habitat groupé ou partagé apparaît comme une réponse qui a du sens</strong>. À Bruxelles, des initiatives fleurissent un peu partout. Elles ont toutes leurs spécificités mais ont en commun la volonté de répondre à la crise du logement par la voix de la solidarité et de l’entraide.</p>



<p><strong>Ernest Living.</strong> Situé dans la commune bruxelloise de Koekelberg<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>, il s’agit d’un habitat partagé spécifiquement dédié aux mamans solos et à leurs familles, qui contient 10 unités familiales (pouvant aller jusqu’à 4 enfants). À l’initiative du projet, Lionel Wauters, promoteur et ingénieur-architecte de formation, précise : « <em>Ce n’est pas qu’une question de logement, mais de solidarité et d’entraide </em>»<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup>. En plus des espaces privatifs, des espaces communs pour un usage collectif ont été pensés au rez-de-chaussée tandis qu’aux étages des espaces privés permettent de « <em>concilier le collectif et l’intime, essence même du lieu</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>.</p>



<p>Si l’idée ne peut qu’être applaudie, ce n’est malheureusement pas à la portée de toutes les bourses : le loyer va de 905 euros à 1610 euros. Il comprend les charges mais également un accompagnement à la vie en communauté dispensé par l’asbl <em>Habitat et Participation</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>. La cohabitation avec différentes façons de vivre ou d’éduquer n’est pas aisée, comme en témoigne cette maman solo  : « <em>J’aurais adoré que ça marche mais la réalité est dure. C’est très précaire, du bricolage permanent. Il faut gérer non seulement le lieu, mais aussi les différences d’éducation, la fragilité psychologique de certaines mères&#8230; Il y a beaucoup de conflits, de difficultés à trouver la bonne entente. Je ne suis pas assistante sociale. À moins de s’appuyer sur des structures spécialisées, je pense que c’est très compliqué à faire fonctionner sur le long terme</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup>.</p>



<p>Ce genre de projet reste encore trop marginal et s’adresse surtout à un public avec un emploi ou une source de revenu stable. Cependant, au regard du quartier, cela reste encore 20% moins cher que les prix pratiqués.</p>



<p><strong>Fem’s (Femmes en situation de monoparentalité). </strong>Toujours en construction, ce projet d’habitat collectif est porté par un groupe de sept mamans solos et leurs 12 enfants. Fatiguées de déménager et de s’épuiser à chercher un logement, elles se sont mises ensemble pour imaginer un logement inclusif dont les fondements seraient l’entraide et la solidarité. Cette initiative est soutenue par l’asbl <em>Angela D.</em> qui aide notamment le groupe à penser son futur lieu en termes d’architecture féministe. Lancé en 2022 par une des membres, <em>Fem’s </em>est un « <em>projet pilote d’habitat collectif non spéculatif porté par et pour des mamans solos (…) visant l’accès à la propriété collective pour des femmes en situation de monoparentalité</em> », c’est-à-dire « <em>qui portent en majeure partie seules au quotidien la garde, la charge mentale, économique, affective et éducative de leur(s) enfant(s)</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup>. Tout le projet est sous-tendu par la mutualisation des ressources, outil formidable pour affronter le quotidien d’un parent solo, allant du partage des tâches ménagères à celui des devoirs des enfants, de la cuisine, etc.</p>



<p>Pouvoir profiter d’un logement abordable en y ajoutant de la solidarité communautaire, voilà le rêve vers lequel tendent les membres de <em>Fem’s</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup>. Cela permet aussi de lutter contre la solitude. Ne pas se retrouver seule dans les moments difficiles que réservent la parentalité est essentiel :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« <em>Beaucoup de mamans solos nous disent qu’elles n’ont personne à qui parler de leur quotidien ou de leurs difficultés. L’habitat partagé permet de retrouver une vie sociale, de s’entraider dans la parentalité et d’offrir à leurs enfants un environnement plus riche, ouvert à d’autres cultures et d’autres modes de vie </em>»<sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup>.</p>
</blockquote>



<div class="wp-block-columns red-message is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h2 class="wp-block-heading">Une architecture féministe&nbsp;? </h2>



<p>L’architecture féministe se veut égalitaire dans le sens où elle inclut les besoins des hommes comme des femmes. Cela se traduit notamment par un aménagement des espaces propice à la gestion collective des tâches et à la création de liens entre les habitant·es. À l’inverse de l’architecture traditionnelle, basée sur une distribution de rôles stéréotypés, les tâches domestiques ne sont plus invisibilisées et cantonnées hors des espaces de vie (telle que la buanderie qui prend place dans la cave par exemple) mais au centre de l’habitat et collectivisées. La cuisine et la buanderie deviennent donc des lieux reconnus comme importants et comme des espaces de sociabilisation. Les autres pièces de vie, telles que le salon, les salles à manger et salle de jeux sont également centrales et considérés comme des « <em>espaces de célébration</em> ». L’architecture féministe explore des « <em>nouveaux modèles spatiaux qui tiennent compte des réalités vécues par les femmes</em> ». Même si elle peut prendre plusieurs formes, la vision reste la même : <strong>l’intégration des besoins particuliers des femmes et la mise en place d’espaces plus propices à l’égalité</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup>.</p>
</div>
</div>



<p><strong>Pass-ages.</strong> Pour les futures mamans sur le point de donner la vie, la maison de naissance à Forest<sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup> de l’asbl <em>Pass-ages </em>est une alternative à la démarche hospitalière classique. Conjuguée à une maison de «&nbsp;<em>mourance</em>&nbsp;», c’est-à-dire un endroit pour des personnes en soins palliatifs, ces espaces sont aménagés en deux appartements et ouvrent sur un jardin partagé où peut se créer du lien. L’objectif&nbsp;? «&nbsp;<em>Sortir ces deux événements essentiels du cadre hospitalier et d’une approche médicalisée qu’ils ne nécessitent pas systématiquement</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup> explique Marc Bouteiller, le coordinateur de l’association.</p>



<p>En plus de ces deux appartements, l’asbl <em>Pass-ages</em> propose également un habitat intergénérationnel composé de 10 cellules d’habitations au sein desquels est assurée une mixité sociale et culturelle. En outre, chaque habitant offre 5 heures par semaine pour le projet collectif&nbsp;: «&nbsp;<em>Au-delà du lieu, il y a aussi du lien. Les habitant·es s’investissent dans l’accueil tantôt en cuisinant pour les hôtes, tantôt en assurant une permanence à la maison de ‘mourance’</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">18</sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une mutualisation pénalisée</h2>



<p>Colocation, cohabitation, habitat groupé, collectif ou partagé sont autant de réponses imaginées par la société civile pour se loger de manière abordable. Si ces formes d’habiter présentent beaucoup de bénéfices (rupture de l’isolement social, partage des frais, des tâches, etc.), certain·es hésitent encore à passer le pas. En cause, l’absence de garantie du maintien du statut isolé pour les personnes bénéficiant d’un revenu de remplacement. Une personne est considérée comme cohabitante dès lors qu’elle vit avec une personne dotée d’un revenu. Partant du postulat que les coûts sont partagés, les allocations sociales (chômage, RIS, pension, invalidité, etc.) sont diminuées. Ainsi, si plusieurs personnes sont domiciliées au même endroit et si certaines ont un revenu de remplacement, elles risquent de se voir imposer le statut cohabitant, ce qui mène invariablement à une diminution des allocations… La conséquence de ce mécanisme&nbsp;? <strong>Un résultat totalement à l’opposé du but premier de la colocation</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">19</sup> <strong>; faire des économies en mutualisant les espaces et les frais</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">20</sup>.</p>



<p><strong>Beaucoup d’acteurs de terrain tel que le <em>Réseau wallon de lutte contre la pauvreté</em> (RWLP) <a>militent</a> depuis des années pour la suppression de ce statut</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">21</sup><strong> qui pénalise la solidarité mais aussi, comme le rappelle la députée fédérale Sarah Schlitz (Écolo), les stratégies de mutualisation</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">22</sup><strong>.</strong> Ce sont encore les femmes qui en paient le prix fort puisqu’elles représentent la majorité des personnes cohabitant<sup class="modern-footnotes-footnote ">23</sup>. En outre, ce statut pérennise un modèle patriarcal désuet selon lequel la femme est dépendante financièrement d’un mari&nbsp;: «&nbsp;<em>En créant cette situation de dépendance et d’isolement relationnel contraire à l’autonomie des femmes et à l’égalité entre les femmes et les hommes, ce statut contribue à la reproduction d’un modèle patriarcal aujourd’hui complètement dépassé&nbsp;</em>»<sup class="modern-footnotes-footnote ">24</sup>.</p>



<p>En 2024, une proposition de loi portée par le Parti socialiste avait été déposée à la Chambre des représentants pour la suppression de ce statut. Alors que la plupart des partis y étaient favorables, la coalition Vivaldi<sup class="modern-footnotes-footnote ">25</sup> avait retourné sa veste et seul Ecolo soutenait le PS et sa proposition de loi… Sans nul doute, une des raisons fut le coût évalué à 1,86 milliard d’euros par la Cour des comptes<sup class="modern-footnotes-footnote ">26</sup>.</p>



<p>Aujourd’hui, bien loin de cette avancée avortée, le gouvernement Arizona propose radicalement l’inverse. Anneleen Van Bossuyt (N-VA), ministre de l’Intégration sociale, a annoncé une nouvelle mesure qui entrera en vigueur dès le 1<sup>er</sup> mars 2026. Aux antipodes de sa suppression, le statut cohabitant se voit durci&nbsp;puisque «&nbsp;<em>tout CPAS qui reçoit une demande d’aide sociale de la part d’une personne cohabitante devra prendre en considération l’ensemble des revenus des personnes vivant sous le même toit</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">27</sup>. En outre, «&nbsp;<em>les personnes qui étaient déjà bénéficiaires du droit à l’intégration sociale verront leurs droits modifiés soit à partir de la prochaine révision de leur dossier, soit dans le cadre de la révision annuelle, soit à la suite de nouveaux éléments justifiant une révision</em>&nbsp;».<sup class="modern-footnotes-footnote ">28</sup>.</p>



<p>En d’autres termes, à partir du 1<sup>er</sup> mars 2026, les familles ou personnes cohabitantes ne pourront plus cumuler deux revenus de remplacement. Le Conseil d’État avait alerté sur le recul social que représente cette nouvelle mesure et avait également souligné le manque de données chiffrées de l’impact sur la population<sup class="modern-footnotes-footnote ">29</sup>. Son avis n’a de toute évidence pas été pris en compte par le gouvernement Arizona qui continue sur sa lancée d’attaques systématiques des droits sociaux et enfonce toujours plus dans la précarité les moins chanceux d’entre nous.</p>



<p><strong>Ces exemples d’habitat groupé démontrent une résilience à toute épreuve… &nbsp;L’ingéniosité, la débrouille, la solidarité et l’entraide face à la négation d’un droit constitutionnel&nbsp;: celui de se loger.</strong> L’envolée des prix d’un marché locatif débridé, la saturation des logements sociaux, le manque de solutions pérennes à une crise du logement qui dure et ne fait que s’aggraver sont autant d’obstacles que doivent affronter les femmes, en particulier celles qui ont à leur charge une famille.</p>



<p><strong>Il est assez désolant de constater que les stratégies mises en place par les citoyen·nes, plutôt que d’être encouragées, sont pénalisées par des règles d’un autre âge. Une fois de plus, on assiste à une sanction des publics les plus précarisés où les femmes sont, bien malgré elles, largement représentées.</strong> À quand un réel tournant&nbsp;? À quand une réelle reconnaissance des difficultés endurées au quotidien par les femmes pour se loger dignement ?</p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;À Bruxelles, la durée d’attente moyenne est évaluée à 11 ans mais peut aller jusqu’à 22 ans pour les logements plus rares tels que ceux destinés aux familles et donc disposant de plusieurs chambres (voir <a href="https://www.rtbf.be/article/logement-social-a-bruxelles-les-delais-d-attente-vont-de-neuf-a-22-annees-11539973">RTBF Logement social à Bruxelles : les délais d’attente vont de 9 à 22 années</a>)</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Plan bruxellois de soutien aux familles monoparentales, 2021 cité par l’asbl Angela D. (voir https://angela-d.be/fr/)</div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Familles monoparentales et logement : des problèmes à tous les étages. Sondage auprès de 1150 parents solos, Ligue des familles, février 2022.</div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://angela-d.be/assets/attached-files/FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf">FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf</a></div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem.</div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem.</div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Deux autres projets du même promoteur sont en place à Forest et à Namur, voir <a href="https://ernestliving.be/habitats-partages/">Nos habitats partagés &#8211; Ernestliving</a>.</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;JASSOGNE, Pierre, Toits partagés pour mamans isolées dans Alter-échos, n° 523, mai-juin 2025, p. 17.</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem, p. 18.</div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://habitat-participation.be/">Habitat &amp; Participation</a></div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Témoignage issu de https://angela-d.be/assets/attached-files/FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf (p. 23).</div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://angela-d.be/assets/attached-files/FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf">FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf</a> (p. 2)</div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://angela-d.be/assets/attached-files/FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf">FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf</a> (p. 20)</div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://angela-d.be/assets/attached-files/FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf">FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf</a> (p. 19)</div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sources : LAURENT, Véronique, <em>Des béguinages à l’architecture féministe</em> dans <em>Axelle</em>, n°218, avril 2019 (disponible sur <a href="https://www.axellemag.be/beguinages-architecture-feministe/">Des béguinages à l&rsquo;architecture féministe &#8211; Axelle Mag</a>) et <a href="https://angela-d.be/assets/attached-files/FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf">FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf</a></div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ce projet prend place au cœur d’un système d’habitats groupés plus vaste, Calico (Care and Living in Community) qui regroupe 34 appartements gérés par plusieurs associations dont Pass-ages, Angela D.&nbsp; ainsi que le CPAS de Forest. Ce projet avait déjà été évoqué dans notre précédente étude sur le logement À bout de souffle. Parcours d’obstacles pour un droit au logement, p. 51-52 (voir https://vivre-ensemble.be/publication/etude-2023-2/).</div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Zinneke, le social-santé à Bruxelles, printemps-été 2025, p. 25.</div><div>18&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem.</div><div>19&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;D’un point de vue législatif, la cohabitation est liée à plusieurs conditions sine qua non&nbsp;; une vie sous un même toit (partage d’espaces), une mise en commun des ressources (partage de frais, tâches domestiques) et un projet commun (voir ADLER, Clara et BRAET, Laurence, Habitats groupés, solidaires, colocations et autres modèles d’habitation sont en pleine expansion&nbsp;? Existe-t-il des différences entre ces notions, ces normes d’habitat en Wallonie et à Bruxelles, Analyse, Habitat et participation asbl, 2023, p. 9.)</div><div>20&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;ADLER, Clara et BRAET, op. cit., p. 9.</div><div>21&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir la plateforme https://www.stop-statut-cohabitant.be/</div><div>22&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.rtbf.be/article/le-durcissement-du-statut-de-cohabitant-entrera-en-vigueur-le-1er-mars-11665646</div><div>23&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;ADLER, Clara et BRAET, op. cit., p. 8.</div><div>24&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.calliege.be/salut-fraternite/121/suppression-du-statut-de-cohabitant%C2%B7e-une-longue-lutte-prete-a-enfin-aboutir/</div><div>25&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La coalition Vivaldi fait référence au gouvernement fédéral De Croo (2020-2025).</div><div>26&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.stop-statut-cohabitant.be/pourquoi-alors-que-pratiquement-tous-les-partis-lavaient-promis-avant-les-elections-le-statut-des-cohabitants-na-toujours-pas-ete-revu/</div><div>27&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.rtbf.be/article/le-durcissement-du-statut-de-cohabitant-entrera-en-vigueur-le-1er-mars-11665646</div><div>28&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem.</div><div>29&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem.</div>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Familles monoparentales &#8211; Une prise en compte qui ne passera pas par la création d’un statut</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-13/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 10:27:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Un an après avoir annoncé la création d’un statut en faveur des familles monoparentales, la majorité MR-Les Engagés fait marche [&#8230;]]]></description>
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<p class="titre-trois">Un an après avoir annoncé la création d’un statut en faveur des familles monoparentales, la majorité MR-Les Engagés fait marche arrière&nbsp;: elle estime la chose complexe et préfère se concentrer sur l’adaptation concrètes des politiques existantes. Si le nombre de familles monoparentales est en constante progression, leur recensement n’est pas simple en raison du décalage entre les statistiques et la réalité. Ce qui est sûr, en revanche, c’est le caractère aggravant de cette situation en termes de précarité, à une époque où un salaire ne suffit parfois pas à boucler les fins de mois. Le fait d’être parent solo constitue un obstacle supplémentaire tant au logement qu’à l’emploi.</p>



<p>Namur, 11 juillet 2024. Tout à leur <em>‘bromance’ </em>du moment, les présidents du MR, Georges-Louis Bouchez, et des Engagés, Maxime Prévot, annoncent le contenu de l’accord de gouvernement qu’ils ont négocié pour la Région wallonne. Lors de la présentation de cet accord, une petite phrase ne manque pas d’attirer l’attention des associations de terrain&nbsp;: <em>« &nbsp;À l&rsquo;instar de la création du statut ‘famille nombreuse’, le futur gouvernement mettra en place un statut de ‘famille monoparentale’, offrant des aides et avantages à ce type de famille.</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup><em> »</em></p>



<p>Pourtant, en 2025, <em>« &nbsp;(si) les programmes politiques et les médias évoquent de plus en plus la thématique de la monoparentalité<strong>, il n’existe pas de politiques publiques d’envergure pour soutenir les parents solos.</strong> Le fait d’être une femme, sans emploi et parent solo expose à un risque accru d’exclusions, principalement économiques et sociales. Les politiques sont encore bâties sur la norme familialiste de la duoparentalité qu’elles privilégient, notamment au travers du régime fiscal. Tout est organisé comme si les deux parents contribuaient ensemble (même s’ils sont séparés) à l’éducation de leur enfant. Quand on s’écarte de cette norme, ça dérange. Les mamans qui élèvent seules et de manière autonome leurs enfants doivent se battre pour survivre et faire valoir leurs droits<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>&nbsp; »,</em> résume la Fédération des services sociaux (FdSS).</p>



<h2 class="wp-block-heading">10% de familles monoparentales au sein de la population, 40% dans les quartiers précarisés</h2>



<p>Selon les derniers chiffres de Statbel<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>, la Belgique compte 10% de familles monoparentales (telles que définies par <em>«  un seul parent avec un ou plusieurs enfants  »</em>), des chiffres qui peuvent être éventuellement <strong>sous-estimés comme surestimés</strong>. En effet, que l’on soit famille monoparentale ou en garde alternée, les enfants ne peuvent être domiciliés que chez un seul parent : il n’existe pas de moyen de savoir quels enfants restent en permanence avec un de leurs parents et lesquels passent systématiquement (et à quelle régularité) de l’un à l’autre. Comme expliqué par l’IBSA (Institut bruxellois de statistique et d’analyse), <em>«  la typologie se basant sur le domicile légal des individus, chaque enfant de parents séparés n’est jamais assigné qu’à un seul domicile, même si, dans les faits, la coparentalité est parfois de mise. Par conséquent, et quelle que soit la répartition effective de la garde parentale, la séparation d’un couple (marié ou non) avec enfant(s) aboutit à la création de deux ménages distincts, composés le plus souvent d’un ménage monoparental dans le chef du parent chez qui les enfants sont domiciliés et d’un ménage isolé pour l’autre parent</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup> <em> ». </em>Ce qui peut aboutir, en fonction du mode de garde appliqué et de son effectivité, à la fois à sous-estimer et à surestimer le nombre de familles monoparentales (d’une part, en «  oubliant  » les parents chez qui les enfants ne sont pas domiciliés et qui en ont pourtant la garde ; d’autre part, en négligeant que les parents chez qui les enfants sont domiciliés n’en ont pas nécessairement la garde).</p>



<p>Comme le résume la Ligue des familles, <em>«  les critères identifiant la charge de famille dans les législations sont souvent la composition de ménage et/ou les allocations familiales et/ou l’avertissement extrait de rôle, auxquels est souvent accolée la mention que d’autres preuves définies par le ministre, le secrétaire d’État, le conseil d’administration, l’administration sont recevables. Pour les parents séparés ayant la garde partagée de leurs enfants, ce sont un jugement, un accord notarié ou un d’un·e médiateur·trice agréé·e, homologué auprès d’un Tribunal de la famille/d’une Cour d’appel mentionnant l’hébergement partagé qui font foi de la charge officielle d’enfants. Or, il s’avère que de nombreuses familles monoparentales ne recourent pas à la justice, à un notaire ou un·e médiateur·trice agréé·e pour s’organiser au moment de la séparation. Et malgré qu’elles hébergent leur enfant une partie du temps, elles ne sont pas reconnues comme en ayant officiellement la charge et sont donc privées des réductions/montants majorés auxquels elles devraient avoir droit ou de l’accès à des aides pourtant bien nécessaires au regard de leur situation socio-économique”</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>.</p>



<p>Ces réserves faites, retenons que<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>En 2025, 10% des ménages sont considérés en Belgique comme des familles monoparentales, soit 519 000 ménages. C’est un chiffre stable&nbsp;: 9,5% en 2005, 9,9% en 2015. Selon le Bureau fédéral du plan, elles seraient 604 000 en 2060.</li>



<li>Ce sont très majoritairement les femmes qui sont à la tête des familles monoparentales&nbsp;: 87% des cas en Région bruxelloise contre 81% des cas en Régions flamande et wallonne. Dans la majorité (2/3) des familles monoparentales, il n’y a qu’un enfant.</li>



<li>Sur le plan régional, la proportion de familles monoparentales est plus importante en Wallonie (12,3%&nbsp;; 203 000 ménages) et à Bruxelles (11,6%, 68 000 ménages) qu’en Flandre (8,4%, 249 000 ménages).</li>



<li>Si l’on considère la monoparentalité comme facteur aggravant de la précarité, on ne peut que constater que les familles monoparentales, en plus d’être plus présentes en Wallonie et à Bruxelles qu’en Flandre, sont également plus présentes dans les régions défavorisées qu’ailleurs. Ainsi, en Wallonie, la part des 32% de familles monoparentales (sur l’ensemble des ménages avec enfants) est dépassée à Liège, Verviers, Charleroi et sa région, La Louvière, Mons et le Borinage, alors qu’elle atteint au maximum 25% en Flandre (à Anvers).</li>



<li>À Bruxelles, on atteint quasiment les 40% dans les quartiers populaires des Marolles, du bas de Saint-Gilles ou du centre d’Ixelles. Et jusqu’à 45% dans les cités sociales les plus importantes (notamment dans les communes aisées de Watermael-Boitsfort et Uccle). On est en revanche sous les 20% dans les quartiers d’Uccle ou de Woluwe-Saint-Pierre présentant de vastes et coûteuses surfaces de logement. Notons encore que, le facteur socio-culturel&nbsp; est déterminant dans l’existence même des familles monoparentales&nbsp;: ainsi, malgré leur forte densité et leur précarité, des communes ou de zones comme Molenbeek, Bruxelles-Laeken, Bruxelles-Maritime ou Schaerbeek, présentent une proportion importante de personnes originaires du Maghreb où la monoparentalité est moins fréquente. Des taux deux fois moins élevés s’observent pour les parents de nationalité turque ou d’Afrique du Nord (9 et 11%) par rapport aux parents de nationalité belge (20%).</li>



<li>Parmi les enfants qui n’habitent pas avec leurs deux parents, environ deux sur cinq vivent tout le temps avec leur mère (soit environ 230 000 enfants en Belgique, dont 100 000 en Wallonie) et un sur six vit la plupart du temps avec elle. À l’opposé, seul un enfant de parents séparés sur vingt vit principalement chez son père (soit environ 30 000 enfants en Belgique, dont 15 000 en Wallonie). Dans l’ensemble, les modes de garde après une séparation s’éloignent assez nettement de l’objectif de la loi de 2006 qui visait à privilégier l’hébergement égalitaire, puisque cette situation ne concerne qu’un enfant de parents séparés sur cinq (soit environ 120 000 enfants en Belgique, dont 40 000 en Wallonie). Quand on dit «  chez le père  » ou «  chez la mère  », cela ne veut pas dire nécessairement qu’il s’agit de familles monoparentales mais les familles recomposées sont relativement peu fréquentes, puisque seul un enfant de parents séparés sur cinq vit avec un beau-parent<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Un facteur aggravant de précarité</h2>



<p>Ce qui caractérise les familles monoparentales (<em>a fortiori</em> quand le seul parent est la mère), c’est évidemment le caractère foncièrement aggravant de cette situation par rapport aux risques de pauvreté. La première explication, la plus évidente, est le lien direct entre le fait de <strong>ne disposer que d’un seul salaire (au mieux…) pour faire vivre un parent et un ou plusieurs enfants alors que, pour beaucoup de ménages, il est déjà difficile de s’en sortir avec deux salaires à temps plein</strong>. D’abord, les frais de logement, de transport, de santé, d’éducation, d’alimentation restent aussi élevés avec un salaire qu’avec deux. Ensuite, la plupart des familles monoparentales sont sous la responsabilité d’une femme&nbsp;: celles-ci sont en général pénalisées sur le marché du travail parce qu’elles travaillent à temps partiel ou dans des emplois peu rémunérateurs, flexibles ou précaires. L’organisation que demande la structure de la famille monoparentale (déplacements vers l’école, la crèche, les activités extrascolaires, déplacements liés à la santé ou aux situations de handicap), spécialement quand la mobilité est limitée (pas de voiture, peu de transports publics et à un prix de plus en plus prohibitif), peut empêcher les femmes d’accéder à un emploi, ou les faire tomber dans ce que l’on appelle les « &nbsp;pièges à l’emploi&nbsp; »<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup> (voir <em>infra</em>).</p>



<h2 class="wp-block-heading">En chiffres<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup></h2>



<ul class="wp-block-list">
<li>En Belgique, les membres des&nbsp;familles monoparentales&nbsp;courent un risque quatre fois plus élevé de basculer dans la précarité (41,3%) que les membres d&rsquo;une famille composée par exemple de deux adultes et deux enfants (9,8%).</li>



<li>64% des parents déclarent rencontrer des difficultés financières après une séparation.</li>



<li>26,8% des enfants vivant dans une famille monoparentale connaissent une situation de privation matérielle, contre 3,5 % à 9,2 % dans les ménages composés de couples.</li>



<li>56 % des enfants vivent avec leur mère à temps plein et 40 % de ceux vivant principalement avec elle vivent dans un ménage en difficulté pour boucler le budget.</li>



<li>Plus de 40% des familles monoparentales n’ont pas les moyens de partir en vacances tandis que 20% des familles monoparentales déclarent ne pas pouvoir offrir d’activités de loisirs à leurs enfants, limitant leur accès à la culture et aux sports.</li>
</ul>



<p>Nombre d’enjeux prioritaires sur lesquels travailler concernent donc des dispositifs existants&nbsp;: par exemple, en favorisant les réductions dans les transports publics, en garantissant de meilleures prises en charge des soins de santé, en donnant accès aux logements sociaux, en modifiant le statut de cohabitant&#8230; Il n’en reste pas moins que, dans les aspects centraux de la vie quotidienne que sont l’emploi et le logement, la personne se retrouve le plus souvent sur un marché privé régi par la concurrence&nbsp;et qui donnera la priorité au logement à ceux et celles qui pourront prouver rapidement leur solvabilité et la priorité à l’emploi à ceux et celles qui pourront faire valoir leur disponibilité et leur flexibilité.</p>



<p>Concentrons-nous ici sur ces deux volets et, surtout, sur les solutions qui peuvent y être apportées.</p>



<p><strong>Le logement. </strong>Les difficultés ne manquent pas pour les familles monoparentales (pas que pour elles d’ailleurs)<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>,  : difficulté à réunir la garantie locative (45%), difficulté à payer le loyer (43%), manque de logements abordables et de qualité (22%), revenu trop bas (17%), conciliation vie familiale et professionnelle (11%), déséquilibre entre le loyer et les revenus (plus de la moitié : 28%), mauvaise isolation et humidité (35%), désinscription des listes d’attente pour les logements sociaux vu la difficulté à en obtenir (40%), renoncement à un certain nombre de critères (nombre de chambres, proximité des transports, de l’école, chauffage central, ascenseur, etc.)… Le tout provoquant évidemment un spectaculaire cercle vicieux du type : ”<em>j’occupe un logement humide, qui provoque des pathologies chez mes enfants, qui engendrent des soins de santé coûteux et mobilisant ma disponibilité, laquelle m’empêche d’accéder à un emploi, me privant d’un revenu suffisant pour occuper un logement de qualité, etc</em>. »</p>



<p>Le logement est, rappelle une étude de la Fondation Roi Baudouin sur la privation des enfants, est «  <em>un des premiers aspects à travailler (&#8230;) car il conditionne tous les aspects d’une vie. Il y a un potentiel d’amélioration inexploité dans les logements sociaux. Les enfants [pauvres] qui vivent dans un logement social ont plus de chance de vivre dans un logement de qualité que ceux qui vivent dans un logement issu du marché locatif privé. Or, on sait combien un logement adéquat et un environnement sain peuvent casser le cycle de la pauvreté parce que cela impacte toutes les conditions de vie. 75% des enfants [pauvres] ne vivent pas dans un logement social, voilà donc un levier d’action politique à actionner pour améliorer efficacement les conditions de vie des enfants et les sortir de la pauvreté&nbsp;!</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup> <em> »</em></p>



<p>Selon cette étude, en effet, les personnes concernées considèrent que les mesures prioritaires à prendre sont : les aides au logement (56%), l’augmentation du parc immobilier privé abordable (52%), les aides aux charges (49%), les aides à l’accès à la propriété (43%), l’encadrement des loyers (38%), le développement des logements sociaux publics (30%), qui ne représentent, malgré les caricatures, que 6,5% du logement belge contre 34% aux Pays-Bas<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup>. Rappelons que les frais liés au logement représentent au moins le tiers du budget des ménages<sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup>.</p>



<p><strong>L’emploi. </strong>Le Sénat vient de commander un rapport sur le sujet<sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup> en s’appuyant sur le descriptif suivant&nbsp;: « <em>Les données disponibles montrent que les taux d’emploi des chef·fes de familles monoparentales (70,4%) est largement inférieur aux taux d’emploi des couples avec enfants (83,8%). De plus, 50% des parents solos salariés occupent un emploi à temps partiel, avec des revenus limités. Dès lors, une part significative des &nbsp;chef·fes de familles monoparentales est en situation d’inactivité ou de sous-emploi, principalement en raison de contraintes spécifiques telles que l’absence de solutions de garde adaptées, des horaires de travail incompatibles avec les horaires scolaires, une mobilité limitée, une surcharge mentale ou encore une forte discrimination sur le marché de l’emploi.<sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup> »</em></p>


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<figure class="alignleft size-medium"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="300" height="200" src="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/jonathan-sanchez_unsplash-300x200.jpg" alt="" class="wp-image-40321" srcset="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/jonathan-sanchez_unsplash-300x200.jpg 300w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/jonathan-sanchez_unsplash-1024x683.jpg 1024w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/jonathan-sanchez_unsplash-768x512.jpg 768w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/jonathan-sanchez_unsplash-600x400.jpg 600w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/jonathan-sanchez_unsplash.jpg 1200w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /><div class="image-licence" style="text-align: right; margin-top: 5px; font-size: 0.8em; color: #666; font-style: italic;">Licence : photo par Jonathan Sanchez</div></figure>
</div>


<p>Pour rappel, ce sont les CPAS qui attribuent le RIS (revenu d’intégration sociale) aux personnes privées de ressources suffisantes. Ce sont eux donc qui seront les premiers concernés par la décision du gouvernement de limiter les indemnités de chômage à deux ans à partir du 1er janvier 2026. wallons et bruxellois ont présenté l’état de la situation. Pour eux, la principale préoccupation est que, depuis quelque 5 ans, <strong>un emploi n’est même plus la garantie de pouvoir vivre sans aide publique.</strong> 10% des travailleurs et travailleuses bénéficient désormais d’un complément de revenu de la part du CPAS. Si l’on part du revenu minimum garanti (RMMG), soit un salaire brut de 1954,99 euros, le travailleur ou la travailleuse qui vit avec son jeune enfant doit en déduire au moins 500 euros (frais de crèche, frais de transports vers la crèche/l’école et l’emploi…) pour viser un solde disponible de 1400 euros quand un·e bénéficiaire du RIS (revenu d’insertion sociale) de catégorie 3 (famille à charge) touche 1776 euros sans retenue fiscale ni frais de garde ou de transport<sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup>. C’est ce que l’on appelle le « piège à l’emploi&nbsp; » et il touche spécialement les chef·fes de familles monoparentales puisque ces personnes ont, par rapport à la période où ils et elles étaient éventuellement en couple, des revenus disponibles nettement inférieurs mais pas nécessairement moins de dépenses. Pour les CPAS, le parcours vers l’emploi n’est pas adapté à leur réalité. Pas seulement en raison des « pièges à l’emploi&nbsp; » mais également en raison des problèmes liés à la garde des enfants et de notions comme la « disponibilité au travail&nbsp; » (recherche active…) ou les « absences aux rendez-vous<em> </em> » avec l’Onem, le Forem, Actiris.</p>



<p>Une nouvelle fois, c’est du côté des dispositifs existants qu’il semble nécessaire de chercher des réponses, mais aussi de la demande, récurrente dans le monde associatif, d’attribuer les aides en fonction des revenus et non des statuts. D’autant qu’il existe désormais un outil<sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup> permettant aux CPAS de déterminer si les revenus sont suffisants pour vivre. C’est aussi aux marges de la politique de l’emploi qu’il faut travailler, selon les CPAS : gestion des places en crèches, accompagnement psychosocial de qualité en vue d’une insertion socioprofessionnelle durable à moyen et long terme pour les ayants droits engagés dans un trajet/parcours d’insertion socioprofessionnelle, en ce compris les parents solos…</p>



<h2 class="wp-block-heading">Paroles de mamans solos</h2>



<p>Plusieurs institutions comme Vie féminine, la Mutualité chrétienne ou la Fédération des services sociaux ont instauré des groupes de parole : les témoignages cités ici en proviennent<sup class="modern-footnotes-footnote ">18</sup>.</p>



<p><em>« &nbsp;On n’a pas d’aide du gouvernement pour trouver un emploi. Oui, c’est évident, il y a un trou dans le CV et on manque d’expérience et de réseau quand on se met à chercher du boulot. C’est d’autant plus violent, à chaque fois, d’être renvoyée à notre situation de monoparentalité&nbsp; ».</em></p>



<p><em>« &nbsp;Mes enfants avaient 3, 2 et 1 ans quand le papa a décidé de partir, 2 mois après le confinement. C’était chaud. (…) Je n’avais pas de boulot depuis des années parce que les enfants sont rapprochés. (…) Dans notre vie ensemble, le père bossait à mort comme indépendant et moi j’étais coincée à la maison. Et lui donc coincé au boulot. Chacun était coincé. Et maintenant, c’est toujours la même chose. Ce serait difficile de switcher – pour moi de trouver un boulot – vu que j’ai la garde principale. C’est bizarre de se dire que la dynamique reste la même.&nbsp; »</em></p>



<p><em>« &nbsp;[Mon enfant me demande de rendre des comptes] Quand tu ne travailles pas, qu’est-ce que tu fais de tes journées ? Alors qu’en plus, je ne vois pas comment je pourrais travailler avec tous les suivis psy, logopèdes, etc. Et ça, les enfants ne le voient pas.&nbsp; »</em></p>



<p><em>« &nbsp;Beaucoup de personnes se questionnent sur le côté matériel&nbsp;: comment on s’en sort ? Ça a l’air suspect&#8230; ou les gens tournent autour du pot&nbsp;: comment tu paies ton essence, ta voiture ? ou “Les gens se disaient peut-être que je me prostituais. Chez nous (en Afrique), quand tu te débrouilles&#8230;” ou encore “Tous les centres de soins, les PMS, etc. doivent arrêter de nous marginaliser. Qu’on arrête de dire&nbsp;: on va attendre que monsieur soit là”.&nbsp; »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Statut <em>or not</em> statut ?</h2>



<p>Lors de leurs consultations de la société civile, les deux présidents de partis avaient notamment rencontré le Collectif des familles monoparentales (Co.Fa.Mon)<sup class="modern-footnotes-footnote ">19</sup>, association liégeoise soutenue au cours des dernières années par Action Vivre Ensemble<sup class="modern-footnotes-footnote ">20</sup>. Quelques semaines plus tôt, sa fondatrice et présidente, Marie-Claire Mvumbi, avait été invitée à présenter ses propositions au Parlement wallon<sup class="modern-footnotes-footnote ">21</sup> suite à une pétition<sup class="modern-footnotes-footnote ">22</sup> qui demandait un soutien régional aux familles monoparentales par plusieurs moyens : une adaptation des allocations familiales, une priorité dans les logements sociaux, un accompagnement à la réinsertion socio-professionnelle, un tarif préférentiel pour les transports publics, un avantage fiscal, l’individualisation et l’automatisation des droits<sup class="modern-footnotes-footnote ">23</sup>. En gros, ce qu’on pourrait appeler la création d’un statut de famille monoparentale.</p>



<p>À l’époque, la nouvelle majorité s’était dit convaincue de la nécessité d’un tel dispositif. Tellement que Les Engagés ont, fait rarissime, coopté Marie-Claire Mvumbi comme sénatrice. Pourtant, à l’échelon francophone/wallon, la cause a reculé même si la nouvelle sénatrice a, pour sa part, lancé un colloque<sup class="modern-footnotes-footnote ">24</sup> et le rapport susmentionné au sein de son institution.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La limitation du chômage, un nouveau coup dur</h2>



<p>Non seulement, les choses n’ont pas évolué comme l’espéraient les partisan·es d’un statut mais, entre-temps, le gouvernement Arizona a transformé en réalité une de ses obsessions : <strong>la limitation dans le temps des allocations de chômage qui, plutôt que de <em>« réduire la précarité des familles monoparentales  »</em> comme promis<sup class="modern-footnotes-footnote ">25</sup>, s’apprête à plonger dans celle-ci nombre de personnes qui parviennent jusqu’ici à ne pas sombrer !</strong></p>



<p>À quelques semaines de l’entrée en vigueur de cette mesure-totem pour la droite conservatrice, la Ligue des familles a effectivement publié un sondage<sup class="modern-footnotes-footnote ">26</sup> sur cette réforme auprès de parents belges. Si 63% des personnes interrogées sont favorables à l’esprit d’une limitation dans le temps des allocations de chômage <em>« présentée de manière théorique  »</em>, la plupart des répondant·es considèrent que la règle doit être assouplie dans certains cas (familles monoparentales, enfants atteints de handicap, parents travaillant à horaires atypiques…). Ainsi, 59% des personnes interrogées estiment qu’une maman solo doit conserver ses allocations de chômage le temps de trouver un emploi adapté à sa situation familiale. Un avis partagé dans tout le pays : 56% en Flandre, 61% en Wallonie, 71% à Bruxelles.</p>



<p>La réponse du MR laisse peu de place à l’optimisme : <em>« Nous ne considérons pas qu’être maman solo est un motif suffisant pour être au chômage toute sa vie<sup class="modern-footnotes-footnote ">27</sup> »</em> (David Clarinval, ministre de l’Emploi) ; <em>« Parmi mes collaboratrices au MR, certaines sont des mères célibataires et cela ne les empêche de travailler. D&rsquo;accord, être mère célibataire, c&rsquo;est très compliqué jusqu&rsquo;à l&rsquo;âge de l&rsquo;entrée à l&rsquo;école, mais après ? Cela demande de l&rsquo;organisation, mais c&rsquo;est possible<sup class="modern-footnotes-footnote ">28</sup> »</em> (Georges-Louis Bouchez, président du MR, qui vient de nommer sa compagne à la tête de…l’ONE). Les Engagés ont réagi à ces saillies<sup class="modern-footnotes-footnote ">29</sup>, notamment en obtenant un refinancement des CPAS (300 millions, très en-dessous de ce qui est nécessaire)<sup class="modern-footnotes-footnote ">30</sup>, qui seront débordés par les dossiers des personnes exclues du chômage.</p>



<p>Mais, de ‘statut’ pour les familles monoparentales, il n’est plus question. Le ministre wallon des Solidarités, Yves Coppieters (Les Engagés), affirmait en décembre 2024 que <em>« créer un statut spécifique pour les familles monoparentales répond à de nombreux besoins en termes de reconnaissance, de soutien et d’égalité des chances via plusieurs leviers : logement, allocations familiales, renforcement du Service des créances alimentaires (SECAL), emploi, tarif réduit pour les transports en commun. »</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">31</sup>. Mais, en juillet 2025, il précisait : <em>« Si la reconnaissance juridique des familles monoparentales constitue un défi social majeur, la création d’un statut présente de sérieuses limites juridiques et opérationnelles.Plutôt que la création d’un statut spécifique, il est envisagé de simplifier et d’harmoniser progressivement les critères de reconnaissance au sein des dispositifs existants, dans le cadre de la future stratégie de soutien aux familles monoparentales 2025-2029  ».</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">32</sup></p>



<p>À l’analyse, il apparaît objectivement que ce n’est pas le résultat d’un durcissement de la ligne du gouvernement wallon-francophone ni des relations entre les deux partenaires de la majorité, mais le résultat d’une étude de terrain, révélant que la mise en œuvre d’un tel statut s’avère plus complexe que prévu pour des raisons techniques. Une analyse juridique a été commandée par le cabinet, qui a conclu à une triple difficulté pour la Région wallonne et la Fédération Wallonie-Bruxelles&nbsp;: la diversité des définitions des familles monoparentales, la variété des niveaux de pouvoir qui seraient concernés (notamment sur le plan fiscal) et l’alourdissement des procédures administratives qui iraient à l’encontre du but recherché.</p>



<p>Il faut aussi préciser – c’est sans doute le plus important – que si les partis politiques avaient inscrit ce statut dans leur programme, il s’agit plus d’une formule symbolique que réellement pratique, à savoir <em>« définir avec précision, de manière univoque et au goût du jour la notion de famille monoparentale en incluant toutes les situations possibles. Ensuite, mettre en place des aides spécifiques qui répondent aux différentes situations, sans faire entrave aux autres droits relatifs à la situation économique individuelle du parent<sup class="modern-footnotes-footnote ">33</sup> »</em> (Couples et familles<sup class="modern-footnotes-footnote ">34</sup>) <em>« Un statut officiel permettrait de systématiser ces aides, d’en rationaliser certaines et d’en appliquer de nouvelles  »</em> mais l’urgence est <em>« de plaider pour une politique du lien social et une réforme administrative de la norme familiale, que les besoins de tous soient pris en compte. »</em></p>



<p>Marie-Claire Mvumbi estime toutefois cette réponse insuffisante&nbsp;: <em>«  Qu’on appelle cela statut ou autrement, peu importe, mais ce qui est nécessaire, c’est de disposer d’un système de protection juridique qui ne puisse être détricoté facilement. C’est en ce sens que je parle de statut. Travailler sur les politiques existantes, c’est ce que l’on a fait jusqu’ici et on constate que c’est inefficace. Je sais que la Wallonie ou la Communauté française n’ont pas les leviers nécessaires, aussi notre revendication était-elle d’abord adressée au fédéral mais, là encore, pas une mesure sur le sujet dans la déclaration de l’Arizona »</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">35</sup>.</p>



<p>L’économiste Philippe Defeyt, ancien président du CPAS de Namur, estime pourtant la piste du statut <em>« peu féconde  »</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">36</sup> et qu’il vaut mieux se concentrer sur l’amélioration des politiques existantes. Pour lui, au-delà du fait qu’il existe déjà des aides spécifiques, il n’est pas besoin d’un statut pour répondre à trois défis prioritaires : 1. Adapter les paramètres « revenus  » d’une série de dispositifs sociaux afin d’attribuer les aides en fonction des revenus et non des statuts ; 2. Améliorer les services publics et les rendre plus accessibles ; 3. Adapter les législations sociales (par exemple, la suppression du statut de cohabitant). Ce dernier point (suppression du statut de cohabitant) est également, aux yeux de la Ligue des familles<sup class="modern-footnotes-footnote ">37</sup>, une des réponses.</p>



<p>En résumé, les majorités francophones affirment ne pas avoir, loin de là, abandonné l’idée d’une amélioration des conditions de vie des familles monoparentales mais disent s’inscrire dans un principe de réalité qui vise à prendre cette réalité en considération dans tous les aspects des politiques existantes (réduction de la taxe de mise en circulation, réduction de la cotisation spéciale de Sécurité sociale&#8230;). Le statut de famille monoparentale n’est donc plus à l’ordre du jour&nbsp;: s’il constituait un objectif en soi, on pourrait s’en indigner ; si, toutefois, les responsables politiques lui donnent chair, comme ils et elles l’affirment, par des mesures concrètes, il ne s’agira pas que d’un pis-aller. L’avenir le dira.</p>



<p></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.rtbf.be/article/gouvernements-wallon-et-de-la-federation-wallonie-bruxelles-mr-et-engages-annoncent-avoir-trouve-un-accord-suivez-la-conference-de-presse-a-16h-11403215">rtbf.be</a></div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.fdss.be/wp-content/uploads/2024_CRAC_PUB_rapport-cafm_176x250_V07.pdf">fdss.be</a></div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://statbel.fgov.be/fr/themes/population/structure-de-la-population/menages#figures">statbel.fgov.be</a></div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://ibsa.brussels/sites/default/files/publication/documents/Focus-74_FRv2.pdf">ibsa.brussels</a></div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://liguedesfamilles.be/storage/26328/2023-05-05-Familles-monoparentales-et-politiques-publiques.pdf">liguedesfamilles.be</a></div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sources Statbel, IBSA et IWEPS citées.</div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.iweps.be/wp-content/uploads/2024/10/RS14_comp.pdf">iweps.be</a></div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les “pièges à l’emploi” renvoient au cas où un individu, en particulier un bénéficiaire de prestations sociales, n&rsquo;a aucun avantage financier ou très peu à accepter un emploi.</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Statistiques : Belgique <a href="https://statbel.fgov.be/fr/themes/menages/pauvrete-et-conditions-de-vie/risque-de-pauvrete-ou-dexclusion-sociale">statbel.fgov.be</a> ; Wallonie <a href="https://www.iweps.be/indicateur-statistique/taux-de-risque-de-pauvrete-selon-type-de-menage/">iweps.be</a> ; Bruxelles <a href="https://ibsa.brussels/sites/default/files/publication/documents/Focus-74_FRv2.pdf">ibsa.brussels</a>.</div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous nous référons ici au rapport de la Ligue des familles, Familles monoparentales et logement : des problèmes à tous les étages, février 2022. Disponible sur <a href="https://liguedesfamilles.be/storage/18799/220216-etude-le-logement-des-familles-monoparentales.pdf">liguedesfamilles.be</a></div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;GUIO, Anne-Catherine et VAN LANCKER, Wim, La déprivation des enfants en Belgique et dans ses régions: que disent les nouvelles données ?, Fondation Roi Baudouin, octobre 2023. Disponible sur <a href="https://media.kbs-frb.be/fr/media/11074/FR_D%C3%A9privation%20des%20enfants%20en%20Belgique_Brochure">media.kbs-frb.be</a> </div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://luttepauvrete.be/des-faits-et-des-chiffres/des-faits-et-des-chiffres-logements-sociaux/">luttepauvrete.be</a></div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://statbel.fgov.be/fr/nouvelles/nouveaux-resultats-de-lenquete-sur-le-budget-des-menages-en-belgique">statbel.fgov.be</a></div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;On n’en connaîtra pas les résultats avant fin 2025-début 2026.</div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://primabook.mi-is.be/fr/droit-lintegration-sociale/montants-ris</div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.mi-is.be/fr/themes/aide-sociale/redi">mi-is.be</a></div><div>18&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://medor.coop/magazines/medor-n38-printemps-2025/tenir-face-a-la-justice-violences-saj-divorce-justice-sap/">medor.coop</a> ; <a href="https://www.fdss.be/wp-content/uploads/2024_CRAC_PUB_rapport-cafm_176x250_V07.pdf">fdss.be</a></div><div>19&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.facebook.com/COFAMON.asbl?locale=fr_FR">facebook.com/COFAMON.asbl</a></div><div>20&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2022/11/jt194ave.pdf">vivre-ensemble.be</a></div><div>21&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.facebook.com/photo/?fbid=877456984412723&amp;set=pcb.877471164411305">facebook.com</a></div><div>22&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.parlement-wallonie.be/pwpages?p=petition-detail&amp;id=343">parlement-wallonie.be</a></div><div>23&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Co.Fa.Mon, publication Facebook du 8 février 2024, voir <a href="https://www.facebook.com/photo/?fbid=784318127059943&amp;set=a.552493563575735">facebook.com</a></div><div>24&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.senate.be/www/?MIval=/index_senate&amp;MENUID=57000&amp;LANG=fr&amp;PAGE=/web/fr/article/1309/raw">senate.be</a></div><div>25&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.lesengages.be/propositions/reduisons-la-precarite-des-familles-monoparentales/">lesengages.be</a></div><div>26&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://liguedesfamilles.be/storage/39587/20250707-Sondage-familles---re%CC%81forme-du-cho%CC%82mage-(1).pdf">liguedesfamilles.be</a> ,  <a href="https://auvio.rtbf.be/media/l-invite-de-matin-premiere-merlin-gevers-charge-de-projet-a-la-ligue-des-familles-3359982">auvio.rtbf.be</a></div><div>27&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.lesoir.be/686888/article/2025-07-09/reforme-du-chomage-clarinval-espere-un-accord-global-dici-la-semaine-prochaine">lesoir.be</a></div><div>28&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.lalibre.be/belgique/politique-belge/2025/07/12/georges-louis-bouchez-la-belgique-a-besoin-dune-margaret-thatcher-plutot-que-de-comiques-qui-promettent-de-largent-magique-3JUWGZCFQBDSHLRNFLYSS5K2EI/">lalibre.be</a></div><div>29&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.lalibre.be/belgique/politique-belge/2025/07/12/forte-reaction-des-engages-suite-aux-propos-de-georges-louis-bouchez-dans-la-libre-des-attaques-caricaturales-contre-la-securite-sociale-2XKRRHFLCRBZ7DGDKG3AORSVQY">lalibre.be</a></div><div>30&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://www.rtbf.be/article/la-reforme-des-allocations-de-chomage-entrera-en-vigueur-le-1er-janvier-115775984">rtbf.be</a></div><div>31&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://www.parlement-wallonie.be/pwpages?p=interp-questions-voir&amp;type=28&amp;iddoc=130697">parlement-wallonie.be</a></div><div>32&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://archive.pfwb.be/1000000020dd004">archive.pfwb.be</a></div><div>33&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://www.couplesfamilles.be/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=669%3Avers-un-statut-de-famille-monoparentale&amp;catid=6&amp;Itemid=108&amp;fbclid=IwY2xjawJbVIpleHRuA2FlbQIxMAABHQMSrMDxSwCEH83p2_fUter8rPhTa5yYhsAd9DwbvCyO99aTTTxNkkQ4iQ_aem_sppSvvk_caxrF02dBlL07g">couplesfamilles.be</a></div><div>34&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Association d’éducation anciennement liée à l’ex-Jeunesse ouvrière chrétienne.</div><div>35&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Entretien avec l’auteur, 23 juillet 2025.</div><div>36&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.lecho.be/opinions/general/opinion-un-statut-pour-les-familles-monoparentales/10608340.html">lecho.be</a></div><div>37&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://liguedesfamilles.be/storage/26328/2023-05-05-Familles-monoparentales-et-politiques-publiques.pdf">liguedesfamilles.be</a></div>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Pour que des vies ne partent pas en miettes</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/pour-que-des-vies-ne-partent-pas-en-miette/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Oct 2025 12:09:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La Maison du Pain]]></category>
		<category><![CDATA[jt224]]></category>
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					<description><![CDATA[À Virton, une maison d'accueil extraordinaire accompagne des femmes et leurs enfants sur le chemin de la reconstruction.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">À Virton, une maison d&rsquo;accueil extraordinaire accompagne des femmes et leurs enfants sur le chemin de la reconstruction. La Maison du Pain offre bien plus qu&rsquo;un toit : elle redonne dignité, autonomie et perspectives d&rsquo;avenir. </p>



<p>En 1989, suite au <em>Livre Blanc des Pauvretés en Province du Luxembourg</em>, un constat s&rsquo;imposait : les femmes et les enfants en difficulté avaient besoin d&rsquo;un lieu d&rsquo;accueil adapté. Sans bâtiment en vue, le projet semblait impossible. Mais les Carmélites de Virton, touchées par cette initiative, ont décidé de céder leur patrimoine à ce qui allait devenir La Maison du Pain. Le 17 septembre 1990, 24 membres fondateurs créaient l&rsquo;ASBL. Un nom symbolique qui rappelle que le pain, aliment essentiel, nourrit le corps&#8230; comme l&rsquo;accompagnement nourrit l&rsquo;âme.&nbsp;</p>



<p>Aujourd&rsquo;hui, La Maison du Pain possède un double agrément de la Région wallonne : 20 lits en Maison d&rsquo;accueil et 15 lits en Maison de vie communautaire. Elle accueille des femmes seules, des mères accompagnées de leurs enfants ainsi que des mineures enceintes, qui font face à des situations souvent dramatiques : violences conjugales, perte de logement, surendettement, difficultés administratives ou éducatives. La structure propose également un Centre parental qui accompagne les familles rencontrant des difficultés dans la prise en charge éducative de leurs enfants.&nbsp;</p>



<p>L&rsquo;équipe pluridisciplinaire travaille au quotidien pour permettre à chaque femme de poser une réflexion sur son parcours, d&rsquo;effectuer un travail de remise en cause, et surtout, de gagner en connaissance d&rsquo;elle-même et du monde qui l&rsquo;entoure. Le but ultime est d&rsquo;accompagner ces femmes vers une autonomie pratique doublée d&rsquo;une plus grande autonomie de la pensée et de l&rsquo;action. En d&rsquo;autres termes : une humanisation et une émancipation durables.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un jardin porteur d&rsquo;espoir </h2>



<p>La Maison du Pain développe un projet particulièrement enthousiasmant : l&rsquo;aménagement d&rsquo;un espace extérieur avec un potager sur bacs surélevés pour la Maison de Vie communautaire située au centre de Virton. Cet espace comprendra des tables, bancs et chaises pour créer un lieu de rencontre, un coin fleuri, un abri et un mini-potager collectif.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>« Ici, je retrouve d&rsquo;autres mamans qui ont connu comme moi des galères. Pour la première fois depuis si longtemps, j&rsquo;ose à nouveau rêver, j&rsquo;ose imaginer un avenir meilleur. Je construis mon projet, mon avenir et celui de mes enfants chéris. C&rsquo;est le début d&rsquo;une nouvelle vie, celle que nous méritons toutes. »</em></p>
<cite>Une maman hébergée à La Maison du Pain</cite></blockquote>



<p></p>



<p>Ce jardin représente bien plus qu&rsquo;un simple aménagement. C&rsquo;est un lieu de ressourcement, un espace de calme propice à la réflexion. C&rsquo;est aussi un apprentissage pratique qui initie les femmes et les enfants au plaisir de créer leur propre potager. Cultiver ensemble, partager, transmettre : voilà ce que permet ce projet citoyen et collectif. Se reconnecter au vivant, aux cycles naturels, retrouver le goût de prendre soin devient ainsi une véritable thérapie par la nature.&nbsp;</p>



<p>La Maison du Pain est reconnue spécifiquement par la Région wallonne pour trois missions essentielles : l&rsquo;accueil d&rsquo;urgence pour les violences conjugales, l&rsquo;accompagnement des enfants et des jeunes enfants, et le développement d&rsquo;un service post-hébergement. Cette triple reconnaissance témoigne de l&rsquo;excellence et de la pertinence de l&rsquo;action menée au quotidien par l&rsquo;équipe.&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Relever ensemble les défis de la parentalité</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/relever-ensemble-les-defis-de-la-parentalite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Jun 2025 10:31:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La tribu des familles]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?p=39451</guid>

					<description><![CDATA[L’association établie dans le Tournaisis s’est donné pour mission de soutenir les familles  lorsque différentes formes de précarité compliquent les défis du quotidien.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>par Chantal Samson</p>



<p class="titre-trois"><strong>Tribu</strong>&nbsp;: <em>n.f.</em> <em>Agglomération de familles vivant dans la même région ou se déplaçant ensemble.</em> Un nom qui sonne comme une évidence&nbsp;: l’association La Tribu des Familles, établie dans le Tournaisis, s’est donné pour mission de renforcer les compétences parentales et de soutenir les familles dans les défis du quotidien lorsque différentes formes de précarité compliquent ce rôle pourtant merveilleux&nbsp;: devenir maman ou papa.</p>



<p>Nous l’appellerons Julie. Enseignante, elle vit dans la campagne tournaisienne, où son mari est exploitant agricole. Des problèmes de santé ont contraint ce dernier à réduire fortement ses activités, mais la précarité de Julie et de sa famille n’est pas que financière. Cette maman souffre surtout d’un grand isolement social&nbsp;: des parents décédés, des beaux-parents qui ont coupé les ponts, des liens amicaux distendus, la précarité est avant tout psychologique. Julie, qui a fait une dépression post-partum après la naissance de ses deux premières filles, redoute le même scénario pour la troisième. C’est donc pendant cette dernière grossesse qu’elle a pris contact avec l’association La Tribu des Familles, qui offre un accompagnement solidaire aux familles en situation d’isolement ou de fragilité dans les régions de Tournai, Antoing, Péruwelz et leurs environs.</p>



<p>«&nbsp;<em>Notre objectif est de renforcer les compétences parentales et de soutenir les familles dans les défis du quotidien.&nbsp;Sans mandat ni contrat&nbsp;d’aucune sorte : c’est la famille qui nous dit ce qu’elle attend de nous</em>&nbsp;», explique Marie Feihle, cofondatrice de l’association. Marie et sa collègue, Isabelle Vanoli, sont épaulées par une dizaine de bénévoles, tous et toutes empreints de bienveillance et d’une grande capacité d’écoute sans jugement. Chaque bénévole consacre, par semaine, deux à trois heures de son temps à une famille dédiée – et ce, durant un an. Pour Julie, cette présence régulière représente une grosse bouffée d’oxygène dans un quotidien anxiogène&nbsp;: elle lui permet non seulement de rompre sa solitude, mais aussi de pouvoir consacrer un «&nbsp;temps positif&nbsp;» à chacun de ses enfants, qu’il s’agisse de la préparation d’un goûter, d’une brève promenade ou d’un moment d’écoute privilégié.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’isolement crée de nombreux manques</h2>



<p>Les routes de Marie Feihle (qui a exercé comme sage-femme pendant douze ans) et d’Isabelle Vanoli (ayant longtemps travaillé dans le secteur humanitaire) se sont croisées en 2010 à la faveur d’une formation en haptonomie prénatale. Une dizaine d’années plus tard, leurs attentes humaines et professionnelles les ont fait cheminer ensemble vers la création de La Tribu des Familles, essaimage de l’ASBL bruxelloise Le Petit Vélo Jaune. Les deux associations ont posé le même constat de départ&nbsp;: en situation d’isolement ou de précarité, les parents peuvent se sentir démunis face à la naissance de leur enfant ou dans ce rôle nouveau qui leur est dévolu. Lorsque l’entourage proche fait défaut – du fait d’un déménagement, de difficultés intrafamiliales, d’une immigration difficile –, devenir parent provoque des inquiétudes et des angoisses multiples. «&nbsp;<em>Les parents se sentent parfois tellement dépassés par la situation qu’ils n’ont plus aucune interaction avec leurs enfants. Tout devient source de problèmes&nbsp;», </em>constate Marie.</p>



<p>En 2024, La Tribu des Familles a accompagné 18 familles, majoritairement monoparentales, soit un total de 41 enfants concernés. En ce début 2025, dix familles déjà sont suivies par l’association et les sollicitations sont nombreuses. «&nbsp;<em>Nous constatons que l’accès aux services psycho-sociaux se restreint progressivement et que les personnes précarisées, en réaction, s’isolent encore plus alors qu’elles pourraient bénéficier d’aides extérieures </em>», relève Marie. <em>«&nbsp;Je pense, par exemple, à cette maman isolée dans un village du Tournaisis avec six enfants à la maison. Le père était présent, mais il travaillait de 6h à 20h tous les jours de la semaine. Sa situation – elle assumait seule la charge mentale d’une famille nombreuse – était considérée comme de la monoparentalité, ce qui lui ouvrait la voie à certaines aides telles que le taxi social, mais elle l’ignorait. Dans ce type de situation,&nbsp;nous épaulons les familles pour toutes les démarches administratives nécessaires. »</em></p>



<p>L’accompagnement va toutefois bien au-delà car l’isolement crée de nombreux manques. Ensemble, les familles bénéficiaires et les bénévoles de «&nbsp;la tribu&nbsp;» poussent les portes des crèches, des maisons de quartier, des bibliothèques, des ludothèques, des bourses aux vêtements, des centres de santé, des plaines de jeux, des centres de psychomotricité, des lieux culturels, etc. Les bénévoles investissent également une partie de leur temps au domicile même des familles. Des moments précieux, comme en témoigne Anne-Laure, l’une des bénévoles&nbsp;: «&nbsp;<em>J’accompagne depuis quelques mois une maman solo avec des jumeaux en bas âge. Je la sens heureuse de me voir arriver, et ses deux petits bouts également. Je l’aide pour les repas de midi et je discute avec elle de nos rôles de maman, je lui donne parfois quelques conseils, je l’aide à relativiser. Une belle relation s’est créée entre nous.&nbsp;»</em></p>



<p>En avril 2025, La Tribu des Familles a également lancé un service complémentaire de transport pour faire face à la «&nbsp;précarité géographique&nbsp;» dans des zones rurales mal desservies par les transports publics. Des missions plus ponctuelles, assurées par des bénévoles spécifiques, mais qui favorisent malgré tout le tissage de liens. <em>«&nbsp;Pouvoir aider une personne par un simple trajet en voiture durant lequel on va pouvoir discuter, s’ouvrir l’une à l’autre, rigoler et échanger sur divers sujets, n’a pas de prix&nbsp;», </em>conclut Noémie, qui tire autant de bénéfices de cette expérience que sa passagère.</p>



<p></p>



<div class="wp-block-columns red-message is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p>Depuis sa création en juillet 2022, La Tribu des Familles a accompagné une quarantaine de familles précarisées, qui répondent à deux critères essentiels&nbsp;: avoir un logement propre et compter au moins un enfant de moins de six ans. Solidarité, proximité, écoute et respect de l’autonomie des familles sont les valeurs clés de l’association. L’accompagnement, assuré par des bénévoles, se fait sur le long terme (un an en règle générale) afin de créer une relation de confiance durable avec les bénéficiaires. Ces bénévoles sont soigneusement sélectionnés, formés et encadrés tout au long de leur engagement par une équipe professionnelle. En 2024, Action Vivre Ensemble a accordé un soutien financier de 6 000 euros à La Tribu des Familles dans le cadre de la sélection et de la gestion de ses bénévoles, l’association ne disposant, pour l’heure, d’aucun financement structurel.</p>



<p>Pour en savoir plus&nbsp;:<a href="https://www.latribudesfamilles.be" target="_blank" rel="noopener"> latribudesfamilles.be</a></p>
</div>
</div>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Juste Terre ! n°217</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/juste-terre-n217/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Feb 2025 11:41:55 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=publication&#038;p=38921</guid>

					<description><![CDATA[Des vies en lambeaux : pauvreté, exclusion et santé mentale, un cercle vicieux]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Elle s’appelait Isabelle, elle avait 51 ans et est décédée le 1er janvier 2025 sous les coups de son conjoint. Le premier féminicide belge de 2025, déjà un de trop. Ce fléau commence par une première gifle. Le premier coup n’est jamais anodin.</p>



<p><br>En Belgique, environ deux femmes meurent chaque mois sous les coups de leur (ex) partenaire. Selon l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes, près d’une femme sur trois subit des violences physiques et/ou sexuelles de la part d’un partenaire. Une femme est tuée par un proche toutes les 10 minutes dans le monde.</p>



<p><br>Une violence dont les racines sont profondément ancrées dans des inégalités structurelles persistantes.</p>



<p>Malgré les avancées significatives de notre pays, le patriarcat et les stéréotypes de genre continuent d’alimenter ces comportements inacceptables.</p>



<p><br>Notre association s’engage résolument aux côtés des femmes victimes de violences. En soutenant le travail d’organisations accueillant les femmes et leurs enfants, nous oeuvrons chaque jour pour offrir écoute, soutien et accompagnement vers la reconstruction. Mais notre action ne s’arrête pas là. Nous menons avec d’autres, un travail de sensibilisation et d’éducation, car c’est en changeant les mentalités que nous pourrons véritablement éradiquer ces violences.<br></p>



<p>Ensemble, mobilisons-nous. Car chaque pas vers l’égalité est un pas vers plus d’humanité. Les violences faites aux femmes ne sont pas une fatalité.</p>


<div class="titre-remplacement contenu150">
  <div class="m-0 ">
    <h2 class=" p-0 m-0 text-center h1 pt-5 mb-2"></h2>


  </div>
  <div class="row">

    
    
<article id="post-38834" class="col-12 col-sm-6 col-md-4 color-black p-3 mb-0  post-38834 post type-post status-publish format-standard has-post-thumbnail hentry category-bithume tag-jt217 thematiques-accompagnement thematiques-logement thematiques-sans-abri">
		<a href="https://vivre-ensemble.be/de-la-douceur-sur-le-bitume/" class="linkresume lienblock backgroundwhite pb-3 h-100">
						<div class="image-productionsseize w-100 mb-3" title="De la douceur sur le bitume" style="background-image:url('https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/01/Bithume-Cabane.jpg')">
			</div>
		    <header class="entry-header pl-2 pr-2">
															
						
				<h2 class="entry-title h4 m-0 pb-1 color-bleuvert">De la douceur sur le bitume</h2>
				<div class="entry-meta">

															<div class="mt-2 text-uppercase background-vertfonce color-white datealaunehome">
									<span class="posted-on"><time class="entry-date published" datetime="21 Jan. 2025">21 Jan. 2025</time></span>								</div>

										<!-- Is event recurring or a single event -->

					






				</div><!-- .entry-meta -->









	</header><!-- .entry-header -->


	<div class="entry-summary pl-2 pr-2">
		Bithume, orthographié avec un « h », c’est la conjonction de l’Humain et de la réalité froide du sans-abrisme. Car [&hellip;]		

<!--
		<div class="mt-2"> <span class="tags categories color-vert pl-0 pr-0 mr-1 mb-0 d-inline-block">
				 #jt217			 </span></div>
	-->
	</div><!-- .entry-summary -->



		</a>
</article>

      </div>
      <div class="pagination">

           </div>
    


</div>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le genre et la rue &#8211; le sans-abrisme au féminin à Bruxelles</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2024-14/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Dec 2024 11:13:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[À Bruxelles, le nombre de personnes sans-abri a quadruplé en 14 années. Lors du dernier dénombrement de Bruss’help, plus de 7000 personnes ont été comptabilisées dans la capitale. Parmi elles, au moins 1 sur 5 est une femme.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">À Bruxelles, le nombre de personnes sans-abri a quadruplé en 14 années. Lors du dernier dénombrement de Bruss’help, plus de 7000 personnes ont été comptabilisées dans la capitale. Parmi elles, au moins 1 sur 5 est une femme. Public particulièrement fragilisé, les femmes subissent de nombreuses violences de genre et ont des parcours spécifiques dû à leur sexe. Cette analyse pose la question de la nécessité de dispositifs d’accueil genré… afin de répondre aux besoins spécifiques des femmes sans-abri.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les spécificités du sans-abrisme féminin<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup></a></h2>



<p>Toutes les recherches dédiées au sans-abrisme féminin affirment que les trajectoires de vie des femmes et des hommes vivant une situation de sans-abrisme sont différentes sur de nombreux points et que les femmes ont des besoins et des problématiques spécifiques liés à leur genre. Deux spécificités liées au sans-abrisme féminin ressortent particulièrement&nbsp;:</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des parcours touchés par la violence de genre. </h2>



<p><em>«&nbsp;L’immense majorité des femmes en situation de sans-abrisme ont connu, au moins à un moment de leur parcours – mais en réalité souvent à plusieurs reprises, dans une forme de continuum – de la violence fondée sur le genre »<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup></em>. Ainsi, les violences de genre structurent les parcours de vie des femmes sans domicile. Celles-ci sont plus exposées aux violences liées au logement du fait de leur genre. Le genre représente donc un facteur de vulnérabilité pour les femmes puisqu’il produit des formes spécifiques de violence en raison de leur sexe<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>.</p>



<p>Premièrement, il a été prouvé que les femmes sont plus exposées aux violences de genre durant leur enfance que les hommes. Ces violences peuvent prendre différentes formes : viols par des membres de la famille, violences physiques, abus sexuels dans le cas de la traite ou de la prostitution, etc. Néanmoins, ces violences ont majoritairement lieu dans la sphère privée par un proche de sexe masculin, celles-ci s’inscrivent par conséquent dans des rapports de genre. De plus, ces maltraitances subies durant l’enfance amplifient souvent le risque de se trouver dans une situation de sans-abrisme dans le futur<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>.</p>



<p>Ensuite, <em>« les violences fondées sur le genre déstabilisent les trajectoires des femmes, constituant soit un facteur direct de perte de logement, soit le motif d’une trajectoire migratoire qui sera suivie, dans le pays d’accueil, d’une absence de logement à soi »<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup></em>. D’une part, les violences familiales, et plus particulièrement les violences conjugales, sont le facteur le plus fréquent qui mènent les femmes à quitter leur logement et donc à se retrouver sans domicile. D’autre part, de nombreuses femmes quittent le logement parental pour échapper au mariage forcé ou à l’excision. Dans ce cas, les violences déclenchent la fuite du domicile et une trajectoire migratoire qui sera souvent ponctuée de violences masculines<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>.</p>



<p>Enfin, les femmes rencontrent la plupart du temps des violences de genre durant leur parcours de sans-abrisme même si les hommes sont également exposés à une violence dès le moment où la perte de domicile est effective. Cependant, les femmes sans-abri sont plus à risque de vivre de la violence telle que des agressions sexuelles, des violences psychologique et sexuelle, du harcèlement, des menaces, etc.<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup></p>



<p>Ainsi, les femmes sont plus exposées que les hommes sans domicile aux violences tout au long de leurs parcours, en commençant pendant l’enfance, ensuite durant la vie d’adulte et au cours de leur parcours de sans-abrisme. Ce sont majoritairement des violences fondées sur le genre qui forment donc un facteur de vulnérabilité dans la vie de ces femmes sans abri.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>« Ce qui est sûr, c&rsquo;est que toutes les femmes qu&rsquo;on rencontre ici à Dune, elles ont toutes connu la violence et la connaissent encore aujourd&rsquo;hui. Ça peut être de la violence parfois très tôt dans leur vie, que ce soit en institution si elles y sont passées ou dans leur famille, ça peut être des violences sexuelles, violences familiales, violences conjugales et donc ça c&rsquo;est quelque chose qui marque vraiment quasi tous les parcours des femmes et qui, une fois qu&rsquo;elles sont dans la rue, elles s&rsquo;intensifient encore plus. C&rsquo;est quand même quelque chose de spécifique, après les hommes qu&rsquo;on rencontre ici peuvent avoir aussi vécu de nombreuses violences mais chez les femmes, il n’y en n’a pas une qui n’a pas connu de violence dans son histoire. »</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup></p>
<cite>une travailleuse sociale de l’asbl Dune</cite></blockquote>



<h2 class="wp-block-heading">Une invisibilisation choisie </h2>



<p>L’espace urbain, dont les représentations et les pratiques ont un caractère genré, est considéré dangereux pour les femmes, particulièrement la nuit. Il y a une domination masculine dans l’espace public qui crée un sentiment d’insécurité chez les femmes en général. De ce fait, les femmes qui n’ont plus de domicile et qui doivent vivre et dormir dans la rue ressentent davantage cette insécurité à laquelle elles doivent faire face. Étant conscientes des potentielles violences qu’elles peuvent subir, les femmes sans-abri développent des stratégies d’évitement de l’espace public, autrement dit des stratégies de survie.<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="840" height="560" src="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/12/Josephine.jpg" alt="Portrait d'une femme avec un visage marqué de fatique" class="wp-image-38703" srcset="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/12/Josephine.jpg 840w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/12/Josephine-300x200.jpg 300w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/12/Josephine-768x512.jpg 768w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/12/Josephine-600x400.jpg 600w" sizes="(max-width: 840px) 100vw, 840px" /><figcaption class="wp-element-caption">photo par Dominique Servais</figcaption><div class="image-licence" style="text-align: right; margin-top: 5px; font-size: 0.8em; color: #666; font-style: italic;">Licence : photo par Dominique Servais</div></figure>
</div>


<p>Tout d’abord, les femmes ont recours à des pratiques de protection de/dans l’espace public. Certaines décident de ne pas dormir puisqu’elles anticipent constamment le danger. De nombreuses femmes cherchent à ne pas rester seules, ainsi il y a de la solidarité entre personnes sans-abri et de temps en temps un groupe se forme afin de prendre soin les uns des autres durant la nuit, à noter qu’il peut souvent y avoir des relations de domination lorsqu’un homme apporte sa protection à une femme sans-abri. Les femmes cherchent également à se rendre invisibles afin de se protéger des risques liés à leur visibilité dans la ville. Pour cela, elles ont différents moyens : la circulation dans la ville et l’utilisation des transports en commun, ou encore jouer avec la présentation de soi par le corps. En effet, il arrive fréquemment que des femmes fassent en sorte de faire disparaitre toute trace de ‘féminité’ en adoptant le plus possible une apparence masculine, par exemple en se camouflant sous plusieurs couches de vêtements pour cacher leur corps. De même, d’autres décident volontairement de détériorer leur hygiène afin de décourager des agresseurs potentiels<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>.</p>



<p>Ensuite, les femmes mettent en place des pratiques d’évitement des espaces publics en essayant de trouver des hébergements plus ou moins temporaires et protecteurs. N’ayant pas de logement pour passer la nuit, une habitude courante est de détourner la fonction de certains lieux afin d’y trouver un refuge (gare, commissariats de police, lieux touristiques, etc.). De nombreuses femmes font appel aux proches et à la famille pour être dépannées le temps d’une nuit, voire plus. Une des autres pratiques pour éviter la rue, c’est le recours aux hébergements sociaux ou l’occupation d’un logement illégalement (par exemple, les squats). Pour finir, la prostitution peut être une stratégie de survie pour beaucoup de femmes qui n’ont pas d’endroit où dormir. Effectivement, certaines se prostituent dans le but de dormir chez le client, ainsi le corps devient la monnaie d’échange.<sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup></p>



<p>Finalement, les femmes sans-abri oscillent entre ces différentes pratiques d’évitement et de protection afin de se protéger des dangers de la rue. Par conséquent, <em>« certaines pratiques sont routinisées et organisent leur quotidien »</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup>.</p>



<p><em>« Elles ne vont pas forcément avoir un très long parcours de rue mais plutôt de plusieurs domiciles mais qui sont des solutions d&rsquo;hébergement d&rsquo;abord plutôt famille/amis où ça a un peu tourné et puis ça s&rsquo;est épuisé en lien avec aussi la consommation qui vient prendre place. Ensuite, elles se mettent en couple ou en relation avec des amis, des connaissances pour trouver des solutions d’hébergement. Sauf que, ce sont des solutions avec présence quand même d’avantages en nature avec une prostitution qui se mêle avec la consommation. Donc ce sont des femmes qui sont rarement célibataires en tant que tel, elles ont quand même souvent un compagnon avec lequel il y a des contextes de violence.»</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">Mixité et non-mixité de genre dans les dispositifs d’accueil</h2>



<p>Plusieurs recherches démontrent que de nombreux dispositifs d’accueil pour sans-abris sont couramment pensés sur le modèle masculin, donc dans une optique universaliste qui nie les spécificités des femmes en situation de sans-abrisme. Néanmoins, nous avons pu voir que les femmes ont des parcours spécifiques dû à leur genre. Par conséquent, elles ont besoin d’un accueil spécifique.</p>



<p>À Bruxelles, les centres d’accueil de jour<sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup> et les hébergements d’urgence pour personnes sans-abri sont principalement considérés comme mixtes, mais ils sont majoritairement occupés par des hommes. La présence presque exclusivement masculine constitue un frein pour les femmes de profiter de ces dispositifs. Beaucoup d’entre elles ont subi des violences conjugales et sexuelles de la part d’un ou plusieurs hommes, source de traumatisme face à la figure masculine. Par conséquent, le terme de ‘mixité’ n’est pas juste pour qualifier ces dispositifs d’accueil où il y a une prédominance masculine<sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup>. Le chercheur et sociologue Florent Schmitt explique que <em>« la mixité de genre » crée en réalité de la « non-mixité »</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup><em> </em>puisquela mixité entraîne une domination masculine de l’espace. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cela : le nombre plus élevé d’hommes, la façon dont les hommes arrivent à s’approprier l’espace par leur socialisation genrée, le harcèlement sexiste contre les femmes par les hommes, les évitements féminins de ces structures mixtes, etc. En conclusion, <em>« l’accessibilité a été pensée au masculin-neutre, dans une perspective universelle qui tend à reproduire des inégalités, faute de situer socialement les individus »</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup>.</p>



<p>Ainsi, les discours actuels des travailleurs sociaux bruxellois expriment qu’il y a une <em>« valse-hésitation entre la revendication de la mixité en tant que valeur, principe à défendre, et l’obligation – présentée comme une évidence – de devoir mettre des choses en place pour ‘protéger les femmes’ »</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">18</sup>. Pour ces travailleurs<strong>, l’idéal est de continuer à proposer des lieux et des activités mixtes afin de représenter la réalité de la société.</strong> Cependant, ils sont constamment confrontés aux problématiques spécifiques des femmes sans-abri et veulent créer avant tout un lieu sécurisant pour celles-ci. Ainsi, <strong>malgré le principe de mixité qui est revendiqué et non remis en question dans la plupart des dispositifs d’accueil, <em>« la plupart juge nécessaire voire évident d’aménager l’espace ou de jouer sur les créneaux horaires pour faciliter l’accès aux femmes »</em></strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">19</sup><em>.</em> Ces aménagements spatio-temporels amènent les auteures Marcillat et Maurin<sup class="modern-footnotes-footnote ">20</sup> à créer la notion de <em>‘(non)-mixité’</em>&nbsp;: <em>« Ainsi écrite, elle rompt avec l’opposition généralement établie entre mixité et non-mixité et elle nous permet d’examiner comment se déploient, en situation, des formes de séparation qui recréent de la non-mixité dans des espaces dits mixtes »</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">21</sup>.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="840" height="560" src="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/12/Stephanie-jeune-fille-sdf-pont-davroy.jpg" alt="" class="wp-image-38712" srcset="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/12/Stephanie-jeune-fille-sdf-pont-davroy.jpg 840w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/12/Stephanie-jeune-fille-sdf-pont-davroy-300x200.jpg 300w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/12/Stephanie-jeune-fille-sdf-pont-davroy-768x512.jpg 768w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/12/Stephanie-jeune-fille-sdf-pont-davroy-600x400.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 840px) 100vw, 840px" /><figcaption class="wp-element-caption">photo par Dominique Servais</figcaption><div class="image-licence" style="text-align: right; margin-top: 5px; font-size: 0.8em; color: #666; font-style: italic;">Licence : photo par Dominique Servais</div></figure>
</div>


<p>De ce fait, plusieurs dispositifs bruxellois développent un accueil spécifique aux femmes au sein de leurs structures et sous différentes formes. En effet, étant conscients des différentes problématiques que rencontrent les femmes en raison de leur genre, les travailleurs sociaux ont généralement une intervention spécifique pour les femmes sans-abri. Que ce soit par la mise en place d’espaces ‘femmes’, par l’organisation d’activités dédiées exclusivement aux femmes ou encore par le fait de ne pas accepter les hommes seuls au sein des dispositifs, il y a une intention de « protéger » ce public féminin considéré comme vulnérable à cause de rapports sociaux de genre présents dans la société.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>« Ça ne veut pas dire que tout doit se faire en non mixité ou en mixité choisie, mais qu’il y a des moments pour ça et qu’il y a des moments donnés pour la non-mixité et que c&rsquo;est une manière aussi de ne pas craindre, pour les personnes qui vivent des discriminations et des violences, de subir des agressions, des violences, de pouvoir libérer la parole, de pouvoir travailler sur l&rsquo;estime de soi et la confiance en soi, de réfléchir entre personnes concernées aux problématiques qui nous concernent, de développer des stratégies, de penser à comment est-ce qu&rsquo;on peut faire autrement et puis de revenir après avec ces réflexions, ces pistes de décisions en espace mixte. De tout temps, dans toutes les luttes sociales, toute personne qui vit des discriminations doit avoir la possibilité d&rsquo;avoir cet espace-là. C&rsquo;est pareil dans les luttes des coloniales, les personnes racisées ou non blanches doivent avoir des espaces aussi en non-mixité pour réfléchir à ce qu&rsquo;elles vivent ensemble et sans l’avis des personnes non concernées. C&rsquo;est pareil dans les syndicats ce sont les travailleurs et les travailleuses sans leur direction, c&rsquo;est pareil pour les femmes, c&rsquo;est pareil pour les minorités de genre ou sexuelles et donc c&rsquo;est un peu pour faire comprendre aux personnes que ce n’est pas vouloir prendre le pouvoir mais c’est pour mieux partager le pouvoir et que ces moments-là sont indispensables et complémentaires »</em></p>
<cite>Témoignage d’une travailleuse sociale de l’asbl Dune<sup class="modern-footnotes-footnote ">22</sup></cite></blockquote>



<p>Depuis septembre 2023 et à l’initiative de l’asbl L’Îlot<sup class="modern-footnotes-footnote ">23</sup> un premier centre d’accueil de jour bas-seuil exclusivement féminin a ouvert ses portes. Il permet d’offrir un accueil pensé par et pour les femmes en situation de sans-abrisme. Du nom de <em>Circé</em>, il répond à un besoin essentiel&nbsp;: « <em>proposer à toutes les femmes vivant en rue un espace sécurisé et apaisant, à l’abri des nombreuses violences liées au genre</em> ». En espérant que ce genre d’initiative puisse avoir d’autres échos et inspirer de nouvelles pratiques à travers d’autres régions…</p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Bruss’help est un organisme qui se charge de coordonner les dispositifs d’aide d’urgence et d’insertion aux personnes sans-abri dans la capitale. Tous les deux ans, l’organisme&nbsp; publie un dénombrement sur le sans-abrisme dans la Région de Bruxelles-Capitale. Voir PAQUOT, L., Dénombrement des personnes sans-chez-soi en Région de Bruxelles-Capitale, 7e édition, Rapport de Bruss&rsquo;Help asbl, 2023. Disponible sur <a href="https://www.brusshelp.org/images/Rapport_denombrement_2022_FR.pdf">brusshelp.org</a><a></div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;BLOGIE, E., Sans-abrisme au féminin : Sortir de l&rsquo;invisibilité &#8211; recherche-action sur les violences faites aux femmes les plus précaires (sans abri) et préfiguration d&rsquo;un centre de jour pour femmes, Rapport de l’îlot ASBL, 2022, p. 36. Disponible sur <a href="https://cbcs.be/wp-content/uploads/2022/01/Ilot-asbl-Sans-abrisme-au-feminin-sortir-de-linvisibilite-Rapport-final.pdf">cbcs.be</a></div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;LOISON-LERUSTE, M. et PERRIER, G., Les trajectoires des femmes sans domicile à travers le prisme du genre : Entre vulnérabilité et protection. Déviance et Société, 43(1), 2019, p. 77‑110. Disponible sur <a href="https://doi.org/10.3917/ds.431.0077">https://doi.org/10.3917/ds.431.0077</a></div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;LOISON-LERUSTE, M. et PERRIER, G., Les trajectoires des femmes sans domicile à travers le prisme du genre : Entre vulnérabilité et protection. Déviance et Société, 43(1), 2019, p. 77‑110. Disponible sur <a href="https://doi.org/10.3917/ds.431.0077">https://doi.org/10.3917/ds.431.0077</a></div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem, p. 87.</div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;LOISON-LERUSTE, M. et PERRIER, G., Les trajectoires des femmes sans domicile à travers le prisme du genre : Entre vulnérabilité et protection. Déviance et Société, 43(1), 2019, p. 77‑110. Disponible sur <a href="https://doi.org/10.3917/ds.431.0077">https://doi.org/10.3917/ds.431.0077</a></div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;LOISON-LERUSTE, M. et PERRIER, G., Les trajectoires des femmes sans domicile à travers le prisme du genre : Entre vulnérabilité et protection. Déviance et Société, 43(1), 2019, p. 77‑110. Disponible sur <a href="https://doi.org/10.3917/ds.431.0077">https://doi.org/10.3917/ds.431.0077</a></div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Témoignage d’une travailleuse sociale de l’asbl Dune réalisé dans le cadre de la recherche de DE GENDT, Julie, Un état des lieux du sans-abrisme féminin dans la Région de Bruxelles-Capitale. Réflexions sur la mixité et la non-mixité de genre dans les dispositifs d&rsquo;accueil et d&rsquo;hébergement à destination des personnes sans-abri, Université catholique de Louvain, 2023. Dune est un dispositif pour usagers et usagères de drogues en situation de grande précarité et d’exclusion sociale. La structure centre son intervention sur l’accès aux soins de première ligne et à une aide sociale pour les populations les plus marginalisées. url&nbsp;: <a href="https://dune-asbl.be/">https://dune-asbl.be/</a></div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;MAURIN, M., Femmes sans abri : vivre la ville la nuit. Représentations et pratiques dans Les Annales de la Recherche Urbaine, n°112, 2017, p. 138‑149. Disponible sur <a href="https://doi.org/10.3406/aru.2017.3247">https://doi.org/10.3406/aru.2017.3247</a></div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;BLOGIE, E., op. cit. et MAURIN, M., op. cit.</div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;BLOGIE, E., op. cit. et MAURIN, M., op. cit.</div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;MAURIN, M., op. cit., p. 148.</div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Témoignage d’une travailleuse sociale de l’asbl Transit (DE GENDT, Julie, op. cit.). Transit est un dispositif destiné à des usagers et usagères de drogues licites et illicites et se trouvant dans une situation de précarité. Le dispositif centre principalement son intervention sur l’accueil de jour et l’hébergement d’urgence des personnes. Plus d’infos sur <a href="http://fr.transitasbl.be/">http://fr.transitasbl.be/</a></div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;« Les centres d’accueil de jour constituent la première porte d’entrée dans le secteur, en offrant des services qui répondent aux besoins de base et en proposant un premier accompagnement psycho-social » (BLOGIE, E., op.cit., p.54).</div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;BLOGIE, E., op. cit.</div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Quand la mixité de genre crée de la non-mixité. L’exemple des lieux d’hospitalité dans l’intervention sociale auprès des usager.e.s de drogues, Intervention de Florent Schmitt dans le cadre du Colloque international francophone féministe Genre et travail social, Saison 3, les 10 et 11 juin 2021.</div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;BLOGIE, E., op. cit., p. 57.</div><div>18&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ibidem.</div><div>19&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem, p. 58.</div><div>20&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;MARCILLAT, A. et MAURIN, M., Singularisation, différenciation : pratiques de la (non)mixité dans l’intervention sociale auprès des personnes sans abri dans Nouvelles Questions Féministes, n° 37, 2018, 90-105. Disponible sur <a href="https://doi.org/10.3917/nqf.372.0090">https://doi.org/10.3917/nqf.372.0090</a></div><div>21&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem, p. 92.</div><div>22&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;DE GENDT, Julie, op. cit.</div><div>23&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;« L’Ilot lutte contre le sans-abrisme depuis 60 ans en répondant aux besoins rencontrés par les personnes sans chez-soi ou mal-logées. L&rsquo;asbl développe des projets autour de l&rsquo;accueil d&rsquo;urgence, l&rsquo;hébergement temporaire, le logement, la formation vers l&#8217;emploi et la santé alimentaire ». Voir <a href="https://ilot.be/apropos/">https://ilot.be/apropos/</a> consulté le 27 novembre 2024. L’asbl L’Ilot a également publié une recherche-action sur le sans-abrisme féminin, Sans-abrisme au féminin. Sortir de l’invisibilité (2022), à découvrir ici <a href="https://ilot.be/sans-abrisme-au-feminin-sortir-de-linvisibilite/">https://ilot.be/sans-abrisme-au-feminin-sortir-de-linvisibilite/</a></div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Mauvaise santé et logement &#8211; un cercle vicieux</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/mauvaise-sante-et-logement-un-cercle-vicieux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Nov 2024 11:48:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Nous abordons le thème du logement en mettant en lumière ses impacts multiples sur la santé, bien souvent mise à l’épreuve par des obstacles et des vulnérabilités qui traversent nos sociétés]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p class="titre-trois">Le logement est un thème souvent abordé par Action Vivre Ensemble. Il nous semble important de l’aborder ici en mettant en lumière ses impacts multiples sur la santé, bien souvent mise à l’épreuve par des obstacles et des vulnérabilités qui traversent nos sociétés<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>.</p>



<p>Parler de la santé en lien avec le logement nous amène d’emblée à penser à ceux qui dorment en rue, qui n’ont pas de toit pour s’abriter. De plus en plus nombreux et nombreuses dans nos villes, leur situation interpelle nos capacités individuelles et collectives à accueillir et à veiller à ce que chacun·e dispose d’un toit digne où s’abriter, un chezsoi où vivre dans de bonnes conditions. Ce sujet a été développé dans l’étude qui a servi de support à la campagne d’Avent 2023<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>. Il mérite à lui seul que nous lui consacrions sans relâche des écrits, des interpellations et des actions.</p>



<p>Cette étude se propose de parler d’autres publics, entre autres des <strong>familles</strong>, peut-être moins visibles encore. Ce sont celles et ceux <strong>qui vivent dans des logements qui affectent leur santé physique, psychique ou sociale</strong>. Leur situation est souvent ignorée, car moins perceptible par le grand public, mais aussi leurs voisins, des personnes qu’elles fréquentent. Ce sont de plus en plus souvent des mamans seules, des personnes âgées, des travailleurs ou travailleuses aux bas salaires, des personnes rencontrant la suspicion ou le racisme en raison de leur apparence.</p>



<p>Ce sont aussi celles et ceux qu’on appelle parfois <strong>les «nouveaux visages de la précarité»</strong>, des personnes jeunes qui ont peu de revenus, qui travaillent à temps partiel ou qui ont des contrats temporaires de courte durée qui n’ouvrent pas de droit au chômage, des étudiant·es, des personnes qui ont été licenciées et qui n’arrivent plus à payer les factures ou à rembourser leurs emprunts, etc. Ils et elles appartiennent à un groupe qui était jusqu’à récemment relativement épargné par la grande pauvreté économique et étaient parfois déjà, sans en prendre réellement conscience, dans une situation de précarité, c’est-à-dire, exposés au risque de perdre ce qui permettait de vivre sereinement.</p>



<p>Un incident, quel qu’il soit, les a fait basculer dans une situation de manque chronique de moyens économiques pour faire face aux besoins récurrents du quotidien : une augmentation des frais (les charges locatives, un minerval, des factures à payer, des déplacements, etc.), une diminution de rentrées financières (perte totale ou partielle d’un travail ou d’une bourse d’études, diminution ou refus d’allocations sociales, diminution de l’aide parentale, séparation, etc.). Si l’on regarde plus attentivement leurs histoires de vie, le constat est clair : <strong>bien au-delà « d’accidents de la vie », le problème est fondamentalement systémique</strong>. Il est la résultante de changements structurels, de logiques et de choix quant aux priorités politiques, économiques et sociales face à un ensemble imbriqué de difficultés comme l’inflation du prix des logements et de l’énergie, le manque de logements sociaux, les inondations, la crise sanitaire, l’augmentation du coût de la vie, ainsi que les logiques qu’imposent les nouveaux standards sociaux (téléphone, ordinateurs, systèmes bancaires, etc.) et la culture actuelle de surconsommation.</p>



<p>Ces dernières années, la précarisation croissante de nouveaux pans de la population est à mettre en lien avec l’effritement des structures sociales : fin du plein-emploi, déstructuration et précarisation du marché du travail, délitement des liens sociaux et familiaux, etc. La santé, dont il sera question dans cette étude, est « un révélateur particulièrement sensible de l’ordre social et politique, tant par la manière dont les rapports sociaux se marquent dans les corps – produisant des inégalités sociales de santé – que par la façon dont les institutions politiques organisent la protection, la prévention et les soins – autrement dit ce qui relève des politiques de santé publique<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup> ».</p>



<p>Avant de développer plus spécifiquement la relation entre la santé et le logement, nous proposons de nous pencher sur les définitions de la santé, les facteurs qui l’influencent et les cadres juridiques qui en parlent en Belgique. Nous verrons ensuite, à partir du focus du logement, que le droit à la santé est loin d’être toujours respecté. L’imbroglio des problèmes quotidiens est trop peu considéré comme un tout. Les problèmes sont souvent abordés un par un dans l’espoir d’inverser la spirale négative. Cette étude propose de tirer quelques fils de cet imbroglio de difficultés pour saisir les conséquences de la pauvreté matérielle à partir de l’impact du logement sur la santé, entendue comme un bien-être physique, psychique et social<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>.</p>



<p>Notre exploration des liens entre la santé globale et le logement se fera en mettant en lumière des histoires vécues – ainsi que ce qu’elles suggèrent explicitement &#8211; et à travers différentes formes de révoltes (colère, agressivité, refus de collaborer, auto-exclusion, etc.). Nous irons aussi à la rencontre d’initiatives communautaires, du travail de bénévoles et de professionnels qui démontrent que la solidarité dessine des pistes de solutions et améliore le cours de destinées. La réalisation de ces propositions d’améliorations suggérées par des organisations citoyennes dépend de la volonté politique de l’État, des régions et des communes. Elle est aussi notre responsabilité individuelle et collective.</p>



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<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link has-bleu-vert-background-color has-background wp-element-button" href="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/11/Etude_SanteLogement_AVE2024.pdf">Texte intégral  en PDF</a></div>
</div>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;RONDIA, Karin, Le Chaînon, n°65, décembre 2023.</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir à ce sujet l’étude de campagne, <a href="https://vivre-ensemble.be/publication/  etude-2023-2/">À bout de souffle. Parcours d’obstacles pour un droit au logement</a>.</div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;FASSIN, D., La santé en souffrance dans Les Lois de l’inhospitalité: Les politiques de l’immigration à l’épreuve des sans-papiers, éd. La Découverte, Paris,<br /><br />



1997, p. 107. Disponible sur <a href="https://shs.cairn.info/les-lois-de-l-inhospitalite--9782707127433-page-107?site_lang=fr">shs.cairn.info</a></div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Selon la définition de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. »</div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les cantines solidaires &#8211; démocratie en pratique autour des casseroles</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2024-12/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Nov 2024 09:07:34 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=publication&#038;p=38615</guid>

					<description><![CDATA[Par leurs actions concrètes, des associations impliquées dans les questions alimentaires prouvent qu'un vivre-ensemble peut exister.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Dans le contexte actuel d’incertitudes multiples, de mal-être ambiant et de discours populistes, les initiatives favorisant la participation citoyenne représentent un contre-modèle au repli identitaire et aux discriminations. Souvent méconnues, ces initiatives proposent pourtant des modèles sociopolitiques et économiques inclusifs porteurs d’espoir. Parmi elles, des associations de plus en plus nombreuses voient le jour autour du thème de l’alimentation. Par leurs actions concrètes, elles sont la preuve que peut exister au quotidien, un vivre-ensemble apaisé et enthousiaste, source de bien-être et de belles perspectives pour le futur.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Introduction – l’exemple du Pérou</h2>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-medium"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="267" src="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/11/Femmes-cuisinent-Perou-Christine-Grard-300x267.jpg" alt="Deux personnes coupent de grand quantités de légumes" class="wp-image-38658" srcset="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/11/Femmes-cuisinent-Perou-Christine-Grard-300x267.jpg 300w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/11/Femmes-cuisinent-Perou-Christine-Grard-600x534.jpg 600w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/11/Femmes-cuisinent-Perou-Christine-Grard.jpg 629w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /><div class="image-licence" style="text-align: right; margin-top: 5px; font-size: 0.8em; color: #666; font-style: italic;">Licence : photo par Christine Grard</div></figure>
</div>


<p>Au Pérou, lors de la pandémie de Covid-19, face à l’urgence de nourrir leurs familles en plein confinement, des groupes de femmes se sont organisés pour trouver des vivres et les cuisiner. Elles ont fondé des ‘<em>ollas comunes</em>’ (casseroles communes), un modèle proche des ‘<em>comedores populares’</em> (soupes populaires) qui existent à Lima depuis les années 1980. Contre toute attente, la réponse à cette crise brutale et à une famine aigüe, dans l’un des lieux les plus désertiques au monde, n’a pas été le pillage des magasins et des marchés, mais bien au contraire la solidarité. Des voisines et des voisins se sont rassemblés autour d’une ‘casserole commune’ alimentée par ce que chacun et chacune avait ou pouvait trouver, sans l’aide de l’État ou d’une structure officielle. Ces repas étaient partagés entre les participant.e.s mais aussi avec des familles du quartier les plus en difficulté. Début 2024, soit deux ans après la fin du confinement, plusieurs de ces groupes informels continuent à cuisiner alors que les activités économiques ont repris.</p>



<p>Ce qui fait sens pour les organisatrices, bien au-delà de distribuer de la nourriture dans un contexte économiquement précaire, c’est la rencontre entre voisines et voisins, c’est la bonne humeur qui circule… C’est aussi et surtout offrir la possibilité à des mères de familles en difficulté de s’asseoir un moment, de raconter et d’oser dire les vécus pénibles. Les problèmes pèsent un peu moins lourd lorsque l’on peut les partager… La vie est moins angoissante lorsque l’on n’est pas seul, lorsque l’on est écouté et compris.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="425" height="239" src="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/11/une-femme-cuisine-Perou-Christine-Grard.jpg" alt="Une personne cuisine à l'extérieur dans deux très grandes casseroles." class="wp-image-38661" srcset="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/11/une-femme-cuisine-Perou-Christine-Grard.jpg 425w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/11/une-femme-cuisine-Perou-Christine-Grard-300x169.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 425px) 100vw, 425px" /><div class="image-licence" style="text-align: right; margin-top: 5px; font-size: 0.8em; color: #666; font-style: italic;">Licence : photo par Christine Grard</div></figure>
</div>


<p>À Bruxelles et en Wallonie, des groupes similaires existent dans l’objectif de cuisiner dans un esprit proche de celui du Pérou. À contre-courant des discours qui désignent des boucs émissaires pour justifier les problèmes actuels, ces cuisines de quartier solidaires sont force de propositions lumineuses.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un contexte morose</h2>



<p>Dans cette atmosphère d’incertitudes, de troubles et de crises multiples (économique, politique, sécuritaire, sociale, migratoire, sanitaire et religieuse), de plus en plus de personnes se plaignent du manque de solutions et de ne pas compter pour ceux qui nous gouvernent. Le doute sur la possibilité d’améliorer les conditions de vie crée un climat anxiogène diffus. Ce doute est exacerbé par la globalisation économique et financière ainsi que par un sentiment de déshumanisation lié, entre autres, à une numérisation de plus en plus imposée du fonctionnement de notre société<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>.</p>



<p>Une partie de la population&nbsp;éprouve des difficultés à appréhender et à décoder ce réel. Elle cherche des explications simples et des stratégies d’action qui lui permettent de sortir du sentiment de fatalité et d’impuissance. Elle a tendance à raccrocher son ressenti et ses émotions à des explications aux raisonnements simplistes, volontiers diffusés par les groupes populistes, voire extrémistes<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>. Le malaise social et l’angoisse sont aussi exacerbés par les discours sur la ‘<em>crise des réfugiés</em>’ qui profite des sentiments d’insécurité pour les présenter comme encombrants et menaçants &#8211; particulièrement depuis les attentats qui ont émaillé ces vingt dernières années<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>. La diffusion de discours désignant des groupes boucs émissaires responsables des difficultés et de théories du complot ou de celle du grand remplacement favorisent la méfiance vis-à-vis des institutions officielles et de nombreuses organisations sociales qui sont pourtant aux avant-postes lorsqu’une crise aigüe survient.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>«&nbsp;Ces théories imprègnent les esprits par petites doses, car elles contiennent toujours une part de vérité. Chacun y prend ce qui lui convient et peut y obtenir la réponse qu’il cherchait parfois désespérément&nbsp;: pourquoi il ne trouve pas sa place, pourquoi il échoue, pourquoi le monde va mal, pourquoi il y a des injustices, etc. Certaines personnes se laissent aussi convaincre parce qu’elles savent que, véritablement, des complots existent, ont existé par le passé<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>.&nbsp;»</em></p>
</blockquote>



<p>Ces discours favorisent un repli identitaire basé sur une perte de confiance qui se mue parfois en défiance de ‘l’autre’ et en rejet des acteurs politiques qualifiés d’incompétents voire de corrompus et soumis à divers intérêts au détriment de la population<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>.</p>



<p>Dans ce contexte de méfiance, le vivre ensemble et la recherche de socialisation ont tendance à se réduire à l’adhésion à des groupes dont les membres cherchent une même appartenance et se définissent comme&nbsp;ayant une ‘identité culturelle’ commune. Ce qui les fédère<em> «&nbsp;ce n’est ni une idéologie ni un programme mais une dramaturgie et un climat émotionnel mêlant colère, dégoût, peur et ressentiment<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>&nbsp;».</em> Ces personnes échangent des contenus et discutent sur les réseaux sociaux, s’entraident et s’organisent pour manifester et diffuser leurs points de vue. Certaines ont alors le sentiment de prendre part à une grande aventure collective qui donne une orientation<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup> et des clés de lecture qui distinguent le «&nbsp;proche&nbsp;» de «&nbsp;l’étranger&nbsp;», le «&nbsp;bon&nbsp;» du «&nbsp;mauvais&nbsp;», le&nbsp;«&nbsp;bienvenu&nbsp;» de «&nbsp;l’indésirable&nbsp;», ce qui est à proscrire et ce qui est à rechercher. Leur colère s’oriente vers ceux qui sont désignés comme les profiteurs du système&nbsp;: les demandeurs d’asile, les «&nbsp;étrangers&nbsp;», les chômeurs, les malades et ceux qui les soutiennent, c’est-à-dire les acteurs sociaux et les organismes de défense des droits humains.</p>



<p>Cette vague de radicalisme xénophobe et eurosceptique biaise le débat public, met en doute les valeurs démocratiques de liberté, de solidarité et de fraternité sur lesquelles repose la société et réclame un système autoritaire qui fera une différence de droits entre ceux qui seraient les vrais citoyens et «&nbsp;les autres&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Derrière les discours, des besoins</h2>



<p>Les attentes sur lesquels surfent les discours populistes&nbsp;sont le besoin de sécurité dans un climat d’incertitude, le besoin de reconnaissance et de considération, le besoin de justice, le besoin de pouvoir contrôler activement le fil de sa vie et le besoin de faire communauté avec des personnes sur qui il est possible de compter, à qui l’on peut faire confiance.</p>



<p>Étrangement, ce sont ces mêmes besoins qui font naitre chez certaines personnes le désir d’y répondre par des propositions d’associations inclusives, radicalement opposées à la défiance et au repli sur soi. Ces associations sont souvent petites, à l’échelle d’un quartier ou d’une petite entité, mais chacune participe, à sa façon, à la construction du maillage associatif qui s’érige en barrière au repli identitaire. En Wallonie et à Bruxelles, le nombre important d’associations et leur mise en réseau ainsi que leur travail d’éducation permanente expliquent que l’extrême droite s’y soit moins développée que dans d’autres régions européennes<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des groupes organisés autour de l’alimentation, pour des perspectives positives</h2>



<p>Ces quelques dernières années, sont apparus, en Wallonie et à Bruxelles, des groupes de personnes, des femmes surtout, qui s’organisent pour cuisiner ensemble et proposer des repas à prix démocratique. Leur démarche est une démarche d’émancipation collective, grâce au partage des expériences et des savoirs. Il s’agit comme l’explique Ariane Estenne, présidente du Mouvement ouvrier chrétien (MOC)&nbsp; de permettre aux personnes «&nbsp;de passer d’une position passive, d’un sentiment d’abandon, d’aliénation, de désespoir ou de colère, à une position active d’organisation et d’action collective, et d’être acteurs du changement&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Les Cuisines de Quartier &#8211; Remettons la nourriture de tous les jours&nbsp;au premier plan de l’action publique et communautaire&nbsp;</em></h3>



<p>Le nom «&nbsp;Cuisines de Quartier&nbsp;» &nbsp;est celui d&rsquo;un mouvement pour l’alimentation saine et éthique qui rassemble une dizaine de groupes de personnes aux parcours variés. Ce sont des initiatives relativement récentes. Ces personnes ont en commun l’envie de cuisiner régulièrement à plusieurs, de partager du temps, un budget, des expériences et des savoirs. Les groupes naissent spontanément ou à l’initiative de structures existantes. Chaque groupe&nbsp;choisit&nbsp;la fréquence de ses rencontres, ses recettes, ses sources d’approvisionnement et son mode de fonctionnement. Les plats sont partagés selon le nombre de&nbsp;portions&nbsp;commandées par chaque membre.</p>



<p>Le mouvement défend l’accès de chacun, quel qu’il soit,&nbsp;à une alimentation suffisante et de qualité. Il apparait en Belgique à la suite d’une&nbsp;recherche-action&nbsp; réalisée dans un quartier de Bruxelles de 2015 à 2018, «&nbsp;<em>Favoriser l’accès à une alimentation durable et de qualité pour un public représentatif de la diversité urbaine par l’implantation locale d’un modèle innovant de supermarché coopératif&nbsp;»</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup><em>. </em>Ce mouvement s’inspire aussi des&nbsp;cuisines communautaires&nbsp;qui, partout dans le monde, et depuis la nuit des temps,&nbsp;renforcent les liens entre les gens&nbsp;et permettent de&nbsp;lutter contre la précarité alimentaire. Il peut s’agir par exemple des ‘<em>ollas comunes’</em> et des ‘<em>comedores populares’</em> au Pérou (voir <em>supra</em>), des ‘marmites communautaires’ au Soudan, des cuisines collectives au Québec<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup>, etc.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="533" src="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/11/vonecia-carswell-0aMMMUjiiEQ-unsplash.jpg" alt="" class="wp-image-38664" srcset="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/11/vonecia-carswell-0aMMMUjiiEQ-unsplash.jpg 800w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/11/vonecia-carswell-0aMMMUjiiEQ-unsplash-300x200.jpg 300w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/11/vonecia-carswell-0aMMMUjiiEQ-unsplash-768x512.jpg 768w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/11/vonecia-carswell-0aMMMUjiiEQ-unsplash-600x400.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /><div class="image-licence" style="text-align: right; margin-top: 5px; font-size: 0.8em; color: #666; font-style: italic;">Licence : photo par Vonecia Carswell (unsplash)</div></figure>
</div>


<p>Le mouvement est volontairement hétérogène tant au niveau de l’âge des participantes et des participants que de leurs situations socio-économiques et de leurs bagages culturels. Il est attentif au respect des singularités de chaque personne et de chaque groupe. Tous les groupes qui le souhaitent peuvent intégrer le mouvement des Cuisines de Quartier à la condition que l’objectif soit de cuisiner ensemble des plats pour le quotidien des familles des personnes participantes et que le groupe adhère aux grands principes fondateurs du mouvement&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>La valorisation des compétences et du savoir-faire,</li>



<li>L’entraide et l’apprentissage mutuel,</li>



<li>La non-discrimination de genre, d’apparence, de situation socio-économique, d’appartenances religieuses et culturelles, de situation physique, etc.</li>



<li>L’échange&nbsp;d’outils, de bons plans, de recettes, de techniques, etc.</li>



<li>La mise en commun&nbsp;de problématiques et de solutions pratiques et concrètes,</li>



<li>L&rsquo;expression de revendications,</li>



<li>L’organisation d’actions en faveur de la démocratie alimentaire.</li>
</ul>



<p>De façon plus spécifique, ses objectifs pratiques visent à&nbsp;réduire les coûts et le temps passé à cuisiner, avoir des bons plats “maison” prêts à manger lorsqu’on manque de temps et/ou d’argent, accéder à un espace et à des équipements adéquats pour cuisiner en grande quantité, partager des connaissances et des savoir-faire culinaires et diététiques, lutter contre l’isolement social, les discriminations et les préjugés, s’entraider comme moyen de tisser du lien et de faire plus facilement face à l’adversité et enfin comprendre et agir sur les incohérences du système alimentaire actuel. Au-delà des caractéristiques communes, chaque groupe à ses spécificités. En voici quatre d’entre eux<sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup>. &nbsp;</p>



<p><strong>Les Mosaïques des saveurs.</strong> Fondé à Jette en 2018 par et pour (de manière exclusive) des femmes, il s’agit du plus ancien groupe. Il se réunit deux jeudis par mois avec comme objectifs principaux la découverte d’autres cultures, la rencontre et le partage.&nbsp; Le groupe cuisine aussi des portions solidaires.</p>



<p><strong>«&nbsp;Ça chauffe&nbsp;!&nbsp;». </strong>Ce groupe se réunit tous les mardis depuis 2020. Il est organisé par «&nbsp;l’Espace Social&nbsp;» du centre de Bruxelles et cuisine principalement des invendus. Il est ouvert à tous. L’objectif, outre la rencontre et les échanges entre les participantes et les participants, est de donner aux populations précarisées la possibilité d’accéder à une alimentation de qualité. Cette initiative s’appuie aussi sur l’idée que pour accéder à une alimentation de qualité les ingrédients doivent être produits dans de bonnes conditions, c’est pourquoi le groupe va aussi à la rencontre des maraichers de la région. Dans cette même perspective, il a développé des bacs potagers près de l’endroit où ils cuisinent.</p>



<p><strong>Cucina</strong>. Implantée à Forest, l’une des participantes à l’initiative du projet ouvre sa maison et sa cuisine pour y accueillir le groupe une fois par mois. Parmi les membres, beaucoup de familles dont les enfants sont scolarisés dans la même école. L&rsquo;objectif des participants et des participantes est d’assurer à leurs familles une alimentation saine et équilibrée, bon marché, en utilisant des légumes et des produits de saison. Le groupe prépare également des bocaux qui peuvent être conservés plusieurs semaines&nbsp;: des risottos, du chili, des gratins, des pâtes à tartiner, etc. Ces plats agrémentent le quotidien entre deux rencontres culinaires.</p>



<p><strong>Casa</strong>. Ce groupe de Schaarbeek rassemble principalement des personnes hispanophones deux après-midis par mois. Il cuisine exclusivement des invendus ce qui demande de l’imagination, de la créativité et de la débrouille. Outre la rencontre et le partage d’un bon moment, l’objectif est de réduire les coûts du quotidien.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>&nbsp;Les lieux d’accueil et de partage&nbsp;</em></h3>



<p><strong>Le Café Monde</strong> a été mis en place à Louvain-la-Neuve par des étudiants en collaboration avec BELRefugees<sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup>, une plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés. C’est un lieu et un espace qui s’appuient sur les expériences d’hébergement en famille proposé par la Plateforme et le constat que la vraie compréhension de «&nbsp;l’autre&nbsp;» n’est possible que dans la rencontre. Son but est de créer du lien entre les personnes issues de la migration, quel que soit leur statut, et les personnes qui vivent, travaillent ou étudient à Louvain-la-Neuve.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>«&nbsp;Être sans statut, c’était assez compliqué, assez violent, mais j’ai eu la chance d’être accueilli dans des familles hébergeuses de la Plateforme. Les premières fois dans les familles, ce n’était pas facile. Dans ma tête, à l’époque, il y avait quelque chose qui était différent. Moi, je suis Soudanais, je viens d’une culture qui ne ressemble pas forcément à la culture belge. Les contacts n’étaient pas faciles au début. Mais peu à peu, des liens se créent entre hébergeurs et hébergés. Ça diminue beaucoup le stress et la pression liés au parcours migratoire, à l’incertitude de la situation et à la nécessité de reconstruire une vie dans une société où tu es forcément un étranger&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup>.</em></p>
</blockquote>



<p>Le Café Monde sert des boissons et des « grignotages » du jour (soupe, houmous, smoothies, gâteaux, etc.), qui sont élaborés grâce à la récupération des invendus (boulangerie, légumes, fruits). Le prix des consommations est laissé à l’appréciation de chacun et chaune (participation libre et solidaire) jusqu’à une possible gratuité complète. La consommation n’est pas obligatoire et chacun peut aussi y pique-niquer. Il est aussi possible d’y jouer à des jeux de société, de lire, d’écouter de la musique, d’y organiser des ateliers ou des expos, etc. Il est ouvert à tous et à toutes, les après-midis<sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup>.</p>



<p><strong>La Bavette, restaurant thérapeutique social. </strong>À Sambreville, le restaurant social «&nbsp;La Bavette&nbsp;» est un atelier thérapeutique qui offre un cadre de travail convivial à une douzaine de personnes qui souffrent de mal-être ou de dépression<sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup>. Par le travail en commun et le service aux clients, ce projet contribue à retisser des liens sociaux perdus ou distendus et à remettre le moteur social en route par le biais du travail. Il permet aux participantes et aux participants de se sentir valorisés, d’avoir une meilleure image d’eux-mêmes en retrouvant du plaisir à travailler.&nbsp; La Bavette relève à la fois de l’entreprise économique et sociale et du courant antipsychiatrique. Ce restaurant sans but lucratif confectionne des repas à prix démocratiques pour des personnes qui y trouvent les bienfaits d’une table d’hôtes conviviale.<sup class="modern-footnotes-footnote ">18</sup></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«&nbsp;<em>En se centrant sur la cuisine, en faisant la vaisselle, en nettoyant les légumes, en faisant les comptes ou le service à table, les participants retrouvent un rythme de vie et se sentent mieux une fois qu’ils rentrent chez eux. Des liens se nouent entre eux et les clients. Ils retrouvent une image d’eux-mêmes plus valorisante et se sentent reconnus par le public&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">19</sup></em></p>
</blockquote>



<p><strong>La Marmite, cantine collective à prix libre.</strong> Il s’agit d’un collectif autogéré de cuisine collective qui se réunit une fois par mois à l’ASBL Sans Patron à Liège et qui &nbsp;propose un repas vegan à prix libre. Le choix de son nom traduit le projet&nbsp;: nourrir largement et collectivement, refaire du lien social, de la solidarité entre les différents revenus et les différents groupes d’appartenance. La Marmite est un nom qui traduit une proposition politique&nbsp;… Si « <em>elle [la marmite] est renversée, c’est tout un système qui s’effondre</em> ». &nbsp;Proposer un prix libre est aussi pour les organisateurs une manière de questionner le système capitaliste, de repenser le rapport à l’argent, la valeur des choses et la question du travail.<sup class="modern-footnotes-footnote ">20</sup></p>



<p>Le projet, ainsi que l’ASBL Sans Patron, défend quatre principes&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>La suppression de toute distinction entre dirigeants et dirigés.</li>



<li>La transparence et la légitimité des décisions.</li>



<li>La non-appropriation, par certains, des richesses produites par le collectif.</li>



<li>L’affirmation de l’aptitude des humains à s’organiser sans dirigeant.</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading">Et bien d’autres encore…</h3>



<p>La liste des initiatives est longue et il est impossible de les nommer toutes ici. Il en existe dans de nombreux lieux en Wallonie, à Bruxelles et plus largement en Belgique. Certains de ces projets sont temporaires, d’autres saisonniers, d’autres encore perdurent au fil des mois et des années. Leurs points communs sont d’être inclusifs, de promouvoir la convivialité, le partage, la recherche d’une alimentation saine et abordable pour les budgets étriqués, de rassembler des personnes d’origines socio-économiques et culturelles diverses.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion &#8211; Autour des casseroles, une réponse citoyenne à l’exclusion</h2>



<p>Les crises successives économique, sanitaire, environnementale et politique provoquent de l’anxiété chez de nombreuses personnes. Elles appellent à des décisions fortes et des actes vigoureux, des mesures radicales pour retisser un avenir plus serein. Alors que certains groupes, souvent liés à l’extrême droite, le font en désignant des boucs émissaires, d’autres groupes, comme ceux qui se réunissent pour cuisiner, inventent, par des actions concrètes, des chemins inclusifs pour mieux vivre au quotidien. Ces groupes démontrent le non-sens des exclusions et des discriminations. Ils prouvent que l’accueil, la convivialité, la participation et la solidarité sont des leviers puissants de démocratie citoyenne.</p>



<p>Les initiatives que nous avons présentées font bien plus que lutter contre la faim même si l’accès à une alimentation saine et bon marché est au centre de ces projets. <strong>Ces initiatives sont aussi des interpellations et des propositions politiques adressées aux acteurs sociopolitiques, car nous retrouvons dans leurs chartes et leurs façons de travailler les piliers fondamentaux de la démocratie.</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>La <strong>liberté</strong> de participer, sans condition autre que celle de respecter chacun·e quels que soient ses convictions et ses références culturelles, liberté de parole et et d’expression de ses besoins, etc.</li>



<li>Une <strong>communication</strong> bienveillante claire et transparente.</li>



<li>Une bonne <strong>gouvernance</strong>.</li>



<li><strong>L’égalité</strong>&nbsp;entre les participantes et participants, quels que soient leur situation, statut ou origine culturelle. Des responsabilités partagées, un échange de conseils et de savoirs.</li>



<li>La <strong>solidarité</strong>, <strong>l’entraide</strong> et la <strong>confiance</strong> comme postulats de base pour créer du lien social, du dialogue, des échanges et faire vivre un projet commun.</li>
</ul>



<p>Ces acteurs tracent la voie pour une politique du <em>care<sup class="modern-footnotes-footnote ">21</sup>,</em> c’est-à-dire prendre soin de chacun et de la société en tant que collectif. Elles et ils insistent sur <strong>l’importance d’écouter et de prendre en compte les suggestions de ceux qui dans l’ombre construisent concrètement le socle d’un projet d’avenir et d’une société multiculturelle inclusive et pacifiée.</strong></p>



<p></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;GIRAUD, Gaël, Composer un monde en commun, Paris, éd. Seuil, 2022.</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;IPPERSIEL, C., Le retour de l’extrême droite chez les jeunes, Oxfam, 2024. Disponible sur <a href="https://oxfammagasinsdumonde.be/le-retour-de-lextreme-droite-chez-les-jeunes/">oxfammagasinsdumonde.be</a> Polarisation sociale et extrémismes (violents) : quels constats en Belgique francophone ?, Fédération Wallonie-Bruxelles, 2022, p. 32-36. Disponible sur <a href="https://extremismes-violents.cfwb.be/actualite/news/polarisation-sociale-et-extremismes-violents-quels-constats-en-belgique-francophone/">extremismes-violents.cfwb.be</a></div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;COOLSAET, R., Terrorismes et radicalisations à l’ère post-Daech, Revue internationale de criminologie et de police technique et scientifique, n°3, 2019, p. 341.</div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Polarisation sociale et extrémismes (violents) : quels constats en Belgique francophone ?, Fédération Wallonie-Bruxelles, 2022, p.32.</div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem, p. 34.</div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Guillaume Lohest cité par Simon-Pierre de Montpellier dans&nbsp;Petit manuel de résistance à l’extrême-droite, 2024. Disponible sur <a href="https://www.centreavec.be/plaidoyer/petit-manuel-de-resistance-a-lextreme-droite/">centreavec.be</a></div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Polarisation sociale et extrémismes (violents) : quels constats en Belgique francophone ?, Fédération Wallonie-Bruxelles, 2022, p.33.</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;BALEMBA BATUMIKE, Patrick, La montée de l’extrême droite, ses conséquences pour la démocratie en Europe,Justice &amp; Paix, &nbsp;septembre 2024. Disponible sur <a href="https://www.justicepaix.be/la-montee-de-lextreme-droite-ses-consequences-pour-la-democratie-en-europe/">justicepaix.be</a></div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ariane Estenne citée par Simon-Pierre de Montpellier dans&nbsp;Sommes-nous vraiment démocrates&nbsp;?, Centre Avec, 2023. Disponible sur <a href="https://www.centreavec.be/dossier/sommes-nous-vraiment-democrates/">centreavec.be</a></div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem.</div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La recherche-action Falcoop est une recherche participative menée en partenariat entre BEES coop et le Centre d’Etudes Economiques et Sociales de l’Environnement (CEESE) de l’Université libre de Bruxelles. Elle avait pour objectif de favoriser, puis consolider, l’ancrage du supermarché coopératif dans un quartier urbain multiculturel. Pour plus d’informations sur cette recherche, voir <a href="https://falcoop.ulb.be/qui-sommes-nous/">falcoop.ulb.be</a></div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le&nbsp;Réseau des Cuisines Collectives&nbsp;du Québec est né dans les années 1970 à l’initiative de trois femmes. Il existe actuellement&nbsp;1.400 groupes qui cuisinent plus de 1,5 million de rations chaque année.&nbsp;</div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Une présentation de tous les groupes est accessible en ligne sur le site des cuisines de quartier <a href="https://cuisinesdequartier.be/fr/">cuisinesdequartier.be</a></div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Projet soutenu par Action Vivre Ensemble en 2023. Pour plus de détails sur la plateforme, voir <a href="https://vivre-ensemble.be/association/belrefugees/">Belrefugees</a></div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Témoignage d’un participant (traduit par un bénévole arabophone de l’équipe du Café Monde) et publié par <a href="https://vivre-ensemble.be/association/belrefugees/">Action Vivre Ensemble</a></div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.facebook.com/LeCafeMonde">facebook.com/LeCafeMonde</a></div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ces personnes sont envoyées soit par l’hôpital d’Auvelais, soit par un médecin traitant ou un service social, ou viennent de leur propre initiative.</div><div>18&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;GENTILE, Laura, Auvelais&nbsp;: l’atelier thérapeutique du CHRSM se réinvente, Télésambre, 2022. Voir <a href="https://www.telesambre.be/info/auvelais-latelier-therapeutique-du-chrsm-se-reinvente/51692">telesambre.be</a></div><div>19&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Témoignage de Anne-Marie Dufour, psychologue, cité par Laura Gentile (<a href="https://www.telesambre.be/info/auvelais-latelier-therapeutique-du-chrsm-se-reinvente/51692">telesambre.be</a>)</div><div>20&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir&nbsp; <a href="https://sanspatron.be/2022/marmite/">sanspatron.be</a></div><div>21&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Projet politique proposé par Joan Tronto, politologue américaine dans Un monde vulnérable – pour une politique du Care, éd. La Découverte, 2009.</div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Précarité menstruelle : Bousculons les règles !</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2024-11/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Nov 2024 10:24:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Le sujet des règles est encore tabou aujourd’hui. Si en parler ouvertement n’est pas encore à l’ordre du jour, cela l’est encore moins pour des milliers de belges qui sont touchés par ce que l’on appelle la ‘précarité menstruelle’]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Les règles… un sujet encore tabou aujourd’hui pour lequel les synonymes ne manquent pas ! Si en parler ouvertement n’est pas encore à l’ordre du jour, cela l’est encore moins pour des milliers de belges touchés par ce que l’on appelle la ‘précarité menstruelle’. Dans cette analyse, nous en aborderons les conséquences et nous nous pencherons sur les revendications des acteur·trices qui luttent au quotidien pour une meilleure santé menstruelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une nouvelle forme de précarité</h2>



<p>Si les règles concernent directement la moitié de la population mondiale, elles sont encore trop souvent associées à quelque chose de sale et/ou à cacher.</p>



<p>En Belgique, la population menstruée représente 23,5% de la population totale, soit près de 3 millions de personnes. Le début des règles ayant lieu vers l’âge de 12-13 ans et la ménopause (c’est-à-dire la fin des règles) aux alentours de 50 ans, on estime qu’une vie menstruelle dure plus ou moins 38 ans et que cela représente environ plus de 500 cycles menstruels<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>. Sans surprise, ces menstruations ont un coût non négligeable (achats de protections et de médicaments, visites chez le gynécologue, etc.). Pour les personnes en situation de précarité, elles représentent donc une charge financière et mentale supplémentaire. En effet, de nombreuses personnes en situation de pauvreté sont confrontées à ce qu’on appelle la précarité menstruelle qui les empêche d’accueillir chaque mois leurs règles de façon digne et confortable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une précarité financière, mais pas que</h2>



<p>Il semble évident que la cause principale de la précarité menstruelle soit l’aspect financier&nbsp;: on estime qu’une personne menstruée dépense une dizaine d’euros par mois représentant un montant d’environ 5300€ au cours de la vie menstruelle<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>. Pourtant, la précarité menstruelle n’est pas seulement une précarité financière. En effet, comme toute autre forme de précarité, elle est due à de multiples facteurs et déterminants sociaux qui ont trait à l’éducation, l’accès à des infrastructures, de droits, d’égalité de genres et de santé publique. Dès lors, nous suivrons la définition proposée par Synergie Wallonie pour l’égalité entre les femmes et les hommes ASBL<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup> :</p>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column ligne-gauche-normal is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p><em>La précarité menstruelle, c’est : </em></p>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>La difficulté, voire l’impossibilité rencontrée par les filles et femmes d’accéder, principalement pour des raisons financières, à des protections périodiques adaptées, de leur choix, et en suffisance.</em></li>



<li><em>Le manque d’accès à : </em>
<ul class="wp-block-list">
<li><em><strong><em>Des sanitaires</em></strong> permettant l’utilisation sécurisée et hygiénique des produits périodiques&nbsp;;</em></li>



<li><em><strong><em>Des soins et diagnostics adaptés</em></strong> aux douleurs et aux maladies liées au cycle menstruel&nbsp;;</em></li>



<li><em><strong><em>De l’information précise et accessible</em></strong> sur le cycle menstruel et les menstruations permettant à toutes de vivre leurs menstruations en toute sécurité et dignité.</em></li>
</ul>
</li>
</ul>
</div>
</div>



<p></p>



<p>Si l’aspect économique de la précarité menstruelle est évident, il est bien de se rappeler que la santé menstruelle est également une question de santé publique qui mérite d’être traitée à l’échelle nationale. En effet, il est important de rappeler que la précarité touche plus particulièrement les femmes victimes de double, triple voire quadruple peines en fonction de &nbsp;leur origine sociale, ethnique ou encore de leur situation économique. La précarité menstruelle constitue donc un problème supplémentaire pour les personnes menstruées déjà fragilisées par le système<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>. Parmi les personnes menstruées en situation de précarité, les personnes sans-abris, sans papiers, migrant.es ou incarcérées auront d’autant plus de mal à avoir accès aux protections, à l’information (barrière de la langue, peu d’accès à l’éducation,…) et à des infrastructures propres et sécurisées pour se changer de façon digne. Dès lors, être en situation de précarité menstruelle ne permet pas d’avoir une bonne santé menstruelle<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup> ce qui peut dans certains cas avoir de graves conséquences sur la santé mentale et physique des personnes menstruées.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conséquences de la précarité menstruelle</h2>



<p>Pour pallier la difficulté de se procurer des protections hygiéniques, les personnes en situation de précarité ont recours à diverses stratégies pour limiter les dépenses&nbsp;: demander de l’argent ou des protections à d’autres personnes ou dans la rue, le vol, l’utilisation de papier toilette ou de mouchoirs, l’achat de produits de mauvaise qualité, la réutilisation des protections hygiéniques, une faible fréquence de change, l’utilisation de couches pour enfants ou devoir porter des vêtements tachés…<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>. Certaines de ces pratiques sont évidemment dangereuses car elles augmentent le risque de maladies et d’infections tel que le choc toxique, infection potentiellement mortelle causée par une bactérie qui peut survenir lorsqu’une personne ne change pas de protections toutes les 4h à 6h<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>.</p>



<p>Ces problèmes de santé sont principalement liés au manque d’accès aux soins, aux conseils et à l’information et au fait qu’il y a encore trop peu d’éducation à ce sujet dans les établissements scolaires et autres lieux publics. Heureusement, des progrès ont été réalisés dans le domaine de l’éducation mais cela reste insuffisant pour lutter contre la précarité menstruelle. En effet, selon l’étude menée par Synergie Wallonie, seulement 40% ont reçu de l’éducation formelle<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup> aux menstruations<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>.</p>



<p>Outre les problèmes de santé, la précarité menstruelle est responsable également de décrochage scolaire et d’exclusion sociale&nbsp;: lorsqu’une personne en situation de précarité menstruelle ne peut pas se procurer des protections adaptées et en suffisance, elle est parfois contrainte de rester chez elle et donc, de manquer l’école, le travail et autres activités. À cela s’ajoute parfois un sentiment de honte dû à la stigmatisation des règles et de la précarité. La précarité menstruelle engendre donc des conséquences aussi bien sur la santé physique que sur la santé mentale (stress, anxiété) lorsqu’il faut par exemple faire le choix entre se nourrir ou acheter des protections<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des associations qui changent les règles</h2>



<p>Il existe des associations actives dans la lutte contre la précarité menstruelle. Malheureusement, ces acteurs de terrain restent encore trop peu connus et souffrent d’un manque de visibilité. Selon Synergie Wallonie, seulement 5% des personnes en situation de précarité menstruelle font appel aux associations de terrain<sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup>. Parmi ces initiatives, il y a :</p>



<p><em>BruZelle </em>est une association de lutte contre la précarité menstruelle et contre le tabou des règles depuis 2016. L’association a&nbsp; trois missions principales : la collecte et la distribution de protections hygiéniques, la sensibilisation et l’éducation ainsi que le conseil et l’expertise<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup>. BruZelle offre différentes façons de s’investir dans la lutte contre la précarité menstruelle notamment en devenant point de collecte<sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup>. Toute personne ou association (CPAS, club de sport, etc.) qui le souhaite peut demander à être un point de collecte et ainsi récolter des protections hygiéniques et du tissu. BruZelle organise également des ateliers de confection de trousses en tissu d’une part et de remplissage de trousse avec des protections d’autre part. Les relais locaux (associations, ONG) peuvent se porter volontaires pour distribuer les trousses remplies aux personnes en situation de précarité menstruelle.</p>



<p>Dans le même ordre d’idée, <em>Soralia</em> en collaboration avec les <em>Centres de Planning Familiaux</em> ont lancé le projet <em>Sang Souci</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup> dont la principale mission est la récolte et la distribution de protections hygiéniques aux personnes précarisées. De ce projet découlent trois objectifs: l’apport d’une aide concrète sur le terrain via la distribution des protections, le renforcement des liens et la solidarité entre les différents acteurs de terrain mais également la sensibilisation du grand public sur les risques liés à la précarité menstruelle. Le projet Sang Souci insiste sur le fait que toutes les femmes et personnes menstruées doivent avoir accès aux soins de manière égale et qu’il est impératif de lutter contre la responsabilisation excessive des personnes menstruées<sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup>.</p>



<p>Le collectif <em>Belges et Culottées</em> lutte quant à lui contre la taxation des protections hygiéniques et leurs prix encore trop élevés. La principale action de Belges et Culottées est de mener un plaidoyer politique au niveau fédéral via une pétition largement diffusée au sein de notre pays<sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup>.</p>



<p>Le relais politique de ces associations et organismes de terrain est crucial afin de rendre compte de la précarité menstruelle à la fois au niveau politique via des interpellations mais également au niveau de la société civile via l’éducation dès le plus jeune âge<sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup>. C’est notamment grâce à la pression du secteur associatif qu’en 2017, la “taxe tampon” (la TVA sur les tampons) est passée de 21% à 6% en Belgique<sup class="modern-footnotes-footnote ">18</sup>. Bien que cela reste insuffisant pour éradiquer la précarité menstruelle, il est important de souligner cette avancée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelles pistes pour l’avenir ?</h2>



<p>Les revendications du secteur associatif et des organismes luttant pour la santé menstruelle sont claires<sup class="modern-footnotes-footnote ">19</sup>. Tout d’abord, il est nécessaire d’aborder la question de la précarité menstruelle dans sa globalité. Il est important de rappeler que la précarité menstruelle est un enjeu de santé publique qui nous concerne toutes et tous et pas un sujet de niche. Dès lors, le secteur associatif a proposé des actions concrètes à entreprendre telles que&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Renforcer l’accès à des protections hygiéniques en diminuant leur coût d’une part et d’autre part, en favorisant la distribution de protections dans les espaces publics puisque l’aspect économique est le principal frein à une bonne santé menstruelle.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Renforcer l’accès à l’information et à l’éducation sur la santé menstruelle mais également sur tous les aspects du cycle menstruel. Cela passe par le fait d’augmenter et d’améliorer le contenu, la sensibilisation et l’éducation aux menstruations dans les établissements scolaires et ailleurs, par une meilleure formation des professionnels de la santé et des acteur.trices de première ligne ou encore par la création d’espaces de discussion.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Renforcer l’accès à des sanitaires adaptés, c’est-à-dire propres, intimes et sécurisés (portes, poubelles, évier,…) dans les écoles, la rue et autres espaces publics. Il faut également rénover les infrastructures et informer sur les sanitaires publics tout en assurant leur gratuité.&nbsp;</li>
</ul>



<p>Ensuite, il est important de visibiliser et de soutenir les associations et organismes luttant contre la précarité menstruelle. D’une part, en valorisant les actions menées et les services proposés par ces associations et d’autre part, en les aidant à couvrir leurs besoins en palliant le manque de financement et de main d’œuvre<sup class="modern-footnotes-footnote ">20</sup>.</p>



<p>Finalement, il est impératif de prendre des mesures aux niveaux fédéral et régional de sorte que le sujet de la santé menstruelle soit abordé de façon structurelle notamment via la gratuité des protections hygiéniques (voir encart).</p>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column red-message is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h3 class="wp-block-heading">Gratuité des protections hygiéniques : testé et approuvé</h3>



<p>L’accès aux protections hygiéniques doit être considéré comme un droit fondamental<sup> </sup>et est l’un des principaux leviers pour lutter contre la précarité menstruelle. Certains pays ont déjà pris des mesures parfois inédites et sans précédent. C’est le cas du Parlement autonome d’Ecosse qui, en février 2020, a voté pour l’élaboration d’un projet de loi visant la gratuité des protections hygiénique. Cette loi inédite est finalement entrée en vigueur le 15 août 2022. Depuis cette date, il est possible de se procurer des protections gratuitement dans toutes les institutions éducatives et au sein des collectivités locales (pharmacies, mairies, bibliothèques, piscines,…). Monica Lennon, qui a rédigé la loi, a rapidement souligné les <strong>effets positifs</strong> sur la population écossaise et au sein d’autres nations. En effet, selon l’autrice, cette loi a permis un <strong>changement culturel massif</strong> ainsi qu’une <strong>déstigmatisation autour des règles</strong>. En outre, suite à cette loi, des pays tels que la Nouvelle-Zélande et la Corée du Sud ont instauré la gratuité des protections dans les établissements scolaires tandis que d’autres pays envisagent de voter des lois similaires. En Angleterre et en Australie, toutes les toilettes des écoles sont munies de distributeurs de protections hygiéniques. Il est important de mentionner que le public estudiantin est fortement touché par la précarité menstruelle. Cela démontre également que la mise en place de ce type de mesure est fondamental pour <strong>lutter contre la double peine subie par les personnes menstruées : les inégalités de genres et l’aspect financier liés aux menstruations.</strong> D’autres initiatives ont également pris place par exemple en Irlande où la chaîne de magasins LIDL offre 1 boite de protections par mois aux personnes précarisées.<sup class="modern-footnotes-footnote ">21</sup></p>
</div>
</div>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;LEJEUNE, R., Précarité menstruelle: où en est la Belgique ? dans Famille, Culture et Education, analyse 427, 2021. Disponible sur <a href="https://www.cpcp.be/wp-content/uploads/2021/04/precarite-menstruelle.pdf">https://www.cpcp.be/wp-content/uploads/2021/04/precarite-menstruelle.pdf</a></div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;TOUKABRI, M., Précarité menstruelle : Ça coûte combien les règles dans la vie d’une femme ? dans Calepin, 2019. Disponible sur &nbsp;<a href="https://calepin.be/precarite-menstruelle-ca-coute-combien-les-regles-dans-la-vie-dune-femme/">https://calepin.be/precarite-menstruelle-ca-coute-combien-les-regles-dans-la-vie-dune-femme/</a></div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;MULLENS, L., La précarité menstruelle en Fédération Wallonie-Bruxelles. Rapport d’enquête, Synergie Wallonie pour l’égalité entre les femmes et les hommes asbl, 2022. Disponible sur <a href="https://synergie-wallonie.org/wp-content/uploads/2022/07/Rapport-Precarite-Menstruelle-Synergie-Wallonie.pdf">https://synergie-wallonie.org/wp-content/uploads/2022/07/Rapport-Precarite-Menstruelle-Synergie-Wallonie.pdf</a></div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Égalité entre les femmes et les hommes en Wallonie &#8211; Revenus, pauvreté et dépendance financière des Wallonnes et des Wallons, Cahier 4, IWEPS, 2019. Disponible sur <a href="https://www.iweps.be/wp-content/uploads/2019/10/HF-Cahier4.pdf">https://www.iweps.be/wp-content/uploads/2019/10/HF-Cahier4.pdf</a></div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La santé menstruelle se définit comme «&nbsp;un état de bien- être physique, mental et social en relation avec le cycle menstruel et comprend l’accès à l’information, l’accès aux produits menstruels, l’accès aux soins et traitements pour les troubles et maladies liées au cycle menstruel, l’accès à un environnement positif et dépourvu de tabous et enfin, le libre choix de participer à toutes les sphères de la vie pendant toutes les phases du cycle menstruel&nbsp;». (MULLENS, L., op.cit., p. 23).</div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem.</div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Faudrait pas s’en tamponner : C’est quoi le choc toxique&nbsp;?, Inserm, 2020. Disponible sur <a href="https://www.inserm.fr/c-est-quoi/faudrait-pas-en-tamponner-c-est-quoi-choc-toxique/">https://www.inserm.fr/c-est-quoi/faudrait-pas-en-tamponner-c-est-quoi-choc-toxique/</a></div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L’éducation formelle se définit comme «&nbsp;l’enseignement organisé et dispensé à l&rsquo;école et qui est explicitement désigné comme apprentissage (en termes d&rsquo;objectifs, de temps ou de ressources). L&rsquo;apprentissage formel est intentionnel de la part de l&rsquo;apprenant; il débouche généralement sur la validation et la certification». Voir <a href="https://www.grainesdepaix.org/fr/ressources/dictionnaire/education-formelle-non-formelle-informelle">https://www.grainesdepaix.org/fr/ressources/dictionnaire/education-formelle-non-formelle-informelle</a>.</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;MULLENS, L., op.cit.</div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;MARTINEZ, V., ‘Je mange ou je saigne&nbsp;?’ Le tabou de la précarité menstruelle dans Politique, n° 124, 2024. Disponible sur https://www.revuepolitique.be/je-mange-ou-je-saigne/</div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;MULLENS, L., op.cit.</div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.bruzelle.be/fr/">https://www.bruzelle.be/fr/</a></div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L’ensemble des points de collecte est disponible ici : <a href="https://www.bruzelle.be/fr/points-de-collecte/">https://www.bruzelle.be/fr/points-de-collecte/</a></div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://lesassociationssolidaris.be/portfolio-items/sang-souci/">https://lesassociationssolidaris.be/portfolio-items/sang-souci/</a></div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://lesassociationssolidaris.be/portfolio-items/sang-souci/">https://lesassociationssolidaris.be/portfolio-items/sang-souci/</a></div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://belgesetculottees.jimdofree.com/">https://belgesetculottees.jimdofree.com/</a></div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;LEJEUNE, R., Précarité menstruelle: où en est la Belgique ? dans Famille, Culture et Education, analyse 427, 2021. Disponible sur <a href="https://www.cpcp.be/wp-content/uploads/2021/04/precarite-menstruelle.pdf">https://www.cpcp.be/wp-content/uploads/2021/04/precarite-menstruelle.pdf</a></div><div>18&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Fin de la taxe tampon: le taux de TVA des produits d’hygiène féminine passe à 6%, RTBF, 6 octobre 2017. Disponible sur <a href="https://www.rtbf.be/article/fin-de-la-taxe-tampon-le-taux-de-tva-des-produits-d-hygiene-feminine-passe-a-6-9728820">https://www.rtbf.be/article/fin-de-la-taxe-tampon-le-taux-de-tva-des-produits-d-hygiene-feminine-passe-a-6-9728820</a></div><div>19&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;MULLENS, L., op.cit.</div><div>20&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;MULLENS, L., op.cit.</div><div>21&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sources : LEJEUNE, R., op. cit.,<br /><br />



RAVIT, M., La précarité menstruelle en Afrique subsaharienne: une question taboue, 2021.<br /><br />



L’Écosse ouvre la voie à la gratuité des protections périodiques pour toutes les femmes, RTBF, 26 février 2020. Disponible sur <a href="https://www.rtbf.be/article/l-ecosse-ouvre-la-voie-a-la-gratuite-des-protections-periodiques-pour-toutes-les-femmes-10441721">rtbf.be/article/l-ecosse-ouvre-la-voie-a-la-gratuite-des-protections-periodiques-pour-toutes-les-femmes-10441721</a><br /><br />



L’Écosse montre la voie en offrant un accès gratuit aux protections périodiques dans Courrier international, 2022. Disponible sur <a href="https://www.courrierinternational.com/article/sante-publique-l-ecosse-montre-la-voie-en-offrant-un-acces-gratuit-aux-protections-periodiques">courrierinternational.com/article/sante-publique-l-ecosse-montre-la-voie-en-offrant-un-acces-gratuit-aux-protections-periodiques</a><br /><br />



Ecosse &#8211; Les produits menstruels seront disponibles gratuitement dès lundi, La Presse, 13 août 2022. Disponible sur <a href="https://www.lapresse.ca/international/europe/2022-08-13/ecosse/les-produits-menstruels-seront-disponibles-gratuitement-des-lundi.php">lapresse.ca/international/europe/2022-08-13/ecosse/les-produits-menstruels-seront-disponibles-gratuitement-des-lundi.php</a><br /><br />



De la précarité à la santé menstruelle, Conseil Wallon de l’Egalité entre Hommes et Femme, avis n°84, 2021. Disponible sur <a href="https://www.cesewallonie.be/sites/default/files/uploads/avis/CWEHF_84_1.pdf">cesewallonie.be/sites/default/files/uploads/avis/CWEHF_84_1.pdf</a> </div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Conjointes-aidantes en agriculture… Le statut de la Liberté ?</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2024-09/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Oct 2024 12:43:37 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=publication&#038;p=38451</guid>

					<description><![CDATA[Il n’est plus rare de voir des femmes prendre la tête d’exploitations agricoles… Grâce à la création du statut de ‘conjoint aidant’ ?]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="chapo">L’agricultrice est-elle l’avenir de l’agriculteur ? Si l’on sait depuis Aragon et Ferrat que « La femme est l’avenir de l’homme », le monde agricole reste, de son côté, &nbsp;conservateur. Mais, à son rythme, il avance et il n’est plus rare de voir des femmes (30% actuellement) prendre la tête d’exploitations agricoles… Grâce à l’évolution de la société ou grâce à la création du statut de ‘conjoint aidant’ ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Maman, sans profession&nbsp;? Ils ont dû se tromper</h2>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Le jour du mariage de ma sœur, un détail m’avait particulièrement frappée. Au moment de l’office civil, j’avais retenu cette phrase: ‘Louisette Labbé, employée de commerce, fille de Henri Labbé, agriculteur, et de Francine Boulin, son épouse, sans profession’. Je chuchotai à l’oreille de mon mari ‘Maman, sans profession ? Ils ont dû se tromper.’ Je vis aussi le visage de maman se crisper. Elle non plus n’était pas restée insensible à ces mots. Et pour cause ! Chaque jour, elle travaille plus de dix heures sur l’exploitation familiale, 7 jours sur 7, sans compter les heures consacrées à son foyer. Et, soudain, elle se voyait officiellement sans profession.</p>
<cite>Témoignage d’une agricultrice bretonne<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup></cite></blockquote>



<p></p>



<p>Anne-Marie Crolais, agricultrice bretonne, relatait ce témoignage en 1982<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>, reflet d’une époque genrée. Ce n’est plus hier mais ce n’est pas il y a un siècle non plus.&nbsp; C’était en France mais la situation y était tout aussi semblable que chez nous.</p>



<p>Près de 50 ans plus tard, nous nous trouvons à la collision de deux problématiques&nbsp;: jamais comme aujourd’hui, l’agriculture, spécialement l’agriculture familiale, n’a été aussi malmenée dans nos pays&nbsp;; jamais comme aujourd’hui, la question de l’égalité des genres ne s’est posée avec autant de force.</p>



<p>À l’heure actuelle, force est de constater que les exploitations agricoles indépendantes disparaissent régulièrement au profit de la concentration toujours plus grande des terres entre les mains de multinationales. Les <em>Chiffres clés de l’agriculture 2023</em> de Statbel<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup> rappellent que, depuis les années 80, la superficie moyenne des exploitations a triplé dans le même temps que le nombre de ces exploitations était réduit de moitié. On est ainsi passé de 110.000 exploitations en Belgique (40.000 en Wallonie) en 1980 à 40.000 en 2020 à l’échelle nationale (moins de 20.000 côté wallon), soit encore une réduction de 2,3% en 2022 par rapport à l’année précédente. Quant à la question du genre, en 2020, 85% des agriculteurs étaient des hommes et&nbsp;15% des femmes. Cette proportion est restée stable au cours des dernières années<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un statut qui ne fait pas tout</h2>



<p>L’évolution la plus marquante en termes de reconnaissance sociale pour les femmes actives en agriculture est celle qui est faite sur le plan juridique par l’existence du statut de conjoint aidant, c’est-à-dire une personne qui apporte une aide effective dans l&rsquo;affaire de son conjoint ou partenaire indépendant (régulièrement ou au moins 90 jours par an)<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>.</p>



<p>Il existe toutefois, au-delà de la reconnaissance juridique, une série de critères moins objectivables pour définir le manque de reconnaissance des agricultrices. Ils sont pointés par Astrid Ayral<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>, chargée de mission à la Fugea (Fédération unie de groupements d’éleveurs et agriculteurs)&nbsp;:</p>



<div class="wp-block-columns fond-bleu is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h3 class="wp-block-heading"><p>Quelques chiffres wallons</p></h3>



<ul class="wp-block-list">
<li><p> Les <strong>femmes représentent 29% de la main-d’œuvre</strong> régulière au sein des exploitations agricoles contre 34% début des années 90.</p></li>



<li><p><strong>Les hommes sont à la tête de 84% des exploitations.</strong></p></li>



<li><p><strong>Trois femmes sur dix sont cheffes</strong> d’exploitation et gèrent des fermes plus petites que leurs homologues masculins (environ 41 ha/exploitation contre 60 ha).</p></li>



<li><p><strong>Le statut de conjoint aidant est occupé à 78,8% par des femmes</strong> et à 21,2% par des hommes. </p></li>



<li><p><strong>Seules 12% des femmes ont suivi une formation agricole</strong> complète et la majorité (74%) disposent uniquement d’une expérience pratique. </p></li>
</ul>



<p class="has-text-align-left">Données issues de la fiche Genre en agriculture, État de l’agriculture wallonne, SP Wallonie, mise à jour 28 juillet 2022.</p>
</div>
</div>



<p><strong>La répartition des tâches.</strong> «&nbsp;<em>Au sein des exploitations, le mode de production conjugal fonctionne selon une répartition genrée des tâches. (…) Cette répartition ne semble pas se faire selon les statuts juridiques des membres du couple exploitant</em>.&nbsp;» Toutefois, elle ne semble pas vécue par les agricultrices comme ‘<em>subie’</em> mais souvent comme ‘<em>naturelle’</em>. Une étude de l’ULiège-Gembloux Agro Bio Tech de 2014<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>, effectuée auprès de 75 exploitations wallonnes, met en évidence cette très grande différence de répartition entre, d’une part, les tâches manuelles, et, d’autre part, les tâches administratives. Par exemple, le travail au champs est presque exclusivement opéré par les hommes (environ 90%) alors que le travail lié à la traite ou au nourrissage du bétail est féminin (45%). En revanche, 70% des décisions sont prises de manière conjointe par les époux et 49% des mesures sont mises en œuvre conjointement. De même, les femmes sont majoritaires à gérer le volet administratif (56%) tandis que le suivi avec les banques, la comptabilité, les fournisseurs, les clients et la gestion du personnel est dans 30% à 40% des cas assumés conjointement.</p>



<p> «&nbsp;<em>Ce sont plus les hommes qui sont sur les tracteurs et les femmes qui traient ou nourrissent les veaux&nbsp;: ce n’est pas discriminatoire, c’est une question d’affinités et d’organisation du couple, comme pour toute tâche ménagère. Le fait de signer les documents des emprunts bancaires rend aussi mécaniquement les femmes plus responsables. Le plus important ce ne sont pas les tâches physiques ou les mots, c’est le pouvoir de décision.&nbsp;Mais cela reste un milieu macho</em> » nous explique Marianne Streel, présidente de la FWA (Fédération wallonne de l’agriculture).<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p></p>
</blockquote>



<p><strong>La persistance des stéréotypes sexistes </strong>«&nbsp;<em>s’exprime particulièrement dans les relations avec les professionnels encadrant le secteur. Habitués à discuter avec le ‘patron’, les représentants négocient rarement avec les femmes</em>».<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup></p>



<p><strong>L’importance de l’origine sociale. </strong><em>«&nbsp;Le système de hiérarchie au sein du monde agricole est complexe et dépasse largement le ‘simple’ rapport de domination entre hommes et femmes</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>.Astrid Ayral rapporte ainsi également ‘<em>l’importance du nom’</em> et l’existence de ‘<em>baronnies’ </em><sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup> comme celle du blanc-bleu-belge.</p>



<p><strong>La ‘<em>reconnaissance affective’</em></strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup> <strong>des agricultrices</strong>, ce qui englobe les charges domestiques hors-agriculture, l’entourage familial et la transmission ‘<em>de père en fils’</em> (patrilinéaire)&nbsp;: <em>«&nbsp;Les filles sont ainsi souvent destinées à partir de l’exploitation pour trouver un boulot salarié ou pour travailler dans la ferme de leur époux tandis que les garçons sont davantage vus comme de potentiels candidats à la reprise. Cette tradition patrilinéaire exprime un manque de confiance du couple exploitant envers les capacités d’une fille à reprendre la ferme&nbsp;»</em><span style="color: rgb(59, 59, 59); white-space: pre;"><sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un statut qui a évolué plus lentement que la société</h2>



<p>Entre-temps, un statut a été créé chez nous, le statut de conjoint aidant reconnu auprès de l’Institut national d’assurances sociales pour travailleurs indépendants (Inasti)<sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup>, qui relate que ces dernières années, le nombre de conjoint.es aidant.es affilié·es<sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup> est en diminution constante. On ne connaît pas la ventilation du nombre de conjoint.es aidant.es par secteur d’activité mais on sait que, tous statuts confondus, le nombre d’agriculteurs/agricultrices indépendant.es est trois fois inférieur à celui d’indépendant.es du commerce et de l’industrie et quatre fois inférieur que ceux/celles des professions libérales.</p>



<p>L’obtention de ce statut répond à un constat&nbsp;hérité du patriarcat : l’invisibilisation, bien décrite dans le témoignage d’Anne-Marie Crolais (voir <em>infra</em>), du travail des femmes au sein de la ferme. Au contraire, on pourrait dire qu’il le perpétue en cantonnant la femme dans un rôle second.</p>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column red-message is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p>Selon une étude réalisée en 2002 par l’Université de Gembloux et l’Union des agricultrices wallonnes (UAW), 94% des femmes qui vivent dans une exploitation agricole y exercent une activité professionnelle. Sur les exploitations laitières, à temps plein ou à temps partiel, elles assurent en grande majorité les soins aux veaux et la traite, ce qui équivaut à 4 à 6 heures de travail quotidien. Ce sont également elles qui prennent généralement en charge la gestion administrative de l’exploitation, de plus en plus chronophage en raison de l’exigence grandissante des normes agroenvironnementales et sanitaires. Elles sont également le moteur de la diversification agricole amorcée il y a quelques décennies : toujours selon l’étude précitée, 100% des agricultrices enquêtées prennent en charge la gestion des gîtes à la ferme et de la vente directe lorsque la ferme se diversifie. Malgré cet investissement massif à la bonne marche de l’exploitation, les tâches effectuées par les agricultrices n’ont longtemps pas été jugées suffisantes pour justifier l’ouverture de droits sociaux propres, leur déniant ainsi toute reconnaissance professionnelle. Avant 1990, le statut de conjoint aidant ne donnait droit à aucune forme de protection sociale, si ce n’est celle dérivée des droits sociaux de l’époux. Conséquence : outre ce lien de dépendance totale, les agricultrices s’exposaient en cas de divorce ou de décès du conjoint à de graves difficultés, faute de pouvoir apporter la preuve de la réalité de leur travail sur l’exploitation. Elles n’avaient également pas voix au chapitre lors de la cession ou de la transmission de l’exploitation<sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup>.</p>
</div>
</div>



<p></p>



<p>Sous l’impulsion européenne<sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup>, le statut de conjoint.e aidant.e a été mis en place dès le début des années 1990 afin que chaque personne qui soit le conjoint (par cohabitation ou par contrat de mariage) d’un.e indépendant.e travaillant effectivement à ses côtés et n’ayant pas d’autres sources de revenus puisse être reconnu·e<sup class="modern-footnotes-footnote ">18</sup>.</p>



<p>«&nbsp;<em>C’était un besoin absolu pour les agricultrices&nbsp;», </em>nous relate Marianne Streel<sup class="modern-footnotes-footnote ">19</sup>.<em> «&nbsp;Il fut une époque où quand on se mariait avec un agriculteur, on ne se posait pas la question de ce que l’on allait faire. La femme entrait dans l’exploitation et son statut était ‘sans profession’. Or, la plupart du temps, les femmes trayaient, soignaient les veaux, nettoyaient les étables, rentraient les pailles, allaient sur les tracteurs… Ce n’était pas normal de ne pas être considérée comme travailleuse. Le statut de conjoint.e aidant.e n’est qu’un statut social&nbsp;: on paie des cotisations sociales, on a droit à un système de mutuelle. Il y avait déjà une protection avant mais via le travail de leur époux uniquement. Dans un deuxième temps, le statut a été complété avec l’ouverture de droits pour la pension. Il fallait tout de même avoir cotisé un nombre suffisant d’années, ce qui n’était pas possible pour les premières concernées&nbsp;: on a parlé dès lors de mini- et maxi-statut. Cela a évidemment été perçu comme une grande victoire mais ce n’était pas suffisant.</em> »</p>



<p>En effet, dès 1990, la possibilité de s’inscrire à un mini-statut (statut partiel) est ouverte<sup class="modern-footnotes-footnote ">20</sup>. Ce statut a permis aux femmes d’agriculteurs de cotiser volontairement à hauteur de 4% de la cotisation du mari. Des droits ont alors été acquis : l’invalidité, l’incapacité de travail et le congé de maternité. Cependant, aucune retraire individuelle n’était inclue dans ces droits. Treize ans plus tard, en 2003, l’inscription des conjoint.es aidant.es à l’Inasti pour ce mini-statut devient obligatoire. Cependant, pour obtenir de nouveaux droits supplémentaires, les agricultrices voulant acquérir le statut de conjoint.e aidant.e devaient s’inscrire au maxi-statut (statut complet). Ce dernier comprend, en plus des protections acquises via le statut partiel, les mêmes droits que ceux dont bénéficient les indépendants à titre principal<sup class="modern-footnotes-footnote ">21</sup>. La contrepartie fut l’augmentation des cotisations sociales.</p>



<p>En 2005, le maxi-statut est devenu obligatoire. Ce statut de conjoint.e aidant.e n’est pas exclusif au secteur agricole mais il a permis à une partie de la main d’œuvre agricole cachée féminine d’être reconnue. Les propos de Marianne Streel l’illustrent bien : « <em>L’UAW s’est battue avec les épouses des autres secteurs d’indépendants comme par exemple les épouses de médecins, de vétérinaires ou encore toutes celles qui aidaient leurs maris indépendants en répondant au téléphone ou en prenant les rendez-vous par exemple</em>»<sup class="modern-footnotes-footnote ">22</sup>.</p>



<p>Le statut n’est pourtant pas encore satisfaisant sur le plan des pensions&nbsp;: «&nbsp;<em>Pour nombre de femmes, mais aussi quelques hommes, qui travaillent en agriculture, l’instauration du statut de conjoint aidant sonnait comme la promesse de plus de reconnaissance et de sécurité. En pratique, et surtout lorsque l’âge de la pension se dessine, il ne semble pas toujours rencontrer tous les espoirs de ses affiliés</em>&nbsp;», estime le journal <em>Le Sillon belge</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">23</sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion&nbsp;: juste une question de sémantique&nbsp;?</h2>



<p>La création d’un statut était censée rencontrer les attentes des femmes actives dans le domaine de l’agriculture, un domaine où la vision qui a longtemps primé était celle de l’épouse donnant un coup de main à son mari pour les activités agricoles ou le pan administratif de cette activité en plus d’assumer l’éducation des enfants et les tâches domestiques.</p>



<p>Cette situation n’était évidemment plus tenable mais le monde agricole est souvent vu comme conservateur et obéissant à des logiques voire à des valeurs séculaires. Raison pour laquelle il faut distinguer deux aspects très différents à l’heure de se demander si le statut évoqué en question répond aux exigences en termes d’égalité hommes-femmes.</p>



<p>Sur le plan administratif (ou social, ou fiscal, comme on voudra), la loi, pas plus qu’ailleurs, ne fait de distinction entre le genre de l’aidant.e et de l’aidé.e. Les remarques formulées ci-dessus, par exemple en ce qui concerne les montants de pensions, sont pertinentes mais, d’une part, fatalement appelées à disparaître une fois que tout le monde sera entré dans le même régime, et, d’autre part, elles ne sont plus porteuses de discrimination de genre puisque les couples décident en théorie eux-mêmes de la répartition entre eux/elles.&nbsp;</p>



<p><em>«&nbsp;On peut évidemment tout améliorer mais, à mon sens, nous avons fait tout ce qui était nécessaire à l’époque où nous l’avons fait. Les conjointes aidantes ont la possibilité désormais d’être agricultrices indépendantes à titre principal&nbsp;comme leur époux, mais cela coûte évidemment plus cher en termes de cotisations. Ce statut de conjointe aidante n’est pas périmé car il s’appuie sur un choix personnel&nbsp;: on perçoit moins mais on cotise moins. </em><em>Vu la difficulté de conserver les femmes dans les exploitations notamment en raison des faibles revenus, certaines femmes quitteraient elles aussi l’exploitation si ce statut disparaissait</em><em>», </em>dit Marianne Streel.<em></em></p>



<p>Pour la sociologogue française Clémentine Comer, l’acquisition du statut comparable de conjointe collaboratrice en France n’est en revanche qu’une victoire symbolique qui consacre seulement en partie la reconnaissance du travail des femmes<sup class="modern-footnotes-footnote ">24</sup>. Ce statut reste ancré dans une vision matrimoniale du droit avec un choix sémantique attaché à la situation matrimoniale des femmes et à cette notion historique de simple ‘aidante’ d’un mari chef d’exploitation. Cette observation est encore plus appropriée en Wallonie&nbsp;: ici, <strong>les deux mots choisis (‘conjointe’ et ‘aidante’) consacrent une vision encore ‘vieux jeu’, une vision patriarcale, celle d’un monde qui n’aurait pas vu passer le train du féminisme et de l’égalité des genres.</strong></p>



<p><img loading="lazy" decoding="async" width="73" height="106" src="" alt="Une image contenant Graphique, capture d’écran, graphisme, Caractère coloré

Description générée automatiquement">Toutefois, relativise Marianne Streel, ce n’est pas en ces termes que se pose la question&nbsp;: <em>«&nbsp;Si, pour beaucoup de féministes, ce statut est périmé pour des raisons de pure sémantique, le respect des femmes ne dépend pas du statut&nbsp;: si une femme est maltraitée, ce n’est pas parce qu’elle est conjointe-aidante ou indépendante à titre principal&nbsp;! Cela, c’est la relation de couple. Ce statut reste important pour l’agriculture comme pour quelques commerçants (bouchers, boulangers), et il donne les mêmes droits qu’à une indépendante au niveau de la ferme (cotitulariat, égalité pour la PAC). Il faut même défendre ce statut car l’Inasti pense que trop peu de personnes (17.000) sont concernées pour justifier une exception et cela poserait des soucis au niveau de la ferme si les conjointes étaient obligées de devenir indépendantes complètes. </em><em>Ne perdons pas un statut pour une question de terminologie, faisons même plutôt en sorte de le conserver alors que notre statut wallon est envié par les agricultrices flamandes ou françaises.</em><em> »</em></p>



<p>Avant de voir quelle direction prendra la réforme de la PAC (Politique agricole commune) dans sa volonté de soutenir de manière ciblée les petites exploitations<sup class="modern-footnotes-footnote ">25</sup>, nul ne peut nier les difficultés financières rencontrées – sans distinction de genre – par les agriculteurs et les agricultrices. Nous nous sommes essentiellement intéressés ici aux évolutions de statut.</p>



<p>Pour la suite, d’autres recommandations ne manquent pas, comme les relève Oxfam Belgique dans son étude <em>Défricher le genre dans l’agriculture wallonne</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">26</sup>. En voici quelques-unes<sup class="modern-footnotes-footnote ">27</sup> :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>La création d’un statut (existant en France) de coexploitant.e permettant à plusieurs personnes d’être cheffes d’une même exploitation&nbsp;;</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le soutien aux agriculteur.rices qui exploitent des petites surfaces en facilitant l’accès aux facteurs de productions qu’ils.elles puissent investir dans une production agroécologique&nbsp;;</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le soutien accru aux filières locales et agroécologiques respectueuses de l’environnement en mettant en place des outils adaptés pour les agriculteur.rices&nbsp;;</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>L’intégration du genre de manière effective dans les dépenses publiques destinées à l’agriculture&nbsp;;</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><img loading="lazy" decoding="async" width="105" height="98" src="" alt="Une image contenant Graphique, Dessin d’enfant, croquis, art

Description générée automatiquement">Le recours à des aides à la main-d’œuvre plutôt qu’à l’hectare&nbsp;;</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li>La revalorisation du statut de conjoint.e aidant.e, spécialement au niveau des pensions.</li>
</ul>



<p></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; (RAMSAY, L’agricultrice, 1982) cité dans BILLON, A., BOUCHOUX, C., GONTHIER-MAURIN, B., LABORDE, F., MANDELLI, D., MONIER, M.-P., Rapport d’information sur les femmes et l’agriculture : pour l’égalité dans les territoires, Sénat (France), 5 juillet 2017. Disponible sur senat.fr</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Dans son livre&nbsp;: RAMSAY, L’agricultrice, 1982.</div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Chiffres clés de l’agriculture 2023, Statbel, 25 juillet 2023. Disponible sur https://statbel.fgov.be/fr/chiffres-cles-de-lagriculture-2023</div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Chiffres clés de l’agriculture 2022, Statbel, 26 juillet 2022. Disponible sur <a href="https://doc.statbel.fgov.be/publications/S510.01/S510.01F_Chiffres_cle_agri_2022.pdf">doc.statbel.fgov.be</a></div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.inasti.be/fr/quest-ce-que-le-statut-du-conjoint-aidant#:~:text=Quand%20suis%2Dje%20un%20conjoint,moins%2090%20jours%20par%20an">inasti.be</a></div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;AYRAL, Astrid, La reconnaissance des femmes ayant fait le choix d’une profession agricole : état des lieux et vécus d’agricultrices wallonnes, Faculté de philosophie, arts et lettres, UCLouvain, 2021. Disponible sur <a href="https://dial.uclouvain.be/memoire/ucl/object/thesis:30963">http://hdl.handle.net/2078.1/thesis:30963</a></div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le portrait des agricultrices wallonnes en 2014. Comprendre les besoins des agricultrices afin de leur apporter un soutien adapté, Réseau wallon de développement rural &#8211; ULiège-Gembloux Agro Bio-Tech, 2015&nbsp;: https://orbi.uliege.be/bitstream/2268/208773/1/2014_Portait_agricultrices-wallonnes-en-2014.pdf</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Entretien avec l’auteur, 1er juin 2024.</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;AYRAL, op. cit.</div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem.</div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Par baronnie, on entend des milieux (politiques, professionnels…) marqués par une domination héréditaire de certaines familles ou certains groupes.</div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Dans le contexte particulier de la vie agricole, «&nbsp;les frontières entre la sphère privée du foyer et la sphère professionnelle de l’exploitation&nbsp;» ont tendance à se «&nbsp;brouiller&nbsp;» puisque «&nbsp;la vie de famille est omniprésente dans la gestion de la ferme&nbsp;», comme l’explique Astrid Ayral (AYRAL, op. cit.).</div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;AYRAL, op. cit.</span></div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.inasti.be/sites/rsvz/files/2023-03/brochure_conjoints_aidants.pdf</div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le conjoint aidant affilié n’est pas un statut particulier, cela signifie uniquement que le conjoint aidant est affilié à l’Inasti comme travailleur indépendant.</div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;BOURDON, Ines, Conjointes-aidantes, les agricultrices belges enfin reconnues, Faculté des Sciences économiques, sociales, politiques et de communication, UCLouvain, 2021. Disponible sur http://hdl.handle.net/2078.1/thesis:31026</div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Directive 2010/41/UE abrogeant la directive 1986/613/CEE. Disponible sur Directive &#8211; 2010/41 &#8211; EN &#8211; EUR-Lex (europa.eu)</div><div>18&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;VILLEZ, Juliette, Les agricultrices en Europe et en Belgique et Quels statuts pour l’agricultrice wallonne ?, analyses d’Entraide et Fraternité, décembre 2015&nbsp;et avril 2016.</div><div>19&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Entretien cité.</div><div>20&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;BURAUD, L., LEGEIN, L. et GUIEU, A., Défricher le genre dans l’agriculture wallonne, Oxfam Belgique, 2023. Disponible sur <a href="https://oxfambelgie.be/sites/default/files/2023-12/OXFAM-Rapport%20agriculture%20Wallonie%202023%20v4.pdf">oxfambelgie.be</a>.</div><div>21&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://economie.fgov.be/fr/themes/entreprises/creer-une-entreprise/demarches-pour-creer-une/affiliation-une-caisse/le-statut-social-des</div><div>22&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Entretien cité.</div><div>23&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;JAUNARD, Delphine, Le statut de conjoint aidant&nbsp;: pour qui, quel avantage et quelle pension&nbsp;? dans Le Sillon belge, 30 novembre 2023. Disponible sur https://www.sillonbelge.be/11979/article/2023-11-30/le-statut-de-conjoint-aidant-pour-qui-quel-avantage-et-quelle-pension</div><div>24&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;COMER, Clémentine, La ‘conjointe collaboratrice’&nbsp;: un recul statutaire ambigu dans Pour, 2011/5 (N° 212), p. 19-24. Disponible sur https://www.cairn.info/revue-pour-2011-5-page-19.htm</div><div>25&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;https://www.consilium.europa.eu/fr/policies/cap-introduction/cap-future-2020-common-agricultural-policy-2023-2027/#:~:text=La%20PAC%20r%C3%A9form%C3%A9e%20vise%20%C3%A0,les%20mesures%20aux%20conditions%20locales.</div><div>26&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Op. cit.</div><div>27&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Toutes les revendications sont issues de Défricher le genre dans l’agriculture wallonne, Oxfam Belgique, 2023. Disponible sur https://oxfambelgie.be/sites/default/files/2023-12/OXFAM-Rapport%20agriculture%20Wallonie%202023%20v4.pdf.</div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Viens faire un tour dans ma bulle</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/viens-faire-un-tour-dans-ma-bulle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Oct 2024 12:43:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Maison maternelle Paul Henricot]]></category>
		<category><![CDATA[jt214]]></category>
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					<description><![CDATA[Cabane sensorielle, projecteurs lumineux, colonnes à bulles, poufs, gels texturés : le « snoezelen » permet de ralentir le rythme et de prendre le temps d’écouter son corps et son esprit. Une démarche qui devient thérapeutique lorsque le corps et l’esprit sont en lambeaux.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Cabane sensorielle, projecteurs lumineux, colonnes à bulles, poufs, gels texturés : le « snoezelen » permet de ralentir le rythme et de prendre le temps d’écouter son corps et son esprit. Une démarche qui devient thérapeutique lorsque le corps et l’esprit sont en lambeaux.</p>



<p>C’est un container maritime, dont l’intérieur a été entièrement peint en noir, qui va accueillir prochainement « Bien dans ma bulle », l’espace « snoezelen » de la Maison maternelle Paul Henricot, à Court-Saint-Étienne. Développée dans les années 1970 par deux jeunes Néerlandais, cette approche se fonde sur la recherche de bien-être par la mobilisation de tous les sens (en néerlandais, snoezelen est la contraction de snuffelen, renifler, et de doezelen, somnoler).</p>



<p>L’achat du mobilier et de l’équipement nécessaires à cette exploration sensorielle est financé par Action Vivre Ensemble et par deux petits dons complémentaires. L’aménagement devrait être finalisé d’ici à la fin de l’année, ce qui réjouit particulièrement Ophélie<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup> et son fils de sept ans, Léo<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>, accueillis à la Maison maternelle Paul Henricot depuis plusieurs mois. « Via l’association, nous avons plusieurs fois testé un espace « snoezelen » à Rixensart. Mon petit garçon, qui a des besoins particuliers et canalise difficilement son énergie, s’y est tout de suite senti très bien. Grâce à cette plongée dans un monde doux et calme, je l’ai senti apaisé, comme si un gros poids venait de s’enlever de ses épaules », raconte Ophélie.</p>



<p>Posé dans le jardin de la maison maternelle, le container destiné à abriter cette « bulle de bienêtre » occupe volontairement une position extra muros pour marquer la césure avec le quotidien difficile des personnes hébergées.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des problématiques de plus en plus lourdes</h2>



<p>Dotée d’une capacité de 25 lits, la Maison maternelle Paul Henricot accueille principalement des mères ou des futures mères ayant fui des violences intrafamiliales et se retrouvant de facto privées de logement. Les enfants, eux, présentent de nombreuses carences affectives et éducatives, des signes de dépression, des retards de langage ou moteurs, des problèmes d’hygiène, etc.</p>



<p>En 2023, ce centre d’accueil brabançon a hébergé 24 adultes et 39 enfants &#8211; et a dû décliner 224 demandes. « Les besoins sont de plus en plus nombreux et les problématiques de plus en plus lourdes, nécessitant souvent d’importants suivis psychologiques ou psychiatriques », détaille Alain Brossé, responsable administratif et financier de la Maison maternelle Paul Henricot. La durée moyenne des séjours clôturés en 2023 était de 178 jours, les mandats ayant une durée maximale de neuf mois, prolongeable trois fois. Depuis 2017, l’association maintient en permanence deux lits inoccupés afin de répondre à des situations d’urgence.</p>


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<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="560" height="747" src="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/10/MAison-maternelle-espace-snoezelen.jpg" alt="Une pièce avec des jouets pour petits enfants" class="wp-image-38540" style="object-fit:cover" srcset="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/10/MAison-maternelle-espace-snoezelen.jpg 560w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/10/MAison-maternelle-espace-snoezelen-225x300.jpg 225w" sizes="auto, (max-width: 560px) 100vw, 560px" /><figcaption class="wp-element-caption">Favoriser des temps de reconstruction avec une approche originale.</figcaption><div class="image-licence" style="text-align: right; margin-top: 5px; font-size: 0.8em; color: #666; font-style: italic;">Licence : photo : Maison maternelle Paul Henricot ASBL</div></figure>
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<h2 class="wp-block-heading">Perdre tous ses repères</h2>



<p>Dans le cas d’Ophélie, c’est un bras cassé à la suite d’une énième volée de coups, donnés par son compagnon, qui a été le déclencheur. « J’ai été hospitalisée et, grâce à l’assistante sociale de l’hôpital, j’ai obtenu une place en maison maternelle. Jusque-là, je n’avais jamais osé partir, je ne trouvais pas la force nécessaire et, surtout, j’avais très peur de ce qui m’attendait si je partais. Est-ce que j’allais pouvoir m’en sortir seule, sans l’aide de mon compagnon ? Je n’ai pas de travail et je ne savais pas comment j’allais m’en sortir financièrement », explique Ophélie.</p>



<p>« Les débuts ont été très difficiles pour moi », poursuit la jeune maman. « J’avais perdu tous mes repères et n’avais ni famille ni amis à proximité de l’institution. Heureusement, l’équipe m’a vraiment bien accueillie. J’ai une éducatrice de référence qui me soutient et m’épaule dans la relation avec mon fils, car celui-ci est très perturbé et fait parfois preuve de violence. Nous sommes également accompagnés par une psychologue et aidés dans la résolution de mes problèmes financiers. »</p>



<p>Chaque projet d’accompagnement est individualisé, tant pour la mère que pour son ou ses enfant(s). L’objectif étant, dans la mesure du possible, de regagner à terme son autonomie et de reprendre sa vie en mains. Le projet « snoezelen » s’inscrit dans cette prise en charge globale et « fait sens » par rapport aux autres activités mises en place. « Prisonnières de leurs difficultés, nos hébergées se retrouvent souvent hors tempo, incapables de suivre le rythme effréné que la société leur impose. Alors, il est important pour elles d’avoir des temps de pause et de reconstruction individuels. L’approche ‘snoezelen’ permet cela, avec des outils originaux », conclut Alain Brossé.</p>



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<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Prénom d’emprunt</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Prénom d’emprunt</div>]]></content:encoded>
					
		
		
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