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	<title>Alimentation &#8211; Action Vivre Ensemble</title>
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	<description>Soutenir les associations, sensibiliser et agir</description>
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	<title>Alimentation &#8211; Action Vivre Ensemble</title>
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		<title>Chez Open Free Go, les devoirs deviennent un jeu d&#8217;enfant </title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/chez-open-free-go-les-devoirs-deviennent-un-jeu-denfant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Mar 2026 15:18:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Open Free Go]]></category>
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					<description><![CDATA[À Uccle, dans une rue calme à l’ouest de la commune, une cour accueille les visiteurs. Au fond, une file de personnes patiente avec des caddies et des sacs de courses. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">À Uccle, dans une rue calme à l&rsquo;ouest de la commune, une cour accueille les visiteurs. Au fond, une file de personnes patiente avec des caddies et des sacs de courses. Mais avant de rejoindre la distribution de colis alimentaires, sur la gauche, une porte ouverte mène aux ateliers d&rsquo;Open Free Go. C&rsquo;est là que les parents déposent leurs enfants le temps de récupérer leurs courses.   </p>



<p>Sur la porte d&rsquo;entrée, une invitation colorée :&nbsp;<em>« Ramasse de jolies feuilles,&nbsp;fais les&nbsp;sécher à plat. Nous réaliserons une jolie œuvre avec tes trésors. »&nbsp;</em>À l&rsquo;intérieur&nbsp;de ce&nbsp;petit local&nbsp;aux&nbsp;vastes&nbsp;fenêtres, l&rsquo;atmosphère est concentrée mais joyeuse.&nbsp;Un enfant s&rsquo;affaire à&nbsp;bricoler&nbsp;une crinière de lion avec des feuilles orangées. Un autre dessine un crocodile dont les écailles prennent vie grâce&nbsp;aux&nbsp;feuilles vertes.&nbsp;</p>



<p>Habituellement, ils sont plus nombreux<em>. « Les autres sont en classe verte cette semaine »</em>, explique Roselyne, l&rsquo;une des animatrices.&nbsp;Avec Marie et&nbsp;Mathieu, elle anime ces ateliers chaque lundi et jeudi : lecture, écriture, aide aux devoirs et jeux créatifs. Pendant ce temps, dans un&nbsp;autre espace&nbsp;du bâtiment, les parents récupèrent leurs colis alimentaires.&nbsp;&nbsp;Car Open Free Go, c&rsquo;est d&rsquo;abord une association qui lutte contre la précarité et le gaspillage, avec 60 collectes par semaine et 2500 bénéficiaires par mois.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quand l&rsquo;aide alimentaire ouvre d&rsquo;autres portes </h2>



<p>L&rsquo;association a récemment déménagé dans des locaux plus grands, divisés en plusieurs espaces : un pour la distribution de colis alimentaires, un autre pour la vente de seconde main de vêtements,&nbsp;jouets,&nbsp;objets du quotidien,&nbsp;et le local d’ateliers pour enfants. C&rsquo;est en&nbsp;chemin pour&nbsp;l&rsquo;espace seconde main qu&rsquo;une maman découvre les ateliers ce jour-là<em>. « Je viens souvent ici&nbsp;pour acheter des jeux de société, mais je ne connaissais pas les ateliers&nbsp;d’aide&nbsp;de devoirs ! »</em>&nbsp;dit-elle avant de photographier le planning.&nbsp;</p>



<p>Depuis octobre 2024, ces ateliers sont devenus un pilier de l&rsquo;association. Trente-cinq enfants sont inscrits. La plupart ont des parents bénéficiaires des colis, certains arrivent via le Centre&nbsp;Psycho-Médico-Social&nbsp;ou le planning familial voisin.&nbsp;<em>« Ce n&rsquo;est pas une simple aide aux devoirs, on veut changer la façon de voir les devoirs »</em>, confie Roselyne. Marie enchaîne :&nbsp;<em>« On ne veut pas&nbsp;être une continuité de l&rsquo;école traditionnelle. On veut montrer qu&rsquo;on peut y arriver par d&rsquo;autres moyens, que les enfants osent poser des questions. Développer leur esprit critique, finalement. »</em>&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un goûter pour briser la glace </h2>



<p>Chaque lundi et jeudi, le rituel commence par un goûter à 16h30<em>. « Cela permet de faire une transition avec l&rsquo;école,</em>&nbsp;expliquent les animatrices.&nbsp;<em>On prend le temps de parler avec eux, demander comment ils vont. Cela leur permet de comprendre qu&rsquo;on n&rsquo;est pas des profs. Cela tisse une relation de confiance. »</em>&nbsp;</p>



<p>Cette approche porte ses fruits. Quand Ines*&nbsp;(*prénom d&#8217;emprunt) est récupérée par sa maman, cette dernière rayonne&nbsp;<em>: « Merci d&rsquo;avoir révisé avec elle. Elle a très bien réussi sa dictée la semaine dernière. Hier soir, elle a lu son premier livre toute seule ! J&rsquo;étais surprise ! »</em>&nbsp;</p>



<p>Marie montre fièrement les livres confectionnés l&rsquo;année précédente : des histoires inventées, illustrées&nbsp;et&nbsp;colorées&nbsp;par les enfants, plastifiées avec les moyens du bord.<em>&nbsp;«&nbsp;Quand ils sont&nbsp;plus petits,&nbsp;on les aide un peu plus&nbsp;»,</em>&nbsp;glisse-t-elle d&rsquo;un ton complice. L&rsquo;objectif à moyen terme : organiser une à deux sorties à la bibliothèque par trimestre, et autant de visites culturelles.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des synergies qui changent la donne </h2>



<p>Marie et Roselyne ont pensé ces ateliers en synergie&nbsp;avec d’autres acteurs associatifs.&nbsp;Ce jour-là&nbsp;et depuis quelques semaines, Mathieu**&nbsp;(**prénom d&#8217;emprunt) accompagne les&nbsp;deux&nbsp;animatrices. La vingtaine, il vient de&nbsp;l&rsquo;asbl&nbsp;Epsylon, centre de soins&nbsp;en santé mentale,&nbsp;en tant qu&rsquo;animateur volontaire, dans une démarche de réinsertion.&nbsp;En décembre 2025, l&rsquo;association&nbsp;organise une vente&nbsp;de biscuits confectionnés par un cuisinier d&rsquo;une&nbsp;asbl&nbsp;partenaire. Les ventes&nbsp;financeront les ateliers.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Réinventer l&rsquo;apprentissage </h2>



<p>Dans une association&nbsp;où l&rsquo;on vient d&rsquo;abord pour manger, les enfants repartent avec bien plus : de&nbsp;la fierté,&nbsp;de nouveaux copains,&nbsp;et parfois leur premier livre lu seul.&nbsp;</p>



<p>Action Vivre Ensemble soutient Open Free Go depuis 2024 pour développer ces ateliers destinés aux enfants de 5 à 12 ans. Les activités continuent : lecture, écriture,&nbsp;devoirs,&nbsp;jeux, bricolage,&nbsp;et sorties culturelles. Preuve que l&rsquo;aide alimentaire peut être une porte d&rsquo;entrée vers d&rsquo;autres formes d&rsquo;émancipation.&nbsp;</p>
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			</item>
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		<title>Juste Terre&#8239;! n°227</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/juste-terre-n227/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Jan 2026 15:43:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Benoît et Michel]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=publication&#038;p=40683</guid>

					<description><![CDATA[Quand l'innovation sociale naît de l'expérience vécue]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Benoît Lecocq bouleverse nos certitudes. Ancien SDF devenu acteur du changement, il pose un diagnostic sans appel : «&nbsp;<em>On ne résout pas le problème de la précarité en distribuant des tartines. La solution, c&rsquo;est un toit, une clé et un suivi régulier, voire quotidien.</em>&nbsp;» Cette affirmation, née de cinq années d&rsquo;errance, fonde une approche radicalement différente : le logement d&rsquo;abord.&nbsp;</p>



<p>Plutôt que d&rsquo;attendre qu&rsquo;une personne soit « prête » pour accéder à un logement,&nbsp;Benoît et Michel&nbsp;inversent la logique : ils offrent d&#8217;emblée un toit, puis accompagnent jour après jour.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>L&rsquo;innovation ne s&rsquo;arrête pas là. En ouvrant leur propre maison, en partageant leur quotidien, Benoît et Michel abolissent la frontière entre aidants et aidés. Cette horizontalité, cette fraternité incarnée, redonne aux personnes exclues ce que la rue leur a volé : la dignité d&rsquo;être reconnu comme un pair, un égal.&nbsp;</p>



<p>À Waremme,&nbsp;le projet&nbsp;Tous à Table&nbsp;des&nbsp;Équipes d’Entraide&nbsp;opère&nbsp;une mutation similaire dans le champ de l&rsquo;aide alimentaire. Ici aussi, on refuse la logique du simple colis. Potagers communautaires, ateliers cuisine, circuits avec les producteurs locaux, triporteurs solidaires : chaque dispositif transforme les bénéficiaires en acteurs.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Ces deux projets partagent une philosophie commune : sortir de l&rsquo;urgence pour construire du durable, transformer l&rsquo;assistanat en accompagnement, restaurer le pouvoir d&rsquo;agir. Ils reposent aussi sur des partenariats audacieux qui décloisonnent les institutions. Benoît et Michel s&rsquo;appuient sur leurs bénévoles,&nbsp;Tous à Table fédère CPAS, associations, centre culturel et agriculteurs. Cette intelligence collective prouve que les réponses les plus efficaces émergent de la coopération.&nbsp;</p>



<p>Face aux coupes budgétaires qui ravagent le secteur associatif&nbsp;&#8211;&nbsp;suppression du Plan grand froid, diminution des subventions, baisse de la déduction fiscale&nbsp;-, ces initiatives tracent une voie d&rsquo;espérance. Elles démontrent qu&rsquo;avec créativité, engagement et une confiance radicale en la capacité des&nbsp;personnes&nbsp;appauvries à&nbsp;être actrices&nbsp;de changement, on peut bâtir une société plus juste.&nbsp;</p>


<div class="titre-remplacement contenu150">
  <div class="m-0 ">
    <h2 class=" p-0 m-0 text-center h1 pt-5 mb-2"></h2>


  </div>
  <div class="row">

    
    
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						<div class="image-productionsseize w-100 mb-3" title="À Waremme, Tous à Table… après la récolte ! " style="background-image:url('https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2026/01/Equipes-d_Entraide-Waremme.jpg')">
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						<span class="tags regions border-raduis-20 color-vert bordergreenlight pl-2 pr-2 mr-1 mb-2 d-inline-block">Province de Liège</span>
				<h2 class="entry-title h4 m-0 pb-1 color-bleuvert">À Waremme, Tous à Table… après la récolte ! </h2>
				<div class="entry-meta">

															<div class="mt-2 text-uppercase background-vertfonce color-white datealaunehome">
									<span class="posted-on"><time class="entry-date published" datetime="06 Fév. 2026">06 Fév. 2026</time></span>								</div>

										<!-- Is event recurring or a single event -->

					






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	</header><!-- .entry-header -->


	<div class="entry-summary pl-2 pr-2">
		Un potager communautaire, des triporteurs solidaires, des ateliers cuisine, un réseau de producteurs locaux… À Waremme, en province de Liège, le projet Tous [&hellip;]		

<!--
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		<a href="https://vivre-ensemble.be/cinq-minutes-pour-tomber-au-bas-de-lechelle-des-annees-pour-remonter/" class="linkresume lienblock backgroundwhite pb-3 h-100">
						<div class="image-productionsseize w-100 mb-3" title="Cinq minutes pour tomber au bas de l’échelle, des années pour remonter" style="background-image:url('https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2026/01/BenoitetMichel-Jordan_DominiqueServais.jpg')">
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						<span class="tags regions border-raduis-20 color-vert bordergreenlight pl-2 pr-2 mr-1 mb-2 d-inline-block">Province de Liège</span>
				<h2 class="entry-title h4 m-0 pb-1 color-bleuvert">Cinq minutes pour tomber au bas de l’échelle, des années pour remonter</h2>
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	</header><!-- .entry-header -->


	<div class="entry-summary pl-2 pr-2">
		Soutenue par une dizaine de bénévoles, l’association liégeoise Benoît et Michel s’efforce de redonner une vie digne aux personnes qui ont tout perdu.		

<!--
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           </div>
    


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		<item>
		<title>Des cantines durables : un repas qui n’a pas de prix</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-15/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Nov 2025 11:48:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Campagne d’Avent]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=publication&#038;p=40450</guid>

					<description><![CDATA[Dans le cadre de notre campagne de l’Avent “L’école, fabrique d’inégalités”, cette analyse fait le focus sur les repas de [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Dans le cadre de notre campagne de l’Avent “<em>L’école, fabrique d’inégalités</em>”, cette analyse fait le focus sur les repas de midi pris à l’école. En effet, parmi les inégalités qui traversent le système scolaire, l’importance de l’accès à une alimentation saine et équilibrée semble largement sous-estimée. Pourtant, cela représente un élément clé de la santé et de la réussite des élèves.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Bien manger à l’école, un puissant levier de changement</strong></h2>



<p>En Belgique, et contrairement à nos voisins français chez qui la cantine fait souvent partie intégrante du système scolaire, le modèle de la boîte à tartine est bien ancré. Les enfants apportent généralement leur repas de midi de la maison et toutes les écoles ne proposent pas une offre alimentaire sur place. &nbsp;Si notre modèle a l’avantage de simplifier la logistique des repas pour les écoles, il passe à côté de nombreuses opportunités :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Proposer un repas complet à tous les élèves</strong>. La cantine, si elle est gratuite, permet de toucher toutes les classes sociales, sans distinction. En Région de Bruxelles-Capitale, un adolescent sur cinq est considéré en situation « d’insécurité alimentaire », c’est-à-dire qu’il ou elle n’a pas un accès régulier et suffisant à des aliments nutritifs pour son développement<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>. Autre chiffre interpellant : en Belgique, un enfant sur <a>dix saute</a> au moins un repas par jour, en raison de la pauvreté de ses parents<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>. Ce manque de nourriture durant l’enfance peut entraîner des conséquences importantes et durables sur le développement de l’enfant.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Augmenter les chances de réussite scolaire en permettant une meilleure concentration.</strong> Une alimentation adéquate en termes de vitamines et nutriments permet aux élèves d’être mieux concentrés durant l’après-midi et favorise le développement mental. De plus, des études ont montré que proposer un repas à l’école réduisait l’absentéisme<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Améliorer la santé des élèves.</strong> Les menus dans les cantines sont établis par des diététicien·nes et respectent un certain nombre de critères. Ils proposent une alimentation variée et équilibrée, qui permet de répondre aux besoins de croissance des élèves. D’après des chiffres de 2018, près de 20% des jeunes entre 2 et 17 ans sont en surpoids<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>, et parmi eux, 6% souffrent d’obésité<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>. Proposer un repas à la cantine permet de modifier les habitudes alimentaires des jeunes de manière durable, chez eux également.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Accélérer la transition des systèmes alimentaires.</strong> En Wallonie, ce sont aujourd’hui plus de 200 000 repas qui sont servis chaque jour dans des cantines<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>. Y favoriser les produits bio et locaux permettrait d’offrir des débouchés significatifs aux producteurs et productrices de la région.</li>
</ul>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="840" height="560" src="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/cdc-4Bb2nSYuxx0-unsplash.jpg" alt="Des enfants avec leur boites à tartines autour d'une table de cantine en train de manger" class="wp-image-40454" srcset="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/cdc-4Bb2nSYuxx0-unsplash.jpg 840w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/cdc-4Bb2nSYuxx0-unsplash-300x200.jpg 300w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/cdc-4Bb2nSYuxx0-unsplash-768x512.jpg 768w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/cdc-4Bb2nSYuxx0-unsplash-600x400.jpg 600w" sizes="(max-width: 840px) 100vw, 840px" /><div class="image-licence" style="text-align: right; margin-top: 5px; font-size: 0.8em; color: #666; font-style: italic;">Licence : photo : CDC (unsplash)</div></figure>
</div>


<div style="height:20px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div class="wp-block-columns red-message is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h2 class="wp-block-heading">Des «&nbsp;cantines durables&nbsp;»&nbsp;?</h2>



<p>Qu’entend-t-on par « alimentation durable » ? Une alimentation durable, c’est une alimentation qui est responsable sur le plan social, environnemental et économique. Concrètement, c’est donc une alimentation financièrement accessible tout en étant rémunératrice pour celles et ceux qui la produisent&nbsp;; une alimentation respectueuse de l’environnement et de la biodiversité, qui favorise les aliments locaux et de saison&nbsp;; une alimentation bonne pour la santé et qui limite le gaspillage alimentaire&#8230;</p>



<p>Le terme « cantine » désigne lui les lieux de restauration qui proposent quotidiennement des repas à des collectivités (écoles, crèches, maisons de repos et de soins, bureaux…)</p>
</div>
</div>



<h2 class="wp-block-heading">À Bruxelles et en Wallonie, des organismes pour accompagner la transition</h2>



<p>Proposer des repas de midi à l’école est donc bénéfique, autant sur le plan individuel pour les élèves que pour la société plus largement. Deux organismes – «&nbsp;Goodfood&nbsp;» à Bruxelles et «&nbsp;Manger Demain&nbsp;» en Wallonie &#8211; sont chargés d’accompagner les lieux de restauration collective qui voudraient faire le pas vers une alimentation plus durable. Ils ont développé des labels évolutifs, allant d’une à trois fourchettes à Bruxelles, et d’un à trois radis en Wallonie. &nbsp;&nbsp;</p>



<p>Pour obtenir la «&nbsp;première fourchette&nbsp;» à Bruxelles et, de manière plus ou moins similaire, «&nbsp;un radis&nbsp;» en Wallonie, une cantine doit&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Proposer des produits biologiques et de saison</li>



<li>Proposer des offres végétariennes et des repas sains</li>



<li>Informer les consommateurs et consommatrices sur les produits qui leur sont proposés</li>



<li>Prendre des mesures contre le gaspillage alimentaire</li>
</ul>



<p>De nombreux établissements ont déjà entrepris la démarche. C’est le cas notamment des écoles communales de la ville de Liège, de Namur et d’Ottignies-Louvain-la-Neuve, qui sont labelisées.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Deux cas d’école</h2>



<h3 class="wp-block-heading">La Ville d’Ottignies-Louvain-la-Neuve</h3>



<p>La Ville d’Ottignies-Louvain-la-Neuve fait figure de modèle en la matière. Labellisée « trois radis » par Manger Demain, elle s’est engagée depuis plus de vingt ans dans une démarche d’amélioration de la qualité et de la durabilité des repas scolaires. <em>« Au départ, nos trois principaux objectifs étaient de garantir la sécurité alimentaire, des menus équilibrés (et avec cela, la diminution des protéines animales au bénéfice des légumes et féculents) et des aliments frais, de qualité »</em>, explique Céline Vander Sande, la responsable du Service Enseignement pour la Ville d’Ottignies-Louvain-la-Neuve<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>. «<em> Ensuite, les motivations et objectifs ont évolué au fil des réussites et surtout, des progrès de l’agriculture biologique, de la relocalisation de certaines productions et de l’évolution sociétale autour de la vision des protéines : les alternatives végétariennes sont plus nombreuses, les bénéfices sont mieux connus du grand public, et leur acceptation sociale est meilleure. </em>»</p>



<p>La démarche et ses bénéfices s’articulent autour de trois grands points.</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>D’une part, les cantines de la commune s’inscrivent dans une démarche écologique et qualitative. Elles prônent une alimentation durable, qu’elles concrétisent par l’utilisation de produits biologiques, frais et de saison. La part de ces produits augmente progressivement chaque année. Elles favorisent les circuits courts pour réduire les distances et donc les émissions de CO<sub>2</sub> et favoriser la production locale. Les déchets font également l’objet d’une attention particulière : « <em>Une pesée journalière permet de suivre le gaspillage alimentaire et d’adapter les recettes. Les déchets sont ensuite recyclés dans une usine de biométhanisation<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup> », </em>développe Céline Vander Sande.</li>



<li>D’autre part, la démarche soutient l’économie locale et l’optimisation des ressources. <em>«&nbsp;En favorisant l’approvisionnement local, nous réduisons la dépendance aux grandes chaînes d’approvisionnement et créons une résilience économique régionale. […] Nous encourageons une utilisation efficace de l’eau et de l’énergie, avec un suivi environnemental des processus&nbsp;».</em></li>



<li>Enfin, la démarche a également une importante dimension sociale. Les cantines durables permettent de faciliter l’insertion socio-professionnelle&nbsp;:&nbsp;<em>«&nbsp;La clause sociale impose au fournisseur d&rsquo;offrir 500 heures de formation par an à des publics en difficulté&nbsp;: jeunes, chômeurs, personnes en réinsertion&#8230; Cela favorise l’inclusion et l’employabilité dans la restauration collective.&nbsp;»</em>. Les repas s’accompagnent également d’une éducation au goût, c’est-à-dire, «&nbsp;<em>un programme éducatif, avec des animations pédagogiques et des visites chez les producteurs locaux, qui sensibilise les enfants à l&rsquo;importance de ce qu&rsquo;ils consomment et aux bienfaits d’une alimentation durable.&nbsp;».</em></li>
</ol>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«&nbsp;Nous avons dépassé le scepticisme de beaucoup de parents en servant des repas locaux, bio et en partie végétariens à leurs enfants qui en redemandent. Le plus étonnant, c’est de constater que certains plats végétariens figurent dans le top 5 des plats préférés des élèves.&nbsp;» </p>
</blockquote>



<p>Certains parents continuent d’émettre des doutes ou des remarques face à une alimentation davantage végétarienne, mais selon Céline Vander Sande,<em> <strong>«&nbsp;cela témoigne surtout d’une désinformation et de comportements peu éclairés en matière d’alimentation saine et durable. Face à cela, nous devons poursuivre un véritable travail pédagogique&nbsp;»</strong>.</em></p>



<p>Les retombées de la politique ne se limitent pas aux élèves. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>«&nbsp;Au niveau du personnel, je pense que la démarche a au moins eu pour effet de le sensibiliser à la question de la durabilité. Notre fournisseur de repas a, via le cahier des charges, la mission de proposer des formations au personnel en charge des repas. Nous avons ainsi déjà pu sensibiliser celui-ci aux alternatives à la protéine animale (pourquoi diminuer la viande, comment valoriser ces repas auprès des enfants…) et plus largement, à l’éducation au goût à travers la diversité des aliments proposés.</em></p>



<p><em>Au niveau des producteurs, il est clair qu’un gros consommateur comme la Ville d’Ottignies-Louvain-la-Neuve est un argument de poids dans le chef de notre fournisseur pour convaincre des producteurs de s’engager dans des démarches de productions plus locales et plus respectueuses de l’environnement.&nbsp;»</em></p>
</blockquote>



<p></p>



<p>Quand on aborde la question des obstacles, Céline Vander Sande déconstruit quelques idées reçues&nbsp;: logistiquement, au niveau des écoles, proposer des repas sains n’est pas plus compliqué. Les repas arrivent prêts, dans des bains-marie en inox, à réchauffer. C’est au niveau des services de cuisines en amont que la logistique peut être différente. De même, repas sains ne riment pas forcément avec des prix plus élevés&nbsp;: réduire les distances de trajets des aliments, le gaspillage alimentaire et les protéines animales permet de proposer des repas durables sans en augmenter sensiblement les prix.</p>



<p>La transition vers des cantines durables s’est faite petit à petit, en augmentant chaque année la part d’aliments biologiques et issus de circuits courts, «<em>&nbsp;à un rythme respectueux de notre personnel, mais aussi de notre fournisseur et des producteurs qui doivent pouvoir s’ajuster peu à peu à nos exigences.&nbsp;»</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">La Turbean à l’ULB</h3>



<p>Un autre exemple en matière de cantines durables est la Turbean, à l’Université Libre de Bruxelles. La cantine est née en 2019 de l’idée de quelques étudiant·es bioingénieurs, conscient·es de l’écart entre ce qu’ils et elles apprenaient en cours sur les systèmes alimentaires et leurs impacts environnementaux et ce qui leur était proposé comme restauration sur les cantines du campus. Implantée sur le site de l’Université, la Turbean accueille chaque jour les étudiant·es et sert environ 250 repas par jour. À la carte, un plat chaud différent chaque jour, une soupe ou un sandwich, toujours composé d’aliments biologiques, locaux et de saison.</p>



<p>Ici aussi, on affirme que la logistique d’une cantine durable n’est pas plus compliquée qu’une autre : « <em>On se fournit directement auprès de grossistes qui s’approvisionnent eux auprès de producteurs et productrices belges et biologiques. Et on trouve facilement ce dont on a besoin : les productions bio, c’est devenu assez facile à trouver »</em>, explique Chloé Bensoussan, gestionnaire de la Turbean<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>. «<em> De temps en temps, on va se diriger vers des produits qui ne sont pas belges mais qui viennent de pays voisins, si on a besoin d’agrumes par exemple, mais ils seront en revanche toujours bio ».</em></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«<em>&nbsp;<strong>On entend souvent dire que cuisiner avec un modèle industriel serait moins cher et plus facile, mais il faut déconstruire cette idée</strong>. Nous on fait tout avec des produits bruts. On achète des légumineuses, des céréales, des légumes, et puis tout est cuisiné ici directement. Tout est maison, tout est frais. On ne propose pas de viande et que très peu de produits laitiers. Or ce sont souvent ces produits qui sont un peu plus coûteux. Ce sont aussi ces produits qui sont les plus contraignants au niveau des règles sanitaires. En ne les cuisinant pas on se facilite la vie. On n’a pas de gaspillage alimentaire non plus&nbsp;: soit on vend tout, soit on réutilise ce qu’il reste dans les plats du lendemain, en le transformant en soupe par exemple.</em></p>



<p><em>On a beau avoir de la concurrence sur le campus, avec Sodexo juste au-dessus de nous dans le bâtiment, on n’a aucun mal à écouler tous nos repas. On vend tout tous les jours, et on ne saurait de toute façon pas produire plus, vu le modèle qu’on a choisi, la taille de la cuisine, etc. Il y a deux personnes à temps plein pour la préparation des repas. C’est aussi ça <strong>la spécificité de notre modèle, c’est que nos cuisiniers et cuisinières gèrent les repas de A à Z</strong>. Dans d’autres cuisines collectives il y a une personne qui s’occupe uniquement d’éplucher, une de ranger des caisses, d’ouvrir des emballages. Ici, de l’idée du plat à sa confection, nos cuisiniers et cuisinières s’occupent de tout et ils et elles sont passionné·es par cela.</em>&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p></p>



<p>Tout comme à Ottignies, la mission de la cantine ne se limite pas à nourrir les étudiant·es&nbsp;: </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«<em>&nbsp;On travaille aussi à éduquer à l’alimentation. D’une part, on se rend bien compte que ce que l’on propose comme plat peut être perçu comme de la bonne nourriture de bobo&nbsp;: ‘boulgour-panais’, ‘chou basilic cardamome’… ça ne parle pas à tout le monde et ça peut ne pas donner envie car on ne connaît pas. De temps en temps, on fait en sorte de proposer des classiques&nbsp;: des pâtes à la bolognaise, des burgers végés et patates au four, etc. Ça fait venir d’autres publics, qui apprennent à connaître la Turbean. D’autres part, on essaye de sensibiliser aux enjeux de l’alimentation. On propose des diffusions de films sur des thématiques liées à l’alimentation, on met à disposition de la documentation consultable sur place, on organise des animations… <strong>Et on essaye de toujours politiser nos ateliers&nbsp;: l’alimentation est éminemment politique</strong>.&nbsp;»</em></p>
</blockquote>



<h2 class="wp-block-heading">Bien manger. Qui paie l’addition&nbsp;?</h2>



<p>Les bénéfices des cantines scolaires durables sont évidents. La question qui reste en suspens est celle de leur financement. Car durables ou non, le prix des repas scolaires reste pour certains parents un obstacle de taille. Notre étude sur le poids de la précarité sur le droit à l’éducation<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup> met en avant l’importance de proposer des repas gratuits dans les écoles. C’est une recommandation formulée par de nombreuses associations de terrain, ainsi que par le Délégué général aux droits de l’enfant dans son dernier rapport<sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup>. De plus, l’étude rappelle que la Belgique est un des seuls pays à ne pas avoir de politique pour des repas scolaires gratuits.</p>



<p><strong>Des cantines scolaires durables et accessibles à tous et toutes représentent bien plus qu’un service de restauration. Elles sont un levier de justice sociale, de santé publique et de transition écologique, qui bénéficie aux enfants, mais aussi à tous les acteurs et actrices de la chaîne de restauration collective.</strong></p>



<p>Les exemples d’Ottignies-Louvain-la-Neuve et de la Turbean montrent que cette transition est faisable et souhaitable. Les initiatives locales, aussi inspirantes soient-elles, ne suffiront pourtant pas à transformer le système alimentaire dans son ensemble. <strong>Il est temps de passer à l’échelle supérieure et que le politique s’empare de la question : généraliser les cantines durables, les rendre gratuites pour toutes et tous, et en faire un pilier de l’éducation et de la transition écologique.</strong></p>



<p>Le prix des cantines n’est pas une charge mais bien un investissement dans la santé, dans l’éducation des enfants et dans une agriculture locale et durable. De même, <strong>un repas sain et équilibré à l’école ne doit pas être considéré comme un privilège mais bien comme un droit fondamental pour chaque enfant</strong>.</p>



<div class="wp-block-columns fond-bleu is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p>Pour aller plus loin sur l’importance de la gratuité des repas scolaires voir l’analyse <em><a href="https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-14/">La gratuité scolaire, nouvelle victime des mesures contre les plus vulnérables</a></em></p>



<p>Et pour en apprendre davantage sur les conséquences de la précarité sur le droit à l’éducation, voir l’étude <em><a href="https://vivre-ensemble.be/publication/etude-2025/">Le poids du cartable. Quand la précarité pèse sur le droit à l’éducation</a></em></p>
</div>
</div>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Collectif, Alimentation, activité physique, sédentarité et sommeil des adolescents scolarisés en région de Bruxelles-Capitale, Enquête HBSC 2022, SIPES, p. 28. Disponible sur <a href="https://www.ulb.be/medias/fichier/20240313-brochure-rbc-finale-2-_1714401180013-pdf">ulb.be (PDF)</a></div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.rtbf.be/article/pauvrete-infantile-plus-de-40-000-enfants-sautent-au-moins-un-repas-par-jour-en-belgique-11087118">rtbf.be</a></div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://tchak.be/index.php/2024/06/04/rendre-les-cantines-scolaires-gratuites-et-de-qualite/">tchak.be</a></div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.sciensano.be/fr/sujets-sante/obesite/chiffres">sciensano.be</a></div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.inami.fgov.be/fr/themes/soins-de-sante-cout-et-remboursement/maladies/obesite-et-surpoids-des-enfants-et-adolescents">inami.fgov.be</a></div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.mangerdemain.be/2021/09/10/etat-des-lieux-restauration-hors-domicile/">mangerdemain.be</a></div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Entretien par écrit (octobre 2025).</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La biométhanisation est un processus biologique naturel de décomposition des déchets, souvent valorisés en production d’énergie.</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Entretien réalisé à Bruxelles (octobre 2025).</div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://vivre-ensemble.be/publication/etude-2025/">vivre-ensemble.be</a></div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Délégué général aux droits de l’enfant, Droits de l’enfant. Tous incasables ?, Rapport annuel 2023-2024, Bruxelles, 2024, p. 77.</div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Vinzenz Verein Eupen VoG</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/vinzenz-verein-eupen-vog/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[louli]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Aug 2025 10:50:36 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=association&#038;p=39733</guid>

					<description><![CDATA[Aide financière et accompagnent dans les démarches administratives à Eupen-Kettenis]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Les personnes de notre ville (Eupen-Kettenis) qui demandent l&rsquo;aide de l&rsquo;association sont visitées à domicile par ses membres, qui sont tous des bénévoles. Au cours de ces visites discrètes, la situation financière de ces personnes est analysée. Les dépenses sont comparées aux recettes éventuelles et l&rsquo;on examine si une aide est possible par d&rsquo;autres canaux (CPAS, famille, etc.) Les membres de l&rsquo;association vincentienne qui ont effectué ces visites à domicile préparent un rapport écrit sur la base duquel il est décidé, lors de la réunion suivante, d&rsquo;accorder une aide sous forme de chèques alimentaires auprès d&rsquo;un grand magasin local (et d&rsquo;en fixer le montant).</p>



<p>Le soutien ne se limite pas à l&rsquo;aide financière : les membres de l&rsquo;association vincentienne accompagnent souvent les bénéficiaires dans les démarches administratives (par exemple, les contacts avec les sociétés d&rsquo;approvisionnement et les pouvoirs publics, ainsi que les problèmes de location ou les affaires juridiques).</p>



<p>Des visites périodiques à domicile permettent de rester en contact avec les bénéficiaires et de garder un œil sur leur situation financière et la nécessité d&rsquo;un soutien. Ainsi, les personnes dans le besoin bénéficient d&rsquo;un soutien très discret pour leur permettre de vivre plus décemment.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Trait d’Union</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/trait-dunion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[louli]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Aug 2025 09:58:31 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=association&#038;p=39654</guid>

					<description><![CDATA[L'ASBL Trait D’union vient en aide aux personnes précaires de l’entité de Chimay, familles ou personnes isolées, sans aucune discrimination]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>L&rsquo;ASBL Trait D’union vient en aide aux personnes précaires de l’entité de Chimay, familles ou personnes isolées, sans aucune discrimination. L’aide dure le temps nécessaire à la régularisation d’une situation difficile. L’ASBL Trait d’Union ont plusieurs missions, fournir :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Une aide alimentaire sous forme de colis</li>



<li>Des bons de chauffage</li>



<li>De l’aide à l’enfance</li>



<li>De l’aide psychologique</li>



<li>Une aide morale pour une présence auprès des personnes isolées et désemparées</li>



<li>Une orientation judicieuse vers différents services publics compétents.</li>
</ul>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Resto du cœur Mouscron</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/resto-du-coeur-mouscron/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[louli]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Aug 2025 09:34:59 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=association&#038;p=39647</guid>

					<description><![CDATA[Les restos du cœur de Mouscron luttent contre la pauvreté et l’exclusion sociale en apportant une aide alimentaire et sociale aux personnes précarisées et sans-abri]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Les restos du cœur de Mouscron luttent contre la pauvreté et l’exclusion sociale en apportant une aide alimentaire et sociale aux personnes précarisées et sans-abri. Pour ce faire, les restos du coeur de Mouscron ont 4 missions principales :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Distribution de repas et colis alimentaire</li>



<li>Accueil et accompagnement social</li>



<li>Accompagnement vers le logement</li>



<li>Sensibilisation à la pauvreté et plaidoyer politique</li>
</ul>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>BENOIT ET MICHEL</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/benoit-et-michel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[louli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Aug 2025 09:04:09 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=association&#038;p=39608</guid>

					<description><![CDATA[L’association accompagne des personnes vulnérables dans leur retour à une vie digne, en plaçant le logement au cœur de sa démarche.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>L’association <strong>accompagne des personnes vulnérables dans leur retour à une vie digne, en plaçant le logement au cœur de sa démarche</strong>. Elle soutient prioritairement des <strong>personnes sans abri, vivant dans la rue ou en hébergement précaire, des familles fragilisées et des personnes isolées</strong>. Pour répondre aux besoins urgents et variés, <strong>elle acquiert et met à disposition des bâtiments</strong> afin d’y proposer un logement à court, moyen ou long terme.</p>



<p>Ses principales actions se concentrent sur la <strong>réinsertion par le logement</strong>, <strong>l’accompagnement social et administratif</strong> des personnes, qu’elles soient ou non déjà hébergées, et la distribution régulière de colis alimentaires aux personnes sans abri. Ces interventions concrètes permettent non seulement d’offrir un toit, mais aussi de <strong>recréer un cadre sécurisant et de rompre l’isolement</strong>.</p>



<p>Une <strong>dizaine de volontaires</strong> s’engagent activement dans ces activités. Certains bénéficiaires participent également aux décisions en tant que membres du conseil d’administration, renforçant ainsi la légitimité et l’ancrage solidaire du projet. L’association intervient principalement à Liège et dans sa région. Elle prend part ponctuellement à des actions d’interpellation politique, notamment au conseil communal et au sein de collectifs, pour défendre les droits des personnes sans chez-soi et améliorer les dispositifs d’accueil, comme les abris de nuit.</p>



<p>Son action vise à garantir à chacun un accompagnement respectueux et personnalisé, en partant du principe que le logement est une condition indispensable pour retrouver dignité, stabilité et autonomie.</p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’alimentation locale. Entre disponibilité rurale et consommation urbaine </title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-03/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[romain stagiaire 2025]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 May 2025 13:31:45 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=publication&#038;p=39355</guid>

					<description><![CDATA[« C’est à la campagne qu’on produit le plus d’alimentation locale ! » mais « C’est en ville qu’il y a le plus de consommateurs !».]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">« <em>C’est à la campagne qu’on produit le plus d’alimentation locale !</em> » mais « <em>C’est en ville qu’il y a le plus de consommateurs !»</em>. Ces deux réflexions mettent en lumière les questionnements sur la disparité entre zones urbaines et zones rurales en ce qui concerne l’accessibilité à l’alimentation locale et durable, ce sur quoi cette analyse va tenter de mettre un peu de lumière.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Bien manger, une route semée d’obstacles</h2>



<p>On entend souvent dire qu’il est important de se nourrir correctement non seulement pour soi, mais également pour l’environnement qui nous entoure et pour la préservation de notre planète. Consommer des produits locaux et de saison permet de réduire notre impact environnemental en évitant notamment les coûts liés au transport, mais aussi en évitant les déchets liés aux emballages, le gaspillage lié aux invendus des grandes surfaces, etc. Cela permet également d’avoir un impact économique positif car en privilégiant le local, on réduit le nombre d’intermédiaires entre le consommateur et le producteur, permettant ainsi une rémunération plus juste pour ce dernier<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>.</p>



<p>S’il s’agit là d’un engagement remarquable et souhaitable pour l’ensemble de la population, il reste néanmoins complexe et ce, pour différentes raisons. En effet, aux prémices de cette démarche de mieux consommer, il y a tout d’abord une phase de «&nbsp;conscientisation&nbsp;», c’est-à-dire avoir conscience de l’importance de se nourrir localement et de saison. Cela passe notamment par de l’éducation, par des campagnes de communication ou encore un meilleur étiquetage qu’il reste à mieux développer.</p>



<p>Ensuite, il y a la question économique, liée à la croyance que ‘<em>manger de bons produits est forcément plus cher</em>’ qui a la peau dure<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>. Si les produits bio restent souvent plus chers que leurs équivalents conventionnels, cette différence de prix diminue considérablement lorsqu’on consomme en circuit court et de saison.</p>



<p>Enfin, un autre obstacle qui entrave le chemin menant à une alimentation locale et durable est l’accessibilité, c’est-à-dire l’existence à proximité d’endroits proposant ce type d’alimentation et leur disponibilité. C’est ce dernier critère qui sera exploité dans cette analyse.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelques chiffres&nbsp;</h2>



<p>La plateforme ‘<em>Mangez local’</em> dont la mission est «&nbsp;<em>de faire connaître les producteurs artisanaux et de les mettre en lien avec les consommateurs locaux&nbsp;</em>»<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>dénombre environ 600 points de vente (boulangerie, épicerie locale, ferme, etc.) de produits locaux sur le territoire de la Province de Liège (40 dans la ville de Liège même). En mettant en parallèle ces nombres et ceux qui caractérisent la démographie liégeoise (la ville de Liège comptait au 1<sup>er</sup> janvier 2025 195.778 habitants et la Province 1.119.038 habitants)<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>, un constat saute aux yeux. Le milieu rural serait mieux desservi en initiatives d’alimentation locale que le milieu urbain&nbsp;: une initiative pour environ 2.000 habitants en zone rurale contre une initiative pour environ 4.900 habitants en ville. Comme les légumes sont cultivés dans les campagnes, il ne semble pas surprenant à première vue que ce soit les zones rurales les mieux approvisionnées. Cependant, le propos se doit tout de même d’être nuancé.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Premièrement, les proportions obtenues l’ont été en ne prenant en compte que la ville de Liège comme milieu urbain. Or Huy, Verviers, Waremme, Hannut, Visé, Malmedy et Eupen sont également des villes en plus de la périphérie de Liège (Ans, Saint-Nicolas, Grâce-Hollogne, Beyne-Heusay, Fléron, Herstal, etc.). Une fois celles-ci inclues au calcul, les proportions changent pour arriver à une initiative pour environ 1.250&nbsp; habitants en milieu rural contre 1 initiative pour environ 4.750 habitants en milieu urbain dans la Province de Liège.</p>



<p>Deuxièmement, il faut distinguer le type de projets. En effet, l’initiative ‘<em>Mangez local’</em> comprend aussi bien des distributeurs que des producteurs. Afin d’affiner notre analyse, il est intéressant de voir où sont établis les uns comme les autres. C’est là l’objet d’étude d’un mémoire d’une étudiante de l’Université de Liège<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup> qui répertorie 213 initiatives de circuit court selon différentes catégories. Afin de rendre les résultats de cette étude accessible à tous, nous réduirons les catégories aux nombre de deux&nbsp;: les lieux de production exploitations et les distributeurs. Ceci nous amène aux résultats suivants&nbsp;: les zones très denses et denses comportent 30 exploitations pour 52 distributeurs contre 63 exploitations pour 61 distributeurs en milieu peu dense. Une fois de plus, le milieu rural est devant le milieu urbain en terme de nombre de points d’accès d’alimentation locale.&nbsp;</p>



<p>Cependant, si les facteurs développés ci-dessous confirment que le plus grand nombre d’initiatives de nourriture locale se situent dans les campagnes plutôt qu’à la ville, un facteur qui a toute son importance vient à nouveau nuancer cette conclusion… Il s’agit de la superficie. En effet, les milieux urbains mentionnés dans le premier point représentent environ 540 km<sup>2</sup>, ce qui équivaut à 14% de la superficie totale de la Province <sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>. Cette information dément donc la première conclusion, car si en valeur absolue, la campagne se voit mieux desservie, c’est sur un territoire bien plus grand. En outre, les magasins et distributeurs sont bien plus éloignés les uns des autres qu’en milieu urbain, ce qui les rend donc bien moins accessibles que ceux des villes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une expérience personnelle</h2>



<p>C’est lors d’une discussion avec une collègue sur le choix du thème de mon analyse que nous avons évoqué le fait que les villageois ne sont pas toujours au courant des structures existantes au sein de leurs villages proposant des produits locaux. Pour preuve, je n’étais personnellement pas au courant de l’existence d’un GAC (Groupement d’Achat en Commun)<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>dans mon propre village natal (Momalle) et l’ai découvert durant les recherches de cette présente analyse…</p>



<p>En outre, pour illustrer la disparité géographique des épiceries durables, il est utile de mentionner l’accessibilité de ces lieux de distributions. Prenons l’exemple du magasin ‘<em>Nos Racines’</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup> (implanté à Herve), épicerie engagée et solidaire proposant des produits locaux et de saison ainsi que des produits importés tout aussi soucieux de l’environnement et de la justice sociale. Pour accéder à ce magasin, et même si l’on vient d’un village proche (Dalhem, Blegny, Housse, etc.), la voiture reste le moyen le plus pratique puisqu’il faut compter environ 2 heures pour s’y rendre en bus. En termes d’accessibilité, la tâche de se nourrir ‘correctement’ devient compliquée. Enfin, si l’on prend le village de Momalle mentionné dans l’exemple du GAC, qui se situe pourtant en Hesbaye (zone connue pour sa production agricole), il faut faire au minimum 12 kilomètres en voiture avant de trouver un magasin concentrant une diversité minimale de produits locaux. Ces exemples démontrent que la contrainte géographique est bien présente dans les milieux ruraux, ce qui peut accentuer de manière encore plus aiguë les inégalités déjà bien présentes entre les personnes/familles précarisées et le reste de la société civile.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La précarité alimentaire, affaire des villes&nbsp;?</h2>



<p>Un facteur également intéressant à prendre en compte quand on veut se saisir des disparités de consommation de produits locaux entre milieux ruraux et milieux urbains est la part du budget des différents ménages alloués à l’alimentation. Selon une enquête<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>de l’AB-REOC (Association Belge de Recherche et d’Expertise pour les Organisations de Consommateurs), la majorité des Wallons (60,8%) considère comme importante l’origine locale des produits lors de leurs achats. Autre statistique intéressante&nbsp;; seulement un Belge sur cinq se dit prêt à payer davantage pour un aliment local quand presqu’un Wallon sur deux trouve les prix de l’alimentaire très élevés. En croisant ces données à celle selon laquelle la pauvreté monétaire est plus présente dans les milieux plus densément peuplés<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>, on peut dès lors supposer que la part du budget des ménages allouée aux aliments locaux serait moindre en ville.</p>



<p>La lecture du Compte-rendu de la conférence <em>Précarité et alimentation</em> du <em>Festival Nourrir Liège</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup> nous informe que si le prix des aliments locaux et de saison peut représenter un obstacle, d’autres freins existent comme la proximité ou non des points de vente et le manque de temps (pour faire ses courses, pour cuisiner, etc.). Ces dernières informations déjà constatées en amont permettent de faire le lien avec le point sur l’accessibilité géographique, les ménages précarisés se retrouvent plus souvent en ville là où les produits locaux sont les plus disponibles… Disponibles oui, mais pour qui&nbsp;? La variable économique montre qu’ils le sont pour un public plus favorisé. En ce qui concerne la campagne, la précarité est également une réalité qui vient amplifier les obstacles précédemment cités et notamment celui de la proximité des points de ventes puisque, comme démontré dans les points précédents, ces derniers sont souvent moins accessibles qu’en milieu urbain.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une prise de conscience de l’inaccessibilité</h2>



<p>Cependant, certaines initiatives instaurées par les pouvoirs publics vont dans le sens d’une augmentation de l’accessibilité au plus grand nombre des produits locaux comme par exemple l’initiative <em>Circuit court</em> du Centre Provincial Liégeois de Promotion et de Gestion en Agriculture qui, depuis 2012, intègre des produits de producteurs liégeois dans plus de septante moyennes et grandes surfaces<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup>. Bien que privilégier les petits magasins et épiceries reste l’objectif, l’intégration de ce type de produits dans des magasins dits ‘conventionnels’ permet une accessibilité plus généralisée à ceux-ci. L’on peut également citer l’initiative ‘<em>Du local dans mon point de vente’</em> soutenue par la Région wallonne et qui permet des actions de fidélisation et d’accessibilité aux produits alimentaires durables<sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup><br>.</p>



<p>De plus, une recherche participative<sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup> sur le thème de l’alimentation lancée en février 2024 et qui sera menée jusqu’à l’été 2025 met en lumière une prise de conscience des pouvoirs publics de l’intérêt grandissant pour le circuit-court et le local. À la lecture des documents<sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup> présentant la recherche, il est intéressant de constater que les pouvoirs publics ont bien conscience du contraste des situations de famille précarisées et du reste de la population. Quand dans les premières on se demande si&nbsp;on aura assez à manger pour la semaine, dans les autres on se dit «&nbsp;<em>ça serait bien cette semaine de manger uniquement local&nbsp;»</em>. La véritable question que la société civile et les pouvoirs publics doivent se poser, c’est «&nbsp;<em>Comment permettre aux premières familles de se faire la seconde réflexion&nbsp;?</em>&nbsp;». Éléments de réponse en guise de conclusion…</p>



<h2 class="wp-block-heading">À quand une alimentation durable pour toutes et tous&nbsp;?</h2>



<p>Cette analyse avait pour objectif de montrer les disparités entre « villes »  et « campagnes » en termes d’accessibilité à la nourriture locale et durable. Si l’on  a pu remarquer au cours de cet exercice qu’il existe bien des différences entre les deux, notamment au regard de l’accessibilité géographique, il est important de constater que <strong>là où la précarité se trouve, qu’elle soit rurale ou urbaine, la consommation de produits locaux de qualité diminue</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup>. Si la question de la conscientisation sur le sujet n’était pas l’objet de cette analyse, elle peut en être la continuité, car être informé des initiatives existantes telles que celles citées ou d’autres peut être l’une des clés ouvrant la porte de l’alimentation locale et durable à un prix équitable. La Ceinture Aliment-Terre Liégeoise (CATL)<sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup>, dans son Mémorandum de 2024, insiste sur le droit universel à une alimentation durable bafoué face à une précarité grandissante de la population. Plus précisément, la CATL explore deux leviers d’actions nécessaires pour une alimentation durable pour toutes et tous. <br><br>En premier lieu, l’appui à des outils efficaces tels que la restauration collective notamment via l’accompagnement des cantines et des collectivités dans leur transition vers plus de durabilité. Ainsi, « <em>la transition vers des cuisines et des cantines durables ne peut (…) se faire sans une concertation et un accompagnement de l’ensemble des acteurs concernés (du responsable des achats au consommateur final, en passant par tous les acteurs de terrain). Cet accompagnement doit s’inscrire dans un processus long afin de permettre le changement d’habitudes et de comportements de manière pérenne» </em><sup class="modern-footnotes-footnote ">18</sup> et d’insister sur le fait que cet accompagnement ne peut en aucun cas être conditionné ou payant. Le deuxième levier d’action proposé par la CATL est le soutien à des projets innovants tels que la sécurité sociale de l’alimentation<sup class="modern-footnotes-footnote ">19</sup> qui permet « <em>la réalisation du droit à l’alimentation via l’octroi aux personnes d’une allocation permettant d’acheter des produits alimentaires conventionnés. (…) La SSA est un dispositif de démocratie alimentaire qui garantit le droit à l’alimentation et permet de lutter contre la pauvreté alimentaire tout en finançant les circuits courts vertueux, les petits producteurs.</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">20</sup> Outil génial pour lutter contre la précarité alimentaire, un projet pilote, <em>BEES coop</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">21</sup>, a été mis en place en 2023 à Schaerbeek et a permis d’octroyer 150€ par mois à 70 bénéficiaires du CPAS de Schaerbeek à dépenser au magasin d’alimentation durable BEES coop<sup class="modern-footnotes-footnote ">22</sup>. En espérant que ce genre de projet pilote puisse se répliquer dans d’autres villes et sur d’autres territoires et permettre ainsi une véritable alimentation durable pour toutes et tous.</p>



<p></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Voir fiche n°5 du bep-environnement&nbsp; <a href="https://www.bep.be/">bep.be</a> </div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Voir à ce sujet l’analyse d’Action Vivre Ensemble sur l’initiative Les Petits Producteurs (LPP) : <a href="https://archives.vivre-ensemble.be/alimentation-saine,et-locale-accessible-a-tous">archives.vivre-ensemble.be</a> </div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Voir <a href="https://www.mangez-local.be/fr ">mangez-local.be </a>&nbsp;</div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Données tirées du site WalStat,&nbsp; <a href="https://walstat.iweps.be/walstat-accueil.php">walstat.iweps.be</a> </div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;GOLINVAUX, A., État des lieux des formes émergentes de distributeurs de produits locaux en province de Liège, Mémoire en géographie humaine &amp; démographie, Liège, Université de Liège, 2022. </div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Donnée tirée du site Commune<a href="https://www.commune-gemeente.be/fr/"> commune-gemeente.be</a></div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Le GAC est un groupe de personnes qui se réunissent régulièrement pour acheter ensemble des produits de qualité directement aux producteurs et transformateurs locaux. Voir&nbsp; <a href="https://www.liege.be/fr/vivre-a-liege/commerce/alimentation-locale/acheter-local/achats-groupes/gac">liege.be</a></div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Voir <a href="https://www.nosracines.be">nosracines.be</a></div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Enquête disponible sur le site du SPF Économie, <a href="https://economie.fgov.be/fr/publications/manger-local-et-alors-durable">economie.fgov.be</a> </div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Données disponibles sur <a href="https://economie.fgov.be/fr/themes/analyses-et-etudes/tableau-de-bord-de-la/resultats-de-la-competitivite/cohesion-sociale?">economie.fgov.be</a> </div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Disponible sur&nbsp; <a href="https://www.catl.be/2021/05/27/compte-rendu-de-la-grande-conference-precarite-et-alimentation-du-festival-nourrir-liege/">catl.be</a></div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Voir l’initiative «&nbsp;Circuit court&nbsp;» sur le site de la Province de Liège, &nbsp;<a href="https://www.provincedeliege.be/fr/agrulab/particuliers/produits-locaux">provincedeliege.be</a> </div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Voir l’initiative «&nbsp;Du local dans mon point de vente&nbsp;»&nbsp;: <a href="https://www.mangerdemain.be/mecas-soutien/">mangerdemain.be</a> </div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Recherche participative menée en collaboration avec&nbsp; le Réseau wallon de la lutte contre la pauvreté (RWLP), la coopérative Paysans-Artisans et l’asbl Réalisation Téléformation et Animation (RTA). </div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;Documents disponibles sur <a href="https://intermag.be/recherches">intermag.be</a> </div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Pour plus d’informations sur ce sujet, lire le mémorandum du Conseil de Politique Alimentaire de Liège Métropole : <a href="https://www.catl.be/wp-content/uploads/2024/03/Memorandum_CPA_LM_2024.pdf">catl.be</a> </div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.catl.be/">catl.be</a> </div><div>18&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <a href="https://www.catl.be/wp-content/uploads/2024/03/Memorandum_CPA_LM_2024.pdf">catl.be</a></div><div>19&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Lire à ce sujet l’analyse d’Action Vivre Ensemble, La sécurité sociale de l’alimentation en débat. Disponible sur <a href="https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2024-13">vivre-ensemble.be</a> </div><div>20&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  <a href="https://www.catl.be/wp-content/uploads/2024/03/Memorandum_CPA_LM_2024.pdf">catl.be</a> </div><div>21&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  BEES coop pour la coopérative Bruxelloise, Ecologique, Economique et Sociale, « initiative citoyenne qui a pour but de créer une alternative à la grande distribution classique en proposant des produits de qualité, à des prix accessibles à tous, bons pour la famille et la planète. » Voir <a href="https://bees-coop.be/ ">bees-coop.be </a></div><div>22&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  Rapport de l’expérience pilote Beescoop disponible sur <a href="https://www.collectif-ssa.be/evaluation-du-projet-pilote-bees-coop/">collectif-ssa.be</a></div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La sécurité sociale de l’alimentation en débat</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2024-13/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Nov 2024 09:35:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Un système où chacun·e cotiserait selon ses revenus pour accéder à un budget alimentaire dédié à des produits durables et choisis démocratiquement.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>La sécurité sociale de l’alimentation (SSA) propose un système où chacun·e cotiserait selon ses revenus pour accéder à un budget alimentaire dédié à des produits durables et choisis démocratiquement. Elle vise à lutter contre la précarité alimentaire, soutenir les paysan·ne·s et favoriser la transition agroécologique. Cependant, des défis émergent : risque de précarisation accrue, fracture numérique, lourdeurs administratives pour les agriculteur·rice·s. Certaines expériences pilotes montrent des résultats prometteurs mais soulignent la nécessité d’une construction progressive et locale, en impliquant citoyen·ne·s et pouvoirs publics. Retour sur une conférence-débat animée par Clémence Dumont, journaliste de la revue <em>Tchak</em>, dans le cadre de <em>La Petite Foire Paysanne 2024</em>…</p>



<p><strong>La sécurité sociale de l’alimentation&nbsp;: définition</strong></p>



<p>Et si nous achetions notre nourriture comme nous accédons aux soins de santé ? Pour combler ses besoins alimentaires, chacun·e cotiserait en fonction de ses revenus et recevrait ensuite un budget alimentaire à dépenser selon un processus organisé démocratiquement. Depuis quelques années, l’idée d’une <strong>sécurité sociale de l’alimentation</strong> (SSA) séduit des organisations qui y voient un moyen d’offrir aux plus démuni·e·s un accès à une nourriture de qualité, tout en soutenant les paysan·ne·s et en favorisant la transition agroécologique de notre système alimentaire<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>. Alors que les expériences pilotes inspirées par ce concept se multiplient, quel bilan peut-on en tirer ? La généralisation de la sécurité sociale de l’alimentation est-elle envisageable ? Quelles questions pratiques et éthiques cela soulève-t-il ?</p>



<p>Quatre intervenant·e·s ont exploré ces questions lors d’une conférence-débat animée par Clémence Dumont, journaliste de la revue <em>Tchak</em>, dans le cadre de <em>La Petite Foire Paysanne 2024</em> : <strong>Michel Berhin</strong>, administrateur de la Ceinture alimentaire namuroise et membre de CréaSSA (Collectif de réflexion et d’action sur une sécurité sociale de l’alimentation) ; <strong>Hugues De Bolster</strong>, chargé de projets à la SAW-B (Solidarité des alternatives wallonnes et bruxelloises) ; <strong>Catherine Rousseau</strong>, chargée de projets à la FSS (Fédération des Services Sociaux), paysanne et présidente de La Botte Paysanne et <strong>Antoine Gaillard</strong>, coopérateur à l’Atelier Paysan et membre du Collectif pour une Sécurité Sociale de l’Alimentation français.</p>



<p>Mais comment définir la sécurité sociale de l’alimentation&nbsp;? Michel Berhin propose une image concrète : « <em>Imaginez que vous ayez dans votre poche une carte, chargée de 150€ d’un budget alloué par l’État et exclusivement dédié à l’alimentation</em> ». Ce budget, alimenté par une <strong>cotisation</strong> proportionnelle à vos revenus, ne pourrait être utilisé que pour acheter des produits <strong>conventionnés</strong>, c’est-à-dire répondant à des critères de durabilité définis démocratiquement.</p>



<p>Ce modèle s’inspire de la sécurité sociale telle qu’on la connaît (allocations familiales, remboursements de soins, etc.) et vise à répondre au besoin fondamental de se nourrir sainement. Par extension, il contribuerait à améliorer la santé publique et à relocaliser notre système alimentaire. En effet, le budget SSA garantirait un accès exclusif à des produits répondant à des critères précis. Cela a déjà lieu, par exemple, pour les soins de santé ou les médicaments qui ne sont remboursés que lorsqu’ils sont conventionnés.</p>



<p>La SSA serait <strong>universelle</strong> (chacun·e cotiserait selon ses moyens) et basée sur le <strong>conventionnement</strong> (définition démocratique de produits durables et de qualité).</p>



<p><strong>Quels impacts sociaux ?</strong></p>



<p>Catherine Rousseau souligne que l’insécurité alimentaire progresse, en Belgique comme ailleurs, avec un coup d’accélérateur supplémentaire dû aux crises successives (pandémie, inflation, conflits). Actuellement, <strong>600 000 personnes</strong> en Belgique dépendent de l’aide alimentaire, principalement assurée par des associations et des CPAS eux-mêmes en difficulté. Cette aide repose sur des invendus de supermarchés ou des fonds européens et ne répond souvent ni aux besoins réels ni aux préférences des bénéficiaires.</p>



<p>Or, bien qu’absolument nécessaire, cette aide alimentaire reste un <strong>pansement</strong> et n’offre pas de solution structurelle à la précarité<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>. Si la SSA propose une alternative intéressante, elle comporte des <strong>risques sociaux</strong> qu’il faut anticiper :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Cotisations et précarité</strong>. Prélever une somme, même modeste (par exemple, 15€), aux ménages précaires pourrait les désavantager si le système ne leur permet pas d’utiliser ces 15€ aussi efficacement qu’ils ou elles le feraient eux·elles-mêmes.</li>



<li><strong>Utilisation effective ? </strong>Rien ne garantit que les personnes les plus aisées, qui n’ont pas besoin d’un budget complémentaire, utiliseront effectivement les sommes à consacrer à l’achat de produits conventionnés. Elles pourraient laisser « dormir » l’allocation perçue et ne participeraient donc pas au renforcement d’une alimentation locale et de qualité.</li>



<li><strong>Fracture numérique</strong>. Si la SSA repose sur une carte numérique, elle risque d’exclure toutes les personnes peu familières avec ces outils.</li>



<li><strong>Charge administrative pour les paysan·ne·s</strong>. Le conventionnement pourrait s’apparenter à une nouvelle labellisation, augmentant des contraintes administratives déjà très lourdes pour les producteur·rice·s. Le maintien des fermes n&rsquo;est d’ailleurs pas uniquement lié à la demande, il dépend de tout un système. Une réponse différente pourrait être un système de rétribution des services que les paysan.ne.s rendent à la société par la société tout entière et pas seulement par leurs client.e.s.</li>
</ul>



<p><strong>Le processus démocratique</strong></p>



<p>Antoine Gaillard relate l’expérience française où le Collectif SSA travaille avec une trentaine d’initiatives locales. Le projet repose sur les trois principes déjà évoqués plus haut : <strong>conventionnement, universalité, cotisation</strong>. Toutefois, certaines organisations proposent de commencer par des expérimentations plus limitées, par exemple une caisse et un service public non étatique, répondant à un besoin de démocratie avant tout, sans préjuger sur le moyen ou long terme.</p>



<p>De nombreux débats ont eu lieu notamment au sujet des expériences qui bénéficiaient d&rsquo;un fort financement public local pour pallier le manque de cotisation (qui reste pour l&rsquo;instant volontaire). Est-il nécessaire de mettre fin à ces expériences pour autant ? Non car ce financement répond à un besoin urgent de mobilisation rapide de fonds. De plus, les pouvoirs publics peuvent tirer des enseignements de l&rsquo;expérience en termes de démocratie.</p>



<p>Concernant le conventionnement, en France, il a été décidé de conventionner les produits selon leur comptabilité sociale et environnementale et pas uniquement économique. Ils ont été choisis en connaissance de cause par les usagers et varient donc d&rsquo;une initiative à l&rsquo;autre. Globalement, un conventionnement consensuel pourrait se baser sur la sortie des pesticides</p>



<p>La SAW-B, qui regroupe 140 associations d&rsquo;économie sociale et solidaire, insiste sur l’importance de considérer l’alimentation comme un <strong>bien commun</strong>, au même titre que la terre, la monnaie ou le travail, explique Hugues De Bolster. Toutefois, elle exprime des réserves envers une généralisation trop rapide de la SSA, en raison de l’importance du processus démocratique<strong>. Le choix de notre alimentation doit rester un acte libre.</strong> On peut établir un parallèle avec les directives agricoles : les citoyen·ne·s et agriculteur·rice·s subissent les décisions politiques, alors que l’agriculture conventionnelle est à bout de souffle. Les agriculteur·rice·s peinent à se nourrir eux·elles-mêmes et les externalités environnementales sont trop lourdes. Une politique agricole et alimentaire ambitieuse est donc indispensable. Mais de la même manière que la sécurité sociale s’est construite progressivement, grâce à des luttes et une solidarité active, <strong>la SSA doit répondre aux besoins réels tout en étant</strong> <strong>conçue par la base</strong>, avant d’être officialisée.</p>



<p><strong>Les expériences pilotes</strong></p>



<p>Deux expériences ont particulièrement retenu l’attention :</p>



<p><strong>Montpellier<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>. La plus grande expérimentation SSA rassemble 400 volontaires. Les citoyen·ne·s cotisent selon leurs revenus (environ 60 € en moyenne), un montant complété par les pouvoirs publics. Ici, les <strong>magasins</strong> et non les <strong>produits</strong> sont conventionnés, facilitant ainsi le processus. Bien que certaines zones manquent de magasins éligibles, l’expérience favorise le dialogue entre citoyen·ne·s, agriculteur·rice·s et décideur·euse·s publics.</p>



<p><strong>Bruxelles &#8211; BeesCoop</strong>. Dans cette coopérative alimentaire, les participant·e·s ont expérimenté une SSA financée par la Région wallonne. Bien que la mixité sociale n’ait pas été garantie à toutes les étapes de l’expérience, les participant·e·s, même les plus précarisés, souhaitent continuer à s’impliquer dans la coopérative après la fin du projet.</p>



<p><strong>Quelles solutions immédiates ?</strong></p>



<p>Catherine Rousseau préconise des mesures concrètes à mettre en place rapidement : offrir une alimentation gratuite et de qualité dans les crèches et cantines scolaires, accompagnée d’une éducation à l’alimentation.</p>



<p>Michel Berhin évoque d’autres pistes qui pourraient également se conjuguer à une SSA telles que des chèques alimentaires, monnaies locales, cartes de réduction. Toutefois, ces solutions nécessitent un soutien financier conséquent, à l’image des 50 000 € mobilisés pour BeesCoop lors de son projet pilote.</p>



<p>En parallèle, soutenir les producteur·rice·s locales·aux reste un enjeu clé. À Montpellier, par exemple, les retombées directes pour les paysan·ne·s sont encore limitées, notamment parce que le conventionnement concerne principalement des magasins et que peu d’utilisateur.ice.s ont utilisé le système pour acheter en direct à des paysan.ne.s. L&rsquo;argent est donc surtout passé par les magasins et il est difficile de chiffrer les retombées pour les producteur.ic.e.s locaux.ales. Chez Paysans Artisans, par exemple, l&rsquo;impact serait plus direct.</p>



<p>Mais ces nouvelles filières restent encore à construire. D’après Hugues De Bolster, l’offre alimentaire durable et de qualité demande du soutien pour pouvoir augmenter et sortir de la situation actuelle, non seulement pour la SSA mais aussi pour d&rsquo;autres actions comme les cantines durables. Cela permettrait d&rsquo;amorcer la pompe et de lancer le conventionnement des producteur·rice·s ainsi qu&rsquo;une transition vers un système alimentaire de qualité.</p>



<p>L’expérience pilote de Montpellier montre une vraie différence pour les personnes précarisées qui ne doivent plus recourir à l&rsquo;aide alimentaire. La qualité de leur alimentation augmente alors significativement, on voit par exemple les légumes revenir à leur menu. L&rsquo;implication des personnes les plus riches est à noter également.</p>



<p>Enfin, l&rsquo;argent public que certains pouvoirs publics dédient à ces expériences permet d&rsquo;impliquer ces pouvoirs dans les questions alimentaires. Ainsi, lorsque les lieux de production et/ou vente de produits locaux sont répertoriés afin que les bénéficiaires d’une expérience de SSA puissent y faire leurs achats, on découvre que certaines zones sont trop peu desservies. Antoine nomme « bourbiers alimentaires » ces zones où l’offre d’une alimentation locale de qualité est trop maigre. Les pouvoirs locaux s&#8217;emparent de ces informations pour orienter leurs choix politiques, afin de développer l’offre, par exemple.</p>



<p>En conclusion, les expériences pilotes montrent des bénéfices concrets, notamment pour les populations précarisées, dont la qualité de l’alimentation s’améliore significativement. Cependant, des défis demeurent : assurer une vraie mixité sociale, veiller au bénéfice effectif pour les personnes précarisé·e·s et garantir un processus adéquat pour les agriculteur·rice·s.</p>



<p>Une chose est claire : <strong>pour que la sécurité sociale de l’alimentation réussisse, elle doit être construite par la base, en s’appuyant sur des projets locaux et participatifs, avant de s’élargir à une échelle nationale.</strong></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir notre analyse Une sécurité sociale de l’alimentation (2021). Disponible sur <a href="https://vivre-ensemble.be/publication/une-securite-sociale-de-l-alimentation/">vivre-ensemble.be</a></div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir la recherche participative d’Action Vivre Ensemble de 2022 Changer de pansement ou penser le changement ? Disponible sur <a href="https://vivre-ensemble.be/publication/etude-pauvretes/">vivre-ensemble.be</a></div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</strong>Voir le reportage de Clémence Dumont paru dans Tchak n°17, au printemps 2024</div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les cantines solidaires &#8211; démocratie en pratique autour des casseroles</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2024-12/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Nov 2024 09:07:34 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=publication&#038;p=38615</guid>

					<description><![CDATA[Par leurs actions concrètes, des associations impliquées dans les questions alimentaires prouvent qu'un vivre-ensemble peut exister.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Dans le contexte actuel d’incertitudes multiples, de mal-être ambiant et de discours populistes, les initiatives favorisant la participation citoyenne représentent un contre-modèle au repli identitaire et aux discriminations. Souvent méconnues, ces initiatives proposent pourtant des modèles sociopolitiques et économiques inclusifs porteurs d’espoir. Parmi elles, des associations de plus en plus nombreuses voient le jour autour du thème de l’alimentation. Par leurs actions concrètes, elles sont la preuve que peut exister au quotidien, un vivre-ensemble apaisé et enthousiaste, source de bien-être et de belles perspectives pour le futur.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Introduction – l’exemple du Pérou</h2>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-medium"><img decoding="async" width="300" height="267" src="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/11/Femmes-cuisinent-Perou-Christine-Grard-300x267.jpg" alt="Deux personnes coupent de grand quantités de légumes" class="wp-image-38658" srcset="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/11/Femmes-cuisinent-Perou-Christine-Grard-300x267.jpg 300w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/11/Femmes-cuisinent-Perou-Christine-Grard-600x534.jpg 600w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/11/Femmes-cuisinent-Perou-Christine-Grard.jpg 629w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /><div class="image-licence" style="text-align: right; margin-top: 5px; font-size: 0.8em; color: #666; font-style: italic;">Licence : photo par Christine Grard</div></figure>
</div>


<p>Au Pérou, lors de la pandémie de Covid-19, face à l’urgence de nourrir leurs familles en plein confinement, des groupes de femmes se sont organisés pour trouver des vivres et les cuisiner. Elles ont fondé des ‘<em>ollas comunes</em>’ (casseroles communes), un modèle proche des ‘<em>comedores populares’</em> (soupes populaires) qui existent à Lima depuis les années 1980. Contre toute attente, la réponse à cette crise brutale et à une famine aigüe, dans l’un des lieux les plus désertiques au monde, n’a pas été le pillage des magasins et des marchés, mais bien au contraire la solidarité. Des voisines et des voisins se sont rassemblés autour d’une ‘casserole commune’ alimentée par ce que chacun et chacune avait ou pouvait trouver, sans l’aide de l’État ou d’une structure officielle. Ces repas étaient partagés entre les participant.e.s mais aussi avec des familles du quartier les plus en difficulté. Début 2024, soit deux ans après la fin du confinement, plusieurs de ces groupes informels continuent à cuisiner alors que les activités économiques ont repris.</p>



<p>Ce qui fait sens pour les organisatrices, bien au-delà de distribuer de la nourriture dans un contexte économiquement précaire, c’est la rencontre entre voisines et voisins, c’est la bonne humeur qui circule… C’est aussi et surtout offrir la possibilité à des mères de familles en difficulté de s’asseoir un moment, de raconter et d’oser dire les vécus pénibles. Les problèmes pèsent un peu moins lourd lorsque l’on peut les partager… La vie est moins angoissante lorsque l’on n’est pas seul, lorsque l’on est écouté et compris.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="425" height="239" src="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/11/une-femme-cuisine-Perou-Christine-Grard.jpg" alt="Une personne cuisine à l'extérieur dans deux très grandes casseroles." class="wp-image-38661" srcset="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/11/une-femme-cuisine-Perou-Christine-Grard.jpg 425w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/11/une-femme-cuisine-Perou-Christine-Grard-300x169.jpg 300w" sizes="(max-width: 425px) 100vw, 425px" /><div class="image-licence" style="text-align: right; margin-top: 5px; font-size: 0.8em; color: #666; font-style: italic;">Licence : photo par Christine Grard</div></figure>
</div>


<p>À Bruxelles et en Wallonie, des groupes similaires existent dans l’objectif de cuisiner dans un esprit proche de celui du Pérou. À contre-courant des discours qui désignent des boucs émissaires pour justifier les problèmes actuels, ces cuisines de quartier solidaires sont force de propositions lumineuses.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un contexte morose</h2>



<p>Dans cette atmosphère d’incertitudes, de troubles et de crises multiples (économique, politique, sécuritaire, sociale, migratoire, sanitaire et religieuse), de plus en plus de personnes se plaignent du manque de solutions et de ne pas compter pour ceux qui nous gouvernent. Le doute sur la possibilité d’améliorer les conditions de vie crée un climat anxiogène diffus. Ce doute est exacerbé par la globalisation économique et financière ainsi que par un sentiment de déshumanisation lié, entre autres, à une numérisation de plus en plus imposée du fonctionnement de notre société<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>.</p>



<p>Une partie de la population&nbsp;éprouve des difficultés à appréhender et à décoder ce réel. Elle cherche des explications simples et des stratégies d’action qui lui permettent de sortir du sentiment de fatalité et d’impuissance. Elle a tendance à raccrocher son ressenti et ses émotions à des explications aux raisonnements simplistes, volontiers diffusés par les groupes populistes, voire extrémistes<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>. Le malaise social et l’angoisse sont aussi exacerbés par les discours sur la ‘<em>crise des réfugiés</em>’ qui profite des sentiments d’insécurité pour les présenter comme encombrants et menaçants &#8211; particulièrement depuis les attentats qui ont émaillé ces vingt dernières années<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>. La diffusion de discours désignant des groupes boucs émissaires responsables des difficultés et de théories du complot ou de celle du grand remplacement favorisent la méfiance vis-à-vis des institutions officielles et de nombreuses organisations sociales qui sont pourtant aux avant-postes lorsqu’une crise aigüe survient.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>«&nbsp;Ces théories imprègnent les esprits par petites doses, car elles contiennent toujours une part de vérité. Chacun y prend ce qui lui convient et peut y obtenir la réponse qu’il cherchait parfois désespérément&nbsp;: pourquoi il ne trouve pas sa place, pourquoi il échoue, pourquoi le monde va mal, pourquoi il y a des injustices, etc. Certaines personnes se laissent aussi convaincre parce qu’elles savent que, véritablement, des complots existent, ont existé par le passé<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>.&nbsp;»</em></p>
</blockquote>



<p>Ces discours favorisent un repli identitaire basé sur une perte de confiance qui se mue parfois en défiance de ‘l’autre’ et en rejet des acteurs politiques qualifiés d’incompétents voire de corrompus et soumis à divers intérêts au détriment de la population<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>.</p>



<p>Dans ce contexte de méfiance, le vivre ensemble et la recherche de socialisation ont tendance à se réduire à l’adhésion à des groupes dont les membres cherchent une même appartenance et se définissent comme&nbsp;ayant une ‘identité culturelle’ commune. Ce qui les fédère<em> «&nbsp;ce n’est ni une idéologie ni un programme mais une dramaturgie et un climat émotionnel mêlant colère, dégoût, peur et ressentiment<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>&nbsp;».</em> Ces personnes échangent des contenus et discutent sur les réseaux sociaux, s’entraident et s’organisent pour manifester et diffuser leurs points de vue. Certaines ont alors le sentiment de prendre part à une grande aventure collective qui donne une orientation<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup> et des clés de lecture qui distinguent le «&nbsp;proche&nbsp;» de «&nbsp;l’étranger&nbsp;», le «&nbsp;bon&nbsp;» du «&nbsp;mauvais&nbsp;», le&nbsp;«&nbsp;bienvenu&nbsp;» de «&nbsp;l’indésirable&nbsp;», ce qui est à proscrire et ce qui est à rechercher. Leur colère s’oriente vers ceux qui sont désignés comme les profiteurs du système&nbsp;: les demandeurs d’asile, les «&nbsp;étrangers&nbsp;», les chômeurs, les malades et ceux qui les soutiennent, c’est-à-dire les acteurs sociaux et les organismes de défense des droits humains.</p>



<p>Cette vague de radicalisme xénophobe et eurosceptique biaise le débat public, met en doute les valeurs démocratiques de liberté, de solidarité et de fraternité sur lesquelles repose la société et réclame un système autoritaire qui fera une différence de droits entre ceux qui seraient les vrais citoyens et «&nbsp;les autres&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Derrière les discours, des besoins</h2>



<p>Les attentes sur lesquels surfent les discours populistes&nbsp;sont le besoin de sécurité dans un climat d’incertitude, le besoin de reconnaissance et de considération, le besoin de justice, le besoin de pouvoir contrôler activement le fil de sa vie et le besoin de faire communauté avec des personnes sur qui il est possible de compter, à qui l’on peut faire confiance.</p>



<p>Étrangement, ce sont ces mêmes besoins qui font naitre chez certaines personnes le désir d’y répondre par des propositions d’associations inclusives, radicalement opposées à la défiance et au repli sur soi. Ces associations sont souvent petites, à l’échelle d’un quartier ou d’une petite entité, mais chacune participe, à sa façon, à la construction du maillage associatif qui s’érige en barrière au repli identitaire. En Wallonie et à Bruxelles, le nombre important d’associations et leur mise en réseau ainsi que leur travail d’éducation permanente expliquent que l’extrême droite s’y soit moins développée que dans d’autres régions européennes<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des groupes organisés autour de l’alimentation, pour des perspectives positives</h2>



<p>Ces quelques dernières années, sont apparus, en Wallonie et à Bruxelles, des groupes de personnes, des femmes surtout, qui s’organisent pour cuisiner ensemble et proposer des repas à prix démocratique. Leur démarche est une démarche d’émancipation collective, grâce au partage des expériences et des savoirs. Il s’agit comme l’explique Ariane Estenne, présidente du Mouvement ouvrier chrétien (MOC)&nbsp; de permettre aux personnes «&nbsp;de passer d’une position passive, d’un sentiment d’abandon, d’aliénation, de désespoir ou de colère, à une position active d’organisation et d’action collective, et d’être acteurs du changement&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>Les Cuisines de Quartier &#8211; Remettons la nourriture de tous les jours&nbsp;au premier plan de l’action publique et communautaire&nbsp;</em></h3>



<p>Le nom «&nbsp;Cuisines de Quartier&nbsp;» &nbsp;est celui d&rsquo;un mouvement pour l’alimentation saine et éthique qui rassemble une dizaine de groupes de personnes aux parcours variés. Ce sont des initiatives relativement récentes. Ces personnes ont en commun l’envie de cuisiner régulièrement à plusieurs, de partager du temps, un budget, des expériences et des savoirs. Les groupes naissent spontanément ou à l’initiative de structures existantes. Chaque groupe&nbsp;choisit&nbsp;la fréquence de ses rencontres, ses recettes, ses sources d’approvisionnement et son mode de fonctionnement. Les plats sont partagés selon le nombre de&nbsp;portions&nbsp;commandées par chaque membre.</p>



<p>Le mouvement défend l’accès de chacun, quel qu’il soit,&nbsp;à une alimentation suffisante et de qualité. Il apparait en Belgique à la suite d’une&nbsp;recherche-action&nbsp; réalisée dans un quartier de Bruxelles de 2015 à 2018, «&nbsp;<em>Favoriser l’accès à une alimentation durable et de qualité pour un public représentatif de la diversité urbaine par l’implantation locale d’un modèle innovant de supermarché coopératif&nbsp;»</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup><em>. </em>Ce mouvement s’inspire aussi des&nbsp;cuisines communautaires&nbsp;qui, partout dans le monde, et depuis la nuit des temps,&nbsp;renforcent les liens entre les gens&nbsp;et permettent de&nbsp;lutter contre la précarité alimentaire. Il peut s’agir par exemple des ‘<em>ollas comunes’</em> et des ‘<em>comedores populares’</em> au Pérou (voir <em>supra</em>), des ‘marmites communautaires’ au Soudan, des cuisines collectives au Québec<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup>, etc.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="533" src="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/11/vonecia-carswell-0aMMMUjiiEQ-unsplash.jpg" alt="" class="wp-image-38664" srcset="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/11/vonecia-carswell-0aMMMUjiiEQ-unsplash.jpg 800w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/11/vonecia-carswell-0aMMMUjiiEQ-unsplash-300x200.jpg 300w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/11/vonecia-carswell-0aMMMUjiiEQ-unsplash-768x512.jpg 768w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/11/vonecia-carswell-0aMMMUjiiEQ-unsplash-600x400.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /><div class="image-licence" style="text-align: right; margin-top: 5px; font-size: 0.8em; color: #666; font-style: italic;">Licence : photo par Vonecia Carswell (unsplash)</div></figure>
</div>


<p>Le mouvement est volontairement hétérogène tant au niveau de l’âge des participantes et des participants que de leurs situations socio-économiques et de leurs bagages culturels. Il est attentif au respect des singularités de chaque personne et de chaque groupe. Tous les groupes qui le souhaitent peuvent intégrer le mouvement des Cuisines de Quartier à la condition que l’objectif soit de cuisiner ensemble des plats pour le quotidien des familles des personnes participantes et que le groupe adhère aux grands principes fondateurs du mouvement&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>La valorisation des compétences et du savoir-faire,</li>



<li>L’entraide et l’apprentissage mutuel,</li>



<li>La non-discrimination de genre, d’apparence, de situation socio-économique, d’appartenances religieuses et culturelles, de situation physique, etc.</li>



<li>L’échange&nbsp;d’outils, de bons plans, de recettes, de techniques, etc.</li>



<li>La mise en commun&nbsp;de problématiques et de solutions pratiques et concrètes,</li>



<li>L&rsquo;expression de revendications,</li>



<li>L’organisation d’actions en faveur de la démocratie alimentaire.</li>
</ul>



<p>De façon plus spécifique, ses objectifs pratiques visent à&nbsp;réduire les coûts et le temps passé à cuisiner, avoir des bons plats “maison” prêts à manger lorsqu’on manque de temps et/ou d’argent, accéder à un espace et à des équipements adéquats pour cuisiner en grande quantité, partager des connaissances et des savoir-faire culinaires et diététiques, lutter contre l’isolement social, les discriminations et les préjugés, s’entraider comme moyen de tisser du lien et de faire plus facilement face à l’adversité et enfin comprendre et agir sur les incohérences du système alimentaire actuel. Au-delà des caractéristiques communes, chaque groupe à ses spécificités. En voici quatre d’entre eux<sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup>. &nbsp;</p>



<p><strong>Les Mosaïques des saveurs.</strong> Fondé à Jette en 2018 par et pour (de manière exclusive) des femmes, il s’agit du plus ancien groupe. Il se réunit deux jeudis par mois avec comme objectifs principaux la découverte d’autres cultures, la rencontre et le partage.&nbsp; Le groupe cuisine aussi des portions solidaires.</p>



<p><strong>«&nbsp;Ça chauffe&nbsp;!&nbsp;». </strong>Ce groupe se réunit tous les mardis depuis 2020. Il est organisé par «&nbsp;l’Espace Social&nbsp;» du centre de Bruxelles et cuisine principalement des invendus. Il est ouvert à tous. L’objectif, outre la rencontre et les échanges entre les participantes et les participants, est de donner aux populations précarisées la possibilité d’accéder à une alimentation de qualité. Cette initiative s’appuie aussi sur l’idée que pour accéder à une alimentation de qualité les ingrédients doivent être produits dans de bonnes conditions, c’est pourquoi le groupe va aussi à la rencontre des maraichers de la région. Dans cette même perspective, il a développé des bacs potagers près de l’endroit où ils cuisinent.</p>



<p><strong>Cucina</strong>. Implantée à Forest, l’une des participantes à l’initiative du projet ouvre sa maison et sa cuisine pour y accueillir le groupe une fois par mois. Parmi les membres, beaucoup de familles dont les enfants sont scolarisés dans la même école. L&rsquo;objectif des participants et des participantes est d’assurer à leurs familles une alimentation saine et équilibrée, bon marché, en utilisant des légumes et des produits de saison. Le groupe prépare également des bocaux qui peuvent être conservés plusieurs semaines&nbsp;: des risottos, du chili, des gratins, des pâtes à tartiner, etc. Ces plats agrémentent le quotidien entre deux rencontres culinaires.</p>



<p><strong>Casa</strong>. Ce groupe de Schaarbeek rassemble principalement des personnes hispanophones deux après-midis par mois. Il cuisine exclusivement des invendus ce qui demande de l’imagination, de la créativité et de la débrouille. Outre la rencontre et le partage d’un bon moment, l’objectif est de réduire les coûts du quotidien.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><em>&nbsp;Les lieux d’accueil et de partage&nbsp;</em></h3>



<p><strong>Le Café Monde</strong> a été mis en place à Louvain-la-Neuve par des étudiants en collaboration avec BELRefugees<sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup>, une plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés. C’est un lieu et un espace qui s’appuient sur les expériences d’hébergement en famille proposé par la Plateforme et le constat que la vraie compréhension de «&nbsp;l’autre&nbsp;» n’est possible que dans la rencontre. Son but est de créer du lien entre les personnes issues de la migration, quel que soit leur statut, et les personnes qui vivent, travaillent ou étudient à Louvain-la-Neuve.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>«&nbsp;Être sans statut, c’était assez compliqué, assez violent, mais j’ai eu la chance d’être accueilli dans des familles hébergeuses de la Plateforme. Les premières fois dans les familles, ce n’était pas facile. Dans ma tête, à l’époque, il y avait quelque chose qui était différent. Moi, je suis Soudanais, je viens d’une culture qui ne ressemble pas forcément à la culture belge. Les contacts n’étaient pas faciles au début. Mais peu à peu, des liens se créent entre hébergeurs et hébergés. Ça diminue beaucoup le stress et la pression liés au parcours migratoire, à l’incertitude de la situation et à la nécessité de reconstruire une vie dans une société où tu es forcément un étranger&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup>.</em></p>
</blockquote>



<p>Le Café Monde sert des boissons et des « grignotages » du jour (soupe, houmous, smoothies, gâteaux, etc.), qui sont élaborés grâce à la récupération des invendus (boulangerie, légumes, fruits). Le prix des consommations est laissé à l’appréciation de chacun et chaune (participation libre et solidaire) jusqu’à une possible gratuité complète. La consommation n’est pas obligatoire et chacun peut aussi y pique-niquer. Il est aussi possible d’y jouer à des jeux de société, de lire, d’écouter de la musique, d’y organiser des ateliers ou des expos, etc. Il est ouvert à tous et à toutes, les après-midis<sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup>.</p>



<p><strong>La Bavette, restaurant thérapeutique social. </strong>À Sambreville, le restaurant social «&nbsp;La Bavette&nbsp;» est un atelier thérapeutique qui offre un cadre de travail convivial à une douzaine de personnes qui souffrent de mal-être ou de dépression<sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup>. Par le travail en commun et le service aux clients, ce projet contribue à retisser des liens sociaux perdus ou distendus et à remettre le moteur social en route par le biais du travail. Il permet aux participantes et aux participants de se sentir valorisés, d’avoir une meilleure image d’eux-mêmes en retrouvant du plaisir à travailler.&nbsp; La Bavette relève à la fois de l’entreprise économique et sociale et du courant antipsychiatrique. Ce restaurant sans but lucratif confectionne des repas à prix démocratiques pour des personnes qui y trouvent les bienfaits d’une table d’hôtes conviviale.<sup class="modern-footnotes-footnote ">18</sup></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«&nbsp;<em>En se centrant sur la cuisine, en faisant la vaisselle, en nettoyant les légumes, en faisant les comptes ou le service à table, les participants retrouvent un rythme de vie et se sentent mieux une fois qu’ils rentrent chez eux. Des liens se nouent entre eux et les clients. Ils retrouvent une image d’eux-mêmes plus valorisante et se sentent reconnus par le public&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">19</sup></em></p>
</blockquote>



<p><strong>La Marmite, cantine collective à prix libre.</strong> Il s’agit d’un collectif autogéré de cuisine collective qui se réunit une fois par mois à l’ASBL Sans Patron à Liège et qui &nbsp;propose un repas vegan à prix libre. Le choix de son nom traduit le projet&nbsp;: nourrir largement et collectivement, refaire du lien social, de la solidarité entre les différents revenus et les différents groupes d’appartenance. La Marmite est un nom qui traduit une proposition politique&nbsp;… Si « <em>elle [la marmite] est renversée, c’est tout un système qui s’effondre</em> ». &nbsp;Proposer un prix libre est aussi pour les organisateurs une manière de questionner le système capitaliste, de repenser le rapport à l’argent, la valeur des choses et la question du travail.<sup class="modern-footnotes-footnote ">20</sup></p>



<p>Le projet, ainsi que l’ASBL Sans Patron, défend quatre principes&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>La suppression de toute distinction entre dirigeants et dirigés.</li>



<li>La transparence et la légitimité des décisions.</li>



<li>La non-appropriation, par certains, des richesses produites par le collectif.</li>



<li>L’affirmation de l’aptitude des humains à s’organiser sans dirigeant.</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading">Et bien d’autres encore…</h3>



<p>La liste des initiatives est longue et il est impossible de les nommer toutes ici. Il en existe dans de nombreux lieux en Wallonie, à Bruxelles et plus largement en Belgique. Certains de ces projets sont temporaires, d’autres saisonniers, d’autres encore perdurent au fil des mois et des années. Leurs points communs sont d’être inclusifs, de promouvoir la convivialité, le partage, la recherche d’une alimentation saine et abordable pour les budgets étriqués, de rassembler des personnes d’origines socio-économiques et culturelles diverses.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion &#8211; Autour des casseroles, une réponse citoyenne à l’exclusion</h2>



<p>Les crises successives économique, sanitaire, environnementale et politique provoquent de l’anxiété chez de nombreuses personnes. Elles appellent à des décisions fortes et des actes vigoureux, des mesures radicales pour retisser un avenir plus serein. Alors que certains groupes, souvent liés à l’extrême droite, le font en désignant des boucs émissaires, d’autres groupes, comme ceux qui se réunissent pour cuisiner, inventent, par des actions concrètes, des chemins inclusifs pour mieux vivre au quotidien. Ces groupes démontrent le non-sens des exclusions et des discriminations. Ils prouvent que l’accueil, la convivialité, la participation et la solidarité sont des leviers puissants de démocratie citoyenne.</p>



<p>Les initiatives que nous avons présentées font bien plus que lutter contre la faim même si l’accès à une alimentation saine et bon marché est au centre de ces projets. <strong>Ces initiatives sont aussi des interpellations et des propositions politiques adressées aux acteurs sociopolitiques, car nous retrouvons dans leurs chartes et leurs façons de travailler les piliers fondamentaux de la démocratie.</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>La <strong>liberté</strong> de participer, sans condition autre que celle de respecter chacun·e quels que soient ses convictions et ses références culturelles, liberté de parole et et d’expression de ses besoins, etc.</li>



<li>Une <strong>communication</strong> bienveillante claire et transparente.</li>



<li>Une bonne <strong>gouvernance</strong>.</li>



<li><strong>L’égalité</strong>&nbsp;entre les participantes et participants, quels que soient leur situation, statut ou origine culturelle. Des responsabilités partagées, un échange de conseils et de savoirs.</li>



<li>La <strong>solidarité</strong>, <strong>l’entraide</strong> et la <strong>confiance</strong> comme postulats de base pour créer du lien social, du dialogue, des échanges et faire vivre un projet commun.</li>
</ul>



<p>Ces acteurs tracent la voie pour une politique du <em>care<sup class="modern-footnotes-footnote ">21</sup>,</em> c’est-à-dire prendre soin de chacun et de la société en tant que collectif. Elles et ils insistent sur <strong>l’importance d’écouter et de prendre en compte les suggestions de ceux qui dans l’ombre construisent concrètement le socle d’un projet d’avenir et d’une société multiculturelle inclusive et pacifiée.</strong></p>



<p></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;GIRAUD, Gaël, Composer un monde en commun, Paris, éd. Seuil, 2022.</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;IPPERSIEL, C., Le retour de l’extrême droite chez les jeunes, Oxfam, 2024. Disponible sur <a href="https://oxfammagasinsdumonde.be/le-retour-de-lextreme-droite-chez-les-jeunes/">oxfammagasinsdumonde.be</a> Polarisation sociale et extrémismes (violents) : quels constats en Belgique francophone ?, Fédération Wallonie-Bruxelles, 2022, p. 32-36. Disponible sur <a href="https://extremismes-violents.cfwb.be/actualite/news/polarisation-sociale-et-extremismes-violents-quels-constats-en-belgique-francophone/">extremismes-violents.cfwb.be</a></div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;COOLSAET, R., Terrorismes et radicalisations à l’ère post-Daech, Revue internationale de criminologie et de police technique et scientifique, n°3, 2019, p. 341.</div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Polarisation sociale et extrémismes (violents) : quels constats en Belgique francophone ?, Fédération Wallonie-Bruxelles, 2022, p.32.</div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem, p. 34.</div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Guillaume Lohest cité par Simon-Pierre de Montpellier dans&nbsp;Petit manuel de résistance à l’extrême-droite, 2024. Disponible sur <a href="https://www.centreavec.be/plaidoyer/petit-manuel-de-resistance-a-lextreme-droite/">centreavec.be</a></div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Polarisation sociale et extrémismes (violents) : quels constats en Belgique francophone ?, Fédération Wallonie-Bruxelles, 2022, p.33.</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;BALEMBA BATUMIKE, Patrick, La montée de l’extrême droite, ses conséquences pour la démocratie en Europe,Justice &amp; Paix, &nbsp;septembre 2024. Disponible sur <a href="https://www.justicepaix.be/la-montee-de-lextreme-droite-ses-consequences-pour-la-democratie-en-europe/">justicepaix.be</a></div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ariane Estenne citée par Simon-Pierre de Montpellier dans&nbsp;Sommes-nous vraiment démocrates&nbsp;?, Centre Avec, 2023. Disponible sur <a href="https://www.centreavec.be/dossier/sommes-nous-vraiment-democrates/">centreavec.be</a></div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem.</div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La recherche-action Falcoop est une recherche participative menée en partenariat entre BEES coop et le Centre d’Etudes Economiques et Sociales de l’Environnement (CEESE) de l’Université libre de Bruxelles. Elle avait pour objectif de favoriser, puis consolider, l’ancrage du supermarché coopératif dans un quartier urbain multiculturel. Pour plus d’informations sur cette recherche, voir <a href="https://falcoop.ulb.be/qui-sommes-nous/">falcoop.ulb.be</a></div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le&nbsp;Réseau des Cuisines Collectives&nbsp;du Québec est né dans les années 1970 à l’initiative de trois femmes. Il existe actuellement&nbsp;1.400 groupes qui cuisinent plus de 1,5 million de rations chaque année.&nbsp;</div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Une présentation de tous les groupes est accessible en ligne sur le site des cuisines de quartier <a href="https://cuisinesdequartier.be/fr/">cuisinesdequartier.be</a></div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Projet soutenu par Action Vivre Ensemble en 2023. Pour plus de détails sur la plateforme, voir <a href="https://vivre-ensemble.be/association/belrefugees/">Belrefugees</a></div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Témoignage d’un participant (traduit par un bénévole arabophone de l’équipe du Café Monde) et publié par <a href="https://vivre-ensemble.be/association/belrefugees/">Action Vivre Ensemble</a></div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.facebook.com/LeCafeMonde">facebook.com/LeCafeMonde</a></div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ces personnes sont envoyées soit par l’hôpital d’Auvelais, soit par un médecin traitant ou un service social, ou viennent de leur propre initiative.</div><div>18&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;GENTILE, Laura, Auvelais&nbsp;: l’atelier thérapeutique du CHRSM se réinvente, Télésambre, 2022. Voir <a href="https://www.telesambre.be/info/auvelais-latelier-therapeutique-du-chrsm-se-reinvente/51692">telesambre.be</a></div><div>19&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Témoignage de Anne-Marie Dufour, psychologue, cité par Laura Gentile (<a href="https://www.telesambre.be/info/auvelais-latelier-therapeutique-du-chrsm-se-reinvente/51692">telesambre.be</a>)</div><div>20&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir&nbsp; <a href="https://sanspatron.be/2022/marmite/">sanspatron.be</a></div><div>21&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Projet politique proposé par Joan Tronto, politologue américaine dans Un monde vulnérable – pour une politique du Care, éd. La Découverte, 2009.</div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le P’tit Maga</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/le-ptit-maga-une-aide-alimentaire-pourles-brainois%c2%b7es-en-situation-de-precarite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Oct 2024 14:07:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le P’tit Maga]]></category>
		<category><![CDATA[jt214]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?p=38544</guid>

					<description><![CDATA[Une aide alimentaire pour les Brainois·es en situation de précarité.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">En 2007, l’équipe sociale de la paroisse Saint-Etienne de Braine-l’Alleud envisage un projet un  peu fou… : ouvrir une épicerie sociale où les personnes démunies peuvent venir s’approvisionner  en produits alimentaires et d’hygiène à moindre coût, tout en gérant mieux leur budget. Après  avoir trouvé un local, composé une équipe de bénévoles, organisé une récolte de vivres et noué  des contacts, le P’tit Maga ouvre ses portes.</p>



<p>Avec le temps, la permanence  du jeudi matin est devenue un  lieu d’accueil convivial où il  fait bon se retrouver autour  d’une tasse de café et d’un  petit déjeuner offert par  quelques boulangeries de  Braine-l’Alleud et deux  grandes surfaces. C’est un  lieu d’écoute, d’échanges, de  soutien, d’encouragement…</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Au P’tit Maga, on se  serre les coudes, on  prend un café, on rit  parfois. Grâce à cela,  on tient le coup pour  traverser des périodes  difficiles de la vie. Sinon,  on se retrouve comme un  petit agneau tout seul au  milieu des champs. Quand  on vient ici, on ne sent pas  abandonné. » </p>
<cite>Arlette</cite></blockquote>



<p>Depuis son ouverture, plus de deux cent familles ont poussé la porte du P’tit Maga qui est accessible à toute personne ayant fait une démarche auprès du CPAS de Braine-l’Alleud, auprès de la Saint-Vincent de Paul, auprès d’une assistante sociale de la commune ou tout simplement via une connaissance et le bouche-àoreille. Une quinzaine de bénévoles participent à l’organisation de l’épicerie et à l’accueil des personnes.</p>



<p>Une consultation par un podologue est également mise sur pied et des séances d’informations sur des sujets divers sont organisées (rôle du CPAS, médiation de dettes, la pauvreté nuit à la santé…). Une mini-bibliothèque permet un prêt de livres. Pour l’équipe du P’tit Maga, aider concrètement les familles dans le besoin, c’est remettre la solidarité au centre de la société.</p>



<p>Vu la demande croissante pour de l’aide alimentaire, Action Vivre Ensemble financera grâce à vos dons l’acquisition d’un nouveau congélateur pour en remplacer un autre et ainsi pouvoir accueillir plus de nourriture pour les bénéficiaires.</p>



<p>« Il ne me restait plus un franc, plus rien pour manger ! Au CPAS, on me donne une carte P’tit Maga. Mon Dieu, moi qui étais de l’autre côté de la barrière, pour mon fils, il faut y aller sinon on va périr&#8230; Je vois du monde et on m’accueille avec le sourire. J’étais gênée, triste et désemparée. Chantal m’a tout de suite prise en mains, elle a parlé longuement, m’a rassurée, a dit que c’était un partage, de la solidarité et que tout le monde avait un mauvais passage dans la vie. Celie m’a apporté du café et du chocolat. Malgré le monde et la distribution alimentaire, elles sont près de moi, elles me demandent ce dont j’ai besoin au niveau aliments. Et tout va aller mieux.</p>



<p>Au P’tit Maga, ils me font prendre conscience que je suis un être humain. Ils m’ont redonné confiance, un espoir qu’il y a des gens humains, qu’on peut s’en sortir de nos dettes, du trou noir, de l’isolement&#8230;</p>



<p>Pouvoir manger grâce à ces colis que nous choisissons, c’est important. Nous mangeons à notre faim et découvrons des aliments que l’on n’aurait jamais pu acheter.</p>



<p>Je peux dire fièrement que le P’tit Maga m’a sauvée et a sauvé une maman pour son fils. Ils m’ont fait retrouver ma force, mon sourire, ma personnalité et je me rends compte que tout le monde peut retrouver son identité. Le P’tit Maga nous permet aussi de faire un petit voyage d’une journée en été, de se rhabiller, de soutenir des passages difficiles, de ne plus être isolé. C’est un vrai soutien social, dans tous les sens du terme. »</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le Graal de La Table ronde à Charleroi : nourrir le corps et l’esprit</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/le-graal-de-la-table-ronde-a-charleroi-nourrir-le-corps-et-lesprit/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Sep 2024 09:23:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[La Table ronde]]></category>
		<category><![CDATA[jt213]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?p=38375</guid>

					<description><![CDATA[Au départ de l’aide alimentaire, La Table ronde déploie dans le centre de Charleroi un « café solidaire » destiné à renforcer le lien social en douceur et soutenu par Action Vivre Ensemble.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Au départ de l’aide alimentaire, La Table ronde déploie dans le centre de Charleroi un « café solidaire » destiné à renforcer le lien social en douceur et soutenu par Action Vivre Ensemble.</p>



<p>Espace culturel niché derrière le boulevard Tirou, le QG des Artistes est aussi devenu récemment celui de La Table ronde. Eric Dricot, son viceprésident, ne manque ni d’idées ni d’enthousiasme. « Si je pouvais, j’ouvrirais déjà un deuxième ‘café solidaire’ », rigole-t-il. Ce n’est pourtant pas le boulot qui manque : désormais, chaque lundi, les lieux accueillent les nombreux ateliers proposés par l’association.</p>



<p>Pour Eric Dricot, c’est un cheminement naturel qui s’est dessiné au départ de l’aide alimentaire : « Bien sûr, c’est indispensable de se nourrir pour vivre mais, plus on avance, plus on se rend compte que c’est aussi impossible de vivre sans liens sociaux. Il faut nourrir le corps mais aussi l’esprit. C’est ce que nous faisons ici. En 2017, on a démarré en faisant des maraudes dominicales. On allait jusque dans les camps de personnes sans abri, dans les bois autour de la ville. On distribuait de la soupe mais on a vite vu que cela ne suffisait pas, qu’il fallait mettre des pâtes dans la soupe, fournir des vêtements. Alors, on a lancé une distribution mensuelle de colis alimentaires avec un budget de 1000 euros par mois. Avec le covid, on a vu arriver des familles. On ne fait plus de maraudes. Désormais, notre public (300 personnes), c’est 85% de familles, 15% de gens de la rue. Mais, nous, on ne veut pas faire de l’assistanat. On veut aider les gens, mais d’une façon constructive. On veut leur rendre leur dignité. »</p>



<p>Suite logique : La Table ronde s’est dotée de ce fameux « café solidaire ». Le soutien d’Action Vivre Ensemble permettra de financer l’ensemble de ses activités en 2025. À savoir ? On peut catégoriser de la manière suivante les ateliers : ceux qui sont dédiés à la « beauté extérieure » (relooking, manucure, soins du visage, massage des mains…), les ateliers « beauté intérieure » ou bien-être (méditation, câlinothérapie, gymnastique douce, parole/écoute…) et les ateliers artistiques.</p>



<p>Composée entièrement de bénévoles (y compris les nombreux bénéficiaires des colis alimentaires qui donnent un coup de main au « café solidaire »), l’équipe ne peut dispenser d’aide juridique ou psychologique. À part celle du bon sens : « Les gens nous parlent, on prend des notes. On est là pour les soutenir. On les suit quasiment au quotidien. J’ai des contacts tous les jours avec plein de gens. On n’est pas là pour donner et les gens ne viennent pas pour recevoir. Ils viennent pour discuter, pour parler. Ils ont besoin de liens sociaux. Quand on fait de l’aide alimentaire depuis des années, on parle avec les gens et, là, on comprend que leur besoin social est énorme. Et que le lien social conditionne aussi en partie le fait de ne pas retomber dans la rue. Nos ateliers parlent des problèmes concrets des gens mais ce n’est pas le sujet des ateliers : on n’utilise pas de grands mots qui font peur comme ‘alphabétisation’. Disons que l’idée est d’apprendre sans s’en rendre compte, de créer du lien social sans le dire ! »</p>



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<p>« Je suis très ému parce que je viens d’apprendre que je suis accepté à la maison d’accueil Le Tremplin, à Arlon. J’ai été y déposer une candidature mais à d’autres endroits aussi, comme à Namur. J’ai les larmes aux yeux car c’est enfin une solution, je pense, pour moi, mais en même temps j’ai l’impression de quitter cette famille. Je vivais dans la rue, je dormais dans des abris de nuit, mais j’étais tous les jours dehors. J’ai été dans des abris de jour mais c’était juste des lieux de passage. Je suis resté six mois dans la rue, puis à l’hôtel social de Lodelinsart. J’ai rencontré La Table ronde lors d’une maraude, puis je me suis présenté comme bénévole pour l’aide alimentaire. Ici, je vois des gens, c’est une famille. Oui, c’est une famille pour moi. Quand j’ai eu besoin de certaines personnes d’ici, ils étaient là pour moi, et maintenant je rends la pareille en étant bénévole. »</p>



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<cite>Hans Dubois</cite></blockquote>


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<figure class="aligncenter size-thumbnail"><img loading="lazy" decoding="async" width="150" height="150" src="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/09/Hans-Dubois-La-Table-ronde-photo-F.-Pauwels-150x150.jpg" alt="portrait d'un homme" class="wp-image-38381" srcset="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/09/Hans-Dubois-La-Table-ronde-photo-F.-Pauwels-150x150.jpg 150w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/09/Hans-Dubois-La-Table-ronde-photo-F.-Pauwels-100x100.jpg 100w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/09/Hans-Dubois-La-Table-ronde-photo-F.-Pauwels.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px" /><div class="image-licence" style="text-align: right; margin-top: 5px; font-size: 0.8em; color: #666; font-style: italic;">Licence : photo par F. Pauwels/HUMA</div></figure>
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<p>Et c’est aussi sur les bonnes volontés que reposent les ateliers. « J’ai simplement fait un appel sur les réseaux sociaux », raconte Eric Dricot. « Et plein de gens qui ont une petite compétence m’ont répondu. Une coiffeuse, une manucure, des gens qui se proposent d’animer des ateliers de gym douce, de zumba, de slam, de danses country ou de peinture abstraite. On fera une exposition à la fin de l’année avec les travaux des bénéficiaires. Ils et elles se découvrent des talents insoupçonnés, des potentialités ignorées ! » Une fameuse victoire sur la vie.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
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<p>« Au 1er janvier 2023, mon compagnon m’a jetée à la rue avec mon fils de 12 ans. Du jour au lendemain, je me suis retrouvée dans la précarité. Il m’a dit que je devais dégager, c’était un pervers narcissique qui m’a détruite, quelqu’un de très, très agressif psychologiquement, et violent quand il avait bu un petit verre. C’était dur pour mon petit garçon. J’ai squatté chez des amis au départ, puis chez mon fils aîné, qui vit en logement social. Mon ex voulait que je me domicilie là, ce n’était pas possible. Donc, au final, j’ai dû rester dans ma voiture. J’ai pu mettre mon fils à l’abri de cela. Il est allé chez ma soeur, qui est sa marraine, et chez son grand frère en vacances. Et moi, je suis restée deux mois dans ma voiture. J’ai pu récupérer un logement social au mois d’août suivant. Quelque temps après, j’ai connu le véritable contrecoup : j’étais en PFI (plan formation-insertion du Forem) pour devenir secrétaire de direction, mais, étant tombée à la rue et sans adresse, j’ai été radiée par le CPAS, je ne recevais plus les courriers, les factures, et j’ai été exclue de la formation. C’était la totale. Je suis tombée dans une grave dépression, j’y suis encore : <strong>quotidiennement, quand mon fils n’est pas là, je dois lutter contre la tentation de mettre fin à mes jours</strong>. Je commence à remonter la pente grâce au projet ‘Maman Miriam’ du CPAS de Charleroi contre l’isolement des mamans solos. Puis, j’ai vu la page Facebook de La Table ronde, j’ai regardé un peu les événements et j’ai demandé si c’était ouvert à tout le monde. Et donc, je suis venue. Et j’ai découvert un milieu dans lequel il n’y a pas de jugement. C’est vraiment chouette parce qu’on découvre plein de choses. On met en place des ateliers qui peuvent nous aider, des ateliers créatifs, de parole, de bien-être. Je trouve ici de l’écoute, du soutien, je viens comme bénévole pour l’aide alimentaire. Tout se fait naturellement. Quand j’ai un coup de mou, Eric me rebooste en me disant que j’ai du potentiel. Et le fait d’avoir un peu cette casquette de bénévole aussi, <strong>j’écoute les problèmes des autres et bizarrement, de par mon vécu, je trouve des solutions pour des personnes. Je les aide. Et le fait de voir que ça leur fait du bien, que ça leur apporte quelque chose de bon, à moi ça me fait du bien aussi.</strong> »</p>
<cite>Mylène Mangon</cite></blockquote>



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<figure class="aligncenter size-thumbnail"><img loading="lazy" decoding="async" width="150" height="150" src="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/09/Mylene-Mangon-La-Table-ronde-photo-F.-Pauwels-150x150.jpg" alt="portrait d'une femme" class="wp-image-38382" srcset="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/09/Mylene-Mangon-La-Table-ronde-photo-F.-Pauwels-150x150.jpg 150w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/09/Mylene-Mangon-La-Table-ronde-photo-F.-Pauwels-100x100.jpg 100w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2024/09/Mylene-Mangon-La-Table-ronde-photo-F.-Pauwels.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 150px) 100vw, 150px" /><div class="image-licence" style="text-align: right; margin-top: 5px; font-size: 0.8em; color: #666; font-style: italic;">Licence : photo par F. Pauwels/HUMA</div></figure>
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