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	<title>Enfants &#8211; Action Vivre Ensemble</title>
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	<description>Soutenir les associations, sensibiliser et agir</description>
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		<title>Habitats partagés au féminin &#8211; Exemples bruxellois</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2026-1/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Mar 2026 11:59:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Quand le simple fait de se loger et d’avoir un toit au-dessus de la tête pour soi et les siens est une difficulté quotidienne, il faut ruser et s’adapter à une réalité toujours plus dure.]]></description>
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<p></p>



<p class="titre-trois">Prix de l’immobilier en hausse, logements sociaux saturés, parc locatif privé inaccessible&#8230; Quand le simple fait de se loger et d’avoir un toit au-dessus de la tête pour soi et les siens est une difficulté quotidienne, il faut ruser et s’adapter à une réalité toujours plus dure. Les femmes, à la croisée de nombreuses discriminations, paient le prix plein de l’inflation immobilière. Dans ce contexte, elles expérimentent diverses formes d’habitat collectif, financièrement plus accessibles et qui agissent comme un rempart contre l’isolement social.</p>



<p>On le sait : en matière de logement, le marché locatif privé n’est pas le seul à être saturé… Le temps d’attente pour un logement social est tellement long (jusqu’à 22 ans à Bruxelles)<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup> que beaucoup n&rsquo;essaient même plus. À tel point que des acteurs et actrices de terrain ont développé des accompagnements pour aider les publics les plus précarisés à rechercher un logement, notamment les familles monoparentales. Beaucoup peuvent visiter jusqu’à 30 ou 40 logements avant de pouvoir enfin s’installer. L’asbl <em>La Maison des parents solos </em>accompagne ces familles dans leur recherche de logement (rappel des droits des locataires, coaching, etc.).  « <em>Le contexte immobilier est catastrophique pour ce type de familles, les prix ne cessent de grimper: le marché locatif devient hors de portée tandis que les appartements sociaux sont saturés. Elles sont <strong>souvent contraintes de se rabattre sur des logements trop petits, de mauvaise qualité, voire insalubres</strong>, et/ou dans des quartiers éloignés de leurs réseaux sociaux</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>. À Bruxelles, 28% des familles monoparentales consacrent plus de la moitié de leurs revenus au logement<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>.</p>



<p>Face à ce contexte toujours plus rude, les citoyen·nes, les acteurs associatifs et même des entrepreneurs privés pensent et réfléchissent à d’autres manières d’habiter. Les colocations et habitats partagés en font partie. Ingénieux, ils permettent un soutien logistique et social ainsi que le partage de frais et constituent en outre un précieux rempart contre l’isolement social.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mère seule cherche logement</h2>



<p>Les familles monoparentales figurent parmi les publics les plus vulnérables face à la recherche d’un logement. Le propos ici se limitera à celles gérées par des femmes pour une simple raison statistique&nbsp;; 86% de ces familles ont à leur tête une maman solo. Ce type de ménages est au croisement de multiples précarités qui agissent comme autant d’obstacles dans un contexte immobilier hors de contrôle. L’intersectionnalité a ceci de vicieux : <strong>les précarités ne s’additionnent pas mais s’imbriquent l’une dans l’autre</strong>. Il en résulte un effet multiplicateur &#8211; puisque ces précarités se renforcent &#8211; que femmes seules à charge de famille subissent de plein fouet.</p>



<p>Tout d’abord, il est avéré qu’une femme fera face à des demandes plus complexes de la part des propriétaires. Plus qu’un homme, elle devra montrer <em>‘patte blanche’ </em>et se justifier de ses revenus. Et pour cause, l’inégalité salariale en Belgique est toujours bien ancrée et c’est un fait avéré que les femmes sont plus représentées dans les temps partiels (en partie pour s’occuper des enfants). En cas de séparation, les difficultés financières peuvent s’aggraver lorsque l’ex-partenaire ne contribue pas assez financièrement (voire pas du tout) aux frais liés aux enfants. En plus de ces discriminations financières, elles doivent souvent contrer certains <em>a</em> <em>priori</em> liés à leur situation. Elles seront en effet souvent jugées comme incapables d’entretenir un bien (bricolage, entretien, etc.), quand ce ne sont pas les enfants qui seront suspectés d’être bruyants. Elles ont également une charge mentale décuplée puisqu’elles doivent gérer seules le foyer, c’est-à-dire les charges financières et éducatives, généralement réparties entre deux parents supposés percevoir deux revenus. « <em>La précarité financière et la charge éducative complète des enfants a des impacts négatifs concrets à la fois sur le bien-être des mères et de leurs enfants</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>. Cette fragilité économique se répercute directement sur les enfants et aggrave les risques de précarité infantile<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>. En outre, les mamans solos souffrent d’isolement social (manque de temps, de moyens, d’estime de soi notamment à la suite d’une séparation, etc.) À l’égard de leurs enfants, elles peuvent nourrir un sentiment de culpabilité (famille nucléaire brisée, baisse du niveau de vie), sans parler des violences intrafamiliales qui les impactent durablement<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>.</p>



<p>Face à toutes ces difficultés cumulées, <strong>l’habitat groupé ou partagé apparaît comme une réponse qui a du sens</strong>. À Bruxelles, des initiatives fleurissent un peu partout. Elles ont toutes leurs spécificités mais ont en commun la volonté de répondre à la crise du logement par la voix de la solidarité et de l’entraide.</p>



<p><strong>Ernest Living.</strong> Situé dans la commune bruxelloise de Koekelberg<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>, il s’agit d’un habitat partagé spécifiquement dédié aux mamans solos et à leurs familles, qui contient 10 unités familiales (pouvant aller jusqu’à 4 enfants). À l’initiative du projet, Lionel Wauters, promoteur et ingénieur-architecte de formation, précise : « <em>Ce n’est pas qu’une question de logement, mais de solidarité et d’entraide </em>»<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup>. En plus des espaces privatifs, des espaces communs pour un usage collectif ont été pensés au rez-de-chaussée tandis qu’aux étages des espaces privés permettent de « <em>concilier le collectif et l’intime, essence même du lieu</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>.</p>



<p>Si l’idée ne peut qu’être applaudie, ce n’est malheureusement pas à la portée de toutes les bourses : le loyer va de 905 euros à 1610 euros. Il comprend les charges mais également un accompagnement à la vie en communauté dispensé par l’asbl <em>Habitat et Participation</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>. La cohabitation avec différentes façons de vivre ou d’éduquer n’est pas aisée, comme en témoigne cette maman solo  : « <em>J’aurais adoré que ça marche mais la réalité est dure. C’est très précaire, du bricolage permanent. Il faut gérer non seulement le lieu, mais aussi les différences d’éducation, la fragilité psychologique de certaines mères&#8230; Il y a beaucoup de conflits, de difficultés à trouver la bonne entente. Je ne suis pas assistante sociale. À moins de s’appuyer sur des structures spécialisées, je pense que c’est très compliqué à faire fonctionner sur le long terme</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup>.</p>



<p>Ce genre de projet reste encore trop marginal et s’adresse surtout à un public avec un emploi ou une source de revenu stable. Cependant, au regard du quartier, cela reste encore 20% moins cher que les prix pratiqués.</p>



<p><strong>Fem’s (Femmes en situation de monoparentalité). </strong>Toujours en construction, ce projet d’habitat collectif est porté par un groupe de sept mamans solos et leurs 12 enfants. Fatiguées de déménager et de s’épuiser à chercher un logement, elles se sont mises ensemble pour imaginer un logement inclusif dont les fondements seraient l’entraide et la solidarité. Cette initiative est soutenue par l’asbl <em>Angela D.</em> qui aide notamment le groupe à penser son futur lieu en termes d’architecture féministe. Lancé en 2022 par une des membres, <em>Fem’s </em>est un « <em>projet pilote d’habitat collectif non spéculatif porté par et pour des mamans solos (…) visant l’accès à la propriété collective pour des femmes en situation de monoparentalité</em> », c’est-à-dire « <em>qui portent en majeure partie seules au quotidien la garde, la charge mentale, économique, affective et éducative de leur(s) enfant(s)</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup>. Tout le projet est sous-tendu par la mutualisation des ressources, outil formidable pour affronter le quotidien d’un parent solo, allant du partage des tâches ménagères à celui des devoirs des enfants, de la cuisine, etc.</p>



<p>Pouvoir profiter d’un logement abordable en y ajoutant de la solidarité communautaire, voilà le rêve vers lequel tendent les membres de <em>Fem’s</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup>. Cela permet aussi de lutter contre la solitude. Ne pas se retrouver seule dans les moments difficiles que réservent la parentalité est essentiel :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« <em>Beaucoup de mamans solos nous disent qu’elles n’ont personne à qui parler de leur quotidien ou de leurs difficultés. L’habitat partagé permet de retrouver une vie sociale, de s’entraider dans la parentalité et d’offrir à leurs enfants un environnement plus riche, ouvert à d’autres cultures et d’autres modes de vie </em>»<sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup>.</p>
</blockquote>



<div class="wp-block-columns red-message is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h2 class="wp-block-heading">Une architecture féministe&nbsp;? </h2>



<p>L’architecture féministe se veut égalitaire dans le sens où elle inclut les besoins des hommes comme des femmes. Cela se traduit notamment par un aménagement des espaces propice à la gestion collective des tâches et à la création de liens entre les habitant·es. À l’inverse de l’architecture traditionnelle, basée sur une distribution de rôles stéréotypés, les tâches domestiques ne sont plus invisibilisées et cantonnées hors des espaces de vie (telle que la buanderie qui prend place dans la cave par exemple) mais au centre de l’habitat et collectivisées. La cuisine et la buanderie deviennent donc des lieux reconnus comme importants et comme des espaces de sociabilisation. Les autres pièces de vie, telles que le salon, les salles à manger et salle de jeux sont également centrales et considérés comme des « <em>espaces de célébration</em> ». L’architecture féministe explore des « <em>nouveaux modèles spatiaux qui tiennent compte des réalités vécues par les femmes</em> ». Même si elle peut prendre plusieurs formes, la vision reste la même : <strong>l’intégration des besoins particuliers des femmes et la mise en place d’espaces plus propices à l’égalité</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup>.</p>
</div>
</div>



<p><strong>Pass-ages.</strong> Pour les futures mamans sur le point de donner la vie, la maison de naissance à Forest<sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup> de l’asbl <em>Pass-ages </em>est une alternative à la démarche hospitalière classique. Conjuguée à une maison de «&nbsp;<em>mourance</em>&nbsp;», c’est-à-dire un endroit pour des personnes en soins palliatifs, ces espaces sont aménagés en deux appartements et ouvrent sur un jardin partagé où peut se créer du lien. L’objectif&nbsp;? «&nbsp;<em>Sortir ces deux événements essentiels du cadre hospitalier et d’une approche médicalisée qu’ils ne nécessitent pas systématiquement</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup> explique Marc Bouteiller, le coordinateur de l’association.</p>



<p>En plus de ces deux appartements, l’asbl <em>Pass-ages</em> propose également un habitat intergénérationnel composé de 10 cellules d’habitations au sein desquels est assurée une mixité sociale et culturelle. En outre, chaque habitant offre 5 heures par semaine pour le projet collectif&nbsp;: «&nbsp;<em>Au-delà du lieu, il y a aussi du lien. Les habitant·es s’investissent dans l’accueil tantôt en cuisinant pour les hôtes, tantôt en assurant une permanence à la maison de ‘mourance’</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">18</sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une mutualisation pénalisée</h2>



<p>Colocation, cohabitation, habitat groupé, collectif ou partagé sont autant de réponses imaginées par la société civile pour se loger de manière abordable. Si ces formes d’habiter présentent beaucoup de bénéfices (rupture de l’isolement social, partage des frais, des tâches, etc.), certain·es hésitent encore à passer le pas. En cause, l’absence de garantie du maintien du statut isolé pour les personnes bénéficiant d’un revenu de remplacement. Une personne est considérée comme cohabitante dès lors qu’elle vit avec une personne dotée d’un revenu. Partant du postulat que les coûts sont partagés, les allocations sociales (chômage, RIS, pension, invalidité, etc.) sont diminuées. Ainsi, si plusieurs personnes sont domiciliées au même endroit et si certaines ont un revenu de remplacement, elles risquent de se voir imposer le statut cohabitant, ce qui mène invariablement à une diminution des allocations… La conséquence de ce mécanisme&nbsp;? <strong>Un résultat totalement à l’opposé du but premier de la colocation</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">19</sup> <strong>; faire des économies en mutualisant les espaces et les frais</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">20</sup>.</p>



<p><strong>Beaucoup d’acteurs de terrain tel que le <em>Réseau wallon de lutte contre la pauvreté</em> (RWLP) <a>militent</a> depuis des années pour la suppression de ce statut</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">21</sup><strong> qui pénalise la solidarité mais aussi, comme le rappelle la députée fédérale Sarah Schlitz (Écolo), les stratégies de mutualisation</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">22</sup><strong>.</strong> Ce sont encore les femmes qui en paient le prix fort puisqu’elles représentent la majorité des personnes cohabitant<sup class="modern-footnotes-footnote ">23</sup>. En outre, ce statut pérennise un modèle patriarcal désuet selon lequel la femme est dépendante financièrement d’un mari&nbsp;: «&nbsp;<em>En créant cette situation de dépendance et d’isolement relationnel contraire à l’autonomie des femmes et à l’égalité entre les femmes et les hommes, ce statut contribue à la reproduction d’un modèle patriarcal aujourd’hui complètement dépassé&nbsp;</em>»<sup class="modern-footnotes-footnote ">24</sup>.</p>



<p>En 2024, une proposition de loi portée par le Parti socialiste avait été déposée à la Chambre des représentants pour la suppression de ce statut. Alors que la plupart des partis y étaient favorables, la coalition Vivaldi<sup class="modern-footnotes-footnote ">25</sup> avait retourné sa veste et seul Ecolo soutenait le PS et sa proposition de loi… Sans nul doute, une des raisons fut le coût évalué à 1,86 milliard d’euros par la Cour des comptes<sup class="modern-footnotes-footnote ">26</sup>.</p>



<p>Aujourd’hui, bien loin de cette avancée avortée, le gouvernement Arizona propose radicalement l’inverse. Anneleen Van Bossuyt (N-VA), ministre de l’Intégration sociale, a annoncé une nouvelle mesure qui entrera en vigueur dès le 1<sup>er</sup> mars 2026. Aux antipodes de sa suppression, le statut cohabitant se voit durci&nbsp;puisque «&nbsp;<em>tout CPAS qui reçoit une demande d’aide sociale de la part d’une personne cohabitante devra prendre en considération l’ensemble des revenus des personnes vivant sous le même toit</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">27</sup>. En outre, «&nbsp;<em>les personnes qui étaient déjà bénéficiaires du droit à l’intégration sociale verront leurs droits modifiés soit à partir de la prochaine révision de leur dossier, soit dans le cadre de la révision annuelle, soit à la suite de nouveaux éléments justifiant une révision</em>&nbsp;».<sup class="modern-footnotes-footnote ">28</sup>.</p>



<p>En d’autres termes, à partir du 1<sup>er</sup> mars 2026, les familles ou personnes cohabitantes ne pourront plus cumuler deux revenus de remplacement. Le Conseil d’État avait alerté sur le recul social que représente cette nouvelle mesure et avait également souligné le manque de données chiffrées de l’impact sur la population<sup class="modern-footnotes-footnote ">29</sup>. Son avis n’a de toute évidence pas été pris en compte par le gouvernement Arizona qui continue sur sa lancée d’attaques systématiques des droits sociaux et enfonce toujours plus dans la précarité les moins chanceux d’entre nous.</p>



<p><strong>Ces exemples d’habitat groupé démontrent une résilience à toute épreuve… &nbsp;L’ingéniosité, la débrouille, la solidarité et l’entraide face à la négation d’un droit constitutionnel&nbsp;: celui de se loger.</strong> L’envolée des prix d’un marché locatif débridé, la saturation des logements sociaux, le manque de solutions pérennes à une crise du logement qui dure et ne fait que s’aggraver sont autant d’obstacles que doivent affronter les femmes, en particulier celles qui ont à leur charge une famille.</p>



<p><strong>Il est assez désolant de constater que les stratégies mises en place par les citoyen·nes, plutôt que d’être encouragées, sont pénalisées par des règles d’un autre âge. Une fois de plus, on assiste à une sanction des publics les plus précarisés où les femmes sont, bien malgré elles, largement représentées.</strong> À quand un réel tournant&nbsp;? À quand une réelle reconnaissance des difficultés endurées au quotidien par les femmes pour se loger dignement ?</p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;À Bruxelles, la durée d’attente moyenne est évaluée à 11 ans mais peut aller jusqu’à 22 ans pour les logements plus rares tels que ceux destinés aux familles et donc disposant de plusieurs chambres (voir <a href="https://www.rtbf.be/article/logement-social-a-bruxelles-les-delais-d-attente-vont-de-neuf-a-22-annees-11539973">RTBF Logement social à Bruxelles : les délais d’attente vont de 9 à 22 années</a>)</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Plan bruxellois de soutien aux familles monoparentales, 2021 cité par l’asbl Angela D. (voir https://angela-d.be/fr/)</div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Familles monoparentales et logement : des problèmes à tous les étages. Sondage auprès de 1150 parents solos, Ligue des familles, février 2022.</div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://angela-d.be/assets/attached-files/FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf">FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf</a></div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem.</div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem.</div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Deux autres projets du même promoteur sont en place à Forest et à Namur, voir <a href="https://ernestliving.be/habitats-partages/">Nos habitats partagés &#8211; Ernestliving</a>.</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;JASSOGNE, Pierre, Toits partagés pour mamans isolées dans Alter-échos, n° 523, mai-juin 2025, p. 17.</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem, p. 18.</div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://habitat-participation.be/">Habitat &amp; Participation</a></div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Témoignage issu de https://angela-d.be/assets/attached-files/FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf (p. 23).</div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://angela-d.be/assets/attached-files/FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf">FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf</a> (p. 2)</div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://angela-d.be/assets/attached-files/FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf">FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf</a> (p. 20)</div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://angela-d.be/assets/attached-files/FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf">FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf</a> (p. 19)</div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sources : LAURENT, Véronique, <em>Des béguinages à l’architecture féministe</em> dans <em>Axelle</em>, n°218, avril 2019 (disponible sur <a href="https://www.axellemag.be/beguinages-architecture-feministe/">Des béguinages à l&rsquo;architecture féministe &#8211; Axelle Mag</a>) et <a href="https://angela-d.be/assets/attached-files/FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf">FEMs-dossier-de-presentation-light.pdf</a></div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ce projet prend place au cœur d’un système d’habitats groupés plus vaste, Calico (Care and Living in Community) qui regroupe 34 appartements gérés par plusieurs associations dont Pass-ages, Angela D.&nbsp; ainsi que le CPAS de Forest. Ce projet avait déjà été évoqué dans notre précédente étude sur le logement À bout de souffle. Parcours d’obstacles pour un droit au logement, p. 51-52 (voir https://vivre-ensemble.be/publication/etude-2023-2/).</div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Zinneke, le social-santé à Bruxelles, printemps-été 2025, p. 25.</div><div>18&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem.</div><div>19&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;D’un point de vue législatif, la cohabitation est liée à plusieurs conditions sine qua non&nbsp;; une vie sous un même toit (partage d’espaces), une mise en commun des ressources (partage de frais, tâches domestiques) et un projet commun (voir ADLER, Clara et BRAET, Laurence, Habitats groupés, solidaires, colocations et autres modèles d’habitation sont en pleine expansion&nbsp;? Existe-t-il des différences entre ces notions, ces normes d’habitat en Wallonie et à Bruxelles, Analyse, Habitat et participation asbl, 2023, p. 9.)</div><div>20&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;ADLER, Clara et BRAET, op. cit., p. 9.</div><div>21&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir la plateforme https://www.stop-statut-cohabitant.be/</div><div>22&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.rtbf.be/article/le-durcissement-du-statut-de-cohabitant-entrera-en-vigueur-le-1er-mars-11665646</div><div>23&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;ADLER, Clara et BRAET, op. cit., p. 8.</div><div>24&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.calliege.be/salut-fraternite/121/suppression-du-statut-de-cohabitant%C2%B7e-une-longue-lutte-prete-a-enfin-aboutir/</div><div>25&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La coalition Vivaldi fait référence au gouvernement fédéral De Croo (2020-2025).</div><div>26&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.stop-statut-cohabitant.be/pourquoi-alors-que-pratiquement-tous-les-partis-lavaient-promis-avant-les-elections-le-statut-des-cohabitants-na-toujours-pas-ete-revu/</div><div>27&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.rtbf.be/article/le-durcissement-du-statut-de-cohabitant-entrera-en-vigueur-le-1er-mars-11665646</div><div>28&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem.</div><div>29&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem.</div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les violences dites éducatives ordinaires. Entre conscientisation et inaction</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-16/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Dec 2025 11:31:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Bien au-delà de ce qu’on pourrait penser, les violences dites éducatives ordinaires ne s’arrêtent pas à la fessée ou à toute autre punition corporelle.]]></description>
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<p class="chapo">Bien au-delà de ce qu’on pourrait penser, les violences dites éducatives ordinaires ne s’arrêtent pas à la fessée ou à toute autre punition corporelle. Ce qu’elles englobent est bien plus large et passent souvent sous le radar. Pouvant être présentes dans un contexte familial, ces violences peuvent aussi l’être dans tout espace éducatif, qu’il s’agisse de foyers, d’écoles ou encore de lieux extra-scolaires… Et elles sont d’autant plus intenses pour les enfants qui vivent une situation de précarité. Pour comprendre leurs conséquences et se sensibiliser à la question, nous avons rencontré Nadia Echadi, fondatrice de l’ASBL Maxi-Liens qui œuvre pour le respect du droit à l’éducation pour chaque enfant dans un cadre bienveillant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De quoi parle-t-on ?</h2>



<p>La violence dite éducative ordinaire (VEO) est « <em>toute forme de violence (physique, psychologique ou verbale) utilisée envers les enfants dans une intention éducative (pour leur ‘bien’, pour qu’ils aient un ‘bon comportement’) »</em>. Et puisque cette violence est « <em>culturellement admise et tolérée, elle en devient alors ‘ordinaire’</em> ». Parmi ces violences, on recense les violences physiques (fessée, gifle, privation de nourriture,&#8230;), les violences psychologiques (punition, chantage, menace, culpabilisation,&#8230;) et les violences verbales (crier, insulter, humilier, &#8230;)<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>.</p>



<p>Souvent sous-estimées par la majorité de la population, ces gestes ou paroles qui nous échappent ont pourtant des effets néfastes à très long terme sur l’enfant. S’il est avéré scientifiquement que câliner régulièrement un enfant a une influence positive sur son développement cérébral, l’inverse est aussi vrai. De constantes violences sur un enfant, qu’elles soient physiques ou verbales, peuvent aboutir à un mauvais développement du cerveau et impacter lourdement son futur (assuétudes, dépressions).</p>



<p>À cause d’un manque d’informations et de sensibilisation, ces violences sont culturellement admises dans notre société alors qu’ « <strong><em>aucune étude scientifique n’a pu démontrer un effet positif des punitions corporelles sur le comportement de l’enfant</em></strong><em>, bien au contraire elles sont corrélées fortement à une augmentation de l’agressivité et des comportements antisociaux</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>. À l’inverse, une « <em>relation [adulte-enfant] basée sur l’empathie, le soutien, l’encouragement et l’amour favorise le bon développement du cerveau chez l’enfant et l’adolescent</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>.</p>



<p>Au-delà de ces considérations physiologiques, éduquer un enfant par la violence revient à sous-estimer un effet plus insidieux encore. En effet, utiliser la violence physique, le chantage ou encore la punition sur un enfant à des fins éducatives, revient à légitimer à ses yeux une méthode qu’il pourrait reproduire plus tard sur ses propres enfants. C’est ce qu’a nommé la psychanalyste Alice Miller<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup> la ‘<em>pédagogie noire’</em>, c’est-à-dire le « <em>mécanisme de reproduction des violences éducatives de génération en génération</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>. Selon elle, « <em>la pratique des punitions corporelles serait le facteur explicatif majeur de la violence des adultes et des adolescents</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>. La journaliste Mona Chollet s’est penchée sur la question des violences éducatives dans son dernier essai<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>. « <em>Non seulement les enfants supportent les maltraitances, mais elles et ils les nient, ou les justifient, tant la mise accusation des parents est un tabou puissant. Dès lors, le seul exutoire – inconscient – aux souffrances subies, c’est de les infliger à ses propres enfants</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup> analyse-t-elle à propos de l’effet pervers de la ‘pédagogie noire’. Le témoignage suivant d’un parent l’illustre bien ; « <em>J’ai adopté la phrase de ma mère ; ‘Sauve-toi vite parce que ma main va voler’ </em>»<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>.</p>



<p>Ces violences influencent directement un parcours de vie puisqu’« <em>elles déterminent souvent notre personnalité future et nos relations avec les autres</em> » relève Mona Chollet. Plus grave encore, ces violences sont subies à une phase du développement de l’enfant « <em>où on ne [lui] accorde aucun crédit</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quand les violences passent les portes de l’école</h2>



<p>Nadia Echadi, de l’ASBL Maxi-liens, s’est penchée sur la question de ces violences, particulièrement au sein du milieu scolaire. Elle estime que la question des violences éducatives est mal posée car elle a tendance à se concentrer uniquement sur la violence physique ;  « <em>Les médias se sont mal emparé du sujet en titrant les articles sur l’interdiction de la fessée. Cette réduction a créé une grande confusion parce que beaucoup de gens ont réagi en disant que la fessée ‘n&rsquo;a jamais tué personne’. Mais la mort ne peut pas constituer la limite de ce qu’il est acceptable de faire à un enfant !  Cela revient à dire ‘tant que ça ne tue pas, on peut y aller’. Avec un tel cadrage, toutes les autres formes de gestes violents passent sous les radars. Or, c’est précisément là que réside l’enjeu : la violence s’exprime de manière beaucoup plus subtile qu’on ne le pense. Elle se glisse dans des attitudes, des mots, des pratiques quotidiennes. Elle est aussi là où on ne l&rsquo;attend pas. Comme à l’école par exemple. Aujourd’hui, parce qu&rsquo;on n&rsquo;utilise plus le bâton et le bonnet d&rsquo;âne, les enseignants pensent qu&rsquo;il n&rsquo;y a plus de violence scolaire. Pourtant, elle existe encore. Elle prend juste d’autres formes. Elle s&rsquo;exerce notamment sur la question de la compétence de l&rsquo;enfant. Par exemple, <strong>le fait de prédéterminer la capacité d&rsquo;un enfant à réaliser telle ou telle tâche, est déjà une violence en soi</strong>. On a tendance à oublier que l&rsquo;enfant est là pour apprendre et que c’est précisément la mission de l’institution : le faire apprendre. Et pourtant, les actes d’humiliation sont fréquemment liés à ses difficultés ou ses résultats. Il est temps de mener une véritable sensibilisation qui permettra de mieux aiguiser le regard et de reconnaître tous les endroits où des actes de violence sont posés, particulièrement en contexte scolaire. Les rapports d’autorité et de pouvoir, les cris, les punitions humiliantes, l’usage systématique des points ou des sanctions sont autant de gestes présentés comme éducatifs, mais qui révèlent en réalité une forme de maltraitance ordinaire. Et je pense qu’il est vraiment urgent de mettre la lumière sur ces pratiques en menant, par exemple, des campagnes de sensibilisation comparables à celles développées ces dernières années autour des VEO en contexte familial »</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup>.</p>



<p>Dans un contexte scolaire, les violences éducatives sont d’autant plus dommageables pour les enfants vivant des situations compliquées comme la migration car ils cumulent déjà plusieurs vulnérabilités. Ils vivent des situations de transit très inconfortables, éprouvent cruellement le manque d’argent et prennent de plein fouet un choc culturel avec la perte de repères que cela implique. Dans ce quotidien instable où chaque jour apporte son lot d’incertitudes, l’impact des violences éducatives n’en est que plus accru. En outre, comme ils ne maîtrisent pas encore ni la langue, ni la culture, ces violences peuvent être interprétées comme la norme d’un pays qu’ils apprennent à connaître et par ce fait, sont d’autant moins remises en question et sont passées sous silence. Nadia Echadi, dans son travail avec l’ASBL Maxi-Liens<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup> se concentre sur ce type d’enfants ; « <em>Lorsque j’ai fondé Maxi-Liens, j’ai axé mon travail que la question de l’accueil, de l’accompagnement et du bien-être des enfants en situation de migration et d’exil parce que leur vulnérabilité était une évidence. Les VEO scolaires qui s’exerçaient sur eux étaient beaucoup plus visibles et cela m’a permis de constater qu’elles touchaient en réalité tous les autres enfants, mais souvent de manière plus silencieuse et plus banalisée. La défense des droits de l’enfant est pour moi une mission globale même si pour le moment, mon action se concentre sur les parcours migratoires. Le fait de travailler à la compréhension des violences subies durant l’’exil me permet de mieux saisir la brutalité de certaines pratiques scolaires. Ce que j&rsquo;ai observé, c&rsquo;est que quand ils arrivent en Belgique et qu’ils sont inscrits dans nos écoles, beaucoup d’entre eux se retrouvent confrontés à une nouvelle série de violences qui viennent se juxtaposer à celles déjà traversées. La méconnaissance de l’autre, le manque de dialogue interculturel, le manque de préparation des professionnels dans l’accueil de la diversité, les carences de notre système éducatif, son caractère autocentré et monolingue engendrent des violences symboliques en cascade. <strong>Parfois, ces enfants sont perçus comme une menace envers une identité nationale fantasmée, comme s’il pouvait en exister une.</strong> On instaure des règles, parfois encore plus strictes pour eux, afin de s’assurer que ces enfants ont bien compris comment ça se passe ici. De manière implicite ou parfois très explicite et injonctive, on leur dit ‘tu es en Belgique maintenant, tu dois faire comme nous’. Il y a aussi une posture très sudaliste<sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup> qui consiste à leur faire sentir qu’ils doivent témoigner de la reconnaissance d’avoir été accueillis ‘chez nous&rsquo;</em>».</p>



<p>Nadia Echadi souligne également le manqued’organes de contrôle et de structures au sein des écoles où les violences pourraient être dénoncées, mais également le manque de soutien auquel font face les enseignants.</p>



<p>&nbsp;<em>«&nbsp;</em><em>Pour comprendre le contexte des violences éducatives ordinaires en milieu scolaire, il me semble essentiel de rappeler que le métier d’enseignant est un métier assez isolé. Chacun est seul dans sa classe, seul face à sa pratique, face à son public. On reconnaît — et à juste titre — la difficulté, parfois même la pénibilité de la profession ; et parce que cette reconnaissance est nécessaire, on n’ose presque jamais questionner ou analyser de manière critique certaines actions qui ne sont pas très pédagogiques. Les enfants, évidemment, n’ont pas les mots ni la légitimité pour dénoncer ce qu’ils vivent. Cet isolement crée un espace où l’enseignant peut développer malgré lui une certaine toute-puissance.&nbsp;Pourtant, dans la grande majorité des cas, ces violences ne sont pas intentionnelles. Elles sont le symptôme d’un manque de formation, d’une culture de la domination, d’un manque de conscience fine des VEO et surtout d’un surmenage massif du corps enseignant. C’est pour cette raison qu’il faudrait créer, au sein des écoles, un véritable organe de régulation. <strong>Un enseignant qui crie chaque jour, qui exclut régulièrement des élèves de sa classe, qui multiplie les punitions ou qui n’a plus l’énergie de se mettre à l’écoute de ses élèves est un enseignant qui a besoin de soutien.</strong> L’objectif n’est pas de dire que les enseignants sont violents et qu’il faut envoyer l’inspection pour sanctionner. L’enjeu est de mettre en place des espaces d’accompagnement, de supervision, de sensibilisation et de protection mutuelle, afin que les enseignants puissent exercer leur métier dans la sérénité.&nbsp; L’école est un métier profondément humain. Les adultes sont censés assurer la&nbsp; protection des enfants, leur sécurité et leur bien-être. <strong>Nous évoluons dans un modèle scolaire et sociétal où les violences éducatives sont encore culturellement et structurellement ancrées, et largement acceptées. Lorsque l’on ajoute à cela la fatigue extrême du corps enseignant, on augmente mécaniquement la fréquence et l’intensité des violences, lesquelles finissent par être justifiées au nom du stress, du manque de moyens ou de l’absence de soutien. C’est ainsi que les violences s’installent et s’auto-alimentent. Elles ruissellent. Elles partent du sommet — les politiques, les injonctions, les coupes budgétaires, les classes surchargées, la disparition progressive des postes-relais — et elles retombent sur ceux qui n’ont aucun moyen de s’en défendre : les enfants</strong></em><strong>».&nbsp;</strong><strong><em></em></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Législation des violences éducatives : où en est-on ?</h2>



<p>Si la maltraitance, lorsqu’elle est avérée, est déjà punissable par la loi, il s’avère que &nbsp;«&nbsp;<em>de nombreux cas de violence ne sont pas couverts par la législation actuelle</em>&nbsp;». L’interdiction de la ‘fessée’ ne suffit pas. S’arrêter à cet interdit légitimise d’autres formes de violence, tout aussi dommageables.</p>



<p>La Belgique reste tristement un des derniers pays européens à ne pas avoir adopté jusqu’à présent «&nbsp;<em>une loi interdisant les punitions corporelles et autres formes de traitements dégradants dans le cadre de l’éducation</em>&nbsp;». Pourtant, la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), ratifiée par la Belgique, est assez explicite.</p>



<p><em>« Les Etats parties prennent toutes les mesures législatives, administratives, sociales et éducatives appropriées pour protéger l&rsquo;enfant contre toute forme de violence, d&rsquo;atteinte ou de brutalités physiques ou mentales, d&rsquo;abandon ou de négligence, de mauvais traitements ou d&rsquo;exploitation, y compris la violence sexuelle, pendant qu&rsquo;il est sous la garde de ses parents ou de l&rsquo;un d&rsquo;eux, de son ou ses représentants légaux ou de toute autre personne à qui il est confié » (art 19.1).</em></p>



<p>Les conclusions d’un sondage réalisé en 2020<sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup> révèlent que la punition reste une habitude éducative, une personne sur cinq estime que « <em>les punitions physiques sont bénéfiques</em> » tandis qu’une personne sur dix juge que « <em>tirer les cheveux, pincer, priver de repas, enfermer dans la cave et utiliser régulièrement un surnom insultant sont des sanctions appropriées</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup>. De plus, il y a une réelle méconnaissance du cadre législatif car 7 personnes sur 10 ne savent pas ce qui est autorisé comme sanction.</p>



<p>Actuellement, le flou juridique qui entoure la question des violences éducatives légitimise implicitement leur exécution. L’ONG DEI Belgique (Défense des Enfants International) a mis en demeure à l’Etat belge d’adopter une législation en la matière. Le délai pour s’y conformer était le 20 novembre 2023, date hautement symbolique puisque c’est la journée mondiale des droits de l’enfant. Le délai a expiré et la question a donc été renvoyée au tribunal de première instance… Comment peut-on expliquer une telle inertie de la part de nos pouvoirs décideurs ? Dans le chef des ministres et des parlementaires réside la peur de « <em>pénaliser la ‘baffe éducative’</em> » qui pourrait conduire des parents en prison. Or, DEI Belgique recommande de modifier le code civil et non pénal<sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup>.</p>



<p>Au niveau de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ce n’est que tout récemment, en octobre 2023, que l’administration a formellement interdit toute violence physique, psychique et verbale au sein de toutes ses structures (crèches, écoles, institutions, mouvements de jeunesses, club sportifs). Malheureusement, force est de constater que cela ne suffit pas à enrayer une dynamique punitive culturellement ancrée. La question de savoir si cette directive a été accompagnée d’une campagne de sensibilisation et d’information auprès des structures éducatives mérite d’être posée. Nadia Echadi, elle-même enseignante, s’étonne que les droits des enfants ne fassent pas partie du programme de cours pour les futurs enseignants&nbsp;;&nbsp; «&nbsp;<em>Lorsqu’on devient enseignant, on entre dans l’institution scolaire : on prête serment, on représente l’État, on incarne une mission publique. Alors comment se fait-il qu’aucun module obligatoire ne soit consacré aux droits de l’enfant ? <strong>Comment se fait-il que la majorité des enseignants ne connaissent pas la Convention internationale relative aux droits de l’enfant ? C’est une lacune immense. C’est un peu comme si un médecin prêtait serment sans connaître le serment d’Hippocrate.</strong> À partir du moment où l’on travaille auprès d’enfants, on devrait savoir précisément quels sont leurs droits, ce que la Belgique a ratifié, les engagements internationaux qu’elle a pris pour garantir leur protection, leur dignité, leur épanouissement et leur bien-être. Comment accompagner des élèves si l’on ignore les principes juridiques, éthiques et pédagogiques qui encadrent ce droit fondamental ? Si les enseignant·es étaient véritablement formé·es à ces textes fondateurs, ils et elles disposeraient de balises solides. Cette connaissance ne résoudrait pas tout, mais elle permettrait déjà de prévenir une grande partie des violences éducatives scolaires</em><em>&nbsp;»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’exemple de la Suède</h2>



<p>La Suède est souvent stigmatisée pour être une fabrique d’“enfants-rois”, c’est-à-dire un pays où on laisse tout faire aux enfants, où le cadre éducatif est inexistant voire où les parents sont tyrannisés par leur progéniture. Or, dans les faits, le projet éducatif de la Suède va bien au-delà d’un rapport dominant-dominé à l’avantage des enfants, comme Nadia Echadi l’explique «&nbsp;<em>L’éducation positive est souvent décriée parce que, selon ses détracteurs, elle ne permet pas de poser des limites et fabrique des enfants-rois. Il y a clairement une confusion entre la bienveillance et l’absence de cadre. L’exemple de la Suède est éclairant : ce n’est pas parce que les adultes n’ont pas recours à la brutalité, les cris ou les humiliations et les coups qu’ils ne savent pas éduquer. Poser un cadre clair et sécurisant est simplement un fondement de l’éducation non violente</em><em>».&nbsp;</em></p>



<p>En plus de légiférer[17]  Le Parlement suédois a adopté en 1979 une loi interdisant toute forme de violence à l’égard des enfants.[/note] sur les violences éducatives sous toutes ses formes en les interdisant tout simplement, la Suède a accompagné le changement avec une campagne de sensibilisation et d’information sans précédent. Quelle famille n’achète pas de lait ? Un nombre infime, certainement. C’est sur base de ce constat que le support de la campagne de sensibilisation a été décidé : les cartons de briques de lait. Cette campagne, impliquant plusieurs professionnels de l’enfance (pédiatres, cliniques, écoles, etc.), enseignait des méthodes d’éducation non violente. Résultat ? « <em>En l’espace de deux ans, plus de 80% du public connaissait la nouvelle loi et les enquêtes publiques ont montré combien les attitudes et les actions ont évolué au fil du temps. Alors qu’en 1979, environ 80% du public était en faveur des châtiments corporels, on est passé à 20% après 11 ans d’application de la loi et, dans la dernière enquête, à 2% (2018)</em> »<sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup> explique Elisabeth Dahlin, Ombudsman suédoise aux droits de l’enfant. Mieux encore, souligne-t-elle, « <strong><em>les enfants eux-mêmes savent désormais que la violence ne fait pas partie de l’éducation d’un enfant, que subir des châtiments corporels n’est pas normal pour les enfants</em> </strong>»<sup class="modern-footnotes-footnote ">18</sup>.</p>



<p>Interrogée sur&nbsp; la situation en Belgique, Nadia Echadi explique qu’il faut passer par un changement de mentalité et de culture et que ce changement doit impérativement être accompagné&nbsp;; <em>«&nbsp;</em><em>Il s’agit réellement d’une question de culture. Ici, la population n&rsquo;est pas suffisamment sensibilisée et cela mérite un véritable accompagnement. Je pense que les gens sont prêts à changer si on leur donne les outils pour comprendre. Cela nécessite un traitement médiatique mieux ciblé. Jusqu’à présent, on a surtout vu des campagnes avec des images d’enfants meurtris, ce qui peut entretenir l’idée que la violence éducative se limite aux coups et de nouveau, les autres formes de violence passent sous les radars. <strong>Tant que l’imaginaire collectif restera fixé sur les violences qui laissent des traces sur la peau, on continuera d’ignorer toutes celles qui blessent les enfants intérieurement et qui les marquent durablement</strong> &nbsp;</em><em>»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusions</h2>



<p>Face aux violences dites éducatives ordinaires, DEI Belgique, soutenue par d’autres acteurs du secteur tel que le Délégué général aux droits de l’enfant, porte les recommandations suivantes&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Voter une loi qui interdit la violence éducative</strong> via l’insertion d’un article dans le code civil et ainsi enfin obtenir un cadre légal strict et explicite et qui ne laisse aucune place à l’interprétation.</li>



<li><strong>Mener des campagnes d’information et de sensibilisation</strong> auprès de la population pour accompagner le changement et éviter la stigmatisation. Si l’on veut un véritable basculement, édicter des lois n’est pas suffisant. L’exemple de la Suède est probant à ce niveau-là.</li>



<li><strong>Former les professionnels</strong> de l’éducation et renforcer ainsi la prévention pour que les violences éducatives ne passent plus les portes des écoles.</li>
</ul>



<p><em>« On n&rsquo;a encore jamais expérimenté une situation, à l’échelle d’une société, où une génération d’enfants seraient éduqués sans violence. Quel type d’adultes deviendraient-ils&nbsp;? Il faudrait un recul de 20-30 ans pour pouvoir l&rsquo;observer. <strong>Selon moi, puisque les violences continuent de s&rsquo;exercer sur les enfants, on reproduit et on reste dans un modèle normé. Crier, insulter, bousculer, brutaliser, humilier, dénigrer, exclure, négliger: toutes ces attitudes font partie du paysage éducatif au point d’être perçues comme normales, voire nécessaires.&nbsp; Elles sont socialement acceptées, parfois même valorisées. Il est donc urgent de transformer ces représentations et de changer les mentalités</strong>&nbsp;».</em>&nbsp;</p>



<p>Le changement serait en chacun de nous, le sondage mentionné précédemment donne une lueur d’espoir puisque 85% des personnes sondées sont «&nbsp;<em>favorables à l’adoption d’une loi éducative plutôt que punitive</em>&nbsp;». N’oublions pas toutefois que c’est avant tout notre gouvernement qui doit montrer la voie et avoir le courage politique de légiférer et d’accompagner correctement sur une question aussi cruciale que la protection de nos enfants.</p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;ROISIN, Christine, De l’urgente nécessité de légiférer les violences dites éducatives ordinaires dans Prends-en d’la graine, Délégué général aux droits de l’enfant, juin 2022, vol. 5, p. 4.</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem, p. 6.</div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem, p. 5.</div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Alice Miller (1923-2010) est une psychanalyste et Docteur en philosophie suisse spécialisée dans la période de l’enfance. Elle fut une des premières à théoriser des conséquences néfastes de la maltraitance infantile.</div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;ROISIN, Christine, De l’urgente nécessité de légiférer les violences dites éducatives ordinaires dans Prends-en d’la graine, Délégué général aux droits de l’enfant, juin 2022, vol. 5, p. 7.</div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem, p. 3.</div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;CHOLLET, Mona, Résister à la culpabilisation. Sur quelques empêchements d’exister, éd. La Découverte, 2024.</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem, p. 87.</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Être parent, c’est… ?, Yapaka, Fédération Wallonie-Bruxelles, 2014, p. 40.</div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;CHOLLET, Mona, Bétharram ou la « pédagogie noire » dans La Déferlante, n° 18, mai 2025.</div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Entretien du 25 novembre 2025. Toutes les citations présentes dans cette analyse proviennent du même entretien.</div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://www.bornin.brussels/associations/maxi-liens-reseau-etre-bon-pour-les-enfants/</div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le sudalisme peut se définir comme « une forme de discrimination ayant pour objet la culture d’abord – et non le corps – des personnes ciblées », voir PIOLAT, Jérémie, Sudalisme, l’imaginaire qui nourrit le racisme, éd. Libre, 2023.</div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sondage commandité par DEI-Belgique concernant la totalité du territoire belge opéré entre le 10 mars et le 18 mars 2020 mené sur un échantillon représentatif de 2013 Belges âges de 18 à 75 ans. Pour l’intégralité des résultats du sondage, voir https://dei-belgique.be/index.php/modes-d-action/plaidoyer-et-lobbying/une-education-non-violente-pour-chaque-enfant.html</div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://dei-belgique.be/index.php/modes-d-action/plaidoyer-et-lobbying/une-education-non-violente-pour-chaque-enfant.html</div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://dei-belgique.be/index.php/modes-d-action/plaidoyer-et-lobbying/une-education-non-violente-pour-chaque-enfant.html</div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;ROISIN, Christine, De l’urgente nécessité de légiférer les violences dites éducatives ordinaires dans Prends-en d’la graine, Délégué général aux droits de l’enfant, juin 2022, vol. 5, p. 9.</div><div>18&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ibidem.</div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Des cantines durables : un repas qui n’a pas de prix</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-15/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Nov 2025 11:48:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Campagne d’Avent]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans le cadre de notre campagne de l’Avent “L’école, fabrique d’inégalités”, cette analyse fait le focus sur les repas de [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Dans le cadre de notre campagne de l’Avent “<em>L’école, fabrique d’inégalités</em>”, cette analyse fait le focus sur les repas de midi pris à l’école. En effet, parmi les inégalités qui traversent le système scolaire, l’importance de l’accès à une alimentation saine et équilibrée semble largement sous-estimée. Pourtant, cela représente un élément clé de la santé et de la réussite des élèves.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Bien manger à l’école, un puissant levier de changement</strong></h2>



<p>En Belgique, et contrairement à nos voisins français chez qui la cantine fait souvent partie intégrante du système scolaire, le modèle de la boîte à tartine est bien ancré. Les enfants apportent généralement leur repas de midi de la maison et toutes les écoles ne proposent pas une offre alimentaire sur place. &nbsp;Si notre modèle a l’avantage de simplifier la logistique des repas pour les écoles, il passe à côté de nombreuses opportunités :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Proposer un repas complet à tous les élèves</strong>. La cantine, si elle est gratuite, permet de toucher toutes les classes sociales, sans distinction. En Région de Bruxelles-Capitale, un adolescent sur cinq est considéré en situation « d’insécurité alimentaire », c’est-à-dire qu’il ou elle n’a pas un accès régulier et suffisant à des aliments nutritifs pour son développement<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>. Autre chiffre interpellant : en Belgique, un enfant sur <a>dix saute</a> au moins un repas par jour, en raison de la pauvreté de ses parents<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>. Ce manque de nourriture durant l’enfance peut entraîner des conséquences importantes et durables sur le développement de l’enfant.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Augmenter les chances de réussite scolaire en permettant une meilleure concentration.</strong> Une alimentation adéquate en termes de vitamines et nutriments permet aux élèves d’être mieux concentrés durant l’après-midi et favorise le développement mental. De plus, des études ont montré que proposer un repas à l’école réduisait l’absentéisme<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Améliorer la santé des élèves.</strong> Les menus dans les cantines sont établis par des diététicien·nes et respectent un certain nombre de critères. Ils proposent une alimentation variée et équilibrée, qui permet de répondre aux besoins de croissance des élèves. D’après des chiffres de 2018, près de 20% des jeunes entre 2 et 17 ans sont en surpoids<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>, et parmi eux, 6% souffrent d’obésité<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>. Proposer un repas à la cantine permet de modifier les habitudes alimentaires des jeunes de manière durable, chez eux également.</li>
</ul>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Accélérer la transition des systèmes alimentaires.</strong> En Wallonie, ce sont aujourd’hui plus de 200 000 repas qui sont servis chaque jour dans des cantines<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>. Y favoriser les produits bio et locaux permettrait d’offrir des débouchés significatifs aux producteurs et productrices de la région.</li>
</ul>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="840" height="560" src="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/cdc-4Bb2nSYuxx0-unsplash.jpg" alt="Des enfants avec leur boites à tartines autour d'une table de cantine en train de manger" class="wp-image-40454" srcset="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/cdc-4Bb2nSYuxx0-unsplash.jpg 840w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/cdc-4Bb2nSYuxx0-unsplash-300x200.jpg 300w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/cdc-4Bb2nSYuxx0-unsplash-768x512.jpg 768w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/cdc-4Bb2nSYuxx0-unsplash-600x400.jpg 600w" sizes="(max-width: 840px) 100vw, 840px" /><div class="image-licence" style="text-align: right; margin-top: 5px; font-size: 0.8em; color: #666; font-style: italic;">Licence : photo : CDC (unsplash)</div></figure>
</div>


<div style="height:20px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div class="wp-block-columns red-message is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h2 class="wp-block-heading">Des «&nbsp;cantines durables&nbsp;»&nbsp;?</h2>



<p>Qu’entend-t-on par « alimentation durable » ? Une alimentation durable, c’est une alimentation qui est responsable sur le plan social, environnemental et économique. Concrètement, c’est donc une alimentation financièrement accessible tout en étant rémunératrice pour celles et ceux qui la produisent&nbsp;; une alimentation respectueuse de l’environnement et de la biodiversité, qui favorise les aliments locaux et de saison&nbsp;; une alimentation bonne pour la santé et qui limite le gaspillage alimentaire&#8230;</p>



<p>Le terme « cantine » désigne lui les lieux de restauration qui proposent quotidiennement des repas à des collectivités (écoles, crèches, maisons de repos et de soins, bureaux…)</p>
</div>
</div>



<h2 class="wp-block-heading">À Bruxelles et en Wallonie, des organismes pour accompagner la transition</h2>



<p>Proposer des repas de midi à l’école est donc bénéfique, autant sur le plan individuel pour les élèves que pour la société plus largement. Deux organismes – «&nbsp;Goodfood&nbsp;» à Bruxelles et «&nbsp;Manger Demain&nbsp;» en Wallonie &#8211; sont chargés d’accompagner les lieux de restauration collective qui voudraient faire le pas vers une alimentation plus durable. Ils ont développé des labels évolutifs, allant d’une à trois fourchettes à Bruxelles, et d’un à trois radis en Wallonie. &nbsp;&nbsp;</p>



<p>Pour obtenir la «&nbsp;première fourchette&nbsp;» à Bruxelles et, de manière plus ou moins similaire, «&nbsp;un radis&nbsp;» en Wallonie, une cantine doit&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Proposer des produits biologiques et de saison</li>



<li>Proposer des offres végétariennes et des repas sains</li>



<li>Informer les consommateurs et consommatrices sur les produits qui leur sont proposés</li>



<li>Prendre des mesures contre le gaspillage alimentaire</li>
</ul>



<p>De nombreux établissements ont déjà entrepris la démarche. C’est le cas notamment des écoles communales de la ville de Liège, de Namur et d’Ottignies-Louvain-la-Neuve, qui sont labelisées.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Deux cas d’école</h2>



<h3 class="wp-block-heading">La Ville d’Ottignies-Louvain-la-Neuve</h3>



<p>La Ville d’Ottignies-Louvain-la-Neuve fait figure de modèle en la matière. Labellisée « trois radis » par Manger Demain, elle s’est engagée depuis plus de vingt ans dans une démarche d’amélioration de la qualité et de la durabilité des repas scolaires. <em>« Au départ, nos trois principaux objectifs étaient de garantir la sécurité alimentaire, des menus équilibrés (et avec cela, la diminution des protéines animales au bénéfice des légumes et féculents) et des aliments frais, de qualité »</em>, explique Céline Vander Sande, la responsable du Service Enseignement pour la Ville d’Ottignies-Louvain-la-Neuve<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>. «<em> Ensuite, les motivations et objectifs ont évolué au fil des réussites et surtout, des progrès de l’agriculture biologique, de la relocalisation de certaines productions et de l’évolution sociétale autour de la vision des protéines : les alternatives végétariennes sont plus nombreuses, les bénéfices sont mieux connus du grand public, et leur acceptation sociale est meilleure. </em>»</p>



<p>La démarche et ses bénéfices s’articulent autour de trois grands points.</p>



<ol class="wp-block-list">
<li>D’une part, les cantines de la commune s’inscrivent dans une démarche écologique et qualitative. Elles prônent une alimentation durable, qu’elles concrétisent par l’utilisation de produits biologiques, frais et de saison. La part de ces produits augmente progressivement chaque année. Elles favorisent les circuits courts pour réduire les distances et donc les émissions de CO<sub>2</sub> et favoriser la production locale. Les déchets font également l’objet d’une attention particulière : « <em>Une pesée journalière permet de suivre le gaspillage alimentaire et d’adapter les recettes. Les déchets sont ensuite recyclés dans une usine de biométhanisation<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup> », </em>développe Céline Vander Sande.</li>



<li>D’autre part, la démarche soutient l’économie locale et l’optimisation des ressources. <em>«&nbsp;En favorisant l’approvisionnement local, nous réduisons la dépendance aux grandes chaînes d’approvisionnement et créons une résilience économique régionale. […] Nous encourageons une utilisation efficace de l’eau et de l’énergie, avec un suivi environnemental des processus&nbsp;».</em></li>



<li>Enfin, la démarche a également une importante dimension sociale. Les cantines durables permettent de faciliter l’insertion socio-professionnelle&nbsp;:&nbsp;<em>«&nbsp;La clause sociale impose au fournisseur d&rsquo;offrir 500 heures de formation par an à des publics en difficulté&nbsp;: jeunes, chômeurs, personnes en réinsertion&#8230; Cela favorise l’inclusion et l’employabilité dans la restauration collective.&nbsp;»</em>. Les repas s’accompagnent également d’une éducation au goût, c’est-à-dire, «&nbsp;<em>un programme éducatif, avec des animations pédagogiques et des visites chez les producteurs locaux, qui sensibilise les enfants à l&rsquo;importance de ce qu&rsquo;ils consomment et aux bienfaits d’une alimentation durable.&nbsp;».</em></li>
</ol>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«&nbsp;Nous avons dépassé le scepticisme de beaucoup de parents en servant des repas locaux, bio et en partie végétariens à leurs enfants qui en redemandent. Le plus étonnant, c’est de constater que certains plats végétariens figurent dans le top 5 des plats préférés des élèves.&nbsp;» </p>
</blockquote>



<p>Certains parents continuent d’émettre des doutes ou des remarques face à une alimentation davantage végétarienne, mais selon Céline Vander Sande,<em> <strong>«&nbsp;cela témoigne surtout d’une désinformation et de comportements peu éclairés en matière d’alimentation saine et durable. Face à cela, nous devons poursuivre un véritable travail pédagogique&nbsp;»</strong>.</em></p>



<p>Les retombées de la politique ne se limitent pas aux élèves. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>«&nbsp;Au niveau du personnel, je pense que la démarche a au moins eu pour effet de le sensibiliser à la question de la durabilité. Notre fournisseur de repas a, via le cahier des charges, la mission de proposer des formations au personnel en charge des repas. Nous avons ainsi déjà pu sensibiliser celui-ci aux alternatives à la protéine animale (pourquoi diminuer la viande, comment valoriser ces repas auprès des enfants…) et plus largement, à l’éducation au goût à travers la diversité des aliments proposés.</em></p>



<p><em>Au niveau des producteurs, il est clair qu’un gros consommateur comme la Ville d’Ottignies-Louvain-la-Neuve est un argument de poids dans le chef de notre fournisseur pour convaincre des producteurs de s’engager dans des démarches de productions plus locales et plus respectueuses de l’environnement.&nbsp;»</em></p>
</blockquote>



<p></p>



<p>Quand on aborde la question des obstacles, Céline Vander Sande déconstruit quelques idées reçues&nbsp;: logistiquement, au niveau des écoles, proposer des repas sains n’est pas plus compliqué. Les repas arrivent prêts, dans des bains-marie en inox, à réchauffer. C’est au niveau des services de cuisines en amont que la logistique peut être différente. De même, repas sains ne riment pas forcément avec des prix plus élevés&nbsp;: réduire les distances de trajets des aliments, le gaspillage alimentaire et les protéines animales permet de proposer des repas durables sans en augmenter sensiblement les prix.</p>



<p>La transition vers des cantines durables s’est faite petit à petit, en augmentant chaque année la part d’aliments biologiques et issus de circuits courts, «<em>&nbsp;à un rythme respectueux de notre personnel, mais aussi de notre fournisseur et des producteurs qui doivent pouvoir s’ajuster peu à peu à nos exigences.&nbsp;»</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">La Turbean à l’ULB</h3>



<p>Un autre exemple en matière de cantines durables est la Turbean, à l’Université Libre de Bruxelles. La cantine est née en 2019 de l’idée de quelques étudiant·es bioingénieurs, conscient·es de l’écart entre ce qu’ils et elles apprenaient en cours sur les systèmes alimentaires et leurs impacts environnementaux et ce qui leur était proposé comme restauration sur les cantines du campus. Implantée sur le site de l’Université, la Turbean accueille chaque jour les étudiant·es et sert environ 250 repas par jour. À la carte, un plat chaud différent chaque jour, une soupe ou un sandwich, toujours composé d’aliments biologiques, locaux et de saison.</p>



<p>Ici aussi, on affirme que la logistique d’une cantine durable n’est pas plus compliquée qu’une autre : « <em>On se fournit directement auprès de grossistes qui s’approvisionnent eux auprès de producteurs et productrices belges et biologiques. Et on trouve facilement ce dont on a besoin : les productions bio, c’est devenu assez facile à trouver »</em>, explique Chloé Bensoussan, gestionnaire de la Turbean<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>. «<em> De temps en temps, on va se diriger vers des produits qui ne sont pas belges mais qui viennent de pays voisins, si on a besoin d’agrumes par exemple, mais ils seront en revanche toujours bio ».</em></p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«<em>&nbsp;<strong>On entend souvent dire que cuisiner avec un modèle industriel serait moins cher et plus facile, mais il faut déconstruire cette idée</strong>. Nous on fait tout avec des produits bruts. On achète des légumineuses, des céréales, des légumes, et puis tout est cuisiné ici directement. Tout est maison, tout est frais. On ne propose pas de viande et que très peu de produits laitiers. Or ce sont souvent ces produits qui sont un peu plus coûteux. Ce sont aussi ces produits qui sont les plus contraignants au niveau des règles sanitaires. En ne les cuisinant pas on se facilite la vie. On n’a pas de gaspillage alimentaire non plus&nbsp;: soit on vend tout, soit on réutilise ce qu’il reste dans les plats du lendemain, en le transformant en soupe par exemple.</em></p>



<p><em>On a beau avoir de la concurrence sur le campus, avec Sodexo juste au-dessus de nous dans le bâtiment, on n’a aucun mal à écouler tous nos repas. On vend tout tous les jours, et on ne saurait de toute façon pas produire plus, vu le modèle qu’on a choisi, la taille de la cuisine, etc. Il y a deux personnes à temps plein pour la préparation des repas. C’est aussi ça <strong>la spécificité de notre modèle, c’est que nos cuisiniers et cuisinières gèrent les repas de A à Z</strong>. Dans d’autres cuisines collectives il y a une personne qui s’occupe uniquement d’éplucher, une de ranger des caisses, d’ouvrir des emballages. Ici, de l’idée du plat à sa confection, nos cuisiniers et cuisinières s’occupent de tout et ils et elles sont passionné·es par cela.</em>&nbsp;»</p>
</blockquote>



<p></p>



<p>Tout comme à Ottignies, la mission de la cantine ne se limite pas à nourrir les étudiant·es&nbsp;: </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«<em>&nbsp;On travaille aussi à éduquer à l’alimentation. D’une part, on se rend bien compte que ce que l’on propose comme plat peut être perçu comme de la bonne nourriture de bobo&nbsp;: ‘boulgour-panais’, ‘chou basilic cardamome’… ça ne parle pas à tout le monde et ça peut ne pas donner envie car on ne connaît pas. De temps en temps, on fait en sorte de proposer des classiques&nbsp;: des pâtes à la bolognaise, des burgers végés et patates au four, etc. Ça fait venir d’autres publics, qui apprennent à connaître la Turbean. D’autres part, on essaye de sensibiliser aux enjeux de l’alimentation. On propose des diffusions de films sur des thématiques liées à l’alimentation, on met à disposition de la documentation consultable sur place, on organise des animations… <strong>Et on essaye de toujours politiser nos ateliers&nbsp;: l’alimentation est éminemment politique</strong>.&nbsp;»</em></p>
</blockquote>



<h2 class="wp-block-heading">Bien manger. Qui paie l’addition&nbsp;?</h2>



<p>Les bénéfices des cantines scolaires durables sont évidents. La question qui reste en suspens est celle de leur financement. Car durables ou non, le prix des repas scolaires reste pour certains parents un obstacle de taille. Notre étude sur le poids de la précarité sur le droit à l’éducation<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup> met en avant l’importance de proposer des repas gratuits dans les écoles. C’est une recommandation formulée par de nombreuses associations de terrain, ainsi que par le Délégué général aux droits de l’enfant dans son dernier rapport<sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup>. De plus, l’étude rappelle que la Belgique est un des seuls pays à ne pas avoir de politique pour des repas scolaires gratuits.</p>



<p><strong>Des cantines scolaires durables et accessibles à tous et toutes représentent bien plus qu’un service de restauration. Elles sont un levier de justice sociale, de santé publique et de transition écologique, qui bénéficie aux enfants, mais aussi à tous les acteurs et actrices de la chaîne de restauration collective.</strong></p>



<p>Les exemples d’Ottignies-Louvain-la-Neuve et de la Turbean montrent que cette transition est faisable et souhaitable. Les initiatives locales, aussi inspirantes soient-elles, ne suffiront pourtant pas à transformer le système alimentaire dans son ensemble. <strong>Il est temps de passer à l’échelle supérieure et que le politique s’empare de la question : généraliser les cantines durables, les rendre gratuites pour toutes et tous, et en faire un pilier de l’éducation et de la transition écologique.</strong></p>



<p>Le prix des cantines n’est pas une charge mais bien un investissement dans la santé, dans l’éducation des enfants et dans une agriculture locale et durable. De même, <strong>un repas sain et équilibré à l’école ne doit pas être considéré comme un privilège mais bien comme un droit fondamental pour chaque enfant</strong>.</p>



<div class="wp-block-columns fond-bleu is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<p>Pour aller plus loin sur l’importance de la gratuité des repas scolaires voir l’analyse <em><a href="https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-14/">La gratuité scolaire, nouvelle victime des mesures contre les plus vulnérables</a></em></p>



<p>Et pour en apprendre davantage sur les conséquences de la précarité sur le droit à l’éducation, voir l’étude <em><a href="https://vivre-ensemble.be/publication/etude-2025/">Le poids du cartable. Quand la précarité pèse sur le droit à l’éducation</a></em></p>
</div>
</div>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Collectif, Alimentation, activité physique, sédentarité et sommeil des adolescents scolarisés en région de Bruxelles-Capitale, Enquête HBSC 2022, SIPES, p. 28. Disponible sur <a href="https://www.ulb.be/medias/fichier/20240313-brochure-rbc-finale-2-_1714401180013-pdf">ulb.be (PDF)</a></div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.rtbf.be/article/pauvrete-infantile-plus-de-40-000-enfants-sautent-au-moins-un-repas-par-jour-en-belgique-11087118">rtbf.be</a></div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://tchak.be/index.php/2024/06/04/rendre-les-cantines-scolaires-gratuites-et-de-qualite/">tchak.be</a></div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.sciensano.be/fr/sujets-sante/obesite/chiffres">sciensano.be</a></div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.inami.fgov.be/fr/themes/soins-de-sante-cout-et-remboursement/maladies/obesite-et-surpoids-des-enfants-et-adolescents">inami.fgov.be</a></div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.mangerdemain.be/2021/09/10/etat-des-lieux-restauration-hors-domicile/">mangerdemain.be</a></div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Entretien par écrit (octobre 2025).</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La biométhanisation est un processus biologique naturel de décomposition des déchets, souvent valorisés en production d’énergie.</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Entretien réalisé à Bruxelles (octobre 2025).</div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://vivre-ensemble.be/publication/etude-2025/">vivre-ensemble.be</a></div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Délégué général aux droits de l’enfant, Droits de l’enfant. Tous incasables ?, Rapport annuel 2023-2024, Bruxelles, 2024, p. 77.</div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La gratuité scolaire, nouvelle victime des mesures contre les plus vulnérables</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-14/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Nov 2025 13:24:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Elle était déjà insuffisamment développée en Fédération Wallonie-Bruxelles, la voici encore fragilisée : la gratuité scolaire est, malgré un rétropédalage partiel, une des victimes des économies décidées par le gouvernement francophone pour assainir ses finances. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Elle était déjà insuffisamment développée en Fédération Wallonie-Bruxelles, la voici encore fragilisée&nbsp;: la gratuité scolaire est, malgré un rétropédalage partiel, une des victimes des économies décidées par le gouvernement francophone pour assainir ses finances. Pourtant, malgré le caractère obligatoire de la gratuité d’accès à l’éducation, celle-ci est loin d’être assurée pour les familles les plus vulnérables. La gratuité scolaire doit être pensée dans sa globalité et comme un droit universel, non pas comme une aide sociale réservée aux plus défavorisé.es. En filigrane, la question interroge également l’adéquation des politiques scolaires à la réalité des familles de 2025, par exemple celle des familles monoparentales et/ou des familles en situation de précarité. Il est également indispensable, pour des raisons sociales comme de santé publique, de permettre le financement de repas gratuits pour les élèves du fondamental.</p>



<p>Le récent conclave budgétaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles a abouti à l’annonce d’économies à hauteur de 260 millions d’euros pour l’exercice 2026, avec la perspective d’économies de 500 millions à la fin de la législature, en 2029<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup>. Enseignement, culture, éducation permanente, le mantra répété par la ministre-présidente de la Communauté française, Elisabeth Degryse (Les Engagés), est que <em>«&nbsp;chacun fait sa part&nbsp;»</em>. Certaines mesures sont évidemment plus douloureuses que d’autres et, à l’heure où Action Vivre Ensemble fait campagne sur le droit à l’éducation<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>, les limitations à la gratuité scolaire<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup> sonnent comme un retour en arrière qui, une nouvelle fois, frappe surtout les personnes les plus précarisées.</p>



<p>La ministre de l’Éducation, Valérie Glatigny (MR), formulait la réforme de la gratuité scolaire alors sur la table en ces termes&nbsp;<em>: « Il y aura une révision des mécanismes spécifiques de gratuité. Il y a deux mécanismes en particulier : des montants ‘gratuité’ pour les fournitures scolaires et également des montants ‘gratuité’ qui permettent de financer des repas scolaires dans les écoles les plus défavorisées – donc ce sont les classes avec un indice socio-économique de 1 à 5<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>. Il est prévu de mettre à disposition une partie des montants ‘gratuité’ dans les allocations de fonctionnement des établissements. On supprime les dispositifs actuels de gratuité de la 1<sup>re</sup> à la 3<sup>e</sup> primaire et on les reverse dans les allocations de fonctionnement en faisant une légère économie. Il y a également l’obligation d’une mise à disposition gratuite de fournitures scolaires pour les élèves qui en ont le plus besoin jusqu’en 6<sup>e </sup>primaire.<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>»</em></p>



<p>Si on lisait ceci en diagonale, on serait en droit de se dire&nbsp;: chic, la gratuité des fournitures scolaires est désormais étendue de la 3<sup>e</sup> primaire à la 6<sup>e</sup> primaire et les écoles auront plus de latitude pour attribuer lesdites fournitures et des repas scolaires. C’est le contraire&nbsp;: le dispositif ‘fournitures’ était purement et simplement supprimé et rendu «&nbsp;possible&nbsp;» jusqu’à la 6<sup>e</sup>. Et les repas seront encore moins aisés à obtenir que dans le passé. Comme le soulignait alors la Ligue des familles<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>, les mesures annoncées sont à la fois ingérables et inacceptables. En effet, dans un contexte d’économies, les enveloppes de fonctionnement ne seront pas élargies, au contraire même puisqu’elles seront partagées entre plus d’écoles. Selon les projections, cela signifierait une augmentation des coûts de la rentrée en termes de fournitures scolaires de 104 euros par famille<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Dans un premier temps, une stigmatisation inacceptable</h2>



<p>Mais l’aspect le plus ingérable et le plus inacceptable, c’était le caractère stigmatisant de cette mesure. Protégée par la Constitution<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup> et par nombre d’engagements internationaux de la Belgique<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup>,<strong> la gratuité d’accès à l’éducation ne doit pas être vue comme une aide sociale destinée aux plus pauvres.</strong> Il s’agit d’un droit universel, de même que le droit de vote n’est pas réservé à telle ou telle couche de la population. <strong><em>«&nbsp;La gratuité scolaire est un droit, pour tous les enfants. Chacun y a droit, puisque chaque famille contribue déjà au financement du service public d’enseignement, à proportion de ses capacités financières via l’impôt&nbsp;»</em>,</strong> résume Merlin Gevers, de la Ligue des familles<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>.</p>



<p>Au-delà même du principe, c’est, on l’a dit, le caractère stigmatisant de cette mesure qui était inapproprié. La ministre Glatigny a souvent expliqué qu’elle estimait la gratuité universelle injuste car… elle profiterait aussi à ceux et celles qui n’en ont pas besoin&nbsp;(comme les allocations familiales, alors) ! &nbsp;Du coup, pour que la mesure ne «&nbsp;profite&nbsp;» qu’aux «&nbsp;pauvres&nbsp;», la logique qui était privilégiée était inversée et se transformait en stigmatisation. <em>«&nbsp;La ministre Glatigny souhaite (…) réserver la distribution du petit matériel scolaire aux seules familles en difficultés financières. Ceci transformerait concrètement la gratuité universelle en une aide sociale réservée à certain·es. Ce projet complexifierait énormément la tâche des écoles. Il engendrerait un sentiment d’arbitraire intolérable, découlant de “l’effet de seuil” généré (“pourquoi la famille Michel devrait-elle bénéficier de son droit fondamental à la gratuité scolaire, mais pas la famille Durant qui gagne 25 euros de plus par mois ?”). Il stigmatiserait les enfants de pauvres qui recevraient les crayons et classeurs de l’État devant leurs condisciples fournis par leurs parents… Et il violerait le droit fondamental.»</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup></p>



<p>On parle de stigmatisation car cette vision libérale aboutit à contraindre les plus défavorisé·es à se “<em>déclarer pauvres”</em>, ce qui pourrait avoir comme conséquence un non-recours aux droits, en plus de l’effet psychologique désastreux que peut avoir une telle démarche. À cela, évidemment, s’ajoute l’impossibilité pratique, pour une école, de procéder à un tel «&nbsp;tri&nbsp;» ou d’effectuer des distributions «&nbsp;à la tête du client&nbsp;». La Flandre pratique exactement l’inverse, distribuant le petit matériel scolaire jusqu’à la fin des primaires. Selon un sondage tout récent de la Ligue des familles, 9 parents sur 10 sont favorables à ce dispositif sans distinction socio-économique et 85% d’entre eux soutiennent son extension<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Rétropédalage partiel</h2>



<p>Toutefois, un peu moins d’un mois après ces annonces, le gouvernement francophone a réalisé un rétropédalage lors de la rédaction de son avant-projet de décret. Partiel car il revient sur quelques-uns des aspects les plus critiquables de cette réforme sans les éloigner tous. Le 3 novembre 2025, on apprenait effectivement que le gouvernement de la FW-B faisait marche arrière et reconnaissait l’obligation constitutionnelle d’assurer ces fournitures à tous les élèves<sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup>. Toutefois, le budget alloué à la gratuité des fournitures étendue à l’ensemble du fondamental descendra, à la rentrée 2026, de 24 à 11 millions d’euros, ce qui équivaut à voir divisé par trois le budget par enfant (20,46 euros dans le maternel contre 62,58&nbsp;actuellement; 24,52 euros dans le primaire contre 77 actuellement). De plus, une partie de la responsabilité est reportée sur les épaules des directions d’écoles, qui, déjà débordées, devront organiser cette gratuité. <em>«&nbsp;Comment les écoles vont-elles pouvoir fournir le matériel nécessaire à tous les élèves avec des moyens autant diminués ?&nbsp;»,</em> s’interroge la Ligue des familles<sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup>.</p>



<p>Même si les orientations budgétaires sont aujourd’hui prises, il y a aujourd’hui, de l’avis des acteurs de terrain concernés, nécessité de&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Réintroduire la gratuité scolaire</strong>, en ne la limitant pas aux trois premières années du primaire mais en l’étendant à tout le fondamental, et cela sans discrimination ou distinction sociale&nbsp;;</li>



<li><strong>Attribuer l’évaluation externe sur la gratuité</strong> et à en tirer les conclusions, ainsi qu’à <strong>restaurer l’inspection de la gratuité</strong> dans les écoles, supprimée par la ministre Glatigny<sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup>.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">À quand des repas gratuits pour chaque élève&nbsp;?<strong> &nbsp;</strong></h2>



<p>Alors qu’un enfant sur <a>quatre vit</a> sous le seuil de pauvreté en Wallonie et que 4 sur enfants sur 10 sont dans ce cas à Bruxelles<sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup>, le besoin de repas gratuits à l’école est une question sociale autant que de santé publique. Dans nombre d’écoles, il n’est pas rare que les enfants arrivent sans la moindre nourriture pour passer la journée ou alors avec des aliments inadaptés à leurs besoins nutritifs (snacks, chips, confiseries, restes de la veille…).</p>



<p>Comme le résume la revue <em>Tchak</em>, <em>«&nbsp;rendre les cantines scolaires gratuites et de qualité est un puissant moyen de faire évoluer l’ensemble de la société vers une alimentation plus durable. Et de lutter contre les inégalités scolaires engendrées par les inégalités sociales&nbsp;»</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup>.</p>



<p>Pour toutes ces raisons, les dispositifs – communaux ou de la FW-B<sup class="modern-footnotes-footnote ">18</sup> – étaient les bienvenus malgré les limitations (priorité aux écoles à indice socio-économique faible&nbsp;: seules 425 sur 2500 écoles concernées). Mais, aujourd’hui, la Fédération restreint ces possibilités&nbsp;: les moyens dont bénéficient les écoles à encadrement différencié (c’est-à-dire celles qui bénéficient d’un meilleur encadrement car elles concentrent un public défavorisé) pour organiser des repas sont réduits de 21,4 à 8,2 millions d’euros, et dilués dans deux fois plus d&rsquo;écoles. Ceci entraine que le subside moyen par repas passe de 3,70 € à 43 cents.&nbsp;Le décret qui organisait les repas gratuits sera abrogé, laissant aux écoles la liberté théorique de les organiser, mais avec des moyens qui concrètement ne le permettent plus dans les faits. De manière plus large, les communes sont de plus en plus étranglées par le fédéral, singulièrement vu la limitation dans les temps des allocations de chômage et leur impact à venir dès 2026 sur les CPAS, insuffisamment refinancés.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="840" height="560" src="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/renaud-confavreux-jtWrfcG0qD4-unsplash.jpg" alt="Un enfant devant un repas, en train de manger avec les mains" class="wp-image-40447" srcset="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/renaud-confavreux-jtWrfcG0qD4-unsplash.jpg 840w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/renaud-confavreux-jtWrfcG0qD4-unsplash-300x200.jpg 300w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/renaud-confavreux-jtWrfcG0qD4-unsplash-768x512.jpg 768w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/renaud-confavreux-jtWrfcG0qD4-unsplash-600x400.jpg 600w" sizes="(max-width: 840px) 100vw, 840px" /><div class="image-licence" style="text-align: right; margin-top: 5px; font-size: 0.8em; color: #666; font-style: italic;">Licence : photo par Renaud Confavreux (unsplash)</div></figure>
</div>


<p>Il y a donc lieu de réclamer l’octroi d’un repas gratuit par jour pour chaque enfant à l’école, encore une fois sans discrimination. Comme le droit à l’éducation, le droit à l’alimentation est universel. Par ailleurs, nul n’indique que les repas pris sur le temps scolaires par les élèves les plus favorisé·es, <em>a fortiori</em> quand ils et elles sortent de l’école pour aller dans un snack ou un fast-food, sont plus sains que ceux des élèves les moins favorisé.es.</p>



<p>Au sujet des repas, se pose une question purement technique. Le temps de midi, puisque les enfants ne sont pas obligés de rester à l’école, n’est pas en tant que tel considéré comme du temps scolaire dans l’enseignement obligatoire alors qu’il est bien considéré comme tel dans les textes sur l’accueil de l’enfance<sup class="modern-footnotes-footnote ">19</sup>. Il est plus que temps de corriger cette absurdité, qui remonte à une époque patriarcale. Beaucoup d’acteurs de terrain militent pour la reconnaissance du temps de midi en tant que temps scolaire. D’autant plus que cet archaïsme aboutit à de nouvelles discriminations contraires au principe de gratuité scolaire&nbsp;: d’une part, les surveillances durant le temps extra-scolaire<sup class="modern-footnotes-footnote ">20</sup> (matin, midi, soir) peuvent être payantes selon les écoles<sup class="modern-footnotes-footnote ">21</sup>&nbsp;; d’autre part, l’exclusion du midi du temps scolaire sert d’argument à la ministre pour considérer que cette obligation n’incombe pas à la Fédération.</p>



<p>En filigrane, cette question des repas scolaires pose aussi une question sociétale rarement prise en compte&nbsp;: les temps scolaires ne correspondent plus réellement aux temps de la «&nbsp;vraie vie&nbsp;». Si la réforme des rythmes scolaires (7 semaines de cours-2 semaines de congé, moins de vacances l’été), instaurée en 2022 en FW-B, fait aujourd’hui la quasi-unanimité, les horaires quotidiens semblent moins correspondre à la réalité des familles de 2025 (activité professionnelle des femmes, télétravail, flexibilisation du travail, spécialement précaire, temps de transports…), singulièrement quand on se penche sur le quotidien des familles monoparentales, <em>a fortiori</em> présentant des risques de précarité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’abaissement de l’obligation scolaire à 3 ans</h2>



<p>À la différence des autres matières liées à l’enseignement, l’obligation scolaire est une compétence fédérale. L’abaissement de cette obligation scolaire de 5 à 3 ans figure dans la déclaration gouvernementale de l’Arizona (gouvernement De Wever – N-VA, MR, CD&amp;V, Les Engagés,&nbsp;Vooruit). Elle est évidemment soutenue par le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (MR, Les Engagés). Il y a donc de fortes chances que cette mesure entre en application d’ici à 2029. En réalité, le taux d&rsquo;inscription des enfants de 3 ans&nbsp;est déjà de 96,6% en Wallonie et 85,5% à Bruxelles.</p>



<p>Pourquoi l’aborder ici dans le cadre de la précarité&nbsp;? Parce que, comme le relève Frédéric Nils, professeur à l’UCLouvain, <em>«&nbsp;il y a (…) consensus sur la question (de savoir si cet abaissement permet de mieux lutter contre les inégalités sociales). Le débat, en Belgique, ne date pas d&rsquo;hier. Si la scolarité démarre précocement, par exemple vers l&rsquo;âge de trois ans, cela a pour effet de réduire les inégalités sociales à l&rsquo;école. En réalité, les années du cycle maternel permettent de réduire et de gommer les différences de niveau entre les élèves qui sont dues à des inégalités sociales. Il y a d&rsquo;ailleurs des travaux qui montrent que contrairement à ce que l&rsquo;on pourrait espérer, toute la scolarité n&rsquo;a pas un impact positif en termes de diminution des inégalités sociales… mais seulement la scolarité maternelle&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">22</sup>.</em></p>



<p>Pourquoi&nbsp;? À condition qu’une période d’adaptation soit prévue et, <em>«&nbsp;pour autant que l&rsquo;école ait les moyens de garantir un accueil de qualité pour chacun et tienne compte des besoins particuliers des élèves touchés par une précarité multidimensionnelle&nbsp;»</em>, l’abaissement de l’obligation scolaire à 3 ans peut changer beaucoup de choses. <em>«&nbsp;Grandir dans la précarité, c&rsquo;est être exposé à l&rsquo;insécurité, à plus de risque de violences et à moins de suivi parental. Un tel environnement rend l&rsquo;enfant moins réceptif aux apprentissages. Des services d&rsquo;aide précoce soulignent l&rsquo;intérêt d&rsquo;une obligation scolaire à 3 ans à condition que l&rsquo;école passe le relais pour une meilleure prise en charge de soutien à la périnatalité des familles&nbsp;: à&nbsp;5 ans, c&rsquo;est parfois trop tard pour voir que des enfants ont des retards de développement ou, éventuellement, subissent de la négligence ou de la maltraitance&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">23</sup>.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion&nbsp;?</h2>



<p>La gratuité scolaire n’est évidemment pas la réponse à tous les problèmes de précarité qui se posent dans une société où, non seulement, elle progresse fortement mais où, de plus, les publics les plus vulnérables sont ciblés en permanence par les politiques populistes ou franchement réactionnaires. Célébrée pour son État-providence, la Belgique possède un des taux de pauvreté infantile les plus élevés d’Europe et l’on peut difficilement ne pas faire de lien entre ces statistiques et l’absence de dispositifs suffisants. Le Délégué général aux droits de l’enfant (DGDE) le rappelle<sup class="modern-footnotes-footnote ">24</sup>&nbsp;: <em>«&nbsp;La gratuité scolaire n’est ni une faveur ni une aide sociale, elle fait partie du droit à l’éducation garanti par notre Constitution et par la Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant. (…) La gratuité scolaire ne relève pas de considérations politiques ou philosophiques mais bien des droits fondamentaux de tous les élèves de la Fédération Wallonie-Bruxelles. En ce sens, elle devrait rassembler toutes les décideuses et tous les décideurs sur le principe de l’intérêt supérieur de nos enfants. »</em></p>



<p>On devrait en réalité parler d’un droit à l’éducation sans frais et pas seulement d’un droit à l’éducation. <strong><em>«&nbsp;Il ne suffit pas de pouvoir inscrire gratuitement un enfant dans une école pour dire que l’accès à l’éducation est garanti&nbsp;»</em></strong> résume Nadia Echadi, fondatrice de l’asbl bruxelloise Maxi-Liens.</p>



<p>Tout récemment, le Délégué général aux droits de l’enfant a d’ailleurs formulé neuf recommandations <em>«&nbsp;pour une école plus juste et plus inclusive&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">25</sup></em>&nbsp;: l’extension de la gratuité scolaire y figure en bonne place à côté des questions sanitaires, de transport, de harcèlement, de suivi pédagogique et psychologique.</p>



<p>Il faut envisager effectivement la gratuité scolaire dans sa globalité, la maintenir et l’étendre&nbsp;: l’accès à l’école, les fournitures, le plafonnement des excursions et voyages et le repas de midi, tout ceci fait partie du même sujet et figure dans les recommandations du DGDE au gouvernement de la FW-B. &nbsp;<em>«&nbsp;La première des responsabilités du gouvernement, c’est de mettre en œuvre les engagements juridiques appelant la Fédération Wallonie-Bruxelles à arriver progressivement à la gratuité complète de l’école&nbsp;», </em>dit la Ligue des familles<sup class="modern-footnotes-footnote ">26</sup>. Car, comme le résume un rapport de la Fondation Roi Baudouin sur la déprivation des enfants, <em>«&nbsp;investir dans l’enfance ne doit pas être considéré comme un coût pesant sur les finances d’un pays, mais comme un investissement générant un rendement élevé par sa contribution à la croissance inclusive du pays. Assurer un revenu suffisant et un accès effectif aux services aux enfants déprivés et à leurs familles n’est pas seulement une obligation au regard des droits humains, mais aussi une question de bon sens économique&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">27</sup>.</em></p>



<p></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Communiqué de presse du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, 10 octobre 2025&nbsp;: <a href="https://degryse.cfwb.be/home/communiques-de-presse/presses/budget-2026-2029-accord-au-gouvernement-de-la-federation-wallonie-bruxelles-pour-garder-sous-controle-le-deficit-budgetaire.html">degryse.cfwb.be</a></div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;WINANDY, Noémie,&nbsp;Le poids du cartable. Quand la précarité pèse sur le droit à l’éducation, étude Action Vivre Ensemble, septembre 2025. Disponible sur <a href="https://vivre-ensemble.be/publication/le-poids-du-cartable-quand-la-precarite-pese-sur-le-droit-a-leducation/">vivre-ensemble.be</a></div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;On avait déjà appris, quelques semaines plus tôt, que l’évaluation externe, attendue pour fin 2026 et censée faire le bilan de la gratuité des primaires 1 à 3 avant une extension en 4e, n’avait tout simplement pas été attribuée par la FWB&nbsp;(<a href="https://www.lesoir.be/701376/article/2025-09-26/la-gratuite-scolaire-un-dossier-enlise-dans-la-procedure">lesoir.be</a>).</div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L’indice socio-économique (ISE) des établissements est calculé en agrégeant les revenus, les niveaux de diplôme, l’activité professionnelle, les taux de chômage et d’activité&nbsp;et la proportion de bénéficiaires d’une aide sociale des parents d’une école.</div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Lors de la conférence de presse du gouvernement de la FW-B, le&nbsp;10 octobre 2025.</div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;GEVERS, Merlin, L’école sera plus coûteuse encore… et les enfants en paient le prix, Analyse Ligue des familles, octobre 2025. Disponible sur <a href="https://liguedesfamilles.be/storage/41142/251015-Analyse---L%C3%A9cole-sera-plus-couteuse-encore.pdf">liguedesfamilles.be (PDF)</a></div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;VANDENABEELE, Caroline, Les enfants de familles en difficulté financière vont devoir porter la honte de leur pauvreté jusque dans leur cartable dans La Libre, 14 octobre 2025. Disponible sur « Les enfants de familles en difficulté financière vont devoir porter la honte de leur pauvreté jusque dans leur cartable » &#8211; La Libre</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Article 24&nbsp;: «&nbsp;L&rsquo;accès à l&rsquo;enseignement est gratuit jusqu&rsquo;à la fin de l&rsquo;obligation scolaire».</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;De nombreux textes fondamentaux, nationaux et internationaux, garantissent le droit à l’enseignement et à l’éducation. La gratuité d’accès à l’enseignement obligatoire permet de garantir ce droit, elle est donc elle aussi garantie par ces textes fondamentaux&nbsp;(<a href="http://www.enseignement.be/index.php?page=26782&amp;navi=3390">enseignement.be/index.php?page=26782</a>).</div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;GEVERS, Merlin, La gratuité scolaire pour tout le monde ou en option&nbsp;? dans Politique, juin 2025. Disponible sur <a href="https://www.revuepolitique.be/la-gratuite-scolaire-pour-tout-le-monde-ou-en-option/">revuepolitique.be</a>&nbsp;; <a href="https://shs.cairn.info/revue-nouvelle-2025-2-page-88?lang=fr">shs.cairn.info</a></div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Idem.</div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;GEVERS, op. cit.</div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;BURGRAFF, Eric, Fournitures scolaires&nbsp;: le budget par élève divisé par trois dans Le Soir, 3 novembre 2025. Disponible sur <a href="https://www.lesoir.be/708625/article/2025-11-03/fournitures-scolaires-le-budget-par-eleve-divise-par-trois">lesoir.be</a></div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ligue des familles, post Facebook, 3 novembre 2025.</div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://liguedesfamilles.be/article/valerie-glatigny-suspend-linspection-de-la-gratuite-scolaire-dans-les-ecoles-un-recul-majeur-pour-les-familles-et-les-enfants">liguedesfamilles.be</a></div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.unicef.be/fr/plaidoyer/le-plaidoyer-sur-divers-themes-politiques/la-pauvrete-infantile">unicef.be</a></div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;WU, Sang-Sang, Rendre les cantines scolaires gratuites et de qualité dans Tchak, 4 juin 2024. Disponible sur <a href="https://tchak.be/index.php/2024/06/04/rendre-les-cantines-scolaires-gratuites-et-de-qualite/">tchak.be</a></div><div>18&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://economie.wallonie.be/demandes/3423_demander-une-subvention-pour-des-repas-gratuits-sains-et-durables-dans-l-enseignement-fondamental.html">economie.wallonie.be</a></div><div>19&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="http://www.enseignement.be/index.php?page=26778&amp;navi=3386">droitsdelenfant.be</a></div><div>20&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.ufapec.be/positions-de-l-ufapec/20190827-position-accueil-extrasco-inegalites.html">ufapec.be</a></div><div>21&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://liguedesfamilles.be/article/400-euros-par-an-pour-midi-a-lecole">liguedesfamilles.be</a></div><div>22&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;DIVE, Alice, La scolarisation précoce permet-elle vraiment de gommer les inégalités sociales&nbsp;? dans La Libre, 20 février 2025. Disponible sur <a href="https://www.lalibre.be/debats/entretiens/2025/02/20/la-scolarisation-precoce-permet-elle-vraiment-de-gommer-les-inegalites-sociales-MPXU2C4SEZHNFBV3PP3TUEN5WE/">lalibre.be</a></div><div>23&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;HOUSSONLOGE, Dominique, Obligation scolaire à 3 ans&nbsp;: un levier pour les publics vulnérables&nbsp;?, Analyse Ufapec, décembre 2024. Disponible sur <a href="https://www.ufapec.be/nos-analyses/1924-obligation-scolaire-3ans-echec.html">ufapec.be</a></div><div>24&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.defenseurdesenfants.be/article/gratuite-de-l-enseignement-peril-en-federation-wallonie-bruxelles">defenseurdesenfants.be</a></div><div>25&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;VANDENABEELE, Caroline, Harcèlement, redoublement, frais… Face aux problématiques scolaires, le Délégué général aux droits de l’enfant imagine une école ‘plus juste’ dans La Libre, 29 octobre 2025. Disponible sur <a href="https://www.lalibre.be/belgique/enseignement/2025/10/29/harcelement-redoublement-frais-face-aux-problematiques-scolaires-le-delegue-general-aux-droits-de-lenfant-imagine-une-ecole-plus-juste-Q4Q5U2FHMRBLPKJJ4GDQI3UY7Q/">lalibre.be</a></div><div>26&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;GEVERS, op. cit.</div><div>27&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;GUIO, Anne-Catherine et VAN LANCKER, Wim, La déprivation des enfants en Belgique et dans ses régions&nbsp;: que disent les nouvelles données, rapport Fondation Roi Baudouin, octobre 2023. Disponible sur <a href="https://kbs-frb.be/fr/la-deprivation-des-enfants-en-belgique-et-dans-ses-regions-que-disent-les-nouvelles-donnees-0">kbs-frb.be</a></div>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Soirée de reflexion</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/events/event/soiree-de-reflexio-chatelet/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Nov 2025 13:42:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Campagne d’Avent]]></category>
		<category><![CDATA[Rencontre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=event&#038;p=40379</guid>

					<description><![CDATA[L’accès à l’éducation des enfants et des jeunes en situation de précarité]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h2>Programme</h2>
<ul>
<li><strong>18h30 :</strong> Accueil</li>
<li><strong>18h45 :</strong> Introduction et présentation de la campagne d’Avent 2025 : “L’école, une fabrique d’inégalités ?”</li>
<li><strong>19h15 :</strong> Animation et temps d’échange avec l’équipe du Hainaut d’Action Vivre Ensemble</li>
<li><strong>20h00 :</strong> Moment convivial</li>
</ul>
<p>Une question ? <a href="mailto:aboubag@yahoo.fr">aboubag@yahoo.fr</a> ou <a href="mailto:orane.caryn@entraide.be">orane.caryn@entraide.be</a></p>
<p>Organisé avec :</p>
<p><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-40380" src="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/image.png" alt="logo Unité Pastorale Refondée de Châtelet" width="188" height="169" /></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Familles monoparentales &#8211; Une prise en compte qui ne passera pas par la création d’un statut</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-13/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 10:27:35 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=publication&#038;p=40309</guid>

					<description><![CDATA[Un an après avoir annoncé la création d’un statut en faveur des familles monoparentales, la majorité MR-Les Engagés fait marche [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Un an après avoir annoncé la création d’un statut en faveur des familles monoparentales, la majorité MR-Les Engagés fait marche arrière&nbsp;: elle estime la chose complexe et préfère se concentrer sur l’adaptation concrètes des politiques existantes. Si le nombre de familles monoparentales est en constante progression, leur recensement n’est pas simple en raison du décalage entre les statistiques et la réalité. Ce qui est sûr, en revanche, c’est le caractère aggravant de cette situation en termes de précarité, à une époque où un salaire ne suffit parfois pas à boucler les fins de mois. Le fait d’être parent solo constitue un obstacle supplémentaire tant au logement qu’à l’emploi.</p>



<p>Namur, 11 juillet 2024. Tout à leur <em>‘bromance’ </em>du moment, les présidents du MR, Georges-Louis Bouchez, et des Engagés, Maxime Prévot, annoncent le contenu de l’accord de gouvernement qu’ils ont négocié pour la Région wallonne. Lors de la présentation de cet accord, une petite phrase ne manque pas d’attirer l’attention des associations de terrain&nbsp;: <em>« &nbsp;À l&rsquo;instar de la création du statut ‘famille nombreuse’, le futur gouvernement mettra en place un statut de ‘famille monoparentale’, offrant des aides et avantages à ce type de famille.</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup><em> »</em></p>



<p>Pourtant, en 2025, <em>« &nbsp;(si) les programmes politiques et les médias évoquent de plus en plus la thématique de la monoparentalité<strong>, il n’existe pas de politiques publiques d’envergure pour soutenir les parents solos.</strong> Le fait d’être une femme, sans emploi et parent solo expose à un risque accru d’exclusions, principalement économiques et sociales. Les politiques sont encore bâties sur la norme familialiste de la duoparentalité qu’elles privilégient, notamment au travers du régime fiscal. Tout est organisé comme si les deux parents contribuaient ensemble (même s’ils sont séparés) à l’éducation de leur enfant. Quand on s’écarte de cette norme, ça dérange. Les mamans qui élèvent seules et de manière autonome leurs enfants doivent se battre pour survivre et faire valoir leurs droits<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>&nbsp; »,</em> résume la Fédération des services sociaux (FdSS).</p>



<h2 class="wp-block-heading">10% de familles monoparentales au sein de la population, 40% dans les quartiers précarisés</h2>



<p>Selon les derniers chiffres de Statbel<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>, la Belgique compte 10% de familles monoparentales (telles que définies par <em>«  un seul parent avec un ou plusieurs enfants  »</em>), des chiffres qui peuvent être éventuellement <strong>sous-estimés comme surestimés</strong>. En effet, que l’on soit famille monoparentale ou en garde alternée, les enfants ne peuvent être domiciliés que chez un seul parent : il n’existe pas de moyen de savoir quels enfants restent en permanence avec un de leurs parents et lesquels passent systématiquement (et à quelle régularité) de l’un à l’autre. Comme expliqué par l’IBSA (Institut bruxellois de statistique et d’analyse), <em>«  la typologie se basant sur le domicile légal des individus, chaque enfant de parents séparés n’est jamais assigné qu’à un seul domicile, même si, dans les faits, la coparentalité est parfois de mise. Par conséquent, et quelle que soit la répartition effective de la garde parentale, la séparation d’un couple (marié ou non) avec enfant(s) aboutit à la création de deux ménages distincts, composés le plus souvent d’un ménage monoparental dans le chef du parent chez qui les enfants sont domiciliés et d’un ménage isolé pour l’autre parent</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup> <em> ». </em>Ce qui peut aboutir, en fonction du mode de garde appliqué et de son effectivité, à la fois à sous-estimer et à surestimer le nombre de familles monoparentales (d’une part, en «  oubliant  » les parents chez qui les enfants ne sont pas domiciliés et qui en ont pourtant la garde ; d’autre part, en négligeant que les parents chez qui les enfants sont domiciliés n’en ont pas nécessairement la garde).</p>



<p>Comme le résume la Ligue des familles, <em>«  les critères identifiant la charge de famille dans les législations sont souvent la composition de ménage et/ou les allocations familiales et/ou l’avertissement extrait de rôle, auxquels est souvent accolée la mention que d’autres preuves définies par le ministre, le secrétaire d’État, le conseil d’administration, l’administration sont recevables. Pour les parents séparés ayant la garde partagée de leurs enfants, ce sont un jugement, un accord notarié ou un d’un·e médiateur·trice agréé·e, homologué auprès d’un Tribunal de la famille/d’une Cour d’appel mentionnant l’hébergement partagé qui font foi de la charge officielle d’enfants. Or, il s’avère que de nombreuses familles monoparentales ne recourent pas à la justice, à un notaire ou un·e médiateur·trice agréé·e pour s’organiser au moment de la séparation. Et malgré qu’elles hébergent leur enfant une partie du temps, elles ne sont pas reconnues comme en ayant officiellement la charge et sont donc privées des réductions/montants majorés auxquels elles devraient avoir droit ou de l’accès à des aides pourtant bien nécessaires au regard de leur situation socio-économique”</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>.</p>



<p>Ces réserves faites, retenons que<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>En 2025, 10% des ménages sont considérés en Belgique comme des familles monoparentales, soit 519 000 ménages. C’est un chiffre stable&nbsp;: 9,5% en 2005, 9,9% en 2015. Selon le Bureau fédéral du plan, elles seraient 604 000 en 2060.</li>



<li>Ce sont très majoritairement les femmes qui sont à la tête des familles monoparentales&nbsp;: 87% des cas en Région bruxelloise contre 81% des cas en Régions flamande et wallonne. Dans la majorité (2/3) des familles monoparentales, il n’y a qu’un enfant.</li>



<li>Sur le plan régional, la proportion de familles monoparentales est plus importante en Wallonie (12,3%&nbsp;; 203 000 ménages) et à Bruxelles (11,6%, 68 000 ménages) qu’en Flandre (8,4%, 249 000 ménages).</li>



<li>Si l’on considère la monoparentalité comme facteur aggravant de la précarité, on ne peut que constater que les familles monoparentales, en plus d’être plus présentes en Wallonie et à Bruxelles qu’en Flandre, sont également plus présentes dans les régions défavorisées qu’ailleurs. Ainsi, en Wallonie, la part des 32% de familles monoparentales (sur l’ensemble des ménages avec enfants) est dépassée à Liège, Verviers, Charleroi et sa région, La Louvière, Mons et le Borinage, alors qu’elle atteint au maximum 25% en Flandre (à Anvers).</li>



<li>À Bruxelles, on atteint quasiment les 40% dans les quartiers populaires des Marolles, du bas de Saint-Gilles ou du centre d’Ixelles. Et jusqu’à 45% dans les cités sociales les plus importantes (notamment dans les communes aisées de Watermael-Boitsfort et Uccle). On est en revanche sous les 20% dans les quartiers d’Uccle ou de Woluwe-Saint-Pierre présentant de vastes et coûteuses surfaces de logement. Notons encore que, le facteur socio-culturel&nbsp; est déterminant dans l’existence même des familles monoparentales&nbsp;: ainsi, malgré leur forte densité et leur précarité, des communes ou de zones comme Molenbeek, Bruxelles-Laeken, Bruxelles-Maritime ou Schaerbeek, présentent une proportion importante de personnes originaires du Maghreb où la monoparentalité est moins fréquente. Des taux deux fois moins élevés s’observent pour les parents de nationalité turque ou d’Afrique du Nord (9 et 11%) par rapport aux parents de nationalité belge (20%).</li>



<li>Parmi les enfants qui n’habitent pas avec leurs deux parents, environ deux sur cinq vivent tout le temps avec leur mère (soit environ 230 000 enfants en Belgique, dont 100 000 en Wallonie) et un sur six vit la plupart du temps avec elle. À l’opposé, seul un enfant de parents séparés sur vingt vit principalement chez son père (soit environ 30 000 enfants en Belgique, dont 15 000 en Wallonie). Dans l’ensemble, les modes de garde après une séparation s’éloignent assez nettement de l’objectif de la loi de 2006 qui visait à privilégier l’hébergement égalitaire, puisque cette situation ne concerne qu’un enfant de parents séparés sur cinq (soit environ 120 000 enfants en Belgique, dont 40 000 en Wallonie). Quand on dit «  chez le père  » ou «  chez la mère  », cela ne veut pas dire nécessairement qu’il s’agit de familles monoparentales mais les familles recomposées sont relativement peu fréquentes, puisque seul un enfant de parents séparés sur cinq vit avec un beau-parent<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>.</li>
</ul>



<h2 class="wp-block-heading">Un facteur aggravant de précarité</h2>



<p>Ce qui caractérise les familles monoparentales (<em>a fortiori</em> quand le seul parent est la mère), c’est évidemment le caractère foncièrement aggravant de cette situation par rapport aux risques de pauvreté. La première explication, la plus évidente, est le lien direct entre le fait de <strong>ne disposer que d’un seul salaire (au mieux…) pour faire vivre un parent et un ou plusieurs enfants alors que, pour beaucoup de ménages, il est déjà difficile de s’en sortir avec deux salaires à temps plein</strong>. D’abord, les frais de logement, de transport, de santé, d’éducation, d’alimentation restent aussi élevés avec un salaire qu’avec deux. Ensuite, la plupart des familles monoparentales sont sous la responsabilité d’une femme&nbsp;: celles-ci sont en général pénalisées sur le marché du travail parce qu’elles travaillent à temps partiel ou dans des emplois peu rémunérateurs, flexibles ou précaires. L’organisation que demande la structure de la famille monoparentale (déplacements vers l’école, la crèche, les activités extrascolaires, déplacements liés à la santé ou aux situations de handicap), spécialement quand la mobilité est limitée (pas de voiture, peu de transports publics et à un prix de plus en plus prohibitif), peut empêcher les femmes d’accéder à un emploi, ou les faire tomber dans ce que l’on appelle les « &nbsp;pièges à l’emploi&nbsp; »<sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup> (voir <em>infra</em>).</p>



<h2 class="wp-block-heading">En chiffres<sup class="modern-footnotes-footnote ">9</sup></h2>



<ul class="wp-block-list">
<li>En Belgique, les membres des&nbsp;familles monoparentales&nbsp;courent un risque quatre fois plus élevé de basculer dans la précarité (41,3%) que les membres d&rsquo;une famille composée par exemple de deux adultes et deux enfants (9,8%).</li>



<li>64% des parents déclarent rencontrer des difficultés financières après une séparation.</li>



<li>26,8% des enfants vivant dans une famille monoparentale connaissent une situation de privation matérielle, contre 3,5 % à 9,2 % dans les ménages composés de couples.</li>



<li>56 % des enfants vivent avec leur mère à temps plein et 40 % de ceux vivant principalement avec elle vivent dans un ménage en difficulté pour boucler le budget.</li>



<li>Plus de 40% des familles monoparentales n’ont pas les moyens de partir en vacances tandis que 20% des familles monoparentales déclarent ne pas pouvoir offrir d’activités de loisirs à leurs enfants, limitant leur accès à la culture et aux sports.</li>
</ul>



<p>Nombre d’enjeux prioritaires sur lesquels travailler concernent donc des dispositifs existants&nbsp;: par exemple, en favorisant les réductions dans les transports publics, en garantissant de meilleures prises en charge des soins de santé, en donnant accès aux logements sociaux, en modifiant le statut de cohabitant&#8230; Il n’en reste pas moins que, dans les aspects centraux de la vie quotidienne que sont l’emploi et le logement, la personne se retrouve le plus souvent sur un marché privé régi par la concurrence&nbsp;et qui donnera la priorité au logement à ceux et celles qui pourront prouver rapidement leur solvabilité et la priorité à l’emploi à ceux et celles qui pourront faire valoir leur disponibilité et leur flexibilité.</p>



<p>Concentrons-nous ici sur ces deux volets et, surtout, sur les solutions qui peuvent y être apportées.</p>



<p><strong>Le logement. </strong>Les difficultés ne manquent pas pour les familles monoparentales (pas que pour elles d’ailleurs)<sup class="modern-footnotes-footnote ">10</sup>,  : difficulté à réunir la garantie locative (45%), difficulté à payer le loyer (43%), manque de logements abordables et de qualité (22%), revenu trop bas (17%), conciliation vie familiale et professionnelle (11%), déséquilibre entre le loyer et les revenus (plus de la moitié : 28%), mauvaise isolation et humidité (35%), désinscription des listes d’attente pour les logements sociaux vu la difficulté à en obtenir (40%), renoncement à un certain nombre de critères (nombre de chambres, proximité des transports, de l’école, chauffage central, ascenseur, etc.)… Le tout provoquant évidemment un spectaculaire cercle vicieux du type : ”<em>j’occupe un logement humide, qui provoque des pathologies chez mes enfants, qui engendrent des soins de santé coûteux et mobilisant ma disponibilité, laquelle m’empêche d’accéder à un emploi, me privant d’un revenu suffisant pour occuper un logement de qualité, etc</em>. »</p>



<p>Le logement est, rappelle une étude de la Fondation Roi Baudouin sur la privation des enfants, est «  <em>un des premiers aspects à travailler (&#8230;) car il conditionne tous les aspects d’une vie. Il y a un potentiel d’amélioration inexploité dans les logements sociaux. Les enfants [pauvres] qui vivent dans un logement social ont plus de chance de vivre dans un logement de qualité que ceux qui vivent dans un logement issu du marché locatif privé. Or, on sait combien un logement adéquat et un environnement sain peuvent casser le cycle de la pauvreté parce que cela impacte toutes les conditions de vie. 75% des enfants [pauvres] ne vivent pas dans un logement social, voilà donc un levier d’action politique à actionner pour améliorer efficacement les conditions de vie des enfants et les sortir de la pauvreté&nbsp;!</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">11</sup> <em> »</em></p>



<p>Selon cette étude, en effet, les personnes concernées considèrent que les mesures prioritaires à prendre sont : les aides au logement (56%), l’augmentation du parc immobilier privé abordable (52%), les aides aux charges (49%), les aides à l’accès à la propriété (43%), l’encadrement des loyers (38%), le développement des logements sociaux publics (30%), qui ne représentent, malgré les caricatures, que 6,5% du logement belge contre 34% aux Pays-Bas<sup class="modern-footnotes-footnote ">12</sup>. Rappelons que les frais liés au logement représentent au moins le tiers du budget des ménages<sup class="modern-footnotes-footnote ">13</sup>.</p>



<p><strong>L’emploi. </strong>Le Sénat vient de commander un rapport sur le sujet<sup class="modern-footnotes-footnote ">14</sup> en s’appuyant sur le descriptif suivant&nbsp;: « <em>Les données disponibles montrent que les taux d’emploi des chef·fes de familles monoparentales (70,4%) est largement inférieur aux taux d’emploi des couples avec enfants (83,8%). De plus, 50% des parents solos salariés occupent un emploi à temps partiel, avec des revenus limités. Dès lors, une part significative des &nbsp;chef·fes de familles monoparentales est en situation d’inactivité ou de sous-emploi, principalement en raison de contraintes spécifiques telles que l’absence de solutions de garde adaptées, des horaires de travail incompatibles avec les horaires scolaires, une mobilité limitée, une surcharge mentale ou encore une forte discrimination sur le marché de l’emploi.<sup class="modern-footnotes-footnote ">15</sup> »</em></p>


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<figure class="alignleft size-medium"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="200" src="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/jonathan-sanchez_unsplash-300x200.jpg" alt="" class="wp-image-40321" srcset="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/jonathan-sanchez_unsplash-300x200.jpg 300w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/jonathan-sanchez_unsplash-1024x683.jpg 1024w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/jonathan-sanchez_unsplash-768x512.jpg 768w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/jonathan-sanchez_unsplash-600x400.jpg 600w, https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2025/11/jonathan-sanchez_unsplash.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /><div class="image-licence" style="text-align: right; margin-top: 5px; font-size: 0.8em; color: #666; font-style: italic;">Licence : photo par Jonathan Sanchez</div></figure>
</div>


<p>Pour rappel, ce sont les CPAS qui attribuent le RIS (revenu d’intégration sociale) aux personnes privées de ressources suffisantes. Ce sont eux donc qui seront les premiers concernés par la décision du gouvernement de limiter les indemnités de chômage à deux ans à partir du 1er janvier 2026. wallons et bruxellois ont présenté l’état de la situation. Pour eux, la principale préoccupation est que, depuis quelque 5 ans, <strong>un emploi n’est même plus la garantie de pouvoir vivre sans aide publique.</strong> 10% des travailleurs et travailleuses bénéficient désormais d’un complément de revenu de la part du CPAS. Si l’on part du revenu minimum garanti (RMMG), soit un salaire brut de 1954,99 euros, le travailleur ou la travailleuse qui vit avec son jeune enfant doit en déduire au moins 500 euros (frais de crèche, frais de transports vers la crèche/l’école et l’emploi…) pour viser un solde disponible de 1400 euros quand un·e bénéficiaire du RIS (revenu d’insertion sociale) de catégorie 3 (famille à charge) touche 1776 euros sans retenue fiscale ni frais de garde ou de transport<sup class="modern-footnotes-footnote ">16</sup>. C’est ce que l’on appelle le « piège à l’emploi&nbsp; » et il touche spécialement les chef·fes de familles monoparentales puisque ces personnes ont, par rapport à la période où ils et elles étaient éventuellement en couple, des revenus disponibles nettement inférieurs mais pas nécessairement moins de dépenses. Pour les CPAS, le parcours vers l’emploi n’est pas adapté à leur réalité. Pas seulement en raison des « pièges à l’emploi&nbsp; » mais également en raison des problèmes liés à la garde des enfants et de notions comme la « disponibilité au travail&nbsp; » (recherche active…) ou les « absences aux rendez-vous<em> </em> » avec l’Onem, le Forem, Actiris.</p>



<p>Une nouvelle fois, c’est du côté des dispositifs existants qu’il semble nécessaire de chercher des réponses, mais aussi de la demande, récurrente dans le monde associatif, d’attribuer les aides en fonction des revenus et non des statuts. D’autant qu’il existe désormais un outil<sup class="modern-footnotes-footnote ">17</sup> permettant aux CPAS de déterminer si les revenus sont suffisants pour vivre. C’est aussi aux marges de la politique de l’emploi qu’il faut travailler, selon les CPAS : gestion des places en crèches, accompagnement psychosocial de qualité en vue d’une insertion socioprofessionnelle durable à moyen et long terme pour les ayants droits engagés dans un trajet/parcours d’insertion socioprofessionnelle, en ce compris les parents solos…</p>



<h2 class="wp-block-heading">Paroles de mamans solos</h2>



<p>Plusieurs institutions comme Vie féminine, la Mutualité chrétienne ou la Fédération des services sociaux ont instauré des groupes de parole : les témoignages cités ici en proviennent<sup class="modern-footnotes-footnote ">18</sup>.</p>



<p><em>« &nbsp;On n’a pas d’aide du gouvernement pour trouver un emploi. Oui, c’est évident, il y a un trou dans le CV et on manque d’expérience et de réseau quand on se met à chercher du boulot. C’est d’autant plus violent, à chaque fois, d’être renvoyée à notre situation de monoparentalité&nbsp; ».</em></p>



<p><em>« &nbsp;Mes enfants avaient 3, 2 et 1 ans quand le papa a décidé de partir, 2 mois après le confinement. C’était chaud. (…) Je n’avais pas de boulot depuis des années parce que les enfants sont rapprochés. (…) Dans notre vie ensemble, le père bossait à mort comme indépendant et moi j’étais coincée à la maison. Et lui donc coincé au boulot. Chacun était coincé. Et maintenant, c’est toujours la même chose. Ce serait difficile de switcher – pour moi de trouver un boulot – vu que j’ai la garde principale. C’est bizarre de se dire que la dynamique reste la même.&nbsp; »</em></p>



<p><em>« &nbsp;[Mon enfant me demande de rendre des comptes] Quand tu ne travailles pas, qu’est-ce que tu fais de tes journées ? Alors qu’en plus, je ne vois pas comment je pourrais travailler avec tous les suivis psy, logopèdes, etc. Et ça, les enfants ne le voient pas.&nbsp; »</em></p>



<p><em>« &nbsp;Beaucoup de personnes se questionnent sur le côté matériel&nbsp;: comment on s’en sort ? Ça a l’air suspect&#8230; ou les gens tournent autour du pot&nbsp;: comment tu paies ton essence, ta voiture ? ou “Les gens se disaient peut-être que je me prostituais. Chez nous (en Afrique), quand tu te débrouilles&#8230;” ou encore “Tous les centres de soins, les PMS, etc. doivent arrêter de nous marginaliser. Qu’on arrête de dire&nbsp;: on va attendre que monsieur soit là”.&nbsp; »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Statut <em>or not</em> statut ?</h2>



<p>Lors de leurs consultations de la société civile, les deux présidents de partis avaient notamment rencontré le Collectif des familles monoparentales (Co.Fa.Mon)<sup class="modern-footnotes-footnote ">19</sup>, association liégeoise soutenue au cours des dernières années par Action Vivre Ensemble<sup class="modern-footnotes-footnote ">20</sup>. Quelques semaines plus tôt, sa fondatrice et présidente, Marie-Claire Mvumbi, avait été invitée à présenter ses propositions au Parlement wallon<sup class="modern-footnotes-footnote ">21</sup> suite à une pétition<sup class="modern-footnotes-footnote ">22</sup> qui demandait un soutien régional aux familles monoparentales par plusieurs moyens : une adaptation des allocations familiales, une priorité dans les logements sociaux, un accompagnement à la réinsertion socio-professionnelle, un tarif préférentiel pour les transports publics, un avantage fiscal, l’individualisation et l’automatisation des droits<sup class="modern-footnotes-footnote ">23</sup>. En gros, ce qu’on pourrait appeler la création d’un statut de famille monoparentale.</p>



<p>À l’époque, la nouvelle majorité s’était dit convaincue de la nécessité d’un tel dispositif. Tellement que Les Engagés ont, fait rarissime, coopté Marie-Claire Mvumbi comme sénatrice. Pourtant, à l’échelon francophone/wallon, la cause a reculé même si la nouvelle sénatrice a, pour sa part, lancé un colloque<sup class="modern-footnotes-footnote ">24</sup> et le rapport susmentionné au sein de son institution.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La limitation du chômage, un nouveau coup dur</h2>



<p>Non seulement, les choses n’ont pas évolué comme l’espéraient les partisan·es d’un statut mais, entre-temps, le gouvernement Arizona a transformé en réalité une de ses obsessions : <strong>la limitation dans le temps des allocations de chômage qui, plutôt que de <em>« réduire la précarité des familles monoparentales  »</em> comme promis<sup class="modern-footnotes-footnote ">25</sup>, s’apprête à plonger dans celle-ci nombre de personnes qui parviennent jusqu’ici à ne pas sombrer !</strong></p>



<p>À quelques semaines de l’entrée en vigueur de cette mesure-totem pour la droite conservatrice, la Ligue des familles a effectivement publié un sondage<sup class="modern-footnotes-footnote ">26</sup> sur cette réforme auprès de parents belges. Si 63% des personnes interrogées sont favorables à l’esprit d’une limitation dans le temps des allocations de chômage <em>« présentée de manière théorique  »</em>, la plupart des répondant·es considèrent que la règle doit être assouplie dans certains cas (familles monoparentales, enfants atteints de handicap, parents travaillant à horaires atypiques…). Ainsi, 59% des personnes interrogées estiment qu’une maman solo doit conserver ses allocations de chômage le temps de trouver un emploi adapté à sa situation familiale. Un avis partagé dans tout le pays : 56% en Flandre, 61% en Wallonie, 71% à Bruxelles.</p>



<p>La réponse du MR laisse peu de place à l’optimisme : <em>« Nous ne considérons pas qu’être maman solo est un motif suffisant pour être au chômage toute sa vie<sup class="modern-footnotes-footnote ">27</sup> »</em> (David Clarinval, ministre de l’Emploi) ; <em>« Parmi mes collaboratrices au MR, certaines sont des mères célibataires et cela ne les empêche de travailler. D&rsquo;accord, être mère célibataire, c&rsquo;est très compliqué jusqu&rsquo;à l&rsquo;âge de l&rsquo;entrée à l&rsquo;école, mais après ? Cela demande de l&rsquo;organisation, mais c&rsquo;est possible<sup class="modern-footnotes-footnote ">28</sup> »</em> (Georges-Louis Bouchez, président du MR, qui vient de nommer sa compagne à la tête de…l’ONE). Les Engagés ont réagi à ces saillies<sup class="modern-footnotes-footnote ">29</sup>, notamment en obtenant un refinancement des CPAS (300 millions, très en-dessous de ce qui est nécessaire)<sup class="modern-footnotes-footnote ">30</sup>, qui seront débordés par les dossiers des personnes exclues du chômage.</p>



<p>Mais, de ‘statut’ pour les familles monoparentales, il n’est plus question. Le ministre wallon des Solidarités, Yves Coppieters (Les Engagés), affirmait en décembre 2024 que <em>« créer un statut spécifique pour les familles monoparentales répond à de nombreux besoins en termes de reconnaissance, de soutien et d’égalité des chances via plusieurs leviers : logement, allocations familiales, renforcement du Service des créances alimentaires (SECAL), emploi, tarif réduit pour les transports en commun. »</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">31</sup>. Mais, en juillet 2025, il précisait : <em>« Si la reconnaissance juridique des familles monoparentales constitue un défi social majeur, la création d’un statut présente de sérieuses limites juridiques et opérationnelles.Plutôt que la création d’un statut spécifique, il est envisagé de simplifier et d’harmoniser progressivement les critères de reconnaissance au sein des dispositifs existants, dans le cadre de la future stratégie de soutien aux familles monoparentales 2025-2029  ».</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">32</sup></p>



<p>À l’analyse, il apparaît objectivement que ce n’est pas le résultat d’un durcissement de la ligne du gouvernement wallon-francophone ni des relations entre les deux partenaires de la majorité, mais le résultat d’une étude de terrain, révélant que la mise en œuvre d’un tel statut s’avère plus complexe que prévu pour des raisons techniques. Une analyse juridique a été commandée par le cabinet, qui a conclu à une triple difficulté pour la Région wallonne et la Fédération Wallonie-Bruxelles&nbsp;: la diversité des définitions des familles monoparentales, la variété des niveaux de pouvoir qui seraient concernés (notamment sur le plan fiscal) et l’alourdissement des procédures administratives qui iraient à l’encontre du but recherché.</p>



<p>Il faut aussi préciser – c’est sans doute le plus important – que si les partis politiques avaient inscrit ce statut dans leur programme, il s’agit plus d’une formule symbolique que réellement pratique, à savoir <em>« définir avec précision, de manière univoque et au goût du jour la notion de famille monoparentale en incluant toutes les situations possibles. Ensuite, mettre en place des aides spécifiques qui répondent aux différentes situations, sans faire entrave aux autres droits relatifs à la situation économique individuelle du parent<sup class="modern-footnotes-footnote ">33</sup> »</em> (Couples et familles<sup class="modern-footnotes-footnote ">34</sup>) <em>« Un statut officiel permettrait de systématiser ces aides, d’en rationaliser certaines et d’en appliquer de nouvelles  »</em> mais l’urgence est <em>« de plaider pour une politique du lien social et une réforme administrative de la norme familiale, que les besoins de tous soient pris en compte. »</em></p>



<p>Marie-Claire Mvumbi estime toutefois cette réponse insuffisante&nbsp;: <em>«  Qu’on appelle cela statut ou autrement, peu importe, mais ce qui est nécessaire, c’est de disposer d’un système de protection juridique qui ne puisse être détricoté facilement. C’est en ce sens que je parle de statut. Travailler sur les politiques existantes, c’est ce que l’on a fait jusqu’ici et on constate que c’est inefficace. Je sais que la Wallonie ou la Communauté française n’ont pas les leviers nécessaires, aussi notre revendication était-elle d’abord adressée au fédéral mais, là encore, pas une mesure sur le sujet dans la déclaration de l’Arizona »</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">35</sup>.</p>



<p>L’économiste Philippe Defeyt, ancien président du CPAS de Namur, estime pourtant la piste du statut <em>« peu féconde  »</em><sup class="modern-footnotes-footnote ">36</sup> et qu’il vaut mieux se concentrer sur l’amélioration des politiques existantes. Pour lui, au-delà du fait qu’il existe déjà des aides spécifiques, il n’est pas besoin d’un statut pour répondre à trois défis prioritaires : 1. Adapter les paramètres « revenus  » d’une série de dispositifs sociaux afin d’attribuer les aides en fonction des revenus et non des statuts ; 2. Améliorer les services publics et les rendre plus accessibles ; 3. Adapter les législations sociales (par exemple, la suppression du statut de cohabitant). Ce dernier point (suppression du statut de cohabitant) est également, aux yeux de la Ligue des familles<sup class="modern-footnotes-footnote ">37</sup>, une des réponses.</p>



<p>En résumé, les majorités francophones affirment ne pas avoir, loin de là, abandonné l’idée d’une amélioration des conditions de vie des familles monoparentales mais disent s’inscrire dans un principe de réalité qui vise à prendre cette réalité en considération dans tous les aspects des politiques existantes (réduction de la taxe de mise en circulation, réduction de la cotisation spéciale de Sécurité sociale&#8230;). Le statut de famille monoparentale n’est donc plus à l’ordre du jour&nbsp;: s’il constituait un objectif en soi, on pourrait s’en indigner ; si, toutefois, les responsables politiques lui donnent chair, comme ils et elles l’affirment, par des mesures concrètes, il ne s’agira pas que d’un pis-aller. L’avenir le dira.</p>



<p></p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.rtbf.be/article/gouvernements-wallon-et-de-la-federation-wallonie-bruxelles-mr-et-engages-annoncent-avoir-trouve-un-accord-suivez-la-conference-de-presse-a-16h-11403215">rtbf.be</a></div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.fdss.be/wp-content/uploads/2024_CRAC_PUB_rapport-cafm_176x250_V07.pdf">fdss.be</a></div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://statbel.fgov.be/fr/themes/population/structure-de-la-population/menages#figures">statbel.fgov.be</a></div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://ibsa.brussels/sites/default/files/publication/documents/Focus-74_FRv2.pdf">ibsa.brussels</a></div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://liguedesfamilles.be/storage/26328/2023-05-05-Familles-monoparentales-et-politiques-publiques.pdf">liguedesfamilles.be</a></div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sources Statbel, IBSA et IWEPS citées.</div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.iweps.be/wp-content/uploads/2024/10/RS14_comp.pdf">iweps.be</a></div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Les “pièges à l’emploi” renvoient au cas où un individu, en particulier un bénéficiaire de prestations sociales, n&rsquo;a aucun avantage financier ou très peu à accepter un emploi.</div><div>9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Statistiques : Belgique <a href="https://statbel.fgov.be/fr/themes/menages/pauvrete-et-conditions-de-vie/risque-de-pauvrete-ou-dexclusion-sociale">statbel.fgov.be</a> ; Wallonie <a href="https://www.iweps.be/indicateur-statistique/taux-de-risque-de-pauvrete-selon-type-de-menage/">iweps.be</a> ; Bruxelles <a href="https://ibsa.brussels/sites/default/files/publication/documents/Focus-74_FRv2.pdf">ibsa.brussels</a>.</div><div>10&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous nous référons ici au rapport de la Ligue des familles, Familles monoparentales et logement : des problèmes à tous les étages, février 2022. Disponible sur <a href="https://liguedesfamilles.be/storage/18799/220216-etude-le-logement-des-familles-monoparentales.pdf">liguedesfamilles.be</a></div><div>11&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;GUIO, Anne-Catherine et VAN LANCKER, Wim, La déprivation des enfants en Belgique et dans ses régions: que disent les nouvelles données ?, Fondation Roi Baudouin, octobre 2023. Disponible sur <a href="https://media.kbs-frb.be/fr/media/11074/FR_D%C3%A9privation%20des%20enfants%20en%20Belgique_Brochure">media.kbs-frb.be</a> </div><div>12&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://luttepauvrete.be/des-faits-et-des-chiffres/des-faits-et-des-chiffres-logements-sociaux/">luttepauvrete.be</a></div><div>13&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://statbel.fgov.be/fr/nouvelles/nouveaux-resultats-de-lenquete-sur-le-budget-des-menages-en-belgique">statbel.fgov.be</a></div><div>14&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;On n’en connaîtra pas les résultats avant fin 2025-début 2026.</div><div>15&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</div><div>16&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir https://primabook.mi-is.be/fr/droit-lintegration-sociale/montants-ris</div><div>17&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.mi-is.be/fr/themes/aide-sociale/redi">mi-is.be</a></div><div>18&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://medor.coop/magazines/medor-n38-printemps-2025/tenir-face-a-la-justice-violences-saj-divorce-justice-sap/">medor.coop</a> ; <a href="https://www.fdss.be/wp-content/uploads/2024_CRAC_PUB_rapport-cafm_176x250_V07.pdf">fdss.be</a></div><div>19&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.facebook.com/COFAMON.asbl?locale=fr_FR">facebook.com/COFAMON.asbl</a></div><div>20&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://vivre-ensemble.be/wp-content/uploads/sites/3/2022/11/jt194ave.pdf">vivre-ensemble.be</a></div><div>21&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.facebook.com/photo/?fbid=877456984412723&amp;set=pcb.877471164411305">facebook.com</a></div><div>22&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.parlement-wallonie.be/pwpages?p=petition-detail&amp;id=343">parlement-wallonie.be</a></div><div>23&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Co.Fa.Mon, publication Facebook du 8 février 2024, voir <a href="https://www.facebook.com/photo/?fbid=784318127059943&amp;set=a.552493563575735">facebook.com</a></div><div>24&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.senate.be/www/?MIval=/index_senate&amp;MENUID=57000&amp;LANG=fr&amp;PAGE=/web/fr/article/1309/raw">senate.be</a></div><div>25&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.lesengages.be/propositions/reduisons-la-precarite-des-familles-monoparentales/">lesengages.be</a></div><div>26&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://liguedesfamilles.be/storage/39587/20250707-Sondage-familles---re%CC%81forme-du-cho%CC%82mage-(1).pdf">liguedesfamilles.be</a> ,  <a href="https://auvio.rtbf.be/media/l-invite-de-matin-premiere-merlin-gevers-charge-de-projet-a-la-ligue-des-familles-3359982">auvio.rtbf.be</a></div><div>27&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.lesoir.be/686888/article/2025-07-09/reforme-du-chomage-clarinval-espere-un-accord-global-dici-la-semaine-prochaine">lesoir.be</a></div><div>28&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.lalibre.be/belgique/politique-belge/2025/07/12/georges-louis-bouchez-la-belgique-a-besoin-dune-margaret-thatcher-plutot-que-de-comiques-qui-promettent-de-largent-magique-3JUWGZCFQBDSHLRNFLYSS5K2EI/">lalibre.be</a></div><div>29&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.lalibre.be/belgique/politique-belge/2025/07/12/forte-reaction-des-engages-suite-aux-propos-de-georges-louis-bouchez-dans-la-libre-des-attaques-caricaturales-contre-la-securite-sociale-2XKRRHFLCRBZ7DGDKG3AORSVQY">lalibre.be</a></div><div>30&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://www.rtbf.be/article/la-reforme-des-allocations-de-chomage-entrera-en-vigueur-le-1er-janvier-115775984">rtbf.be</a></div><div>31&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://www.parlement-wallonie.be/pwpages?p=interp-questions-voir&amp;type=28&amp;iddoc=130697">parlement-wallonie.be</a></div><div>32&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://archive.pfwb.be/1000000020dd004">archive.pfwb.be</a></div><div>33&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://www.couplesfamilles.be/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=669%3Avers-un-statut-de-famille-monoparentale&amp;catid=6&amp;Itemid=108&amp;fbclid=IwY2xjawJbVIpleHRuA2FlbQIxMAABHQMSrMDxSwCEH83p2_fUter8rPhTa5yYhsAd9DwbvCyO99aTTTxNkkQ4iQ_aem_sppSvvk_caxrF02dBlL07g">couplesfamilles.be</a></div><div>34&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Association d’éducation anciennement liée à l’ex-Jeunesse ouvrière chrétienne.</div><div>35&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Entretien avec l’auteur, 23 juillet 2025.</div><div>36&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://www.lecho.be/opinions/general/opinion-un-statut-pour-les-familles-monoparentales/10608340.html">lecho.be</a></div><div>37&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Voir <a href="https://liguedesfamilles.be/storage/26328/2023-05-05-Familles-monoparentales-et-politiques-publiques.pdf">liguedesfamilles.be</a></div>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Pour que des vies ne partent pas en miettes</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/pour-que-des-vies-ne-partent-pas-en-miette/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Oct 2025 12:09:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La Maison du Pain]]></category>
		<category><![CDATA[jt224]]></category>
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					<description><![CDATA[À Virton, une maison d'accueil extraordinaire accompagne des femmes et leurs enfants sur le chemin de la reconstruction.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">À Virton, une maison d&rsquo;accueil extraordinaire accompagne des femmes et leurs enfants sur le chemin de la reconstruction. La Maison du Pain offre bien plus qu&rsquo;un toit : elle redonne dignité, autonomie et perspectives d&rsquo;avenir. </p>



<p>En 1989, suite au <em>Livre Blanc des Pauvretés en Province du Luxembourg</em>, un constat s&rsquo;imposait : les femmes et les enfants en difficulté avaient besoin d&rsquo;un lieu d&rsquo;accueil adapté. Sans bâtiment en vue, le projet semblait impossible. Mais les Carmélites de Virton, touchées par cette initiative, ont décidé de céder leur patrimoine à ce qui allait devenir La Maison du Pain. Le 17 septembre 1990, 24 membres fondateurs créaient l&rsquo;ASBL. Un nom symbolique qui rappelle que le pain, aliment essentiel, nourrit le corps&#8230; comme l&rsquo;accompagnement nourrit l&rsquo;âme.&nbsp;</p>



<p>Aujourd&rsquo;hui, La Maison du Pain possède un double agrément de la Région wallonne : 20 lits en Maison d&rsquo;accueil et 15 lits en Maison de vie communautaire. Elle accueille des femmes seules, des mères accompagnées de leurs enfants ainsi que des mineures enceintes, qui font face à des situations souvent dramatiques : violences conjugales, perte de logement, surendettement, difficultés administratives ou éducatives. La structure propose également un Centre parental qui accompagne les familles rencontrant des difficultés dans la prise en charge éducative de leurs enfants.&nbsp;</p>



<p>L&rsquo;équipe pluridisciplinaire travaille au quotidien pour permettre à chaque femme de poser une réflexion sur son parcours, d&rsquo;effectuer un travail de remise en cause, et surtout, de gagner en connaissance d&rsquo;elle-même et du monde qui l&rsquo;entoure. Le but ultime est d&rsquo;accompagner ces femmes vers une autonomie pratique doublée d&rsquo;une plus grande autonomie de la pensée et de l&rsquo;action. En d&rsquo;autres termes : une humanisation et une émancipation durables.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un jardin porteur d&rsquo;espoir </h2>



<p>La Maison du Pain développe un projet particulièrement enthousiasmant : l&rsquo;aménagement d&rsquo;un espace extérieur avec un potager sur bacs surélevés pour la Maison de Vie communautaire située au centre de Virton. Cet espace comprendra des tables, bancs et chaises pour créer un lieu de rencontre, un coin fleuri, un abri et un mini-potager collectif.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p><em>« Ici, je retrouve d&rsquo;autres mamans qui ont connu comme moi des galères. Pour la première fois depuis si longtemps, j&rsquo;ose à nouveau rêver, j&rsquo;ose imaginer un avenir meilleur. Je construis mon projet, mon avenir et celui de mes enfants chéris. C&rsquo;est le début d&rsquo;une nouvelle vie, celle que nous méritons toutes. »</em></p>
<cite>Une maman hébergée à La Maison du Pain</cite></blockquote>



<p></p>



<p>Ce jardin représente bien plus qu&rsquo;un simple aménagement. C&rsquo;est un lieu de ressourcement, un espace de calme propice à la réflexion. C&rsquo;est aussi un apprentissage pratique qui initie les femmes et les enfants au plaisir de créer leur propre potager. Cultiver ensemble, partager, transmettre : voilà ce que permet ce projet citoyen et collectif. Se reconnecter au vivant, aux cycles naturels, retrouver le goût de prendre soin devient ainsi une véritable thérapie par la nature.&nbsp;</p>



<p>La Maison du Pain est reconnue spécifiquement par la Région wallonne pour trois missions essentielles : l&rsquo;accueil d&rsquo;urgence pour les violences conjugales, l&rsquo;accompagnement des enfants et des jeunes enfants, et le développement d&rsquo;un service post-hébergement. Cette triple reconnaissance témoigne de l&rsquo;excellence et de la pertinence de l&rsquo;action menée au quotidien par l&rsquo;équipe.&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le poids du cartable</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/etude-2025/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Sep 2025 09:47:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Campagne d’Avent]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=publication&#038;p=40051</guid>

					<description><![CDATA[Si une partie des enfants achèvent leur scolarité heureux et prêts pour le prochain chapitre de leur vie, l’école échoue pour beaucoup d’autres, principalement issus de milieux défavorisés.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">Si une partie des enfants achèvent leur scolarité heureux et prêts pour le prochain chapitre de leur vie, l’école échoue pour beaucoup d’autres, principalement issus de milieux défavorisés.</p>



<p><br>Pour eux, l’école, plutôt que de gommer les inégalités, les renforce, notamment à cause d’un modèle de plus en plus calqué sur un système néo-libéral et compétitif. Accueil de la petite enfance, école inclusive, activités extrascolaires accessibles à tou·tes : comment donner à chaque enfant les mêmes chances ?</p>



<p></p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-16018d1d wp-block-buttons-is-layout-flex">
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</div>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Tout un village</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/tout-un-village/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[louli]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Aug 2025 10:53:48 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=association&#038;p=39701</guid>

					<description><![CDATA["Tout Un Village" accompagne les familles en difficulté dans le Brabant Wallon en (re)créant un véritable réseau d’entraide et de partage]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Depuis cinq ans, « Tout Un Village » accompagne les familles en difficulté dans le Brabant Wallon en (re)créant un véritable réseau d’entraide et de partage. L&rsquo;idée est simple : permettre aux parents de développer leurs compétences, de retrouver confiance en eux et de créer du lien avec d’autres familles et avec leur environnement.&nbsp; Des citoyens bénévoles, spécialement formés et encadrés, les soutiennent pendant une période d&rsquo;un an, les aident à surmonter leurs difficultés et les encouragent à avancer.</p>



<p>« Tout Un Village » a pour mission d&rsquo;accompagner des parents en situation de fragilité (précarité, isolement, éloignement familial, invalidité, problème de mobilité, épuisement parental&#8230;) de manière régulière et sur le long terme à raison de 3 heures par semaine pendant une durée d&rsquo;un an. Elle s&rsquo;inscrit dans une démarche de prévention et de soutien à la parentalité.</p>



<p>L&rsquo;Accompagnement Solidaire de Familles est un soutien global aux parents et à leurs enfants en prenant en compte les besoins et difficultés que chacun.e traverse au sein de la famille.</p>



<p>L&rsquo;accompagnement est assuré en duo avec un.e bénévole, appelée co-équipière qui habite la commune de résidence de la famille. Nous encadrons et formons ces bénévoles afin de leur donner tous les outils nécessaires au soutien qu&rsquo;ils.elles apportent chaque semaine à la famille. En soutien de ces duos, nous formons et accompagnons également des référent.e.s-duo qui assure un backup aux bénévoles et aux familles. Le rôle de ces bénévoles référent.e.s est d’assurer un contact et des bilans réguliers avec le duo pour s’assurer que l’accompagnement porte ses fruits et que chacun.e se sente bien.</p>



<p>L’accompagnement solidaire de familles s’articule autour de 5 axes :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>OFFRIR</li>



<li>TRANSMETTRE</li>



<li>RÉVÉLER</li>



<li>ACCOMPAGNER </li>



<li>TISSER</li>
</ul>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les Hirondelles</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/les-hirondelles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[louli]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Aug 2025 09:13:07 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=association&#038;p=39641</guid>

					<description><![CDATA[Association de lutte contre l’exclusion sociale via l’art et l’interculturalité Le Centre Socio-Culturel Les Hirondelles est un espace d’interculturalité et [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Association de lutte contre l’exclusion sociale via l’art et l’interculturalité</h2>



<p>Le Centre Socio-Culturel Les Hirondelles est un espace d’interculturalité et d’expression artistique visant à l’intégration socio-culturelle et à la cohésion sociale des personnes migrantes mais également des citoyens. Le CSC Les Hirondelles travaillent sur de multiples projets artistiques dans le cadre de divers évènements : Carnaval de Charleroi, Festival des Diversités,&#8230; Les ateliers sont ouverts à tous et à toutes (enfants et adultes). Le CSC Les Hirondelles accompagne également les bénéficiaires lors des démarches socio-professionnelles et administratives.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Connectés Naturellement</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/association/connectes-naturellement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[louli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Aug 2025 08:11:51 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=association&#038;p=39598</guid>

					<description><![CDATA[Connectés Naturellement accompagne des familles vulnérables et propose des petites vacances et des séjours ressourçant dans la nature]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Connectés Naturellement est une jeune association créée en octobre 2024, dont la <strong>mission est d’accueillir et accompagner des enfants, des jeunes et des familles vulnérables, en particulier celles issues de milieux précarisés et isolés</strong>. L’association propose des <strong>petites vacances et des séjours ressourçant</strong> dans la nature, au chalet de Trou de Bra, ainsi qu’un soutien éducatif et parental adapté aux besoins de chacun.</p>



<p>Elle organise des <strong>activités de découverte et de loisirs simples</strong>&nbsp;: jeux éducatifs, promenades, ateliers créatifs, activités sportives, mais aussi des moments d’échange qui renforcent les liens familiaux et favorisent l’épanouissement des enfants. Ces expériences en plein air visent à <strong>stimuler les apprentissages</strong>, <strong>développer des compétences sociales et cognitives</strong> et <strong>préparer les plus jeunes à la scolarité</strong>. L’accueil comprend l’hébergement, l’intendance et l’animation, permettant aux familles de vivre une parenthèse bienveillante hors du quotidien.</p>



<p>En parallèle, l’association mène des <strong>actions d’accompagnement individualisé en école maternelle</strong>, afin d’aider les enfants fragilisés à prendre confiance en eux et à s’approprier les premiers apprentissages. Les parents sont étroitement associés à la préparation des séjours et peuvent, s’ils le souhaitent, participer activement aux activités (préparation des repas, entretien des espaces extérieurs, organisation des journées).</p>



<p>En 2024-2025, Connectés Naturellement a accueilli <strong>20 enfants et jeunes de 0 à 18 ans</strong>, issus de <strong>11 familles</strong>, dont la grande majorité en situation de précarité. L’équipe compte actuellement 18 volontaires qui soutiennent l’ensemble des accompagnements et activités. <strong>L’association travaille au plus près des familles</strong>, en petits groupes, <strong>et mise sur la qualité relationnelle et la confiance</strong> pour renforcer l’autonomie des parents et le bien-être des enfants.</p>



<p>Ses actions se déploient principalement en région liégeoise et visent à construire, pas à pas, un environnement chaleureux, stimulant et solidaire pour tous ceux qui en ont le plus besoin.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Au Pérou comme en Belgique : des associations face à la pauvreté des enfants et des jeunes</title>
		<link>https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-07/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[agnez]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Jul 2025 17:42:43 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://vivre-ensemble.be/?post_type=publication&#038;p=39525</guid>

					<description><![CDATA[La pauvreté des parents, c’est aussi la pauvreté des enfants. C’est ce qu’on appelle la transmission générationnelle de la pauvreté.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="titre-trois">La pauvreté des parents, c’est aussi la pauvreté des enfants. C’est ce qu’on appelle la <em>transmission générationnelle de la pauvreté. </em>Pour en venir à bout, il convient de s’attaquer à la racine du mal, à savoir le manque de moyens qui empêche de nombreux parents de subvenir aux besoins de leur famille et de se projeter sereinement dans l’avenir. Face à cet enjeu, les associations dites ‘de terrain’ accompagnent les enfants et les jeunes en difficulté dans leur parcours scolaire et social. À la mesure de leurs moyens – malheureusement toujours insuffisants -, elles contribuent à aplanir les inégalités sociales. C’est vrai en Belgique ; ça l’est aussi au Pérou, le pays de Juan Carlos Llanos Ramirez, responsable de <em>Chibolito</em>, une association qui travaille avec les enfants de la rue à Cajarmarca, venu en Belgique nous rendre visite.</p>



<p>Lors de son séjour en Belgique, dans le cadre de la campagne de carême d’Entraide et Fraternité, Juan Carlos a rencontré plusieurs associations actives sur le territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles. L’occasion de prendre conscience que, si les contextes des deux pays sont différents, le secteur associatif fait face aux mêmes défis et aux mêmes difficultés, même si c’est à des degrés divers. Et de rappeler que ces associations, ici comme là-bas, tentent de combler les lacunes des pouvoirs publics qui faillissent à leur devoir de tout mettre en œuvre pour rendre effectifs les droits humains pour toutes et tous. &nbsp;</p>



<p>La pauvreté des enfants<sup class="modern-footnotes-footnote ">1</sup> devrait être une priorité politique à au moins deux égards&nbsp;: d’une part, elle est une injustice flagrante puisqu’elle constitue dès la naissance un handicap sur la voie de l’émancipation du futur adulte, de son épanouissement et de sa participation à la société&nbsp;; d’autre part, elle a des conséquences sur la société dans son ensemble. En outre, la pauvreté peut mener le jeune vers la délinquance. Les prisons sont majoritairement peuplées de personnes qui ont connu la misère dans leur enfance et leur adolescence. Une question de sécurité donc, mais aussi – argument à même de toucher les responsables politiques et leurs électeurs &#8211; de deniers publics&nbsp;: ce sont nos impôts qui financent la police, les prisons ou la sécurité sociale. &nbsp;C’est enfin et surtout une question de droits humains&nbsp;: Bernard De Vos, l’ancien Délégué général aux droits de l’enfant, affirmait qu’&nbsp;«&nbsp;<em>aucun des articles de la Convention internationale des droits de l’enfant ne résiste à l’épreuve de la pauvreté&nbsp;»</em>.</p>



<p><strong>Assurer la justice sociale pour toutes et tous, voilà qui est en toute logique le rôle d’un gouvernement démocratique.</strong> Pourtant, les politiques néolibérales plus ou moins assumées par nos élu·es depuis des décennies ont <em>de facto</em> largement laissé cette mission au monde associatif avec des financements toujours trop précaires et insuffisants. Notre système de sécurité sociale, pour performant qu’il soit – surtout en comparaison avec d’autres pays comme le Pérou – ne suffit pas à éradiquer le fléau de la pauvreté infantile. En effet, au sein de la Fédération Wallonie-Bruxelles, un enfant sur cinq est considéré en état de privation<sup class="modern-footnotes-footnote ">2</sup>.</p>



<p>Au Pérou, l’engagement du gouvernement laisse encore plus à désirer&nbsp;: les partenaires d’Entraide et Fraternité, présents en Belgique lors de la campagne de carême 2025, expliquent que le gouvernement est tout bonnement aux abonnés absents quand il s’agit des membres des populations indigènes ou d’origine indigène, considérés comme des citoyens de seconde zone. Là où elles sont majoritaires, soit dans les Andes, en Amazonie et dans les quartiers populaires des grandes villes, les associations, plus que de combler les lacunes des politiques sociales comme c’est le cas chez nous, les remplacent purement et simplement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Manque de moyens pour lutter contre la pauvreté</h2>



<p>À ce titre, des rencontres entre des partenaires péruviens d’Entraide et Fraternité et des associations, partenaires d’Action Vivre Ensemble, qui travaillent avec des jeunes en Belgique prennent tout leur sens. <strong>À l’inverse de la dynamique habituelle «&nbsp;les pays riches aident les pays pauvres&nbsp;», Juan Carlos Llanos Ramirez et les responsables de ces associations étaient entre collègues, pour partager leurs expériences et leurs stratégies. Et les Belges avaient peut-être plus à apprendre que le Péruvien.</strong></p>



<p>Juan Carlos Llanos Ramirez coordonne <em>Chibolito</em> une association qui fournit un appui psycho-social aux enfants et adolescent·e·s vivant dans l’extrême pauvreté à Cajamarca, au nord du Pérou. En moyenne, <em>Chibolito</em> accompagne 70 jeunes chaque année.</p>



<div class="wp-block-columns red-message is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow">
<h2 class="wp-block-heading">Travail infantile ?</h2>



<p>Si le travail des enfants nous semble, en Belgique, inadmissible, <em>Chibolito</em> défend un point de vue bien précis en la matière. Vu l’ampleur de ce phénomène dans les grandes villes péruviennes et la situation socio-économique du pays, l’association considère qu’il est impossible d’interdire le travail des enfants. L’association travaille donc au respect des droits des enfants-travailleurs – notamment en tentant de les préserver de la violence de la rue &#8211; mais œuvre aussi à ce qu&rsquo;ils puissent poursuivre une scolarité normale – allant, pour certain·es, jusqu’à l’université.</p>



<p>Une réalité qui évoque, en miroir, l’évolution récente de la législation sur le travail étudiant en Belgique : abaissement de l’âge minimum à 15 ans et possibilité de travailler jusqu’à 650 heures par an. Tout bénéfice pour les employeurs ; pour les étudiant·es, et en particulier les plus précaires qui travaillent pour subvenir à leurs besoins de base, le risque est grand de voir le job étudiant mettre en péril la réussite des études<sup class="modern-footnotes-footnote ">3</sup>.</p>
</div>
</div>



<p>Le jeudi 27 mars, Juan Carlos Llanos Ramirez a donc rencontré une quinzaine d’animateurs et animatrices de l’asbl <em>Atout Projet</em> qui coordonne divers projets socio-culturels en lien avec la jeunesse en région bruxelloise.</p>



<p>Un constat s’est imposé d’emblée&nbsp;: le manque de moyens consacrés à la lutte contre la pauvreté est un phénomène mondial. Au Pérou comme en Belgique, les associations ou institutions socio-culturelles manquent de subsides, d’infrastructures pour mener à bien leurs missions. Chaque asbl, maison de quartier ou maison de jeunes lutte au quotidien pour pouvoir remplir correctement sa mission. La rencontre a donc permis d’échanger sur les pratiques et stratégies mises en place dans ce contexte difficile. De l’aveu des différent·es intervenant·es, ce moment était d’autant plus important que (très) rares sont les occasions de discuter entre collègues d’autres associations, <em>a fortiori</em> entre collègues de différents pays.</p>



<p>Plusieurs éléments ressortent de ces échanges. <strong>Outre le constat partagé du manque de moyens, <em>Chibolito</em> et <em>Atout Projet</em> ont mis en avant la dégradation de la situation socio-économique de leurs pays respectifs. </strong>Certes, les problèmes belges n’ont pas (encore) l’intensité des problèmes péruviens. Toutefois, la pauvreté et l’exclusion sociale sont une réalité dont souffre une trop grande partie de la jeunesse belge. D’après la Fondation Roi Baudouin, 25% des enfants wallons et 40 % des enfants bruxellois vivent en-dessous du seuil de pauvreté<sup class="modern-footnotes-footnote ">4</sup>. L’urgence est donc bien réelle&nbsp;! Les animateurs et animatrices d’<em>Atout Projet</em> ont donc insisté sur la nécessité d’apprendre de <em>Chibolito</em> afin de se préparer à affronter une dégradation constante de la situation.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">S’outiller face aux politiques néolibérales</h2>



<p>Juan Carlos Llanos Ramirez, fort de son expérience de terrain, a partagé la résilience communautaire dont font preuve au quotidien les enfants et éducateurs/éducatrices de <em>Chibolito</em>. Il a donc contribué à outiller les associations bruxelloises rencontrées pour faire face à la multiplication des crises sociales, politiques et environnementales.</p>



<p>Son témoignage résonne évidemment beaucoup dans le milieu socio-culturel bruxellois. Comme mentionné par les animateurs et animatrices d’<em>Atout Projet, </em>le système social belge est mis à mal. Ce fait n’est pas nouveau mais les gouvernements issus des élections de juin 2024 accentuent cette tendance en menant des politiques ouvertement anti-sociales<sup class="modern-footnotes-footnote ">5</sup>. Et les enfants ne seront pas épargnés, au même titre que les associations qui les accompagnent. Car, c’est une évidence que certain·es nos élu·es semblent parfois oublier<sup class="modern-footnotes-footnote ">6</sup>&nbsp;: des enfants et des jeunes sont pauvres… parce qu’ils vivent dans une famille pauvre. La limitation des allocations de chômage à deux ans, par exemple, ne va pas manquer de réduire drastiquement les revenus de certaines familles, car tou·tes les exclu·es de l’assurance chômage n’auront pas nécessairement droit au revenu d’intégration sociale.</p>



<p>Plus globalement, en Europe comme ailleurs, la tendance n’est pas à la réduction des inégalités sociales, c’est le moins que l’on puisse dire.</p>



<p>Or, la destruction, même partielle, de la sécurité sociale n’est pas sans conséquences graves pour la société tout entière. Car la pauvreté et toutes les dérives qu’elle engendre (sur la santé et l’emploi notamment) coûtent, comme le disait Emmanuel Macron «&nbsp;<em>un pognon de dingue</em>&nbsp;», qu’il serait plus avisé de consacrer à lutter contre ses causes. Ou « <em>Penser le changement plutôt que changer les pansements</em>&nbsp;»<sup class="modern-footnotes-footnote ">7</sup>&#8230;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Narcotrafic et pauvreté, ici et là-bas</h2>



<p>De plus, condamner des centaines voire des milliers de personnes à la pauvreté signifie, exemple parmi d’autres, aggraver la délinquance et notamment fabriquer des cibles de choix pour les trafiquants de drogue. Le fait est bien connu et depuis longtemps ! <strong>Les réseaux criminels de tout type recrutent en priorité leurs « petites mains » parmi les jeunes de milieux précarisés pour qui leurs fausses promesses d’argent facile suscitent bien des tentations en raison d’une vie quotidienne très difficile. Avec les récentes fusillades à Anderlecht ou Ixelles, la région bruxelloise se trouve maintenant en première ligne de cette crise sociale et sécuritaire</strong><sup class="modern-footnotes-footnote ">8</sup><strong>. </strong><em>Chibolito</em> constate également ce phénomène, mais depuis bien plus longtemps. Face à une situation sociale toujours plus critique, les éducateurs et éducatrices de l’association ont constaté l’emprise des narcotrafiquants et de leur violence sur une partie de la jeunesse locale.</p>



<p>D’après l’expérience de <em>Chibolito</em>, c’est clair&nbsp;: si rien n’est fait, la Belgique risque de se retrouver avec une situation de violence similaire à celle du Pérou. Une violence que les associations de terrain, malgré leur inlassable travail d’accompagnement des enfants et des jeunes, ne pourront enrayer&nbsp;; elles ne peuvent que «&nbsp;limiter la casse&nbsp;» grâce au volontarisme et à l’engagement de ses travailleurs et travailleuses et leur mise en réseau. Le fait de se connaître, de se réunir de façon formelle ou informelle, de partager pratiques et informations, tout cela permet un renforcement et un soutien mutuels, mais aussi de faire mieux entendre nos voix auprès de nos décideurs et décideuses. Juan Carlos Llanos Ramirez constate que cet aspect «&nbsp;inter-associatif&nbsp;» manque à Cajamarca où <em>Chibolito</em> travaille de façon assez isolée. <em>A contrario</em>, la Belgique francophone a la chance de compter sur un secteur associatif très développé. De plus, certaines associations, telle que Action Vivre Ensemble, travaillent justement à cette mise en réseau.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion</h2>



<p>Il nous revient de renforcer ce maillage associatif et de le connecter encore plus avec d’autres secteurs (syndicats, monde de la culture, de l’écologie, de l’agriculture), d’autres modes de lutte (désobéissance civile, actions médiatiques…) et d’autres acteurs et actrices ailleurs dans le monde. Non seulement pour <strong>réclamer les moyens nécessaires à la mission des associations, mais aussi pour dénoncer des politiques publiques qui fabriquent de la pauvreté et réduisent le financement des associations qui en sont réduites au rôle de rustines, faute d’espérer une société plus juste.</strong></p>



<p>Car ‘<em>tout est lié’</em> et lutter contre la pauvreté des enfants et des jeunes, cela implique aussi leur préparer une société où les droits humains sont une réalité, qu’il s’agisse du droit à un niveau de vie digne, à un environnement sain ou à la participation démocratique. Ici comme au Pérou.</p>
<div>1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;On parle ici des enfants et des jeunes de moins de 18 ans</div><div>2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Délégué général aux droits de l’enfant, Droits de l’enfant. Tous incasables ?, Rapport annuel 2023-2024, Bruxelles, 2024, p. 61.</div><div>3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;À ce sujet, voir les analyses d’Action Vivre Ensemble <a href="https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-1/">Jobs étudiants. Qui gagne, qui perd ?</a> et <a href="https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-06/">Etudiant·e et précaire. La galère n’attend pas le nombre des années</a>.</div><div>4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href="https://kbs-frb.be/fr/pauvrete-des-enfants-fonds">Pauvreté des enfants (fonds)</a> dans Fondation Roi Baudouin, .</div><div>5&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pour plus d’informations à ce sujet, voir l’analyse <a href="https://vivre-ensemble.be/publication/analyse2025-04/">L’Arizona à l’assaut de la social-démocratie. Une offensive anti-sociale</a> d’Action Vivre Ensemble.&nbsp;</div><div>6&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;On pense notamment à l’opération Viva for Life où des ministres s’émeuvent en public du sort des enfants pauvres et allongent un chèque, alors qu’ils mettent par ailleurs en œuvre des politiques qui appauvrissent les parents.</div><div>7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Titre de la <a href="https://vivre-ensemble.be/publication/etude-pauvretes/">recherche participative</a> publiée par Action Vivre Ensemble en 2022.</div><div>8&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Des mineurs livrés à eux-mêmes recrutés par des réseaux de drogue à Bruxelles dans <a href="https://www.bruxellestoday.be/actualite/mineurs-reseaux-drogue.html#:~:text=Une%20enqu%C3%AAte%20de%20la%20RTBF%20r%C3%A9v%C3%A8le%20comment%20des,exploit%C3%A9s%20comme%20petites%20mains%20du%20trafic%20de%20drogue">BRUXELLES TODAY</a>.</div>]]></content:encoded>
					
		
		
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