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	<title>Cohésion sociale &#8211; Action Vivre Ensemble</title>
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	<description>Soutenir les associations, sensibiliser et agir</description>
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	<title>Cohésion sociale &#8211; Action Vivre Ensemble</title>
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		<title>Habitats partagés au féminin &#8211; Exemples bruxellois</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2026-1/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Mar 2026 11:59:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Quand le simple fait de se loger et d’avoir un toit au-dessus de la tête pour soi et les siens est une difficulté quotidienne, il faut ruser et s’adapter à une réalité toujours plus dure.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<p class="titre-trois">Prix de l’immobilier en hausse, logements sociaux saturés, parc locatif privé inaccessible&#8230; Quand le simple fait de se loger et d’avoir un toit au-dessus de la tête pour soi et les siens est une difficulté quotidienne, il faut ruser et s’adapter à une réalité toujours plus dure. Les femmes, à la croisée de nombreuses discriminations, paient le prix plein de l’inflation immobilière. Dans ce contexte, elles expérimentent diverses formes d’habitat collectif, financièrement plus accessibles et qui agissent comme un rempart contre l’isolement social.</p>



<p>On le sait : en matière de logement, le marché locatif privé n’est pas le seul à être saturé… Le temps d’attente pour un logement social est tellement long (jusqu’à 22 ans à Bruxelles)<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup> que beaucoup n&rsquo;essaient même plus. À tel point que des acteurs et actrices de terrain ont développé des accompagnements pour aider les publics les plus précarisés à rechercher un logement, notamment les familles monoparentales. Beaucoup peuvent visiter jusqu’à 30 ou 40 logements avant de pouvoir enfin s’installer. L’asbl <em>La Maison des parents solos </em>accompagne ces familles dans leur recherche de logement (rappel des droits des locataires, coaching, etc.).  « <em>Le contexte immobilier est catastrophique pour ce type de familles, les prix ne cessent de grimper: le marché locatif devient hors de portée tandis que les appartements sociaux sont saturés. Elles sont <strong>souvent contraintes de se rabattre sur des logements trop petits, de mauvaise qualité, voire insalubres</strong>, et/ou dans des quartiers éloignés de leurs réseaux sociaux</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>. À Bruxelles, 28% des familles monoparentales consacrent plus de la moitié de leurs revenus au logement<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>.</p>



<p>Face à ce contexte toujours plus rude, les citoyen·nes, les acteurs associatifs et même des entrepreneurs privés pensent et réfléchissent à d’autres manières d’habiter. Les colocations et habitats partagés en font partie. Ingénieux, ils permettent un soutien logistique et social ainsi que le partage de frais et constituent en outre un précieux rempart contre l’isolement social.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mère seule cherche logement</h2>



<p>Les familles monoparentales figurent parmi les publics les plus vulnérables face à la recherche d’un logement. Le propos ici se limitera à celles gérées par des femmes pour une simple raison statistique&nbsp;; 86% de ces familles ont à leur tête une maman solo. Ce type de ménages est au croisement de multiples précarités qui agissent comme autant d’obstacles dans un contexte immobilier hors de contrôle. L’intersectionnalité a ceci de vicieux : <strong>les précarités ne s’additionnent pas mais s’imbriquent l’une dans l’autre</strong>. Il en résulte un effet multiplicateur &#8211; puisque ces précarités se renforcent &#8211; que femmes seules à charge de famille subissent de plein fouet.</p>



<p>Tout d’abord, il est avéré qu’une femme fera face à des demandes plus complexes de la part des propriétaires. Plus qu’un homme, elle devra montrer <em>‘patte blanche’ </em>et se justifier de ses revenus. Et pour cause, l’inégalité salariale en Belgique est toujours bien ancrée et c’est un fait avéré que les femmes sont plus représentées dans les temps partiels (en partie pour s’occuper des enfants). En cas de séparation, les difficultés financières peuvent s’aggraver lorsque l’ex-partenaire ne contribue pas assez financièrement (voire pas du tout) aux frais liés aux enfants. En plus de ces discriminations financières, elles doivent souvent contrer certains <em>a</em> <em>priori</em> liés à leur situation. Elles seront en effet souvent jugées comme incapables d’entretenir un bien (bricolage, entretien, etc.), quand ce ne sont pas les enfants qui seront suspectés d’être bruyants. Elles ont également une charge mentale décuplée puisqu’elles doivent gérer seules le foyer, c’est-à-dire les charges financières et éducatives, généralement réparties entre deux parents supposés percevoir deux revenus. « <em>La précarité financière et la charge éducative complète des enfants a des impacts négatifs concrets à la fois sur le bien-être des mères et de leurs enfants</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>. Cette fragilité économique se répercute directement sur les enfants et aggrave les risques de précarité infantile<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>. En outre, les mamans solos souffrent d’isolement social (manque de temps, de moyens, d’estime de soi notamment à la suite d’une séparation, etc.) À l’égard de leurs enfants, elles peuvent nourrir un sentiment de culpabilité (famille nucléaire brisée, baisse du niveau de vie), sans parler des violences intrafamiliales qui les impactent durablement<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>.</p>



<p>Face à toutes ces difficultés cumulées, <strong>l’habitat groupé ou partagé apparaît comme une réponse qui a du sens</strong>. À Bruxelles, des initiatives fleurissent un peu partout. Elles ont toutes leurs spécificités mais ont en commun la volonté de répondre à la crise du logement par la voix de la solidarité et de l’entraide.</p>



<p><strong>Ernest Living.</strong> Situé dans la commune bruxelloise de Koekelberg<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>, il s’agit d’un habitat partagé spécifiquement dédié aux mamans solos et à leurs familles, qui contient 10 unités familiales (pouvant aller jusqu’à 4 enfants). À l’initiative du projet, Lionel Wauters, promoteur et ingénieur-architecte de formation, précise : « <em>Ce n’est pas qu’une question de logement, mais de solidarité et d’entraide </em>»<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup>. En plus des espaces privatifs, des espaces communs pour un usage collectif ont été pensés au rez-de-chaussée tandis qu’aux étages des espaces privés permettent de « <em>concilier le collectif et l’intime, essence même du lieu</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>.</p>



<p>Si l’idée ne peut qu’être applaudie, ce n’est malheureusement pas à la portée de toutes les bourses : le loyer va de 905 euros à 1610 euros. Il comprend les charges mais également un accompagnement à la vie en communauté dispensé par l’asbl <em>Habitat et Participation</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>. La cohabitation avec différentes façons de vivre ou d’éduquer n’est pas aisée, comme en témoigne cette maman solo  : « <em>J’aurais adoré que ça marche mais la réalité est dure. C’est très précaire, du bricolage permanent. Il faut gérer non seulement le lieu, mais aussi les différences d’éducation, la fragilité psychologique de certaines mères&#8230; Il y a beaucoup de conflits, de difficultés à trouver la bonne entente. Je ne suis pas assistante sociale. À moins de s’appuyer sur des structures spécialisées, je pense que c’est très compliqué à faire fonctionner sur le long terme</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup>.</p>



<p>Ce genre de projet reste encore trop marginal et s’adresse surtout à un public avec un emploi ou une source de revenu stable. Cependant, au regard du quartier, cela reste encore 20% moins cher que les prix pratiqués.</p>



<p><strong>Fem’s (Femmes en situation de monoparentalité). </strong>Toujours en construction, ce projet d’habitat collectif est porté par un groupe de sept mamans solos et leurs 12 enfants. Fatiguées de déménager et de s’épuiser à chercher un logement, elles se sont mises ensemble pour imaginer un logement inclusif dont les fondements seraient l’entraide et la solidarité. Cette initiative est soutenue par l’asbl <em>Angela D.</em> qui aide notamment le groupe à penser son futur lieu en termes d’architecture féministe. Lancé en 2022 par une des membres, <em>Fem’s </em>est un « <em>projet pilote d’habitat collectif non spéculatif porté par et pour des mamans solos (…) visant l’accès à la propriété collective pour des femmes en situation de monoparentalité</em> », c’est-à-dire « <em>qui portent en majeure partie seules au quotidien la garde, la charge mentale, économique, affective et éducative de leur(s) enfant(s)</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup>. Tout le projet est sous-tendu par la mutualisation des ressources, outil formidable pour affronter le quotidien d’un parent solo, allant du partage des tâches ménagères à celui des devoirs des enfants, de la cuisine, etc.</p>



<p>Pouvoir profiter d’un logement abordable en y ajoutant de la solidarité communautaire, voilà le rêve vers lequel tendent les membres de <em>Fem’s</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup>. Cela permet aussi de lutter contre la solitude. Ne pas se retrouver seule dans les moments difficiles que réservent la parentalité est essentiel :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« <em>Beaucoup de mamans solos nous disent qu’elles n’ont personne à qui parler de leur quotidien ou de leurs difficultés. L’habitat partagé permet de retrouver une vie sociale, de s’entraider dans la parentalité et d’offrir à leurs enfants un environnement plus riche, ouvert à d’autres cultures et d’autres modes de vie </em>»<sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup>.</p>
</blockquote>



<div class="wp-block-columns red-message is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h2 class="wp-block-heading">Une architecture féministe&nbsp;? </h2>



<p>L’architecture féministe se veut égalitaire dans le sens où elle inclut les besoins des hommes comme des femmes. Cela se traduit notamment par un aménagement des espaces propice à la gestion collective des tâches et à la création de liens entre les habitant·es. À l’inverse de l’architecture traditionnelle, basée sur une distribution de rôles stéréotypés, les tâches domestiques ne sont plus invisibilisées et cantonnées hors des espaces de vie (telle que la buanderie qui prend place dans la cave par exemple) mais au centre de l’habitat et collectivisées. La cuisine et la buanderie deviennent donc des lieux reconnus comme importants et comme des espaces de sociabilisation. Les autres pièces de vie, telles que le salon, les salles à manger et salle de jeux sont également centrales et considérés comme des « <em>espaces de célébration</em> ». L’architecture féministe explore des « <em>nouveaux modèles spatiaux qui tiennent compte des réalités vécues par les femmes</em> ». Même si elle peut prendre plusieurs formes, la vision reste la même : <strong>l’intégration des besoins particuliers des femmes et la mise en place d’espaces plus propices à l’égalité</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup>.</p>
</div>
</div>



<p><strong>Pass-ages.</strong> Pour les futures mamans sur le point de donner la vie, la maison de naissance à Forest<sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup> de l’asbl <em>Pass-ages </em>est une alternative à la démarche hospitalière classique. Conjuguée à une maison de «&nbsp;<em>mourance</em>&nbsp;», c’est-à-dire un endroit pour des personnes en soins palliatifs, ces espaces sont aménagés en deux appartements et ouvrent sur un jardin partagé où peut se créer du lien. L’objectif&nbsp;? «&nbsp;<em>Sortir ces deux événements essentiels du cadre hospitalier et d’une approche médicalisée qu’ils ne nécessitent pas systématiquement</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup> explique Marc Bouteiller, le coordinateur de l’association.</p>



<p>En plus de ces deux appartements, l’asbl <em>Pass-ages</em> propose également un habitat intergénérationnel composé de 10 cellules d’habitations au sein desquels est assurée une mixité sociale et culturelle. En outre, chaque habitant offre 5 heures par semaine pour le projet collectif&nbsp;: «&nbsp;<em>Au-delà du lieu, il y a aussi du lien. Les habitant·es s’investissent dans l’accueil tantôt en cuisinant pour les hôtes, tantôt en assurant une permanence à la maison de ‘mourance’</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">18</sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une mutualisation pénalisée</h2>



<p>Colocation, cohabitation, habitat groupé, collectif ou partagé sont autant de réponses imaginées par la société civile pour se loger de manière abordable. Si ces formes d’habiter présentent beaucoup de bénéfices (rupture de l’isolement social, partage des frais, des tâches, etc.), certain·es hésitent encore à passer le pas. En cause, l’absence de garantie du maintien du statut isolé pour les personnes bénéficiant d’un revenu de remplacement. Une personne est considérée comme cohabitante dès lors qu’elle vit avec une personne dotée d’un revenu. Partant du postulat que les coûts sont partagés, les allocations sociales (chômage, RIS, pension, invalidité, etc.) sont diminuées. Ainsi, si plusieurs personnes sont domiciliées au même endroit et si certaines ont un revenu de remplacement, elles risquent de se voir imposer le statut cohabitant, ce qui mène invariablement à une diminution des allocations… La conséquence de ce mécanisme&nbsp;? <strong>Un résultat totalement à l’opposé du but premier de la colocation</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">19</sup> <strong>; faire des économies en mutualisant les espaces et les frais</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">20</sup>.</p>



<p><strong>Beaucoup d’acteurs de terrain tel que le <em>Réseau wallon de lutte contre la pauvreté</em> (RWLP) <a>militent</a> depuis des années pour la suppression de ce statut</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">21</sup><strong> qui pénalise la solidarité mais aussi, comme le rappelle la députée fédérale Sarah Schlitz (Écolo), les stratégies de mutualisation</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">22</sup><strong>.</strong> Ce sont encore les femmes qui en paient le prix fort puisqu’elles représentent la majorité des personnes cohabitant<sup class="modern-footnotes-footnote ">23</sup>. En outre, ce statut pérennise un modèle patriarcal désuet selon lequel la femme est dépendante financièrement d’un mari&nbsp;: «&nbsp;<em>En créant cette situation de dépendance et d’isolement relationnel contraire à l’autonomie des femmes et à l’égalité entre les femmes et les hommes, ce statut contribue à la reproduction d’un modèle patriarcal aujourd’hui complètement dépassé&nbsp;</em>»<sup class="modern-footnotes-footnote ">24</sup>.</p>



<p>En 2024, une proposition de loi portée par le Parti socialiste avait été déposée à la Chambre des représentants pour la suppression de ce statut. Alors que la plupart des partis y étaient favorables, la coalition Vivaldi<sup class="modern-footnotes-footnote ">25</sup> avait retourné sa veste et seul Ecolo soutenait le PS et sa proposition de loi… Sans nul doute, une des raisons fut le coût évalué à 1,86 milliard d’euros par la Cour des comptes<sup class="modern-footnotes-footnote ">26</sup>.</p>



<p>Aujourd’hui, bien loin de cette avancée avortée, le gouvernement Arizona propose radicalement l’inverse. Anneleen Van Bossuyt (N-VA), ministre de l’Intégration sociale, a annoncé une nouvelle mesure qui entrera en vigueur dès le 1<sup>er</sup> mars 2026. Aux antipodes de sa suppression, le statut cohabitant se voit durci&nbsp;puisque «&nbsp;<em>tout CPAS qui reçoit une demande d’aide sociale de la part d’une personne cohabitante devra prendre en considération l’ensemble des revenus des personnes vivant sous le même toit</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">27</sup>. En outre, «&nbsp;<em>les personnes qui étaient déjà bénéficiaires du droit à l’intégration sociale verront leurs droits modifiés soit à partir de la prochaine révision de leur dossier, soit dans le cadre de la révision annuelle, soit à la suite de nouveaux éléments justifiant une révision</em>&nbsp;».<sup class="modern-footnotes-footnote ">28</sup>.</p>



<p>En d’autres termes, à partir du 1<sup>er</sup> mars 2026, les familles ou personnes cohabitantes ne pourront plus cumuler deux revenus de remplacement. Le Conseil d’État avait alerté sur le recul social que représente cette nouvelle mesure et avait également souligné le manque de données chiffrées de l’impact sur la population<sup class="modern-footnotes-footnote ">29</sup>. Son avis n’a de toute évidence pas été pris en compte par le gouvernement Arizona qui continue sur sa lancée d’attaques systématiques des droits sociaux et enfonce toujours plus dans la précarité les moins chanceux d’entre nous.</p>



<p><strong>Ces exemples d’habitat groupé démontrent une résilience à toute épreuve… &nbsp;L’ingéniosité, la débrouille, la solidarité et l’entraide face à la négation d’un droit constitutionnel&nbsp;: celui de se loger.</strong> L’envolée des prix d’un marché locatif débridé, la saturation des logements sociaux, le manque de solutions pérennes à une crise du logement qui dure et ne fait que s’aggraver sont autant d’obstacles que doivent affronter les femmes, en particulier celles qui ont à leur charge une famille.</p>



<p><strong>Il est assez désolant de constater que les stratégies mises en place par les citoyen·nes, plutôt que d’être encouragées, sont pénalisées par des règles d’un autre âge. Une fois de plus, on assiste à une sanction des publics les plus précarisés où les femmes sont, bien malgré elles, largement représentées.</strong> À quand un réel tournant&nbsp;? À quand une réelle reconnaissance des difficultés endurées au quotidien par les femmes pour se loger dignement ?</p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;À Bruxelles, la durée d’attente moyenne est évaluée à 11 ans mais peut aller jusqu’à 22 ans pour les logements plus rares tels que ceux destinés aux familles et donc disposant de plusieurs chambres (voir <a href="https://www.rtbf.be/article/logement-social-a-bruxelles-les-delais-d-attente-vont-de-neuf-a-22-annees-11539973">RTBF Logement social à Bruxelles : les délais d’attente vont de 9 à 22 années</a>)</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Plan bruxellois de soutien aux familles monoparentales, 2021 cité par l’asbl Angela D. (voir https://angela-d.be/fr/)</div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Familles monoparentales et logement : des problèmes à tous les étages. Sondage auprès de 1150 parents solos, Ligue des familles, février 2022.</div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://angela-d.be/assets/attached-files/FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf">FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf</a></div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem.</div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem.</div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Deux autres projets du même promoteur sont en place à Forest et à Namur, voir <a href="https://ernestliving.be/habitats-partages/">Nos habitats partagés &#8211; Ernestliving</a>.</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;JASSOGNE, Pierre, Toits partagés pour mamans isolées dans Alter-échos, n° 523, mai-juin 2025, p. 17.</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem, p. 18.</div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://habitat-participation.be/">Habitat &amp; Participation</a></div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Témoignage issu de https://angela-d.be/assets/attached-files/FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf (p. 23).</div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://angela-d.be/assets/attached-files/FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf">FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf</a> (p. 2)</div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://angela-d.be/assets/attached-files/FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf">FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf</a> (p. 20)</div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://angela-d.be/assets/attached-files/FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf">FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf</a> (p. 19)</div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sources : LAURENT, Véronique, <em>Des béguinages à l’architecture féministe</em> dans <em>Axelle</em>, n°218, avril 2019 (disponible sur <a href="https://www.axellemag.be/beguinages-architecture-feministe/">Des béguinages à l&rsquo;architecture féministe &#8211; Axelle Mag</a>) et <a href="https://angela-d.be/assets/attached-files/FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf">FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf</a></div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ce projet prend place au cœur d’un système d’habitats groupés plus vaste, Calico (Care and Living in Community) qui regroupe 34 appartements gérés par plusieurs associations dont Pass-ages, Angela D.&nbsp; ainsi que le CPAS de Forest. Ce projet avait déjà été évoqué dans notre précédente étude sur le logement À bout de souffle. Parcours d’obstacles pour un droit au logement, p. 51-52 (voir https://vivre-ensemble.be/publication/etude-2023-2/).</div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Zinneke, le social-santé à Bruxelles, printemps-été 2025, p. 25.</div><div>18&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem.</div><div>19&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;D’un point de vue législatif, la cohabitation est liée à plusieurs conditions sine qua non&nbsp;; une vie sous un même toit (partage d’espaces), une mise en commun des ressources (partage de frais, tâches domestiques) et un projet commun (voir ADLER, Clara et BRAET, Laurence, Habitats groupés, solidaires, colocations et autres modèles d’habitation sont en pleine expansion&nbsp;? Existe-t-il des différences entre ces notions, ces normes d’habitat en Wallonie et à Bruxelles, Analyse, Habitat et participation asbl, 2023, p. 9.)</div><div>20&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;ADLER, Clara et BRAET, op. cit., p. 9.</div><div>21&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir la plateforme https://www.stop-statut-cohabitant.be/</div><div>22&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.rtbf.be/article/le-durcissement-du-statut-de-cohabitant-entrera-en-vigueur-le-1er-mars-11665646</div><div>23&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;ADLER, Clara et BRAET, op. cit., p. 8.</div><div>24&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.calliege.be/salut-fraternite/121/suppression-du-statut-de-cohabitant%C2%B7e-une-longue-lutte-prete-a-enfin-aboutir/</div><div>25&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La coalition Vivaldi fait référence au gouvernement fédéral De Croo (2020-2025).</div><div>26&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.stop-statut-cohabitant.be/pourquoi-alors-que-pratiquement-tous-les-partis-lavaient-promis-avant-les-elections-le-statut-des-cohabitants-na-toujours-pas-ete-revu/</div><div>27&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.rtbf.be/article/le-durcissement-du-statut-de-cohabitant-entrera-en-vigueur-le-1er-mars-11665646</div><div>28&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem.</div><div>29&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem.</div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La culture, un droit … Pour toutes et tous&#8239;?</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/recherche-participative-2026/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Mar 2026 18:12:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Étendre l’accès aux droits culturels pour renforcer l’humain]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Cette recherche participative explore comment la précarité limite l’accès à la culture, qu’il s’agisse de pratiques institutionnelles ou de plaisirs simples du quotidien. Elle interroge ce que “culture” veut dire réellement et rappelle qu’elle devrait être accessible à toutes et tous. L’étude met en lumière les obstacles rencontrés et les initiatives – publiques et citoyennes – qui favorisent le droit à la culture pour les personnes en situation de précarité.</p>



<p>Une recherche participative avec Orane Caryn, Claire Delaive, Céline Laffineur, Liliane Lebon, Marie-Christine Lothier, Isabelle Roger, Isabelle Seny, Marie-France Tierny et Noémie Winandy.</p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les institutions. Pavées de bonnes intentions ?</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-18/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Dec 2025 15:03:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[jt227]]></category>
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					<description><![CDATA[ONEM, Forem, CPAS, CAPAC, SPF pensions, institutions d’aide à la jeunesse, associations, mais aussi fondations, coopératives, Églises, etc. ont toutes pour objectif de répondre à une demande, un besoin, une aspiration, voire un idéal. Or, dans bien des cas ça coince.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">ONEM, Forem, CPAS, CAPAC, SPF pensions, institutions d’aide à la jeunesse, associations, mais aussi fondations, coopératives, Églises, etc. sont des institutions mises en place par des autorités publiques ou par des citoyen·nes. Elles ont toutes pour objectif de répondre à une demande, un besoin, une aspiration, voire un idéal. Or, dans bien des cas (pour ne pas dire systématiquement), dans le concret de la réponse apportée par les institutions, ça coince.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«&nbsp;<em>Les institutions existent pour rendre possible une vie bonne dans une société juste</em>&nbsp;»</p>
<cite>Paul Ricoeur</cite></blockquote>



<p>Règles figées, humiliations, exclusions, bureaucratie, abus de pouvoir, opacité, voire corruption… : « <em>elles produisent des effets opposés, parfois jusqu’à se retourner contre ceux et celles qui agissent ou qui bénéficient de l’action menée dans une institution</em> », précise Bernard Van Meenen dans l’introduction de la journée qui a inspiré cette analyse, intitulée “L’ambivalence des institutions”.<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup></p>



<p>Voyons quelques exemples concrets&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Le CPAS</strong>, « dernier filet » censé assurer des conditions de vie digne aux personnes qui n’ont pas accès à d’autres assurances sociales (chômage, invalidité…), porte atteinte à cette dignité en obligeant les bénéficiaires à sans cesse « se déshabiller », dévoiler leur vie privée (avec qui ils vivent, ce qu’ils dépensent, quelle est la situation financière de leurs proches) pour prouver qu’ils sont assez pauvres pour recevoir de l’aide. Bien sûr, il faut s’assurer que les fonds publics sont attribués à bon escient, <strong>mais cette vérification est source d’humiliation</strong>, qui s’ajoute à celle d’être pauvre et de devoir appeler à l’aide<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>.</li>



<li><strong>Telle épicerie sociale</strong> a ses propres critères pour admettre les bénéficiaires, critères qui sont différents de ceux du CPAS. <strong>Deux enquêtes sociales au lieu d’une</strong>, une source de gêne supplémentaire pour les personnes qui s’adressent à cette association.</li>



<li>Parfois, les institutions et leurs règles respectives provoquent des rivalités entre les personnes exclues : c’était le cas à La Rochelle, association active à Roux, dans la banlieue de Charleroi. Parmi d’autres activités, l’association recevait et distribuait de l’aide alimentaire financée par l’Union européenne. Dans la même file, il y avait donc des personnes, toutes pauvres, dont certaines avaient droit à tel colis parce que bénéficiaires du Revenu d’intégration sociale, par exemple, et d’autres non, alors qu’elles étaient sans emploi, surendettées et tout autant dans le besoin. En effet, les critères d’accès aux banques alimentaires ne sont pas les mêmes que ceux de l’aide de l’UE. L’association a choisi de résoudre le problème en renonçant à l’aide européenne (souvent constituée de plats préparés de faible qualité nutritionnelle) et de renforcer l’apport de son jardin partagé dans l’aide proposée aux membres.<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup></li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">L’institution&nbsp;: une intention et une réponse concrète</h2>



<p>Pour expliquer ce paradoxe, Jean-Michel Longneaux, philosophe et enseignant à l’UNamur, parle de <strong>«&nbsp;l’ambivalence des institutions&nbsp;»</strong>. <strong>Une institution</strong>, explique-t-il, <strong>est toujours composée d’un <em>instituant</em> et d’un <em>institué</em>.</strong></p>



<p><strong>L’instituant,</strong> c’est l’intention, le désir, le besoin, l’aspiration, le projet, le constat d’un problème ou d’un manque et la volonté de le résoudre ou d’y remédier. Par exemple&nbsp;: lutter contre la pauvreté, organiser des circuits courts alimentaires, créer du lien social dans un village ou une commune, répondre à une aspiration spirituelle… <strong>L’instituant est subjectif</strong>, il vient du ou des sujets qui l’expriment.</p>



<p><strong>L’institué</strong>, <strong>c’est la réponse concrète</strong>, une façon de faire, qui s’inscrit dans la réalité&nbsp;: comment fait-on, quelles structures et quelles procédures met-on en place, quelles règles fixe-t-on, quelle gouvernance, quels rôles&nbsp;? <strong>L’institué est figé</strong>, c’est une réponse que l’on choisit parmi d’autres. En d’autres termes – ceux de Jean-Michel Longneaux &#8211;&nbsp;: «&nbsp;<em>La question est ouverte, mais la réponse est une manière singulière de le faire</em>.&nbsp;» Ainsi, on va fonder une asbl, une coopérative, une Église, créer un service public, etc.</p>



<p><strong>L’instituant et l’institué sont donc les deux faces d’une même pièce&nbsp;: l’institution.</strong> Pour que l’institution soit durable et qu’elle continue à répondre à la question, au problème, au besoin qui l’a suscitée, instituant et institué doivent rester perméables, l’institué doit être adaptable et non figé. <strong>Le projet et sa concrétisation doivent rester constamment en tension et cela peut être inconfortable</strong>&nbsp;de régulièrement questionner nos structures et les adapter&nbsp;; d’où le risque de céder à l’un ou l’autre travers.</p>



<p><strong>Le premier travers</strong> serait de <strong>refuser toute forme d’institution</strong> (organisation, groupe, règles, rites)&nbsp;: la personne s’isole et son projet, son désir risque bien de ne jamais se réaliser.</p>



<p>Inversement, <strong>le second travers</strong> serait qu’une institution se fige sur elle-même, déclare <strong>que la solution</strong> qu’elle incarne est la seule possible, existe pour elle-même et <strong>se coupe de l’instituant</strong>, du souffle, de l’intention qui l’a suscitée. On tombe alors dans le dogmatisme, dans une pensée morte qui exclut toute façon de penser ou de faire différente.</p>



<p>Un exemple parmi d’autres dans l’histoire&nbsp;: la Réforme de Jean Calvin, au XVI<sup>e </sup>s., qui voulait répondre aux dérives de la papauté et du catholicisme, élitistes et fastueux, pour y opposer la sobriété et la liberté individuelle avec le droit, par exemple, d’accéder aux textes sacrés en langue vernaculaire et non en latin. À force de se croire seul détenteur de la vraie religion, le calvinisme est devenu un véritable système totalitaire qui n’hésitait pas à exécuter les «&nbsp;hérétiques&nbsp;» et même les esprits critiques en son sein même<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>.</p>



<p>Plus près de nous, les tabous de l’Église catholique, comme le célibat des prêtres ou la place secondaire des femmes dans l’Église sont des «&nbsp;institués&nbsp;» figés, comme fossilisés, établis à un moment de l’Histoire, qui finissent par se couper de l’&nbsp;«&nbsp;instituant&nbsp;», le souffle, l’inspiration première, au risque de mettre en danger l’institution (pénurie de prêtres, désaffection des fidèles face à une Église qui leur semble sclérosée).<br></p>



<h2 class="wp-block-heading">L’exemple du statut cohabitant</h2>



<div class="wp-block-columns red-message is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h2 class="wp-block-heading">Le statut cohabitant</h2>



<p>D’abord appliqué pour les bénéficiaires de l’aide sociale via les CPAS (1974), le statut de cohabitant est introduit ensuite dans le calcul des indemnités de chômage (1980) et des indemnités de maladie-invalidité (1991). Le principe est le suivant : attribuer des allocations de sécurité sociale différentes selon que l’allocataire soit chef de ménage, isolé ou cohabitant4 ; le cohabitant ou la cohabitante sans charge de famille percevant une allocation moindre que la personne isolée. Au fondement de cette réglementation, on trouve la volonté de réduire les dépenses de sécurité sociale. Il est alors considéré que deux adultes qui vivent sous le même toit ont moins de frais que deux personnes qui vivent seules. »</p>



<p>Source<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup></p>
</div>
</div>



<p>Et dans le domaine social&nbsp;? Prenons le cas du statut cohabitant, mis en place dans les années 70 et 80, dans un contexte d’austérité budgétaire. L’instituant était donc, dans le chef du gouvernement, la nécessité de diminuer les dépenses sociales. Le postulat était que deux personnes qui vivent ensemble ont moins de frais que deux personnes qui vivent isolément&nbsp;: loyer, chauffage, électricité, etc. Il s’agissait principalement, à l’époque, de femmes dont le mari soit travaillait, soit bénéficiait d’une allocation.. Même s’il était injuste, cet «&nbsp;institué&nbsp;» correspondait à l’intention et à la réalité sociologique de l’époque.</p>



<p>Or, depuis lors, les modes d’habitat ont évolué, souvent par nécessité, parfois par choix. Une personne bénéficiant d’allocations de chômage peut décider d’héberger un ami émargeant au CPAS&nbsp;; un·e jeune vivant de l’allocation d’insertion n’a d’autre choix que de rejoindre une colocation&nbsp;; des parents peuvent accueillir chez eux leur enfant qui bénéficie du RIS ou leur(s) parent(s) âgé(s) bénéficiant de la GRAPA<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>… Toutes ces personnes sont sanctionnées par ce statut cohabitant et voient leurs revenus fortement rabotés, ce qui compromet leurs chances d’insertion et d’émancipation. Une autre conséquence délétère de ce statut cohabitant est de pénaliser la solidarité, pourtant essentielle dans le contexte de délitement des acquis sociaux que nous traversons.</p>



<p>Prenons le cas du jeune adulte qui vit chez ses parents et perçoit le RIS ou l’allocation d’insertion au taux cohabitant (soit 634,14€ bruts/mois s’il a plus de 18 ans). Comment, avec cette somme, peut-il envisager d’être autonome, de trouver un logement et de passer son permis de conduire, si ses parents n’ont pas les moyens suffisants pour l’aider financièrement&nbsp;? Ou d’un autre qui vit en colocation et voit tout-à-coup son allocation plus que divisée par deux parce qu’un autre colocataire vient de s’installer et de se domicilier à la même adresse&nbsp;?</p>



<p>Dans cet exemple, l’institué n’est plus pertinent car le contexte et les pratiques ont changé. Pourtant, le statut cohabitant existe toujours et la norme en est toujours le modèle conjugal. Pour preuve : le terme utilisé par l’ONEM dans le cas des « cohabitants privilégiés » qui ont droit à une allocation de cohabitant un peu plus élevée : ce taux est appliqué quand « <em>le chômeur et le conjoint bénéficient uniquement de revenus de remplacement</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>.</p>



<p>Ces dernières années, «&nbsp;l’institué&nbsp;» a quand même évolué quelque peu et des exceptions sont admises. Elles ne sont cependant pas toujours automatiques et créent de mauvaises surprises&nbsp;: allocation non payée et rectification par la suite, à la demande de l’allocataire. Mais comment faire alors pour payer son loyer dans les temps ?<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup></p>



<p>Les associations sont, elles aussi, tenues de s’adapter pour assurer leur pérennité et rester fidèles à leurs missions, à leur&nbsp;«&nbsp;instituant&nbsp;». Action Vivre Ensemble, par exemple, est née en 1971 et fonctionnait sur le mode autogestionnaire&nbsp;: une petite équipe où l’on parlait de «&nbsp;coordination&nbsp;» plutôt que de «&nbsp;direction&nbsp;», où l’on changeait facilement de fonction, etc. Dans les années 90, quand l’association a commencé à bénéficier de financements publics, l’autogestion s’est avérée inadaptée aux contraintes des bailleurs et l’organisation est passée en mode «&nbsp;cogestion&nbsp;».&nbsp; Dans les années 2000, le contexte de la récolte de fonds privés et les exigences croissantes des bailleurs publics ont amené l’association à adopter une structure hiérarchique quoique toujours participative, en définissant mieux les responsabilités et les modes de décision.</p>



<p>Bien sûr, cela ne s’est pas fait sans peine, et plusieurs personnes ont quitté l’organisation, ne se sentant plus en accord avec ce nouveau fonctionnement&nbsp;; des tensions ont agité l’équipe. Au bout du compte, même transformée, et <em>parce que</em> transformée, Entraide et Fraternité a pu assurer sa pérennité et préserver son «&nbsp;instituant&nbsp;», à savoir la vision et l’inspiration qui ont présidé à sa création.</p>



<p>Nous pouvons ici évoquer le biologiste Oliver Hamant et son ouvrage «&nbsp;La troisième voie du vivant&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>.&nbsp; Selon lui, l’un des caractères de la résilience est l’adaptabilité (avec la robustesse et la capacité de se transformer)&nbsp;: «&nbsp;<em>Un système est adaptable quand il est capable d’ajuster ses réponses tout en maintenant ses principales fonctions</em>&nbsp;». <strong>En d’autres termes, on pourrait dire que la pertinence d’une institution (et sa pérennité) tient à sa capacité à adapter son institué tout en restant fidèle à son instituant.</strong></p>



<div class="wp-block-columns red-message is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p class="titre-trois"><a>On l’a dit&nbsp;: <strong>les institutions sont des réponses à des questions, des besoins, des manques, des aspirations</strong>. Au niveau d’une société, <strong>elles sont donc indispensables dans la mesure où elles organisent, réglementent, garantissent la réponse aux besoins des citoyen·nes</strong>. Ce n’est pas pour rien que certaines d’entre elles sont <strong>«&nbsp;sacralisées&nbsp;»</strong>&nbsp;: en cas de conflit armé, <strong>on ne s’attaque pas à une école, à un hôpital, à un bâtiment religieux</strong>. <strong>Enfreindre cet interdit</strong>, comme c’est le cas dans les territoires occupés en Palestine, c’est s’attaquer à <strong>l’Humanité même, à ce qui rend une société humaine</strong>&nbsp;: l’innocence de l’enfance et l’être humain en devenir, l’humain blessé, vulnérable et le soin qui lui est dû et, enfin, l’aspiration de l’humain à une relation de transcendance.</a></p>
</div>
</div>



<p>Selon Jean-Michel Longneaux, «&nbsp;<em>la mission d’une institution [est donc] d’offrir un lieu où l’on peut échapper à la violence du monde et, par la relation, se reconstruire comme sujet</em>&nbsp;»&nbsp;.</p>



<p>Dans cette perspective, <strong>les institutions que sont les associations de lutte contre la pauvreté sont également des lieux où les personnes isolées par la pauvreté, sans chez-soi, sans liens affectifs ou sociaux peuvent à nouveau exister aux yeux des autres, se sentir en sécurité et se reconstruire en tant que sujets par la relation avec les autres bénéficiaires et le personnel d’encadrement. </strong>Elles représentent le dernier lieu de sauvegarde de l’humanité, quand les institutions publiques y ont échoué en raison d’un «&nbsp;institué&nbsp;» trop rigide, trop complexe ou insuffisamment financé.</p>



<p><strong>C’est pour cette raison que les coupes opérées actuellement dans le secteur social et associatif – baisse de la déduction fiscale pour les dons, diminution des subventions, suppression du budget fédéral pour le «&nbsp;Plan grand froid&nbsp;» et de la subvention aux CPAS pour la Participation et l’Activation Sociale (Fonds PAS), etc. – sont gravissimes&nbsp;: elles portent atteinte à la possibilité, pour des milliers de personnes, de se sentir exister, de compter parmi les humains, tout simplement.</strong></p>



<p>Et, au regard de la citation d’ouverture («&nbsp;Les institutions existent pour rendre possible une vie bonne dans une société juste&nbsp;»), que dire d’un État qui s’attaque frontalement à ses propres institutions&nbsp;: assurance chômage, CPAS, culture, enseignement, Sénat… et aux associations qui tentent d’en combler les manquements&nbsp;?&nbsp;</p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L’ambivalence des institutions. Marcher sur des chemins non-tracés, 22 novembre 2025, Erpent. Journée annuelle de “La théologie par les pieds”, coorganisée par Action Vivre Ensemble, le CEFOC et le journal “L’Appel” notamment. Voir <a href="https://latheologieparlespieds.be/">latheologieparlespieds.be</a></div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir l’analyse d’Action Vivre Ensemble, Pauvreté et humiliation : vers une société de la reconnaissance ?, 2024. Disponible sur <a href="https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2024-16/">vivre-ensemble.be</a></div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir l’analyse d’Action Vivre Ensemble, De la lasagne industrielle à la soupe du jardin, 2023. Disponible sur <a href="https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2023-04/">vivre-ensemble.be</a></div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Lire&nbsp;Conscience contre violence de Stefan Zweig (1936), disponible en Livre de Poche.</div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Analyse Statut cohabitant : à quand la fin ?, Action Vivre Ensemble, 2022. Disponible sur <a href="https://vivre-ensemble.be/publication/analyse-2022-01/">vivre-ensemble.be</a></div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Garantie de revenus aux personnes âgées</div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.onem.be/documentation/montants/allocation-d-insertion">onem.be</a></div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Dans ce cas vécu, l’ONEM pouvant verser l’allocation dans les 10 premiers jours du mois, une réclamation ne peut être introduite avant. Le temps que la situation se régularise, cela fait presque 2 semaines sans aucun revenu.</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;HAMANT, Olivier, La troisième voie du vivant, éd. Odile Jacob, Paris, 2022.</div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Familles monoparentales &#8211; Une prise en compte qui ne passera pas par la création d’un statut</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-13/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 10:27:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Un an après avoir annoncé la création d’un statut en faveur des familles monoparentales, la majorité MR-Les Engagés fait marche [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Un an après avoir annoncé la création d’un statut en faveur des familles monoparentales, la majorité MR-Les Engagés fait marche arrière&nbsp;: elle estime la chose complexe et préfère se concentrer sur l’adaptation concrètes des politiques existantes. Si le nombre de familles monoparentales est en constante progression, leur recensement n’est pas simple en raison du décalage entre les statistiques et la réalité. Ce qui est sûr, en revanche, c’est le caractère aggravant de cette situation en termes de précarité, à une époque où un salaire ne suffit parfois pas à boucler les fins de mois. Le fait d’être parent solo constitue un obstacle supplémentaire tant au logement qu’à l’emploi.</p>



<p>Namur, 11 juillet 2024. Tout à leur <em>‘bromance’ </em>du moment, les présidents du MR, Georges-Louis Bouchez, et des Engagés, Maxime Prévot, annoncent le contenu de l’accord de gouvernement qu’ils ont négocié pour la Région wallonne. Lors de la présentation de cet accord, une petite phrase ne manque pas d’attirer l’attention des associations de terrain&nbsp;: <em>« &nbsp;À l&rsquo;instar de la création du statut ‘famille nombreuse’, le futur gouvernement mettra en place un statut de ‘famille monoparentale’, offrant des aides et avantages à ce type de famille.</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup><em> »</em></p>



<p>Pourtant, en 2025, <em>« &nbsp;(si) les programmes politiques et les médias évoquent de plus en plus la thématique de la monoparentalité<strong>, il n’existe pas de politiques publiques d’envergure pour soutenir les parents solos.</strong> Le fait d’être une femme, sans emploi et parent solo expose à un risque accru d’exclusions, principalement économiques et sociales. Les politiques sont encore bâties sur la norme familialiste de la duoparentalité qu’elles privilégient, notamment au travers du régime fiscal. Tout est organisé comme si les deux parents contribuaient ensemble (même s’ils sont séparés) à l’éducation de leur enfant. Quand on s’écarte de cette norme, ça dérange. Les mamans qui élèvent seules et de manière autonome leurs enfants doivent se battre pour survivre et faire valoir leurs droits<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>&nbsp; »,</em> résume la Fédération des services sociaux (FdSS).</p>



<h2 class="wp-block-heading">10% de familles monoparentales au sein de la population, 40% dans les quartiers précarisés</h2>



<p>Selon les derniers chiffres de Statbel<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>, la Belgique compte 10% de familles monoparentales (telles que définies par <em>«  un seul parent avec un ou plusieurs enfants  »</em>), des chiffres qui peuvent être éventuellement <strong>sous-estimés comme surestimés</strong>. En effet, que l’on soit famille monoparentale ou en garde alternée, les enfants ne peuvent être domiciliés que chez un seul parent : il n’existe pas de moyen de savoir quels enfants restent en permanence avec un de leurs parents et lesquels passent systématiquement (et à quelle régularité) de l’un à l’autre. Comme expliqué par l’IBSA (Institut bruxellois de statistique et d’analyse), <em>«  la typologie se basant sur le domicile légal des individus, chaque enfant de parents séparés n’est jamais assigné qu’à un seul domicile, même si, dans les faits, la coparentalité est parfois de mise. Par conséquent, et quelle que soit la répartition effective de la garde parentale, la séparation d’un couple (marié ou non) avec enfant(s) aboutit à la création de deux ménages distincts, composés le plus souvent d’un ménage monoparental dans le chef du parent chez qui les enfants sont domiciliés et d’un ménage isolé pour l’autre parent</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup> <em> ». </em>Ce qui peut aboutir, en fonction du mode de garde appliqué et de son effectivité, à la fois à sous-estimer et à surestimer le nombre de familles monoparentales (d’une part, en «  oubliant  » les parents chez qui les enfants ne sont pas domiciliés et qui en ont pourtant la garde ; d’autre part, en négligeant que les parents chez qui les enfants sont domiciliés n’en ont pas nécessairement la garde).</p>



<p>Comme le résume la Ligue des familles, <em>«  les critères identifiant la charge de famille dans les législations sont souvent la composition de ménage et/ou les allocations familiales et/ou l’avertissement extrait de rôle, auxquels est souvent accolée la mention que d’autres preuves définies par le ministre, le secrétaire d’État, le conseil d’administration, l’administration sont recevables. Pour les parents séparés ayant la garde partagée de leurs enfants, ce sont un jugement, un accord notarié ou un d’un·e médiateur·trice agréé·e, homologué auprès d’un Tribunal de la famille/d’une Cour d’appel mentionnant l’hébergement partagé qui font foi de la charge officielle d’enfants. Or, il s’avère que de nombreuses familles monoparentales ne recourent pas à la justice, à un notaire ou un·e médiateur·trice agréé·e pour s’organiser au moment de la séparation. Et malgré qu’elles hébergent leur enfant une partie du temps, elles ne sont pas reconnues comme en ayant officiellement la charge et sont donc privées des réductions/montants majorés auxquels elles devraient avoir droit ou de l’accès à des aides pourtant bien nécessaires au regard de leur situation socio-économique”</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>.</p>



<p>Ces réserves faites, retenons que<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>En 2025, 10% des ménages sont considérés en Belgique comme des familles monoparentales, soit 519 000 ménages. C’est un chiffre stable&nbsp;: 9,5% en 2005, 9,9% en 2015. Selon le Bureau fédéral du plan, elles seraient 604 000 en 2060.</li>



<li>Ce sont très majoritairement les femmes qui sont à la tête des familles monoparentales&nbsp;: 87% des cas en Région bruxelloise contre 81% des cas en Régions flamande et wallonne. Dans la majorité (2/3) des familles monoparentales, il n’y a qu’un enfant.</li>



<li>Sur le plan régional, la proportion de familles monoparentales est plus importante en Wallonie (12,3%&nbsp;; 203 000 ménages) et à Bruxelles (11,6%, 68 000 ménages) qu’en Flandre (8,4%, 249 000 ménages).</li>



<li>Si l’on considère la monoparentalité comme facteur aggravant de la précarité, on ne peut que constater que les familles monoparentales, en plus d’être plus présentes en Wallonie et à Bruxelles qu’en Flandre, sont également plus présentes dans les régions défavorisées qu’ailleurs. Ainsi, en Wallonie, la part des 32% de familles monoparentales (sur l’ensemble des ménages avec enfants) est dépassée à Liège, Verviers, Charleroi et sa région, La Louvière, Mons et le Borinage, alors qu’elle atteint au maximum 25% en Flandre (à Anvers).</li>



<li>À Bruxelles, on atteint quasiment les 40% dans les quartiers populaires des Marolles, du bas de Saint-Gilles ou du centre d’Ixelles. Et jusqu’à 45% dans les cités sociales les plus importantes (notamment dans les communes aisées de Watermael-Boitsfort et Uccle). On est en revanche sous les 20% dans les quartiers d’Uccle ou de Woluwe-Saint-Pierre présentant de vastes et coûteuses surfaces de logement. Notons encore que, le facteur socio-culturel&nbsp; est déterminant dans l’existence même des familles monoparentales&nbsp;: ainsi, malgré leur forte densité et leur précarité, des communes ou de zones comme Molenbeek, Bruxelles-Laeken, Bruxelles-Maritime ou Schaerbeek, présentent une proportion importante de personnes originaires du Maghreb où la monoparentalité est moins fréquente. Des taux deux fois moins élevés s’observent pour les parents de nationalité turque ou d’Afrique du Nord (9 et 11%) par rapport aux parents de nationalité belge (20%).</li>



<li>Parmi les enfants qui n’habitent pas avec leurs deux parents, environ deux sur cinq vivent tout le temps avec leur mère (soit environ 230 000 enfants en Belgique, dont 100 000 en Wallonie) et un sur six vit la plupart du temps avec elle. À l’opposé, seul un enfant de parents séparés sur vingt vit principalement chez son père (soit environ 30 000 enfants en Belgique, dont 15 000 en Wallonie). Dans l’ensemble, les modes de garde après une séparation s’éloignent assez nettement de l’objectif de la loi de 2006 qui visait à privilégier l’hébergement égalitaire, puisque cette situation ne concerne qu’un enfant de parents séparés sur cinq (soit environ 120 000 enfants en Belgique, dont 40 000 en Wallonie). Quand on dit «  chez le père  » ou «  chez la mère  », cela ne veut pas dire nécessairement qu’il s’agit de familles monoparentales mais les familles recomposées sont relativement peu fréquentes, puisque seul un enfant de parents séparés sur cinq vit avec un beau-parent<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Un facteur aggravant de précarité</h2>



<p>Ce qui caractérise les familles monoparentales (<em>a fortiori</em> quand le seul parent est la mère), c’est évidemment le caractère foncièrement aggravant de cette situation par rapport aux risques de pauvreté. La première explication, la plus évidente, est le lien direct entre le fait de <strong>ne disposer que d’un seul salaire (au mieux…) pour faire vivre un parent et un ou plusieurs enfants alors que, pour beaucoup de ménages, il est déjà difficile de s’en sortir avec deux salaires à temps plein</strong>. D’abord, les frais de logement, de transport, de santé, d’éducation, d’alimentation restent aussi élevés avec un salaire qu’avec deux. Ensuite, la plupart des familles monoparentales sont sous la responsabilité d’une femme&nbsp;: celles-ci sont en général pénalisées sur le marché du travail parce qu’elles travaillent à temps partiel ou dans des emplois peu rémunérateurs, flexibles ou précaires. L’organisation que demande la structure de la famille monoparentale (déplacements vers l’école, la crèche, les activités extrascolaires, déplacements liés à la santé ou aux situations de handicap), spécialement quand la mobilité est limitée (pas de voiture, peu de transports publics et à un prix de plus en plus prohibitif), peut empêcher les femmes d’accéder à un emploi, ou les faire tomber dans ce que l’on appelle les « &nbsp;pièges à l’emploi&nbsp; »<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup> (voir <em>infra</em>).</p>



<h2 class="wp-block-heading">En chiffres<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup></h2>



<ul class="wp-block-list">
<li>En Belgique, les membres des&nbsp;familles monoparentales&nbsp;courent un risque quatre fois plus élevé de basculer dans la précarité (41,3%) que les membres d&rsquo;une famille composée par exemple de deux adultes et deux enfants (9,8%).</li>



<li>64% des parents déclarent rencontrer des difficultés financières après une séparation.</li>



<li>26,8% des enfants vivant dans une famille monoparentale connaissent une situation de privation matérielle, contre 3,5 % à 9,2 % dans les ménages composés de couples.</li>



<li>56 % des enfants vivent avec leur mère à temps plein et 40 % de ceux vivant principalement avec elle vivent dans un ménage en difficulté pour boucler le budget.</li>



<li>Plus de 40% des familles monoparentales n’ont pas les moyens de partir en vacances tandis que 20% des familles monoparentales déclarent ne pas pouvoir offrir d’activités de loisirs à leurs enfants, limitant leur accès à la culture et aux sports.</li>
</ul>



<p>Nombre d’enjeux prioritaires sur lesquels travailler concernent donc des dispositifs existants&nbsp;: par exemple, en favorisant les réductions dans les transports publics, en garantissant de meilleures prises en charge des soins de santé, en donnant accès aux logements sociaux, en modifiant le statut de cohabitant&#8230; Il n’en reste pas moins que, dans les aspects centraux de la vie quotidienne que sont l’emploi et le logement, la personne se retrouve le plus souvent sur un marché privé régi par la concurrence&nbsp;et qui donnera la priorité au logement à ceux et celles qui pourront prouver rapidement leur solvabilité et la priorité à l’emploi à ceux et celles qui pourront faire valoir leur disponibilité et leur flexibilité.</p>



<p>Concentrons-nous ici sur ces deux volets et, surtout, sur les solutions qui peuvent y être apportées.</p>



<p><strong>Le logement. </strong>Les difficultés ne manquent pas pour les familles monoparentales (pas que pour elles d’ailleurs)<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>,  : difficulté à réunir la garantie locative (45%), difficulté à payer le loyer (43%), manque de logements abordables et de qualité (22%), revenu trop bas (17%), conciliation vie familiale et professionnelle (11%), déséquilibre entre le loyer et les revenus (plus de la moitié : 28%), mauvaise isolation et humidité (35%), désinscription des listes d’attente pour les logements sociaux vu la difficulté à en obtenir (40%), renoncement à un certain nombre de critères (nombre de chambres, proximité des transports, de l’école, chauffage central, ascenseur, etc.)… Le tout provoquant évidemment un spectaculaire cercle vicieux du type : ”<em>j’occupe un logement humide, qui provoque des pathologies chez mes enfants, qui engendrent des soins de santé coûteux et mobilisant ma disponibilité, laquelle m’empêche d’accéder à un emploi, me privant d’un revenu suffisant pour occuper un logement de qualité, etc</em>. »</p>



<p>Le logement est, rappelle une étude de la Fondation Roi Baudouin sur la privation des enfants, est «  <em>un des premiers aspects à travailler (&#8230;) car il conditionne tous les aspects d’une vie. Il y a un potentiel d’amélioration inexploité dans les logements sociaux. Les enfants [pauvres] qui vivent dans un logement social ont plus de chance de vivre dans un logement de qualité que ceux qui vivent dans un logement issu du marché locatif privé. Or, on sait combien un logement adéquat et un environnement sain peuvent casser le cycle de la pauvreté parce que cela impacte toutes les conditions de vie. 75% des enfants [pauvres] ne vivent pas dans un logement social, voilà donc un levier d’action politique à actionner pour améliorer efficacement les conditions de vie des enfants et les sortir de la pauvreté&nbsp;!</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup> <em> »</em></p>



<p>Selon cette étude, en effet, les personnes concernées considèrent que les mesures prioritaires à prendre sont : les aides au logement (56%), l’augmentation du parc immobilier privé abordable (52%), les aides aux charges (49%), les aides à l’accès à la propriété (43%), l’encadrement des loyers (38%), le développement des logements sociaux publics (30%), qui ne représentent, malgré les caricatures, que 6,5% du logement belge contre 34% aux Pays-Bas<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup>. Rappelons que les frais liés au logement représentent au moins le tiers du budget des ménages<sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup>.</p>



<p><strong>L’emploi. </strong>Le Sénat vient de commander un rapport sur le sujet<sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup> en s’appuyant sur le descriptif suivant&nbsp;: « <em>Les données disponibles montrent que les taux d’emploi des chef·fes de familles monoparentales (70,4%) est largement inférieur aux taux d’emploi des couples avec enfants (83,8%). De plus, 50% des parents solos salariés occupent un emploi à temps partiel, avec des revenus limités. Dès lors, une part significative des &nbsp;chef·fes de familles monoparentales est en situation d’inactivité ou de sous-emploi, principalement en raison de contraintes spécifiques telles que l’absence de solutions de garde adaptées, des horaires de travail incompatibles avec les horaires scolaires, une mobilité limitée, une surcharge mentale ou encore une forte discrimination sur le marché de l’emploi.<sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup> »</em></p>


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<figure class="alignleft size-medium"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="300" height="200" src="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/jonathan-sanchez_unsplash-300x200.jpg" alt="" class="wp-image-40321" srcset="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/jonathan-sanchez_unsplash-300x200.jpg 300w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/jonathan-sanchez_unsplash-1024x683.jpg 1024w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/jonathan-sanchez_unsplash-768x512.jpg 768w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/jonathan-sanchez_unsplash-600x400.jpg 600w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/jonathan-sanchez_unsplash.jpg 1200w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /><div class="image-licence" style="text-align: right; margin-top: 5px; font-size: 0.8em; color: #666; font-style: italic;">Licence : photo par Jonathan Sanchez</div></figure>
</div>


<p>Pour rappel, ce sont les CPAS qui attribuent le RIS (revenu d’intégration sociale) aux personnes privées de ressources suffisantes. Ce sont eux donc qui seront les premiers concernés par la décision du gouvernement de limiter les indemnités de chômage à deux ans à partir du 1er janvier 2026. wallons et bruxellois ont présenté l’état de la situation. Pour eux, la principale préoccupation est que, depuis quelque 5 ans, <strong>un emploi n’est même plus la garantie de pouvoir vivre sans aide publique.</strong> 10% des travailleurs et travailleuses bénéficient désormais d’un complément de revenu de la part du CPAS. Si l’on part du revenu minimum garanti (RMMG), soit un salaire brut de 1954,99 euros, le travailleur ou la travailleuse qui vit avec son jeune enfant doit en déduire au moins 500 euros (frais de crèche, frais de transports vers la crèche/l’école et l’emploi…) pour viser un solde disponible de 1400 euros quand un·e bénéficiaire du RIS (revenu d’insertion sociale) de catégorie 3 (famille à charge) touche 1776 euros sans retenue fiscale ni frais de garde ou de transport<sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup>. C’est ce que l’on appelle le « piège à l’emploi&nbsp; » et il touche spécialement les chef·fes de familles monoparentales puisque ces personnes ont, par rapport à la période où ils et elles étaient éventuellement en couple, des revenus disponibles nettement inférieurs mais pas nécessairement moins de dépenses. Pour les CPAS, le parcours vers l’emploi n’est pas adapté à leur réalité. Pas seulement en raison des « pièges à l’emploi&nbsp; » mais également en raison des problèmes liés à la garde des enfants et de notions comme la « disponibilité au travail&nbsp; » (recherche active…) ou les « absences aux rendez-vous<em> </em> » avec l’Onem, le Forem, Actiris.</p>



<p>Une nouvelle fois, c’est du côté des dispositifs existants qu’il semble nécessaire de chercher des réponses, mais aussi de la demande, récurrente dans le monde associatif, d’attribuer les aides en fonction des revenus et non des statuts. D’autant qu’il existe désormais un outil<sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup> permettant aux CPAS de déterminer si les revenus sont suffisants pour vivre. C’est aussi aux marges de la politique de l’emploi qu’il faut travailler, selon les CPAS : gestion des places en crèches, accompagnement psychosocial de qualité en vue d’une insertion socioprofessionnelle durable à moyen et long terme pour les ayants droits engagés dans un trajet/parcours d’insertion socioprofessionnelle, en ce compris les parents solos…</p>



<h2 class="wp-block-heading">Paroles de mamans solos</h2>



<p>Plusieurs institutions comme Vie féminine, la Mutualité chrétienne ou la Fédération des services sociaux ont instauré des groupes de parole : les témoignages cités ici en proviennent<sup class="modern-footnotes-footnote ">18</sup>.</p>



<p><em>« &nbsp;On n’a pas d’aide du gouvernement pour trouver un emploi. Oui, c’est évident, il y a un trou dans le CV et on manque d’expérience et de réseau quand on se met à chercher du boulot. C’est d’autant plus violent, à chaque fois, d’être renvoyée à notre situation de monoparentalité&nbsp; ».</em></p>



<p><em>« &nbsp;Mes enfants avaient 3, 2 et 1 ans quand le papa a décidé de partir, 2 mois après le confinement. C’était chaud. (…) Je n’avais pas de boulot depuis des années parce que les enfants sont rapprochés. (…) Dans notre vie ensemble, le père bossait à mort comme indépendant et moi j’étais coincée à la maison. Et lui donc coincé au boulot. Chacun était coincé. Et maintenant, c’est toujours la même chose. Ce serait difficile de switcher – pour moi de trouver un boulot – vu que j’ai la garde principale. C’est bizarre de se dire que la dynamique reste la même.&nbsp; »</em></p>



<p><em>« &nbsp;[Mon enfant me demande de rendre des comptes] Quand tu ne travailles pas, qu’est-ce que tu fais de tes journées ? Alors qu’en plus, je ne vois pas comment je pourrais travailler avec tous les suivis psy, logopèdes, etc. Et ça, les enfants ne le voient pas.&nbsp; »</em></p>



<p><em>« &nbsp;Beaucoup de personnes se questionnent sur le côté matériel&nbsp;: comment on s’en sort ? Ça a l’air suspect&#8230; ou les gens tournent autour du pot&nbsp;: comment tu paies ton essence, ta voiture ? ou “Les gens se disaient peut-être que je me prostituais. Chez nous (en Afrique), quand tu te débrouilles&#8230;” ou encore “Tous les centres de soins, les PMS, etc. doivent arrêter de nous marginaliser. Qu’on arrête de dire&nbsp;: on va attendre que monsieur soit là”.&nbsp; »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Statut <em>or not</em> statut ?</h2>



<p>Lors de leurs consultations de la société civile, les deux présidents de partis avaient notamment rencontré le Collectif des familles monoparentales (Co.Fa.Mon)<sup class="modern-footnotes-footnote ">19</sup>, association liégeoise soutenue au cours des dernières années par Action Vivre Ensemble<sup class="modern-footnotes-footnote ">20</sup>. Quelques semaines plus tôt, sa fondatrice et présidente, Marie-Claire Mvumbi, avait été invitée à présenter ses propositions au Parlement wallon<sup class="modern-footnotes-footnote ">21</sup> suite à une pétition<sup class="modern-footnotes-footnote ">22</sup> qui demandait un soutien régional aux familles monoparentales par plusieurs moyens : une adaptation des allocations familiales, une priorité dans les logements sociaux, un accompagnement à la réinsertion socio-professionnelle, un tarif préférentiel pour les transports publics, un avantage fiscal, l’individualisation et l’automatisation des droits<sup class="modern-footnotes-footnote ">23</sup>. En gros, ce qu’on pourrait appeler la création d’un statut de famille monoparentale.</p>



<p>À l’époque, la nouvelle majorité s’était dit convaincue de la nécessité d’un tel dispositif. Tellement que Les Engagés ont, fait rarissime, coopté Marie-Claire Mvumbi comme sénatrice. Pourtant, à l’échelon francophone/wallon, la cause a reculé même si la nouvelle sénatrice a, pour sa part, lancé un colloque<sup class="modern-footnotes-footnote ">24</sup> et le rapport susmentionné au sein de son institution.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La limitation du chômage, un nouveau coup dur</h2>



<p>Non seulement, les choses n’ont pas évolué comme l’espéraient les partisan·es d’un statut mais, entre-temps, le gouvernement Arizona a transformé en réalité une de ses obsessions : <strong>la limitation dans le temps des allocations de chômage qui, plutôt que de <em>« réduire la précarité des familles monoparentales  »</em> comme promis<sup class="modern-footnotes-footnote ">25</sup>, s’apprête à plonger dans celle-ci nombre de personnes qui parviennent jusqu’ici à ne pas sombrer !</strong></p>



<p>À quelques semaines de l’entrée en vigueur de cette mesure-totem pour la droite conservatrice, la Ligue des familles a effectivement publié un sondage<sup class="modern-footnotes-footnote ">26</sup> sur cette réforme auprès de parents belges. Si 63% des personnes interrogées sont favorables à l’esprit d’une limitation dans le temps des allocations de chômage <em>« présentée de manière théorique  »</em>, la plupart des répondant·es considèrent que la règle doit être assouplie dans certains cas (familles monoparentales, enfants atteints de handicap, parents travaillant à horaires atypiques…). Ainsi, 59% des personnes interrogées estiment qu’une maman solo doit conserver ses allocations de chômage le temps de trouver un emploi adapté à sa situation familiale. Un avis partagé dans tout le pays : 56% en Flandre, 61% en Wallonie, 71% à Bruxelles.</p>



<p>La réponse du MR laisse peu de place à l’optimisme : <em>« Nous ne considérons pas qu’être maman solo est un motif suffisant pour être au chômage toute sa vie<sup class="modern-footnotes-footnote ">27</sup> »</em> (David Clarinval, ministre de l’Emploi) ; <em>« Parmi mes collaboratrices au MR, certaines sont des mères célibataires et cela ne les empêche de travailler. D&rsquo;accord, être mère célibataire, c&rsquo;est très compliqué jusqu&rsquo;à l&rsquo;âge de l&rsquo;entrée à l&rsquo;école, mais après ? Cela demande de l&rsquo;organisation, mais c&rsquo;est possible<sup class="modern-footnotes-footnote ">28</sup> »</em> (Georges-Louis Bouchez, président du MR, qui vient de nommer sa compagne à la tête de…l’ONE). Les Engagés ont réagi à ces saillies<sup class="modern-footnotes-footnote ">29</sup>, notamment en obtenant un refinancement des CPAS (300 millions, très en-dessous de ce qui est nécessaire)<sup class="modern-footnotes-footnote ">30</sup>, qui seront débordés par les dossiers des personnes exclues du chômage.</p>



<p>Mais, de ‘statut’ pour les familles monoparentales, il n’est plus question. Le ministre wallon des Solidarités, Yves Coppieters (Les Engagés), affirmait en décembre 2024 que <em>« créer un statut spécifique pour les familles monoparentales répond à de nombreux besoins en termes de reconnaissance, de soutien et d’égalité des chances via plusieurs leviers : logement, allocations familiales, renforcement du Service des créances alimentaires (SECAL), emploi, tarif réduit pour les transports en commun. »</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">31</sup>. Mais, en juillet 2025, il précisait : <em>« Si la reconnaissance juridique des familles monoparentales constitue un défi social majeur, la création d’un statut présente de sérieuses limites juridiques et opérationnelles.Plutôt que la création d’un statut spécifique, il est envisagé de simplifier et d’harmoniser progressivement les critères de reconnaissance au sein des dispositifs existants, dans le cadre de la future stratégie de soutien aux familles monoparentales 2025-2029  ».</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">32</sup></p>



<p>À l’analyse, il apparaît objectivement que ce n’est pas le résultat d’un durcissement de la ligne du gouvernement wallon-francophone ni des relations entre les deux partenaires de la majorité, mais le résultat d’une étude de terrain, révélant que la mise en œuvre d’un tel statut s’avère plus complexe que prévu pour des raisons techniques. Une analyse juridique a été commandée par le cabinet, qui a conclu à une triple difficulté pour la Région wallonne et la Fédération Wallonie-Bruxelles&nbsp;: la diversité des définitions des familles monoparentales, la variété des niveaux de pouvoir qui seraient concernés (notamment sur le plan fiscal) et l’alourdissement des procédures administratives qui iraient à l’encontre du but recherché.</p>



<p>Il faut aussi préciser – c’est sans doute le plus important – que si les partis politiques avaient inscrit ce statut dans leur programme, il s’agit plus d’une formule symbolique que réellement pratique, à savoir <em>« définir avec précision, de manière univoque et au goût du jour la notion de famille monoparentale en incluant toutes les situations possibles. Ensuite, mettre en place des aides spécifiques qui répondent aux différentes situations, sans faire entrave aux autres droits relatifs à la situation économique individuelle du parent<sup class="modern-footnotes-footnote ">33</sup> »</em> (Couples et familles<sup class="modern-footnotes-footnote ">34</sup>) <em>« Un statut officiel permettrait de systématiser ces aides, d’en rationaliser certaines et d’en appliquer de nouvelles  »</em> mais l’urgence est <em>« de plaider pour une politique du lien social et une réforme administrative de la norme familiale, que les besoins de tous soient pris en compte. »</em></p>



<p>Marie-Claire Mvumbi estime toutefois cette réponse insuffisante&nbsp;: <em>«  Qu’on appelle cela statut ou autrement, peu importe, mais ce qui est nécessaire, c’est de disposer d’un système de protection juridique qui ne puisse être détricoté facilement. C’est en ce sens que je parle de statut. Travailler sur les politiques existantes, c’est ce que l’on a fait jusqu’ici et on constate que c’est inefficace. Je sais que la Wallonie ou la Communauté française n’ont pas les leviers nécessaires, aussi notre revendication était-elle d’abord adressée au fédéral mais, là encore, pas une mesure sur le sujet dans la déclaration de l’Arizona »</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">35</sup>.</p>



<p>L’économiste Philippe Defeyt, ancien président du CPAS de Namur, estime pourtant la piste du statut <em>« peu féconde  »</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">36</sup> et qu’il vaut mieux se concentrer sur l’amélioration des politiques existantes. Pour lui, au-delà du fait qu’il existe déjà des aides spécifiques, il n’est pas besoin d’un statut pour répondre à trois défis prioritaires : 1. Adapter les paramètres « revenus  » d’une série de dispositifs sociaux afin d’attribuer les aides en fonction des revenus et non des statuts ; 2. Améliorer les services publics et les rendre plus accessibles ; 3. Adapter les législations sociales (par exemple, la suppression du statut de cohabitant). Ce dernier point (suppression du statut de cohabitant) est également, aux yeux de la Ligue des familles<sup class="modern-footnotes-footnote ">37</sup>, une des réponses.</p>



<p>En résumé, les majorités francophones affirment ne pas avoir, loin de là, abandonné l’idée d’une amélioration des conditions de vie des familles monoparentales mais disent s’inscrire dans un principe de réalité qui vise à prendre cette réalité en considération dans tous les aspects des politiques existantes (réduction de la taxe de mise en circulation, réduction de la cotisation spéciale de Sécurité sociale&#8230;). Le statut de famille monoparentale n’est donc plus à l’ordre du jour&nbsp;: s’il constituait un objectif en soi, on pourrait s’en indigner ; si, toutefois, les responsables politiques lui donnent chair, comme ils et elles l’affirment, par des mesures concrètes, il ne s’agira pas que d’un pis-aller. L’avenir le dira.</p>



<p></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.rtbf.be/article/gouvernements-wallon-et-de-la-federation-wallonie-bruxelles-mr-et-engages-annoncent-avoir-trouve-un-accord-suivez-la-conference-de-presse-a-16h-11403215">rtbf.be</a></div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.fdss.be/wp-content/uploads/2024_CRAC_PUB_rapport-cafm_176x250_V07.pdf">fdss.be</a></div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://statbel.fgov.be/fr/themes/population/structure-de-la-population/menages#figures">statbel.fgov.be</a></div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://ibsa.brussels/sites/default/files/publication/documents/Focus-74_FRv2.pdf">ibsa.brussels</a></div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://liguedesfamilles.be/storage/26328/2023-05-05-Familles-monoparentales-et-politiques-publiques.pdf">liguedesfamilles.be</a></div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sources Statbel, IBSA et IWEPS citées.</div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.iweps.be/wp-content/uploads/2024/10/RS14_comp.pdf">iweps.be</a></div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les “pièges à l’emploi” renvoient au cas où un individu, en particulier un bénéficiaire de prestations sociales, n&rsquo;a aucun avantage financier ou très peu à accepter un emploi.</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Statistiques : Belgique <a href="https://statbel.fgov.be/fr/themes/menages/pauvrete-et-conditions-de-vie/risque-de-pauvrete-ou-dexclusion-sociale">statbel.fgov.be</a> ; Wallonie <a href="https://www.iweps.be/indicateur-statistique/taux-de-risque-de-pauvrete-selon-type-de-menage/">iweps.be</a> ; Bruxelles <a href="https://ibsa.brussels/sites/default/files/publication/documents/Focus-74_FRv2.pdf">ibsa.brussels</a>.</div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous nous référons ici au rapport de la Ligue des familles, Familles monoparentales et logement : des problèmes à tous les étages, février 2022. Disponible sur <a href="https://liguedesfamilles.be/storage/18799/220216-etude-le-logement-des-familles-monoparentales.pdf">liguedesfamilles.be</a></div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;GUIO, Anne-Catherine et VAN LANCKER, Wim, La déprivation des enfants en Belgique et dans ses régions: que disent les nouvelles données ?, Fondation Roi Baudouin, octobre 2023. Disponible sur <a href="https://media.kbs-frb.be/fr/media/11074/FR_D%C3%A9privation%20des%20enfants%20en%20Belgique_Brochure">media.kbs-frb.be</a> </div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://luttepauvrete.be/des-faits-et-des-chiffres/des-faits-et-des-chiffres-logements-sociaux/">luttepauvrete.be</a></div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://statbel.fgov.be/fr/nouvelles/nouveaux-resultats-de-lenquete-sur-le-budget-des-menages-en-belgique">statbel.fgov.be</a></div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;On n’en connaîtra pas les résultats avant fin 2025-début 2026.</div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://primabook.mi-is.be/fr/droit-lintegration-sociale/montants-ris</div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.mi-is.be/fr/themes/aide-sociale/redi">mi-is.be</a></div><div>18&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://medor.coop/magazines/medor-n38-printemps-2025/tenir-face-a-la-justice-violences-saj-divorce-justice-sap/">medor.coop</a> ; <a href="https://www.fdss.be/wp-content/uploads/2024_CRAC_PUB_rapport-cafm_176x250_V07.pdf">fdss.be</a></div><div>19&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.facebook.com/COFAMON.asbl?locale=fr_FR">facebook.com/COFAMON.asbl</a></div><div>20&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2022/11/jt194ave.pdf">vivre-ensemble.be</a></div><div>21&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.facebook.com/photo/?fbid=877456984412723&amp;set=pcb.877471164411305">facebook.com</a></div><div>22&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.parlement-wallonie.be/pwpages?p=petition-detail&amp;id=343">parlement-wallonie.be</a></div><div>23&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Co.Fa.Mon, publication Facebook du 8 février 2024, voir <a href="https://www.facebook.com/photo/?fbid=784318127059943&amp;set=a.552493563575735">facebook.com</a></div><div>24&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.senate.be/www/?MIval=/index_senate&amp;MENUID=57000&amp;LANG=fr&amp;PAGE=/web/fr/article/1309/raw">senate.be</a></div><div>25&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.lesengages.be/propositions/reduisons-la-precarite-des-familles-monoparentales/">lesengages.be</a></div><div>26&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://liguedesfamilles.be/storage/39587/20250707-Sondage-familles---re%CC%81forme-du-cho%CC%82mage-(1).pdf">liguedesfamilles.be</a> ,  <a href="https://auvio.rtbf.be/media/l-invite-de-matin-premiere-merlin-gevers-charge-de-projet-a-la-ligue-des-familles-3359982">auvio.rtbf.be</a></div><div>27&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.lesoir.be/686888/article/2025-07-09/reforme-du-chomage-clarinval-espere-un-accord-global-dici-la-semaine-prochaine">lesoir.be</a></div><div>28&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.lalibre.be/belgique/politique-belge/2025/07/12/georges-louis-bouchez-la-belgique-a-besoin-dune-margaret-thatcher-plutot-que-de-comiques-qui-promettent-de-largent-magique-3JUWGZCFQBDSHLRNFLYSS5K2EI/">lalibre.be</a></div><div>29&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.lalibre.be/belgique/politique-belge/2025/07/12/forte-reaction-des-engages-suite-aux-propos-de-georges-louis-bouchez-dans-la-libre-des-attaques-caricaturales-contre-la-securite-sociale-2XKRRHFLCRBZ7DGDKG3AORSVQY">lalibre.be</a></div><div>30&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://www.rtbf.be/article/la-reforme-des-allocations-de-chomage-entrera-en-vigueur-le-1er-janvier-115775984">rtbf.be</a></div><div>31&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://www.parlement-wallonie.be/pwpages?p=interp-questions-voir&amp;type=28&amp;iddoc=130697">parlement-wallonie.be</a></div><div>32&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://archive.pfwb.be/1000000020dd004">archive.pfwb.be</a></div><div>33&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://www.couplesfamilles.be/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=669%3Avers-un-statut-de-famille-monoparentale&amp;catid=6&amp;Itemid=108&amp;fbclid=IwY2xjawJbVIpleHRuA2FlbQIxMAABHQMSrMDxSwCEH83p2_fUter8rPhTa5yYhsAd9DwbvCyO99aTTTxNkkQ4iQ_aem_sppSvvk_caxrF02dBlL07g">couplesfamilles.be</a></div><div>34&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Association d’éducation anciennement liée à l’ex-Jeunesse ouvrière chrétienne.</div><div>35&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Entretien avec l’auteur, 23 juillet 2025.</div><div>36&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.lecho.be/opinions/general/opinion-un-statut-pour-les-familles-monoparentales/10608340.html">lecho.be</a></div><div>37&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://liguedesfamilles.be/storage/26328/2023-05-05-Familles-monoparentales-et-politiques-publiques.pdf">liguedesfamilles.be</a></div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
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		<title>Faire de plus en plus avec de moins en moins </title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/faire-de-plus-en-plus-avec-de-moins-en-moins/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Oct 2025 13:06:26 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Symbole de la vie populaire bruxelloise, nourri du mélange des cultures et des parcours de ses habitants et habitantes, le quartier des Marolles cherche aujourd’hui à préserver son âme face à une « gentrification » qui fait fi de son histoire plurielle. C’est là que bat le cœur du CARIA &#8211; Centre d’accueil, de rencontre, d’insertion et d’animation &#8211; depuis plus d’un demi-siècle. Leur projet : offrir des collations saines et variées à une cinquantaine d’enfants.  </p>



<p>Né en 1974 à l’initiative de l’Abbé Jacques Van der Biest (une personnalité haute en couleurs du clergé bruxellois, grand défenseur des habitants et habitantes des Marolles), avec l’appui de deux religieuses à la retraite, sœur Madeleine et sœur Marie-Noëlle, le CARIA inscrit toutes ses actions dans une démarche de cohésion sociale et de citoyenneté active. Une centaine d’adultes provenant de milieux sociaux défavorisés, majoritairement issus de l’immigration, fréquentent ses cours d’alphabétisation et de français, mais aussi de nombreux ateliers d’apprentissage (citoyenneté, mobilité, informatique, fabrication de produits d’entretien et d’hygiène écologiques, etc.). « <em>Lorsque ces personnes poussent la porte du CARIA, souvent grâce au bouche-à-oreille, leur objectif premier est d’apprendre le français pour arriver à se débrouiller au jour le jour, mais très vite la rencontre et le lien social acquièrent une place prédominante », </em>explique Isadora Minicucci, coordinatrice de l’association.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Comme les cours et ateliers sont organisés en journée, les femmes représentent environ 80% du public. C’est donc tout naturellement que les mères de famille inscrivent leurs enfants à l’école de devoirs du CARIA.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Avoir le ventre plein </h2>



<p><em>« Moi, je viens ici pour manger »</em>, déclare Acheb, entre boutade et vérité crue. Au CARIA, qui offre un soutien scolaire à une cinquantaine d’enfants défavorisés du quartier, la collation précède l’apprentissage. Parce que, comme le constate Isadora, « <em>il n’est pas rare que les enfants n’aient rien mangé depuis le matin. La première inégalité sociale de l’école, c’est le contenu de la boîte à tartines. »</em> Alors, pour cette année scolaire, avec le soutien d’Action Vivre Ensemble et de donateurs et donatrices, l’association bruxelloise a construit le projet <em>Les petits goûters sains des Marolles</em> pour les enfants de 6 à 12 ans qui fréquentent l’école de devoirs ou, une fois par semaine, le Centre d’expression et de créativité des Ateliers Populaires, association voisine du CARIA dans la rue Haute. C’est l’équipe des Capucines, une épicerie sociale du quartier, qui met en musique ces collations saines, sucrées ou salées, chaque jour de la semaine.&nbsp;</p>



<p>Une fois sa part de gâteau engloutie, Acheb rejoint la salle de soutien scolaire dévolue à sa tranche d’âge. À l’étage, sa sœur Sarah, en troisième année à l’école primaire Dachsbeck, est déjà installée, tout comme Ouahiba, qui fréquente l’école Baron Steens. « <em>Ici, je fais mieux mes devoirs qu’à la maison, mais surtout, après, on peut s’amuser ! »</em>, lâche cette petite fille calme et câline d’origine marocaine. Faty, 11 ans, arrivée du Sénégal il y a trois ans, abonde dans le même sens. « <em>Chaque fois que je viens au CARIA, je suis contente. C’est comme ma famille : quand j’ai envie de parler ou que j’ai besoin de quelque chose, on m’écoute et on m’aide.</em> <em>J’ai aussi découvert plein d’endroits à la campagne et à la mer pendant les camps et les activités (organisés le mercredi, le week-end et pendant les congés scolaires, NDLR). »&nbsp;</em>&nbsp;</p>



<p>Depuis quelques années, toutefois, la tâche des membres de l’équipe du CARIA (11 personnes salariées et une vingtaine de bénévoles) s’est complexifiée. « <em>Nous faisons face à une explosion des troubles de l’apprentissage, qui nécessitent l’intervention d’un logopède, voire d’un neuropsychologue. De plus en plus d’enfants se retrouvent en difficulté dès la première année primaire, » </em>indique Sylvie Foulon, qui pilote l’école de devoirs. « <em>De manière générale, nous devons faire de plus en plus avec de moins en moins de soutien financier, mais aussi de moins en moins de considération par rapport au travail fourni »</em>, enchaîne Isadora Minicucci. Les 10/10 à la dernière interro de néerlandais décrochés par certains des enfants de l’école de devoirs suffisent pourtant à gommer tous ses bleus au cœur…&nbsp;</p>
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		<title>Sécurité en Europe &#8211; Kit de ‘survie’ ou &#8230; de ‘solidarité’ ?</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/https-vivre-ensemble-be-publication-analyse2025-12/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Oct 2025 09:02:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[En Europe comme dans d’autres parties du monde, l’actualité est effrayante. La guerre qui s’enlise en Ukraine, le génocide en cours à Gaza, le populisme de Trump outre-Atlantique, la montée de l’extrême-droite un peu partout... ]]></description>
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<p class="titre-trois">En Europe comme dans d’autres parties du monde, l’actualité est effrayante. La guerre qui s’enlise en Ukraine, le génocide en cours à Gaza, le populisme de Trump outre-Atlantique, la montée de l’extrême-droite un peu partout&#8230; Où que porte notre regard, l’ombre inquiétante de la guerre plane. Nos démocraties sont clairement en danger et nous faisons face à une situation que notre pays n’avait pas connue depuis la Seconde Guerre mondiale. Dans ce contexte anxiogène, le réarmement de la Belgique (re)devient une priorité gouvernementale, au détriment d’autres secteurs pourtant exsangues et en besoin manifeste de financement.</p>



<p>Le 10 mars 2025, le journal <em>Le Soir</em> publiait l’information suivante : <em>«&nbsp;Le Centre de crise national (NCCN) va lancer une campagne visant à rendre la population belge plus ‘résiliente’ face aux crises, dans un contexte international tendu. </em><em>L’objectif est de clarifier comment se mettre à l’abri, évacuer et élaborer son propre plan d’urgence.&nbsp;‘Il n’y a aucune raison de paniquer, mais nous devons jeter les bases d’une “culture du risque” dans notre pays’, estime le Centre de crise. Le NCCN propose ainsi&nbsp;une série de&nbsp;</em><a href="https://centredecrise.be/fr/que-pouvez-vous-faire/preparez-vous" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>recommandations</em></a><em>, notamment celle de se munir des kits d’urgence à la maison en cas de fuite de gaz, d’inondation, de conflit armé, etc. (&#8230;) ‘Il faut que&nbsp;la&nbsp;population puisse être autonome et résiliente&nbsp;en&nbsp;cas&nbsp;d’urgence’ justifie le porte-parole du NCCN. L’objectif est que tout le monde connaisse l’utilité du numéro d’urgence 112 et les différents risques auxquels nous allons être confrontés dans les années à venir (&#8230;). »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le réarmement de l’Europe : mise en contexte</h2>



<p>Le gouvernement l’affirme&nbsp;: «&nbsp;<em>Il faut d’urgence réinvestir dans la défense, dans l’armement, acheter des avions de combats, des chars d’assaut, des véhicules, des munitions, des drones, rétablir le service militaire. Des déploiements internationaux accrus sont également prévus, notamment en Roumanie, au Kosovo et pour la formation de pilotes ukrainiens de F16. Il faut aussi consacrer un important pourcentage de notre PIB à financer nos engagements vis-à-vis de l’OTAN</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup> . Le défilé militaire de ce 21 juillet dernier illustre bien ces choix politiques : <em>« Comme chaque année, la place des Palais s’est transformée en scène d’apparat, rythmée par le pas cadencé des militaires, le vrombissement des avions et les applaudissements du public…&nbsp;La Défense belge, forte d’environ 26 000 membres, vise à atteindre 34 500 militaires d’ici 2035&#8230;&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>.</em></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-medium"><a href="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/10/Photo-manif-climat.jpg"><img decoding="async" width="225" height="300" src="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/10/Photo-manif-climat-225x300.jpg" alt="Une manifestante avec une pancarte avec le texte &quot;Augmentons le budget défense de notre planète&quot; et l'image d'un avion qui parsème des fleurs" class="wp-image-40148" srcset="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/10/Photo-manif-climat-225x300.jpg 225w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/10/Photo-manif-climat.jpg 560w" sizes="(max-width: 225px) 100vw, 225px" /></a><figcaption class="wp-element-caption">Jeune militante lors de la Marche pour le Climat à Bruxelles (5/10/2025)</figcaption></figure>
</div>


<p>À contre-courant de ce discours, Samuel Legros, chargé de plaidoyer politique à la CNAPD (Coordination nationale d’action pour la paix et la démocratie), plaide tout l’inverse : réduire au plus bas les dépenses militaires nationales. Il remet en question l’efficacité de l’appareil militaire argumentant que «&nbsp;<em>dans la grande majorité des cas, le prétendu remède a aggravé les maux (songeons, par exemple, à l’Irak ou à la Libye), quand il n’a pas, purement et simplement, fait figure de parenthèse morbide</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>. Disant cela, il souligne notamment les conséquences catastrophiques des interventions militaires au sens large ainsi que du manque d’évaluation de l’outil militaire. En effet, un regard dans le rétroviseur nous permet d’avancer que non, il n’apporte pas forcément de «&nbsp;<em>pacification</em>&nbsp;» ou de «&nbsp;<em>stabilisation</em>&nbsp;».</p>



<p>Le co-président du parti Ecolo, Samuel Cogolati dénonce quant à lui une ventilation des dépenses militaires «&nbsp;<em>complètement anarchique&nbsp;»</em>&#8230; «&nbsp;<em>La vraie question en matière de défense, et que personne n’ose affronter dans la classe politique, c’est que nous dépensons horriblement mal</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup> . En effet, le co-président d’Ecolo, s’il n’est pas contre un réarmement de l’Europe, plaide pour une stratégie commune des efforts de guerre entre les différents pays européens et rappelle l’urgence climatique qui nous concerne toutes et tous : «&nbsp;<em>Moi, je plaide pour les Etats-Unis d’Europe autonome sur le plan militaire mais aussi sur le plan énergétique. Et ça, c’est le grand oublié. La guerre climatique aujourd’hui est complètement oubliée et pourtant c’est un ennemi avec lequel vous ne pourrez pas négocier</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>.</p>



<p>La norme imposée par l’OTAN est d’octroyer 2% du PIB des pays membres aux dépenses militaires. Cette norme avait été validée sous le gouvernement Di Rupo (2011-2014). La guerre en Ukraine a accéléré cet objectif des 2% : en 2022, seuls 7 pays de l’OTAN avaient atteint les 2%. En 2024, 23 pays avaient atteint ce quota. Forte de cet engouement, l’OTAN passerait à la vitesse supérieure avec l’instauration d’une nouvelle norme, c’est-à-dire 3,6%&#8230; Ce qui s’apparente à une surenchère est confirmé par le budget belge des dépenses militaires, en constante évolution depuis 2017. Tendance qui se confirme avec le gouvernement Arizona qui s’est donné pour objectif d’atteindre les fameux 2% d’ici à la fin de la législature, ce qui équivaut à une augmentation de 5,5 milliards d’euros (pour un grand total de 13,6 milliards d’euros)<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La guerre en Ukraine, un facteur déclencheur</h2>



<p>L’offensive russe lancée en Ukraine a clairement été un facteur déclencheur dans le réarmement de l’Europe. L’ombre menaçante d’une hypothétique guerre en Europe a l’air de justifier à elle seule le budget pharaonique du secteur de la défense qui se fait, rappelons-le, au détriment d’autres domaines absolument essentiels, tels que la santé, l’éducation ou encore l’environnement.</p>



<p>L’Ukraine est proche de nous, géographiquement et culturellement. L’idée ici n’est pas de lancer un débat sur la honteuse hiérarchisation occidentale des souffrances du monde – car nous n’accueillons pas de la même manière les Érythréen·nes ou les Ukrainien·nes par exemple &#8211;&nbsp;, or, les Belges ont vu affluer, du jour au lendemain, des milliers de réfugiés ukrainiens&#8230; &nbsp;</p>



<p>Dans une telle actualité, comment ne pas se projeter dans un pays en guerre ? Comment ne pas se dire que <em>“nous sommes les prochains ?”</em> Comment ne pas regarder, médusés, la vidéo “<em>What’s in my bag?</em>” où on voit la Commissaire européenne Hadja Lahbib, hilare, déballer hors de son sac à main le contenu d’un kit de survie<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup> afin d’enjoindre aux Européens de se préparer au pire ? &nbsp;Le ton joyeux de la vidéo contraste singulièrement avec le sérieux du sujet&#8230; Il n’y a en effet rien de drôle à se préparer à affronter une guerre, surtout dans un pays qui n’en a pas connu depuis presque 80 ans. Si l’on peut juger la vidéo maladroite, elle est révélatrice de la volonté de prouver que le pays, et plus largement l’Europe, est face à un conflit imminent. Dans un tel contexte, la hausse du budget militaire peut difficilement être remise en question.</p>



<p>Entre juin et août 2023, le journaliste indépendant Serge Hastom a arpenté la Russie de long en large pour tenter de comprendre le conflit. Allant jusqu’aux confins de cet immense territoire, de Sébastopol à Vladivostok, il a recueilli des dizaines de témoignages qui montrent un autre visage de cette guerre, comme celui d’Elena qui, du fin fond de la Sibérie, donne à réfléchir sur la réelle éventualité d’un conflit généralisé en Europe (voire à la relativiser): “<em>Bien sûr qu’il y a de la propagande chez nous, tout le monde le sait, depuis toujours.</em> <em>En France aussi il y en a, seulement vous ne la voyez pas. À la télé, on vous dit que la Russie pourrait envahir l’Europe, hein? On vous dit que Poutine se prend pour un tsar, qu’il va envoyer la bombe atomique, qu’il faut défendre l’Ukraine parce que sinon, après, ça sera au tour de la Pologne, de l’Allemagne, de la France&nbsp;! On est le plus vaste pays du monde, le plus riche, peut-être le plus sauvage, le plus beau, on n’a même pas assez d’habitants pour peupler notre territoire et vous croyez vraiment qu’on veut conquérir d’autres pays ? C’est un conflit régional, l’Ukraine, et vos politiciens parlent de menace planétaire. Tout ça, c’est pour vous faire accepter de dépenser des milliards et des milliards en bombes, en chars, en avions qui remplissent les poches des industriels et permettent à vos politiques de mener une guerre économique par procuration !</em>”<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup></p>



<p>Pourtant, peu de gens savent que l’Europe est déjà surarmée, rappelle Samuel Legros&#8230; En effet, les dépenses des pays européens membres de l’OTAN s’élevaient à 389 milliards d’euros en 2024. De son côté, Samuel Cogolati a fait le calcul : en additionnant les dépenses militaires de chaque pays européen, il explique qu’en réalité l’Europe dépense trois fois plus que la Russie en matière de défense, à savoir respectivement 326 milliards d’euros contre 130 milliards d’euros.<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">Sécurité nationale et sécurité sociale</h2>



<p>Au même moment et dans un contexte d’austérité croissante, notre gouvernement limite les allocations de chômage dans le temps, réforme les pensions, veut remettre les malades de longue durée au travail, sabre dans les revenus des cohabitants&#8230; Ces décisions marquent un tournant stratégique, motivé par la double nécessité de redresser des finances publiques sous pression et de renforcer la sécurité nationale dans un environnement géopolitique instable. Ces mesures présentent des défis socio-économiques considérables. Elles affectent le pouvoir d&rsquo;achat et vont augmenter potentiellement le risque de pauvreté&nbsp;; elles vont transférer des charges financières vers les services sociaux locaux et les CPAS, déjà structurellement débordés.</p>



<p>«&nbsp;<em>La hausse des dépenses militaires, intrinsèquement insécurisante, se fera nécessairement au détriment de celles qui assurent réellement la sécurité des individus et de la planète : soins de santé, éducation, développement, lutte contre le dérèglement climatique… Ces augmentations successives du budget en armement continueront aussi à éloigner les différents États que les crises multiples que nous vivons ces dernières années commandent pourtant de rapprocher&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup> </em>souligne Samuel Legros.</p>



<p>De plus, le mécanisme de financement de la défense, qui repose sur des coupes sociales et la vente d&rsquo;actifs publics, est très controversé et pourrait creuser les divisions sociétales existantes et le mécontentement public. Gérer efficacement ces décisions qui affectent les générations futures reste un défi complexe à relever. &nbsp;</p>



<p>Sans minimiser le besoin pour un pays de renforcer sa sécurité, n’oublions pas que vivre dans la pauvreté comporte aussi son lot d’insécurité. Ainsi, <strong>il ne faut pas opposer sécurité nationale et sécurité sociale</strong> mais essayer de les combiner, car l’une ne va pas sans l’autre.</p>



<p>L’épreuve du confinement lié à la crise sanitaire du Covid nous a bien révélé l’importance de la solidarité. En effet, revenons en mars 2020… Souvenons-nous : c’est le début de la crise sanitaire, au moment du confinement. Les longues journées sont rythmées par les infos du soir concernant l’évolution de la pandémie et des mesures à prendre ainsi que les applaudissements crépusculaires pour le personnel soignant.</p>



<p>Après un temps de sidération et le plaisir de retrouver une liberté volée par des obligations sociales et professionnelles, le confinement devient assez rapidement de plus en plus pénible. &nbsp;Face à cette situation inédite, certains essaient de réinventer une autre manière de vivre, de communiquer, de créer. Pour d’autres, notamment les plus précarisés, le quotidien s’avère de plus en plus compliqué : isolement, perte de repères et de sens, violence intra-familiale, dépression…</p>



<p>Avec le recul, nous constatons que cette période a mis en évidence l’importance vitale des liens sociaux qui nous unissent les uns aux autres. Sans eux, la vie peut être difficile à supporter. Alors, si l’ombre de la guerre nous inquiète et que la seule réponse apportée par nos gouvernements est le réarmement et la confection d’un kit d’urgence, cela ne suffira malheureusement pas. <strong>Car ce dont nous avons besoin, et de manière urgente, en plus d’un kit de survie, c’est d’un «&nbsp;kit de solidarité&nbsp;».</strong></p>



<p>En effet, dans un contexte difficile, la solidarité est plus que jamais essentielle. Elle constitue le fondement de nos relations humaines et de notre capacité à surmonter les défis ensemble. Le kit de la solidarité serait ainsi un ensemble d’outils et de valeurs qui nous permettraient de cultiver l’entraide et le soutien mutuel. Souvent sous-estimées, ce sont au contraire des ressources inépuisables et très puissantes à long terme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Plaidoyer pour un kit alternatif</h2>



<p>Si un tel kit solidaire existait, que contiendrait-il ?</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>En tout premier lieu, la sécurité sociale. Plus qu’un élément indispensable à la sécurité, elle en constitue le socle.</li>



<li>Une mise en commun des compétences de chacun et de chacune permettrait la création d’un réseau de partage de savoir et/ou de ressources matérielles. Forts de ce réseau solidaire, la mise en place d’une plateforme de trocs et d’échanges de denrées, d’outils et de compétences permettrait d’améliorer le quotidien.</li>



<li>Créons des ‘<em>carnets de survie émotionnelle’</em> et notons-y des poèmes, des textes ou des photos qui nous inspirent.</li>



<li>Établissons une liste de contacts urgents&nbsp;: des numéros de téléphone, ceux des voisins et de leurs proches, des personnes âgées seules dans notre quartier, des membres de nos familles élargies.</li>



<li>Si le kit de survie est basé sur des ressources matérielles (nourriture, vêtements, etc.), le <strong>kit de solidarité</strong>, lui,<strong> met l’accent sur les relations humaines, la sécurité sociale et le soutien communautaire.</strong></li>
</ul>



<p>L’idée fondamentale de ce kit alternatif solidaire est que, dans les moments de crise, <strong>la force d’une communauté unie est aussi vitale que les ressources matérielles</strong>. C’est une invitation à se connecter avec notre entourage, à rester attentif à tout.es, à défendre les droits de chacun.e car la force d’une communauté ne se mesure pas uniquement dans ses ressources matérielles mais aussi dans sa capacité à rester unie et solidaire&#8230;</p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Édition du journal Le Soir, 22 juillet 2025</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem</div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;LEGROS, Samuel, En débat. Si l’on veut la paix, il faut arrêter de préparer la guerre dans Politique, n° 129, mars 2025</div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.rtbf.be/article/rearmement-de-l-europe-nous-depensons-horriblement-mal-selon-le-co-president-d-ecolo-11516918</div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.rtbf.be/article/rearmement-de-l-europe-nous-depensons-horriblement-mal-selon-le-co-president-d-ecolo-11516918</div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;LEGROS, Samuel, En débat. Si l’on veut la paix, il faut arrêter de préparer la guerre dans Politique, n° 129, mars 2025</div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Cette vidéo a été motivée par une idée de l’Union européenne d’enjoindre chaque citoyen de l’Europe à avoir avec eux des kits de survie pour 72h. Voir https://www.rtl.be/actu/belgique/societe/dans-une-video-humoristique-hadja-lahbib-presente-le-kit-de-survie-europeen/2025-03-26/article/744004 et https://www.rtl.be/actu/monde/europe/des-kits-de-survie-pour-72-heures-en-cas-de-crise-voici-lidee-proposee-par/2025-03-25/article/743885</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;HASTOM, Serge, Autostop Poutine. Au bout de la Russie en guerre dans Pisser dans les cours d’eau. Carnets de reportage très indépendants, éd. du Faubourg,&nbsp; 2025, p. 77-78</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.rtbf.be/article/rearmement-de-l-europe-nous-depensons-horriblement-mal-selon-le-co-president-d-ecolo-11516918</div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;LEGROS, Samuel, En débat. Si l’on veut la paix, il faut arrêter de préparer la guerre dans Politique, n° 129, mars 2025.</div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Rencontres au RWLP – l’éducation permanente en action</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-09/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Sep 2025 16:23:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Lors de sa formation en juillet 2024, le gouvernement wallon a voulu prouver sa préoccupation envers les personnes précarisées, « la [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Lors de sa formation en juillet 2024, le gouvernement wallon a voulu prouver sa préoccupation envers les personnes précarisées, « la lutte contre la pauvreté » ayant été explicitement ajoutée aux compétences du ministre Yves Coppieters (Les Engagés). Qui dit changement de gouvernement, dit changement de stratégie…  En effet, pour affirmer une rupture avec le passé, le ministre et son gouvernement décident de parler de « stratégie » et non plus de « plan » de lutte contre la pauvreté. La volonté de marquer la différence est claire. Et la rencontre qui a eu lieu en ce début d’année entre les membres des gouvernements wallon et de la FW-B et des témoins du vécu en est la preuve.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une stratégie de lutte</h2>



<p>Dès le 17 octobre 2024, Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, le gouvernement et son ministre ont annoncé dans un communiqué de presse<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup> les quatre axes prioritaires sur lesquels ils comptaient travailler, la méthode pour y parvenir et le calendrier. Les thématiques choisies&nbsp;(le logement, l’emploi et la formation, la santé &#8211; dont la santé mentale -, les liens sociaux et le renforcement du recours aux droits sociaux) sont transversales et constituent des priorités partagées par de nombreux acteurs. Elles ont d’ailleurs été l’objet de campagne de plusieurs associations de lutte contre la pauvreté ces dernières années, dont Action Vivre Ensemble (le droit au logement en 2023 et la santé mentale en 2024<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>). L’ensemble du gouvernement wallon serait impliqué ainsi que le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles &#8211; le ministre Coppieters y étant également ministre de la Santé, de l’Égalité des chances et du Droit des femmes.</p>



<p>Concrètement, le ministre a créé un comité de pilotage composé de représentants du monde académique, des administrations, des cabinets, de l’Union wallonne des entreprises (UWE), de l’AKT (organisation des entrepreneurs privés) et du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté (RWLP). Le cabinet prévoit également la création de quatre groupes de travail, un par thématique, dont les résultats permettront l’élaboration d’une stratégie. La participation de témoins du vécu est également prévue.</p>



<p>L’objectif de ces groupes est de proposer des mesures concrètes, à fort impact, au comité de pilotage qui les évaluera et veillera à leur cohérence. La stratégie retenue devra ensuite être avalisée par le gouvernement et le Parlement afin de la présenter le 17 octobre 2025 et elle s’appliquerait à partir de 2026. Cependant, les actions de cette stratégie devront être mises en place <em>«&nbsp;dans les limites budgétaires actuelles&nbsp;»</em>. Cela sous-entend qu’il n’y aura pas de financement supplémentaire. Pour le cabinet, les résultats mitigés du gouvernement précédent sont liés à un manque d’efficience de la politique mise en place. Faire mieux avec les mêmes ressources&nbsp;: un défi de taille pour les acteurs participant au processus.</p>



<p>Enfin, ce processus implique un rythme de travail intensif et très exigeant, notamment pour le RWLP qui est impliqué dans les différents groupes de travail ainsi qu’au comité de pilotage. Celui-ci a choisi de s’associer aux travaux afin de défendre au mieux les personnes qui vivent «&nbsp;le trop peu de tout&nbsp;». Parmi les enjeux importants dans l’élaboration de cette stratégie, <strong>il s’agit notamment, pour le RWLP, que tou·tes les ministres des gouvernements wallon et francophone soient impliqué·es,&nbsp;la pauvreté étant l’affaire de toutes et tous.</strong></p>



<p>Lors d’une réunion de la Plateforme belge de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>, deux représentantes du cabinet Coppieters sont venues présenter le processus participatif de l’élaboration de la future stratégie. Ce fut l’occasion d’apprendre que le cabinet prévoyait la création d’un cinquième groupe de travail intitulé ‘autonomie encadrée’ dont l’objectif est de cartographier les opérateurs de terrain luttant contre la pauvreté et d’en évaluer les impacts dans une perspective de pérennisation des financements. Enfin, l’appel à candidatures pour participer aux groupes de travail a remporté un franc succès. Le cabinet en a reçu plus de deux cents. Celui-ci a pu en retenir environ une centaine pour composer l’ensemble des groupes. Afin d’éviter autant que possible les frustrations, il a décidé d’organiser un débat public en juin au Parlement wallon. Une rencontre pour présenter les premiers résultats aux témoins du vécu militants<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup> (TVM) est également à l’agenda. Un dispositif complet qui se veut à la hauteur des ambitions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une rencontre historique au RWLP<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup></h2>



<p>Afin de combattre efficacement la pauvreté, la précarité et toute forme d’exclusion sociale, le passé nous a déjà prouvé qu’il est essentiel de partager nos vécus. S’asseoir et écouter. Écouter mais croiser les narratifs également, faire preuve d’humilité, se rencontrer et avancer ensemble. C’est tout ce spectre d’attitudes qu’a permis le type de rencontre qui a eu lieu de manière assez exceptionnelle ce 20 février dernier, rue Marie-Henriette à Namur, au siège du RWLP. Une salle, des hommes et des femmes aux passés et présents différents, des témoignages et, en bout de course, une mission commune de compréhension mutuelle.</p>



<p>Ce jour-là, dans une des salles du Réseau, étaient réunis des membres des gouvernements wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, 10 ministres au total (dont un représenté), pour un échange avec les témoins du vécu militants (ci-après TVM). Un véritable tour de force dont peu d’associations ou d’organisations au sens large peuvent se vanter. Il s’agit là en effet d’une véritable reconnaissance du RWLP comme acteur de référence en matière de lutte contre la pauvreté. Cet événement prenait place à la suite de la promesse pré-électorales des partis de venir rencontrer les témoins du vécu militants à leur demande. Promesse tenue donc, un peu moins d’un an après les élections.</p>



<p>Cette rencontre était l’occasion de démontrer, au travers des témoignages, la transversalité de la pauvreté dans notre société et dès lors dans les compétences des différent·es ministres. Outre les témoins du vécu militants et les politiques, le RWLP avait aussi invité ses facilitateurs et facilitatrices en prévention des inégalités<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>, des travailleurs et travailleuses de 1<sup>e</sup> ligne des administrations wallonnes et de la Fédération Wallonie-Bruxelles<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup> et des membres d’associations partenaires, dont Action Vivre Ensemble.</p>



<p>Après une introduction par Christine Mahy, la secrétaire générale du RWLP, qui rappelait qu’échapper à la pauvreté, c’est bénéficier d’une série de richesses dépassant largement la seule notion financière<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup>, plusieurs personnes se sont succédé pour témoigner du phénomène de pauvreté. Ce sont d’abord les travailleurs et travailleuses du 1718, service téléphonique d’urgences sociales, qui ont présenté plusieurs situations de personnes prises dans l’engrenage de la pauvreté. Ces témoignages démontraient l’effet ‘boule de neige’. Un premier accident de parcours (une maladie, un divorce, une perte d’emploi) dont on devrait pouvoir se relever mais qui en entraîne d’autres. Très vite, les problèmes s’accumulent au point qu’il semble impossible de trouver des solutions. C’est l’histoire du serpent qui se mord la queue.</p>



<p>Ont ensuite pris la parole des TVM et des facilitateurs et facilitatrices. Par leur témoignage, ils et elles ont pu rendre compte de</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>leurs <strong>problèmes de logement</strong>, comme Pacou&nbsp;: il vit dans sa maison sans aucune isolation et ses maigres revenus ne lui permettent pas de payer les travaux, même avec les primes&nbsp;;</li>



<li>leur envie <strong>d’accéder à une alimentation de qualité</strong>, comme Alain qui s’est nourri de &nbsp;pâtes au thon un jour sur deux pendant des mois&nbsp;;</li>



<li>des <strong>frais liés à l’emploi</strong>, comme Humeyra, maman solo d’une petite fille de 6 ans qui doit payer les stages, la garderie et gérer de gros horaires au quotidien pour prendre le train et réduire les coûts de transport.</li>
</ul>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Le logement aujourd’hui, c’est la loi du plus fort, la loi du marché. Quand vous n’avez pas de sous, vous devez prendre les restes. Et moi, c’est ce qui m’est arrivé. Je travaillais, je gagnais bien ma vie, je n’avais pas de soucis, puis je suis tombé gravement malade. Du jour au lendemain, je suis devenu un allocataire social. Quand mes enfants sont partis de la maison, j’ai perdu mon logement social. Je n’ai pas eu le choix. J’ai dû emménager dans une maison loin de tout et impossible à chauffer. Vivre dans ces conditions, ça te fout en l’air. Physiquement d’abord : le froid, l’humidité, ça provoque des problèmes respiratoires, de l’asthme, des allergies. En tension permanente, mes muscles sont atrophiés. Je suis atteint de rhumatismes et de neuropathies qui ne guériront jamais. Mais c’est mon mental qui a le plus subi. Je n’arrive plus à me projeter. Le logement impacte ta santé mentale : insécurité, dépression, anxiété, pensées suicidaires et c’est sans compter ceux qui sont passés à l’acte, et resteront muets à jamais »</p>
<cite>Extrait d’un témoignage issu de la rencontre du 20 février 2025.<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup></cite></blockquote>



<p>Au travers de ces prises de paroles, Christine Mahy a mis en évidence <strong>l’aspect multifactoriel de la pauvreté, l’importance de la prévention ou encore le cercle vicieux de l’endettement</strong> qui maintient la tête sous l’eau. Elle a rappelé que <strong>la pauvreté est [ou doit être&nbsp;?] une compétence transversale qui concerne tou·tes les ministres</strong>. Lutter contre la pauvreté n’est pas de la responsabilité d’un seul ministre.</p>



<p>En fin de rencontre, les ministres-présidents, les ministres Coppieters et Desquesnes ont pris la parole pour réaffirmer leur désir de travailler avec le RWLP et les TVM dans la définition de leur politique. Il est clair que le ministre Coppieters et le gouvernement tentent une approche différente de leurs prédécesseurs, tant au niveau des thématiques que de la méthode. Le calendrier est serré et l’objectif de diminuer la pauvreté à budget inchangé est ambitieux. Le ministre a déployé des moyens importants pour aboutir à une stratégie qui se veut concertée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Démocratie et éducation permanente</h2>



<p><strong><em>«&nbsp;Ensemble</em></strong><em>, les associations partenaires du RWLP portent la conviction qu’à plusieurs, on est plus fort dans l’interpellation et que c’est à travers la&nbsp;<strong>participation des personnes</strong>&nbsp;appauvries, précarisées ou vivant la pauvreté «&nbsp;durable&nbsp;», à partir de leurs réalités de vie et avec elles que la&nbsp;<strong>justice sociale</strong>&nbsp;se construit&nbsp;»</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup><em>.</em></p>



<p>S’il est vrai que la démocratie ne devrait pas s’arrêter à la sortie des urnes, les occasions sont rares de l’exercer «&nbsp;pour de vrai&nbsp;», notamment en (re-)connectant les responsables politiques à la réalité quotidienne des citoyen·nes. <strong>Les rencontres entre politiques et militants organisées par le Réseau wallon sont un bel exercice de démocratie à travers la dynamique de l’éducation permanente</strong>. Et les groupes de travail mis en place dans le cadre de la stratégie de lutte contre la pauvreté évoqués au début de cette analyse, pour peu que la parole des personnes directement concernées y soit réellement écoutée et prise en compte, participent également de cet exercice continu de la démocratie.</p>



<p>«&nbsp;<em>Je suis témoin du vécu militant au Réseau, je participe à plusieurs travaux de recherche en éducation permanente <strong>(…). Être un collectif, réfléchir à plusieurs et mener des débats permet d’être entendu. Seul, personne ne t’écoute. Merci de nous écouter aujourd’hui et de nous entendre.&nbsp;Participer, c’est se rendre compte qu’on n’est pas seul sur terre, que d’autres vivent ce que je vis. On peut, pas à pas, faire changer la société</strong></em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup></p>



<p>Bien qu’elle doive composer avec un budget inchangé, il est permis d’espérer que cette nouvelle stratégie et sa méthodologie – qui comporte notamment un suivi régulier des résultats – soit elle aussi un exemple de ce que devrait être une véritable démocratie, en particulier dans la lutte contre la pauvreté : une façon d’organiser la « chose publique » fondée sur <strong>l’écoute des premiers et premières concerné·es, la consultation, la concertation, une vision à long terme qui prend en compte l’ensemble des déterminants de la pauvreté, la transversalité des politiques mises en place…</strong> tout un programme. Rendez-vous dans quelques années pour juger sur pièce.</p>



<p></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://coppieters.wallonie.be/home/communiques-de-presse/presses/reduire-la-pauvrete-en-wallonie-un-nouvelle-strategie-ciblee-coconstruite-avec-les-acteurs-de-terrain.html">Réduire la pauvreté en Wallonie : un nouvelle stratégie ciblée coconstruite avec les acteurs de terrain</a></div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Étude de campagne 2023&amp;#8239;: <a href="https://vivre-ensemble.be/publication/etude-2023-2/">À bout de souffle. Parcours d’obstacles pour le droit au logement.</a>, Étude de campagne 2024&amp;#8239;: <a href="https://vivre-ensemble.be/publication/etude-2024/">Quand la détresse est partout. Regards sur les liens entre précarité et santé mentale.</a></div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Structure fédérale, la Plateforme belge contre la pauvreté et l’exclusion sociale «&nbsp;représente l’organe de concertation central pour la préparation et le suivi de la politique belge et européenne dans le domaine de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. La Plateforme belge se réunit au moins quatre fois par an. Tous les deux ans, la Plateforme belge organise en outre une réunion ouverte afin que toutes les parties prenantes aient l’occasion de participer au maximum aux processus politiques.&nbsp;» <a href="https://www.mi-is.be/fr/plateforme-belge-contre-la-pauvrete-et-lexclusion-sociale-eu2020">Voir</a></div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;«&nbsp;Les témoins du vécu militants&nbsp;au RWLP constituent un groupe ouvert, le plus ouvert possible aux personnes qui, fortes de leurs vécus, s’inscrivent dans une démarche participative collective. Ils nourrissent les réflexions, ils constituent la base d’un propos collégialement élaboré. Quels que soient leurs bagages, leurs modes de vie, leurs facilités ou leurs difficultés à s’exprimer, à fréquenter un lieu inconnu, à prendre part à un collectif…, ils sont le cœur de la dynamique de lutte contre la pauvreté menée par le Réseau&nbsp;» (<a href="https://rwlp.be/qui-sommes-nous/">https://rwlp.be/qui-sommes-nous/</a>). Les témoins du vécu militant sont « des personnes qui vivent plus ou moins fortement&nbsp;la pauvreté ou l’appauvrissement,&nbsp;l’exclusion et la confrontation aux institutions. Ces situations d’injustice les conduisent à désirer s’investir volontairement au sein du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté pour chercher à construire des réponses au bénéfice du collectif. Ces personnes, pour lesquelles les formes participatives sont diverses afin de n’en exclure aucune, constituent le cœur du RWLP, des processus de travail et de luttes collectives. Elles participent à la démarche de compréhension des causes de la pauvreté et à la construction de propositions de solutions » (Lutte contre la pauvreté et participation. Retour d&rsquo;expérience dans L&rsquo;Observatoire, Faire place à l&rsquo;usager, n° 120, 2024).</div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pour une description en détails de la rencontre : <a href="https://rwlp.be/3d-flip-book/rencontre-avec-les-gouvernements/">Une rencontre avec les gouvernements de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, 20 février 2025</a></div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;« De par leurs expériences, actuelles ou passées, de par leurs parcours de vie&nbsp;‘dans le trop peu de droits et de ressources’, les facilitatrices et facilitateurs en prévention des inégalités employés au sein de l’équipe du RWLP permettent de toujours envisager les actions sous le prisme des premier·ières concerné·es par la pauvreté et les inégalités sociales. Ils apportent leurs connaissances, ils relient aux personnes qui vivent la pauvreté et sont un aiguillon permanent au sein de l’équipe. Ils s’investissent dans des projets de réduction du non-recours aux droits au sein des services publics (Région wallonne, Fédération Wallonie-Bruxelles, pouvoirs locaux). » (Lutte contre la pauvreté et participation. Retour d&rsquo;expérience dans L&rsquo;Observatoire, Faire place à l&rsquo;usager, n° 120, 2024).</div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Plusieurs services étaient concernés&nbsp;: le 1718, service téléphonique d’urgence sociale, les plans de lutte contre la pauvreté et des chargés en prévention de l’aide à la jeunesse.</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;C’est-à-dire les richesses matérielles, naturelles, relationnelles, collectives et solidaires, affectives et psychologiques et culturelles.</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://rwlp.be/3d-flip-book/rencontreavec-les-gouvernements/">RWLP, Une rencontre avec les gouvernements de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, 20 février 2025</a></div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://rwlp.be/qui-sommes-nous/">rwlp.be</a></div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://rwlp.be/3d-flip-book/rencontre-avec-les-gouvernements/">RWLP, Une rencontre avec les gouvernements de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, 20 février 2025</a></div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Tout un village</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/tout-un-village/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[louli]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Aug 2025 10:53:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA["Tout Un Village" accompagne les familles en difficulté dans le Brabant Wallon en (re)créant un véritable réseau d’entraide et de partage]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Depuis cinq ans, « Tout Un Village » accompagne les familles en difficulté dans le Brabant Wallon en (re)créant un véritable réseau d’entraide et de partage. L&rsquo;idée est simple : permettre aux parents de développer leurs compétences, de retrouver confiance en eux et de créer du lien avec d’autres familles et avec leur environnement.&nbsp; Des citoyens bénévoles, spécialement formés et encadrés, les soutiennent pendant une période d&rsquo;un an, les aident à surmonter leurs difficultés et les encouragent à avancer.</p>



<p>« Tout Un Village » a pour mission d&rsquo;accompagner des parents en situation de fragilité (précarité, isolement, éloignement familial, invalidité, problème de mobilité, épuisement parental&#8230;) de manière régulière et sur le long terme à raison de 3 heures par semaine pendant une durée d&rsquo;un an. Elle s&rsquo;inscrit dans une démarche de prévention et de soutien à la parentalité.</p>



<p>L&rsquo;Accompagnement Solidaire de Familles est un soutien global aux parents et à leurs enfants en prenant en compte les besoins et difficultés que chacun.e traverse au sein de la famille.</p>



<p>L&rsquo;accompagnement est assuré en duo avec un.e bénévole, appelée co-équipière qui habite la commune de résidence de la famille. Nous encadrons et formons ces bénévoles afin de leur donner tous les outils nécessaires au soutien qu&rsquo;ils.elles apportent chaque semaine à la famille. En soutien de ces duos, nous formons et accompagnons également des référent.e.s-duo qui assure un backup aux bénévoles et aux familles. Le rôle de ces bénévoles référent.e.s est d’assurer un contact et des bilans réguliers avec le duo pour s’assurer que l’accompagnement porte ses fruits et que chacun.e se sente bien.</p>



<p>L’accompagnement solidaire de familles s’articule autour de 5 axes :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>OFFRIR</li>



<li>TRANSMETTRE</li>



<li>RÉVÉLER</li>



<li>ACCOMPAGNER </li>



<li>TISSER</li>
</ul>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les ambassadeurs d’expression citoyenne</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/les-ambassadeurs-dexpression-citoyenne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[louli]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 Aug 2025 14:39:03 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=association&#038;p=39689</guid>

					<description><![CDATA[L'association permet aux jeunes de s’émanciper à travers la prise de parole citoyenne]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Les Ambassadeurs d’expression citoyenne” est née en 2017 avec une mission fondatrice : permettre aux jeunes de s’émanciper à travers la prise de parole citoyenne. Face au sentiment d’invisibilité que vivent de nombreux jeunes, ils ont créé des espaces où ils peuvent raconter leur histoire, revendiquer leur place, utiliser le dialogue comme une force. À travers des débats, des rencontres, des projets artistiques ou militants, ils leur transmettent les outils nécessaires pour se faire entendre.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Forum des jeunes</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/forum-des-jeunes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[louli]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 Aug 2025 14:00:12 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=association&#038;p=39683</guid>

					<description><![CDATA[Par décret, le Forum des Jeunes est l’organe d’avis officiel et le porte-parole des jeunes de 16 à 30 ans de la Fédération Wallonie-Bruxelles]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Par décret, le Forum des Jeunes est l’organe d’avis officiel et le porte-parole des jeunes de 16 à 30 ans de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Les missions officielles du Forum des Jeunes sont les suivantes :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Émettre des avis dans les matières qui concernent la jeunesse. Pour ce faire, le Forum des Jeunes récolte parole des jeunes sur tous les sujets qui les concernent par la mise en œuvre de différents outils (questionnaires, animations, groupes de parole, etc.) pour ensuite la porter auprès des responsables politiques, mais aussi de la société civile et des médias ;</li>



<li>Représenter les jeunes de la Fédération Wallonie-Bruxelles lors de réunions aux niveaux national et international ;</li>



<li>Mener et promouvoir des initiatives de participation citoyenne en vue de contribuer à l’élaboration d’une parole collective représentative de la diversité pour l’ensemble des jeunes de la Fédération Wallonie-Bruxelles.</li>
</ul>



<p>Le Forum des Jeunes s’adresse à tous les jeunes âgé·e·s entre 16 et 30 ans et qui résident au sein de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le Forum des Jeunes compte aujourd’hui 200 membres engagé·e·s de différentes manières au sein de la structure. Les membres du Forum des Jeunes portent des projets thématiques et vont consulter les jeunes de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour récolter leurs opinions, leurs demandes et leurs témoignages. En plus des membres bénévoles, le nombre de jeunes touché·e·s par les processus consultatifs et animations organisées est d’environ 5000 jeunes par année. Un point d’attention est porté particulièrement aux publics éloignés des canaux de participation citoyenne.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Ludes</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/ludes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[louli]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Aug 2025 11:18:26 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=association&#038;p=39578</guid>

					<description><![CDATA[LUDES a pour mission de bâtir des ponts entre les générations, les cultures et les talents. Elle œuvre avec passion [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>LUDES a pour mission de bâtir des ponts entre les générations, les cultures et les talents. Elle œuvre avec passion pour permettre aux enfants, aux jeunes et aux adultes d’épanouir leurs potentiels à travers des initiatives éducatives, sociales et créatives. Afin de favoriser l’intégration et l’insertion sociale, professionnelle et culturelle des personnes étrangères et/ou d’origine étrangère établies dans la région d’Aubange et Arlon, elle propose&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>des cours d’alphabétisation et de français langue étrangère ;</li>



<li>des tables de conversation ;</li>



<li>une école des devoirs et des animations extrascolaires ;</li>



<li>une formation à la citoyenneté ;</li>



<li>une initiation aux nouvelles technologies de communication et de l’information ;</li>



<li>des cours théoriques pour le permis B ;</li>



<li>des actions d’éducation permanente ;</li>



<li>des rencontres culturelles.</li>
</ul>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Point Jeune Luxembourg</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/point-jeunes-luxembourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[louli]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Aug 2025 10:41:04 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=association&#038;p=39572</guid>

					<description><![CDATA[L’AMO Point Jeunes Luxembourg mène des actions de prévention au bénéfice des jeunes âgés de 0 à 22 ans (et de leur famille)]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Depuis près de 30 ans, l’AMO Point Jeune Luxembourg mène des actions de prévention au bénéfice des jeunes âgés de 0 à 22 ans (et de leur famille), dans la division judiciaire d’Arlon, excepté Arlon (couvert par l’AMO provinciale Ado Micile).</p>



<p>Point Jeune Luxembourg offre un service gratuit et confidentiel qui travaille sans mandat, à la demande des jeunes et/ou de leurs parents et de manière ambulatoire. Son rôle est de les accompagner, de les soutenir dans les difficultés qu’ils rencontrent à un moment donné de leur existence, de leur offrir un espace d’écoute de soutien en vue d’amener du sens, de la réflexion et de co-construire des solutions à leurs problèmes.</p>



<p>L’Association propose une prévention éducative et sociale. La première agit via l’accompagnement socio-éducatif individuel ou familial, le soutien de projets menés par, avec et/ou au bénéfice des jeunes, mais aussi d’actions collectives ciblées autour de problématiques spécifiques aux jeunes. Celles-ci ont pour but d’initier et de renforcer des liens et permettre l’émergence de la parole des jeunes.</p>



<p>La prévention sociale, elle, agit sur l’environnement des jeunes pour favoriser leur émancipation et leur épanouissement. Elle peut aussi consister en un travail d’interpellation des autorités politiques et administratives</p>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
